Disclaimer : les personnages appartiennent à HaruichiFurudate
Auteur : LilaCookies
Titre : Liaisons professionnelles, Chap. 10 "Téquila"
Genre : UA, romance, humour, yaoi
Rating : T
Commentaires : Petite danse de la victoire pour le dixième chapitre et un grand merci à toutes celles et tous ceux qui sont encore là !
C'est un « bébé » chapitre, juste comme ça pour le plaisir de leur faire boire de la téquila et d'obtenir quelques confidences.
Bonne lecture !
…
…
A quel moment Keiji aurait-il dû se dire que c'était une idée de merdre ?
Après la troisième bière ?
Lorsqu'ils ont commencé à descendre la téquila ?
Peut-être dès le départ ?
- J'ai couché avec Kuroo.
Oui, c'est à ce moment-là, avec une confidence non demandée, que la soirée est partie en sucette.
- Hein ? Mais… Hein ?!
- N'est pas l'air si surpris, c'est insultant.
Quand tu perds ton latin et que ton cerveau refuse la connexion automatique, tu réalises que c'était une idée de merdre :
- Hein ? Mais t'es sûr ?
- Sérieusement ?
Les deux grands blonds en face de toi ont un regard irrité. Oui, ils sont deux parce que les shots de téquila à cinq heures du mat ça dédouble tout. La téquila c'est de la potion magique !
Tu n'es pas complétement sûr d'avoir bien entendu mais si tu refais à nouveau « Hein ? » l'autre va te prendre pour un demeuré.
C'est le moment où tu dis : « plus jamais » et où tu balbuties :
- Mais Kei, c'est interdit !
L'autre te regarde effectivement comme si tu étais un demeuré... Tu l'as appelé par son prénom, tu ne le fais jamais d'habitude mais vu ce qu'il vient de t'avouer sur un ton décontracté tu te dis que là tout de suite tu as le droit.
Il ne répond pas et tu insistes, histoire de bien confirmer que tu es bête quand tu as bu :
- C'est écrit dans le règlement : les relations amoureuses entre collègues sont strictement interdites.
L'autre raille :
- T'as appris par cœur le règlement intérieur de la boîte ?
Tu rougis comme un con :
- Notre chef m'a fortement encouragé à le faire…
- Mais quel hypocrite ce mec. Tout comme ce règlement, la moitié du staff n'en tient pas compte.
Akaashi sent l'amertume de son collègue et un certain malaise s'installe dans la discussion.
- Qu'est-ce que tu vas faire ?
- Rien.
- Tu l'aimes ?
- Non.
- Tu n'as pas l'air indifférent non plus…
Mais mords-toi la langue mec, arrête de le relancer ! On va droit dans le mur là !
- C'est pas le fond le problème c'est la forme. On ne s'en est jamais reparlé, il fait comme si rien ne s'était passé. Ou il a oublié ou il fait semblant. Dans les deux cas c'est un connard.
Keiji était un peu choqué par ces révélations. Ou bien est-ce l'alcool qui brume ses pensées ? Ou une analogie avec sa propre situation : désespérément amoureux du directeur commercial ? Tout ça se mélange dans sa tête comme un milkshake.
- Comment est-ce qu'il pourrait avoir oublié ?!
Tsukishima le regarde comme s'il était le dernier des naïfs. Son collègue est étonnamment loquasse et ouvert. Akaashi se met à y réfléchir comme s'il venait de découvrir le Graal : l'alcool accentue-t-il notre personnalité profonde ou nous en crée-t-il une nouvelle ? Oui, ça plane pour lui, heureusement la voix du financier le ramène sur terre :
- Il y a un mois au pub, Hajime m'a demandé de le raccompagner parce qu'il était saoul. Il était tellement beurré qu'il ne se rappelait plus où il habitait, je l'ai ramené chez moi. Il était très tactile.
Les limites de la bienséance empêchent Kei de poursuivre et Keiji soupire de soulagement. Après tout, ils ne sont pas vraiment copain.
- Pourquoi tu me dis tout ça ?
Le brun fixe un peu trop son vis-à-vis. Il remarque que les yeux de son collègue sont un peu dorés. Comme l'autre qui hante ses nuits.
- Pourquoi pas ? Avec un peu de chance tu ne te rappelleras de rien demain, si c'est pas le cas merci de faire comme si.
Ce n'est pas une demande. Akaashi opine de la tête une bonne dizaine de fois et ne pose plus de questions. Il est presque sûr qu'il n'oubliera pas la confidence.
Ce merdier semble être un simple concours de circonstance.
Le jeune contrôleur de gestion cherche un autre sujet de conversation, sa bouche décide de fonctionner avant son cerveau :
- Moi, j'aime Bokuto Koutarou.
Il a dit ça naturellement, genre tout va bien les gars, partageons nos secrets les plus sombres et faisons-nous des tresses.
Une comptine idiote résonne dans sa tête : "whou le menteur, il est amoureux!". Il secoue la tête pour s'en débarrasser, peine perdue.
Le blond a la décence de ne pas commenter, il est resté de marbre.
Putain, comment en est-il arrivé là ? Il voit dans les yeux de Kei, qu'il se pose la même question…
…
Quelques heures plus tôt. Tout allait bien, semble-t-il.
Kei pianote ardemment sur son ordinateur. Les bureaux sont déserts. La lumière froide des néons donne un aspect lugubre à l'open space.
Le bureau du travailleur est tout aussi froid : parfaitement rangé, parfaitement ordonné, aucun objet personnel si ce n'est une figurine de dinosaure. Un T-Rex, pas vraiment la plus chaleureuse des bébêtes…
Le grand blond apporte le point final à son rapport dans un geste théâtrale. Satisfait, il joint ses mains et fait craquer ses doigts.
La semaine a été bien trop longue mais il aime être débordé, ça évite de penser.
Il étire ses longues jambes et pivote sur son siège. Son regard se pose sur le bureau de son chef.
Evidemment, on est vendredi, il est déjà parti. Tant mieux. Il ne le supporte plus. Il le supporte trop bien ?
En un mois, ce connard n'a pas daigné évoquer « l'incident ». Son égo crie vengeance.
Le jeune homme enlève ses lunettes et se masse les tempes.
- Tsukishima !
Il déteste être surpris dans ses pensées, il répond froidement :
- Akaashi, je te croyais parti.
- Je l'étais. J'ai croisé Tanaka et Nishinoya sur le parking. Nous allons boire un verre, ça te dit de nous rejoindre ?
- Tu es remonté pour m'inviter ?
- Oui. La semaine a été harassante.
Akaashi ne dit pas beaucoup de mots mais Kei sait lire entre les lignes : « tu as l'air fatigué ».
Putain, je fais pitié ?
Il apprécie son collègue, toujours d'humeur égale, il n'a jamais de paroles en trop.
Pour une fois Kuroo n'a pas fait d'erreur de casting…
Le grand blond hésite tout de même un instant. Il ne court pas après ce genre d'évènement et n'a, par ailleurs, pas très envie d'aller au pub et de se retrouver nez à nez avec son chef. Il s'apprête à décliner l'invitation mais Keiji le devance :
- Nous allons chez Léon, un bar qui fait boîte de nuit.
- Ah ?
Tsukishima ne sait pas s'il doit s'agacer ou s'amuser de la perspicacité de son collègue. Me suis-je comporté différemment avec notre chef ?
Il prend une grande inspiration et se lève nonchalamment, il réajuste sa chemise verte dans son pantalon.
- Ok, je viens mais je rentrerai tôt.
…
Les deux comptes clefs sont déjà attablés lorsqu'ils pénètrent dans le bar. Kei n'est pas sûr de les apprécier, ils sont beaucoup trop intenses à son goût. Keiji, lui n'a pas l'air de s'en plaindre, il s'assoit et demande :
- Vous venez souvent dans ce bar ?
- Régulièrement…
Tanaka renchérit :
- C'est un euphémisme pour dire qu'on y vient au moins une fois par semaine !
- Mais non, ne croit pas un mot de ce qu'il dit ! Ryū on va avoir une réputation de fêtards.
Ils se sourients.
- C'est vrai, parfois nous allons dans le pub irlandais en face des bureaux. Mais c'est le QG des directeurs alors quand on veut vraiment décompresser on vient plutôt ici. Et puis, Noya, tu adores ce bar, je dirais même que tu l'aimes à la folie !
Nishinoya semble piquer un léger fard et fusille du regard son collègue.
Keiji et Kei ne sont pas assez curieux pour tenter de comprendre l'allusion mais Tanaka a décidé d'enfoncer son collègue jusqu'au cou et donne un coup de tête en direction du bar.
Akaashi met quelques secondes à comprendre :
- Oh, le barman te plait ?
C'était la première confidence de la soirée et personne n'avait encore bu…
- Ryū, tu es vraiment un boulet, on ne peut rien te confier !
Noya tape dans l'épaule de son collègue qui éclate de rire. Akaashi envie la complicité qui semble lier des deux commerciaux, il n'a pas ce genre de relation dans son équipe.
Il aurait dû se mordre la langue à cette pensée… Quelques shots plus tard il deviendrait bien trop proche, à son goût, de son collègue.
…
…
Le prochain chapitre sera un peu plus consistant, il est temps de faire entrer en jeu des personnages seulement évoqués jusqu'alors !
Je me demandais, en passant par-là, quel chapitre avez-vous préféré depuis le début ? Est-ce que le fait que vous aimiez un chapitre dépend des personnages qui y interviennent ?
