Disclaimer : les personnages appartiennent à HaruichiFurudate

Auteur : LilaCookies

Titre : Liaisons professionnelles, Chap. 11 "Des croquettes de véto"

Genre : UA, romance, humour, yaoi

Rating : T

Commentaires : Je reconnais que deux mois entre deux chapitres c'est un peu long mais rassurez-vous, je ne lâche pas l'affaire concernant cette fiction ! Ce chapitre n'est pas celui initialement prévu dans ma tête -comme de trop nombreuses fois, je le crains… le prochain, je l'espère, fera enfin sortir du chapeau les personnages les plus timides.

Vous êtes finalement nombreux(ses) à laisser des commentaires en tant que guest et ça m'embête de ne pas pouvoir vous répondre en MP alors je vais vous répondre là, maintenant, tout de suite (si ça vous déplait ou que vous n'attendiez pas de réponse…) :

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Guest : Hello, merci d'être repassé pour laisser une review ! Pour être tout à fait honnête je ne sais pas comment cette histoire se terminera pour Kuroo, je lance des petits cailloux et nous verrons bien où ils nous porterons #àl'arrache&aufildel'eau. Je réserve un petit chapitre « bonus » pour suivre les progrès de Noya et de son coup de cœur (en cours d'écriture : Hallelujah). A bientôt !

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Personne inconnu : Hey, hey, hey ! Je valide complètement ce jeu de mot, j'avoue j'ai souri -) Il y a tellement de personnages dans Haikyuu que c'est parfois difficile de naviguer de l'un à l'autre : l'arche de Noé est full ! J'espère ne pas me noyer en cours de route. Merci pour tes reviews !

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Ashes : Hello, merci pour ta review ! Je suis contente que tu aies passé un bon moment et j'espère que tu as retrouvé l'inspiration ? Clairement, Tooru et Testsurou sont les héros sous-estimés de cette histoire ! ^^

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FairyStalkeuse : Hello, c'est vrai que je ne cesse de parler de Kozume depuis le début de cette histoire et pourtant, il n'a toujours pas fait de vraie apparition ! Il est un peu réservé… Merci d'être encore là, à bientôt !

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Lili : Hello, j'ai débuté cette série d'OS avec Akaashi et Bokuto, j'essaie de les garder en toile de fond (comme aventure principale) et de faire avancer LEUR histoire mais parfois je me dis qu'une fic à eux s'y serait mieux prêtée : je rame avec autant de personnages ! Merci pour tes reviews !

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Mille mercis, vos reviews me mettent toujours du baume (du tigre) au cœur ! Bonne lecture.


Un costume noir d'encre, parfaitement ajusté. Une chemise bleu clair, le col légèrement ouvert, pas de cravate. Des chaussures en daim, noires également. Une chevelure brune parfaitement disciplinée. Sawamura Daichi aime la sobriété lorsqu'il s'agit de son apparence mais une sobriété parfaite, opportune et sans fausse note.

Il n'est pas le genre d'homme à douter de lui, sans arrogance il sait où il va. Et ses tenues reflètent exactement ce trait de personnalité : une assurance pleine d'humilité ou plutôt de sérénité.

C'est sans doute ce qui fait de lui un bon PDG pour « Ramène ta fraise ».

Aujourd'hui, pourtant, il est un peu nerveux. Il a pris une décision concernant son entreprise : une décision pragmatique mais qui pourrait faire débat. Le chef a saisi cette « opportunité » dans son coin et il sait que rien que ça, c'est déjà discutable.

Ce sera discuté.

Et, remasterisé, amplifié, épilogué.

Il aurait aimé porter sa chemise préférée aujourd'hui : blanche immaculée, parfaitement ajustée à son corps, cette chemise a l'air d'avoir été taillée sur lui. Avec ce vêtement il pourrait vaincre une armée, en mode Gérard Butler dans 300.

Pourquoi ne porte-t-il plus cette chemise ? Daichi a peut-être trop pris au pied de la lettre la demande de son DRH. : « ne la porte pas, tu es trop sexy avec ». Injonction divine qu'il n'ose pas contredire même s'ils n'en n'ont jamais plus reparlé depuis ce soir-là dans le parking. Il doit bien admettre qu'il est mal à l'aise qu'on puisse le trouver « sexy », il ne se souvient pas qu'on le lui ai dit avant.

Ce souvenir est très déroutant et le laisse toujours le cœur battant et la tête perdue.

En quelques mois la relation PDG-DRH a évolué en une symbiose parfaite : un binôme efficace et complice, il passe le plus clair de leur temps à travailler ensemble. Comme des partenaires.

Partenaires particuliers ?

Sawa doit bien s'avouer qu'une certaine ambiguïté existe dans leurs conversations. Mais, aucune ligne n'est jamais franchie. Aucun mot n'est trop direct. Combien de temps pourra-t-il profiter de cet état de Grâce ?

Sa volonté à vouloir retenir Suga –même si ça le prive de sa chemise favorite- sans s'engager est très égoïste.

La nouvelle de ce matin pourrait bien changer la donne.

Il espère que non mais il n'a pas sa parfaite chemise blanche pour l'en assurer.

- Bonjour Koushi !

Le DRH fait pivoter son siège de bureau et se retrouve face au directeur marketing, au directeur financier et au directeur commercial.

Ça fait beaucoup trop de « directeurs » pour son bureau. Sugawara devrait apprendre à fermer la porte de son bureau.

Une porte physiquement grande ouverte, c'est la porte ouverte à tout.

Le troupeau le salue avec nonchalance, comme s'il passait juste par là. Koushi sent la conversation pénible venir.

Le DRH les défie du regard : qui osera le premier aborder le sujet ?

Qui sera le premier gnou sacrifié ?

Visiblement, Bokuto est le plus courageux, ou bien le suicidaire de la bande au vu des yeux bruns, calmes mais perçants, qui le scrutent :

- On se rend à la réunion de ce matin, on est passé te chercher.

… mais pas le plus fin, direct dans le sujet comme un bélier.

Le regard de Kuroo est blasé, Oikawa s'étrangle d'indignation face à une manœuvre aussi peu subtile et prend le relai en tentant de noyer le poisson :

- La réunion n'a lieu que dans dix minutes, nous pensions prendre un café avant. Ça te dit ?

Les sentiments de Suga sont toujours très partagés concernant Tooru. Les deux directeurs commencent à se connaître plutôt bien, ils prennent parfois des cafés ensembles mais…

Il y a toujours un « mais » lorsqu'il pense au châtain qui le pousse à douter de sa sincérité.

Et là tout de suite, il sait pourquoi les trois mousquetaires sont là à le jauger :

- Ne vous fatiguez pas les enfants.

Son regard désapprobateur fait au moins rougir Bokuto qui n'aime clairement pas ce genre de procédé. On se doute qu'il s'est fait embrigader par les deux autres garnements. Quant à Kuroo, il se contente de hausser les épaules avec désinvolture, les mains dans les poches.

Comme attendu, Oikawa ne se démonte pas et prétend ne pas comprendre :

- Hum ?

On lui donnerait le bon Dieu sans confession et sans concession. Cependant Suga n'est pas d'humeur à lui apporter le Saint Père sur un plateau d'argent.

Cette mystérieuse réunion matinale le crispe déjà suffisamment :

- C'est inutile, de venir à la pèche aux infos. Je n'en sais pas plus que vous !

Oikawa le fixe d'un air complice qui dit : « mais bien sûr, et la marmotte elle met le chocolat… ».

Koushi lève les yeux au ciel, ce qui énerve Tooru qui décide de le provoquer :

- Il est huit heures, autrement dire une heure vraiment indécente pour venir au travail, encore plus pour assister à une réunion dont personne ne connaît l'objet ! Je n'ai pas encore bu mon litre de café alors, je t'en prie, épargne nous la tâche fatigante de creuser…

- Il n'y a rien à creuser !

- Tu ne vas quand même pas me dire que Daichi convoque tous ses directeurs à une réunion des plus matinales et que toi, son bras droit, tu ne sais pas de quoi il retourne ?!

« Outch » il tape fort le con.

Le visage du DRH se glace dans un sourire forcé :

- Je te le dis.

Gros sabots.

Gros blanc.

Gros malaise.

Si Koushi n'était pas Koushi, il aurait été sympa à coup de batte de baseball sur le nez de son interlocuteur.

Il goûte déjà moyennement cette réunion « surprise » dont il ignore le sujet. D'habitude il sait tout. C'est frustrant et un peu humiliant.

La réponse surprend et agite les trois hommes.

Kuroo quitte sa réserve en pensant à voix haute :

- C'est très étonnant. Pour ne pas dire inquiétant.

- Sans doute.

Bokuto renchérit, les sourcils froncés :

- Ce n'est pas dans sa façon de faire habituellement…

A nouveau un blanc…

Une mouche passe ou un ange, c'est au choix.

Toujours pas d'explications de la part du DRH. Les trois hommes réalisent que cela doit être vrai qu'il ne sait rien, Mister Sunshine ne les laisserait pas s'inquiéter pour rien.

Le directeur marketing trouble enfin le calme et invective son directeur financier :

- Kuroo ! La boîte est en train de couler et tu ne nous as rien dit ? As-tu pensé un seul instant à nous autres ? J'ai une famille qui dépend de moi !

Suga sourit face au ton dramatique de son collègue. C'est vraiment un habile enfoiré. Il fout sa merde, puis s'en sort en détendant l'atmosphère en jouant de son côté drama-queen.

Il le rabrouerait bien mais c'est plus facile de rentrer dans son jeu :

- Tooru, tu as un chat, ce n'est pas vraiment ce que j'appellerais une famille à nourrir…

- Ce chat est délicat, gourmand et gourmet. Il mange beaucoup de croquettes. Des croquettes de véto!

Il regarde avec le visage entendu et très sérieux ses trois interlocuteurs en hochant vigoureusement la tête.

Tetsourou signe la trêve :

- Ne crions pas avant d'avoir mal, attendons de connaître la teneur de cette réunion…

Toutefois on réinsiste une dernière fois. « On » est évidemment Tooru :

- Il ne t'a vraiment rien dit ?

- Non.

- Ça t'embête pas ?

- Si. Autant que tes questions !

- Je t'offre un café en chemin pour me faire pardonner ?

- Evidemment.

- …Shimizu Kiyoko remplacera Akira qui nous quitte pour un projet personnel à la fin du mois. Elle sera épaulée dans sa mission par Kageyama Tobio recruté le mois dernier en tant que juriste. Merci de leur faire bon accueil.

Le PDG observe tour à tour chaque visage lorsqu'il présente la nouvelle directrice juridique : alias son ex-femme.

Sur la plupart des figures il lit tout d'abord de la stupéfaction, un bizarre soulagement puis un intérêt poli. Sur quelques-uns de l'amusement ou de l'indifférence. Aucun signe d'hostilité.

Evidemment il n'ignore pas que le gang des commères du lavoir va en parler et qu'il y aura des questions, des rumeurs sur le pourquoi il a engagé son ex-épouse dans le plus grand secret. Mais, semble-t-il, pas autant de remous qu'il le craignait, la tempête viendra sans doute plus tard…

Daichi doit admettre qu'il redoute surtout la réaction d'un collaborateur en particuliers.

Il n'y a qu'un seul regard qu'il a peur de confronter au moment de l'annonce, celui qui se congèle instantanément à la nouvelle. Celui dont la bouche se crispe en un sourire de convenance. Celui dont le visage se ferme illico.

La plupart des directeurs connaissent déjà la nouvelle venue et l'accueille avec chaleur autour du petit-déjeuner organisé pour son arrivée.

Son directeur marketing se permet une allusion quant au recrutement « solitaire » de la nouvelle directrice juridique. Tandis que, moins délicat, son directeur financier accepte de lui faire un enfant s'il est augmenté.

Le PDG s'attendait à ce genre de pique et ne bronche pas.

Il n'y en a qu'un qui le préoccupe : après s'être poliment présenté, le directeur DRH quitte la salle de réunion.

Daichi hésite une seconde et le poursuit dans les couloirs encore calmes.

Leur échappée ne passe pas inaperçue… La nouvelle directrice juridique glisse discrètement à l'oreille d'Oikawa :

- C'est le gars qui a l'ambition de coucher avec mon mari ?

- Ton EX-mari…

- Certes.

Le directeur marketing plisse les yeux :

- Comment le sais-tu ?

Elle ne lui répond pas et sourit de manière énigmatique, Tooru déteste ça. Il aurait bien aimé suivre les deux hommes pour observer leur discussion. La télé-réalité en vrai, c'est tellement mieux.

Le châtain marche vite et ignore le brun qui peine à le rattraper :

- Suga. Peut-on parler ?

- Qu'as-tu de plus à me dire ?

- Je suis désolé de ne pas t'avoir parlé du recrutement de Kiyoko.

- Ça n'a pas d'importance.

- Je vois bien que tu es fâché et je comprends, mais je souhaiterais t'apporter une explication.

Le ton calme et professionnel du PDG, comme s'ils étaient en train d'évoquer une banalité du quotidien, agace un peu plus encore le DRH dont la colère contenue est lisible malgré lui :

- Je ne vois pas ce qui pourrait justifier que tu aies recruté un membre du personnel sans même me consulter ! Je suis DRH, c'est mon boulot, quand même ! Je t'ai proposé trois candidats pour ce poste…

- Je sais. Les trois candidats sélectionnés étaient très bien tu as fait un excellent travail…

Son interlocuteur le coupe avec amertume :

- Ah vraiment ?

- …mais je pense que c'est une réelle chance pour nous de recruter Kiyoko, c'est une grande juriste.

« Une chance pour qui ? » voilà ce qui lui brûle les lèvres.

- Dans ce cas pourquoi ne pas m'en avoir parlé ? Pourquoi ne pas l'avoir fait passer par le cursus RH classique ?

- Elle est plus que compétente pour ce poste, je te l'assure.

- Tu ne réponds pas à ma question. Et puis, ce n'est pas vraiment le sujet. Je ne doute pas que ce soit un élément compétent.

Oui parce que sous ses airs d'ange, Suga avait bien évidemment googlisé l'ex-femme du chef dès qu'il a appris son existence. Histoire de jauger la concurrence…

- Ok, je n'ai pas respecté le process RH, parce que j'avais déjà dans l'idée de Kiyoko serait parfaite pour le poste et elle devait rester discrète tant qu'elle travaillait chez PMG.

- Il ne s'agit pas que de process bafoué !

Le PDG fronce les sourcils :

- Où est le problème alors ?

Oui, Suga, il est où le problème ? Ton égo est blessé parce qu'il a engagé quelqu'un sans te consulter ? Parce qu'il ne t'a pas mis dans la confidence ? Ou parce que tu as l'impression qu'il ne respecte pas tes compétences ?

Pourquoi Daichi n'a-t-il pas voulu que son DRH voit la recrue en entretien privé ?

L'attitude tranquille de son chef et cette question « Où est le problème alors ? » le déçoit : le gars qu'il prend pour son ami est en train de lui signifier qu'après tout c'est lui le chef. Si ça l'amuse d'offrir un poste en mode « passe-droit » à son ex-femme ça ne concerne que lui.

Il y a du vrai dans cette posture et ça énerve le châtain parce que ça le met face à lui-même, à ses désirs, à ses sentiments envers son responsable.

Au-delà de tout ça, il sait pourquoi il est vraiment fâché, irrationnellement fâché : parce que ce connard a embauché son ex-femme. Parce qu'il va passer la nuit à se demander pourquoi. Parce que le brun a gardé ça secret et que le mode « parano » est en train de s'activer dans la tête du châtain.

Mais, Sugawara ne peut décemment pas lui dire ça. Ils s'entendent bien, trop bien, beaucoup trop bien pour que ce soit vraiment sain. Malgré tout, il n'a pas envie de briser cela. Il n'est pas prêt à faire exploser cette bulle : cette amitié ambigüe qui le rendait jusqu'alors heureux.

- Tu sais quoi ? Il n'y a pas de problème.

- Koushi…

- Autre chose ?

- Non.

- Je peux ?

Daichi a comme un sentiment de déjà-vu mais il sent bien qu'il n'y a plus rien à tirer de cette conversation. En rejoignant son bureau il se repasse la discussion. Le PDG est désolé d'avoir blessé l'égo de Koushi en passant au-dessus de lui pour recruter mais les conditions lui semblaient particulières.

Sans doute devra-t-il le rassurer sur la confiance qu'il porte en son jugement dans les prochains jours…

Encore une fois, il se retrouve à côté de ses pompes lorsqu'il s'agit de cerner Koushi, mais son « bras-droit » aura tôt fait de lui donner une leçon qu'il n'oubliera pas de sitôt...


J'espère que vous avez passé un bon moment avec ce nouveau chapitre, à bientôt !