Disclaimer : les personnages appartiennent à Haruichi Furudate

Auteur : LilaCookies

Titre : Liaisons professionnelles, Chap. 12 "L'alarme est lancée"

Genre : UA, romance, humour, yaoi

Rating : T

Commentaires : Bonne lecture !

.

personne inconnu : Merci de régulièrement laisser une petite review, ça me fait toujours autant plaisir ! Il y a du potentiel de sulfure dans cette histoire, vivement que je puisse l'explorer. A bientôt et bonne lecture !


Bruits étranges non identifiables.

Ecran noir.

Comme ça, d'un coup.

Ciao.

Bye bye.

Sayōnara.

Fuck you I have enough friends.

Oui, son ordinateur vient de lui dire tout cela et c'est malheureusement l'épilogue logique de leur histoire.

Tout a très mal commencé entre eux.

Clairement, cette foutu machine n'a jamais pris au sérieux leur relation : elle mettait des heures à s'allumer, s'éteignait sans crier gars, lui effaçait gratuitement des fichiers.

Pourtant, Patience c'est le deuxième prénom de Keiji.

Après de longs mois d'une attitude des plus désagréable cet ordinateur décide tout bonnement de ne plus fonctionner.

C'est le pompon !

Akaashi a évidemment tenté le crt+alt+sup, d'éteindre et de rallumer, de mettre un gentil coup de pied d'encouragement…

…oui, car on ne peut pas s'appeler « Patience » et « Non-violence » en même temps, faut pas pousser mémé dans les orties.

Il faut se résigner, c'est la fin du règne tyrannique de ce Decepticons.

Le jeune homme ne sait pas s'il doit être soulagé ou énervé et décide donc de garder son calme face à l'évidence :

- Mon ordinateur ne fonctionne plus.

Personne ne vient faire écho à son désarroi. Il relève la tête et scrute ses collègues occupés à taper frénétiquement sur leurs propres claviers.

Là, tout de suite, il se sent seul.

Un ordinateur ça tombe toujours en panne quand tu as beaucoup de travail.

Avec dépit il prend son téléphone pour contacter le service informatique.

« Toutoudoutou… Bienvenue au Helpdesk, service d'assistance informatique. Merci d'appuyer sur la touche étoile de votre téléphone… »

Tu t'exécutes docilement.

« Si votre demande concerne la logistique, les commandes ou l'approvisionnement, tapez 1… »

« la gestion commerciale, tapez 2… »

« les applications de finance, compta, RH, tapez 3… »

… 7 propositions différentes défilent.

A ce moment-là tu sais que tu en as pour une heure minimum rien que pour expliquer le problème.

Dans ta tête commence à raisonner la voix raillée de Jean-Jacques : « Envole-moi, envole-moi, loin de cette fatalité… »

Au moment où le contrôleur de gestion raccroche avec le « helpdesk » -qui ne porte de « help » que le nom- il prend plutôt bien les choses, sa matinée est foutue, mais son calme olympien résiste. Il est assez fier de lui.

Il craint d'avantage la réaction de son chef en entrant dans son bureau :

- Kuroo mon ordinateur ne fonctionne plus.

Le grand brun ne relève même pas la tête :

- C'est moche.

Keiji est peut être demeuré un peu trop calme sur ce coup-là, c'est un problème car ainsi son chef n'a pas saisi qu'il y en avait un de problème.

- Je dois rapporter mon PC au service informatique pour qu'il le répare, s'ils y parviennent, je le retrouverai lundi au mieux. Ils devraient pouvoir me prêter un ordi de remplacement dans deux heures mais c'est embêtant je n'aurais pas accès à tous mes fichiers.

- Pardon ?!

Là il a capté son attention. Le regard est noir, froid, sociopathes à souhait. L'alarme est lancée.

Le directeur financier ajoute avec sarcasme :

- Leurs ordinateurs de remplacement remontent aux années 80, tu ne pourras rien faire ! Trois jours pour réparer un ordi et deux heures pour en avoir un en attendant ?! Tu comptes poser un RTT en plein audit ?

Zazie est en train de prendre la place de Jean-Jacques : « Zen, soyons zen… »

- Ce n'est pas de mon fait et le service informatique ne peut pas me proposer mieux.

- Oh vraiment ? Tout dépend à qui tu t'adresses…

« Du sang-froid dans les veines.. »

- Apparemment c'est le temps qu'il faut pour configurer un ordi de prêt… Je ne crois pas…

Sans un regard de plus pour son contrôleur de gestion, Kuroo saisi sans ménagement son téléphone le faisant taire. Il met son appareil sur haut-parleur avec un sourire qui dit : « Observe et apprend jeune Padawan »

« ZENNNNNNNNNNNN… »

Une voix atone répond sans conviction :

- Service informatique ?

- Kenma nous avons besoin de ton aide de toute urgence !

Blanc, soupire… Re-blanc…

- Testsourou, un PC qui n'est pas un MAC ce n'est pas une urgence…

Kuroo sourit en se remémorant leur débat de la veille.

- C'en est un mais ce n'est pas de dont il s'agit ! Nous sommes en plein audit et l'ordinateur de mon collaborateur est en rade.

- Il faut contacter le helpdesk qui va te proposer une solution.

- C'est déjà fait, la solution craint, ils veulent lui prêter une poubelle obsolète jusqu'à lundi ! Akaashi ne peut pas se passer d'un poste de travail décent !

- Je suis sûr que la poubelle en question fera l'affaire, on n'a pas besoin d'un Core i7 de dernière génération pour remplir des fichiers Excel

Le directeur financier sait qu'il ne gagnera pas sur un terrain où son ami est roi.

Pas de temps pour la dentelle, il l'amène sur son propre champ de bataille : la manipulation, la corruption…

- Je t'offre le dessert ce midi.

Blanc…

- Tu m'offres le repas.

Re-blanc… Il doit quand même montrer que ça lui coûte sinon il ne sera plus crédible :

- Deal ! Je t'envoie Akaashi.

Kuroo affiche un sourire très satisfait de lui-même, pourtant la manœuvre n'a pas vraiment impressionnée l'apprenti qui fixe son chef avec quelque chose qui se rapproche de l'agacement ou de la pitié.

Le contrôleur de gestion n'ajoute rien, il faut choisir ses combats…

Le service informatique se trouve au sous-sol. C'est un peu glauque et cliché.

Le jeune homme marque un temps d'arrêt lorsqu'il arrive devant le bureau de Kenma Kozume.

Celui-ci est assis en tailleur sur sa chaise de bureau, Dieu seul sait comment il tient dans cette position. De gros écouteurs sont vissés sur ses oreilles. Son corps est emballé dans un sweat à capuche rouge, objectivement trop grand. Ses cheveux forment un carré désordonné d'un blond décoloré qui lui donne un côté Kurt Cobain. Ses traits son fins, androgynes, il fait plus jeune qu'il ne l'est sans doute.

Cette visions semble incongrue à Keiji qui est plus habitué à être entouré par ses clones : cheveux disciplinés, costume, cravate, sourire bright…

Le monde de l'entreprise cultive l'uniformité des tenues et des comportements, ça évite d'être dérouté.

- Kozume ?

- Akaashi je présume. Donne-moi la bête.

Le geek manipule sans plus de mots l'ordi.

Son visage est vide et cela fait un instant froid dans le dos du contrôleur de gestion qui attend en silence.

On dirait qu'il est ennuyé de vivre. Keiji est très dérouté.

Après quelques secondes l'informaticien hoche la tête pour lui-même puis tourne son visage impassible :

- Je vois. Avant de planter ton ordinateur a fait un drôle de bruit ?

- En effet.

- Lequel ?

Le contrôleur de gestion se concentre un instant pour se rappeler avec exactitude :

- Brziouzvrouzzzzzziiiiikkkkkkkppppp !

- Peux-tu me l'épeler s'il te plaît ?

Alors que Keiji prend une autre seconde pour réfléchir il réalise que le nerd est sans doute en train de se moquer de lui. C'est difficile à dire tant son expression est monotone toutefois, ses yeux en amande semblent luire un peu plus.

Akaashi le fixe sans gêne, oui, oui, c'est bien ça, pas de doute : il se fout de sa gueule.

- Je suis l'objet d'une plaisanterie n'est-ce pas ?

L'autre ne se sent visiblement pas coupable :

- J'avoue. Je m'amuse comme je peux avec les noobs.

Keiji s'autorise un sourire face à la lueur maligne qui le défie sans animosité.

- Ce bruit a une signification particulière au moins ?

- Oui, ton PC est mort, je ne peux rien pour lui. Je vais te prêter un ordinateur le temps que je récupère toutes tes données et te les transfère sur ton nouveau PC.

Keiji est un peu déçu : tout ça pour ça ?

- C'est exactement ce que m'a dit le helpdesk.

- Sans doute parce que c'est la seule option. Tu vas prendre cet ordi te prêt, qui fonctionne très bien -quoi qu'en dise ton chef. Je viens t'installer ton nouveau PC à 14H.

- Merci pour ta rapidité. Ça me va !

- La procédure via le Helpdesk aurait fait tout aussi bien à une journée près mais ne le dis pas à Tetsourou j'aime manger gratuitement.

- Oui, j'ai tenté de lui expliquer…

Kenma lui répond d'une voix monocorde qui dénote avec l'ironie de ses paroles :

- C'est bien courageux.

Les deux hommes se regardent d'un air entendu.

Cet échange laisse Keiji perplexe, cet informaticien si plat, si ennuyé d'être là en apparence ne semble pas manquer de piquant, voilà une personne qu'il est difficile de cerner et le jeune homme est intrigué :

- Tu sembles parler en connaisseur, vous vous connaissez depuis longtemps ?

- Oui.

Akaashi attend quelques secondes mais son vis-à-vis ne complète pas sa réponse et se contente de le regarder tranquillement.

Visiblement la boîte ne s'ouvre pas facilement…

Il a beaucoup de travail, il retentera plus tard :

- Ok, et bien merci encore, je file terminer cet audit, à tout à l'heure !

20 heures est là et le directeur financier soupire d'aise. Une pizza et un ami l'attendent sur le parking de Ramène ta fraise.

Le plan est parfait pour un jeudi soir.

- Kenma, tu es prêt ?

- Visiblement puisque je suis là.

L'informaticien n'aime pas énoncer les évidences et Tetsourou sourit en pénétrant dans sa voiture :

- Merci encore d'être venu changer l'ordi d'Akaashi cet après-midi.

Le blond hausse les épaules en s'installant :

- C'est mon travail.

- Et puis, il y avait des frites maison à la cantine…

- Je suis corruptible.

Ceintures bouclées, le moteur toussote au démarrage.

- Keiji m'a dit que tu l'avais invité au cinéma ce weekend ?

- En quelques sortes.

- C'est-à-dire ?

Kenma est clairement ennuyé de devoir s'expliquer et Kuroo le voit réfléchir à comment économiser le plus de mots possibles :

- On aime tous les deux Star Wars, c'est venu dans la conversation.

Le directeur financier n'est pas satisfait et insiste :

- Quand avez-vous eu le temps de discuter ?

Un soupire s'échappe de l'informaticien alors que la voiture quitte le parking :

- Il m'a offert un café quand j'ai terminé la réparation.

- Ah ?

- Ça t'embête ?

Tetsourou se force à se détendre, il est trop curieux mais il ne peut pas s'en empêcher lorsqu'il s'agit de son plus vieil ami :

- Pas du tout, c'est juste que tu as dû lui parler cinq minutes le matin et cinq minutes l'après-midi. Tu ne sympathises pas si vite d'habitude. Je suis surpris voilà tout !

Kozume hausse les épaules :

- Il ne m'a pas semblé désagréable.

- Certes, c'est déjà pas mal !

- Et puis, Koutarou sera là.

Le grand brun manque d'avaler de travers sa salive et les questions affluent d'un bloc :

- Ah bon ? Star Wars ? Vous ne vous êtes pas déjà vu le weekend dernier ? Quel est le rapport avec Keiji ?

- Je crois qu'il l'aime bien.

Le cœur du directeur financier bat un plus fort. Irrationnellement fort. Il n'arrive plus à retenir l'avalanche de nouvelles questions qui lui martèle soudain le cerveau :

- Tu es sûr ? Ça ne t'embête pas qu'il s'intéresse à quelqu'un ?

Son interlocuteur reste de marbre mais les yeux légèrement plissés il fixe son ami :

- Non, pourquoi ?

Le brun s'abstient de répondre et se contente de taquiner son ami :

- Tu fais l'entremetteur pour notre dir co ?

- Ce n'est pas ce que tu essaies de faire sans succès depuis des semaines ?

L'indice de flippe monte au maximum et Kuroo grille un feu rouge en même temps que ces derniers neurones.

Son trouble contraste avec l'attitude tranquille du passager.

- Tu as noté ça ?!

- Oui, et je me demande bien pourquoi.

- Je ne veux que son bonheur.

Le blond le fixe à nouveau de son expression indéchiffrable :

- Vraiment ? Tetsourou tu as quelque chose à me dire ?


J'espère que vous avez passé un agréable moment.

Kenma a enfin fait son apparition ! Je suis soulagée, cela fait plusieurs mois que je veux introduire cet OS autour du Helpdesk mais ce n'était pas encore le moment… L'histoire me trottait dans la tête depuis le début, j'ai pourtant mis quatre semaines à l'écrire, je ne suis vraiment pas productive ! A bientôt.