Disclaimer : les personnages appartiennent à Haruichi Furudate
Auteur : LilaCookies
Titre : Liaisons professionnelles, Chap. 13 "Une négociation bien menée"
Genre : UA, romance, humour, yaoi
Rating : T
Commentaires : Enfin ? Enfin ! Alalala, je fus si lente à produire cet OS. Je sais pourtant que je vais l'écrire depuis le début. Les images dans ma tête ne voulaient pas devenir des mots. Finalement, j'ai mis tellement de temps à le rédiger que j'ai dû relire les précédents chapitres pour me remettre dans le bain sans perdre le fil.
J'espère qu'il vous plaira et que vous ne serez pas déroutés par cette nouvelle paire.
Bonne lecture !
…
…
Nishinoya Yuu n'ignore aucune des étapes pour réussir une bonne vente : une solide préparation, de l'écoute, une proposition qui répond aux besoins de son client et un jeu de jambes intelligent pour survoler les objections.
Un bon commercial se tient « sainement » entre rigueur et impétuosité.
Sans l'ombre d'un doute, Yuu est né pour faire du commerce : travailleur, pugnace, sociable, le tout enrobé d'une flamme qui peut brûler sans crier gare.
C'est un As dans son domaine, il le sait, son patron le sait et, à vingt-huit ans, il est déjà compté-clé national pour Ramène ta fraise.
Sans fard, le jeune commercial est assez simple à cerner : il n'a qu'un seul visage. Nishinoya est exactement le même dans son travail comme dans sa vie personnelle. A tel point, qu'il applique scrupuleusement ses méthodes de vente pour gérer sa vie privée.
Ça fonctionne : sa témérité le laisse rarement rentrer bredouille !
Ce soir, pourtant, le compte clef se retrouve face à son plus grand échec, à l'exception qui confirme la règle…
Ce soir, Noya se retrouve face à son client le plus récalcitrant, aka le "gentil barman". Celui-ci ne semble définitivement pas intéressé par la marchandise.
C'est un peu vexant, car le produit qu'il essaie de vendre, c'est lui.
Il ne se définit pas lui-même comme un sex-symbol : il est certes bien dessiné et athlétique mais se juge bien trop petit pour prétendre à ce titre –la faute à son mètre soixante-cinq. Il tente tant bien que mal de compenser en appliquant soigneusement du gel pour dresser sur sa tête ses cheveux bruns dans lesquels quelques mèches dorées ont été glissées par accident. Mais bon, officiellement, il fait toujours un mètre soixante-cinq.
Cet échec devient un entêtement irrationnel. Le barman l'obsède et sa tête est au bord de l'explosion.
Après tout, Noya lâche rarement prise dans son travail, pourquoi le ferait-il dans sa vie amoureuse ?
Il doit bien se l'admettre : il a épuisé toutes les bonnes raisons de venir dans ce bar depuis des semaines. Aucune de ses stratégies n'a jusqu'alors fonctionnée.
Il doit abandonner ou finir alcoolique.
Il n'a pas encore tranché sur ce qu'il préfère…
…
Quand deux éléphants débarquent dans un bar avec un sourire faux sur le visage qui dit « oh mais quelle bonne surprise ! » :
- Hello Yuu !
- Hello Yuu !
La guêpe, pas folle, est aussitôt méfiante :
- Ryuu ? Koutarou ? Qu'est-ce que vous faites là ?
- On venait boire un verre… On peut s'asseoir avec toi ?
Ses deux collègues n'attendent pas la réponse et s'installent.
Ryuunosuke n'ose pas le regarder dans les yeux –ce qui est hautement inhabituel- tandis que son directeur commercial fixe un peu trop le gentil barman.
Noya ne prétendra jamais être un génie mais il sent l'arnaque se déployer... Il hausse un sourcil soupçonneux :
- C'est une intervention ?
Les deux zozos pourraient faire semblant -au moins cinq minutes- du contraire mais ils sont trop francs et trop abruptes pour jouer à cache-cache.
Bokuto regarde avec compassion son compte clef :
- Noya… Il est peut-être temps de… lâcher-prise ?
Yuu fusille du regard Tanaka :
- Tu ne sais vraiment pas garder un secret !
Sans aucune discrétion le chef interrompt la dispute en préparation et pointe du doigt le barman :
- C'est le gars là-bas ?
Tanaka fait « oui » de la tête tandis que Noya tente de se noyer dans sa pinte pour faire passer le feu de ses joues.
Koutarou le détaille avec attention : le serveur est grand, au moins autant que lui, ses épaules son larges et noueuses, ses cheveux bruns et lisses tombent tranquillement sur sa nuque, une barbe de trois jours mange son visage. La luminosité du bar ne lui permet pas de savoir si ses yeux sont chocolat ou noirs.
Son air en revanche est un peu terrifiant : son attitude à quelque chose de dure, genre « homme de main de la mafia ».
- C'est vrai qu'il est pas mal mais il n'a pas l'air commode…
Yuu ne peut s'empêcher de prendre sa défense avec ferveur :
- Ce n'est qu'une impression, je n'ai jamais rencontré quelqu'un d'aussi adorable !
Tanaka hausse les épaules :
- Mon ami, tu as vraiment besoin d'aide !
Noya n'a clairement rien à répondre à ça hors mis pour se justifier :
- Je n'arrive pas à trouver la clef d'entrée. C'est bien la première fois que cela m'arrive !
Le directeur commercial pouffe :
- On ne parle pas d'une négociation là, on parle de relations humaines.
- Tu as tout faux ! La drague c'est une négociation, certaines ventes sont justes un peu plus difficiles que d'autres, voilà tout !
Ryuu secoue la tête avec un sourire :
- Tu es bien trop intense à ce sujet…
- C'est juste que… je sens que ça peut le faire. Je ne veux pas me réveiller avec le remord d'avoir manqué ma chance à me dire : « Et si ? ».
La façon dont il s'exprime n'a rien de poétique mais ses collègues sourient à cet aveu qui révèle sans doute un coup de foudre.
La mission : « il faut sortir le soldat Noya de ce bar » se transforme rapidement en un club de supporters –ils ne sont pas difficiles à corrompre…
Tanaka et Bokuto lèvent le point les yeux rayonnants et déclarent avec ferveur :
- Ok. On va t'aider !
Reconnaissant, Noya verserait presqu'une larme :
- Merci senpai !
Bokuto n'est pas que son directeur commercial, il est aussi son mentor. C'est lui qui l'a formé cinq ans plus tôt lorsqu'il était un jeune chef de secteur à la conquête du monde.
Le compte clef a beaucoup de respect pour lui, il est fort, il l'admire et si quelqu'un peut faire un miracle, c'est lui. Il est souvent tenté de l'appeler "Dieu", mais ce serait sans doute un peu trop ?
- Ok, puisque tu vois ça comme une négo, je te propose qu'on analyse les derniers RDV avec ton « client » pour établir un nouveau plan de bataille.
Koutarou aura beau dire qu'il ne voit pas cela comme une vente, il se prend au jeu. Lui aussi aime gagner à tous les coups.
- Déjà, as-tu bien préparé ton approche ?
- Je viens depuis presque deux mois et je passe systématiquement une chemise propre !
- Deux mois ?!
Tanaka regarde son chef avec un regard éloquent.
Noya n'est pas particulièrement connu pour sa patience et Bokuto en déduit que le jeune homme tient vraiment à séduire le barman.
- Tu lui as déjà adressé la parole ?
Yuu le regarde comme un demeuré.
- Evidemment, à chaque fois que je lui passe commande !
- Tu as essayé d'engager un autre type de conversation ?
- Yep, mais il répond toujours par monosyllabes. J'arrive pas à bien le cerner.
- Il est du genre réservé ou froid ou… ?
Tanaka complète avec un sourire moqueur :
- Ou professionnel ! Personne ne vaut la peine qu'on se donne autant de mal!
- Tu ne l'as pas vu torse nu, puis sourire timidement en mode : « désolé d'être aussi canon ».
- Je ne suis pas gay !
- Que tu n'aies pas faim ne t'empêche pas de regarder le menu du restaurant…
- Attends une minute ! Dans quelles circonstances tu l'as vu torse nu exactement ?
Pris en flag.
- Hum ?
- Noya !
- J'ai peut-être accidentellement renversé ma bière sur son t-shirt la semaine dernière.
- Accidentellement ?
- Pervers…
- C'est l'hôpital qui se fout de la charité !
- Pas du tout !
- Je trouve que tu traînes souvent dans les couloirs du juridique ces derniers temps…
- Ta gueule !
- Toi d'abord espèce de bavard !
A nouveau Bokuto joue le rôle d'intermédiaire et tempère en recentrant le débat :
- Comment Apollon a-t-il réagi ?
- Il a paniqué et s'est confondu en excuses…
Tanaka manque de s'étouffer :
- Sérieusement, c'est lui qui s'est excusé en plus ?!
- Oui. Et puis il a enlevé son t-shirt pour s'essuyer…
Le rose monte aux joues de Yuu et ses collègues ne peuvent s'empêcher de le taquiner :
- Est-ce que l'on n'est pas à deux doigts du harcèlement sexuel là ?
- Je le crains…
- Ne crois-tu pas que tes manœuvres sont bien trop évidentes ?
- Hein ? Si elles l'étaient il se serait déjà passé quelque chose, non ?
- Peut-être qu'il est trop gentil pour te dire qu'il n'est pas intéressé alors il fait semblant de ne pas comprendre ?
Le jeune homme se rembrunit à cette remarque de son chef.
Ryuu tente de le raisonner :
- Noya… On dirait que tu es en mission divine là… Es-tu sûr que c'est bon pour toi tout ça ?
- Qu'est-ce que tu veux dire ?
- Le Noya que je connais est du genre cash, ça passe ou ça casse. T'es une vraie pub Mc Do, tu viens comme tu es ! Là, on dirait que tu ne sais même plus qui tu es.
Les yeux de Yuu hésitent clairement entre défi et renoncement et l'air abattu du commercial font prendre une décision radicale au chef :
- Bon, ok ça suffit ! J'y vais !
Les deux comptes clef restent un instant interdits alors que Bokuto se lève brusquement et se dirige vers le comptoir.
L'amoureux éconduit est blanc comme un linge :
- Il va quand même pas lui poser la question ?!
Tanaka est bien trop enthousiaste face à la situation :
- Tais-toi, qu'on entende ce qu'il lui raconte !
Les deux commerciaux sont donc à leur table, dans le silence, l'oreille tendue, le regard inquiet. On a mieux fait en matière de James Bond...
Bokuto s'avance déterminé et très satisfait de lui-même, il ne s'assoit pas et s'accoude au bar. Il sourit et fixe sans vergogne le barman :
- Salut.
- Euh… bonjour. Qu'est-ce que je vous sers ?
- Tu vois le jeune homme là-bas ?
Oui, Koutarou s'embarrasse rarement avec une introduction.
Il lui montre sans ambivalence Noya qui tente de se cacher derrière sa pinte à demi vide.
Le serveur opine incertain tandis que Bokuto poursuit sans subtilité :
- Tu lui plais beaucoup !
Tout le bar se retourne sur eux et le barman rougit fortement tandis que Yuu avale de travers sa salive.
- A force de venir ici pour attirer ton attention, il va avoir un problème d'alcoolisme et je devrais le virer. Ce serait dommage, c'est un de mes meilleurs éléments !
Déstabilisé par tant de transparence, une lueur de panique enflamme les yeux du barman :
- Mais non, je… Vous voulez que j'arrête de le servir ?
Le grand gaillard s'affole.
Le "client" poursuit, ne fait clairement pas dans la dentelle -et s'en fout en plus- :
- Mettons cartes sur table : qu'est-ce qu'il doit faire pour que tu acceptes un rendez-vous avec lui ?
Il le tutoie sans même se poser la question. Normal.
Le serveur semble à deux doigts de l'apoplexie, il murmure presque sa réponse :
- Et bien… Hum… Me le demander, je suppose ?
- Hein ?! Quoi ?! Il ne l'a jamais fait ?!
Le grand brun fait « non » de la tête.
Sans plus de cérémonie Bokuto sourit au grand timide, hoche la tête comme pour dire « merci » et retourne à sa table. Sans même se rasseoir il réprimande son compte clef :
- Noya. Ne me dis pas que tu ne lui as jamais demandé de sortir avec toi en deux mois ?!
Le plus petit fait « non » de la tête.
Précisons que tout le bar est en train de suivre la telenovela qui se joue devant eux.
- C'est quand même la base d'une vente de terminer par une proposition ! Tu te fous de ma gueule ?!
Yuu ne sait décemment plus où se mettre et il tire sur la manche de son chef pour qu'il s'asseye.
Koutarou se décide enfin à plus de tranquillité, il se radoucit :
- Je ne comprends pas. Tu es plutôt directe d'habitude ?
- Au début je l'ai juste trouvé canon et c'était plus un jeu. Avec ses airs de criminel endurcit, c'était plus pour le plaisir de regarder. Mais ce gars en fait est gentil et adorable. Le contraste est saisissant entre son physique et sa personne. Et… oh et puis merde je suis con !
- Je vois. On s'en va! T'as plutôt intérêt à arriver demain matin au boulot avec le numéro de téléphone du barman ou tu es viré.
Ryu manque de s'étouffer à cette remarque, du Bokuto tout cracher : un ultimatum et qui m'aime me suive.
Sans plus de mots, les deux collègues s'exécutent et laisse Noya pantois.
Le barman est retourné à sa tâche et Noya reste figé sur place. Il n'ose pas bouger, il sent vaguement les yeux des autres clients sur lui attendant impatiemment la suite de l'épisode.
Quant au barman, il évite soigneusement de croiser son regard.
Alors il attend.
Il attend que le monde change ?
La fermeture du bar approchant, les derniers clients se résignent et l'établissement se vide enfin.
Une grande inspiration et Noya prend son courage à deux mains en venant vers le comptoir.
Le serveur semble captivé par le verre qu'il est en train d'essuyer.
- Je… suis désolé pour ce qui s'est passé…
- Non, c'est moi qui suis désolé, j'aurais dû…
Devant le vent de panique qui agite son crush, Yuu le coupe, indigné qu'il s'excuse à sa place :
- Ce n'est pas du tout de ta faute ! Mes collègues sont plutôt…
- Intrusifs ?
- On va dire ça… Et moi… Enfin, tu me plais et j'ai été con… Je suis vraiment désolé de t'avoir importuné de la sorte.
Enfin le barman ose le regarder dans les yeux, cligne deux fois puis détourne à nouveaux ses grands yeux bruns :
- Oui, et bien… tu n'avais pas besoin de faire tout ça…
- Hum ?
Gêné le serveur met une main dernière sa nuque :
- Je serai déjà parti avec toi le premier soir si tu me l'avais demandé…
Les joues du serveur virent gentiment au cramoisi sous l'aveu.
- Je… hein ?
Se méprenant sur la conduite éberluée de Yuu, le doute assaille à nouveau le plus grand :
- Enfin je veux dire… Ça n'aurait pas été très prudent car je ne connais même pas ton nom… Je suis peut-être présomptueux en pensant que tu voulais sortir avec moi ? Je…
Noya se sent con et heureux à la fois… Mais surtout con. Mais heureux aussi.
Le jeune commercial lui tend la main, un sourire jusqu'aux oreilles pleins d'assurance :
- Nishinoya Yuu.
L'autre répond timidement à sa main tendu :
- Azumane Asahi.
…
…
Merci à tous celles et ceux qui sont encore là après ces longs mois d'absence, j'espère que vous avez passé un bon moment.
Je commence à me dire que les directeurs de cette entreprise sont de vrais entremetteurs !
