Disclaimer : les personnages appartiennent à Haruichi Furudate
Auteur : LilaCookies
Titre : Liaisons professionnelles, Chap. 14 "Cohésion d'équipe"
Genre : UA, romance, humour, yaoi
Rating : T
Commentaires : Du drame s'est glissé dans ce chapitre, passage obligé car l'amour ne peut pas toujours n'être qu'humour.
Bonne lecture !
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Quelle idée saugrenue d'inviter l'ensemble du personnel à une convention commerciale !
A quel moment a-t-on pensé que ça pouvait intéresser la direction financière au complet ?
Ne s'est-on pas rendu compte que dans « convention commerciale » il y a le mot « commerciale » ?
Visiblement pas…
Le but de ce grand rassemblement étant de « motiver et de mobiliser les troupes autour de la stratégie de la boîte » le DRH a proposé au PDG de Ramène ta fraise d'emmener tout le monde.
Le PDG a dit « oui » trop vite, avec beaucoup trop d'enthousiasme.
Voilà comment l'ensemble du siège social se retrouve dans un train, à six heures du matin, direction le sud.
Il est tôt.
Ce matin-là exige trop de lui : des regards à échanger, des bavardages à relever, des sourires à donner…
Akaashi Keiji aimerait beaucoup qu'on le laisse dans un coin en PLS sous une couverture chaude.
Ne pas être associable ne veut pas dire que l'on soit sociable pour autant.
On a aussi le droit d'être un juste milieu, non ?
Un juste milieu qui sourit poliment tant que la conversation ne s'éternise pas…
D'ailleurs, le juste milieu n'aime pas non plus se lever à cinq heures du mat.
Le juste milieu n'a clairement pas envie d'être dans un train, bruyant et remplit de collègues.
Le jeune contrôleur de gestion aurait dû prendre un café avant de venir mais son estomac se serait révolté.
Finir surnommer « Vomito » par ses collègues aurait été le pompon.
Sagement, il prend donc place dans le train. Il se retrouve dans un carré. Sans surprise, son voisin ne lui adresse pas un regard.
Tsukishima semble encore plus sinistre qu'à son habitude mais, soyons honnêtes, Kei ne fait jamais semblant d'être sympa.
Akaashi doit bien admettre qu'il n'est pas complètement sûr de l'apprécier. Les confidences d'un soir ne se sont pas transformées en une amitié pour la vie, plutôt en une forme de gêne permanente.
Le carré se complète par leur chef qui semble inhabituellement pensif.
Le grand blond l'ignore superbement et Keiji évite soigneusement leurs regards après un « bonjour » d'usage auquel personne ne répond vraiment.
Assurément, ils forment ce matin un beau trio de « foutez-nous la paix ».
…
Alors que le train commence à avancer, un quatrième membre vient les rejoindre.
Cette personne est beaucoup trop dynamique :
- Hey bonjour la team !
Le sang de Keiji se fige un instant comme s'il venait de subir une Fatalité.
Evidemment, il aurait dû se douter que les deux directeurs seraient à côté dans le train.
Il tente de répondre avec le plus grand détachement :
- Bonjour Koutarou.
Le jeune homme est soulagé, il s'en sort finalement assez bien. Ils ne sont pas seuls et le financier se domine plus facilement qu'il ne l'avait imaginé.
Kuroo hausse un sourcil et taquine le nouvel arrivant :
- C'est à cette heure-là que tu te pointes ?!
- J'ai dit bonjour à tout le monde avant de rejoindre ma place ! Pour une fois que toute mon équipe commerciale est là !
Même Kei tique à cette révélation. La direction financière scrute l'énergumène comme s'il venait de Jupiter. Tetsourou soupire, fatigué rien que d'imaginer devoir dire « bonjour » à tout le train.
L'agité personnage s'installe promptement en face d'Akaashi. Le directeur commercial tente de capter son regard mais le contrôleur de gestion l'évite avec indifférence.
Kuroo et Bokuto échangent quelques banalités mais le directeur financier n'a finalement pas très envie de papoter, son ami s'en plaint :
- C'est bien la peine que je vienne m'asseoir à côté de toi !
Le soi-disant ami se contente d'un clin d'œil avant de regarder sans plus de formalités par la fenêtre.
Rapidement, Kei a les yeux fermés mais il est fort probable qu'il fasse semblant de dormir.
Keiji tente, quant à lui, de se plonger dans le livre qu'il a apporté. Il a du mal à se concentrer sur les aventures de son héroïne tandis que Koutarou essaie de capter son attention :
Il le fixe.
Il fait du bruit.
Sa jambe heurte « par accident » celle d'Akaashi.
Heureusement le directeur commercial a la patience d'un enfant et il finit par se décourager face au mutisme du contrôleur de gestion.
Mais…
Mais il est tôt et Keiji n'est pas très alerte ce matin.
En manque cruel de caféine, il s'exclame « oui » avec beaucoup trop d'enthousiasme lorsqu'un « sauveur » lui propose d'aller boire un café quinze minutes plus tard.
Ensuite, seulement, il a levé la tête et réalisé son erreur.
Personne ne l'exemptera de cette discussion, ses deux autres collègues semblent assoupis.
Piégé.
Akaashi se contente donc de sourire avec une froide courtoisie lorsqu'il se lève pour suivre son aîné dans la voiture-bar.
Les voilà donc assis face à l'autre à boire un café trop chaud sans un mot. Le contrôleur de gestion refuse de briser le silence tandis que son collègue semble chercher ses mots.
Bokuto finit par lâcher prudemment :
- Tu es parti fâché hier ?
Keiji prend un temps comme pour marquer sa surprise :
- Qu'est-ce qui te fait dire ça ?
- C'est ce qui m'a semblé…
- Tu te fais des idées.
Le contrôleur de gestion sait jouer l'innocence lorsque sa survie est en jeu. Il apprécie presque de voir son collègue être torturé sous son indifférence :
- Ah ?
- J'avais terminé mon travail. Je suis parti, voilà tout.
La réplique laisse le commercial sans voix.
A cet instant le regard de Keiji est indéchiffrable pour Bokuto.
Affreusement neutre avec un je ne sais quoi de « va te faire foutre ».
Ça lui donne un nœud à l'estomac.
- Il ne s'agit pas que d'hier soir. Depuis une semaine, notre relation n'est plus la même, tu ne veux plus prendre de café avec moi…
- J'ai beaucoup de travail.
Koutarou ne cherche pas à tout prix à mettre des étiquettes sur les gens mais Keiji est si inclassable qu'il se sent complètement retourné.
C'est pourtant son métier de s'adapter à n'importe qui. Le grand partage sa réflexion :
- Je n'arrive pas à te cerner.
- Vraiment ? Je ne suis pourtant pas compliqué.
Le directeur a presque envie de rire tellement la situation est invraisemblable. Se fait-il vraiment des idées ?
- Parle-moi.
Le ton de Keiji est toujours aussi neutre, ni en colère, ni amical :
- Pour dire quoi ?
Cette indifférence blesse Bokuto plus qu'il ne le souhaite, il met les deux pieds dans le plat en sauce :
- Je me suis excusé pour le week-end dernier. Je pensais que tu avais accepté mes excuses ?
- En effet.
- Je n'en ai pas l'impression pourtant. S'il existe un problème je préfère que l'on en parle.
- Il n'y a pas de problème.
- Keiji !
Le directeur commercial a haussé un peu trop la voix et quelques passagers se retournent.
Akaashi, si calme, si détaché a soudain envie de le gifler. Il visionne un instant la scène mais s'abstient et dans un sourire forcé hausse les épaules.
Son collègue le provoque à nouveau et insiste comme un enfant qui fait un caprice :
- Tu m'en veux clairement et je veux savoir pourquoi !
Koutarou lui tire les vers du nez mais à quel dessein ?
Le barrage cède et la lave vient submerger le glacier, le contrôleur de gestion le foudroie du regard et répond tout bas :
- Oh ? Tu veux à tout prix en parler maintenant ?!
Ce changement d'attitude bouleverse son interlocuteur :
- Qu'est-ce que tu veux dire ?
- C'est toi qui a tracé une ligne et je te rassure je ne la franchirai pas.
Bokuto fronce les sourcils comme si l'autre ne le comprenait pas :
- Ça ne nous empêche pas de parler avec franchise. Comme avant…
- Je ne vois pas comment ce serait possible. Tu ne sais pas ce que tu veux et moi je ne suis pas porté sur le masochisme.
- C'est un peu extrême comme point de vue, non ?
C'est au tour du directeur commercial de se trouver fébrile face aux assauts de son ami. Il ne connaissait pas cet aspect de la personnalité de son collègue.
Songeur, il se dit que la foudre peut donc naître sous cet apparent calme.
- Je n'ai pas envie de faire ça. Tu ne trouves pas que ton attitude est un peu hypocrite ? Tu ne peux pas continuer à venir me chercher pour prendre un café, plaisanter, me taquiner, me parler de tout ce qui te passe dans ta vie, m'écouter… et puis merde tu es beaucoup trop tactile !
- Hein ?
- Ce que je veux dire, c'est que ton attitude est ouvertement ambiguë, tout ça pour me dire que tu veux juste être mon ami. A quoi tu joues ?
- Je suis désolé, je ne me rendais pas compte.
Les lèvres de Keiji s'étirent pleines d'ironie :
- Sans déconner… Tu m'as embrassé !
- C'était au cinéma, en dehors du travail ! Et je m'en suis excusé ! Je me suis un peu trop laissé porter, je m'en excuserais autant de fois qu'il le faut !
Le plus jeune lève les yeux au ciel :
- Par pitié, non ! Ce n'est pas la question.
- Alors quoi ? J'ai l'impression d'être clair et transparent avec toi et tu me balances que je suis hypocrite ?
- Tu me donnes l'impression…
Bokuto le coupe :
- On s'entend bien. J'aime beaucoup ta compagnie mais peu importe ce que je ressens à ton égard je ne veux pas de relation amoureuse au travail.
- Tes paroles ne sont pas en accord avec la façon dont tu te comportes avec moi. Je n'ai pas envie de subir ça.
Trop excédé pour continuer à lui faire face, Akaashi se lève. Koutarou n'a pas le mauvais goût de le retenir.
…
Keiji ne se sent pas mieux en regagnant sa place. Il se sent vidé.
Heureusement, le trajet passe assez vite et l'autre ne se remontre pas.
Lorsqu'ils arrivent à destination Tsukishima et Akaashi se lèvent pour sortir du train. Leur chef semble profondément endormi, Keiji s'en inquiète :
- On devrait le réveiller, non ?
- Non.
Le contrôleur de gestion ne tient pas compte de la remarque de son collègue et réveille son chef d'un « Kuroo ! Réveille-toi » bien ferme.
La belle au bois dormant ouvre les yeux :
- Hum ? Il est trop tôt ! Pourquoi est-on là déjà ?
Akaashi soupire :
- Cohésion d'équipe.
- J'aime pas la cohésion.
Kei intervient sardonique :
- Fait semblant, ça tu sais faire.
- Tu me parles vraiment mal.
Le grand blond le défi :
- Vire-moi.
- Petit con !
L'impertinent hausse les épaules et s'en va sifflant soufflant vers sa chambre d'hôtel avec Akaashi.
…
A la descente du train le directeur commercial a lui aussi le moral dans les chaussettes. Ni la beauté de l'hôtel, pourtant équipé de terrains de volley et d'une piscine, ni le beau temps, ni ses collègues ne parviennent à le sortir de sa morosité.
Lorsqu'enfin il arrive à la chambre qu'il partage avec Kuroo il s'aplatit la tête la première sur son lit en signe de désespoir et lance un étouffé :
- Putain, je suis le roi des abrutis !
Le directeur financier qui entre à son tour dans la chambre en baillant l'interroge, perplexe :
- Mais encore ?
- Keiji m'aime plus !
- Hein ?
- Il me déteste…
Le désespéré roule sur son dos tandis que Tetsourou s'installe à ses côtés dans le lit et tempère :
- Allons, allons, mon petit, je suis sûr que tu dramatises.
- Je l'ai embrassé !
L'aveu a le mérite de piquer l'intérêt du grand brun :
- Où ? Quand ? Comment ?
- Au cinéma la semaine dernière…
- Petit cachottier… C'est quoi le problème ?
Bokuto le regarde avec des yeux de chien battu :
- Je lui ai dit que je ne veux pas d'une relation au travail. Il dit que je suis un hypocrite et qu'il n'est pas masochiste. Je ne suis pas sûr de bien comprendre son problème. Il ne veut plus être mon ami.
Le directeur financier se moque :
- T'es vraiment une autruche.
- Mais non !
- Je pensais qu'il te plaisait...
- Ce n'est pas la question ! Une relation au travail ce n'est pas du tout une bonne idée. C'est une règle !
Tetsourou réalise que la solution n'a aucune chance d'être trouvée en quelques minutes et la piscine l'attend.
- Ah? Ecoute, on ne va pas régler le problème maintenant, la piscine nous attend avant la première réunion !
La perspective d'une eau fraîche, requinque le malheureux, il ajoute rassuré :
- Tu m'aideras ?
- Oui.
Son interlocuteur le regarde soupçonneux :
- Pourquoi es-tu si gentil ?
- Je suis toujours gentil !
Son vis-à-vis lui retourne simplement un :
- Non.
- Merci pour ta franchise !
- Tu as quelque chose de changé, tu es bizarrement détendu.
- C'est mal ?
Koutarou réfléchit un instant avant de demander :
- Tu me diras ce qui te rend heureux ?
- Oui mais pour l'instant enfile ton maillot !
…
…
J'espère que vous n'êtes pas déçus de ne pas avoir assisté au bisou entre Akaashi et Bokuto, je le laisse tout à votre imagination !
Merci pour avoir lu ce nouveau chapitre, j'ai bien conscience que le rythme des publications est plutôt lent cette année et ne facilite pas le suivi de l'histoire.
