Disclaimer : les personnages appartiennent à Haruichi Furudate
Auteur : LilaCookies
Titre : Liaisons professionnelles, Chap. 15 "Innocent benêt"
Genre : UA, romance, humour, yaoi
Rating : T
Commentaires : Merci pour toutes celles et ceux qui prennent le temps de laisser des reviews, vous êtes ma récompense et ma motivation.
Bonne lecture !
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Le DRH et le Directeur commercial, côte à côte, animent la réunion d'introduction de la convention commerciale. Le premier présente le programme des réjouissances et le second les objectifs stratégiques qui seront développés pendant cette grande messe de trois jours.
Les deux hommes sont dynamiques, enthousiastes, communicatifs et chacun à leur façon vraiment captivants.
La salle est pendue au bout de leurs lèvres. Leur duo fonctionne bien et une énergie folle est née dans l'amphithéâtre.
Cette entrée en matière est juste parfaite.
Le PDG, assis au premier rang observe la scène, n'étant plus sûr de savoir comment avaler sans s'étouffer.
Koushi sourit gentiment et avec assurance à l'assistance, Daichi est hypnotisé.
Le chef Sawamura a l'égocentrique impression que chacun des gestes du DRH lui est destiné.
Peut-être se fait-il des idées ?
Leur relation est devenue étrange et difficile à maîtriser pour le brun.
Il se noie.
- Notre DRH va finir par brûler si tu continues de le fixer comme ça !
Daichi sursaute légèrement face à la remarque, le directeur général sourit en pensant ironiquement que c'est lui qui est en feu.
Il dévisage l'opportun qui le trouble dans sa contemplation… Tooru, évidemment, assis à sa droite. Il a l'air trop satisfait de lui-même.
Il retient un « Ta gueule » qui serait hautement inapproprié de la part d'un chef et se contente d'un :
- Chut, écoute !
Le directeur marketing ne répond pas mais Sawa entend très clairement un sourire goguenard pleinement assumé par Oikawa.
Il a vraiment le chic pour engager des directeurs à l'intelligence pervertie, il est très certains que son équipe veut sa mort.
Le président sent la marmite bouillir.
Il ne sait pas ce qu'il va dire mais il doit parler en tête à tête avec Suga. Sa santé mentale en dépend.
A quel moment sa vie professionnelle est-elle à ce point partie en sucette ?
Daichi est partagé : la trop bonne entente dès la première réunion avec Koushi ? La discussion irréelle dans le parking souterrain ? Quand il a annoncé l'arrivée de Kiyoko ?
Non… il n'aurait jamais dû embaucher Koushi, voilà tout.
Quel innocent benêt il était !
A la minute où l'entretien d'embauche a commencé, il a apprécié le RH.
A la minute où l'entretien d'embauche a commencé, il était dans la merde.
…
Ses cheveux châtains clairs, presque mi-longs, soyeux. Son sourire en coin, presque innocent quand il passe la main dans cette chevelure. Cette bouche rose entrouverte. Cette chemise blanche, retroussés sur ses bras, qui laisse voir la naissance de son torse diaphane…
Un subtil vent de débauche -pour qui sait regarder- souffle sur le visage de Sugawara Koushi.
Le DRH ne joue plus franc-jeu.
Tous les coups sont permis.
Il a d'abord laissé la glace refroidir de remords son chef quand celui-ci a eu la mauvaise idée de recruter son ex.
Il a dans le même temps adroitement fait ami-ami avec la Conasse –qui n'en est pas une mais il s'en fout. Suga voit d'ailleurs avec plaisir le visage de son chef pétri d'inquiétude lorsque Kiyoko et lui prennent des cafés en tête à tête. Il reconnaît que la jeune femme n'est sans doute pas dupe mais la situation semble l'amuser et son bon cœur la mène à l'encourager.
Une fois la tension dressée à son maximum, Koushi a lancé les hostilités. Tantôt bouillant, tantôt glacial, aucun de ses gestes, aucun de ses mots n'est laissé au hasard. Les frôlements, les mots « professionnels » murmurés d'un peu trop prêts à l'oreille de Daichi, ne sont pas fortuits. Le RH compte bien faire exploser en plein vol son responsable.
Le Koushi gentil et compréhensif a disparu. Le calme DRH est sur le pied de guerre, conquérant et ambitieux.
Terminé d'être patient et de prendre son temps pour apprendre à se connaître !
Terminé d'attendre que l'autre se rende compte que le DRH est une vraie perle !
Terminé d'être professionnel en souhaitant qu'il lui tombe dans les bras !
A un moment donné, Suga sait ce qu'il veut et tant pis si l'autre ne peut pas gérer. C'est « oui » ou c'est « non », la réponse c'est maintenant, et si c'est « non » il démissionnera.
…
A ce stade nos deux protagonistes sont aussi tendus que la corde d'un arc, la collision est inéluctable. Les deux hommes en ont conscience : l'inévitable ne peut plus être évité.
Par avance, Suga en est nostalgique. Le jeu du chat et de la souris va lui manquer… mais il doit y mettre un terme avant d'être sévèrement blessé.
Chacun se guette attendant le moment qui déterminera tout.
Le problème majeur lors d'une convention commerciale est que, même si l'ambiance est plus casual qu'au bureau, on n'est jamais vraiment seul.
Entre les ateliers pro et les différentes animations « détente et cohésion », la journée est des plus remplie et la soirée de clôture est un vrai succès, l'ambiance ne redescend pas.
Suga prend son mal en patience et se déhanche sur la piste de danse.
Le PDG, demeuré assis, tente de ne pas se consumer. Au bord de commettre l'irrationnel pour l'enlacer sur la piste de danse, il parvient finalement à s'échapper de la soirée.
La nuit est chaude et il décide de profiter d'un bain nocturne dans la piscine extérieure de l'hôtel.
Il est minuit passé quand Daichi plonge enfin dans l'eau avec bonheur.
Seul, au calme, ses idées se rafraichissent.
Le directeur entend au loin -et sans regret- les rires et la musique s'échapper de la salle où se déroule la fête.
Il savoure ces minutes de solitude dans la pénombre et barbote paisiblement la tête adossée sur le rebord, les yeux fermés.
Il est si bien qu'il décide de ne pas ouvrir les yeux lorsqu'une onde vient gentiment le percuter.
Pourtant, quelqu'un d'autre est entré dans l'eau et s'approche silencieusement avec quelques brasses.
Il sait.
Son palpitant bat un peu plus fort.
Daichi n'est pas sûr s'il est tétanisé ou grisé.
Il ne bouge pas.
Il attend.
Il sait.
L'autre s'est arrêté à quelques centimètres en face de lui.
Ils ne se touchent pas.
Quelques secondes passent.
Une éternité.
Son cœur bat la chamade. L'intrus le perçoit-il ?
Rien ne se passe.
L'impatience naît.
Désappointé, Sawamura finit par ouvrir les yeux.
Koushi est bien là. Très près. Il le dévisage de ses grands yeux noisette.
Lui aussi semble attendre quelque chose et Daichi perçoit dans son regard le même doute que dans le sien.
Bien conscient que son directeur des ressources humaines a fait le premier pas, il se décide pour une transparence exemplaire :
- Je pensais que tu allais m'embrasser.
Le DRH fronce les sourcils :
- Tu avais les yeux fermés.
- Je savais que c'était toi.
Suga sourit et rosit face à cet aveu :
- Je ne cacherais pas que cette perspective est hautement tentante mais je suis un homme raisonnable, je crois que nous devons d'abord discuter ?
Le PDG rit franchement face à la retenue de son salarié :
- Tu es donc suffisamment joueur pour être entré dans cette piscine mais pas assez pour tenter ta chance ?
- Pas sans consentement. C'est important un consentement explicite.
La prévenance et l'intelligence de Koushi vont droit au cœur du PDG qui ne retient pas :
- Tu es parfait !
Des lèvres taquines lui retournent :
- Il est temps de t'en rendre compte.
- C'est vrai mais tu me rends aussi complètement fou !
- Et… ce n'est pas une bonne chose ?
- Je crois que tu ne te rends pas compte à quel point tu chamboules mon monde !
Le sourire de Suga s'efface face à cette pointe de détresse soudaine.
Daichi observant le sourire du séducteur disparaître culpabilise et explique :
- Je me suis beaucoup remis en question ces derniers mois sur qui je suis, qui je veux être… Et je ne suis pas sûr d'avoir trouvé la réponse. J'énonce l'évidence mais tu travailles pour moi, avec moi… et je n'ai jamais pensé que j'étais gay jusqu'à maintenant… C'est perturbant.
- Tu n'as pas besoin d'étiquettes.
- Je suis un pragmatique. Et toi, tu es une énigme…
Face à l'avalanche de questions que se posent son coup de cœur, Koushi est déboussolé et s'écarte.
Il n'était pas conscient que cette attirance embrouillait à ce point son amour. Il a sans doute besoin d'espace.
Son égoïsme lui fait soudain honte, il baisse la tête et sourit avec compassion :
- Je suis désolé. Tu as beaucoup d'interrogations. Je comprends. Je ne souhaitais pas te mettre mal… Il recule et creuse encore l'écart avec son interlocuteur.
Daichi sentant un gouffre s'ouvrir, panique. Le brun se dégage du mur de la piscine pour combler le vide entre eux.
- Ne t'éloigne pas ! J'ai beaucoup de questions, mais clairement aujourd'hui je n'ai plus aucun doute quant à la nature de mes sentiments pour toi. C'est tellement… je…
Presque hagard, le châtain le dévisage. L'autre poursuit sa déclaration :
- Je suis plus heureux quand tu es là. Tu es gentil, doux, intelligent, empathique, troublant, sexy, et tu…
Suga ne le laisse pas terminer la liste de ses nombreuses qualités et écrase enfin ses lèvres sur celle de son chef.
Le baiser n'est ni doux, ni agréable, il est trop urgent pour ça.
Passé la nécessité de ses lèvres qui s'entrechoquent, Koushi se dégage et vient saisir la joue de Daichi.
Il le regarde et patiente un instant pour laisser le brun être sûr que la situation lui convient.
L'autre lui sourit.
Cependant, ça ne peut définitivement pas être leur première étreinte et le PDG est trop perdu dans la contemplation du châtain pour instiguer le deuxième geste.
Suga joint à nouveau leurs bouches : tranquille et suave il s'empare gentiment des lèvres de l'objet de ses désirs.
Il prend son temps et bientôt Daichi réagit pleinement aux caresses pour le serrer dans ses bras.
Lorsqu'ils s'arrêtent et rouvrent leurs yeux un éclat de rire les saisit et le PDG reconnait :
- C'est finalement si simple...
Après quelques secondes à explorer ses yeux, son amoureux lui sourit puis penche la tête sur le côté :
- Toutefois, nous devrions sortir de l'eau avant que quelqu'un nous voit.
Koushi pense toujours à tout.
Le brun hésite en sortant de l'eau puis lâche :
- Est-ce que l'on va dans ma chambre ?
- Si tu veux.
- Oui... Pour parler ?
Suga lui adresse un clin d'œil :
- Si tu veux. Ne te mets pas la pression on a dit « simple ».
…
…
Enfin ! La route sera encore longue pour ses deux-là, un bisou, même « simple » n'est pas une réponse exhaustive. Mais… Kyaaaaaa ? ^^
Merci d'être encore là, j'espère que vous avez passé un bon moment ?
