Disclaimer : ni l'univers ni les personnages ne m'appartiennent. Seule l'histoire des Fallen (et les personnages qui s'en rapportent) sont ma propriété. Pour tout emprunt, merci de me demander.
Chapitre 5
Étant donné qu'elle se trouvait déjà à Poudlard, Raven décida que c'était une bonne idée d'aller le voir directement.
Longeant les murs, elle se déplaça le plus discrètement possible pour ne pas réveiller les portraits accrochés au mur et risquer d'attirer l'attention sur elle.
Il était connu de tous les élèves de l'école que le Maître des Potions, qui était accessoirement le Directeur de Serpentard, avait ses appartements dans les cachots, près de sa salle de classe.
La jeune femme n'était qu'à quelques mètres de la porte, de la lumière filtrant dans l'embrasure, quand elle entendit des éclats de voix.
•... Mon père !
•Vous devez impérativement vous calmer.
•Me calmer ! Vous savez très bien ce qui arrivera si jamais il échoue. Et il le fera.
•Faites confiance à votre mère.
•Ma mère…
•Fera toujours ce qu'il faut pour vous protéger.
•Je ne veux pas être protégé ! Je suis capable de remplacer mon père. De réussir là où il échoue !
•Drago…
La respiration de Raven se bloqua dans sa poitrine quand elle réalisa qu'elle était en train de surprendre une dispute entre Rogue et le fils de Lucius Malefoy, Drago, qui était dans la même promotion que Harry, Hermione et Ron et qui se trouvait être le rival numéro 1 du jeune homme.
Même si tout le monde faisait comme s'il disait la vérité, personne n'était dupe quant au témoignage de Malefoy lorsqu'il avait été arrêté après la disparition de Voldemort, quatorze ans auparavant. Franchement, personne n'était assez naïf pour croire qu'il avait réellement été soumis à l'Impérium. Par contre, sa fortune avait bien servi pour les pots de vin dont il avait arrosé les notables et les juges.
Et vue ce qu'elle était en train d'entendre, Malefoy Père était de retour dans les rangs de son Maître, plus inutile que jamais, et son fils voulait prendre sa place en montrant sa valeur. Ce qui était probablement la pire blague de tous les temps.
•Vous ne pouvez pas aller le voir et montrer autant d'orgueil, cracha le professeur. Vous devez être prudent.
•La prudence, c'est pour les mauviettes. (C'était surtout pour ceux qui voulaient vivre). Je dois prouver que je vaux mille fois plus que lui.
Jugeant qu'elle en avait assez entendu et que ce n'était pas le meilleur moment pour aller interroger Rogue à propos de ses liens avec une Née-Moldue bien connue, elle tourna les talons, prête à rejoindre le passage secret qu'elle avait emprunté à l'aller.
Raven n'était qu'à quelques mètres de la teinture quand elle aperçut une silhouette qu'elle reconnut immédiatement.
•Harry ? Chuchota-t-elle.
Elle sut qu'elle avait vu juste quand il tourna brusquement la tête vers elle en sursautant. La jeune femme regarda autour d'elle et une fois qu'elle fut sûre qu'elle était seule, elle se précipita à ses côtés, s'asseyant sur le banc de pierre sur lequel il était installé. La brune remarqua immédiatement qu'il tenait sa main contre lui et qu'il cherchait à la lui cacher. Décidant qu'elle voulait savoir ce qui se passait, elle referma ses doigts sur son poignet gauche et tira dessus d'un coup sec. Elle s'était attendue à beaucoup de choses, mais pas à ce qu'elle vit sur le dos de sa main.
Je ne dois pas dire de mensonges.
Les mots étaient littéralement gravés dans sa chair. C'était tout récent, une goutte de sang coulant encore de la dernière lettre du mot "mensonges".
•Qu'est ce que c'est que ça ? Demanda-t-elle, furieuse.
•Ce n'est rien.
•Si ça c'est rien, je veux bien savoir à quoi ça ressemble quand il y a quelque chose. Harry… (Elle plongea son regard dans le sien). Dis moi ce qu'il s'est passé.
•C'est Ombrage. (Raven ne put se retenir de siffler entre ses dents). Elle soutenait… (Il s'interrompit, ayant visiblement du mal à faire sortir les mots). Elle m'a traité de menteur. Elle a dit que la mort de Cédric était… était un accident.
Raven sentit sa propre gorge se nouer.
Elle avait bien connu Cédric. Même s'il avait été à Poufsouffle et elle à Serdaigle, ils avaient été amis. Contrairement à lui, elle n'avait pas mis son nom dans la Coupe de Feu, refusant de participer au Tournoi, non seulement parce que c'était inutilement dangereux et parce qu'elle ne voulait surtout pas risquer de révéler qu'elle était une Fallen. Mais même si elle pensait que c'était stupide, elle l'avait soutenu lorsqu'il avait mis son nom dedans. Elle avait également soutenu Harry, bien sûr, mais ça avait été Cédric le champion qu'elle avait encouragé.
Lorsqu'ils étaient revenus tous les deux et qu'elle avait compris que son ami était mort, son cœur s'était brisé.
•Je parie que tu n'as pas pu rester à l'écouter sans réagir, n'est-ce-pas ?
•Non. Je l'ai traité de menteuse.
•Bon sang, Harry…
•Je suis collé tous les soirs de la semaine. C'était ma première colle aujourd'hui.
•Harry, j'ai rencontré cette femme le jour de ton audience… C'est une vipère, engoncée dans une robe rose bonbon. Et elle adule Fudge. Qui soutient à qui veut bien l'entendre que tu es un menteur et que Dumbledore soutient tes mensonges car il veut son poste.
•Mais c'est faux !
•Toi, moi et tous ceux qui comptent le savent. Mais tu ne peux pas raisonner ce genre de personnes, Harry.
•MacGonagall m'a déjà fait la leçon hier.
•Alors, écoutes ses conseils, c'est une femme sage. Tu dois faire profil bas. Fais croire au Ministère que tu capitules, que tu es prêt à lui lécher les bottes…
•Mais Voldemort…
•Bordel, Harry ! Je sais ! Je sais que la mort de Cédric n'était pas un accident, je n'ai jamais douté de toi. (Elle inspira profondément). Cédric était mon ami et c'était un sacrément bon sorcier. (Elle posa une main sur son épaule). Je te crois quand tu racontes ce qu'il s'est passé dans ce cimetière. Mais nous devons faire très attention. Nous avançons littéralement sur des œufs en ce moment. Tant que Voldemort ne sera pas revenu publiquement, nous devons garder la tête baissée pour avoir une chance de le mettre en déroute.
•Je ne peux… Je n'arrive pas à…
•Je sais, Harry. Mais tu dois vraiment prendre sur toi. La vérité finira forcément par éclater au grand jour et à ce moment-là, le Ministre passera pour le plus gros con de tous les temps. (L'adolescent laissa échapper un ricanement). Fais attention à toi et à tes amis. C'est tout ce qui compte.
•D'accord.
•Et fais bander cette main. (Elle se releva du banc). Je dois repartir.
•Qu'est ce que tu faisais là d'ailleurs ? Lui demanda-t-il en fronçant les sourcils.
•Un travail pour Dumbledore. Je t'expliquerai une prochaine fois. Va te coucher, Harry.
Raven se glissa derrière la teinture et longea le couloir pour sortir du château, en laissant le jeune homme derrière elle.
Elle avait l'intuition que ça ne serait pas la dernière fois qu'elle entendrait parler des punitions d'Ombrage.
Note de l'auteure : un chapitre 5 un peu court, j'en conviens…
Mais les choses vont commencer à s'accélérer dans les recherches de Raven dès le prochain chapitre.
Je vous y retrouverai donc et vous invite à laisser une review en attendant.
À très vite
Bye !
