NDA 01/08/24 : Bonjour à tous, j'espère que vous allez bien? Voici enfin les aventures de Harry Potter vu sous le point de vue de Minerva, j'espère que son coté écossaise protectrice vous plait toujours?

En attendant le 15, je vous souhaite une bonne lecture!


Octobre 1991

Dumbledore paracheva son discours, et les préfets en chefs et préfets durent raccompagner les élèves dans leurs salles communes dans le plus grand des calmes. Ce qui avait cependant très mal commencé, vu les hurlements des élèves à l'annonce de Quirrel pour le troll perdu dans les cachots juste avant de s'évanouir.

Les élèves ayant quitté la grande salle, deux pensées fusèrent dans l'esprit de la directrice de gryffondor, qui arrêta presque sèchement son collègue potioniste. Elle avait de la poigne à n'en pas douter. « Severus, ôtez-moi d'un doute. Venons-nous d'envoyer vos élèves droits sur un troll ? » Le directeur de serpentard manqua de trébucher face à la question, choqué, et prêt à dégainer sa baguette à la suite de leur directeur et des autres professeurs, ayant pris la direction des cachots.

Mais une fois encore, Minerva l'arrêta subitement en se saisissant de sa manche. Quelque chose clochait, et cela déplaisait fortement à l'écossaise. « Si le troll était dans les cachots, nous l'aurions sentit passer, la hauteur des plafonds n'est pas ajustable. Non… Il est ailleurs… » Les deux se regardèrent alors, et d'un accord mutuel, se séparèrent de nouveau.

Severus quitta la grande salle au pas de courses pour rejoindre le second étage, là où avait été caché la pierre philosophale. L'une des protections apportées à la pierre était un duo de troll des montagnes, justement choisis par Quirell. Il fallait donc vérifier si tout était encore en place, et si personne n'avait tenté de voler la pierre pendant le festin, ou pendant l'intervention de cet idiot de professeur de défense incompétent.

De son coté, Minerva se changea en félin tigré, et se laissa guider par son flair et son ouïe fine. Il ne lui fallut que quelques minutes pour comprendre que le troll n'était définitivement pas vers les cachots. Elle passa donc à travers le grand hall, grimpant sur les rampes des escaliers mouvants pour aller plus vite au milieu de la cohue des élèves, et traça jusqu'au second étage à son tour.

L'odeur la guida non pas, vers le couloir interdit, mais vers les toilettes des filles, où le bruit d'une lourde chute l'alerta. En une micro seconde, elle était redevenue humaine, sa baguette en main. Elle croisa Severus qui revenait lui aussi en courant, tirant de force Quirell avec un air mauvais sur le visage, et les trois arrivèrent dans la pièce complétement démolie.

Pour éviter que ses collègues ne percutent les toilettes empilées sur la porte de gauche, Minerva plaça ses bras en protection, avant de poser sur les trois élèves se tenant à côté du troll étendu sur le sol, un regard mi- fière, mi perplexe.

« Oh bonté divine… Vous deux-là, expliquez-vous ! » Ordonna-t-elle d'une voix ferme et pourtant toujours aussi perplexe. Weasley commença à baragouiner des informations sans queue ni tête, lorsque la jeune prodige Granger reprit la parole.

« C'est ma faute professeur McGonagall… » Il y eut un silence d'une seconde, pendant lequel Minerva, Severus et Quirell tournèrent la tête vers la jeune fille, encore plus éberlués qu'avant.

« Vous Miss Granger… ? » La voix de la directrice des lions semblait avoir pris deux teintes plus hautes pour poser sa question… Mais la petite reprit, imperturbable, le mensonge le plus visible de l'histoire du monde.

« J'étais à la recherche du troll… Je pensais que je pouvais m'en occuper, j'ai lu beaucoup de choses à propos des trolls mais… J'avais torts… Si Harry et Ron ne m'avait pas retrouvé, je serais morte à l'heure qu'il est… » Minerva se retint de lever les yeux au ciel, avant de reprendre la parole à son tour.

« Oh… Quoi qu'il en soit, c'était complètement idiot de faire une chose pareille. Je me serais attendue à une attitude plus raisonnable de votre part… Vous me décevez beaucoup, miss Granger… 5 points seront enlevés à Gryffondor pour votre manque de discernement. » La petite baissa la tête, tandis que Minerva se tournait vers les deux garçons de première année, le regard sévère. « Quant à vous deux, messieurs, j'espère que vous vous rendez compte de la chance que vous avez eus. Peu de premières années auraient été capable de combattre un troll des montagnes adulte et en sortir vivants… 5 points… seront accordés à chacun de vous… » Elle marqua une pause, avant de reprendre, plus sèche encore « Pour votre chance insolente ! »

Minerva fut la première à partir, faisant voler ses robes émeraudes, suivit de Severus, qui comptait bien lui toucher deux mots de ce qu'il avait vu dans le couloir interdit. Laissant Quirell seul avec les enfants, ignorant encore le danger qu'il représentait pourtant.

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Avril 1993

« Oh le bougre, je vais lui faire ravaler ses salutations distinguées moi ! » Résonna la voix forte et teinté d'accent de la directrice-adjointe devenue directrice remplaçante.

« Tout va bien, Minerva ? » Demanda Pomona avec douceur.

Ils se trouvaient tous dans la salle commune des professeurs, en réunion d'urgence pour éviter la fermeture de l'école après le renvoi surprise d'Albus par Lucius Malfoy, lui-même envoyé par le conseil ministériel de l'éducation magique.

« Non, tout ne va pas bien, cet homme, cette… Veracrasse mal embouché ! » Jura-t-elle sous le regard outré de son amie et collègue.

Severus fit taire un rire derrière sa tasse de thé face à cette remarque. Filius, derrière la sienne, poussa un soupir à fendre l'âme. « Il dit que nous allons devoir fermer l'école à moins de nommer quelqu'un de plus compétent à sa tête qui soit capable de protéger les élèves du terrible monstre qui sévit en nos couloirs… Et évidemment, il se propose ! » La voix de Minerva prit une octave.

« Bah tiens… Et quand il aura fini de boire son thé, il parviendra peut-être à agiter sa baguette pour raviver les élèves pétrifiés, c'est ça ? » Ricana Pomfresh, ayant amenée avec elle des potions sur lesquelles elle travaillait afin de nourrir les élèves justement pétrifiés.

« Ce n'est pas avec des pots de vin qu'on ramène à la vie des élèves ! » Gronda Sinistra, qui fut approuvée par le professeur Brulopot.

Minerva reprit. « Nous sommes d'accord… Mais sans indice, nous ne pourrons pas ramener l'élève manquante, ni même protéger les autres… Nous allons devoir penser à évacuer l'école… »

« On pourrait tout aussi bien envoyer Lockhart s'en occuper… C'est un grand chasseur de créature magique après tout. » Proposa Pomona avec douceur, ce qui fit lever les yeux de tout le monde.

« Pitié non, ou alors attendez que je sois moi-même pétrifié pour cela… » Répliqua Minerva d'un ton ne marquant même plus l'ironie.

« On ne supporte plus ses collègues, Madame la sous-directrice… ? » se moqua alors le directeur de serpentard.

« Severus épargnez nous vos sarcasmes. Vous étiez le premier à vous plaindre de cet homme. »

« Certes… Tiens mais où est-il, celui-là, d'ailleurs ? »

Minerva vint se masser les tempes. « Est-ce déplacé de dire que j'espère son départ ? Cela nous éviterait d'autres ennuis et nous permettrais de nous focaliser sur bien plus important… »

« Comme retrouver l'élèves disparue… ? » Demanda Sinistra en croisant les bras.

« Tout à fait. » Reprit l'écossaise. « Si quelqu'un à une idée de comment se déplace le monstre, ou même de son identité et de son commanditaire, n'hésitez pas, c'est le moment ou jamais… »

Le professeur Bibine arriva sur ces entrefaites, claquant sèchement la porte derrière elle.

« De deux choses l'une, les parents de Ginny Weasley ont été mis au courant. »

« Oh seigneur, je craque déjà… » Grimaça Brulopot.

« Et ? Ne nous faites pas attendre, Rolanda, c'est vous-même qui le demandiez tout à l'heure ! » S'impatienta alors la nouvelle directrice.

« Et je viens de voir passer Potter, Weasley et Lockhart, courant tous trois vers les toilettes des filles du second étage. » La missive de Lucius Malfoy que tenait encore Minerva s'échoua au sol, tandis qu'elle se redressait d'un mouvement sec, faisant craquer sa colonne vertébrale telle une branche de saule cogneur.

« Je vais le tuer… » Annonça-telle d'une voix forte. Severus Rogue couvrit son visage d'une main blême, perdu entre ce qui semblait être un rire rauque et le désespoir d'entendre le nom de Potter encore une fois mêlé à ce genre d'histoire…

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Juin 1994

Minerva ruminait dans sa barbe inexistante. Elle ne supportait pas ne pas savoir ce qu'il se tramait dans l'école. Et présentement, c'était justement le cas. Trois jours plus tôt, le meurtrier Sirius Black s'évadait on ne sait comment, et ce, après avoir violemment attaqué trois élèves de Gryffondor, laissant l'un d'entre eux avec une jambe déchiquetée… Et Albus réagissait comme si tout allait bien. C'était à n'y rien comprendre.

Et Minerva détestait ça.

Albus se moquait définitivement d'elle. Il agissait comme si c'était normal, et s'occupait de l'administration comme tout bon directeur qui soit sans pour autant lui expliquer ce qu'il s'était passé… Et elle devait bien admettre que ça la mettait en rogne. Sirius Black évadé, trois de ses élèves blessés, deux collègues touchés eux aussi, dont un désormais sur le point de devoir partir à cause de la réaction des parents sur son statut de loup-garou, et l'autre blessé…

Non vraiment, les magouilles d'Albus faisaient monter la moutarde au nez de la directrice de Gryffondor. Avec les incidents de cette année, le portrait de la grosse dame déchiqueté, et toutes les agressions étranges qu'il y avait eu… Il désirait garder le secret comme ça ? Alors qu'elle était directrice des élèves ayant subi des dommages physiques et psychiques ? La prenait-il pour une demeurée ?

Elle n'était pas stupide non plus, elle avait bien remarqué les étranges courriers que recevaient Harry, ou encore l'éclair de feu envoyé de nulle part… Et elle ne croyait absolument pas à la théorie fumeuse qu'il lui avait sortie sur un admirateur secret. Rien de tout cela n'était crédible, de plus, l'hippogriffes condamné qui s'échappe au dernier moment, sans qu'on sache comment au nez et à la barbe du ministre.

Ajouté à cela l'épuisement plus que visible de Miss Granger qui avait pour ordre de balancer quelques heures avec le retourneur de temps pour dormir… Deux évasions, un épuisement improbable chez une des élèves touchés par les agressions du meurtrier en cavale, les courriers reçus par le second, et le présent…

Et chaque fois qu'elle lui posait la question, il faisait semblant d'être appelé ailleurs, de devoir faire quelque chose de très important, voire de ne pas l'avoir entendu, comme s'il devenait sénile. Mais Minerva avait plus d'un tour dans son sac, et malgré tout, elle avait un peu appris de son neveu, Hadrian McGonagall pour faire pression sur les gens. Et la dame comptait bien mettre son plan à exécution.

Ainsi, aux alentours de 22h 30, lorsqu'Albus revint de sa petite partie de Poker habituelle dans la salle commune des professeurs, il eut la surprise de voir Minerva dans le fauteuil directorial, et sur son bureau était étalé, entre deux saladiers de suçacides, bonbons au citron et coupes de sorbets citrons et agrumes, des parchemins divers et variés. La directrice des rouges et or, elle, avait les coudes entre deux posés sur le bureau, les mains croisées sous son menton, et le regard de quelqu'un qui sait tout.

« Bonsoir Albus, asseyez-vous… » Souriant, bien qu'un peu mal à l'aise de toute cette mise en scène, il obtempéra, prenant la chaise des invités.

« Bonsoir Minerva… Que me vaut le plaisir de toutes ces bonnes choses… ? » Elle ne répondit pas, et fit venir à lui les divers présents au citron qu'elle avait apporté.

« Je suis au courant pour Sirius Black… » Albus haussa un sourcil et cessa de déballer la friandise qu'il avait entre les mains.

« Vraiment, miss ? » Il doutait, mais Minerva avait compris comment il fonctionnait… Et elle comptait le tester… Avec une histoire à dormir debout, un bluff total.

« Seul vous et moi étions au courant du retourneur de temps que j'ai confié à Miss Granger. Bizarrement, l'hippogriffes nommé Buck qui aurait dû être exécuté a disparu pendant la visite du ministre, et après celle de trois élèves de gryffondor. Ensuite, l'enlèvement de Mr Weasley par Sirius Black lors du soir-même, avec la pleine Lune, pile le jour où Rémus Lupin n'a plus de potion tue-loup… Et enfin, la disparition du condamné de sa cellule, laissant derrière lui des plumes d'hippogriffes. Je ne mentionnerai pas les nombreux courriers et lettres reçu par Mr Potter, ni même cet éclair de feu sorti de nulle part. »

Elle étira un sourire victorieux, quoiqu'un peu faussé. « Vous et moi, nous étions au courant que Sirius Black aurait dû être le parrain de Harry Potter. C'est pourquoi je suppose que ce dernier était innocent, que Peter Pettigrew était le traitre depuis le début, que Sirius fut mis à Azkaban sans vérification de son statut, que ces trois élèves susnommés l'ont libéré de sa cellule en utilisant le retourneur de temps confié à Miss Granger, et que vous avez laissé faire tout ceci sans m'en toucher un mot, pour ensuite m'éviter à chaque fois que j'ai posé la question… »

Albus sembla prendre dix ans, avant de pousser un soupir à fendre l'âme et de reposer le bonbon sur la table. « Je suis navré, Minerva, je voulais vous en parler à la fin de l'année, lorsqu'il n'y aurait plus d'oreilles indiscrètes dans les couloirs… J'aurais dû vous faire confiance plus tôt… Pardonnez-moi mon amie… »

Cette réplique sembla tourner en boucle durant plusieurs secondes dans l'esprit de l'animagus, qui finit par écarquiller les yeux de stupeur. « Parce que toute cette histoire était vraie ? »