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Notes de l'Auteure :
Comme je fais des cauchemars toutes les nuits, je me réveille souvent en sursaut et je me rendors pour retomber dans une autre horreur. Souvent, je me souviens que d'un cauchemar, parfois deux, voir même trois.
Cette nuit, il y en avait deux très complets et très vifs, que je vais vous narrer ici, bande de petits chanceux !
Parce que, tel le Docteur, je ne peux pas vivre mes mésaventures sans compagnon, cette nuit n'échappe pas à la règle.
Deux personnages, deux histoires et donc, deux chansons associées :
Première partie : "99 Problems" par Hugo, comme la Fanvid "Crowley | 99 problems [Good Omens]".
Seconde partie : "Tom" par Marie Laforêt, en raison du prénom de la chanson.
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"Tip my hat to the sun in the West,
Feel the beat right in my chest,
At the cross roads a second time,
Make the devil change his mind."
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Partie 1 - Crowley :
Ma jeune sœur Helya et moi avions une mission bien précise. Nous n'étions pas seules, certes, mais nous avions aussi quelques griefs envers nos deux collègues féminines. Pourtant, nous quatre étions meilleures amies, auparavant. Nonobstant notre longue et durable amitié, nos relations se sont détériorées et nous ne voulions plus travailler ensemble. Cette mission serait donc la dernière pour nous quatre.
C'est comme ça, c'est la vie.
Je suppose.
Mon nom ?
Alisone Davies.
Je suis une petite femme de 34 ans, 1m58, la peau plus pâle que celle de Blanche-Neige, mes cheveux châtains aussi longs que ceux de Raiponce, ma robe aussi bleue que la tenue de Jasmine et mon âme de Sirène comme Ariel.
Ah et, oui, j'aime les Contes.
Helya, deux ans de moins que moi, était déjà plus terre-à-terre. Nos deux amies, Emma et Laurence, avaient elles aussi notre âge.
Nous étions des espionnes. Imaginez James Bond, en quatuor de femmes.
Notre dernière mission ensemble, et pas des moindres, concernait un Démon...
Oui, oui, un Démon de l'Enfer, en la personne de Crowley.
Le beau ("beau" parce que David Tennant, nom de Dieu !) Crowley, ce grand Démon élancé, aux cheveux courts et en bataille de la couleur du feu de l'Enfer. Il portait d'épaisses lunettes noires pour cacher ses pupilles de la même forme que celles des serpents. À propos de serpent, il avait un petit tatouage qui en représentant un, en noir, sur sa tempe droite. Il portait des vêtements serrés entièrement noirs, avec un veston gris, ainsi qu'un long et fin foulard, également gris, noué étrangement et retombant sur sa poitrine.
Crowley et moi...
C'est une vieille histoire d'amour, dont le début se trouve dans une précédente histoire au nom de : "Prophétie".
Alors, lorsque ma sœur et nos collègues ont su pour la relation entre Crowley et moi, eh bien, elles ont voulu s'en servir.
Le début de notre mission commençait dans un cabaret à l'intérieur d'un immense théâtre, un peu spooky, parce qu'entièrement en rouge et noir, avec des moulures et décorations en or. En vrai, c'était joli, clairement. Mais ça donnait un petit côté glamour infernal, ce qui était voulu, je suppose. Il y avait une scène en bois laqué, ainsi que des tables recouvertes d'une nappe rouge, juste en face. Les imposants lustres en or n'éclairaient que d'une façon tamisée, rendant ainsi l'endroit mystérieux et cosy.
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"It's a pound of flesh but it's really a ton,
99 problems and a bitch ain't one,
If you're having girl problems I feel bad for your son,
I got 99 problems and a bitch ain't one."
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Helya et moi avions réussi à obtenir des pass d'entrées pour nous faufiler dans le club de l'Enfer. Pendant que Laurence et Emma devaient rester dehors pour le reste de la mission. Le Boss des lieux était, sans surprise, le Démon Crowley.
Je portais toujours une robe bleue, mais un peu plus élégante que celle que j'avais pour tous les jours. Mes longs cheveux, noués en tresse, tombaient dans mon dos. Helya s'installa à quelques mètres de Crowley, qui regardait le spectacle sur scène sans grand intérêt.
Sa dépression était visible, malgré ses lunettes noires qui cachaient ses yeux de serpent. Il buvait des dizaines de bouteilles d'alcool fort, tantôt du Whisky, tantôt du Gin, tantôt du Bourbon. Quatre rangées de chaises se trouvaient juste en face de sa table "trône". Les rangées étaient remplies de femmes, et quelques hommes, qui admiraient Crowley comme les groupies incontestés qu'ils étaient.
En analysant les yeux admiratifs avec les bouches grandes ouvertes de ses fans, je ne pus m'empêcher d'y voir un groupe d'escargots, avec la bave tombant de leurs lèvres roses jusqu'au sol noir.
Helya et moi s'assîmes autour d'une petite table ronde, à la nappe couleur rubis. Le spectacle de magicien ne m'intéressait pas et le serveur en costume vint nous voir pour prendre nos commandes.
- Deux cidres... ordonna Helya.
Le serveur nous jeta un regard interrogateur et, comprenant que nous ne plaisantions pas, il admit :
- OK. Bon... Deux jus de pomme qui pique, ça marche.
Et il partit.
Je souris malgré tout.
Helya sortit nos gadgets de son sac à main. Je pris une minuscule oreillette que j'enfonçais dans mon tympan droit. La communication menait directement aux oreillettes de ma sœur, Emma et Laurence.
Nous devions restées connectées, car la mission se faisait en un seul temps.
Ma fonction était simple :
Occuper Crowley, pour que Laurence et Emma réussissent leurs objectifs en dehors du club. Ma sœur devait rester à la table, analysant les gens qui allaient et venaient dans ledit club infernal.
Ma fonction fut celle-ci, car elles savaient que j'avais eu une relation avec Crowley. J'étais donc parfaite, et la seule, à pouvoir l'occuper.
Une fois prête, j'ai jeté un coup d'œil à ma sœur, puis je me suis levée pour me diriger vers la table trône du Démon. Ce fut assez laborieux de me faufiler au milieu des groupies qui bavaient toujours autant devant Crowley. Surtout qu'il ne leur donnait absolument aucun intérêt.
J'ai soufflé.
Je galérais déjà, mais la voix de ma sœur dans l'oreillette admit :
- Ali, pousse tout le monde et va directement à sa table !
Elle n'avait pas tort.
J'ai dû sauter dans ce bain de foule et mon agoraphobie m'a rattrapé. J'ai fermé les yeux en poussant un peu plus vers la table de Crowley. Il buvait toujours son Whisky à la bouteille, le visage triste et les yeux rivés vers la scène, sans vraiment regarder le spectacle. J'ai atteint le premier rang et j'avais désormais vu sur le Démon. Trois gardes du corps l'entouraient, ce qui expliquait pourquoi les groupies n'étaient pas sur lui. Le cœur au bord de l'infarctus, j'ai hurlé :
- CROWLEY !
Bien sûr, plusieurs autres fans faisaient de même, donc il ne se tourna pas vraiment vers moi. Pas le choix, j'ai enjambé les barrières de sécurité et les gardes marchèrent vers moi. Cette pagaille eut le mérite de ramener Crowley sur Terre. Lorsqu'il se tourna enfin dans ma direction, il me reconnut et un sourire immense illumina son visage.
- Alisone !
- Miss me ? badinais-je.
Il ordonna à ses gardes de me laisser passer et monter sur son estrade.
Je pouvais entendre les jurons et les grognements des groupies, dans mon dos.
Crowley m'invita à sa table, je m'assis à sa droite, sur un fauteuil confortable, en velours rouge.
Crowley me prit dans ses bras et son sourire ne quitta pas son visage.
- You're a sight for sore eyes...
Il abandonna sa bouteille pour poser sa main sur mon visage et caresser mes joues tout en plongeant ses yeux de serpent dans les miens.
- I missed you, Ali...
Enfin, il se pencha vers moi pour m'embrasser passionnément.
J'entendis derechef le brouhaha fâché des groupies.
Lorsque nos bouches se quittèrent enfin, Crowley avoua :
- J'ai eu le cœur brisé, quand tu es parti. Aziraphale m'a dit que tu t'étais simplement joué de moi. Que tu étais une espionne...
Mon cœur se noua.
- J'ai bien peur que ce soit vrai...
La voix de ma sœur hurla dans mon oreillette :
- ALISONE ! Tu dois seulement l'occuper ! Pas tout lui avouer !
Néanmoins, j'ai repris :
- Crowley, malgré ça, mon amour était réel.
Il caressa encore mon visage, puis mes cheveux, à voix basse, il demanda :
- Et maintenant ?
Il se rapprocha encore plus, je pouvais sentir son souffle sur mes lèvres et l'odeur du Whisky.
- Alisone, ne dit rien ! cria ma sœur dans mon oreillette.
Pourtant, j'ai expliqué au Démon :
- Oui, je suis un leurre. Je suis en mission. Ma dernière. Mais, non, je ne me joue pas de toi. J'ai été choisi parce que mon amour est réel.
Crowley murmura :
- Si tu dois profiter de moi, je vais profiter de toi, dans ce cas.
Il sourit et m'embrassa derechef.
Ce fut un baiser très passionné, qui fit hurler les fans devant nous. Helya s'égosillait aussi dans mon oreillette. Je m'en fichais, je faisais promener mes doigts dans les cheveux infernaux de Crowley, tandis que nos langues dansèrent entre elles, avec de plus en plus d'intensité. Helya, qui voyait la scène à quelques mètres de là, maugréa :
- Alisone, tu es censé "occupé" Crowley, pas lui lécher les amygdales !
Oups...
Quel dommage, au moment où nos baisers enflammés allaient littéralement nous embraser, une explosion retentit et les groupies hurlèrent tous en même temps.
Puis, tout devint noir.
Et rouge...
.
"Like broken glass under my feet,
I can lose my mind in this heat,
Lookin' for the prize but I don't want blood,
Oh I won't drink then I drink the flood."
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Je me suis réveillée. Il devait être 2h du matin.
Je devais aller aux toilettes, mais je n'avais pas envie de chasser. Pourtant, j'ai dû courir vers la salle de bain, les lumières allumées, mais sans chasser pour autant, tout en faisant quand même attention. La sueur de mon cauchemar faisait coller mon T-shirt à ma peau, mais j'ai réussi à survivre et j'ai couru vers mon lit.
Une fois allongée, j'ai de suite replongé dans un nouveau, et dernier, cauchemar...
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"Well you can come inside but your friends can't come,
99 problems and a bitch ain't one,
If you havin' girl problems I feel bad for you son,
I got 99 problems, but a bitch ain't one."
"Tom tu aimes les copains,
Tom tu caresses les chiens,
Tom les enfants t'aiment bien,
Tom c'est bientôt le matin."
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Partie 2 - Tom :
La rentrée des classes approchait à grands pas, et j'avais du mal à attendre mon retour en cours de musique ! Pourtant, mes Troubles de Stress Post-Traumatiques m'ont d'abord ramené au "Refuge", la maison de ma grand-mère. Je n'ai rien contre ma grand-mère, ni rien contre la maison, seulement des souvenirs de 2011.
Nous étions donc, en 2011, mais avec mon corps de 2024 et j'avais le même âge et la même allure que dans mon songe précédent.
La seule chose différente, était les personnages du cauchemar.
Oui, il y avait ma grand-mère, quand même, c'est sa maison après tout.
Moi, évidemment.
Un bébé que nous devions garder et que nous appellerons Marie. Elle devait avoir moins d'un an, quelques mois à peine.
Une WWOOFEUSE, autrement dit : une travailleuse qui logeait chez nous et faisait du jardinage et d'autres tâches pour rester sur place et apprendre le Français, que nous appellerons Emma. (Oui, j'aime bien ce prénom).
C'était la veille de la rentrée et mes affaires étaient prêtes, dans la grande chambre qui était mienne dans le Refuge. Nous étions en début d'après-midi, le ciel bleu et le soleil haut n'était pas trop chaud, pour mon plus grand plaisir.
J'avais bébé Marie dans les bras, elle gigotait dans tous les sens, dans son petit body blanc. Je lui ai donné à manger avec son biberon tiède.
La maison était au milieu d'un grand jardin, il y avait donc des arbres et des potagers à l'arrière du Refuge, dont la fenêtre de la cuisine donnait vue directement dessus, et un jardin devant, avec un chemin en béton qui permettait de conduire la voiture au garage. Dans le jardin du devant, se trouvait d'ailleurs le portail brun qui donnait accès au chemin pour garer le véhicule dedans.
Je me trouvais dans le salon, Marie dans mes bras et je regardais par la fenêtre, dont cette vue donnait directement vers le portail. Soudain, une voiture blanche est arrivée en face de la maison et un homme blond a ouvert le portail pour entrer son véhicule chez nous. Je le reconnus de suite, en souriant.
Il s'agissait de mon meilleur ami...
... Tom Felton !
Oui, Draco Malfoy est mon pote.
Normal...
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"Un jour je vais m'en aller,
Un jour je vais te quitter,
Et tu me regretteras,
Et tu te mordras les doigts."
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J'ai posé le biberon vide et j'ai ouvert la porte d'entrée pour dire bonjour à Tom. Il était si mignon, avec ses cheveux blonds, ses profonds yeux bleus, sa chemise blanche froissée et le sourire jusqu'aux oreilles.
- Hi, Ali. Prête pour demain ?
- Yep.
Nous nous sommes dirigés vers la cuisine, ma grand-mère regardait la télé.
- Mamie, tu peux me conduire à l'école, demain ?
- À quelle heure ?
- 8h.
Elle réfléchit et avoua :
- Désolée, je ne serais pas là.
Je soufflais et Tom rajouta pour moi :
- Désolé, Love, je serais au travail.
Ma grand-mère haussa les épaules :
- Vas-y à pied, ce n'est qu'à un kilomètre.
Je fis la moue :
- Je sais, je sais...
Tant pis, je partirais plus tôt pour y aller à pied et arriver à l'heure.
J'essayais d'endormir Marie dans mes bras, lorsque Tom et moi entendîmes une nouvelle voiture rouler près de la maison. Nous sommes allés au salon pour avoir une vue imprenable sans être nous-même vu.
C'était un véhicule noir avec à bord quatre personnes, quatre hommes. Quatre hommes que je ne connaissais pas, ils étaient tous très grands, très musclés et le crâne rasé.
- What the Hell ? murmurais-je.
Le 4x4, aussi monstrueux que ses occupants, tournait en rond devant le portail. Ma grand-mère a découvert à son tour les inconnus et s'écria :
- Vingt Dieux !
- Tu les connais ? tiquais-je.
Mamie se mura dans un silence et s'enfuit vers sa chambre. Tom est parti pour la rejoindre et lui parler, tandis que je suis allée vers la cuisine pour jeter un coup d'œil au jardin de derrière. La petite WWOOFEUSE, Emma, travaillait toujours dans le potager en enlevant les mauvaises herbes. Nous avions trois parterres de légumes, ainsi que deux tentes en toiles pour ranger les outils.
Tom est réapparu dans la cuisine, en m'informant :
- Ta grand-mère s'est enfermée dans sa chambre, elle a dit que nous devrions quitter la maison aussi rapidement que possible.
Je tiquais.
- Quoi ? Pourquoi ?
Mon ami allait répondre, lorsque nous avons entendu les pneus de la voiture crisser sur le petit chemin en face de la maison. Nous avons couru vers la grande fenêtre du salon et nous vîmes, avec horreur, que la voiture noire venait d'entrer dans notre jardin et roulait sur l'herbe tondue.
Les vitres des quatre hommes étaient grandes ouvertes et comme ils parlaient très fort, nous avons pu entendre un peu de leur conversation :
- Это прямо вперед !
- Нет !
Le véhicule disparut sur le côté de la maison.
- Shiiiiiiit... lâchais-je. Ce sont des Russes.
- Qu'est-ce que des Russes fichent ici ? demanda Tom, perdu.
J'allais répliquer, lorsqu'un cri aigu retentit. Je reconnus la voix fluette de la pauvre Emma. Tom et moi courûmes vers la cuisine pour voir, par la fenêtre, une scène absolument horrible :
Les quatre hommes, hors de leur voiture, tenaient chacun une arme en main, et menaçaient la travailleuse. Dans un Anglais balbutiant, l'un d'entre eux cria vers la fenêtre :
- ой ! Nous sommes ici pour récupérer ce qui est à nous ! Balancez le pognon ou tout le monde mourra !
Euh... Quoi ?
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"Tom ceci et Tom cela,
Tom ça vit et Tom ça va,
Tom ça ne durera pas,
Tom sois gentil avec moi."
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Marie gigota dans mes bras, tandis que Tom sursauta. Emma, la WWOOFEUSE, se mit à pleurer, puisqu'en joug au bout de l'arme d'un des Russes. Tom a ouvert la fenêtre et a tenté de communiquer avec les intrus :
- Qui êtes-vous ?! Nous ne vous connaissons pas !
Un Russe se pencha vers son collègue pour murmurer quelque chose comme :
- День работы ушел коту под хвост, теперь всё надо начинать сначала.
Son pote acquiesça et leva ensuite son fusil vers nous, la fenêtre étant à trois mètres du sol.
- Descendez ! Ou on tire sur la fille !
Shiiiiiiit...
Le cœur au bord de l'infarctus, Tom à côté de moi, Marie dans mes bras, nous avons quitté la maison pour suivre les traces des pneus dans l'herbe, contournant notre Refuge jusqu'à l'arrière. Ça sentait la vodka et l'essence.
Tom refusait de me quitter, Marie commença à pleurer dans mes bras. Une fois à l'arrière, nous fîmes face aux quatre armoires à glace qu'étaient les Russes.
Une chose HORRIBLE nous sauta aux yeux :
Ils avaient tué Emma, en la poignardant.
Mon cœur tomba.
Tom sursauta et son souffle se coupa.
Les Russes arrivèrent vers nous, arme en avant. Le bout d'un des revolvers était contre ma poitrine, passant juste au-dessus de bébé Marie. Il avança vers moi, en hurlant :
- подвинь жопу !
Tremblante, j'ai avoué :
- Désolée, je ne parle pas Russe...
Litany ?!
Mais le Russe en question leva son fusil et le chargea.
Bon, j'allais mourir.
Clairement.
J'ai fermé les yeux.
Mais je respirais encore, étrangement.
Tom enroula sa main autour de mon bras et tenta de communiquer avec nos ravisseurs :
- Qu'est-ce que vous voulez ?
Un des Russes essaya d'expliquer :
- Grand-mère nous doit de l'argent. On vient chercher notre pognon.
Euh... De quoi ?!
Mamie ?!
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"Tom tu grattes ta guitare,
Tom tu n'es pas très bavard,
Tom l'orage se prépare,
Tom il est presque trop tard."
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Marie pleurait dans mes bras, je la berçais tout en disant, le plus calmement possible à notre intrus :
- Je suis désolée, mais j'ignore de quoi vous parler.
L'un d'eux grommela :
- я ненавижу свою сраную работу.
Son collègue reprit dans notre direction :
- Si pas pognon, vous mourez !
Super...
Donc, si j'avais bien compris, ma grand-mère avait emprunté de l'argent à des tarés de Russes et, ne pouvant pas payer sa dette, ils allaient nous tuer.
OK.
"C'est normal en Russie" ?!
Nous n'eûmes pas le temps de réfléchir, ni de riposter, car un des hommes nous attrapa violemment pour nous jeter dans l'une des tentes qu'ils avaient vidées.
Tom et moi sommes tombés sur le sol, Marie pleura de plus belle, tandis qu'un des gars armés bloqua la sortie de la tente.
- в этом платье она выглядела заебись !
Et ses collègues rirent.
Tom se colla à moi et tenta de me calmer et de rassurer Marie.
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"Un jour je vais m'en aller,
Un jour je vais te quitter,
Et tu me regretteras,
Et tu te mordras les doigts."
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Impossible de savoir combien de temps passa. Mais Tom m'avoua, à demi-mot :
- Tu sais, c'est con, mais... J'ai toujours eu un crush sur toi.
Mon cœur rata un battement, puisque je lui répondis, perdue :
- Quoi ? Mais... Mais... J'ai toujours eu un crush sur toi ! Depuis... Toujours !
Tom sourit et se frotta le visage avant de reprendre :
- Quelle ironie ! Nous sommes vraiment...
- Neuneus ?
Il se mit à rire.
- Yeah.
Ses yeux océan plongèrent dans les miens durant de longues secondes d'apnée, il se pencha vers moi et puis...
... Tout devint noir...
Puis, je me suis réveillée.
Pour de bon.
Il n'était que 5h50, mais j'ai refusé de me rendormir, pour des raisons évidentes.
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15.08.2024
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