Mot de l'auteur : Coucou à vous tous ! Me revoilà avec la vraie suite de l'action, j'espère que vous l'apprécierez ! Comme d'habitude, je remercie toutes les personnes qui ont laissé un petit message aux chapitres précédents. Merci à vous tous de suivre cette histoire et bonne lecture !

AVERTISSEMENT : Sang, violence et mort sont au rendez-vous pour ce chapitre. Rating M justifié. Vous êtes prévenus.


-RESERVE DE LA MONTAGNE BLANCHE (LONGWING)-

Gérant: Ivan Desclare (dragon bronze Norlith)
Intendante des Cavernes Inférieures : Gwendolyn Steenwich

Chef des Candidats : Adrian Montemps (dragon brun Goleth)
Maitresse des Aspirants : Amber Stevens (dragon vert Legith) –compagne de Rebecca -

Aspirants :
Harry Potter (reine dragon or Talath- lézard de feu brun Moineau)

Chevaliers:

-Charlie Weasley (dragon bronze Derianth- lézard de feu vert Jade) –Second de la 4eme Escadrile-
-River (dragon bronze Carenath, lézard de feu bronze) -4eme escadrille-
-Cyan (dragon bronze) -4eme escadrille
-James O'Connel (dragon bronze Regileth) – Capitaine de la 1ere escadrille-
-Edmund Deiricht (dragon bronze Arenth)
-Ronan Watteau (dragon bronze Kyreth)- 1ere Escadrille-
-Damian (dragon brun Emlith) – 4eme Escadrille-
-Reyn Li (dragon brun Gendrath) -4eme Escadrille-
-Rebecca (dragon bleu Farlith) –compagne de Amber Stevens- - Maitresse des Armes-
-Mortimer Cadwell (dragon vert Hellth) – Apprenti Guérisseur
Valentine Lassauge (dragon vert Dinth - lézard de feu or Delilah)

Candidats : Dennis Crivey

-CHATEAU DE NURMENGARD-

Severus Rogue (lézard de feu vert Absinthe) –époux de Sirius Rogue-
Sirius Rogue –époux de Severus Rogue-

-ORDRE DU PHENIX-

Albus Dumbledore
Remus Lupin
Maugrey Fol-Œil
Nymphadora Tonks
Arthur et Molly Weasley
Bill Weasley

-CHATEAU DE POUDLARD-

George Weasley
Frederick Weasley –petit ami de Hermione Granger-
Ronald Weasley (lézard de feu bleu Thot)
Hermione Granger –petite amie de Frederick Weasley-
Ginevra Weasley

-GARDE DES VERTS GALLOIS-

Capitaine: Austen (autrefois chevalier du dragon bleu Victorius décédé, tué par la Reine Talath)
Sous Capitaine : John Sewell (dragon bleu Romanus)
Sergent : Elizabeth Austen (dragon vert Athena)

-AUTRES RESERVES-

Chef de la Réserve du Canyon Perdu –Roumanie (Cornelongue) : Cezar
Dame de la Réserve : Sylvina
Chef de la Réserve de la Matra - Hongrie (Magyar à pointes) : Aron (décédé)
Chef de la Réserve des Hébrides – Ecosse (Royal Copper et Noir des Hebrides) : Jens Svendsen
Dame de la Réserve : Neha
Secondes dames : Roxy (reine dorée Guineth), Sophie, Bedella.
Capitaine : Mordecaï Yaxley (Royal Copper bronze)


Chapitre 48 : Le dernier acte de Dolores Ombrage

-Comment sont les choses dehors Capitaine ? Demanda Dolores Ombrage en arrangeant ses cheveux coquettement comme si l'enfer n'était pas en train de se déchainer de l'autre côté des parois solides du volcan et que cela ne faisait pas plusieurs mois qu'elle vivait en prison et en portait les marques.

-Il reste 5 longwings, dont deux bronzes, mais ils sont trop occupés à se lorgner ou à lorgner les chevaliers qui tentent encore de les empêcher de s'affronter pour faire attention à nous si nous restons discrets, annonça le Capitaine Austen avec une ombre au fond des yeux. Par contre, nous avons moins d'une demi-heure avant que l'effet de la poudre de Fol'Furie ne s'estompe.

Un sourire de satisfaction sadique ourla un instant les lèvres de l'envoyée du Ministère.

-Je savais que j'avais raison d'emporter avec nous ces réserves, même si cela signifie que nous n'en avons plus pour nous défendre… Quel dommage, j'aurais aimé pouvoir l'utiliser sur un plus grand nombre d'entre eux et en particulier cette dorée, cracha-t-elle avec venin avant de se reprendre pour minauder de nouveau : mais vous avez raison, nous avons peu de temps devant nous. Utilisons-le pour terminer notre mission ici et sauver les pauvres enfants qui y sont retenus ! J'espère qu'ils auront pu se mettre à l'abri !

Le Capitaine Austen resta de marbre devant sa comédie, mais les fit cependant tous se diriger vers la zone réservée aux Candidats, sachant au fond de lui, que quoi qu'ils trouveraient là-bas, Ombrage aurait une réponse satisfaisante toute prête pour le Ministère. C'était le genre de femme qu'elle était.

Sortant à l'extérieur, ils s'empressèrent de se faufiler le long de la paroi rocheuse. Ceci faisant, ils s'éloignaient pour l'instant de la zone la plus dangereuse où se trouvaient les bronzes, mais cela les rapprochaient des aires de pâtures qui avaient attiré la convoitise avide d'une partie des dragons.

Le terrain extérieur d'entrainement des Candidats avait été renversé et brulé, des structures en bois entretenaient encore quelques flammes éparses et les baraquements construits le long de la falaise qui accueillaient les zones de vies avaient subis le même sort. S'il y avait eu des personnes à l'intérieur, il était actuellement impossible de les sauver. Ils pouvaient cependant se raccrocher au fait que la plupart des habitants des Réserves savaient qu'en temps de crise seules les parois solides d'une montagne pouvaient assurer leur survie, ainsi, c'est vers la grotte d'entrainement qu'ils se dirigèrent.

L'ancien chevalier se figea brusquement à l'entrée et arrêta d'un mouvement du bras son groupe, car un dragon non prévu errait à l'intérieur. Il était de toute évidence à la recherche de proies, grondant et détruisant avec colère les cordages et les filins d'aciers qui avaient été autrefois la structure centrale d'escalade et qui s'était effondrée, le gênant dans ses déplacements.

Austen fit signe à ses hommes et à Ombrage de rester silencieux et montra l'ouverture, trop petite pour l'animal, où auraient pu se réfugier des personnes.

La représentante du Ministère était bien moins à l'aise depuis qu'ils étaient sortis et respirait presque sauvagement dans son cou, collée à lui, comptant sur lui pour la protéger comme s'ils auraient la moindre chance si l'un des longwings les repérait.

Ce fut donc avec cet inconfort qu'ils traversèrent l'espace découvert en profitant que la bête soit occupée avec un amas de filet dans lequel elle s'était empêtrée.

Il sentit tout le monde reprendre sa respiration dans le tunnel. Lui-même en était incapable. Il avait l'impression de ne plus pouvoir respirer depuis que Victorius n'était plus là. De ne plus pouvoir ressentir. Ou juste les émotions trop fortes, celles qu'un humain n'était pas conçu pour supporter à si haute dose.

Colère.

Haine.

Jalousie.

C'était pourquoi il n'eut aucune émotion lorsqu'ils découvrirent au bout du tunnel un groupe d'enfants et d'adolescents recroquevillé et un chevalier imposant au crâne rasé qui se mit aussitôt en garde devant eux, une masse entre ses mains, les yeux brillants de colère :

-VOUS ! C'EST VOUS !

Austen fonça aussitôt sur lui, évitant de justesse la masse et sentant derrière lui ses hommes l'appuyer. Son épée frappa trop vite pour le Chef des Candidats, mais la peau dure et l'épaisse musculature de l'homme n'en firent qu'une entaille.

Il avait des mots de pouvoir au bout de la langue, ceux qui l'aidaient habituellement, mais rien ne sortait. Il manquait le pouvoir de Victorius et celui de son Vrai Nom et la douleur de cela sembla tripler sa force. Il se fichait de mourir, ce serait une libération, il se fichait de souffrir, rien ne pouvait lui faire plus mal que le vide qu'il sentait en lui : c'était pourquoi Montemps n'avait aucune chance contre lui.

Ils s'y mirent à plusieurs, mais finalement l'homme fut retenu ventre à terre, le genou d'Austen appuyé sur sa nuque et son épée contre son cou. Le Capitaine plongea ses yeux dans les iris embrasés du chevalier et en éprouva une vive satisfaction :

-Qu'est-ce que ça fait ? De ne pas savoir si ton dragon est mort ou bien de le voir se retourner contre toi ? C'était peut lui qu'on a vu avant de venir ici, a-t-il dévoré quelques-uns de tes précieux candidats ?

-Vous êtes des monstres, répondit Montemps en refusant apparemment de laisser passer autre chose que de la haine sur son visage. Aucun chevalier dragon ne s'abaisserait à utiliser la poudre de Fol'Furie, vous ne méritez pas ce titre, tous autant que vous êtes !

-C'est bien, grogna Austen, car on ne nous l'a jamais vraiment donné !

-Non ! Arrêtez ! S'il vous plait ! Hurla un des adolescents en sautant sur le dos d'Austen.

-Retenez-le ! Ordonna Ombrage et John, son second, attrapa le blondinet et le maitrisa même s'il se débattait comme un vrai diable.

Montemps profita de la distraction pour mobiliser ses dernières forces et rejeter ceux qui le retenait, Austen fit une roulade en arrière pour se rétablir rapidement et alors que l'autre homme se précipitait sur son arme, il fit frapper son épée dans une fente aussi vite qu'un serpent fend sur sa proie, et celle-ci s'enfonça entre deux côtes, près du cœur.

-NOOON ! CHEEFFF ! Hurla le garçon alors que le colosse s'immobilisait et que le capitaine de la garde retirait d'un mouvement agile sa lame avec un peu de projection de sang.

Montemps fit quelques pas de plus vers sa masse, mais les autres gardes, validé par un hochement de tête de leur chef, enfoncèrent leurs propre épée dans le corps, moins expertement, mais de façon suffisante pour provoquer la chute de l'homme qui resta cette fois-ci à terre.

-Goleth… L'entendit-il appeler faiblement, mais c'était sous les cris de rage du blondinet qui mordait et griffait John, ainsi que les cris de détresse des autres enfants.

-Ça suffit ! Clama Ombrage. Tout va bien les enfants ! Le méchant homme qui vous gardait prisonnier est hors d'état de nuire et nous allons vous emmener en lieu sûr !

Cela n'eut bien sûr pas beaucoup d'effet, et certains des plus jeunes ne semblaient même pas comprendre l'anglais. Voyant la situation, Ombrage se mit en colère et brandit sa baguette vers le groupe :

-Vous allez gentiment vous taire et nous suivre sinon je vous transforme tous en crapaud et nous vous transporterons bien plus aisément alors !

Cela eut l'effet escompté, sauf sur le garçon blond.

Il lui semblait se souvenir maintenant qu'il s'agissait de Dennis Crivey, le garçon né moldu dont la situation avait été médiatisé en Angleterre. On le présentait comme un pauvre enfant innocent trompé et forcé, mais il suffisait de le voir pour comprendre que la réalité était très différente.

John réussit cependant à le manier alors qu'ils retraversaient tous la caldeira, avec plus de facilité, car les dragons survivants commençaient à revenir à eux. Austen ne voulait cependant pas être là quand ils réaliseront ce qu'il s'était passé.

Rejoignant leurs propres dragons qui se terraient avec inquiétude dans une des grottes, il se tourna vers la Représentante pour connaitre la suite des opérations :

-Et maintenant ?

-Nous allons nous diviser en deux groupe, répondit Ombrage en grimpant peu élégamment sur un des dragons qui n'en laissa rien paraitre, mais devait être ennuyé par ce poids qui n'était PAS son propre chevalier. Je rentre à Poudlard avec les enfants et le nombre de gardes nécessaire pour ce transport, quand vous et vos meilleurs hommes partaient défendre le Ministre Fudge.

Il approuva d'un salut et c'est ainsi que monté derrière sa fille sur Athéna, les deux groupes s'envolèrent et se séparèrent avant de disparaitre sous les longs chants de chagrin des Longwings.

-D-

C'était la débandade.

/TENEZ VOS POSITIONS !/

/Il Y EN A D'AUTRES !/

/PROTEGEZ TALATH ET LE SEIGNEUR !/

Talath fit un mouvement d'aile vertical pour freiner son élan qui, la formation de carapace percée, l'envoyait foncer directement entre les crocs du Regal Copper.

/HARRY !/ Appela-t-elle alors qu'il se tenait figé sur sa selle, sa vision encore obscurcie par deux moitié de longwings qui tombaient de parts et d'autres de la gueule béante devant eux.

Cela n'aurait pas dû être possible. Leur cou était protégé par une cote de maille et une armure !

/AVEC MOI !/

L'ombre du dragon fut poussée par la forme de Regileth qui le heurta sur l'épaule et l'obligea à se détourner, suffisamment pour que Talath réussisse à lui passer par-dessus au dernier moment. Un cri de rage retentit, et cela sortit Harry de sa transe.

Il se tourna pour voir que le dragon de O'Connell était rejoint par un autre bronze et que tous deux s'arrangeaient pour harceler le Regal Copper de part et d'autres, s'esquivant régulièrement pour éviter la mâchoire mortelle de la bête.

/VISEZ LES CHEVALIERS, PAS LES DRAGONS !/ Rappela Regileth.

De petits dragons, presque noirs, fendaient ici et là dans le ciel de Londres comme des étoiles filantes obscures, mais cela n'empêcha pas la première escadrille de se reformer autour de Talath.

/Gardez le cap !/ Leur ordonna ensuite le bronze qui continuait de tenir à l'écart le Regal Copper.

-Mais… ! Répliqua Harry qui sentait partout autour de lui, là où se trouvaient un dragon et son chevalier, la peur et la douleur.

Il eut l'impression que son cœur allait s'arrêter quand l'un des leurs cracha un jet de flamme qui toucha le chevalier d'un petit noir et que ce dernier poussa un cri strident de détresse à glacer le sang.

La pauvre créature plongea vers le sol avec désespoir et disparut dans l'Entre Deux avant de toucher terre, provoquant une bourrasque qui fit s'envoler les jupes et les chapeaux des moldus en dessous, inconscients de ce qui était en train de se passer.

Harry savait qu'elle ne reviendrait jamais. C'était ce que faisaient les dragons qui perdaient leur moitié.

Des larmes avaient commencées à s'écouler sur ses joues sans qu'il ne s'en rende compte.

/Concentrez-vous, ce sont nos ennemis !/ Lui rappela Talath alors qu'elle plongeait avec le groupe qui l'accompagnait pour éviter un autre Regal Copper bronze qui fonçait sur eux.

Se voyant déjoué, le monstre cuivré abaissa une patte griffue au passage et cogna l'un des bruns qui formaient sa défense supérieur, lui faisait perdre le contrôle de sa trajectoire et frapper un vert.

La dame du vert fit une manœuvre in extremis pour éviter de se voir broyé sur le flanc du brun, son dragon émettant un son de détresse.

*Tout va bien ?* Demanda Harry en essayant de se concentrer uniquement sur leurs dragons.

Mais il n'eut même pas le temps d'entendre la réponse qui ressemblait à des pleurs car un troisième Regal Copper les prit par la droite et obligea la formation à résister au reflex de s'éparpiller en laissant leur reine à découvert.

La catastrophe semblait imminente, soit ils plongeaient, mais l'énorme dragon plongerait après eux et par son poids et sa force les rattraperait, et monter leur demanderait beaucoup trop d'effort… Soit…

/Bien compris !/ Approuva Talath en suivant ses pensées et en relayant l'ordre aux autres dragons : /ON ATTAQUE ! Formation de l'aigle !/

Les dragons, malgré le danger, pivotèrent aussitôt vers l'ennemi et détruisirent le bouclier pour devenir un V à plusieurs étages pointé en direction de l'ennemi, Talath et Harry au milieu de la formation.

/FEU !/ Ordonna Talath.

-PROTEGO ! Appela Harry au même moment en imaginant dans son esprit un bouclier sous la forme d'un aigle majestueux englobant le groupe.

De longs jets de flammes partirent en ligne droite en direction de leur agresseur qui courba la tête machinalement pour les prendre sur la partie recouverte d'armure de son front.

/ ATTENTION !/ Fut le cri collectif alors que le dragon s'apprêtait à les percuter malgré tout à l'aveugle.

Harry sentit sa protection heurtée et craquelée, il se concentra plus fort et sentit Talath faire de même en joignant ses forces aux siennes, mais cela n'empêcha pas leur formation d'être éclatée et les dragons les plus légers perdre leurs appui sur l'air et être jeté plus loin.

Talath et lui se retrouvèrent alors seuls et à découvert.

-D-

La chasse de Hellth avait été assez fructueuse. Elle avait réussi à dénicher un jeune cerf dans le versant d'une des montagnes de leur territoire, apparemment pas encore habitué à se méfier de ce qui pourrait venir du ciel.

Cela lui avait fait oublier sa dispute avec Mortimer et elle revenait joyeusement vers le volcan quand elle réalisa qu'elle n'avait pas de réponse sarcastique de sa Moitié. Habituellement Morty l'aurait traité de mémoire de poisson rouge ou d'écervelée, le tout avec ce qu'il fallait d'amour et d'adoration derrière pour que ça ne la dérange pas…

Mais tout ce qu'elle avait à la place de cela c'était une sensation de tranquillité qui n'avait sa place que lorsqu'il dormait, ce qui n'avait pas de sens car on était encore au milieu de la journée !

Battant plus vite les ailes, elle passa au-dessus des pics jouxtant le volcan et glissa le long de la paroi extérieure de celui-ci pour rejoindre la cuvette.

C'est là qu'elle fut frappée par des émotions purement animales et sauvages, sans aucune pensée réfléchie derrière et qu'elle découvrit avec horreur les corps de dragons et d'humains éparpillés sur l'herbe grasse et les rives du lac.

/Mortimer !/ Appela-t-elle avec désespoir alors que deux bronzes semblaient la remarquer et se tourner dans sa direction avec aucune autre pensée pour elle que de la malveillance et du désir de sang.

Elle fonça aussitôt vers le côté du volcan où aurait dû être cloitré les Verts Gallois, mais il n'y avait plus personne, à part peut-être Mortimer dont elle sentait la présence se rapprocher. Jugeant que son seul moyen de s'en sortir était d'aller là où les bronzes ne pourraient pas la suivre, elle se faufila dans l'une des plus petites cavernes d'appartement de chevalier vert et se tapit en boule dans le renfoncement à droite alors qu'une patte tenta de faire son chemin à travers et l'agripper.

Le bout d'une griffe érafla son joli cuir couleur pomme verte, prouvant malheureusement sa présence dans le trou.

Elle savait à quoi s'attendre pour la suite même si ça ne la préparait pas pour autant : quelques minutes plus tard, c'est un océan de flammes qui se déversa par l'entrée. Elle rangea sa tête vers le mur et protégea autant que possible ses précieuses ailes fragiles et subit la souffrance alors que les flammes brulaient son flanc et une partie de son dos, faisant se racornir des morceaux de cuir et laissant sa chair à vif.

Alors qu'elle essayait de tenir le coup, elle fut heureuse que Mortimer ne soit pas là avec elle et sa pensée partit immédiatement pour son compagnon-dragon, hurlant mentalement son nom.

/GENDRATH !/

-D-

La Quatrième escadrille ne participait pas exactement au combat. Non, à vrai dire, elle avait été envoyée dans les Hébrides afin de surveiller les mouvements de la Réserve écossaise, ce qui ressemblait beaucoup à une punition. Leur capitaine ne disait rien, bien évidemment, toujours partisan du moindre effort, et son second cachait honorablement sa frustration depuis l'échine de Derianth.

Reyn, lui, n'avait pas été conçu avec cette option car il poussa un énième soupir furieux en chassant de sa main une nuée de moustiques :

-Putain, mais qu'est-ce qu'on fout là ? Même si des regal sortaient de leur barrière magique, ce qui serait con puisqu'ils peuvent très bien transplaner depuis l'intérieur de leurs protections, qu'est-ce qu'on pourrait faire ?! Surtout qu'ils sont peut-être déjà tous à Londres!

Ce n'était pas le cas, bien sûr, car des regal coppers patrouillaient dans le ciel autour d'eux depuis qu'ils avaient été repérés, mais pour l'instant, aucune action n'avait été menée de leurs côtés. Reyn ne comprenait pas pourquoi et il ne voulait pas se creuser les méninges à savoir. Ce n'était pas son job.

/La fuite serait la conduite la plus intelligente à tenir/ Indiqua calmement Gendrath.

-Sans rire…

Son dragon se tendit brusquement, levant sa tête armée vers le ciel avec attention, obligeant Reyn à se taire et à porter un regard attentif autour de lui en portant une main sur la peau de son cou.

- Que se passe-t-il ?

Un grondement mécontent se mit à rouler sous sa main et le cuir brun.

/Hellth a des ennuis, elle m'appelle !/

*Mortimer !* Pensa aussitôt Reyn en se crispant à son tour, sentant l'inquiétude et l'adrénaline se ruer dans ses veines et le rendre impatient et nerveux.

Puis son cerveau réussit à prendre le relai :

-… Si Hellth et Mortimer ont des ennuis, alors la Réserve en a aussi !

Gendrath n'eut même pas à attendre son ordre oral pour s'envoler brusquement et passer au-dessus des autres chevaliers pour atterrir entre Storth et Derianth, s'attirant le regard du chef de l'escadrille et celui de son second.

-Qu'il y a-t-il Reyn ? Demanda Charlie avant même que leur chef ait pu ouvrir la bouche.

-Hellth appelle à l'aide depuis la Réserve ! Expliqua-t-il rapidement. Nous devrions y aller sans attendre !

-Ce ne sont pas nos ordres ! Répliqua sèchement le chef de leur escadrille. Le Gérant de la Réserve nous a demandé d'être ici. Nous ne pouvons pas déserter notre place alors qu'ils sont au combat.

-Mais nous ne servons à rien ici ! Cracha avec agacement Reyn.

Storth gronda, mais Derianth tourna aussitôt la tête vers l'autre bronze et en fit de même, l'obligeant à s'éloigner de Gendrath.

-Votre avis importe peu Chevalier Li ! Tonna leur chef en se gonflant face à la rebuffade de Derianth qui comme souvent refusait de reconnaitre l'autorité de Storth. Si vous n'arrivez pas à tenir votre place, je vais vous renvoyer aux tours de garde !

-Mais… !

-REPRENEZ VOTRE PLACE CHEVALIER LI !

-Non, fit calmement la voix de Charlie qui était resté silencieux et pensif jusqu'ici.

-Je vous demande pardon Weasley ?! Grinça le chef alors que le visage de Reyn s'illuminait à nouveau d'espoir en se tournant dans sa direction.

Jusqu'ici Charlie Weasley ne s'était jamais opposé frontalement à leur chef, préférant zapper son autorité de façon passive et détournée. Il semblait cependant que ce temps-là était révolu. Cela pouvait être ressenti dans sa posture altière, dans la force intransigeante de son regard et dans la courbe infléchie de sa bouche.

Le chevalier bronze ne plaisantait plus.

Il fit un mouvement et Derianth, comme répondant aux signaux des appuis de ses cuisses, se tourna vers les autres chevaliers qui assistaient dans un silence attentif à ce qu'il se passait et semblaient tous sensibles au changement de dynamique qui se produisait.

-Notre Réserve est peut-être en danger et nous devrions rester ici ? Lança à la cantonade Charlie.

Des cris de guerre lui répondirent, de tous les chevaliers dont il avait gagné la fidélité et la confiance au cours d'années à se battre avec eux et pour eux, à se montrer plus fiable et présent que leur capitaine, à penser aux intérêts de l'escadrille plutôt qu'aux siens.

Charles Weasley savait qu'il avait devant lui des hommes qui le suivrait jusqu'à la mort s'il le leur demandait. River et Cyan en première position.

Leur capitaine observait l'acte de rébellion avec un teint rubicond et l'air de s'étouffer d'indignation :

-Comment osez-vous ?! Chacun d'entre vous !? Je vous dénoncerais ! Vous entendez ! Vous passerez tous en cour martiale !

Cette perspective doucha légèrement l'enthousiasme de Reyn, bien qu'il savait qu'il n'avait pas d'autre choix que de déserter si Mortimer et Hellth étaient en danger, mais Charlie se contenta d'un sourire mauvais face aux menaces :

-Je prendrais toute la responsabilité de mes actes et de ceux de mes chevaliers, comme je l'ai toujours fait.

Cela lui valut une nouvelle ovation, ainsi que le grondement satisfait des dragons.

-MAINTENANT ! CHEVALIERS DRAGON ! EN POSITION ! DEPART POUR LA MAISON !

Il appuya le mot de la fin. « Maison », plutôt que Réserve, car c'était ce que c'était pour eux.

La grande majorité des dragons s'envolèrent sans rechigner depuis le sol, ne laissant que quelques bleus et vertes au sol. Ainsi que Storth qui leur gronda férocement dessus, mais sans obtenir la moindre défection.

Reyn et Gendrath n'avaient pas le temps de se préoccuper de ces jeux de pouvoirs. Tout juste derrière Derianth, même si ce n'était pas leur place habituelle, ils se précipitèrent dans leur transplanage en n'ayant qu'une pensée en tête.

Car leur maison à eux, plus que la Réserve ou leur caverne, était la couche de Hellth et le lit de Mortimer.

Ils furent donc dans les premiers à découvrir l'horreur.

Un cri de détresse s'échappa de la gorge de Derianth à la vue de la mort de tant des leurs et Reyn se sentit pétrifié. Il voulait chercher et s'assurer que son compagnon n'était pas l'un de ces corps sur la plaine, mais c'était comme si tout était flou devant ses yeux. Il n'arrivait pas à faire le point et pendant un instant, il n'entendait même plus ce qu'il se passait autour de lui tellement les battements de son cœur tonnaient et pulsaient dans ses oreilles …

/Reprenez-vous ! Hellth est en vie. Sir Mortimer l'est donc aussi ! / Le tança son dragon en brisant la formation et s'envolant tout droit comme une fusée vers un Longwing qui harcelait une des grottes inoccupées.

Le dragon ne semblait cependant plus très clair dans sa tête, car il s'arrêtait dans ses mouvements, secouait celle-ci de façon répété, se mettait à gronder, puis recommençait à fouiner son museau dans la grotte comme pour débusquer une proie.

-C'est Fertath ? Reconnu Reyn. Que fait-il ?

/Il fait du mal à Hellth !/ Répondit simplement Gendrath dans un grondement et avant que Reyn ait pu comprendre ou essayer de l'en empêcher, il se sentit prit dans un étau alors que le brun ponctionnait sa magie :

/ECHO !/

Son rugissement jaillit comme une pulsation sonore qui surprit l'autre dragon et le projeta plus loin contre la paroi, arrachant quelques blocs de pierre sous le poids et la stature de l'animal.

Celui-ci se tordit pour essayer de se remettre en position d'équilibre et cracha une flamme que Reyn contra par reflex par un bouclier. Il ne comprenait rien de ce qu'il se passait et fut soulagé quand Derianth vint à leur secours en tombant sur l'autre dragon pour le maintenir au sol.

Fertath se débattit un moment, puis secouant à nouveau la tête, il finit par s'immobiliser et rester silencieux un moment.

Puis il y eut un cri plus loin, un cri qui contenait une telle douleur que cela fit frissonner Reyn.

/Goleth…/ Fit Gendrath d'un ton si petit que cela lui mit les larmes aux yeux.

Puis ce fut au tour de Fertath de pousser une plainte sépulcrale, ses yeux qui, maintenant que Reyn le réalisait, avait été du rouge de la fureur, tourbillonnaient maintenant de blanc. Au nord de leur position, un dragon brun s'envola dans le ciel et disparut définitivement et chacun savait ce que cela signifiait :

Adrian Montemps, le chef des Candidats, un homme qui avait été pour beaucoup d'entre eux un mentor et une sorte d'oncle-conseil, était mort.

Tout comme le chevalier de Fertath vu comme celui-ci essayait de s'échapper de la prise de Derianth pour pouvoir se suicider à son tour, poussant les cris les plus misérables qui finirent par forcer le dragon de Charlie à le libérer et à le laisser partir.

Un silence mortel suivit.

Ils étaient tous complétement sous le choc et désorienté, mais Gendrath se reprit le premier et tenta de se faufiler dans la grotte, obligeant Reyn à reprendre ses esprits et à descendre pour y aller lui-même. Un petit groupe d'entre eux se secoua aussi suffisamment pour l'accompagner.

Ils y trouvèrent Hellth qui s'y tenait prostrée, d'importantes brulures marquant son corps.

/Elle dit qu'elle n'arrive pas à joindre Sir Mortimer. C'est comme s'il dormait./ Relaya Gendrath qui était trop gros pour rentrer avec eux dans la caverne mais qui avait collé sa tête dans l'entrée et qui émettait des roucoulements doux pour sa compagne.

Reyn caressa une partie intacte du cuir de la petite dragonne, toujours un peu inquiet, mais ayant au moins la confirmation que Mortimer était encore en vie et qu'il ne souffrait pas pour le moment. Ou pas encore.

-Il va piquer une crise quand il verra ce qui est arrivée à sa chérie, soupira t'il et Hellth releva la tête vers lui, les yeux jaune laiteux, pour pouvoir poser son museau contre sa main à la recherche de réconfort.

/S'il vous plait, trouvez le ! Ramenez le moi !/ Lui dit-elle en fermant les yeux comme pour faire couler une larme.

Et c'était tellement rare qu'elle lui parle que ses propres yeux devinrent humide à sa place.

-En effet, approuva Charlie derrière lui avant de se tourner vers deux chevaliers bruns, dont Damian : Réunissez tous nos pots de baume calmant et commencez à imbiber les blessures de Hellth le temps qu'on retrouve des soigneurs.

Voyant qu'il partait d'un grand pas furieux et décidé, Reyn fit une dernière gratouille de réconfort à la dragonne avant de partir à sa suite.

-Reste près d'elle ! Lança-t-il à Gendrath en passant devant son visage qu'il avait écarté pour laisser le second d'escadrille sortir.

Charlie le laissa ainsi monter à sa suite sur Derianth pour partir en direction de l'autre côté de la caldeira, vers le cœur de la Réserve.

Malgré son envie de courir à la recherche de son compagnon, il savait qu'ils devaient d'abord savoir ce qui était arrivé aux autres habitants. Puis aux dragons. Le comportement de Fertath n'avait aucun sens.

Il n'y avait plus que deux dragons bronze en vie parmi les six laissés par sécurité à la réserve. Beaucoup étaient des vieux dragons, c'était vrai, mais ils étaient encore bons pour le combat. Il y avait eu aussi dix bruns et une vingtaine de bleus et de verts… Mais aucun ne semblait avoir survécu.

Les deux survivants étaient aussi prostrés que Hellth, mais ils purent voir que leurs chevaliers se tenaient avec eux, l'air bouleversés.

Reyn tourna son attention vers Charlie quand il vit son dos se tendre, tous ses muscles crispés très probablement de colère, de frustration et de chagrin.

Arrivés à la corniche d'envol, c'est Derianth qui sembla se crisper, mais il atterrit quand même, humant l'air, la tête levée pour profiter du vent :

/Il y a une odeur déplaisante./ Partagea-t-il à tout le monde.

Et il ne devait certainement pas parler du charnier.

Leur attention fut néanmoins détournée par plusieurs personnes qui sortaient pour courir vers eux. A son soulagement, l'une d'entre elle était l'Intendante.

Ils avaient déjà perdu un pilier de la Montagne Blanche, il ne savait pas s'ils pourraient survivre à la disparition d'un autre.

-Gwendolyn ! L'appela Charlie en tombant rapidement de Derianth pour serrer la femme dans ses bras : Par tout ce qui est sacré, que s'est-il passé ?!

La dame qu'il avait toujours connu digne et pragmatique avait deux coulées de larmes sous les yeux, mais elle prit sur elle après un halètement de désespoir :

-Le pire Charlie ! Quelqu'un a mis à bruler de la poudre de Fol'Furie ! Tous les dragons sont devenus complètement fous et incontrôlables. Leurs chevaliers ont tout fait pour essayer de les contenir, mais… Tu sais. Je n'ai pas besoin de le dire…

Comme si des images horribles lui venaient à l'esprit, elle plaqua une main sur sa bouche et retint avec difficulté un sanglot.

Charlie était aussi figé qu'un rocher, mais il écoutait.

-Nous avons réunis autant de monde que nous avons pu à l'intérieur. Les artisans et les domestiques, mais certains étaient sur la plaine pour leur travail, d'autres heureusement étaient sur les terres extérieures. Mais les éleveurs ont refusés de rentrer pour essayer de sauver autant de bêtes que possibles, mais cette partie-là du troupeau et eux…

Elle s'arrêta à nouveau en secouant la tête.

-Nous avons perdu tellement de dragons et nous avons aussi essayés de sauver quelques-uns de nos hommes qui avaient survécu aux assauts... Arterith est mort, mais Maitre Denar fait tout ce qu'il peut pour garder en vie les quelques artisans que nous avons récupéré…. Il a considéré qu'il était plus charitable d'abréger la vie des chevaliers. Je ne sais pas s'il tiendra le coup lui aussi et son apprenti, Mortimer est introuvable, tout comme Hellth…

Elle évita son regard en disant cela, alors Reyn pensa qu'ils pouvaient au moins lui donner une bonne nouvelle :

-Hellth est de l'autre côté de la Réserve, elle est blessée mais elle est vivante. Elle dit que Mortimer l'est aussi.

-Alors il doit être là-bas aussi. Maitre Denar a dit qu'il avait été appelé en urgence pour un problème chez les chevaliers prisonniers de la Garde.

Tous deux sursautèrent brusquement quand le poing de Charlie frappa violemment la façade :

-La Garde. C'est EUX. Ce sont ces sales parodies de chevaliers qui ont fait ça ! Pas vrai ?!

-Nous les avons vu partir avec à leur tête la Représentant du Ministère… Répondit simplement Gwendolyn. Avec les enfants… Les Candidats. Je pense qu'à ce moment-là… (un sanglot la coupa et elle se plia en deux comme si elle n'arrivait plus à respirer et l'un des artisans qui l'accompagnait l'aida à se redresser) Je pense… Que Adrian était déjà mort alors !

Elle se détourna avec pudeur et personne n'avait besoin de s'interroger à ce sujet. L'affection qui liait l'Intendante des Cavernes Inferieures et le Chef des Candidats était un secret de polichinelle.

-le Chef Montemps n'aurait jamais laissé les Candidats sans défense, approuva Reyn. Il était un des hommes les plus honorables de la Réserve.

Il y eu un moment où plus personne ne dit rien, puis avec une inspiration forte, Charlie rangea son poing et sembla se recomposer un semblant de contrôle :

-Bien. Vous avez tous très bien réagi. Je vais laisser quelques-uns des hommes de l'escadrille pour vous protéger… Et nous allons d'abord essayer de trouver Mortimer. Il pourra peut-être nous en apprendre plus…

-Charlie, demanda brusquement Gwendolyn avec soucis : Où est Hoswald ?

Hoswald était le nom de leur capitaine d'escadrille. La bouche de Charlie se serra en une ligne fine.

-Resté sur place, cracha t'il.

Cela fit s'agrandirent les yeux de la femme qui connaissait mieux que personne le fonctionnement de la Réserve. Elle comprenait que le jeune chevalier bronze s'était mis dans une situation difficile en prenant le contrôle d'une escadrille sans en avoir la légitimité.

-Viens Reyn, nous allons retrouver ton petit ami ! Grogna-t-il avant qu'elle ait pu dire un mot à ce sujet, retournant vers Derianth.

-D-

Dennis n'en croyait pas ses yeux quand ils sortirent des ténèbres du transplanage et aperçut le château de Poudlard se dresser devant eux.

Ligoté par un sortilège sur le dos inconfortable d'un Vert Gallois, devant supporter le contact infâme des cuisses de l'homme qui le menait (un autre que celui qui l'avait maintenu et qui était partit au Ministère), il avait envie de hurler et, pour la première fois de sa vie, de tuer quelqu'un.

Ce n'était pourtant pas dans son caractère, mais il ne s'était jamais senti aussi nié dans ses espoirs et sa volonté que durant l'heure passée et il savait que ce n'était pas prêt de s'arrêter. Sans parler de ce qui était arrivé à la Réserve…

*Pense à ce que ferait Harry…* Se disait-il.

Mais il n'était pas Harry. Harry était incroyable et magnifique et il entrait dans chaque évènement comme une bourrasque et obligeait les autres à suivre son rythme.

Harry n'aurait jamais été saucissonné sur un dragon comme une putain de demoiselle en détresse.

Harry aurait réussi à sauver Montemps.

Il eut envie de mordre à nouveau quand le chevalier, une fois qu'ils furent à terre, le souleva et le remit sur ses pieds.

-Et voilà mes petits chéris ! Roucoula l'horrible femme du Ministère. Vous êtes désormais en sécurité !

C'était purement risible. Les autres candidats qui se réunissaient en groupe, l'air méfiant, sonné et perdus, n'avaient pas l'air le moins du monde d'être sauvé.

Non, ils avaient tous l'air kidnappé.

Dennis eut un minuscule espoir en voyant plusieurs professeurs de Poudlard, ainsi que le Directeur, venir vers eux, l'air complètement surpris.

-Miss Ombrage ? Fit le Directeur. Mais que faites-vous ici ? Et qui sont ces enfants ?!

-Ah parfait ! Directeur Dumbledore, je réquisitionne un temps votre école pour accueillir ces pauvres brebis que nous venons d'arracher à la traitresse Réserve de la Montagne Blanche !

-Vous ne pouvez pas réquisitionner Poudlard comme cela ! S'indigna celle qui lui avait été présenté comme le professeur de Métamorphose. Et qu'est-ce que ça veut dire « arracher » ? Est-ce que ce sont des Candidats ?!

Ombrage eut un son de gorge de mépris :

-Vous n'avez pas à prendre ce ton avec moi ! Poudlard dépend du Ministère ! (« Absolument pas ! » fit aussitôt le professeur McGonagall mais elle fut ignorée) Et ces enfants ont été eux même arrachés par les Réserves à Poudlard, comme Harry Potter ou bien Dennis Crivey, alors c'est normal de les récupérer !

-Nous devrions probablement discuter de tout cela à l'intérieur et offrir un endroit confortable avec de quoi se restaurer à ces enfants, décida finalement le Directeur en retenant d'un mouvement le professeur de métamorphose qui semblait hors d'elle.

Ils se mirent donc tous en route vers la porte principale. Cependant le Directeur se stoppa au bout de quelque pas et se retourna :

- Peut-être, ajouta-t-il avec un regard sur Dennis et le chevalier qui le poussait, que vous pourriez maintenant libérer le jeune Monsieur Crivey ?

Le ton qu'il émettait contenait une ironie telle que Dennis se surprit à en sourire.

Il foudroya du regard le chevalier qui ne semblait pas convaincu, mais après un hochement de tête de Ombrage, retira son sortilège.

Dennis ne fit alors ni un ni deux et se retourna pour lui planter un coup de pied dans les parties avant de courir à toute allure vers le personnel de Poudlard en se réjouissant du cri et des injures de l'autre homme.

-Allons ! Allons ! Modéra à nouveau Dumbledore alors que tous les chevaliers commençait à le viser, se plaçant en protection devant lui. Ce ne sont que des enfants. Soyez moins menaçants !

S'il avait été plus enfantin, et pas un futur chevalier dragon, Dennis se serait penché pour leur tirer la langue, mais il comprenait qu'il avait plus intelligent à faire que cela. De tous les Candidats présents, il s'était retrouvé à être l'un des plus âgés, car ceux qui avaient dépassé l'âge de 15 ans avaient tous étaient renvoyés chez eux ou étaient partis en apprentissage. Il devait ainsi faire ce qu'il pouvait pour les protéger tous et les ramener à la Montagne Blanche.

Et son passage de plusieurs mois à Poudlard pour la Coupe des Trois Sorciers allait bien lui servir, car il savait parfaitement où trouver de l'aide.

Sous la surveillance des quelques gardes, ils furent ainsi placé dans une pièce où les professeurs métamorphosèrent les meubles en confortables canapés et poufs pour eux et demandèrent aux elfes de maisons de leur préparer de quoi manger.

Bien sûr, aucun d'entre eux n'avait particulièrement envie de manger, pas après ce à quoi ils avaient assistés, que ce soit le changement de comportement des dragons qui avait été très effrayant, la mort violente de l'homme qui s'occupait d'eux ou la traversée de la caldeira rempli de cadavres ou de morceaux. Dennis savait déjà que tout cela allait le hanter la nuit.

Il voulait faire son deuil, mais la situation ne le lui permettait pas.

Réunissant les autres Candidats, lui et ceux qui avaient appris à parler un peu roumain expliquèrent où ils étaient et ce qu'il se passait à ceux qui ne parlaient pas encore anglais. Ils continuèrent ainsi dans cette langue que personne n'était susceptible de comprendre autour d'eux.

-Ce n'est pas normal ! Fit l'un d'entre eux. Je suis né là-bas ! Je ne sais même pas si ma mère est encore en vie ! Pourquoi cette grosse vache pense que j'ai envie d'être ici !

-Et de toute façon, fit un autre avec un accent allemand très marqué, nous sommes à la Réserve parce que nous l'avons accepté !

-Tout ça, elle s'en fiche, fit l'une des filles, c'est politique ! C'est ce que dit toujours mon père !

-J'encule la politique, rugit l'un des garçons plus âgé que Dennis qui pensait que ça lui donnait le droit d'être horriblement vulgaire. C'est des putains de criminels et j'espère que nos chevaliers vont leur passer dessus et les ratisser bien profond !

-Ergh, tu es dégoutant Kelem…

Dennis les observa en silence, jusqu'à ce qu'ils se tournent vers lui :

-Tu as été très courageux tout à l'heure Den', fit la fille avec un sourire triste.

-Il doit l'être, grogna ledit Kelem, il est le petit favori de la reine Talath et du seigneur après tout !

Dennis leva le menton à cette remarque, même s'il était toujours assez petit pour son âge, l'entrainement lui avait donné une silhouette et quelques muscles. Il avait déjà réussi à mettre à terre Kelem quelques fois, même si le plus souvent, c'était l'autre garçon qui l'écrasait.

Il fut épargné de lui répondre quand la porte de la salle s'ouvrit et laissa passer son père, sa mère et son frère Colin.

Il s'y attendait.

Il ne pouvait cependant s'empêcher de sentir sa force fondre en lui à la vue de ses parents, comme si sa part d'enfant reprenait le dessus, mais il s'efforça de se contenir alors que sa mère plongeait sur lui et enroulait ses bras autour de son torse comme pour l'avaler.

-Oh mon bébé !

*Génial… Devant Kelem en plus…*

S'il survivait et réussissait à rentrer à la Réserve, il n'allait pas arrêter d'en entendre parler.

-Mamaaan… Gémit-il. Est-ce qu'on pourrait parler ailleurs qu'ici ?!

Elle dénoua heureusement ses bras et le dévisagea. Elle n'avait pas changé. Elle était jolie avec ses cheveux blonds remonté par une pince et ses habits élégants et bien moldus. La voir était en fait un peu rafraichissant.

-Bien sûr, répondit-elle en regardant les autres enfants qui la fixait avec défiance, ce qui sembla la rendre un peu nerveuse.

Elle prit Dennis par le bras et ignora les sourcils froncés des Gardes, même si Dennis ne les loupa pas et ne put s'empêcher de leur adresser un sourire narquois.

Ils ne pouvaient pas le tenir prisonnier puisqu'il était entre les mains « légitimes » de ses parents !

Cependant quand il passa devant Colin qui avait un grand sourire satisfait sur ses lèvres, son sourire à lui tomba et il ne put s'empêcher de le regarder froidement.

Il n'était plus le petit garçon de l'année dernière, celui qui espérait faire la fierté de son grand-frère sorcier. Maintenant, il éprouvait même un peu de mépris pour celui qui avait décidé de le juger à travers le regard idiot de ses camarades de classe.

Il suivit ses parents jusqu'à une sorte de petit salon, prenant soin au passage de faire attention à toutes les personnes qui étaient dans les parages. Il avait besoin d'un garçon en particulier…

-Est-ce que tu vas bien mon fils ? Est-ce que tu n'es pas blessé ?! Commença sa mère aussitôt en le palpant de partout, semblant se pâmer à chaque bleu et marque sur sa peau. Qu'est-ce qu'ils t'ont fait ? Si Miss Ombrage n'était pas…

-C'est Ombrage qui m'a fait tout ça, la coupa brusquement Dennis.

-Quoi ?! Fit son père en se redressant alors qu'il commençait à s'asseoir sur l'un des fauteuils. Mais qu'est-ce que tu racontes ? Elle nous a expliqué comment elle vous avait, ma foi héroïquement, sauvés alors que les dragons étaient sur le point de vous dévorer !

-Sauvés ?! C'est elle et ses hommes qui ont fait quelque chose aux dragons pour les rendre fous et elle a ordonné à ses gardes de tuer notre professeur juste sous nos yeux ! S'exclama-t-il. J'ai essayé de les empêcher ! Mais ils m'ont attrapé et… Bon sang ! Ouvrez les yeux ! Qui vous a dit que j'avais BESOIN d'être sauvé ?! Mes lettres ne vous suffisaient pas ? Est-ce que à un seul moment j'ai écrit que je n'allais pas bien ? Est-ce que j'ai jamais eu l'air d'avoir regretté mon choix ?!

-Mais… Fit sa mère d'une voix perplexe devant la colère assez inédite de son plus joyeux fils. On nous a dit ce que c'était d'être chevalier dragon et…

-Ce n'est PAS convenable ! Termina son père avec soucis en regardant Colin comme s'il avait besoin de sa confirmation.

-Colin sait que dalle ! Il rapporte juste les horribles rumeurs que se racontent les sorciers qui ne sont jamais allé dans une Réserve de leur vie !

-Ce n'est pas juste des rumeurs ! Se défendit Colin. Tout le monde sait ça !

-Très bien, et à la Réserve, tout le monde sait que les sorciers sont des chochottes faibles qui portent des robes et qui se servent de baguettes parce qu'ils ne savent pas se servir de leur bites ! Répliqua Dennis, faisant rougir d'indignation son grand frère et l'accordant au blason de sa maison gryffondor.

-Blasphème ! Cria Colin. Regarde ! Tu n'aurais jamais parlé comme ça i ans !

-I ans j'avais 10 ANS crétin !

-Ca suffit les garçons ! Les coupa leur père. Et Dennis, surveille ton langage !

-Quoiqu'il en soit, reprit Dennis avec plus de sérieux. Vous êtes en train d'applaudir des assassins et de participer au kidnapping d'enfants qui n'avaient rien demandé ! Est-ce que ce n'est pas abusé de prétendre savoir ce qui est le mieux pour des enfants sans même consulter leurs parents !

-C'est impossible… S'horrifia sa mère. Ils ne nous ont pas dit…

-Dans la pièce d'à côté, il y a des enfants qui sont nés à la Réserve, qui ont leur père et leur mère là-bas et qui se demande s'ils sont morts ! Insista Dennis pour bien enfoncer le clou.

-Je ne savais pas qu'il y avait des enfants natifs de cet endroit, marmonna son père.

-Bien sur vous ne savez rien et le Ministère et Ombrage s'en servent ! Ils se sont servis de vous pour justifier des actes horribles ! Et de moi par la même occasion… Continua plus sombrement Dennis.

Il jeta à nouveau un regard à ses parents qui semblaient désemparés. Par la situation, mais peut être aussi un peu par lui. Cela ne devait pas ressembler aux retrouvailles qu'ils s'imaginaient et même Colin était mal à l'aise. Lui qui avait toujours été le plus âgé des deux et donc le plus mature, son modèle à suivre… Il se rendait compte que Dennis, dans son uniforme militaire de candidat, avait pris plusieurs longueurs d'avance.

-Alors… Tu ne veux vraiment pas revenir à la maison ? Demanda faiblement sa mère. Et pouvoir reprendre un cursus à Poudlard comme ton frère ?

-Arrête Arielle, le coupa son père. Tu vois bien que Poudlard ne lui apporterait rien.

Il s'avança d'un air gêné vers Dennis et lui prit les épaules en le regardant :

-Tu as tellement grandi mon fils. Je suis fier de toi et je suis désolé du rôle que nous avons joué dans tout ça… Qu'est-ce que nous pouvons faire pour t'aider, toi et tes camarades ?

Un poids s'enleva soudainement de son cœur. Un poids qu'il avait été tellement habitué à porter depuis l'année dernière qu'il avait oublié qu'il s'y trouvait. Il adressa un grand sourire reconnaissant à son père et l'agrippa de ses bras de joie, sentant même ses yeux s'humidifier par ce soulagement brutal.

Il se força cependant à le lâcher, sachant que le temps comptait :

-J'ai besoin que vous m'ameniez Ronald Weasley.

-D-

Charlie, River et Reyn remontèrent tous les couloirs des anciennes geôles des chevaliers des Verts Gallois jusqu'à ce qu'ils finissent par trouver Mortimer.

Mort, au milieu de l'une d'entre elle. A première vue.

Après un moment de panique de Reyn, compréhensible, ils en avaient conclu qu'il respirait, mais ils n'arrivaient pas à le réveiller. Ce n'était pas inattendu car ce qu'avait vécu Hellth aurait été plus que suffisant pour sortir un chevalier du plus fort sommeil de plomb.

-Je crois… Qu'il s'agit du charme du sommeil éternel, finit par conclure Charlie.

C'était un peu étrange. Pourquoi avoir juste endormi Mortimer ? Pourquoi ne pas l'avoir tué comme les autres ? Comment pouvait-on utiliser de la poudre de Fol'Furie et épargner un simple chevalier ? Cela avait une odeur d'amateurisme… Ou de quelqu'un qui ne savait pas ce qu'il voulait.

Quelqu'un de mentalement faible.

Parmi tous les membres de la Garde, le plus susceptible d'avoir voulu épargner Mortimer serait le seul à avoir passé du temps avec lui.

La fille du capitaine Austen. Celle qui avait attiré l'attention de Harry.

Un sourire mauvais fleurit sur sa bouche, une flamme de colère de plus dans l'immense brasier qui l'animait actuellement et qui lui donnait envie de tuer tout ce qui n'était pas un habitant de sa Réserve. « Œil pour œil et dent pour dent » était un dicton auquel il croyait fermement et puisque la Garde avait tant fait pour détruire la race des Longwing, peut-être que les Verts Gallois n'était plus une race de dragons si nécessaire à l'équilibre du monde, hum... ?

Il sortit sa baguette qu'il n'avait pas souvent l'occasion d'utiliser afin de contrer le charme posé sur Mortimer. Un simple « Finite Incantatem » devrait suffire, mais Reyn le précéda en se mettant à genoux devant Mortimer, l'air terriblement sérieux :

-Ça va, je sais ce qu'il faut faire dans cette situation !

Et il se pencha délicatement pour l'embraser sous leurs regards décontenancés.

Et quand les yeux de Mortimer se mirent délicatement à papillonner et qu'il adressa un regard éperdu à Reyn, il ne put s'empêcher de se moquer de lui :

- C'est si français de ta part Reyn !

L'autre homme n'en avait bien sur rien à faire, trop pris dans son rôle de sauveur, soulevant délicatement l'homme plus grand que lui dans ses bras.

- Que se passe-t-il ? Demanda finalement la princesse réveillée d'un baiser d'amour véritable et qui était encore à moitié dans les vapes. Vous n'étiez pas partis ?

Puis :

-Pourquoi Hellth pleure ?!

Le réveil risquait d'être un retour brutal à la réalité.

-Mortimer, tu auras tout le résumé de notre situation dramatique, mais pour l'instant, j'ai besoin que tu me raconte tes derniers souvenirs.

Reyn le serra un peu plus contre lui alors que l'apprenti soigneur portait une main à son front comme pour essayer de calmer une migraine.

-Mes derniers ? Je… Oui. Je portais Elisabeth comme Reyn est en train de me porter…

Il leur raconta de façon un peu décousu l'évasion de la jeune fille et Charlie put élaborer la suite à partir de cela. Il savait que Mortimer avait commis une faute en voulant ramener la fille sans escorte à l'infirmerie et qu'il risquait de trop rapidement s'imputer ce qui était arrivé à la Réserve pour le lui faire remarquer maintenant.

D'autant plus qu'il n'était qu'un petit engrenage dans un grand tout. Les seuls et uniques responsables restaient ceux qui avaient en tout premier lieu initié cette guerre : le Ministère et la Garde des Verts Gallois.

Il échangea un regard avec Reyn dont les yeux noirs étaient pleins de souffrance anticipé et on aurait dit qu'il aurait aimé emporter l'autre homme loin de tout ça, pouvoir le protéger de toutes les retombés.

Il semblait savoir cependant que ce ne serait pas possible, que Mortimer ne se laisserait pas faire. En plus, avec la mort de son dragon, Maitre Denar risquait de ne plus vouloir rester à son poste et Mortimer, en tant que son apprenti le plus doué, sera nécessaire pour prendre sa place.

Il laissa les deux hommes rejoindre Hellth et resta pensif en sortant de la geôle avec River et leurs deux lézards de feu qui se pressaient contre eux avec angoisse.

-Que faisons-nous maintenant Charlie ? demanda River. On va chercher les autres escadrilles ?

-Non, répondit-il aussitôt. Il faut que le Ministère tombe si on veut que la Réserve s'en sorte. N'allons pas les embêter ou casser leur moral…

Il savait quels effets pourraient causer une telle nouvelle au sein de leur troupe. C'était une tactique usée pour affaiblir l'ennemi et lui zapper toute son énergie combative. Combien d'armées avaient fait demi-tour pour repartir protéger leur cité ? Il était toujours plus aisé de faire la guerre sur le terrain ennemi que dans sa propre maison.

-Nous devons cependant secourir les Candidats et les ramener, car ils sont notre futur. Talath aura bientôt son premier vol et au vue du climat politique il faut des jeunes personnes déjà entrainées pour ses œufs, raisonna le grand roux.

-Mais nous ne savons pas où Ombrage les a amené.

Le regard de Charlie était posé désormais sur le ciel avec un sourire en coin et River, curieux, s'approcha pour voir ce qu'il regardait depuis l'ouverture de la roche.

Un point bleu foncé, presque noir, se dirigeait vers eux.

-Où pourrait-elle amener des enfants difficile à contrôler et où elle pourrait trouver des baby sitter pour s'en occuper ? Demanda de façon rhétorique Charlie alors que le point se précisait en un petit lézard de feu bleu qui portait un parchemin à sa patte.

A Poudlard, bien sûr.

Ainsi que le lui confirma le message porté par Thot, le lézard de feu de son petit frère, Ron.

-D-

Les quelques mètres les séparant de la zone où se trouvait le Ministère n'avaient jamais semblés si longs à franchir dans son esprit. Mais ça c'était avant que de gros dragons ne leur barrent le chemin.

Talath et Harry essayèrent de profiter de la confusion pour filer jusqu'au point de ralliement des différentes escouades, mais c'était sans compter le fait qu'ils ne pouvaient PAS être discret. Pas quand Talath était le plus grand Longwing et brillait assez pour faire de l'ombre à un soleil d'été.

Un Regal Copper bronze, particulièrement insistant, avait foncé sur eux sans aucune mauvaise interprétation possible de ce qu'il voulait faire : les tuer.

Harry avait donné le feu vert à sa dragonne pour tenter toutes les manœuvres à laquelle elle penserait pour échapper aux crocs de aux griffes de l'autre dragon, sans se préoccuper de lui ou s'inquiéter de savoir s'il était toujours agrippé à elle. De sa promotion, Harry savait qu'il était celui avec le meilleur équilibre et il connaissait, par les entrainements sans pitié de la Maitresse des Aspirants, chaque volume du corps de Talath et du harnais.

Décrochant sa ligne de vie qui dans ces conditions pourraient plus le handicaper ou lui donner une fausse confiance, il commença ainsi un vrai défi d'anticipation et de maitrise de vol alors que Talath faisait de même en s'esquivant, pirouettant et attrapant chaque courant aérien pour la pousser un peu plus loin de l'ennemi alors qu'Harry sautait, courait, glissait, sur la surface de son corps à la recherche de la bonne prise pour rester accroché.

Tout seul, il ne pouvait pas tenter de riposter, ce qui était terriblement frustrant et surtout ne pourrait pas durer longtemps, car aussi forte et courageuse que soit Talath, il viendrait un moment où elle ne pourrait plus tenir ce rythme.

Harry réfléchissait déjà à ce qu'il pourrait faire quand un longwing bronze vint à leur rescousse et obligea le Regal Copper à faire une manœuvre arrière en crachant un long jet de flammes entre eux.

/Nous le prenons par la droite !/ Clama Kyreth, surprenant Harry qui se redressait sur l'échine de Talath et aperçu l'œil borgne du dragon alors qu'il passait devant eux.

De tous les couples qu'il imaginait venir à leur aide, celui-ci était le dernier et une sorte de méfiance automatique l'envahit à la pensée des interactions passées avec Ronan.

/Ils ont besoin de nous./ Répliqua Talath. / Ce n'est pas dans leur intérêt que nous mourrions./

Elle avait raison. Sans femelle dorée, la race des Longwings s'éteindra et même si Kyreth pourrait se reproduire avec une autre race de dragons, ce qui serait très hypothétique, cela serait insatisfaisant pour lui. S'accrochant à cette pensée, Harry enjoignit Talath et Kyreth à tenter une manœuvre de prise décalée.

/Ronan préfèrerait mener lui-même l'abordage. / Commenta Kyreth.

-Non, ça doit être moi, je veux savoir pourquoi ils nous sont tombés dessus.

Il se mit en position tapi sur sa selle, une main accrochée au harnais, le cœur battant follement d'anticipation.

Bien sûr il avait vu cette manœuvre un certain nombre de fois en entrainement, à partir des modèles d'entrainements en bois, puis passant de son dragon à celui de Damian durant les vols en condition réelles.

Mais ce serait une première sur un dragon d'une autre race, et un ennemi.

Il connaissait le corps d'un longwing par cœur… Mais pas celui d'un regal copper. Et ce dernier fera tout ce qui sera en son pouvoir pour l'éjecter afin de protéger son chevalier.

Et la chute… Il évita de regarder vers le sol, les rues londoniennes bétonnées avec ses immeubles, ses piétons et ses voitures. La chute signifiait la mort.

Il déglutit mais resta aussi stable qu'il le pouvait alors que Talath s'apprêtait à passer au-dessus de l'autre dragon et il lâcha le harnais pour dégainer sa rapière à la place.

Quelques mots de Stevens lui revinrent alors à l'esprit :

« Vous n'en avez rien à faire du dragon ennemi, alors si vous vous sentez tomber, enfoncez cette putain d'épée là où vous pouvez, même et surtout dans le dragon ! »

Il repéra l'intervalle pour sauter. Il ne s'était jamais trompé jusqu'ici à ce « jeu » et il s'accrocha à cela alors que d'une impulsion souple, il quittait l'abri confortable de sa Moitié pour le vide, le vent et la gravité.

L'air s'engouffra dans son blouson et dans ses cheveux durant ces quelques secondes de chute libre, puis il roula pour se réceptionner et sans y penser, enfonça son épée entre deux plaques d'armures pour se retenir, à la jonction de l'aile et de l'omoplate, là où il n'y avait pas de cotte de mailles pour protéger.

Le regal copper poussa un hurlement de douleur et Harry serra les dents en s'assurant autant que possible, s'apprêtant au rodéo qui l'attendait.

Et effectivement, le dragon furieux de l'ennemi accroché à son dos comme une tique indésirable partit aussitôt en tonneau, puis enchaina les loopings et les brusques changements de direction pour essayer de le désarçonner.

Plusieurs fois Harry sentit ses pieds glisser, mais autant de fois, il se rétablit, utilisant les Mots de Pouvoirs d'accroches et de contention divers, créant des chaines qui s'élancèrent tout autour de la bête, autant pour le maintenir lui que pour limiter ses mouvements.

Les dragons savaient que s'il n'avait pas réussi à éjecter l'ennemi dans les dix minutes qui suivaient l'abordage, il était temps de passer le relai au chevalier. Harry attendit ainsi patiemment que le dragon se redresse pour tourner son regard sur l'homme qui se levait de sa selle pour l'affronter.

Il attendit patiemment qu'il soit debout pour se décrocher lui-même, sachant que cela pouvait être une feinte de la part du couple. Il dressa cependant un bouclier en urgence car c'était un moment où il était une cible facile et bien lui prit, car un jet de flamme s'écrasa sur ce dernier.

Ouvrant son esprit à autre chose que Talath, il tendit son attention à ce que pouvait dire l'autre dragon, mais il ne faisait qu'enjoindre son chevalier à se débarrasser de lui en gémissant d'un air plaintif, l'air peu concerné par des choses comme la stratégie ou les manœuvres.

Harry fronça les sourcils et regarda plus attentivement l'autre chevalier alors qu'il arrachait son épée de la chair du dragon et bondissait à son tour sur la colonne vertébrale pour lui faire face.

La colère était attendue vu qu'il avait blessé sa Moitié, mais le dégout et le mépris qui se peignait sur le visage du chevalier étaient surprenants.

-Je peux savoir pourquoi vous cherchez à nous tuer ?! L'interpella Harry en fouettant légèrement son arme. Si vous n'étiez là que pour protéger le Ministère, nous repousser suffirait, mais vous êtes volontairement dans l'offensive !

Un sourire mauvais, du genre que faisaient ceux qui avaient une trop haute opinion d'eux même, lui répondit :

-Voilà bien l'intellect d'un sang souillé ! Nous ne sommes pas là pour le Ministère, mais au nom du Seigneur des Ténèbres !

Harry dû s'avouer qu'il ne s'attendait pas à cela.

Il ne comprenait pas qu'un chevalier dragon puisse s'associer à un individu qui semblait mépriser tout ce qui n'était pas un sorcier de sang pur.

Il n'eut pas le temps d'y réfléchir plus et de se laisser imbiber par l'idée que Voldemort avait même réussi à infiltrer les Réserves, car l'autre homme attaqua à distance, utilisant des Mots d'attaque et de coups que Harry décida de dévier en manipulant l'une des chaines pour lui servir de bouclier et s'approcher.

-Si je te tue, je deviendrais le Chef de la Réserve ! Haletait l'autre homme en donnant tout ce qu'il avait, mais encore une fois, avec l'idée fausse qu'il ne pourrait jamais être défait.

Cela ne rendit Harry que plus calme et concentré, attentif à ses mouvements et avec sa seule chaine qu'il manipulait avec plusieurs Mots de Pouvoir liés, ceux de Mouvement et de Contention, leur donnant une inflexion de « serpent », il réussit à faucher l'autre homme.

L'équilibre n'était pas son seul point fort : Stevens lui avait trouvé un don avec la manipulation des Mots de Pouvoir et Harry, au fur et à mesure des entrainements à la magie propre aux dragons, n'avait fait que vérifier que la seule limite à cet art était son imagination.

Plus que les mouvements de baguettes ou la bonne façon de prononcer une formule, il lui suffisait d'insuffler sa volonté à un Mot pour le transformer.

Le chevalier ennemi chuta et se rattrapa de justesse à une accroche, en fort mauvaise position cependant car Harry en profita aussitôt pour viser la main qui portait son arme et l'obliger à la lâcher.

L'épée de l'ennemi chuta dans le vide pour atterrir il ne savait où (même s'il espérait que ce n'était pas sur une personne innocente) et le dragon se remit à ruer en réalisant que son chevalier était en danger, obligeant Harry à utiliser la chaine pour se maintenir en place. Il gardait cependant sa rapière pointée sur la gorge de l'homme qui s'agrippait à deux mains à sa prise et qui lui lançait un regard qui n'avait plus rien à voir avec la confiance précédente. C'était au contraire tout à fait pathétique.

-Non ! Attends ! Faisait-il. Ne me tues pas ! S'il te plait ! Pitié ! Je ferais tout ce que tu veux !

Cela le fit hésiter.

A un coup de mettre fin à ce combat, il réalisait la difficulté de ce mouvement car il n'avait jamais pris la vie de qui que ce soit avant. Il n'avait jamais commis un acte pareil… Tuer.

Il savait que cela était attendu de lui, mais sa main était paralysée à deux doigts de la jugulaire du chevalier qui le suppliait pour sa vie, le visage tordu d'effroi, des larmes aux yeux et de la morve coulant de son nez.

/ HARRY !/ L'interpella sévèrement Talath alors qu'il reculait intuitivement face à l'acte.

*Je ne peux pas !*

Ce n'était pas dans sa nature comme cela pouvait l'être pour elle. Il n'était pas né pour tuer !

Tout à son horreur, il fut surpris quand l'homme retrouva brusquement sa stupide confiance supérieure et commença à incanter un Mot…

Puis avant même que Harry ait pu penser à quelque chose pour se protéger, une ombre tomba du ciel et un éclair d'acier trancha, la tête souriante et surprise du chevalier sauta de son cou dans une gerbe de sang qui l'éclaboussa et réussit d'une façon ou d'une autre à entrer dans sa bouche car le gout métallique s'imprima dans ses papilles.

-MAIS QU'EST-CE QUE TU FOUS PRINCESSE !? Cracha Ronan avec fureur en redressant l'un de ses khepesh, l'autre planté dans la chair du dragon qui poussa un hurlement de souffrance et commença à foncer vers le sol.

-JE NE POUVAIS PAS ! Se justifia Harry en lui hurlant dessus en retour et en déroulant la chaine qui le maintenait.

-T'ES PAS CENSE TUER UN MAGE NOIR A UN MOMENT ?! Lui renvoya hautement Ronan en l'attrapant par la taille pour le faire sauter avec lui du dragon qui était sur le point de se suicider.

Dans ces moments il n'était pas question de calculer son coup, la seule urgence était de quitter le navire avant le transplanage du dragon au risque d'être emporté avec lui.

Un chevalier ne pouvait alors que compter sur l'habilité de son dragon.

Ils se retrouvèrent à tomber dans le vide, un saut de la Foi, avant d'être attrapé de justesse dans les serres de Kyreth qui les emporta aussitôt loin du sol.

-D-

Charlie avait décidé de se rendre à Poudlard avec une petite équipe. Lui, River, Damian et un de ses chevaliers bleus. Au moins deux d'entre eux connaissaient les lieux, ce qui était un avantage et il comptait sur le dragon brun de Damian, Emlith, pour guider les autres si nécessaires. Les quatre dragons atterrirent sous couverts d'une brume dans la Forêt Interdite et les chevaliers retrouvèrent sans trop de difficulté, guidés par Thot, Ron, les jumeaux, Hermione et les parents de Dennis Crivey qui les attendaient.

-Ombrage est toujours là, lui appris Ron. Elle se dispute avec Dumbledore dans la Grande Salle.

-Dennis a préféré retourner auprès des autres Candidats, continua celle qui devait être sa mère. Il a dit que c'était là qu'il pourrait les aider le plus… Mon petit garçon courageux…

-Qu'allez-vous faire ? demanda avec souci Hermione qui avait cherché machinalement Harry parmi eux et qui semblait déçue de ne pas le voir même si elle sourit à Damian qu'elle devait avoir reconnu.

-Des choses qui ne vous concernent pas, fit Charlie devant leur expression de petits soldats comme s'ils voulaient les aider et partir à l'attaque.

Ils n'avaient aucune idée qu'actuellement, ils étaient en guerre les uns contre les autres. Charlie pensa brièvement à leur père au Ministère. Par contre il élimina Percy d'une balayette mentale. Son petit frère était vraiment devenu trop con.

-Mais… ! Attaqua Fred avant qu'il ne le coupe :

-Je ne peux pas vous impliquer plus que vous ne l'êtes déjà ! Ce que vous avez fait est déjà très bien et vous avez la reconnaissance de la Montagne Blanche pour cela… Mais le reste pourrait vous attirer des ennuis avec votre peuple et je ne veux pas cela. S'il vous plait.

Il posa vaguement une main sur la tête de Georges qui semblait abattu.

-Nous ne sommes pas des sorciers, nous, répliqua le père de Dennis en bombant du torse malgré son allure d'employée de bureau moldu lambda et Charlie eut un petit sourire à cette vision. Le gamin tenait bien de son paternel.

-Mais vous êtes des civils.

-Le Ministère sorcier semble s'être servi de nous en comptant sur notre crédulité car nous n'avons pas d'autre choix que de croire ce qu'on nous raconte sur votre monde ! C'est tout à fait inadmissible et je me dois de protester de façon véhémente au nom de tous les parents moldus qui sont pris pour des idiots par votre administration !

Il semblait si indigné que Charlie jeta un regard à ses compagnons pour connaitre leur avis, puis haussa des épaules :

-Votre choix. Mais sachez que ça ne va pas être beau. Ces gens ont fait des horreurs chez nous.

-Ce ne sera pas beau de mon côté non plus, je peux vous l'assurer !

Charlie doutait qu'ils aient la même vision de ce que cela signifiait.

La douce humiliation de ce moldu n'avait rien à voir avec le monstre qui logeait actuellement dans ses entrailles et qui ne demandait qu'à être lâché.

Il ne put donc empêcher le groupe de courir avec eux jusqu'à l'une des entrées du château. Deux verts gallois gardaient le porche, avec un chevalier qui faisait le guet et semblait avoir effrayé les élèves car pas un seul ne se trouvait dehors alors que la journée était belle et tout à fait propice à une sieste au bord du lac.

-Comment peut-on savoir si toutes les entrées sont pareillement surveillées ? Demanda River.

-C'est extrêmement simple ! Rayonna Fred en sortant de sa poche un vieux morceau de parchemin sous le regard curieux de son frère.

Georges eut la même expression sournoise alors qu'ils le dépliaient et pointaient leur baguette dessus en entonnant :

-Je jure que mes intentions sont mauvaises !

C'est alors qu'une encre s'étala sur toute la surface du document et qu'une carte se dessina d'elle-même, montrant leur position par des marques de pas avec leur nom, mais aussi celle du garde et même des dragons qui avaient des empreintes griffues.

-Incroyables brillants petits démons ! Ne put s'empêcher de rigoler Charlie en les attrapant tous les deux affectueusement par les épaules. Qui donc est au courant que vous possédez quelque chose de si utile !

-Juste le groupe avec nous, ainsi que Ginny, répondit George.

Hermione eut un regard torve dans leur direction :

-Ils s'en servent surtout pour faire des bêtises.

-Ils ont dit qu'ils me la donneraient à la fin de l'année, ajouta Ron fièrement en ignorant la façon dont se mit à le regarder son amie.

Revenant à des problèmes plus urgents, ils purent constater que toutes les entrées étaient effectivement gardées, mais que celle-ci était celle avec le moins de chevalier. Au centre de la carte, Ombrage semblait s'agiter auprès du Directeur Dumbledore et du Professeur McGonagall.

-Ce n'est pas un problème ! Laissez-moi faire ! Annonça Damian en décrochant son boomerang à triple palme de son dos.

Il s'approcha autant que possible sous couvert des bâtiments et des structures décoratives, puis ayant l'air de calculer , il lança avec adresse son arme et Charlie put admirer la façon dont la courbe de l'arme percuta respectivement la tête des deux dragons, puis celle de l'homme, les envoyant aussitôt à terre, assommés, avant que Damian ne récupère l'arme dans un mouvement fluide, se redressant avec une expression de fierté arrogante.

-En fait c'est vachement pratique pour un truc qui coupe pas, commenta River alors qu'il leur faisait signe de venir.

-Ouais enfin… Une chance que ce soient des Vert Gallois et pas des Cornelongues…

Ils s'infiltrèrent ainsi dans le bâtiment et coururent sans se préoccuper des élèves sur leur chemin jusqu'à un croisement. Là le chemin se séparait en direction de la Grande Salle et là où étaient retenus les Candidats.

Charlie pouvait aussi suivre dans son esprit les mouvements de Derianth qui tournaient autour du piton rocheux sur lequel était perchée l'école. Il voulait éviter un mouvement de panique et lui avait demandé de rester autant que possible invisible. Ils avaient passés tellement de temps à essayer d'adoucir l'image des dragons afin de recruter autant que possible que ce serait dommage qu'ils en reviennent à une réputation de prédateur mortel.

Ce qu'il était, néanmoins.

-Bon, c'est là qu'on se sépare. Vous allez vous occuper de récupérer les Enfants et de les faire monter dans le filet ventral de Carenath. Je vais avec M. Crivey m'occuper d'Ombrage.

-Nous venons aussi ! Protestèrent ses frères et Hermione tandis que Mrs Crivey, d'un regard vers son mari, choisissait de partir vers les Candidats.

-Comme vous voulez, mais ne soyez pas dans nos pattes !

Le chemin n'était pas long jusqu'à la Grande Salle. Des élèves étaient réunis autour de l'embrasure des portes et semblaient suivre avec délectation le drame qui se produisait à l'intérieur. Ils s'écartèrent cependant avec inquiétude en voyant arriver le chevalier.

Il fallait dire que Charlie était en armure et qu'il portait dans son dos son arme personnelle qui était une épée longue assez intimidante.

-UNE ECOLE N'EST PAS UN ENDROIT OU ON ENFERME DES ENFANTS ! Criait le professeur de Métamorphose.

-Etes-vous en train de dire que vous n'êtes pas assez qualifiée pour retenir de simples enfants sans capacités magiques entre vos murs ? N'est-ce pas pourtant ce qu'attendent les parents de votre part ? Ou laissez-vous divaguer vos élèves dans la nature ?! Fit l'horrible petite voix de la Représentante.

Charlie sentit ses dents grincer dans sa mâchoire verrouillée.

-Voyons, Mrs Ombrage, ce n'est pas du tout la même chose et vous le savez, intervint le directeur.

-Non, je ne vois absolument pas. Peut-être que le Ministère ferait bien de venir faire une inspection car tout ici me semble assez peu satisfaisant, à commencer par votre comportement !

En ayant assez entendu, Charlie donna un grand coup de pied dans les portes pour les ouvrir complètement et dévoiler sa présence, faisant sursauter les deux femmes.

Au niveau de la falaise, Derianth s'accrocha à la roche et s'y plaqua à l'affut pour mieux suivre ce qu'il se passait du côté de son chevalier.

Après l'instant de surprise, le visage d'Ombrage se déforma de colère :

-Comment êtes-vous… ?

Mais elle ne put aller plus loin car M. Crivey s'avança fermement devant Charlie et se mit à l'invectiver.

-MISS OMBRAGE ! Je suis offusqué au plus haut point par tout ce qu'il se passe ici actuellement !

-Que… Quoi ?! S'étonna la femme qui ne s'attendait de toute évidence pas à voir un simple moldu s'avancer sur elle.

-VOUS nous avez dit que notre enfant était exploité, retenu prisonnier et subissait un lavage de cerveau qui en ferait moins qu'une bête ! Mais Dennis se porte mieux qu'il ne l'a jamais été et il a tout à fait toute sa tête et son libre arbitre !

-Non, mais vous ne comprenez pas, commença mielleusement la femme. C'est une fois que…

-TAISEZ-VOUS ! Vous nous avez menti et vous continuez à nous mentir en nous prenant pour des idiots ! Si vous représentez votre gouvernement, alors il y a beaucoup à dire ! Vous n'êtes PAS au-dessus des lois du Royaume !

Un petit silence sembla faire réaliser à Ombrage que tous les sorciers de la salle et à l'extérieur de celle-ci observaient leur interaction comme s'ils assistaient à un spectacle. Fred et Georges avaient même sorti d'il ne savait où du popcorn.

Elle se rengorgea alors dans ce qu'elle imaginait être son importance, mais elle ne ressemblait guère plus à un crapaud qui se gonflerait pour être plus gros que le buffle.

-Cela suffit Monsieur ! Vous ne savez rien des choses de la Magie ! Comment osez-vous remettre en question le Ministère de la Magie ?! Après tout ce que nous faisons pour vous !

-Ah oui ? Et quoi donc ? A part mentir, cacher et même si j'ai pu le comprendre voler nos souvenirs et nous manipuler ?! Vous nous prenez de haut, mais un Ministère basé sur le fait de se cacher de nous tous, ne montre qu'une seule chose : c'est que vous avez PEUR DE NOUS ! Et vous avez raison de le faire !

-ASSEZ ! Hurla Ombrage. Tout ce que nous faisons est pour votre BIEN ! Parce que nous savons ce qui est le mieux pour vous ! Vous les moldus, sans magie, sans pouvoirs, vous feriez mieux de nous écouter, nous qui sommes supérieurs à vous !

Ces derniers mots semblèrent résonner un instant dans la grande salle et si pendant un quart de seconde elle sembla les regretter, son aveuglement et sa haute opinion d'elle-même lui fit redresser le menton avec défi.

-Ainsi c'est dit, vous pensez que nous vous sommes inferieurs, annonça lentement M. Crivey avec un rictus dégouté.

-Vous l'êtes, vous êtes terriblement limités. Ce n'est pas votre faute si vous êtes nés ainsi, mais cela fait de vous quelque chose de moins que nous, vous ne pensez pas ? Lui demanda-t-elle d'une voix se voulant raisonnable et un regard terriblement condescendant.

-Si c'est ainsi, je m'en vais demander à votre Ministre s'il considère qu'il s'agit là de la manière de considérer NOTRE monde !

-Et que croyez-vous ? Répondit négligemment la femme en sortant sa baguette et en l'agitant paresseusement. Le Ministre Fudge a plus besoin de moi que de vous. Que de chacun d'entre vous ! Ajouta-t-elle en fixant d'un mauvais œil le personnel de Poudlard. Mais je peux régler le problème avant que vous ne veniez l'embêter, car, comme vous l'avez dit : il me suffit de vous effacer la mémoire !

-Etes-vous en train de me menacer ?!

Charlie vit le moment où le regard d'Ombrage se durcit et ses lèvres s'ouvrirent pour commencer à prononcer le sort et il dégaina son épée et se plaça devant l'homme pour parer le sort de sa lame.

-MISS OMBRAGE ! Tonna Dumbledore qui ne semblait pas en croire ses yeux. Vous ne pouvez pas faire une chose pareille !

-Taisez-vous vieil homme ! Je peux faire ce que je veux, JE représente le Ministre !

Son regard revint sur Charlie qui sortit de derrière sa lame et la haine et le dégout qu'elle dût lire dans ses yeux la relança dans une diatribe venimeuse :

-Il est temps de vous réveiller ! Nous les sorciers valons bien mieux qu'un moldu ou même que ces dégoutants hybrides qui se comportent comme des animaux ! Vous n'êtes que des erreurs de la nature et vous devez rester à votre place !

-Je crois qu'il est plutôt temps de fermer l'affreux gouffre de l'enfer qui vous sert de bouche et de vous rendre à votre propre place, Ombrage, gronda Charlie. Dans une tombe ou un quelconque trou d'où vous ne ressortirez plus !

Il s'élança vers elle et Ombrage sembla enfin considérer le danger qu'il représentait car elle pointa sa baguette vers lui et commença à débiter une avalanche de sortilèges qu'il esquiva ou détourna du plat de son épée.

Il n'avait même pas à utiliser les Mots. Par pour elle. Il se contenterait de l'acier de son épée.

-Pourquoi vous ne venez pas à mon aide ?! Cracha finalement la femme au directeur et au professeur McGonagall qui restaient immobiles. A nous trois nous pouvons soumettre cette bête !

Croisant leurs regards indifférents, elle comprit qu'aucune assistance ne viendrait de leur côté.

-TRAITRES ! TRAITRES AU MINISTERE ! A VOTRE SANG ! TOUS AUTANT QUE VOUS ETES !

Elle lâcha un sort d'explosion que Charlie évita et se mit à courir vers la seule autre sortie disponible.

-Attention, elle essaie de s'enfuir par la salle des trophées ! Prévint Georges et Charlie courra après elle, continuant à éviter les sorts ou même les coupes et les objets qu'elle faisait tomber à son encontre.

Il put entendre qu'un groupe le suivait de près mais préféra rester concentré. Ombrage était peut être une farce, mais il y avait quelque chose de vicieux chez elle qui lui rappelait que même tranchée, la tête d'un loup pouvait encore mordre.

Ils montèrent plusieurs escaliers et il fut surpris un instant par l'endurance dont elle faisait preuve, jusqu'à ce qu'elle finisse par se réfugier, haletante, sur un petit balcon, cherchant des yeux ce qu'elle pourrait utiliser pour s'enfuir.

Charlie pouvait presque entendre le bruit des griffes de Derianth s'enfoncer dans la roche alors qu'il se déplaçait aussi en même temps qu'eux, cherchant à rester prêt au moindre problème.

-Ca suffit Miss Ombrage, fit M. Crivey, l'air tout aussi exténué. Rendez-vous !

Elle lui montra les dents, l'air de savoir que se rendre n'était pas une option pour Charlie et le menaça à nouveau de sa baguette.

-Je ne tomberais pas ! Affirma t'elle comme une auto suggestion et alors qu'il s'apprêtait à contrer le prochain sort puis à lui sauter dessus, il fut surpris quand elle dévia sa baguette au dernier moment en direction du moldu avec un air sadique.

-ENDOLORIS !

Un sort Impardonable. Le moldu pourrait subir de très fortes séquelles s'il le recevait et l'épée de Charlie ne pourrait pas contrer tous les faisceaux magiques produits par ce sort.

Sans réfléchir plus il sauta dans la trajectoire du sort avant qu'il n'atteigne l'homme.

La douleur l'attrapa d'un coup comme si ses connections nerveuses s'allumaient en même temps, puis de façon aléatoire et imprévisible. Il entendit son rire triomphant quand ses genoux cédèrent et frappèrent le sol.

GRAP GRAP, firent les griffes de Derianth qui grimpait désormais à toute allure.

/CHARLIE! Est-ce que… /

Le sort cessa sous les cris de ses frères et d'Hermione qui en pleurait presque. Les professeurs venaient de même d'arriver à leur hauteur et se montraient scandalisés.

Ca n'avait aucune importance pour Ombrage qui exultait en brandissant sa baguette comme s'il s'agissait d'un artefact immensément puissant.

-VOYEZ TOUS ! Nous sommes les plus forts ! La puissance du Ministère est telle que nous ne laisserons pas des erreurs de la nature se dresser contre nous !

Ses spectateurs auraient sans doute eu à répliquer, mais il s'étaient tous mis à regarder avec frayeur la silhouette qui se dressa derrière Ombrage et qui occultait le soleil.

* Non, ce n'est plus important* Cracha mentalement Charlie en se remettant du choc du sort de torture. * Il est peut-être temps de leur rappeler ce qu'est un dragon !*

Ombrage se retourna elle aussi, un instant surprise et fixa le dragon qui se tenait face à elle. C'était peut-être parce qu'elle avait passé autant de temps à la Réserve sans jamais voir le moindre geste agressif d'un dragon envers elle qu'elle réagit en brandissant sa baguette sur lui comme si elle comptait lui jeter un sort.

Derianth la regarda intensément de ses yeux flamboyants incarnats et alors qu'elle ouvrait la bouche, cracha une unique flammèche qui brula en un instant la baguette, faisant couiner la femme qui fit un bond en arrière et lâcha son arme qui se retrouva en petits tas de poussière de bois sur la pierre du balcon.

/Tu as fait du mal à mon chevalier./ Lui envoya Derianth et elle releva la tête vers lui, encore hébétée par ce qu'il venait de se passer et surprise d'entendre l'animal lui parler.

Elle put à peine pousser un cri d'horreur et de réalisation qu'il pencha la tête et engloutit la majorité de son corps entre ses mâchoires.

Hermione et le professeur McGonagall hurlèrent.

Cela n'eut pas particulièrement d'effet sur Derianth qui se redressa ensuite pour avaler le reste et déglutir avant de se décrocher du balcon et de s'envoler, satisfait.

Charlie se releva calmement et remis ses vêtements en place avant de regarder tout ce qu'il restait de la Représentant du Ministère : un peu de poussière de bois brulé et deux paires de babies roses un peu ensanglantée.

Derrière lui, Ron alla vomir dans les escaliers.

-D-

-Je peux savoir ce qu'il t'a pris ?! Aboya Ronan alors qu'ils montaient tous les deux sur le dos de Kyreth et qu'Harry se laissait tomber lourdement sur l'arrière de la selle. Tu n'avais qu'à tendre le bras pour tout terminer et tu faisais la fillette !

-Tu dis ça comme si c'était facile ! Je ne sais pas comment toi tu as pu… !

-Je me suis juste laissé tomber sur la trajectoire de sa tête ! Le dragon était trop focalisé sur toi pour remarquer la manœuvre de Kyreth.

-Je ne veux pas dire ça, je veux dire : comment tu peux juste comme ça trancher de façon mortelle dans quelqu'un sans… Sans la moindre petite pensée pour l'acte !

Ronan se tourna vers lui pour le fixer avec de gros yeux effrayants et remplis de jugement :

-Attends, mais où crois-tu qu'on est ?! Si tu veux faire du sentiment et du ouinouin c'est pas bien de tuer, tu n'as qu'à faire comme la Dame de la Réserve que tu es censé être et rester bien tranquillement à la Réserve, en sécurité, pendant que les vrais hommes font le travail !

Talath qui volait près d'eux gronda d'avertissement en direction de Ronan et celui-ci souffla en se détournant dans un mouvement de boucles noires.

-Ce n'est pas le premier homme que je tue, continua t'il. Ce sont les ennemis. C'est tout ce qu'i savoir.

Harry aurait aimé que ça soit aussi facile dans sa tête et voir les dragons et leurs chevaliers autour d'eux juste comme des cibles à abattre, telles qu'elles l'étaient dans les jeux vidéo de son cousin Dudley, des cibles sans identité et sans histoires, mais il ne le pouvait pas.

-Tu sais qui il était ? Il s'appelait Mordecaï et son dragon s'appelait…

-J'EN AI RIEN A FOUTRE ! Le coupa Ronan avec colère. Il pourrait avoir 4 femmes et autant de bébés que j'en aurais autant rien à branler ! QUAND ON ESSAIE DE TE TUER, TU TUES ! TU TUES C'EST TOUT, POINT FINAL ! TU TUES !

La répétition du mot tuer, comme si Ronan n'avait que ça à la bouche, crispa Harry, mais il resta silencieux car il savait que malgré ce qu'il ressentait, tous ceux qui l'entouraient actuellement savaient qu'il était dans l'erreur.

Le silence de Talath était plus criant que n'importe quelle invective.

Kyreth et elle continuèrent leur descente en évitant ici et là quelques Noir des Hebrides, mais le gros de la troupe ennemi était soit occupée plus haut, soit déjà en bonne partie défaite.

Ils pouvaient désormais voir la faille réalisée dans une rue, qui donnait sur les entrailles sombre du Ministère de la Magie et gardée par la Seconde Escadrille qui s'était divisé en plusieurs groupes : l'un s'occupant de repousser les dragons ennemis, l'autre de placer des repousses anti moldu dans tout le périmètre et le dernier surveillait le champ de bataille pour faire disparaitre tout ce qui tombait du ciel avant que cela puisse attirer l'attention, même si Rebecca qui appartenait à cette escadrille, semblait plutôt attirer à elle les armes et les étudier d'un air professionnel.

Il y avait plus de dragons qu'il n'y avait de chevaliers et Harry comprit que les escadrilles chargée de lui ouvrir le chemin dans le Ministère étaient déjà à l'œuvre.

Kyreth et Talath se posèrent au bord de la faille et Harry se laissa glisser des flancs du bronze et jeta machinalement un œil dans le gouffre. Il ne pouvait rien voir à cause de la lumière du jour et il n'était pas très fan de l'idée de sauter dans l'inconnu et espérer qu'il ne tombe pas tout juste au milieu d'un groupe de sorcier.

Il récupéra de sa sacoche de selle une corde et un grappin et se rendit compte uniquement alors que Ronan faisait de même l'air de rien.

-Je peux savoir ce que tu es en train de faire ? Lui demanda avec suspicion Harry en plissant les yeux.

-Tu as besoin de poser la question ? Répondit moqueusement le jeune homme en assurant son grappin.

-Tu es de la 1ere escadrille, ta mission est de protéger Talath.

-Kyreth, tu protège Talath, d'accord ? Lança alors nonchalamment Ronan en se mettant en appui avec sa corde sur le bord de l'ouverture.

/Je le ferais./ Répondit sobrement le bronze même s'il n'était toujours pas à l'aise avec la femelle qui l'avait blessé.

-Non mais je rêve ! S'exclama Harry en levant les bras au ciel et en se retenant de ne pas étrangler l'autre garçon.

-L'action est en bas, alors c'est là-bas que je vais ! Continua le garçon noir avec une expression malicieuse avant de se laisser tomber et de disparaitre de la vue de Harry qui souffla d'agacement.

Une douce poussée de museau le coupa dans son mouvement d'humeur et il se tourna pour poser la main entre les naseaux de Talath.

/Soyez prudent… Je ne pourrais pas vous aider là-dessous… Et s'il vous arrivait quelque chose./

Elle détestait être impuissante, mais il n'y avait rien à faire à ce sujet, un longwing ne pouvait pas tenir dans le Ministère. Et une reine dorée longwing encore moins.

-Je reviendrais Talath. Ta force sera avec moi.

Il posa un baiser sur le cuir doux de sa joue et, réunissant tout son courage et sa volonté, accrocha son grappin et descendit à son tour à l'intérieur du Ministère de la Magie.

A suivre…

Je suis morte, ce chapitre s'est révélé plus long que je ne le pensais et je m'en vais sur le champ regarder des vidéos de chatons mignons pour me laver le cerveau.

J'espère que ça n'a pas été trop rude pour vous, je ne suis pas partie dans l'idée d'édulcorer tout le côté guerre avec les machines de guerres pleins de feu, de crocs et de griffes que sont les dragons, mais heureusement, ces morceaux seront minoritaire dans le récit (et Ombrage mérite tellement la haine qu'elle reçoit…) et en plus c'est tellement dur d'écrire des scènes d'actions !

Bon, on rentre enfin dans les entrailles du Ministère… Harry va devoir faire face à Voldemort… et à Austen. Accompagné apparemment de Ronan !