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ACTE I

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Nos jours heureux

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« Salut ? »

Lucius ouvrit péniblement les yeux. Une délicieuse odeur de toast beurré flottait dans l'air, presque apaisante, mais le moindre mouvement déclenchait une vague de douleur aiguë dans son flanc. Il expira violemment, le souffle coupé par la douleur, et porta machinalement la main à sa blessure. Au lieu du sang poisseux, ses doigts rencontrèrent un tissu rugueux.

Il était mort ? Cette pensée le traversa un instant, mais la sensation brutale de ses chairs déchirées lui confirma qu'il était bien vivant, quoiqu'à peine. Sa vision s'ajusta lentement sur un plafond blanc, uniformément banal, au-dessus de lui.

Il tourna la tête, découvrant un petit espace étriqué, tout juste 20 mètres carrés, où tout était condensé en une seule pièce, à l'exception d'une petite porte qu'il devinait être celle de la salle d'eau. C'était la première fois que Lucius voyait un logement aussi miteux.

Un grésillement attira son attention à sa gauche, le forçant à tourner la tête à nouveau, ce qui provoqua une nouvelle onde de douleur. Un homme se tenait là, lui tournant le dos, absorbé par ce qui se passait dans une petite poêle sur une plaque de cuisson. La scène semblait étrangement ordinaire, presque absurde après ce qu'il avait vécu.

Où… était-il ?

Et qui était ce type ?

Il chercha du regard sa baguette et la trouva rapidement, posée sur la table de nuit à ses côtés. Mais avant qu'il ne puisse tendre la main pour la saisir, l'homme se retourna et Lucius eut la vague impression de l'avoir déjà vu. Il s'approcha en souriant et lui tendit un verre d'eau: « Tiens. Tu dois avoir soif. Bois ça. »

C'était la vérité : Lucius avait la gorge en feu, comme s'il avait erré dans un désert aride des jours durant. Il tendit la main pour saisir le verre, mais celui-ci glissa entre ses doigts et s'écrasa au sol.

Merde.

« Pas de problème. Je vais t'aider. »

« Je n'ai pas besoin d'aide. » Sa voix était aussi râpeuse qu'un souffle d'outretombe.

Un rire joyeux résonna dans la pièce: « Ce n'était pas ce que tu disais il y a deux jours… »

« Deux jours…? » L'information l'emporta sur l'agacement. Il releva la tête, plantant son regard dans les yeux bruns de l'homme en face de lui. Il chercha la moindre trace de malice, mais il n'y trouva rien, juste une étrange sincérité.

« Ouais. – répondit le garçon en ramassant le verre et en se détournant vers la cuisine – Et tu peux me croire que j'en ai bien chié. »

Lucius fronça les sourcils. Même si ses souvenirs étaient encore fragmentés, il se rappelait maintenant. La pluie. La ruelle sombre. Cette douleur qui l'avait presque englouti. Ce moldu étrange avec son parapluie. Le… pacte… ou quelque chose du genre. On lui avait réellement sauvé la vie ? Il jeta un œil à son ventre : il était torse nu. La plaie avait été pansée de manière rudimentaire, mais efficace.

« Ne touche pas trop. C'est fragile. Je voulais t'emmener à l'hôpital, mais tu pesais carrément trop lourd pour que je te traine là-bas. Du coup j'ai fait appel à un pote à moi. Quelqu'un de discret qui s'y connait en rafistolage. J'ai des relations, comme tu peux le voir. »

Lucius haussa un sourcil perplexe: « Je suis sensé être impressionné ? »

Un nouvel éclat de rire résonna dans l'appartement exigu et le garçon s'assit nonchalamment sur le rebord du lit, son verre d'eau à nouveau rempli. « Un merci ne serait pas de refus. » Il l'approcha de la bouche de Lucius et celui-ci détourna la tête. Il était hors de question qu'il se laisse donner la béquée comme un nouveau-né. Son orgueil était encore intact, malgré tout.

Le moldu secoua la tête avec amusement et un sourire narquois étira un instant ses lèvres : « Ne le prends pas mal, mais je préfèrerais t'aider plutôt que ramasser à nouveau derrière appartement n'est pas une piscine et je tiens à mon parquet. »

Lucius lui lança un regard chargé de mépris. Avec un effort visible, il tendit la main pour s'emparer du verre, mais le garçon ne le lâcha pas et un ridicule combat s'engagea.

Deux minutes plus tard, agacé et épuisé, Lucius abandonnait la bataille et laissait le moldu lui donner à boire. Si ce n'était cette maudite dette de vie, il l'aurait probablement tué dans l'instant. Mais pour l'instant, il était piégé dans ce corps affaibli, dépendant de cet inconnu pour sa survie.

Le liquide frais glissa dans sa gorge et il se sentit revivre. C'était comme une bouffée d'air après avoir été submergé par les flots. Cela faisait un bien fou. Il ferma les yeux un instant, savourant cette sensation.

Enfin, il daigna porter plus ample attention au moldu. Le garçon devait avoir l'âge de son propre fils, et quelque chose dans son visage éveillait en lui une vague impression de déjà-vu, mais il n'arrivait pas à mettre le doigt dessus.

« Vos parents ne vous ont jamais appris à ne pas ramener des inconnus chez vous ? » lança-t-il d'un ton acide.

Le garçon eut un rire détaché, presque insouciant: « Mes parents sont morts il y a longtemps, alors tu voudras bien m'excuser si j'ai de mauvaises manières. »

Lucius se figea un instant, déstabilisé par la réponse directe et le ton désinvolte avec lequel elle avait été donnée. Il ne se sentait pas coupable d'avoir abordé le sujet, mais le flegme de l'homme, sa manière de balayer la remarque avec une telle légèreté, le mettait mal à l'aise.

Le garçon sourit en passant une main détendue dans ses cheveux : « Au fait, on m'appelle Lock dans cette ville. Loki, en fait. Mais tout le monde utilise Lock. Je ne sais pas pourquoi. »

Lucius haussa un sourcil perplexe : « Dans cette ville? Vous avez donc d'autres noms ailleurs ? »

Le garçon ricana : « Ouais, j'en ai plein. J'aime bien Peter. Parce que ça me fait penser à Peter Pan… Un peu plus à l'ouest on m'appelle Nox. Et on me donne tout un tas de surnoms ridicules : l'intrépide, le furtif… je continue ? »

« Non. » La réponse était sèche et sans appel. Il n'avait aucune envie d'entendre davantage de ces divagations, mais le garçon ne se laissa pas décourager : « En général, quand quelqu'un fait connaissance avec vous et vous donne son nom, vous devez lui donner le vôtre... C'est un échange de bons procédés. »

Lucius balaya la demande d'un geste dédaigneux de la main : « Ne vous fatiguez pas à faire ami-ami. Je ne vous donnerai pas mon nom et je n'avais pas besoin du votre. »

« Oh, alors je trouverais bien une façon de t'appeler… Voyons… Princesse ça t'irait ? »

« Pardon ? » Lucius ne goûtait clairement pas la plaisanterie, et le ton qu'il employa fit chuter la température de la pièce de quelques degrés.

Le moldu attrapa entre ses doigts une mèche des longs cheveux blonds et la porta à ses lèvres avec un sourire moqueur : « Ben ouais. Tu es aussi blond qu'une princesse de conte de fées, je t'ai porté jusqu'ici dans mes bras et tu as dormi pendant plusieurs jours comme la Belle au Bois Dormant… »

Lucius serra les dents et ses yeux se tournèrent furtivement vers sa baguette : « Je vous déconseille de jouer avec moi, Monsieur Loki ou Dieu sait comment vous vous appelez… Vous ignorez à qui vous avez affaire et si vous voulez sortir de cet appartement en un seul morceaux, je ne saurais que trop vous conseiller de ne pas me provoquer inutilement. »

Le sourire du garçon s'élargit et ses dents scintillèrent avec insolence : « Alors donne-moi ton nom, que je puisse t'appeler correctement. »

Lucius resta silencieux un moment. Ce moldu avait un aplomb déconcertant, presque suicidaire. Il se demandait d'où lui venait une telle audace, mais plus que cela, il se demandait ce que ce garçon cherchait vraiment.

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Et Lucius avait fini par céder.

Il avait donné son prénom et le gamin avait marmonné: « Je n'en reviens pas que tu me donnes ton vrai nom… »

Lucius avait tiqué mais, le temps qu'il émette une remarque, Loki avait déjà changé de sujet en désignant le bandage qui enserrait son flanc : « Maintenant que tu es réveillé, nous allons devoir le changer. Ça serait idiot que tu meurs d'une septicémie, après tous les efforts que j'ai fait pour te garder en vie. »

« Je vais le faire moi-même. »

Loki haussa un sourcil et un sourire moqueur flotta sur ses lèvres. Il attrapa des bandages propres et un baume, puis les jeta négligemment sur le lit avant de croiser les bras, observant Lucius avec une lueur amusée dans les yeux : « Tu n'es même pas en état de boire seul. Je suis curieux de voir comment tu comptes te soigner. »

Lucius regarda sa main tremblante. Il avait horreur de le reconnaitre, mais le garçon avait raison. Le sort qui lui avait ouvert le flanc avait touché ses nerfs et il lui était difficile d'effectuer de simples mouvements. Il détestait se sentir vulnérable, mais il devait reconnaître qu'il avait encore besoin de repos avant de pouvoir retrouver toute son autonomie.

Le silence s'étira un moment tandis que Lucius luttait intérieurement entre sa fierté et la réalité de sa situation.

« Faites-le. » Ce n'était rien de plus qu'un ordre, craché avec mépris, et un ricanement mauvais lui répondit.

« À vos ordres, Mon Seigneur… »

Loki approcha ses mains du ventre de Lucius mais, avant qu'il ne puisse le toucher, ce dernier s'empara fermement de ses poignets : « Je n'aime pas votre insolence. Je n'aime pas votre familiarité déplacée. Je n'aime pas votre désinvolture. Je n'aime rien chez vous, Loki. Ni votre attitude, ni vos manières, ni même le fait que vous ayez sauvé ma vie. Parce que cela me lie à vous d'une manière que je trouve insupportable. »

Le garçon éclata de rire. Il ne tenta même pas de se dégager, acceptant la prise de Lucius avec une aisance déconcertante. « Eh bien, puisque nous en sommes déjà à nous déclarer nos sentiments, moi, je t'aime bien. Oh, ne te méprends pas, je pense sincèrement que tu as un caractère de merde et que tu es un homme imbu de lui-même, violent et suffisant. Mais ton physique rattrape tout. Tu es sacrément bien foutu pour ton âge. »

Lucius cligna des yeux, un instant déconcerté. Est-ce que c'était une plaisanterie ? Une provocation supplémentaire ? Sa poigne se resserra encore un peu autour des poignets du garçon et son regard devint plus glacial encore. « Vous vous croyez drôle ? » La fureur tempêtait en lui.

Le sourire de Loki s'agrandit encore et il approcha lentement son visage de celui de Lucius : « Absolument. Je me trouve hilarant. »

Le gamin se moquait clairement de lui, et Lucius le savait. Il bouillait intérieurement, incapable de tolérer un tel affront. Dès qu'il serait soigné, il lui apprendrait, par quelques sorts de soumission bien choisis, ce que signifiait vraiment être en présence d'un sorcier de son rang, et ce qu'était une bonne éducation.

La voix chaude du garçon le tira de ses pensées : « Si tu ne m'arrêtes pas tout de suite, je risque de t'embrasser... »

Lucius releva les yeux et son regard rencontra celui de Loki, si proche. Sans réfléchir, il plaqua une main ferme sur le torse du garçon et le repoussa brutalement, le rejetant en arrière avec une force inattendue. « Vous êtes totalement inconscient. Je vous conseille de ne plus jamais tenter une telle chose, la prochaine fois, je ne me contenterai pas de vous écarter. »

Le garçon roula sur la couverture et éclata d'un rire joyeux, comme si la menace n'avait aucun effet sur lui. « Je sais que tu m'aime déjà un peu, malgré ce que tu essayes de faire croire. » dit-il avec une légèreté désarmante. Puis il se redressa, soudain très sérieux : « Avoue que je ne te laisse pas indifférent. »

Il prit un moment pour détailler ce gamin qui osait ainsi le provoquer. Il n'était pas vilain, en soi. Il respirait la jeunesse, ses yeux bruns pétillaient de malice, sa peau était lisse et sans imperfection, son corps visiblement bien entretenu, et son visage, loin d'être disgracieux, portait cette fraîcheur insolente des jeunes années. Dans d'autres circonstances, Lucius aurait peut-être pu le considérer comme un amant de passage, un en-cas potable, un divertissement éphémère pour un homme de son rang.

Mais les non-mages avaient sur lui un effet profondément répulsif et il considérait que le sang pur qui coulait dans ses veines était sacré, un héritage qu'il ne souillerait jamais par un contact aussi dégradant. Pour lui, l'idée même de se compromettre avec un moldu était une abomination.

Il redressa le menton, regardant l'homme qui lui faisait face avec froideur. « Ne vous faites aucune illusion : votre existence même est une insulte à tout ce en quoi je crois. Et tôt ou tard, vous apprendrez ce que cela signifie vraiment. »

Loki ne sembla pas affecté par ces mots cinglants. Au contraire, un nouveau sourire se dessina sur ses lèvres, comme s'il avait attendu cette réponse: « Tu es vraiment fascinant. » murmura-t-il, plus pour lui-même que pour Lucius.

Lucius serra les dents, sentant la rage monter à nouveau en lui. Mais il savait qu'il n'avait pas le luxe de se laisser emporter par la colère. Pas encore. Le temps viendrait bien assez tôt : dès qu'il n'aurait plus besoin du gamin, il s'en débarrasserait.

Discrètement.

Loki avait enfin fini par desserrer le bandage, révélant la longue estafilade, grossièrement cousue, qui parcourait le flanc de Lucius. Celui-ci l'observa avec un mépris évident, sa bouche se tordant avec dégoût. « Et vous dites que c'est un médecin qui a fait ce travail ? » Le ton était sarcastique.

Le garçon esquissa une moue peu convaincue avant d'hausser légèrement les épaules : « Plus ou moins, ouais. »

« Plus ou moins ? » répéta Lucius, incrédule. Merlin. Il leva les yeux au ciel, exaspéré. À quel genre de boucher ce garçon l'avait-il confié ?

« Disons qu'il a fait des études pour devenir vétérinaire… »

Lucius cligna des yeux, abasourdi par l'absurdité de la réponse. « Des études… » répéta-t-il lentement, comme s'il essayait de s'assurer qu'il avait bien entendu. Il laissa échapper un rire bref, sans joie. De mieux en mieux. Ce n'était donc même pas un praticien.

Il ouvrit la bouche pour faire part de son indignation, mais, une fois de plus, Loki fut plus rapide : « Quoi ? Ça te laissera peut-être une cicatrice, mais tu en as plein sur tout le corps, alors une de plus ou de moins…Tout ce que je sais, c'est que c'est un gars discret qui t'a recousu sans poser de question. »

Lucius s'apprêtait à rétorquer, mais un mot résonna dans son esprit, comme un coup de tonnerre : 'questions'. Voilà donc ce qui le dérangeait tant depuis le début : « Et vous ? Vous n'avez pas de question ? »

« Ah ! » Le rire était presque désabusé : « Et maintenant, tu vas me dire que tu vas répondre à mes questions si je te les pose ? »

Lucius le fixa, ses yeux se rétrécissant en deux fentes glaciales. Il y avait quelque chose de dérangeant chez ce garçon. « Votre manque de curiosité est aussi suspect que tout le reste dans cette situation. »

Loki haussa les épaules, désinvolte : « Tu ne t'es pas dit que, peut-être, je savais déjà tout ce qu'il y avait à savoir ? »

Un sourire désagréable fit frémir les lèvres de Lucius : « Je doute que vous sachiez. Mais si tel était le cas… »

Avant qu'il ne puisse terminer sa phrase, Loki resserra brutalement le bandage propre autour de sa taille. La douleur explosa dans le flanc de Lucius, lui arrachant un grognement rauque.

« Oh, désolé, je n'ai vraiment pas fait exprès. Donc tu disais ? »

Lucius reprit difficilement sa respiration. Le garçon l'avait clairement fait exprès. Il reprit, sa voix plus basse, plus froide encore : « Si j'apprends que vous me cachez des… »

À nouveau, une onde de douleur fracassa son corps, interrompant ses paroles. Il dut poser une main tremblante sur l'épaule de Loki pour ne pas s'effondrer. Il lui jeta un regard noir mais le garçon se contenta de sourire innocemment. « Oh, je t'en prie, continue. Je ne voulais pas t'interrompre. »

C'en était trop. La main de Lucius, bien que faible, se referma sur le cou du jeune homme. Il n'avait pas la force de serrer, mais le message était limpide : « Ne jouez pas à ce petit jeu-là avec moi. »

« Sinon quoi ? Tu vas à nouveau t'effondrer dans mes bras ? »

Lucius serra les dents, sentant sa patience se fissurer. Ce garçon se moquait ouvertement de lui, exploitant sans vergogne sa faiblesse temporaire. Mais il savait que cette faiblesse ne durerait pas, et il se promit intérieurement que Loki paierait le centuple pour chaque insulte et chaque provocation qu'il lui avait infligé.

Le garçon recula légèrement, hors de portée, son sourire provocateur se faisant plus doux, presque complice : « Tu devrais te reposer. Pousse-toi un peu. Je suis fatigué moi aussi. »

Lucius haussa un sourcil, et une lueur d'incrédulité traversa ses yeux : « Ne me dites pas que vous voulez… »

Loki lui adressa un autre de ses sourires espiègles : « Regarde autour de toi, gros malin. Où devrais-je dormir d'autre ? »

Lucius jeta un regard rapide autour de l'appartement, prenant soudainement conscience de l'exiguïté de l'espace. L'endroit était si petit qu'il n'y avait aucune chance qu'une autre chambre, ou même un autre lit, apparaisse par miracle. La réalisation frappa Lucius comme une gifle. C'était… un véritable enfer. L'idée même de partager sa couche avec ce moldu lui était insupportable.

Jamais. De. La. Vie.

« Il est absolument hors de question que je partage mon lit avec vous ! » Sa voix tremblait de dégoût. Il se redressa autant que ses forces le lui permettaient.

« Techniquement parlant, il s'agit de mon lit… Mais si tu préfères dormir par terre, je te laisse la place. Personnellement, je trouve le lit bien plus agréable. »

Lucius se mordit l'intérieur de la joue. Le garçon avait raison sur un point : il n'était pas en état de dormir ailleurs que dans un lit. La douleur dans son flanc, la faiblesse générale de son corps, tout cela nécessitait un minimum de confort pour pouvoir récupérer.

« Vous... » commença-t-il, cherchant désespérément une alternative, mais Loki l'interrompit et son sourire était pire qu'une insulte : « Écoute, si ça peut te rassurer, je te promets de rester de mon côté du lit. On peut juste dormir, rien de plus. »

Lucius resta silencieux un moment, pesant ses options. Il ferma les yeux. Ces insinuations constantes mettaient en péril sa santé mentale et menaçaient de faire voler en éclats le peu de calme qu'il lui restait. Il était à bout de forces, et son corps réclamait désespérément du repos. Mais son esprit se rebellait contre cette idée, refusant d'accepter un tel compromis.

Finalement, cédant à la fatigue plus qu'à la raison, il acquiesça lentement, la gorge nouée par l'humiliation. « Très bien. Mais sachez que je n'oublierai jamais cet affront. »

Loki hocha la tête, l'air étrangement satisfait : « Deal. »

Lucius se tourna sur le côté, le dos rigide, tentant de mettre le plus de distance possible entre eux. Ce compromis était une amère pilule à avaler, mais pour l'instant, il n'avait pas le choix. Il sentit le matelas s'affaisser de l'autre côté et la chaleur du corps du garçon irradia bientôt contre son dos. Lucius serra les dents, essayant de se focaliser sur autre chose, n'importe quoi, pour ignorer cette présence qui le rendait fou. Il ferma les yeux, espérant que le sommeil viendrait rapidement pour le délivrer de cette situation, au moins pour quelques heures.

Il se jura que ce serait la dernière fois qu'il se trouverait dans une telle position. Dès qu'il aurait retrouvé ses forces, il ferait en sorte que Loki comprenne à quel point il avait franchi des limites qu'il n'aurait jamais dû approcher.

Mais pour le moment, il devait seulement prendre son mal en patience et supporter l'insupportable.

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