Bien le bonjour tout le monde ! Après avoir posté le chapitre 17 de PALIJPLH en juin dernier, j'ai pris une looooooongue pause (pour me remettre de mes émotions !) et petit à petit, j'ai décidé de changer de registre et de me repencher à nouveau sur cette fiction. Le style est tellement différent que c'est extrêmement plaisant d'écrire dessus, résultat : un chapitre assez long à déguster et que je l'espère, vous apprécierez à sa juste valeur :)

Par ailleurs, je vous remercie infiniment pour les reviews et le soutien que vous m'apportez quant à cette fiction, c'est vraiment génial de votre part alors merciiiiiiii ! \o/

Enjoy reading !


Mes paupières s'ouvrirent avec lenteur, quelques mèches de cheveux me brouillant la vue. Je voulus bouger mes mains mais réalisais avec effroi qu'elles étaient attachées dans mon dos, le lien les unissant fermement serré autour de mes poignets. Les rayons du soleil filtrant dans la pièce caressaient mon visage, et je fus forcée de constater qu'on m'avait également bâillonnée probablement pour m'empêcher de crier lorsque je me réveillerai. Mais depuis combien de temps étais-je restée inconsciente ? Les évènements de la veille paraissaient flous, tout comme les visages de mes agresseurs rien, hormis la sensation d'être aspirée dans un néant. Remuant doucement mon corps engourdi, je me tortillais sur place jusqu'à parvenir non sans difficulté à me redresser sur mes genoux, la tête légèrement étourdie.

« Ah enfin ! s'éleva soudainement une voix, mon cœur ratant un battement. J'ai cru que j'allais devoir te rosser de coups pour te réveiller ! »

Yeux écarquillés, mon corps entier était secoué d'incontrôlables tremblements face à la terreur qui gagnait mes entrailles, des bruits de pas retentissants dans mon dos. On l'emmène. Cette phrase me revint brusquement en mémoire, ravivant la peur que j'avais pu ressentir en l'entendant. La lucidité me revenait peu à peu, tout comme la scène effroyable à laquelle j'avais assisté. J'étais captive de ceux qui avaient tué sans vergogne mes agresseurs de la veille. Bon sang… Vraiment, rien de ce que j'avais pu faire jusqu'à présent ne s'était déroulé comme je l'espérais. Tout, tout était fini… Une ombre se faufila devant moi mais j'étais tellement paralysée par la peur et le désespoir que je refusais de relever les yeux, de crainte de probables représailles si je tentais quoique ce soit…

« Tu vas te lever et me suivre sans broncher. Le moindre geste suffisamment suspect et je veillerai personnellement à ce que l'on tranche une de tes jambes. C'est compris ? »

Un effort surhumain et une volonté hors pair suffirent à me faire hocher légèrement la tête en guise d'acquiescement, m'exécutant aussitôt sans pour autant réussir à réfréner mes tremblements. Comme si l'idée d'opposer quelconque résistance aurait pu m'effleurer l'esprit… Non, je n'étais pas encore suicidaire au point de me jeter tout droit dans les bras de la mort. Même si tout mon être était terrifié à l'idée du sort que l'on me réservait, je me devais de garder ma lucidité. C'était la seule mentalité à adopter si je voulais avoir une chance de me sortir du pétrin dans lequel j'étais fourrée. Une lumière m'aveugla brusquement tandis qu'une silhouette se tenait dans l'embrasure du shōji(1), le regard rivé sur ma personne. L'éclat azur me revint en mémoire et je m'avançais de quelques pas pour sortir de la pièce, gardant par crainte ma tête baissée vers le sol.

« Avance, murmura t-il en me poussant doucement dans le dos. Je te préviendrais quand tu devras t'arrêter. »

Posant un pied l'un après l'autre, je commençais à marcher dans un vaste couloir qui me parut interminable, sans qu'aucun bruit ne provienne de l'extérieur. Des dizaines de questions s'entassaient dans mon esprit où étions-nous ? A qui avais-je à faire ? Arriverai-je à sauver ma…

« Ici. »

Inspirant profondément pour tenter de me calmer, je jetais un bref regard à l'homme qui me contourna pour se dresser devant moi. Sa stature semblait bien plus imposante que la mienne et je déglutissais quelque peu, songeant subitement à mon apparence. Malgré tous mes efforts, j'étais bien loin d'avoir la même carrure que lui, alors qu'il ne paraissait pas plus âgé que moi. Je priais mentalement les dieux pour que la supercherie ne soit pas dévoilée, sinon nul doute qu'il en serait fini de moi dans peu de temps. Soudain, des doigts tâtèrent mon visage pour défaire le bâillon autour de ma bouche et j'entrouvris légèrement les lèvres pour sentir l'oxygène filtrer à travers ces dernières, respirant par de profondes inspirations pour atténuer mon angoisse face à ce qui m'attendait derrière le shōji à ma droite. Puis il m'écarta d'un bras pour faire coulisser les battants et me poussa en avant pour entrer dans la pièce d'où je pouvais sentir la présence de plusieurs personnes, toutes assises en face de moi.

« Assieds-toi mon garçon, retentit une voix grave dans le silence oppressant. »

Malgré mon envie dévorante de fuir cet endroit le plus vite possible, je déglutissais à nouveau avant de m'agenouiller avec lenteur, sans oser jeter un regard à l'assemblée qui se tenait devant moi. Trop tard pour implorer quoique ce soit, j'étais face à mon destin désormais.

« Quel est ton nom ? »

La question fatidique, à laquelle je m'étais incessamment préparée à répondre. Même si mon prénom convenait aussi à celui d'un homme, il était absolument hors de question de le révéler… pas tant que cela ne serait nécessaire du moins. Ma bouche était sèche.

« H-Haruno Kizashi(2), répondis-je d'une voix légèrement hésitante, de peur d'être démasquée par le ton de ma voix.

— Quel âge as-tu ?

— Dix-huit ans.

— Vraiment ? Tu sembles pourtant n'en paraître que quinze. »

C'était bien la seule chose sur laquelle je n'étais pas obligée de mentir. Sans doute paraissais-je plus jeune pour un jeune homme de mon âge, alors que pour une femme…

« Et que faisais-tu à errer dans la rue au beau milieu de la nuit ?

— Je… j'étais… butai-je dans mes mots, la panique me saisissant à toute vitesse. Je…

— Ces hommes étaient bien à ta poursuite non ? Serais-tu l'un des leurs qui les aurait trahis ?

— Non ! m'écriai-je avant de m'interrompre aussitôt, glacée de terreur. »

La suspicion et le doute se dépeignaient sur leurs visages, tous ne me renvoyant que mépris et indifférence – cela sans que je n'eusse besoin de les dévisager davantage. Leurs regards seuls suffisaient amplement à me paralyser.

« Je vous avais bien dit qu'il n'avait pas l'air si faible que ça… entendis-je ricaner dans un coin de la pièce, reconnaissant la voix de l'homme qui m'avait conduite jusqu'ici. »

Lentement, je me redressai dans ma position initiale et baissai de nouveau mes yeux vers le sol, attendant la moindre réplique, la moindre question… le moindre coup.

« Nous t'écoutons alors, reprit la voix grave que j'administrais à l'homme qui se tenait au milieu du groupe. Parle, d'où viens-tu, et qu'es-tu venu faire à Konoha ? »

La mort n'aurait-elle pas été préférable ? Ce que je redoutais le plus venait de se produire, à savoir la crainte d'être arrêtée et questionnée sur mes intentions. Personne n'avait fait attention à moi jusqu'à présent, j'avais toujours réussi à rester discrète et à me faufiler dans la foule pour ne pas être reconnue ou que sais-je autre. Mon identité n'était certes pas encore démasquée, mais il n'en restait pas moins que je devais justifier ma présence dans la ville. Pire, ils me soupçonnaient d'être l'un de ces renégats qui m'avaient jadis poursuivie, à qui j'avais dérobé ce que je pensais être une piste qui s'était révélé être fausse… Le souvenir de mon but s'interposa brusquement dans mon esprit et mordant doucement ma lèvre inférieure, je desserrais la mâchoire pour parler.

« Je viens de Tanzaku, commençai-je à voix basse, non sans sentir leurs regards sur ma personne. J'habitais avec ma tante, une guérisseuse renommée dans la région. Et un jour où je m'étais absenté pour la journée, elle avait disparu à mon retour. Je n'ai retrouvé aucune trace d'un mot ni d'une lettre à mon attention, alors j'ai décidé de partir à sa recherche. C'est pour cette raison que je me suis retrouvé à Konoha. »

Mon souffle demeura quelque peu court lorsque j'arrêtai de parler, ma bouche encore plus sèche qu'auparavant. Hormis mon identité et mon travestissement, je n'avais menti sur aucun point. Leur révéler son nom aurait pu être une erreur, aussi m'étais-je abstenue pour le moment. Ma gorge était légèrement irritée, certes à cause de ma soif, mais également du fait que j'avais essayé de rendre ma voix plus rauque durant mon récit, pour éloigner au maximum les soupçons qui pouvaient peser quant à ma véritable identité. Ils doutaient déjà de mon âge, inutile de leur laisser l'occasion de douter en plus de ma fausse masculinité.

« Et qu'en est-il des hommes qui s'en sont pris à toi ?

— J-Je vous jure que je ne…

— Pour quelle raison te poursuivaient-ils dans ce cas ? m'interrompit-il, le ton plus lourd. »

La bile montait à mon palais, j'étais terrorisée à l'idée du traitement qu'ils me feraient subir si je leur cachais la vérité. Il était même fort à parier que la scène de la veille n'avait pas du échapper aux hommes qui m'avaient amenée ici… Une profonde inspiration et je relevais la tête, parfaitement droite.

« J'ai cru qu'ils détenaient un document qui pourrait me permettre de retrouver ma tante et le leur ai dérobé hier, à la tombée de la nuit. Mais ce n'était qu'une fausse piste, il était trop tard lorsque je l'ai réalisé. Et ils se sont lancés à ma poursuite quand ils l'ont découvert. »

Puis je courbais le dos et inclinais la tête vers le bas, signe de ma rédemption et de mon honnêteté. Partiellement du moins.

« Je vous prie de me croire, c'est la stricte vérité. »

Le regard rivé vers le sol, j'attendais, la mâchoire fermement serrée en attendant la sentence. Je n'avais pas menti j'avais risqué ma vie pour rien, et ils m'avaient capturée. Peut-être allaient-ils me laisser la vie sauve, ou me tuer rapidement. Je leur avais tout révélé. Quelques mèches noires se glissèrent dans mon champ de vision et un soupçon de remord s'empara de moi non, ça, je ne pouvais pas.

« Redresse-toi. »

Le son de sa voix me sembla soudainement plus proche de moi et je réprimais un sursaut en relevant la tête, une silhouette se tenant debout à peine à un mètre de moi. La lumière dans la pièce me révéla le visage d'un homme au visage sérieux, dont un masque en cachait la moitié. Cheveux gris, stature imposante je retins mon souffle.

« Mon nom est Hatake Kakashi, et ces hommes sont sous mon commandement. Nous formons à nous tous le Koueichiimura(3), une organisation chargée de maintenir l'ordre dans Konoha. Les hommes que tu as vus hier étaient membres d'un clan de renégats que nous cherchions à attraper depuis un bon moment, alors je te suis reconnaissant dans un sens. »

Je plissais les yeux, fouillant les pans de ma mémoire. Ce nom ne m'était pas inconnu, leur réputation était déjà toute faite dans le pays du feu, et plus encore. Seulement, si j'avais pensé un jour être captive de cette organisation aussi crainte et respectée… De ce que j'en savais, cette dernière était sous les ordres directs du seigneur du pays du feu, Sarutobi Hiruzen. Toutes ses décisions en faisaient des répercussions irréversibles dans tout le pays, et moi-même avais eu vent de ce qu'il se passait à Konoha. Si j'avais su, je n'aurais jamais mis les pieds dans cette ville. D'autant plus que je n'avais toujours aucune piste la concernant…

« Mon garçon, sache que je te crois et que tu n'as aucune crainte à avoir, poursuivit-il d'une voix calme. Nous n'avons aucune intention de te tuer. Naruto ! »

L'intéressé se releva en soufflant et la couleur de ses iris me renseigna aussitôt sur son identité, mon corps frémissant au contact de ses doigts dans mon dos. Une fois libérées, je ramenais instinctivement mes mains sur les genoux pour masser mes poignets endoloris, tâchant de ne laisser transparaître aucune grimace de douleur.

« Qu'as-tu l'intention de faire à présent ? me questionna à nouveau ledit Hatake Kakashi.

— J-Je vous remercie pour votre clémence, murmurai-je en m'inclinant légèrement avant de me redresser. Je vais quitter Konoha et poursuivre mes recherches.

— Ne penses-tu pas que cela soit un peu trop téméraire ?

— Soyez rassuré, l'incident de la veille ne se reproduira plus. Je peux parfaitement me défendre seul. »

Un petit rire étouffé parvint dans l'assemblée et je serrais la mâchoire, l'impuissance me gagnant peu à peu. Mais que pouvais-je faire sinon ceci ?

« Tu n'as qu'à rester ici quelques temps, suggéra t-il subitement, me forçant à relever la tête pour le regarder.

— Quoi ?! s'écria une autre voix masculine, différente cette fois-ci. Ce n'est pas sérieux j'espère ?

— Baisse d'un ton Kiba, tu veux ?

— Attendez, moi non plus je ne suis pas d'accord !

— Moi non…

— Ça suffit ! retentit alors la voix puissante de l'homme qui se tenait toujours droit, le visage soudainement irrité. »

Les protestations se turent aussitôt et j'avais moi-même retenu mon souffle quant au ton qu'il avait employé pour s'adresser à ses hommes. Il n'avait même pas pris la peine de se retourner, mais son intervention avait suffit à apaiser les tensions. Ce fut alors qu'il baissa ses pupilles vers mon visage et quelque chose attira mon attention si son œil gauche était d'une couleur sombre, l'iris de son œil droit, elle, demeurait d'un rubis aussi vif que du sang. Un détail me revint alors en mémoire, me souvenant de la dernière chose que j'avais vue avant de sombrer dans l'inconscience. Deux prunelles aussi semblables que la sienne.

« Ce n'est que du donnant-donnant. Tu expies ta faute en travaillant pour nous, et en retour nous assurons ta protection jusqu'à ce que tu quittes la ville. Konoha est immense, qui sait, tu pourrais peut-être obtenir des renseignements sur la personne que tu cherches. Qu'en dis-tu ? »

Plongée dans son regard qui en disait long sur son parcours, je me laissais aller à mes pensées toutes plus inextricables les unes que les autres. Rester… ici ? Oui, cela pouvait réellement être une solution à mon problème. Après tout, ce n'était pas pour rien que je m'étais arrêtée dans cette ville. Tout le monde s'y connaissait, peut-être même allais-je voir des visages familiers… Mais rester parmi eux impliquait également autre chose, un problème plutôt épineux. Comment allais-je parvenir à garder ma couverture ? Cet homme s'était montré largement indulgent à mon égard, peut-être me prenait-il en pitié à cause de mon apparence bien trop frêle pour un jeune homme de mon âge mais… Si jamais ils découvraient le pot-aux-roses, c'en serait réellement fini de moi. Quoique, ce n'était peut-être pas ce que je devais craindre le plus. Une chose était sûre, mon séjour ici ne serait pas de tout repos. Ni des plus chaleureux. Mais si cela pouvait me permettre d'atteindre mon but, d'améliorer mes chances de la retrouver…

« J'accepte, répondis-je dans un souffle, avant de courber à nouveau le dos pour m'incliner. »

Cette fois-ci, aucun murmure ni ricanement ne se dégagea de l'assemblée. Mais même si ça avait été le cas, je ne les aurais pas entendus. Mon cerveau semblait comme ailleurs, déconnecté de toute réalité. J'accepte. Comment savoir si je ne m'étais pas fourvoyée, comment être sûre de trouver des informations dans cette ville ? Et surtout, comment savoir ce qu'il allait advenir de moi ? Trop tard pour faire marche arrière à présent. Et plus encore pour des regrets.


Le bruit de nos pas glissant sur le parquet en bois résonnait dans le long couloir silencieux où me guidait ledit Naruto, tandis que je ressassais les derniers évènements dans ma tête. Le commandant du Koueichiimura, Hatake Kakashi, venait de me proposer de rester au sein de leur organisation, et j'avais accepté. Il ne fallut que peu de temps après ma réponse pour que les autres membres ne sortent les uns après les autres de la pièce, excepté celui qui marchait à présent devant moi. Un profond soupir ennuyé était sorti de ses lèvres lorsque son commandant lui avait demandé de s'occuper de moi pour le restant de la journée, mais il n'avait pas bronché davantage. Et je le suivais sans piper mot, fixant la couleur criarde de son kimono orange et le blond de ses cheveux courts, lui conférant une allure un peu excentrique. Puis nous quittions le bâtiment principal pour rejoindre la cour, l'éclat du soleil éblouissant ma vue. Je m'arrêtais un instant, inspirant l'air frais et vivifiant qui me rassurait quant à la réalité de ma situation. Nul doute que j'allais devoir respecter des règles et participer à certaines tâches au sein de l'organisation mais peu m'importait, j'étais en vie.

« Hé ho gamin, suis-moi au lieu de rêvasser ! »

Mon regard se heurta aux prunelles azures qui me fixaient à quelques mètres et je me dépêchais de le rejoindre en quelques enjambées, lui s'étant déjà remis à marcher. C'était bien la première fois que l'on me parlait sur ce ton, et je devais avouer qu'il m'était assez difficile de me contenir. Néanmoins, il le fallait. Puis il finit par s'arrêter peu de temps après, et je me décalais sur le côté pour apercevoir ce qui me semblait être un puits. Il s'avança de quelques pas avant de se retourner, tout en désignant le seau accroché à une corde.

« Bon, je vais t'expliquer brièvement ce que tu dois faire : tu remplis ton seau et tu le portes jusqu'au bâtiment annexe que tu vois là-bas, ajouta t-il en désignant une petite bâtisse en bois. La personne qui s'y trouve t'expliquera quoi en faire. Présente-toi comme tu l'as fait, mais de toute manière, elle doit déjà être au courant de ta présence ici. Tu as compris ?

— Oui monsieur, répondis-je en acquiesçant de la tête.

— Bon. Comme je n'ai pas le temps de m'occuper de toi tu n'auras qu'à rester avec elle et lui proposer ton aide, ça ne sera pas de trop. On se reverra sûrement dans la soirée, je pense que Kakashi-san va te demander de te joindre à nous pour le dîner. Le reste, on verra ça plus tard.

— Entendu monsieur. »

Un instant, je crus voir ses joues rougir très brièvement mais il ne me laissa pas le temps de le sonder davantage, marchant déjà en sens inverse pour rejoindre le bâtiment. J'avançais à mon tour vers le rebord du puits et attrapais le seau, lorsque je le vis se stopper dans ses pas et se retourner dans ma direction.

« Euh, Kizashi c'est ça ?

— Oui ? répondis-je, légèrement surprise.

— Moi c'est Uzumaki Naruto, alors retiens-le. Ça t'évitera de devoir m'appeler « monsieur » à l'avenir, ajouta t-il dans un faible sourire. »

Puis il reprit sa marche et je restais un court instant figée sur place, étonnée par ce brusque changement de comportement. Sans doute me prenait-il en pitié du fait de mon apparence trop juvénile pour un jeune homme de dix-huit ans si c'était le cas, ma couverture allait pouvoir m'être plus utile que prévue. Remettant mes réflexions à plus tard, je m'occupais de tirer l'eau du puits et renouvelais l'opération pour remplir un deuxième seau, avant d'en soulever un dans chaque main. Mais mes bras étaient probablement restés attachés dans mon dos depuis la veille et mes muscles s'en trouvaient légèrement ankylosés, aussi avais-je quelque peu de difficulté à soulever convenablement les seaux tout en maintenant mon équilibre. Traitaient-ils tous leurs nouveaux membres ainsi, en leur confiant les plus harassantes des besognes ? Je serrais les dents pour surmonter la douleur qui commençait à parcourir mes bras et continuais d'avancer vers le bâtiment qu'il m'avait désigné, jusqu'à grimper les marches en titubant légèrement. Je soufflais un grand coup avant de m'essuyer le front, puis ouvrais les battants d'un grand coup.

Des sacs de riz et toutes sortes d'autres aliments étaient entassés dans un coin de la pièce, ainsi que des couverts et autres ustensiles de cuisine. Mon attention se posa alors vers un énorme chaudron posé en évidence sur un foyer qui n'attendait que d'être allumé, et je pris mon courage à deux mains pour soulever à nouveau les seaux et avançais vers le foyer, avant d'y verser l'eau. Je répétais le geste une nouvelle fois et reposais le seau sur le sol en soupirant, avant de me relever pour me figer presque aussitôt. Une autre personne se trouvait dans la pièce, le visage presque apeuré. Mais ce n'était pas cela qui me perturbait, non… C'était une jeune femme qui se trouvait devant moi, à peine plus âgée que moi. Me rappelant soudainement des paroles d'Uzumaki Naruto, je courbais le dos.

« Je m'appelle Haruno Kizashi, et Uzumaki-san m'a demandé de venir vous aider pour le reste de la journée.

— C-Ce n'est pas la peine de vous incliner, balbutia une voix douce. Relevez-vous. »

Surprise d'être traitée avec tant de politesse, je me redressais lentement avant de scruter le visage de mon interlocutrice. De longs cheveux noirs encadraient son beau visage, marqué par de grands yeux nacrés où l'on pouvait y lire une grande bonté. Elle inclina brièvement la tête avant de se redresser tout aussi vite.

« Hatake-san m'a prévenue de la présence d'un nouvel élément au sein du Kouechiimura. Je m'appelle Hyuuga Hinata, mais vous pouvez m'appeler simplement Hinata.

— Et moi Kizashi, répondis-je en souriant, appréciant réellement son côté chaleureux.

— Entendu, opina-t-elle en souriant à son tour. C-C'est Naruto-san qui vous a demandé de m'aider ?

— Euh, oui. J'espère que je ne serais pas une charge pour vous.

— Bien sûr que non, assura-t-elle dans un nouveau sourire bienveillant. »

Puis je l'aidais du mieux que je le pouvais, habituée aux tâches ménagères du temps où je vivais encore avec ma tante. En même temps d'être rassurée d'avoir une présence féminine dans la machiya(4), je demeurais légèrement anxieuse à l'idée que mon identité puisse être découverte. Les vêtements bien trop amples que je portais cachaient mes formes de femme, sans parler de ma poitrine que j'avais bandée pour parer toute éventualité. Mais il ne fallait pas que je tarde à teindre de nouveau mes cheveux, d'autant plus que je n'avais aucune certitude quant à la durée de la teinture. Je ne voulais prendre aucun risque, et le fait de me trouver aux côtés d'une jeune femme de mon âge me perturbait légèrement. Il fallait que je me tienne à une bonne distance de toute personne susceptible de remarquer mes traits féminins, autant dire le monde entier. La journée défila à toute vitesse, et j'avais mal au dos à force de rester accroupie pour laver le sol. Mais j'avais tout de même la chance de pouvoir discuter avec Hinata-san le fait d'avoir le même âge nous rapprochait plus que je ne l'aurais cru, et nous nous tutoyions à présent. Nos caractères semblaient complètement à l'opposé, elle bien plus douce que je ne pouvais l'être en tant que femme. Cependant, je faisais attention à la moindre de mes paroles, au ton que j'employais, de sorte qu'elle pense réellement que je n'étais rien de plus qu'un jeune homme un peu frêle et peu habitué à se battre. J'apprenais ainsi qu'elle avait suivi son cousin, membre de l'organisation, il y avait déjà trois ans de cela et qu'elle passait le plus clair de son temps à s'occuper des corvées ménagères et des petites courses, ne sortant que peu dans Konoha.

« Tant que je peux être utile, cela me suffit, m'expliqua-t-elle dans un faible sourire. Je ne désire rien d'autre. »

Oui, nous nous ressemblions vraiment, partageant les mêmes convictions. Moi aussi, j'aurais voulu lui être utile et rester à ses côtés quoiqu'il arrive. Une bouffée de tristesse me submergea et je prétextais à Hinata-san que j'allais m'occuper de balayer la cour pour terminer le ménage, histoire de prendre l'air pour mettre de l'ordre dans mes idées. Une fois dans la cour, je m'activais machinalement à la tâche, le soleil commençant à décliner. Des gargouillis commençaient à se faire ressentir dans mon estomac et je serrais un peu plus la mâchoire, la faim devenant de plus en plus pressante. Je n'avais rien avalé depuis deux jours et c'était un vrai miracle en soi que je tienne encore debout après toutes les épreuves que je venais d'endurer. Sans compter que je ne comptais pas passer mes journées à faire le ménage ! Si j'avais donné mon consentement, c'était pour que cela me serve au bout du compte. Je balayais l'entrée de la machiya lorsque des voix parvinrent à mes tympans, m'obligeant à relever la tête pour voir d'où elles provenaient. Le rouge gagna subitement mes joues et je détournais la tête pour reprendre mon activité, donnant de grands coups rageurs dans les feuilles entassées dans l'allée. J'essayais de ne pas prêter attention aux voix qui se rapprochaient de moi à toute vitesse et continuais de balayer, la tête baissée vers le sol.

« Hé ! Kizashi ! »

Reconnaissant le propriétaire de cette voix, je décalais mon visage de quelques centimètres pour apercevoir le blond aux yeux azurs qui s'avançait vers moi avec un grand sourire.

« Alors, tout s'est bien passé avec Hinata ?

— O-Oui… Uzumaki-san, lâchai-je en me souvenant de sa demande.

— Dis donc Naruto, tu ne trouves pas que tu joues un peu les prétentieux ? s'exclama une voix derrière lui, nous faisant retourner tous les deux vers le nouvel arrivant. Uzumaki-san, ça fait trop cérémonieux pour un gars comme toi je trouve !

—La ferme Kiba.

— Oh du calme, cher Uzumaki-san ! répondit l'autre en ricanant, s'attirant le regard mauvais du blond, jusqu'à ce qu'il ne pose ses yeux sur ma personne. Alors comme ça tu vas rester avec nous un petit moment c'est ça ?

— J-Je…

— Laisse-le tranquille Kiba, t'as entendu ce qu'a dit Kakashi-san non ?

— Ecrase Naruto, c'est à lui que je m'adresse, pas à toi. Mon nom à moi c'est Inuzuka Kiba, mais tu peux m'appeler par mon prénom si tu veux.

— Ou simplement crétin…

— Espèce de…

— Ça suffit ! rétorqua soudainement une voix plus grave et plus puissante. »

Cette voix… Un pan de ma mémoire surgit aussitôt dans mon esprit, se souvenant du ton glacial et imperturbable que j'avais entendu la veille. On l'emmène. Mes yeux s'écarquillèrent sur le coup, identifiant cette même voix à celle qui venait de retentir devant nous. La silhouette élancée qui m'apparut alors me coupa le souffle sur le coup, effrayante et fascinante à la fois. La finesse de son visage contrastait étrangement avec la noirceur présente dans le fond de ses yeux, sans omettre l'expression glaciale qui s'y dépeignait profondément. La couleur de ses cheveux accentuait davantage ce sentiment, aussi noire que ne l'était celle de ses prunelles. Aussi envoûtantes que terrifiantes. Il s'avançait lentement vers le groupe que nous formions et les deux autres se renfrognèrent aussitôt, sans que je ne comprenne pourquoi.

« Cessez de vous comporter comme des gamins, murmura le nouveau venu, le ton aussi réprobateur qu'auparavant. Vous êtes des samouraïs, comportez-vous en tant que tels.

— Désolé Sasuke, marmonna le blond entre ses dents. Je m'assurai juste que notre nouveau pensionnaire avait bien fait ce que je le lui avais demandé avant de partir. »

Ce fut à cet instant précis qu'il consentit enfin à poser ses prunelles dans les miennes, m'offrant le regard le plus détestable qu'il m'avait jamais été donné de croiser. Un frisson parcourut mon échine et je me surpris à trembler, comme si je cherchais à dresser une barrière entre nous. Une chose était certaine, lui, ne me réserverait pas le plus chaleureux des accueils. Pire, j'avais l'impression d'être mise à nue sous son regard, comme si ce dernier pouvait me transpercer et déceler la moindre faille en moi. Comme s'il avait déjà tout compris.

« Quant à toi, dépêche-toi de finir, lança t-il d'une voix sèche, avant de s'écarter de nous pour poursuivre son chemin. »

Plus le bruit de ses pas s'éloignait, plus j'avais l'impression que mon cœur s'était arrêté de battre durant le court instant où j'avais croisé son regard. Puis mes tremblements s'atténuèrent peu à peu, et je respirais profondément pour reprendre mon souffle, sentant encore la peur au fond de mes entrailles. Un profond soupir ennuyé me sortit de ma torpeur et je relevais la tête, voyant la mine soudainement agacée d'Uzumaki-san.

« Ne fais pas attention à Sasuke, marmonna t-il à mon attention. Il n'a rien contre toi, c'est juste qu'il est d'une humeur exécrable.

— Constamment, renchérit le brun à côté en soupirant également.

— Mais non, il n'est pas toujours comme ça…

— Mouais, si tu le dis. Bon, ce n'est pas tout ça mais j'ai besoin de me décrasser alors…

— C'est bon, on y va. Laisse ça, tu termineras demain, ajouta t-il en jetant un œil à mon balai.

— N-Non, balbutiai-je. Allez-y, je vais me dépêcher. »

Un bref haussement des épaules et il tourna les talons, rejoignant son comparse en quelques enjambées. Je les regardais s'éloigner puis repris mon travail là où je l'avais laissé, un malaise naissant au fond de moi. La scène qui venait de se jouer me confinait dans l'idée que je ne devais pas me faire de fausses idées, je n'étais pas la bienvenue ici. Ils n'allaient pas me faire de cadeaux, peu importe qu'ils se montrent gentils ou pris de pitié à mon égard. Cela ne devait en aucun cas se reproduire, j'allais devoir faire encore plus attention à mon comportement et à mon attitude en leur présence. Agir en homme. Je laissais un soupir s'échapper de mes lèvres, songeant que cela n'allait certainement pas être de tout repos. Laissant mes réflexions de côté, je finissais rapidement de balayer l'allée pour rejoindre Hinata-san et l'aider à préparer le dîner, me rendant soudainement compte de la charge que cela lui imposait. Combien de bouches y avait-il à nourrir ici ? Un véritable petit régiment ! Les minutes défilèrent les unes après les autres sans que je ne m'en rende compte, jusqu'à ce qu'elle me fasse signe de la suivre avec nos plateaux pour dresser les repas. Je la suivis ainsi jusqu'à la pièce où j'avais été conduite et épiée plusieurs heures plus tôt, et eus le temps de compter le nombre de coussins posés en évidence sur le sol, formant un large rectangle. Huit, six membres masculins donc si je nous enlevais moi et Hinata-san. Soudainement, je réalisais un peu plus la difficulté à laquelle j'allais devoir faire face. Me faire passer pour un homme incombait de changer radicalement mon quotidien… Courage, je saurais y arriver. Je le devais de toute manière, sans non plus oublier qui j'étais réellement. Pas question de me laisser faire non plus, je demeurais celle que j'étais.

Regardant Hinata-san s'affairer à côté de moi, je tâchais de l'imiter pour que tout soit comme il faut jusqu'à leur arrivée. Et il ne fallut peu de temps pour que cela se produisit, les battants du shōji s'ouvrant brusquement quelques secondes à peine après que j'eusse terminé de dresser le dernier couvert. Je me reculais vivement contre le mur, Hinata-san toujours à mes côtés. Entendre autant de voix masculines à la fois m'intimidait quelque peu à vrai dire, et je me demandais vaguement comment elle gérait cette situation au quotidien. Tous s'assirent les uns après les autres et j'allais m'asseoir aux côtés d'Hinata-san lorsqu'une voix me héla.

« Kizashi ! s'exclama Uzumaki-san, me désignant la place à sa gauche. »

Je m'excusais auprès de la jeune femme avant de contourner le reste des hommes à présent assis, jusqu'à m'accroupir à côté du blond. Je gardais le silence, avisant la personne à ma gauche. Encore un brun, les cheveux attachés en panache sur le haut de son crâne, un air parfaitement ennuyé sur le visage. A se demander ce qui avait pu le pousser à devenir samouraï…

« Bon appétit tout le monde ! s'écria soudainement mon voisin de droite, me faisant sursauter sur le coup. »

Chacun lui répondit et j'en faisais de même, avant de commencer à manger, savourant chaque bouchée. Je gardais néanmoins mon regard baissé vers le sol, alors que mes deux voisins parlaient entre eux, sans faire nullement attention à ma personne. Les conversations allaient bon train tout autour de moi, et je manquais de m'étouffer avec du riz en sentant une grande tape dans mon dos.

« Je propose de lever nos verres à notre nouveau coéquipier ! commença t-il, la voix encore plus poussée qu'auparavant. Ce n'est pas tous les jours qu'on recueille un gamin aussi bien éduqué !

— Comparé à toi, forcément… »

Des rires s'élevèrent de l'assemblée et je tâchais de ne pas montrer ma gêne, et surtout le désarroi que je pouvais éprouver en ce moment. Puis il saisit mon bras pour poser un guinomi(5) dans le creux de ma main, l'odeur désagréable du saké chatouillant mes narines. Si à leurs yeux il était normal qu'un jeune homme de dix-huit ans boive de l'alcool, il n'en restait pas moins que je ne l'étais pas, et que donc… je n'en avais jamais bu. Rien que l'odeur me soulevait le cœur, alors le goût…

« Tu peux le boire tranquille, j'en ai encore plein ! m'assura t-il en souriant à pleine dents, le regard légèrement brillant de par l'effet de l'alcool.

— O-Oui ! »

Un coup d'œil au guinomi suffit à me faire réprimer une grimace de dégoût et j'en avalais le contenu d'une traite, sentant ma gorge brûler au contact du liquide amer. Je voulus reposer ma coupe mais il la remplit presque aussitôt avec son tokkuri(6), sous mon regard dépité. Le repas se déroula de cette manière, une autre coupe suivit la deuxième et déjà je sentais la fatigue me gagner à grand pas. La voix légèrement éméchée d'Uzumaki-san me renseigna sur l'identité des autres membres de l'organisation, en commençant par mon voisin de gauche, Nara Shikamaru. Je n'étais pas certaine de mémoriser à la fois leurs visages et leurs noms, mais parvenais à reconnaître Inuzuka-san, assis à côté d'Hinata-san. D'ailleurs l'homme qui se trouvait à sa droite lui ressemblait étrangement et j'en déduisis qu'il devait s'agir de son cousin. Les minutes s'écoulèrent, et je fus rassurée lorsque l'on remplaça le saké par le thé, que je bus vivement pour faire passer le goût encore persistant de l'alcool dans ma bouche. Le silence régnait alors en maître, lorsqu'un raclement de gorge se fit entendre.

« Une seule patrouille circulera demain matin, murmura la voix calme d'Hatake-san. Les autres resteront ici.

— Et qui en fera partie ? demanda la voix d'Inuzuka-san.

— Pour commencer, toi, Kiba, ainsi que Sasuke, Neji et Naruto.

— Quoi ? s'indigna ce dernier à ma droite. J'aurais préféré me reposer un peu moi !

— Arrête de râler Naruto… souffla mon voisin de gauche.

— Ce n'est pas tout, ajouta le chef du Kouechiimura. Je veux que Kizashi vous accompagne en ville. »

Je relevais aussitôt la tête à l'entente de mon nom et la tournais vers l'homme aux cheveux gris, les yeux posés dans les miens. Avais-je mal entendu ?

« Sans vouloir vous offenser Kakashi-san, commença Kiba d'une petite voix. Vous pensez que c'est prudent de nous confier la surveillance de ce gamin alors que nous sommes censés surveiller que tout se passe bien en ville ? Je veux dire, on ne sait jamais ce qu'il peut arriver…

— Justement. Il saura comment réagir si jamais il devait arriver quelque chose par la suite.

— Oui mais… il n'a pas l'air de savoir se battre. Sans vouloir te vexer hein ! ajouta t-il à mon attention, un sentiment d'impuissance me gagnant peu à peu.

— Je lui apprendrai ! s'écria à nouveau Uzumaki-san, m'assénant une nouvelle tape sur l'épaule, une grimace se formant sur mes lèvres. Je l'aime bien moi, ce môme ! Même s'il m'a bousillé le pied hier soir, haha !

— Je crois qu'on l'a perdu pour la soirée… »

Des rires fusèrent à nouveau et je laissais un maigre sourire gagner mon visage, appréciant étrangement l'atmosphère qui régnait dans la pièce. Même si je ne connaissais pas grand-chose au Kouechiimura, il semblait y avoir une solide cohésion entre ses membres. Néanmoins, je n'oubliais pas que cette plénitude n'était que temporaire. Plus vite je pourrais glaner des informations sur elle, plus vite je pourrais quitter l'organisation et reprendre mes recherches là où je les avais laissées. Et la plus grande méfiance s'imposait, je ne devais en aucun cas me laisser amadouer par leurs attentions. Une fois que chacun eut terminé, je m'empressais d'aider Hinata-san à porter les plateaux au bâtiment annexe, jusqu'à ce qu'elle m'incite à la suivre à l'étage de la machiya, où elle me conduisit dans une chambre vide, un futon et une couverture posés au sol. Je la gratifiais d'un faible sourire pour la remercier et la laissait prendre congé, avant de m'assurer que plus personne ne viendrait me déranger. M'approchant alors de la bougie, je regardais un long moment la flamme vaciller sous l'afflux d'un faible courant d'air, puis hésitais un instant avant de dénouer la ceinture de mon kimono pour me débarrasser de ce dernier pour la nuit. L'effleurement du tissu sur mon épiderme me fit grimacer, le dos légèrement endolori à cause de la chute de la veille, lorsque l'on m'avait projetée hors de portée de mes assaillants.

Je pliais le vêtement et fronçais aussitôt les sourcils, apercevant une tâche sombre sur le col de ce dernier. Sans doute que mes cheveux attachés en queue de cheval frottaient par moment sur le tissu et que la teinture commençait à s'estomper. Soupirant, je détachais ces derniers avant de passer mes doigts dans ma chevelure pour la démêler et retins un cri en constatant avec effroi les traces noires sur ma peau. Il me faudrait remédier rapidement à ce problème, peut-être même le lendemain si la situation le permettait. Clignant des yeux, je me glissais sous la couverture, les paupières de plus en plus lourdes. Un autre détail survint subitement dans mon esprit et je mordis ma lèvre inférieure, incapable de trouver une solution à ce problème-ci. Comment allais-je pouvoir me laver en toute intimité ? L'hygiène des hommes laissait en général à désirer, mais rôle à jouer ou non, je demeurais une femme avant tout ! Hinata-san m'avait montré où se situait le rotenburo(7), m'expliquant également qu'ils lui avaient aménagé son propre espace pour qu'elle ait droit elle aussi à son intimité. Cela n'arrangeait pas mon affaire pour autant… Encore un problème épineux à résoudre. Laissant de côté les différentes options qui s'offraient à moi, je soufflais un grand coup pour éteindre la bougie avant de retomber avec lourdeur sur le futon, jusqu'à sombrer complètement dans le paisible sommeil qui me tendait les bras. Une longue journée semée d'embûches m'attendait de pied ferme.


« Debout là-dedans ! »

Le bruit sourd m'extirpa brusquement du sommeil et je me redressais tout aussi vite, une légère douleur dans mon crâne. Le saké de la veille ne m'avait pas réussie, j'en gardais encore le goût amer et poisseux sur la langue malgré la faible quantité que j'avais avalé. Frottant activement mes yeux pour recouvrir la vue, je sursautais à nouveau lorsqu'un deuxième coup retentit contre le shōji.

« Si tu ne sors pas de cette chambre dans les minutes qui suivent, je t'en éjecte moi-même ! s'exclama de nouveau une voix familière, le ton visiblement agacé. »

Le ton menaçant, combiné à la peur d'être démasquée, suffirent pour que je réagisse enfin, enfilant à toute hâte mon kimono, tout en prenant soin de vérifier que le bandage autour de ma poitrine était encore fermement serré. Je repliais tout aussi rapidement le futon pour le poser dans un coin de la pièce, et me relevais alors pour ouvrir les battants, laissant place au visage furibond d'Uzumaki-san. De profondes cernes creusaient son visage, et son regard amer me fit froid aussitôt dans le dos.

« Tu penses pouvoir te permettre de roupiller parce que tu es nouveau ici ? Tout le monde est levé depuis deux bonnes heures je te signale, ça fait une heure que je poireaute devant ta chambre.

— V-Veuillez m'excuser, balbutiai-je en inclinant brièvement la tête, jusqu'à ce qu'un détail ne m'interpelle et m'horrifie brutalement. »

Nerveuse, j'empoignais mes cheveux pour les attacher, espérant qu'il ne fasse pas attention aux marques sombres sur mes mains après cela. Vraiment, j'allais passer une journée bien difficile. Mais je n'avais pas le choix, il me faudrait à un moment ou un autre m'éclipser à la fois pour trouver de quoi teindre à nouveau mes cheveux, et aussi me laver à l'abri de tout regard suspicieux. C'était pratiquement un miracle que je devais attendre. Ayant terminé, je jetais un regard dans sa direction et fut légèrement surprise à la vue des objets qu'il tenaient dans une de ses mains, tendue vers moi.

« Tiens, marmonna t-il d'une voix sombre avant de me les donner. Kakashi-san m'a demandé de te rendre ça hier, mais tu as filé avant que j'en ai eu le temps. »

Dans un mince sourire, je les serrais contre moi avant de glisser le katana dans la ceinture de mon kimono puis enfilais ma besace par-dessus mon épaule, pour la caler contre ma hanche. Retrouver mes effets personnels me rassurait quelque peu, tout en sachant pertinemment qu'ils avaient du fouiller dedans. Hormis un peu d'argent, il n'y avait rien qui puisse les guider jusqu'à ma véritable identité alors je pouvais être tranquille de ce côté-là. Ce fut au moment où je relevais la tête que je me figeais quelque peu sur place, arborant le regard azur et bien trop insistant du blond sur ma personne. Serrant les poings, je tâchais de garder une expression neutre pour ne pas révéler le désarroi et la crainte que j'éprouvais en cet instant. Puis il se pencha davantage en avant et je contractais la mâchoire, prête à user de la force pour l'assommer si nécessaire.

« C'est dingue, souffla t-il entre ses lèvres, sans cesser de me scruter pour mon plus grand malheur. Je pensais que c'était peut-être à cause du saké, mais non.

— Q-Que voulez-vous dire ? tâchai-je de répondre en restant de marbre.

— Ton visage… il est vraiment très fin pour être celui d'un homme. Déjà que tu es plutôt chétif.

— Comment ça ? murmurai-je d'une voix blanche, étonnée de pouvoir encore respirer.

— Rien. Enfin, c'est juste qu'à s'y méprendre, on pourrait facilement croire que tu es une femme Kizashi. »

Mon sang se glaça subitement, mes jambes se mirent à trembler sans que je ne puisse les contrôler. Pitié, tout mais pas ça ! Pas maintenant, je ne pouvais pas être découverte maintenant ! Je…

« C'est ton regard aussi, il est trop doux ! s'exclama t-il en pointant du doigt mon visage. Puis tu es vraiment trop gentil ! On ne t'a jamais appris à t'endurcir ? »

Contenant difficilement mon soulagement, je me forçais à secouer la tête pour lui faire comprendre ma réponse, ce à quoi il se dégagea dans un soupir consterné. Sans oublier de m'agrémenter d'une tape amicale sur l'épaule, qui ne m'aurait probablement pas paru aussi douloureuse si j'avais réellement été un homme.

« Ah là la… C'est toute ton éducation qui est à refaire ma parole. Pas étonnant qu'on te prenne pour un gamin après ! »

Puis il se laissa aller à sa plaisanterie en ricanant un grand coup, visiblement fier de son effet et je me redressais un peu mieux, le cœur battant à tout rompre. Vraiment, encore quelques secondes et j'aurais été obligée de le frapper. Peu importe de quelle façon je me serais justifiée pour ce geste, si ça m'aurait permis de garder mon identité secrète…

« Bon, on a suffisamment traîné comme ça. Je te conseille de t'excuser directement auprès des autres, si tu veux éviter les reproches pour le restant de la journée.

— Entendu.

— Et tu me feras le plaisir d'aller faire un tour aux bains en rentrant, ajouta t-il en se tournant vers moi. Ton visage est vraiment sale, et ça va empester dans toute la machiya après. »

Hochant la tête pour acquiescer, j'attendis qu'il se retourne pour laisser mon visage exprimer mon désarroi et ma solitude quant à ce qu'il venait de dire. Impossible de reculer désormais, j'allais devoir prendre les devants plus tôt que prévu. Quelques minutes après, nous rejoignions le reste du groupe composé des membres énoncés la veille par Hatake-san. Je m'inclinais le plus bas possible pour m'excuser de mon retard, mais personne ne me répondit et tous se mirent en route sans daigner m'accorder un regard, sans pour autant que cela ne m'affecte. Je m'y étais préparée, gardant fermement à l'esprit mon but initial. La machiya ne se situait pas en plein cœur de Konoha, pas comme j'avais pu l'imaginer la veille. Curieuse et à la fois impatiente de pouvoir glaner des informations, je laissais mon regard glisser un peu partout, abhorrant les auberges et boutiques de toute sorte. La nature m'avait dotée d'une mémoire visuelle assez exceptionnelle, et je repérais rapidement les endroits où je devrais me rendre dans la journée. Un autre détail m'interpella tandis que nous marchions dans les rues animées. Personne ne semblait faire attention à notre présence, où plutôt, c'était comme si tous les habitants nous évitaient, le regard presque craintif. Je fus même surprise de sentir de l'hostilité parmi certains regards que je croisais, tous aussi furtifs les uns que les autres. Cette impression me mettait quelque peu mal à l'aise, ne sachant nullement quelle expression arborer ni la manière dont je devais me comporter. Les quatre hommes marchant devant moi semblaient indifférents à ce qui les entourait, mais j'avais du mal à agir de la sorte. M'étais-je fourvoyée sur leurs intentions ? Non, je connaissais déjà la raison de l'atmosphère pesante qui régnait autour de nous. Bien que sous l'autorité directe du seigneur du pays du feu, le Kouechiimura n'était pas réellement cautionné par les habitants de Konoha, notamment du fait du désordre provoqué par les multiples règlements de compte entre les clans de la ville. Gardant la tête baissée, je tâchais alors de focaliser mon esprit sur la manière dont j'allais pouvoir discrètement m'éclipser jusqu'à ce qu'un bras ne m'agrippe l'épaule, m'obligeant à relever la tête vers le blond qui me surplombait de toute sa hauteur.

« Attends-nous ici, il faut qu'on aille vérifier quelque chose. Surtout, tu ne bouges pas, et tu évites de te faire remarquer. »

J'acquiesçais de la tête avant de les regarder entrer dans le bâtiment à ma gauche, puis posais à nouveau mon regard sur la foule. Avoir l'air féminine me manquait d'une certaine manière, d'autant plus que je n'étais absolument pas à l'aise dans ces vêtements, bien trop amples et plus gênants qu'autre chose. Même si c'était le prix à payer pour espérer la retrouver, la situation elle, n'en demeurait pas plus soutenable. Faire tant d'effort pour garder mon identité secrète, devoir rester constamment sur mes gardes… n'accorder ma confiance à personne. Pour la première fois depuis que j'avais quitté Tanzaku, je ressentais pleinement la solitude et le désespoir de ne jamais la revoir, d'être partie pour rien… Quelque chose glissa alors sur ma joue et je lâchais un hoquet d'effroi en essuyant brusquement mes yeux du revers de la main.

« Hors de mon chemin gamin ! entendis-je alors dans mon dos, une main m'agrippant par le col du kimono pour me jeter à terre avec violence. »

Une douleur vive parcourut mon épaule et je fustigeais mon interlocuteur d'un regard noir, sans résultat, puisque ce dernier s'éloignait déjà dans la foule. Titubant à moitié, je tâchais tant bien que mal de me redresser mais heurtais malencontreusement quelqu'un, lui arrachant un petit cri de surprise. Et je n'eus même pas le temps de me retourner pour m'excuser que la pointe d'une lame effleurait déjà ma gorge, sans que je ne m'en sois rendue compte. Levant les yeux, je déglutissais à la vue de la carrure imposante de l'homme qui me surplombait de toute sa hauteur, visiblement en colère.

« Dis donc toi, commença t-il d'une voix sourde, pressant un peu plus sa lame sur ma peau. N'essaierais-tu pas de voler quelque chose à ma maîtresse ?

— Je… Pas du tout, bégayai-je, la voix légèrement tremblante. Je suis désolé, je ne voulais pas la…

— A d'autres ! Je devrais te trancher les deux mains pour être sûr que tu ne tenteras pas de voler quelqu'un d'autre ouais…

— Je…

— Akimichi-san ! s'éleva alors une voix douce derrière lui. Cessez cela je vous prie !

— Mais… Yamanaka-sama, ce genre de délit est passable de…

— Taisez-vous un peu bon sang. Ne voyez-vous pas que vous effrayez ce garçon ? Baissez votre arme Akimichi-san, immédiatement. »

A mon grand soulagement, il s'exécuta sans broncher et j'expirais un grand coup en entendant la lame glisser dans son fourreau, ayant fermé les yeux sous l'impact de la peur. Désireuse de voir à qui je devais la vie, j'ouvris de nouveau les paupières et me recroquevillai devant la silhouette de cette homme, toujours dans mon champ de vision.

« Ecartez-vous maintenant, entendis-je dans son dos.

— Je ne pense pas que…

— Ah, ça suffit à la fin ! »

Une main se posa alors sur sa taille pour l'écarter et j'écarquillais les yeux à la vue de la femme qui se tenaient à quelques mètres de moi, l'admiration et la méfiance se confondant dans mon esprit, aussi contradictoires soient-elles. L'assurance se dépeignait parfaitement dans son regard bleu topaze, contrastant avec la vigueur de mon propre regard émeraude. Son kimono aux teintes violines – dont les motifs représentaient des camélias – lui confinait une apparence incroyablement élégante, seyant avec grâce sa silhouette élancée. Les cheveux blonds clairs étaient relevés en un chignon simple, accentuant davantage la sensualité qui émanait de sa personne, se reflétant également sur le sourire fugace qu'elle arborait. Être en présence de quelqu'un d'une telle prestance me mettait à la fois mal à l'aise, et me rendait aussi quelque peu envieuse de sa beauté et de son charme. Mais je demeurais au moins certaine d'une chose, cette personne n'était pas n'importe qui. Complètement absorbée dans ma contemplation, je ne la vis qu'à peine s'avancer d'un pas avant de sortir de ma transe, courbant le dos en guise de remerciement.

« Je vous en prie, acceptez mes excuses, murmurai-je à voix basse, quelques mèches de cheveux glissant sur mes joues. Je ne voulais pas vous bousculer, et encore moins vous dérober quoique ce soit. Je vous prie de me croire, c'est la vérité. »

Gardant une position inclinée, je guettais le moindre signe de sa part et fut légèrement décontenancée lorsqu'un petit rire cristallin s'éleva subitement devant moi, m'incitant à redresser un peu la tête pour rencontrer son regard semi amusé.

« Voilà des excuses bien trop formelles à mon goût. Redresse-toi mon garçon. »

M'exécutant dans la seconde, j'eus quelque peu de mal à réprimer mon déconcertement quant au fait qu'elle m'avait tutoyée. Néanmoins, je me devais de rester de marbre en toutes circonstances, y compris celle qui se déroulait en cet instant.

« Quel est ton nom ?

— Haruno Kizashi, répondis-je en baissant les yeux, incapable pour une raison inconnue, de soutenir correctement son regard.

— Et quel âge as-tu Kizashi ?

— Dix-huit ans.

— Quelle coïncidence, moi aussi ! s'écria-t-elle en avançant un peu plus dans ma direction, arborant toujours ce même sourire joueur. Que fais-tu seul ici ? Attends-tu donc quelqu'un ?

— Euh… je…

— Bon sang ! intervint une voix familière au même moment, m'obligeant à tourner la tête pour croiser son regard furieux. Je croyais pourtant t'avoir dit de… Ça par exemple ! Mais c'est ce bon vieux Chôji ! ajouta t-il d'une voix enjouée en s'avançant vers le petit groupe que nous formions. Hé les gars, venez voir un peu qui est là ! »

Uzumaki-san s'inclina brièvement devant la jeune femme au regard clair qui le lui rendit d'un simple hochement de la tête, avant d'offrir une large accolade à son garde du corps en riant aux éclats, le tout sous mon regard étonné et perplexe. En l'occurrence, ces deux là se connaissaient depuis un bon moment, et c'était sans doute le cas aussi pour les autres membres de l'organisation.

« Ça faisait un bail ! s'exclama le blond. C'est si rare de te croiser en ville !

— Navré de ne pas avoir eu le temps de vous rendre visite, répondit son interlocuteur. Je suis constamment occupé. Mais dis-moi, tu connais ce morveux ? ajouta t-il en me désignant de la tête.

— Kizashi ? Ah, on l'a recueilli au sein de l'organisation.

— Je vois… Et moi qui le prenais pour un voleur doublé d'un mendiant…

— C'est simplement qu'il n'a pas encore l'étoffe d'un membre du Kouechiimura, mais ça viendra ! »

Fatalement, je me demandais si ils ne faisaient pas exprès d'hausser la voix, leur discussion ne passant pas vraiment inaperçue. Puis mon attention se reposa à nouveau sur la femme devant moi, le visage à présent tourné vers la gauche, m'incitant à suivre son regard. Si les trois autres membres de notre petite unité étaient à leur tour sortis, seul Inuzuka-san demeurait figé, visiblement déconcerté par la scène qui se jouait sous ses yeux. L'intensité présente dans leurs regards respectifs m'incitait à penser que chacun n'était pas inconnu l'un à l'autre. Je croisais par mégarde le regard d'encre impassible et détournais aussitôt la tête, espérant furtivement que le rouge de mes joues soit caché par la crasse.

« C'est toujours un plaisir de vous revoir, Uchiwa-san, murmura la voix mélodieuse en inclinant légèrement la tête.

— Yamanaka-san.

— Je suis aussi ravie de faire la connaissance de votre nouvelle recrue, mais j'ignorais que le Kouechiimura recueillait des mendiants.

— Ne le blâmez pas pour son ignorance Yamanaka-san, intervint alors le blond dans son dos. Kizashi n'est parmi nous que depuis la veille seulement, alors il n'a pas l'habitude d'une grande ville comme Konoha.

— Vraiment ? Comment c'est intéressant… répondit-elle, tournant la tête pour me sonder de son regard énigmatique, avec de nouveau ce sourire indéchiffrable. »

C'est alors qu'elle franchit les quelques pas qui nous séparaient, attrapant subitement mes mains pour les serrer avec vigueur entre les siennes. Son sourire s'élargit un peu plus et elle resserra davantage son étreinte. Qui diable était-elle donc ?

« J'espère que nous nous entendrons bien tous les deux. Ou plutôt, j'en suis même certaine. N'est-ce pas Kizashi-kun ? »

Surprise de cette soudaine familiarité entre nous, je fronçais légèrement les sourcils avant de lui répondre.

« Je… oui… moi aussi. »

Quel était cet étrange pressentiment qui s'intensifiait au fond de moi ? Et pourquoi éprouvais-je donc le besoin de rester sur mes gardes, même en cet instant où rien ne semblait me nuire ?

« Après tout… »

Et j'eus à peine le temps de réagir que son souffle caressait déjà mon oreille, jusqu'à ce que les mots ne franchissent la barrière de ses lèvres.

« … nous sommes toutes les deux des femmes, murmura-t-elle calmement, la voix inaudible, de sorte que mon sang se glaçait sur le coup. »

Yeux écarquillés, le souffle court, je commençais alors à craindre ce que je redoutais le plus. Ou plutôt, je la ressentais pleinement… cette peur d'être démasquée. Tout était fini, ruiné. Et mes espoirs, envolés.


Pour que personne n'ait à chercher leur signification, voici un petit lexique concernant les expressions japonaises utilisées dans le chapitre, pour notre culture à tous ! x)

Shōji(1) : dans l'architecture traditionnelle japonaise, un shōji est une paroi ou une porte constituée de papier washi translucide monté sur une trame en bois (porte coulissante).

Kizashi(2) : référence au nom du père de Sakura, Haruno Kizashi, dévoilé depuis peu par Masashi Kishimoto.

Koueichiimura(3) : de la combinaison des mots « kouei » (signifiant « honneur ») et « chiimu » (« équipe »), littéralement « équipe d'honneur ». Je voulais trouver un nom original à leur organisation (un grand merci à Bakaiiko d'ailleurs !).

Machiya(4) : à la base, le mot pour désigner une résidence traditionnelle japonaise est « minka ». Il en existe deux sortes, les « nōka » (fermes) et les « machiya » (maison des bourgs). Celle-ci me paraissait plus convenable pour désigner le lieu de résidence de l'organisation.

Guinomi(5) : coupe à saké, d'environ, 6 à 8 cm de diamètre. « Gui » signifie « boire d'un trait ».

Tokkuri(6): , pichet à saké en porcelaine.

Rotenburo(7) : source chaude naturelle qu'on exploite pour les bains en plein air.

(Source : Wikipédia ©)


Voilà. Il n'y a pas énormément d'action, j'ai simplement essayé de poser le décor et de me pencher un peu plus sur les réactions de Sakura, ainsi que sur la raison de sa présence dans la ville, sans rien dévoiler non plus :P la fin du chapitre amène à davantage d'intrigues à venir, des révélations et aussi, l'action est lancée !

Je suis toute ouïe sur les commentaires, les questions… n'hésitez pas à donner votre avis ! :)

Tendrement vôtre, Mireba. :B