Ohayo ! Comment vous portez-vous mes chers enfants ? Moi, je reviens de nouveau sur le fandom avec un nouveau chapitre de cette histoire que j'affectionne beaucoup. Je vous remercie infiniment d'ailleurs pour votre soutien et vos commentaires qui m'ont fait énormément plaisir :) et même si ça fait un sacré bout de temps que je n'ai pas publié, j'ose espérer que vous aurez encore envie de suivre les aventures de Sakura au milieu des BG - euh des membres du Koueichiimura. Sachez que je me suis éclatée à écrire ce chapitre, surtout une scène scène maiiiiiiis je n'en dirais pas plus 8)
Place aux réponses aux reviews anonymes !
Shokoneko : me dire que ma lecture est « magnifique » *-* cela m'honore et t'honore encore plus de me complimenter comme cela ! Merci beaucoup ! J'espère que l'anime Hakuouki t'a plu alors :D il est relativement génial ! J'ose espérer me faire pardonner la longue attente, et te satisfaire toujours autant.
Bakaiiko : Bakaiiko, comme d'ordinaire, j'avais du déjà te répondre mais bon, ça fait si longtemps que je n'avais pas posté que voilà… Presque un an la vache ! J'espère en tout cas que malgré l'attente, tu auras toujours envie de lire cette histoire, et c'est vrai que j'apprécie de travailler dessus parce que je sais que toi et Hanahi aimez particulièrement ce registre, et votre motivation me pousse à me donner à fond pour en faire une histoire digne de la notoriété de PALIJPLH par exemple. Même si ça risque d'être difficile xD à moins que je ne fasse un saut dans le temps avec les uniformes scolaires :P
IL ne va pas encore apparaître, je laisse l'intrigue s'installer petit à petit, mais une fois qu'il aura fait son apparition… ku ku ku. Va y avoir de la concurrence 8D
D'énormes bisouilles à toi ma chère ! :)
Guest : merci à toi :) j'espère que la suite (tardive pardooon !) te plaira !
Jojo : mon histoire est inspirée du manga, mais rassure toi ils ne vont pas tous mourir comme des mouches comme le font Okita et compagnie D: je ne le permettrai pas ! En tout cas merci pour tes encouragements :) et j'espère que la suite te plaira !
YOSHA ! Sur ce, place à lecture ! :D Chapitre que je dédie spécialement à toi, ma Gougoule d'amour. Tu me manques énormément.
Nous sommes toutes les deux des femmes.
Jamais je n'aurais imaginé ressentir pareille terreur à l'entente d'un si faible chuchotement, soufflé par un timbre tellement doux qu'il résonnait comme une caresse sur ma peau. Non, comme l'effet d'une morsure. Ce pressentiment si brutal qui m'empoignait le cœur, serrant ma gorge jusqu'à en suffoquer… Je le savais. Ça devait arriver. Ça devait forcément arriver. Je le savais… en même temps que je refusais d'y croire. Je le refusais. Etre découverte ? Maintenant ? Non… Non ! Pas si tôt, pas sans avoir au moins déniché la moindre piste la concernant !
« Kizashi-kun ? »
Je la connaissais à peine, et déjà je la haïssais. Cette femme venait de tout réduire à néant. Peu m'importait de lui être redevable pour sa gentillesse, de lui être redevable en tout… A cet instant, je la maudissais de tout mon être.
« Kizashi-kun ? »
Péniblement, inconsciemment même, mon regard se releva avec lenteur pour se planter dans les deux orbes topazes, étincelantes. Un frisson détestable parcourut aussitôt mon échine, et mon estomac se noua un peu plus. Je ne l'avais ni senti reculer, ni même lâcher mes mains. Elle le savait. Ses yeux… ses yeux se jouaient de moi. J'étais à sa merci, et elle le savait. Bon sang… bon sang !
« Mon pauvre garçon, tu es tout pâle, renchérit-elle de sa voix douce, remplie de sollicitude. Es-tu sûr d'aller bien… Kizashi-kun ? »
Kizashi-kun. Sa façon si pointilleuse de détacher chaque syllabe de mon nom sonnait si faux, à un point tel qu'il était impossible que sa manière de parler puisse paraître naturelle. Mais il n'y avait que moi pour s'en rendre compte, moi, et moi seule. Et le timbre de sa voix, si fluide et si léger, n'avait rien de chaleureux. J'étais finie ! Mais comment ? Pourquoi ? La panique me rongeait petit à petit, au fur et à mesure que les secondes défilaient, implacables, comme dans l'attente que sonne le glas… Agir, je devais agir ! Mon cœur commençait à s'affoler, le souffle à me manquer, mais je ne pouvais pas, je ne pouvais pas bouger. Prise au piège. Puis survint un crissement de pas dans mon dos, et mes ongles s'enfoncèrent dans la chair de mes paumes. Agir !
« Il y a un problème ? entendis-je derrière moi, reconnaissant cette voix entre mille.
— Votre nouvelle recrue n'a pas vraiment l'air dans son assiette, rétorqua une autre voix, forte et moqueuse. Je doute qu'il puisse être d'une grande utilité au Koueichiimura.
— Bien sûr qu'il nous est utile ! répliqua à ma gauche la voix tranchante d'Uzumaki-san, sa silhouette à présent dans mon angle de vision. Hé Kizashi, tout va bien ? Tu m'écoutes au moins ? »
Un imperceptible frôlement sur mon épaule me sortit instantanément de ma torpeur, et je me dégageais avec force, commandant à mes jambes de m'emmener le plus loin possible de cet endroit, au plus vite. J'eus beau entendre plusieurs fois la voix d'Uzumaki-san m'interpeller, impossible de me retourner, ni même de faire machine arrière. M'enfuir, me dégager au plus vite de l'emprise du regard de cette femme, qui était jusqu'à présent, la seule à avoir percé mon secret, sans que je ne sache comment d'ailleurs. Comment, pourquoi… Ces questions me revenaient décidément bien trop à mon goût, peu importe le sujet. Il m'était plus aisé de me faufiler dans cette foule immense, ignorant les cris de protestations quand je heurtais des épaules ou écrasais des pieds. Seule la volonté de me préserver donnait à mes jambes la force nécessaire pour avancer, sans quoi, je me serais déjà évanouie depuis longtemps. Que je tourne tantôt à gauche, tantôt à droite, toutes les rues se ressemblaient, bondées, et je n'étais pas certaine de retrouver mon chemin de sitôt. De temps à autre, je veillais à jeter de bref regard par-dessus mon épaule, afin d'être sûre qu'aucun d'entre eux ne s'était lancé à ma poursuite. Mais de toute manière, comme avait su le faire remarquer l'imposant garde du corps de cette femme, je ne pouvais leur être qu'inutile…
Mon cœur se serra subitement à cette pensée, et je ralentis peu à peu mon allure jusqu'à me stopper entièrement, posant une main sur ma poitrine pour reprendre mon souffle. La vérité, c'était que je n'étais qu'un fardeau. Déjà pour elle, et maintenant pour eux. Doucement, je baissais mes yeux embués sur le manche du katana glissé dans la ceinture de mon hakama, serrant mon poing par la même occasion. Je ne pouvais… rester ici. Malgré toute la gratitude que j'éprouvais à leur égard, je ne pouvais leur imposer ma présence plus longtemps. Rien ne m'affirmait qu'elle fût dans cette ville, alors, pourquoi devoir y rester un jour de plus ? Puis, dans une légère inspiration, je me remis à marcher cette fois-ci, résolue dans ma décision. Il fallait que je la retrouve que coûte que coûte, et ce, sans avoir à dépendre de qui que ce soit. Ils comprendraient parfaitement ma décision, même, ils l'approuveraient. Cela, j'en avais la ferme conviction. Ils m'oublieraient très vite. Inutile de s'attacher. Quoiqu'il puisse arriver, jamais je ne pourrais être un membre du Koueichiimura. Jamais.
oOoOoOoOoOo
« Bon sang ! Où est passé ce satané gamin ?
— Laisse tomber Naruto, comment penses-tu réussir à le retrouver avec une foule pareille ? On réessayera plus tard.
— Mais il aura déjà eu le temps de quitter la ville d'ici là ! s'emporta le blond, avant de jurer entre ses dents, incapable de contrôler son agacement quant au détachement de son ami face à la situation. »
Dans un profond soupir d'exaspération, Inuzuka Kiba secoua la tête en guise de résignation, sachant pertinemment que rien ne pouvait faire changer d'avis l'Uzumaki quand celui-ci avait quelque chose en tête. L'intéressé, lui, continuait inexorablement de scruter chaque recoin de chaque ruelle qu'ils empruntaient, dans l'espoir d'apercevoir un morceau de tissu sombre et rapiécé, une parcelle de peau crasseuse… Ou mieux encore, espérer croiser, ne serait-ce qu'un court instant, ce regard d'un vert si vif qu'il en éprouverait aussitôt des frissons. Il ne saurait l'expliquer, mais quelque chose au fond de lui désirait ardemment retrouver ce garçon, aussi faible soit-il. Naruto se mit à repenser à la scène qui s'était jouée la veille, bien avant que le gosse ne reprenne connaissance, lorsque le commandant du Koueichiimura les avait tous convoqués pour discuter du sort de ce dernier.
Aucun n'avait pris son parti, lui y compris. Leur organisation n'avait pas besoin de s'encombrer d'un crève-la-faim faiblard, chacun avait suffisamment à faire avec ses propres tâches. C'était lui qui avait été en charge de l'amener devant les autres, et déjà, cet étrange sentiment de pitié l'avait frappé, ressentant la terreur de celui qu'ils avaient kidnappé quelques heures plus tôt, lui évitant probablement une mort certaine. Et c'était encore lui qu'Hatake Kakashi avait choisi pour guider leur nouveau « coéquipier » dans la machiya, ce à quoi l'Uzumaki avait rageusement protesté, se résignant bien vite devant l'aura menaçante de son supérieur. Jouer les nourrices auprès d'un misérable avorton… Comme s'il n'avait que ça à faire, lui, l'un des meilleurs éléments de la plus grande organisation de défense du pays du feu ! Enervé ? Evidemment qu'il l'avait été, comment ne pas l'être ! Cependant, la colère avait peu à peu laissé place à une douce compassion en réalisant qu'il n'était pas le plus à plaindre dans cette histoire. Ce gamin allait en voir des vertes et des pas mûres, et vivre peut-être, sûrement même, les pires moments de toute son existence en restant à leurs côtés. C'était là, l'une des raisons pour lesquelles Naruto ne pouvait l'abandonner à son sort. Lui-même, si Kakashi ne l'avait pas secouru… Alors il avait décidé. Il le rendrait fort, suffisamment pour être reconnu de tous, peu importe le temps que cela prendrait. On lui avait bien offert cette chance, à lui d'en faire autant aujourd'hui.
« Naruto ! l'interpella une nouvelle fois la voix de Kiba, le stoppant dans ses pas. Ça suffit maintenant, on a perdu assez de temps comme ça. S'il n'est pas stupide, il reviendra de lui-même à la machiya, et je lui botterai volontiers le derrière en guise d'accueil, ajouta ce dernier dans un petit sourire sarcastique. Les autres doivent s'impatienter, et je n'ai pas envie de me prendre un sermon par tu-sais-qui, alors faisons vite demi-tour. »
D'abord prêt à rétorquer quelque chose à son coéquipier, il ouvrit grand la bouche mais la referma presqu'aussitôt, serrant les poings par la même occasion. Kiba avait raison, ils ne pouvaient pas les faire attendre plus longtemps. Une longue matinée de patrouille les attendait, et leur devoir de maintenir la sécurité dans Konoha importait mille fois plus que le sort d'un fuyard. Pour autant incapable de masquer son inquiétude, Naruto se retourna lentement pour rejoindre son ami, ce dernier lâchant un léger soupir de soulagement en le voyant passer sans s'arrêter. Lui seul s'était empressé de suivre le blond, non pas parce qu'il se souciait du bien-être de leur nouveau camarade, mais plutôt parce qu'il n'avait pas prévu de tomber sur cette personne, et que cela l'arrangeait d'avoir un prétexte pour filer en douce. L'image de ses immenses prunelles – dont la couleur évoquait un paisible ciel d'été – lui revint en mémoire, et il laissa échapper un juron, se décidant à faire demi-tour lui aussi. Une bonne dizaine de minutes leur suffirent pour rejoindre le reste du groupe, et l'Inuzuka grinça quelque peu des dents en apercevant bien malheureusement l'élégante silhouette de cette femme. Jamais encore il n'avait peu désiré la voir. Ceci, combiné à leur petite escapade imprévue, sans parler de l'humeur probablement meurtrière de leur chef de patrouille… Dieu, comme il aurait volontiers échangé sa place avec ce flemmard de Shikamaru !
« Les revoilà enfin ! s'exclama l'imposant Chôji en apercevant les deux hommes avancer dans leur direction, posté derrière sa jeune maîtresse. Et les mains vides… »
Comme il riait intérieurement ! S'étaient-ils enfin décidés à se décharger de ce fardeau bien trop inutile au Koueichiimura ? Il avait beau retourner la question dans tous les sens, il ne comprenait toujours pas pourquoi Naruto tenait tellement à s'occuper de cet avorton sorti de nul part. Ce Kizashi ne lui inspirait aucune confiance, et si sa maîtresse, la douce Yamanaka Ino, ne s'était pas interposée entre eux… il aurait eu vite fait de lui trancher la gorge. Serrant les lèvres pour s'empêcher de ricaner, il glissa tantôt son regard sur le blond à l'air maussade, tantôt sur la personne qui se trouvait à sa gauche. Si ses paupières demeuraient fermement closes, son visage lui, trahissait sans peine sa profonde irritation. Il attendit patiemment que les bruits de pas se rapprochent, plus près encore, et encore, jusqu'à se stopper doucement, à quelques centimètres de lui. Puis dans une légère inspiration, Uchiwa Sasuke ouvrit lentement les yeux. Noirs, au sens propre comme au sens figuré.
« Tu nous as fait perdre du temps énormément précieux pour ça ? Pour revenir bredouille ? demanda t-il sèchement à l'attention du blond, ce dernier furieux et agacé contre lui-même. »
Et voilà, exactement comme il l'avait prévu. Rares étaient les moments où Uchiwa Sasuke ne lui faisait pas de remontrance. Là, il allait prendre cher pour son matricule.
« Comment deux gaillards comme vous ont-ils pu laisser filer un gamin sachant à peine tenir un manche à balai ?
— J'en sais rien moi, bougonna aussitôt Naruto en haussant les épaules avec dédain. Il est tout maigrichon, alors c'est facile pour lui de courir vite et de se faufiler parmi… »
Sa voix se tut instantanément en croisant les deux orbes sombres de leur chef de patrouille, et il laissa échapper un petit soupir ennuyé quand ce dernier s'avança vers lui. Il ne le frapperait pas, il ne le frapperait pas, mais…
« Naruto, écoute-moi attentivement, parce que je ne me répèterais pas. Tu es membre du Koueichiimura. Rappelle-moi quels sont nos principes ? »
La même rengaine. L'envie de le cogner pour lui ôter de l'esprit toutes ces inepties le démangeait furieusement, seulement… C'était Sasuke qui se tenait droit, face à lui. Son meilleur ami. Il plongea son regard azur dans celui de l'Uchiwa, charbonneux.
« Demeurer loyal et honnête envers notre souverain. Protéger et venir en aide à chaque citoyen de Konoha, quelque soit son statut, récita t-il d'une voix claire et puissante. Veiller à ce que l'ordre public soit maintenu, en recourant à la force si nécessaire. Et…
— Et ? »
Le précepte qu'il exécrait le plus. Les jointures de ses poings craquèrent d'un coup sec.
« Respecter, et s'en tenir strictement aux ordres donnés… quelque soit la situation, acheva t-il difficilement, avant de détourner le regard de celui du brun. »
Celui-ci, il était bien loin de l'approuver. Des ordres par-ci, des ordres par-là… Qu'en étaient-ils de leur propre volonté ? De leur propre choix à eux ? Jamais il ne serait d'accord avec Sasuke sur ce point, quand bien même les liens qui les unissaient dépassaient de loin l'amitié. Naruto avait lui-même ses propres convictions, ses propres règles pour lui dicter sa conduite. Et surtout, il n'était pas un chien à la botte de l'armée du seigneur du pays du feu, membre du Koueichiimura ou pas.
« C'est cette phrase que tu dois retenir, entendit-il, relevant la tête malgré lui. Si tu es un samouraï digne de ce nom, digne de faire partie d'une organisation comme la nôtre, n'oublie jamais ce précepte. Jamais.
— Mais…
— Ce garçon n'est pas l'un des nôtres Naruto, répliqua froidement l'Uchiwa, le regard dur. Ce n'est pas parce que Kakashi a accepté de le recueillir quelques temps sous notre toit que nous devons bêtement gâcher du temps pour lui. Suis-je assez clair ? »
Mais ceux qui ne pensent pas à leurs compagnons sont encore pires.
Ces mots auraient certainement franchi la barrière de ses lèvres si la réplique cinglante de Sasuke ne l'avait pas stoppé net dans son élan. Et pourtant… comme il les pensait réellement, ces mots. L'un des tout premiers adages que lui avait enseigné Kakashi lors de son arrivée au sein de l'organisation, un adage connu de tous, Sasuke y compris. Ravalant sa colère, Naruto plongea une nouvelle fois ses prunelles dans celles de son coéquipier, sans non plus chercher à masquer son amertume.
« Très, grinça t-il entre ses dents, avant de s'écarter pour incliner brièvement la tête vers la jeune femme aux cheveux blonds qui se tenait derrière eux. Yamanaka-san, veuillez nous excuser pour ce malentendu. Je veillerais personnellement à ce que Kizashi vous fasse ses excuses, soyez-en assurée.
— Oh, ne vous en faites pas pour cela ! s'exclama-t-elle de sa voix fluette, souriant légèrement. Ce n'est qu'un enfant apeuré, je ne lui tiens absolument pas rigueur de ce qu'il s'est passé.
— Vous êtes trop généreuse. Si je le retrouve, je vous jure que…
— Vous le retrouverez, affirma soudainement la jeune femme, son regard clair étincelant de confiance. Soyez-en certain. »
Le regard qu'elle lui lança à ce moment-là le fit froncer instantanément les sourcils. Une part de son esprit trouvait le comportement de la jeune noble un peu trop suspect à son goût, à croire qu'elle était au courant de quelque chose sur Kizashi. Mais avant même qu'il n'ait pu ajouter quoique ce soit, la jeune Yamanaka avait déjà tourné son visage vers le séduisant jeune homme qui se trouvait à ses côtés, se délectant de sa beauté glaciale. Ce dernier ne manqua pas d'ailleurs de la fustiger d'une brève œillade désintéressée en se sentant observé. Si beau, mais tellement désagréable ! Et pourtant… Que ne ferait-elle pas pour le croiser ? Un sourire en coin gagna aussitôt la commissure de ses délicieuses lèvres.
« Le temps passe, et je dois malheureusement prendre congé de vous messieurs, murmura-t-elle en courbant la nuque vers chacun d'eux, pour s'arrêter vers lui. Ce fut un réel plaisir que de vous avoir à nouveau rencontré, Uchiwa-san. Votre sagesse d'esprit vous honore.
— Ce compliment vous honore tout autant, répondit-il poliment, mais sans plus d'entrain comme à son habitude. Sur ce, ajouta t-il avant de s'incliner rapidement à son tour. Chôji, au plaisir de te compter un jour de nouveau dans nos rangs.
— N'y compte pas trop ! répliqua ce dernier en s'esclaffant bruyamment.
— Ouais, à la prochaine mon gars ! s'exclama à son tour Kiba en levant une main dans leur direction »
Juste avant de se retourner, son regard croisa à nouveau celui de cette femme, plus intense encore. Il s'y serait bien perdu des heures durant, sans éprouver une seule seconde une quelconque lassitude. Cet échange visuel, aussi court fusse t-il, laissait présager toute sorte de choses, des choses qu'il attendait avec une irrésistible impatience. Le groupe formé par les membres du Koueichiimura s'éloigna peu à peu, et lorsqu'ils furent suffisamment éloignés, la jeune Yamanaka laissa échapper un profond soupir contrarié, sans que cela n'échappe à son garde du corps, fronçant les sourcils devant la mine dépitée de sa maîtresse.
« Je crois que j'y suis allée un peu fort, lâcha subitement la jolie blonde en affichant une moue ennuyée.
— Yamanaka-sama ?
— Kizashi… Il risque d'avoir des ennuis par ma faute. Je n'aurais pas du le pousser à bout de cette façon…
— Corrigez-moi si je me trompe, mais c'est lui qui vous a manqué de respect. S'enfuir de cette manière alors qu'une personne de votre rang daigne se soucier d'un moins que rien comme lui, c'est un acte totalement impardonnable. Si jamais je le…
— Vous ne lui ferez aucun mal, Akimichi-san ! rétorqua sa maîtresse d'un ton impérieux. Je vous l'interdis purement et simplement. Pensez-vous réellement qu'il sache qui je suis ? Non, je ne crois pas. Et si jamais vous veniez à le retrouver avant l'un d'eux, je vous serais reconnaissante de bien vouloir me l'amener. Me suis-je bien fait comprendre, Akimichi-san ? »
Le regard pourtant si lumineux de la jeune femme s'était assombri au fur et à mesure que les mots franchissaient sa bouche si joliment dessinée. Le timbre de sa voix demeurait mélodieux, mais ses paroles, elles, étaient aussi tranchantes que le plus affuté des katanas. Vraiment, il ne comprenait pas pourquoi cette femme de si noble naissance s'inquiétait autant du sort de ce gamin. Ses cheveux avaient failli se dresser sur sa tête lorsque cette dernière s'était emparée des mains crasseuses du garçon. Tout en lui évoquait la médiocrité, à commencer par son insolence. Alors pourquoi… Ses yeux s'écarquillèrent soudainement, le jeune homme comprenant enfin la situation. Il était loin d'être dupe, et encore moins idiot, lui, ancien membre du Koueichiimura, aujourd'hui garde du corps personnel de l'héritière du puissant Yamanaka Inoichi, membre haut placé du Conseil du seigneur du pays du feu. Oui. Tout était limpide dans son esprit. Tout.
« Vous… Vous avez vu quelque chose, n'est-ce pas ? Vous avez vu quelque chose concernant ce garçon ? murmura t-il dans un souffle, espérant être malgré lui dans le faux. »
Mais le regard que lui renvoya la jeune femme suffit à briser instantanément tous ses espoirs, et il se retint péniblement de soupirer. Réflexion faite, il était bel et bien stupide. Sinon, il aurait tout de suite deviné ce qu'il se passait, après s'être fait brutalement réveillé par des coups rageurs portés contre le shōji de sa chambre. Grands Dieux ! Voilà qui annonçait encore mille et une catastrophes ! Lui qui avait quitté l'organisation pour mener une vie plus paisible…
A l'inverse de Chôji qui songeait amèrement à l'époque où il faisait encore partie du Koueichiimura, Naruto lui, commençait à regretter de ne pas avoir insisté davantage pour tenter de retrouver leur jeune pensionnaire. Leur patrouille avait été des plus exténuantes, à croire que tous les malfrats de la ville avaient agi de concert pour lui en faire voir de toutes les couleurs. Combien de fois avaient-ils été sollicités aujourd'hui ? Certes, leur mission était avant tout de garantir le calme dans les rues de Konoha, mais de là à abuser de leur patience en les faisant intervenir un peu partout… Sarutobi Hiruzen usait un peu trop de son autorité à son goût, ou plutôt, il savait à qui confier les besognes les plus harassantes. Kakashi-san ne refuserait jamais de désobéir à un ordre émanant de sa seigneurie, quand bien même ce dernier possédait l'une des armées les plus colossales du territoire japonais. La réputation de leur organisation s'était ainsi créée : en plaçant sa confiance et la sûreté du pays entre les mains du Koueichiimura, le seigneur du pays du feu était certain d'assurer ses arrières pendant un bon nombre d'années encore. Quoiqu'il puisse arriver, ce ne serait pas contre lui que l'on se retournerait pour rendre des comptes.
Piétinant un peu aux côtés d'Uchiwa Sasuke, le jeune homme à la chevelure dorée ne put réprimer un énième soupir contrit, massant machinalement ses épaules endolories. Ses coéquipiers semblaient eux aussi au bout du rouleau, et même leur chef de patrouille n'en menait pas large non plus, la mâchoire implacablement contractée, signe de sa mauvaise humeur omniprésente. Les deux hommes ne s'étaient pas adressé la moindre parole depuis leur brève explication sous le nez de l'héritière des Yamanaka. Cela ne faisait que rendre l'Uzumaki plus maussade encore, étant peu habitué à être en froid avec le brun au regard onyx marchant à sa droite. Mais il n'arrivait pas à comprendre pourquoi Sasuke se montrait si hostile avec Kizashi, n'ayant que peu côtoyé ce dernier. C'était lui-même qui avait expressément ordonné qu'ils l'emmènent avec eux, dans un premier temps sans doute pour le questionner, mais aussi pour lui éviter une mort stupide. Naruto n'était pas si simplet : son meilleur ami n'aurait jamais pris la vie de quelqu'un sans raison. A moins qu'avec ses pupilles il ne l'eût… Le blond secoua mécaniquement la tête, se fustigeant d'oser imaginer Sasuke utiliser de tel procédé pour faire parler un gamin sorti de nulle part. Non, sans doute qu'il se moquait éperdument de ce qui pouvait bien arriver à une personne fraîchement entrée dans sa vie. Ce n'était sûrement pas en l'ayant porté sur son épaule comme un vulgaire paquet ou en l'ayant vu balayer la cour, que des liens avaient pu se tisser entre eux. A cette pensée, Naruto soupira un peu plus, dépité de constater que ses pensées revenaient constamment à celui qui leur avait fait faux bond quelques heures plus tôt.
Les remontrances de Sasuke n'avaient eu aucun effet sur son désir de retrouver coûte que coûte Kizashi avant la tombée de la nuit. Il n'avait pas lambiné à ses tâches de la journée, mais il n'avait pas non plus oublié son objectif. Et plus le soleil déclinait dans le ciel, plus ses chances de mettre la main sur ce gamin faiblissaient. Ne pas savoir où il se trouvait à cet instant le tracassait, imaginant les pires scénarios possibles dans son esprit. Intérieurement il rongeait son frein, tantôt nerveux de ne pouvoir rien faire, tantôt déconcerté de s'inquiéter autant pour sa survie. Pourquoi se préoccupait-il à ce point de l'avorton qui les avait plantés au beau milieu de la rue ? Et sans le moindre dédommagement, rien, pas même un simple « merci » ! Dans le fond – et il ne pouvait contredire son meilleur ami sur ce point-là – il n'avait que trop gâché du temps pour ce garçon, essayant de l'intégrer au groupe à sa manière, se montrant indulgent de par son inexpérience… cherchant à en faire un de ses camarades, lui aussi. Ils avaient même bu du saké ensemble. Sans recevoir en retour la moindre reconnaissance. Vraiment, sa naïveté l'exaspérait. Mais ce qui l'agaçait surtout, c'était ce sentiment de déception qui s'intensifiait dans le creux de son ventre… ainsi que la frustration. Déçu de s'être fait embobiner par un stupide élan de compassion, et frustré, aussi, de ne pas avoir su quoi faire pour l'aider. Quelque chose dans son cœur l'empêchait de croire totalement que Kizashi avait pu les trahir, et ça, il ne saurait se l'expliquer. Peut-être que s'il parvenait à lui mettre la main dessus, il réussirait à comprendre pourquoi… Un profond bâillement s'éleva dans son dos, le tirant brusquement de ses réflexions, puis Naruto tourna lentement la tête vers le visage impassible du brun à sa gauche.
« Euh… Sasuke ? demanda t-il d'une petite voix, pour ne pas provoquer davantage le courroux de l'Uchiwa. Je peux suggérer quelque chose ?
— Quoi donc ?
— Ben… commença calmement le blond, se raclant la gorge pour se donner de l'assurance auprès de leur chef de patrouille. On ne peut pas vraiment dire qu'on a chômé aujourd'hui, et je me disais que… qu'on pourrait peut-être se permettre de prendre un peu de bon temps.
— Et qu'est-ce que tu suggères ?
— Euh… Je me disais qu'on aurait pu aller aux bains publics. Ah, s'exclama t-il soudainement en soupirant bruyamment, oubliant un détail. Tu vas me dire qu'on a notre propre rotenburo et qu'on a autre chose à faire que de perdre du temps à aller aux bains, mais moi je pense que ça nous ferait aussi du bien de se détendre un peu pour… pour oublier quoi. »
Par « oublier » il entendait évidemment leur dispute du matin, et non pas oublier Kizashi. Ses joues étaient devenues un peu rouges, gêné de devoir chercher un prétexte pour renouer le dialogue avec son ami. Jamais il ne comprendrait pourquoi Sasuke se pliait autant aux ordres, jamais… tout comme jamais il ne pourrait le trahir. Parce que Naruto voyait en lui bien plus qu'un compagnon d'armes, qu'un simple ami… Pour lui, Uchiwa Sasuke demeurerait éternellement le frère qu'il avait toujours rêvé d'avoir. Et il s'était promis quelques années auparavant de lui rester loyal, quoiqu'il puisse arriver. L'Uzumaki s'était mentalement préparé à entendre une énième réprobation, mais à sa grande surprise, ce fut une phrase d'un tout autre genre qui parvint à ses oreilles.
« Hn… pourquoi pas. Ça ne nous fera pas de mal de nous détendre un peu. »
Croyant avoir mal entendu, Naruto cligna plusieurs fois des yeux, avant de sonder à nouveau le visage de son ami. Les traits de son visage s'étaient considérablement détendus, et un léger rictus amusé se dessinait sur la commissure de ses lèvres. Un large sourire s'étira sur les lèvres du blond, et il ne put réprimer un petit rire, subitement d'excellente humeur.
« Dépêchons-nous d'y aller alors ! s'écria t-il à tue tête en croisant ses bras derrière la nuque. J'ai vraiment besoin de me décrasser sérieux !
— Arrête de beugler Naruto, répliqua Kiba en secouant la tête. T'es vraiment trop bruyant !
— Je te signale que tu cries aussi fort que moi, crétin !
— La ferme ! »
Leur chef de patrouille allait leur rétorquer de la boucler tous les deux, harassé d'entendre constamment ces deux hyperactifs crier aussi fort l'un que l'autre, mais il se résigna dans un long soupir ennuyé, affichant toujours ce petit sourire en coin. Naruto lui avait sans le savoir tendu la perche au moment le plus opportun, quand les remords commençaient à s'emparer de lui. Cela ne lui plaisait pas spécialement d'avoir à user de son autorité sur son meilleur ami, et encore moins d'avoir à le faire devant les autres membres de l'organisation, mais Naruto ne lui avait pas vraiment laissé le choix. D'autant plus que l'héritière des Yamanaka avait assisté à la scène, et il lui aurait été aisé de courir colporter des ragots à son père, ce dernier jouant d'une certaine influence auprès du seigneur du feu. Et même s'il lui avait fallu hausser le ton face à l'Uzumaki, une part de lui-même se sentait soulagée d'avoir au moins pu sauver les apparences, et surtout, d'avoir assuré la notoriété de Kakashi. Jamais il ne permettrait qu'une de leurs actions, justifiable ou non, puisse nuire à l'ascension d'Hatake Kakashi dans la capitale du pays. Et ce n'était sûrement pas l'arrivée d'un gêneur qui l'empêcherait de mener à bien ses projets. Si jamais il le croisait… A cette pensée, Sasuke serra à nouveau la mâchoire, son humeur décroissant à nouveau. Oh, si par mégarde il tombait nez à nez avec lui, l'envie de lui flanquer une dérouillée s'emparerait aussitôt de lui. Cependant, si cela devait vraiment arriver et quand bien même l'envie serait si oppressante… il n'en ferait rien. Comment le pourrait-il d'ailleurs ? A moins qu'il ne se soit fourvoyé depuis le début, qu'il eût tort de se méfier de ce soi-disant « Kizashi ». Mais ça, il en doutait fortement. Tout comme il doutait être le seul à éprouver certaines réticences à l'égard de leur nouveau pensionnaire. Fatalement, il espérait ne plus avoir à le revoir dans Konoha… tout en espérant inexorablement le contraire. Mais dans les deux cas, cela ne laissait rien présager de bon pour l'avenir. Une chose était sûre, ils pouvaient d'ores et déjà dire adieu à la monotonie de leur quotidien… et accueillir les ennuis à bras ouverts !
Tandis qu'Uchiwa Sasuke se battait intérieurement contre des contradictions toutes plus improbables les unes que les autres, le reste du groupe lui, se réjouissait d'aller passer un bon moment, plus particulièrement Naruto qui exultait déjà dans son for intérieur. Nul citoyen du pays du feu n'ignorait que les bains publics de Konoha étaient réputés pour être mixtes, une simple palissade en bois séparant le côté des hommes de celui des femmes. Alors, autant profiter de l'instant présent pour se rincer l'œil le temps de quelques secondes… A condition que leur chef de patrouille ne le voie pas faire, autrement il était certain de se faire tabasser en rentrant. Des éclats de rire féminins résonnaient déjà contre les murs de l'enceinte du bâtiment lorsqu'ils entrèrent dans les bains, et l'Uzumaki ne s'en sentit que plus guilleret encore, ne pouvant s'empêcher de ricaner dans son coin, jusqu'à ce qu'une puissante tape sur l'arrière de son crâne ne coupe court à son euphorie. Esquissant une grimace de douleur, le blond leva une main pour masser délicatement l'endroit où le coup venait d'être porté, avant d'avaler sa salive de travers devant le regard noir lourd de représailles que lui octroya l'Uchiwa.
« N'y pense même pas » lui intimaient silencieusement les implacables prunelles sombres. Inutile de chercher à contredire son ami, Naruto ne souhaitait franchement pas manquer de se faire assassiner deux fois dans la même journée. Et c'est avec un air profondément déçu sur le visage qu'il entra à la suite de ses coéquipiers dans le vestiaire, grommelant à moitié entre ses lèvres en commençant à défaire la ceinture de son hakama. Lui qui esmmepérait pouvoir prendre un peu de bon temps à sa manière, c'était raté. Comme si Sasuke n'aimait pas se faire plaisir lui aussi ! A moins qu'il ne le pensât trop idiot pour ne pas s'être rendu compte de ses quotidiennes escapades nocturnes… et c'était sûrement le cas. De tous les membres du Koueichiimura, Uchiwa Sasuke était celui qui jouissait le plus d'une certaine forme de notoriété auprès des femmes, toute classe sociale comprise. C'était d'autant plus véridique, qu'il aurait eu tort de ne pas en profiter… Naruto continuait de pester entre ses dents en fustigeant de temps à autre son meilleur ami d'un regard envieux, ce dernier restant parfaitement stoïque malgré les œillades répétées de l'énergumène à côté de lui. Le brun se retint à grand peine de soupirer, n'ayant nullement demandé à être aussi populaire auprès de la gente féminine. Cela ne lui inspirait qu'ennui, perte de temps, emmerdes… et ennui à nouveau. Même si, le reconnaissait-il, cela pouvait aussi avoir ses avantages. Ayant achevé de se dévêtir, il enroula une serviette blanche autour de ses hanches, puis asséna un nouveau coup dans la nuque de l'Uzumaki, un juron s'échappant de sa bouche.
« Ne traîne pas, murmura d'une voix sèche Sasuke, le regard redevenu impassible. Autrement tu iras prendre ton bain dans la rivière.
— Tu plaisantes j'espère ? L'eau est glacée à cette époque de l'année, il faudrait être complètement fou pour tenter d'y mettre ne serait-ce qu'un orteil !
— Ton cerveau se remettrait en marche au moins. Active-toi, répliqua une dernière fois le brun avant de se diriger vers la sortie.
— Qu'est-ce que t'as dit ?! Hé ! Sasuke ! »
Écartant d'une main le rideau masquant l'entrée des vestiaires, Sasuke se glissa dans le couloir en esquissant de nouveau ce petit sourire en coin qu'il ne montrait que rarement aux autres. Puis il commença à longer le long couloir qui menait aux bains extérieurs, faisant rouler gracieusement ses muscles pour s'étirer un peu, régalant sans vraiment s'en soucier plusieurs paires d'yeux féminins. Comment ne pas succomber au charme ténébreux qui se dégageait de sa personne ? Son visage était des plus agréables à contempler, et n'importe quelle femme aurait ardemment désiré laisser courir ses doigts le long de sa mâchoire, pour les glisser ensuite dans les mèches ébène. Et son regard, d'un noir implacablement transcendant, faisait battre à cent à l'heure le cœur des demoiselles qu'il pouvait croiser. Soupirant d'un air las, il ne prêta l'attention à aucune d'entre elles, songeant uniquement au moment de béatitude qui l'attendait à l'extérieur. A condition que Naruto ne fasse des siennes, bien évidemment. Un énième soupir lui fit finalement fermer les yeux, au moment même où il tournait à l'angle du mur qui le menait aux bains, jusqu'à se heurter brutalement à une silhouette de corpulence bien plus faible que lui. Son épiderme frissonna aussitôt au doux contact d'une peau légèrement humide et brûlante, et il recula, légèrement déconcerté par sa propre réaction. Comme si quelque chose lui semblait vaguement… familier. Pour que son corps réagisse ainsi pour un contact physique d'à peine une fraction de secondes… « Une jeune femme » devina t-il, avant de forcer sa mâchoire à se desserrer. Etre respectueux avant tout.
« Veuillez m'excuser, murmura t-il doucement en courbant brièvement la nuque, s'autorisant à jeter un rapide coup d'œil pour tenter de reconnaître un visage. »
Son regard cilla un instant, mais sa curiosité descendit bien vite d'un cran en constatant qu'il n'avait jamais croisé cette personne. Des cheveux si longs, d'un rose pâle semblable aux pétales de fleurs des cerisiers, comme ceux que l'on pouvait admirer dans la cour du palais du seigneur du pays du feu… Oui, il les aurait forcément reconnus. Ses yeux étaient fermés, et une main cachait à moitié son visage en massant le nez endolori sous l'effet du choc, tandis que l'autre crispait fermement la serviette autour de sa poitrine. Détail que ne manqua pas de constater le brun, posant furtivement ses yeux sur les rondeurs naissantes mais toutes aussi délicieuses à regarder. Vraiment, non… il ne la connaissait pas. Sasuke détacha son regard du corps de la jeune femme avant de fermer ses yeux derechef, réprimant difficilement un soupir pour rester courtois sans pouvoir non plus masquer sa subite indifférence à l'égard de cette inconnue. Aucun intérêt à s'intéresser à elle plus longtemps…
« E-Excusez-moi ! Je ne vous… »
La voix cristalline s'estompa aussitôt, et à peine avait-il clôt ses paupières qu'il les rouvrit instantanément, ressentant de nouveau ce même frisson parcourir son échine. Quelque chose… dans sa voix… D'abord hésitantes, les lourdes prunelles onyx finirent par descendre en piqué vers le visage de la jeune femme, amorphe. Ses yeux s'écarquillèrent, et Sasuke crut, un court instant, que son cœur venait d'arrêter de battre. Deux émeraudes en amande le dévisageaient, stupéfaites, désemparées… non. Terrorisées. Il inspira profondément, comme paralysé, pris au piège de ce regard… Ce regard-là.
« Ben Sasuke, t'es encore là ? Qu'est-ce que tu… »
Naruto… Comme il choisissait bien son moment. Seulement, l'Uchiwa ne bougea pas d'un pouce, bien incapable malgré lui de réagir à l'appel de son ami. Comme s'il était devenu subitement sourd et aveugle à tout ce qui pouvait l'entourer… hormis celle qui se tenait en face de lui. Il existait plusieurs raisons pour lesquelles Naruto s'était tu en découvrant la scène. La première était d'avoir trouvé Sasuke raide comme un piquet dans le couloir, profondément perdu par la contemplation de quelque chose, ou tout simplement perdu dans ses pensées. Ceci conduisait à la deuxième raison, à savoir qu'il était assez inhabituel de croiser, ou juste d'apercevoir l'Uchiwa en compagnie d'une femme, Hinata étant évidemment l'unique exception à la règle. Et Naruto voyait mal Sasuke avoir soudainement le coup de foudre pour quelqu'un, encore moins au point de rester immobile à contempler sa douce aimée des heures durant. Ces deux réflexions avaient traversé son esprit en apercevant le dos du brun, comme inerte, mais plus il s'approchait d'eux, plus ses sentiments le poussaient à aller vers la raison qui l'avait véritablement stoppé dans son flot de paroles. La troisième.
Ses iris s'illuminèrent lentement, petit à petit, à chaque pas qu'il effectuait dans leur direction. Une chevelure pâle tombant en cascade sur des frêles épaules, des traits doux, des petites rondeurs de femme, une peau de porcelaine… Un visage inconnu, qui pourtant l'attirait comme un aimant. Jamais il n'aurait pu louper pareille apparition errant dans les rues de Konoha. Cependant, ce n'était pas tant sa beauté qui fascinait le jeune homme en cet instant, mais plutôt, ce sentiment si fort de l'avoir déjà vue auparavant. Or, ce n'était pas le cas, où alors il avait bu plus que de nécessaire ce jour-là. Mais alors que Naruto n'était qu'à un ou deux mètres de son ami, la jeune femme décala son regard au même moment, et les prunelles d'un bleu azur s'ouvrirent un peu plus. Sa respiration se coupa en même temps que son cœur effectuait un soubresaut dans sa poitrine, figé. Des yeux si purs, si innocents… Leur couleur, d'un vert plus brillant encore que les plus beaux ornements en jade du pays. Hypnotique. D'où lui venait cette sensation familière, l'oppressant au plus profond de lui-même ? Le visage de Kizashi s'interposa subitement dans son esprit, le forçant à admettre les faits. Ces yeux, ceux-là mêmes qui le transcendaient à cet instant précis… Non… Absurde…
« Vous… »
« Vous… » allez me tuer pour avoir coupé à ce moment précis. Ku ku ku. M'enfin, ce n'est pas comme si vous ne saviez pas que j'étais sadique. Vous en avez déjà vu des vertes et des pas mûres avec PALIJPLH, alors comptez sur moi pour répéter la même chose sur cette histoire-ci 8D
J'aime beaucoup utiliser la narration externe, c'est franchement sympa de pouvoir sauter des pensées de l'un aux pensées de l'autre. Surtout être dans la matière grise de Sasuke, c'est juste génial.
Evidemment, je garde pour moi ce que je réserve à Sakura pour la suite. Et l'intrigue va avancer de plus en plus vite au fur et à mesure des chapitres. Sans compter que plusieurs personnages vont faire peu à peu leur apparition, et j'ai des idées plutôt sympathiques en tête. Oups, pardon, je voulais dire sadiques 8D
N'hésitez pas à me faire part de vos impressions, comme d'ordinaire, je me ferais une joie d'y répondre ;)
Sur ce, je vous laisse vous remettre de vos émotions !
Des baisers acidulés !
FolledeHarukadeFree-ment vôtre,
Mirebouille-gougoule-chan ! :v
