Chapitre 2
~ Septième étage de Poudlard - 20h31 ~
Minerva Mcgonagall s'avance d'un pas assuré dans la septième étage de l'école de Poudlard et parcourt les couloirs, s'assurant de l'absence d'élèves. Sa robe verte aux couloirs de l'écosse se mouvoir avec grâce à chacun de ses gestes tandis que sa cape glisse silencieusement sur le sol. Les nombreux tableaux de l'étage la saluent avec respect sur son passage tandis qu'elle arrive devant la tapisserie avec Barnadas le Follet qui tente d'apprendre la danse classique à une meute de trolls.
Ses yeux bruns fixent le mur devant elle, avec son regard sévère. Elle a connu cette salle Va-et-Vient plus tôt pendant ses études. Alors que la plupart de ses camarades profitaient de leurs soirées pour s'amuser, elle ne voulait qu'un endroit calme pour étudier en paix et dans le calme. Ainsi, cette pièce lui est apparue un soir de pleine lune. Depuis sa nomination au poste de professeur de métamorphose , elle n'a jamais eu l'occasion de revenir dans cette pièce si spéciale.
Prenant une profonde aspiration, elle commence à marcher entre le mur vide et la tapisserie. Ses souvenirs d'un autre temps viennent la hanter et elle est obligée de s'y prendre à plusieurs reprises pour faire apparaître la porte au bois sombre, dont les motifs ressemblent à des lianes qui l'invitent à entrer. La directrice s'avance vers les lourdes portes qui s'ouvrent dans un silence étonnant face à leur grandeur exceptionnelle. Minerva s'avance dans la salle sur demande qui semble s'être déjà formée. La salle sur Demande finit de se transformer pour devenir le futur Quartier Général de cette étrange assemblée. Minerva s'avance à pas feutrés et observe la pièce nouvellement créée.
La pièce est circulaire et très haute sous plafond. Les murs sont recouverts de bois sombres et d'immenses bibliothèques remplies de livres anciens sont présents du sol jusqu'au plafond. Aucune fenêtre ne vient entraver la parfaite symétrie de cette pièce et c'est par une verrière au plafond, ornée de plantes et de verdure florissantes de couleurs que la lumière pénètre ce lieu magique et mystérieux. Quelques arrosoirs flottent autour des plantes et des oiseaux mécaniques virevoltent entre les livres flottant et se rangeant dans un silence calme.
Une cheminée crépitante d'un feu intense, est présente face à l'entrée de la salle, répandant sa douce chaleur et une odeur agréable de bois frais. Au centre de la pièce, une grande table ronde en acajou trône fièrement, entourée de cinq fauteuils en cuir marron, arborant chacun l'animal de chaque maison sur le blason de Poudlard. A l'approche de la directrice, le Lion rugit pour attirer son attention. Il semble bomber fièrement sa crinière, sur le dos du fauteuil sous les yeux amusés des autres emblèmes de maison. A ses côtés, le Serpent, le Blaireau et l'Aigle se contentent de baiser le sommet de leur tête saluant Minerva avec le respect dû aux directeurs de maisons. Cette dernière continue d'observer la pièce avec une profonde curiosité.
Minerva vient poser une maison tremblante d'excitation sur son siège. Une théière magique qui ne se vide jamais, est au centre de la table et une agréable odeur de thé vert envahit l'air. Cinq tasses sautillent sur la table, attendant avec impatience d'être remplies. De petits sachets de divers thés ornent la table ainsi qu'un plateau de porcelaine avec des biscuits maison fait par les Elfes de Maison. D'autres friandises magiques attendent également d'être dévorées dans leur emballage.
Au-dessus de sa tête, flottent une dizaine de bougies magiques, créant une atmosphère douce et accueillante. Minerva tire son siège d'un coup de baguette magique pour s'y asseoir tandis qu'elle découvre avec émerveillement les détails de cet endroit. Un sentiment nostalgique l'envahit quand elle repense à ses années comme étudiante à Poudlard. Aussi loin que lui reviennent ses souvenirs, il lui semble qu'elle avait demandé une pièce similaire et que cette pièce avait été fortement différente. Un sourire apparaît sur son visage et quelques larmes semblent perler aux coins de ses yeux.
- Poudlard ne cessera jamais de m'étonner…
Un bruissement d'ailes la ramène à la réalité et elle remarque la présence d'une chouette blanche sur une étrangère à proximité de la cheminée.
- Ah, Minerva, quelle agréable surprise de vous trouver déjà ici ! Comme toujours, vous avez un pas d'avance sur moi. Je me suis permis d'inviter Fumseck à notre réunion, il n'apprécie pas d'être seul ces temps-ci.
- Bonsoir à vous également, Albus. J'ai souhaité venir au préalable et il semble que la salle sur demande ait dépassé mes attentes. Fumseck est toujours le bienvenu, vous le savez plus que quiconque. Sa présence nous est tous agréable et profitable.
Le magnifique phénix d'Albus s'envole du bras de son maître pour rejoindre la chouette blanche qui pousse un petit bruit pour saluer son comparse au plumage rouge et doré. A peine calée à ses côtés, la chouette hulule de plaisir et vient gentiment se caler contre ses plumes chaudes, attendrissant les deux sorciers à cette vue.
- Rowena Serdaigle, reprend Albus en observant le tableau au-dessus de la cheminée. Notre histoire prête à lui donner la création de cet endroit merveilleux. Je crois qu'elle est la plus à même à nous assister dans nos réunions.
- Hum. Serdaigle, vraiment ? Je suppose que nous pourrions tous bénéficier d'un peu de sagesse supplémentaire en ces temps déprimants. Mais n'oublions pas, Dumbledore, que même les plus grands esprits peuvent se tromper, retentit d'une voix sèche à l'entrée.
- Bonsoir Severus, répondit Albus.
- Heureux de constater que la réunion a débuté sans moi, je n'ai rien raté d'important, étant donné la présence de la directrice des Lions, grince Rogue en s'avançant dans la lumière. C'est donc cet endroit, la salle sur Demande ?
- Pas étonnant que vous ne l'ayez jamais connu dans votre jeunesse, Severus, renifle Minerva. Vous n'arrivez déjà pas à sortir de vos cachots hors des repas et des vacances scolaires.
Severus ne bronche pas face aux paroles aiguisées de sa collègue et il marche d'un pas assuré autour de la table, ses yeux bruns balayant les livres disposés dans les étagères.
- Étrange. Je ne reconnais aucun de ces ouvrages, ils ne sont pas référencés dans la Bibliothèque de l'école. Ce sont des pièces rares qui ne sont pas dignes d'être à la disposition de n'importe qui et encore moins de nos chères têtes blondes. C'est bien regrettable..
- Je vous trouve étonnamment serein ce soir, Severus. Cette réunion vous enchante-t-elle finalement plus que vous ne laissez paraître ? fait Albus d'une voix calme, tout en se caressant la barbe.
- Ne vous méprenez pas, Monsieur le Directeur, tacle Severus en se retournant vers lui, le visage fermé comme à son habitude. Même si votre perception s'avère souvent exacte, ne confondez pas ma sérénité apparente avec de l'enthousiasme. J'ai seulement accepté d'être à cette mascarade pour accomplir mon devoir en tant qu'enseignant et Maître des Potions.
- Et celui de commère avancée, marmonne Minerva derrière sa tasse de thé écossais.
Severus envoie un regard glacial à sa collègue, même si un rictus moqueur se forme aux coins de ses lèvres. Cette mascarade ne fait suite qu'à l'interruption de Dumbledore durant l'une de leurs réunions secrètes. Mais il faut croire que les tableaux ont finalement vendu la mèche au directeur, curieux de tous les faits du Château.
- Filius et Pomona ne devraient pas tarder, fait-il dans un soupir dépité. J'ai espéré qu'ils déclinent l'invitation, si elle venait de ma part mais leur curiosité a pris le dessus, malheureusement.
Severus parle d'une voix grave, assurant à sa collègue et son supérieur, son agacement d'avoir à subir ces deux collègues. Malgré le temps à enseigner ici, il n'apprécie rarement d'être en leur présence. Non pas que leur présence dérange, mais leur manque de sujets dignes de son intérêt, le fatigue au plus haut point. D'un geste théâtral, il fait virevolter sa cape noire dans son dos et part à sa place sur son fauteuil de cuir à l'emblème Serpentard. Le Serpent siffle de joie quand le directeur et Maître des Potions vient poser ses mains sur les accoudoirs. Le serpent vient timidement se glisser sous le bras du professeur qui lui jette un regard noir, le prevenant d'avance des conséquences en cas de morsure ou d'attaques.
- Albus, dîtes moi au moins que vous avez des sujets de conversations pour ce soir, soupire Severus en se servant un thé noir aux épices. Sinon, je crains de m'endormir avant.
- A vrai dire, Minerva et moi-même avons des problématiques à évoquer avec toi, Pomona et Filius afin de vous mettre en garde contre des frasques d'élèves… Et ensuite, j'aurais un autre sujet grave qui concerne le monde des Moldus et le nôtre.
La voix de Dumbledore a considérablement baissé et son regard pétillant est devenu plus sérieux, inquiétant simultanément Minerva et Severus. Ces derniers échangent des regards en silence, avant que la direction des Griffons ne reprennent la parole.
- Albus, la rumeur qui circule au Ministère est-elle vraie.. ? Des fuites ont-elles réellement eu lieu dans le monde des Moldus ?
- Je le crains Minerva, soupire Dumbledore en s'asseyant à son tour.
- Bonsoir, nous voilà ! résonnent les voix de Pomona et Filius.
Les deux professeurs de botanique et de sortilège arrivent, bouteilles et diverses gâteries en main dans la pièce, les visages rayonnants. Albus se redresse, les yeux à nouveau brillants de malice.
- Filius, Pomona, nous vous attendions pour notre assemblée !
Pomona et Filius saluent avec leur enthousiasme habituel Minerva qui leur rend gentiment d'un signe de tête, tandis que Severus les fixent froidement de son regard, ne bougeant à peine. Son attitude habituelle en somme.
- Avant de commencer, je tiens à remercier Minerva et Severus, annonce solennellement Albus en regardant les deux concernés par-dessus ses lunettes. En effet, ce sont les premiers à avoir organisé de petits commérages dans leur coin.
- Qui a vendu la mèche ? Peste Rogue, les bras croisés. Albus, si c'est un élève donnez-moi son nom que je mette en retenue chaque soirée jusqu'à la fin de sa scolarité !
- Voyons Severus, ne parlons plus de cela, tente de l'apaiser Minerva. Je crains que ce soit Peeves à l'origine. Il traîne beaucoup dans les couloirs adjacents à mes bureaux et vous savez comme moi qu'il n'obéit qu'au Baron Sanglant et à Albus.
- La question n'est pas ici pour aujourd'hui… ! Reprend Albus en se raclant la gorge. Nous disons donc nous sommes réunis autour de cette table, entre directeurs afin d' échanger sur des problématiques. Pour ce soir, deux sont d'ores et déjà prévues…. Mais avant … ! Il nous faudra nommer cette assemblée. Chacun doit être force de proposition !
- ….
- ….
- ….
- ….
- Puisque que vous insistez, je vous propose mon idée ! S'exclame Albus sans se départir de son sourire. Que pensez-vous du Conseil des Maisons ? Ainsi, entre membres, nous pourrions parler du Conseil, sans attirer les oreilles des curieux. Qu'en dîtes-vous ?
Les quatre professeurs et directeurs de maison se regardent mutuellement et d'un commun accord, chacun lève la main pour signaler leur accord, sous le regard flamboyant de Dumbledore.
- Bien ! Merci pour votre vote si rapide, messieurs et mesdames. Je vous souhaite la bienvenue à la première séance du Conseil des Maisons !
Un silence fait suite à cette introduction, et c'est finalement Minerva, gênée de laisser son directeur flopper après une telle annonce, et finit par applaudir, suivi par Filius et Pomona, sous le regard ennuyé de Severus. Albus se racle la gorge pour faire cesser les applauses (bien que méritées, de son point de vue). Ses yeux observent chacune des personnes présentes. Certes, ils ne sont que peu pour cette première séance, mais en vue des discussions à venir, c'est nécessaire.
- Comme je l'ai énoncé plus tôt avec Minerva et Severus, j'ai un sujet grave à mettre sur la table pour notre première assemblée, reprend Dumbledore en touchant nerveusement ses lunettes. Récemment, j'ai été convoqué au Ministère de la Magie pour une affaire quelque peu problématique. Minerva, vous en avez eu des échos de la part des élèves, me semble-t-il …?
- Oh Albus… J'ai entendu parler de cette rumeur dans les couloirs de l'école entre des élèves, nés de familles moldus. Je n'ose pas y croire, chuchote Minerva d'une voix tremblante.
- Minerva, de quoi est-il question ? j'ai l'impression d'être mis de côté dans votre discussion, grogne Severus, agacé.
Filus et Pomona restent silencieux, eux aussi, perdus par les paroles énigmatiques des deux collègues.
- Il y a deux semaines, j'ai surpris Mademoiselle Hawthorne et Monsieur Blackwood discuter d'un nouveau jeu. Ce sont des élèves sans histoires, nés de familles moldues et dont j'ai l'habitude de les entendre parler de technologies de leur monde et essayer d'en convaincre leurs petits camarades de leur fonctionnalité… Cependant, ils me semblaient très nerveux ce jour-là. En m'approchant, j'ai aperçu leurs regards de terreur quand ils m'ont remarqué à quelques mètres.
- Minerva, cessez de tourner autour du pot, peste Rogue sèchement. Ils vous ont aperçu en forme féline alors que vous étiez dans une mauvaise position ?
- Severus ! tonne Albus.
Le directeur jette un regard désapprobateur à son Maître des Potions qui se fige sous l'intensité du regard de son directeur, Croisant les bras, Severus pousse un soupir à fendre l'âme avant de regarder à nouveau sa collègue. Filius et Pomona ne pipent mot, intrigués.
- Je ne suis pas certaine d'avoir saisi toutes leurs explications mais ils m'ont brièvement expliqué qu'un jeu portant sur notre école, était sorti il y a quelques jours et qu'il rencontrait un succès planétaire. Le titre c'est… Hum… excusez-moi, j'ai un trou de mémoire…
- L'Héritage de Poudlard, reprend Albus calmement. En effet, il semblerait que notre existence et celle de l'école de Poudlard aient fuité et que les moldus en aient créé un univers pour leur propre divertissement. Et cela, sous le nez et la barbe du Ministère de la Magie pendant tout ce temps jusqu'à sa sortie.
- Comment cela est-il possible ?! s'exclame Filius. Nous avons si longuement œuvré pour la sécurité du monde sorcier et celle de l'école pour que ce soit ainsi la fin !
- Du calme, Filius, je n'ai pas terminé, interrompt Albus. Bien évidemment, dès sa sortie, le Ministère a mené une enquête et a aussitôt été sur les lieux de production de ce jeu et ils n'y ont trouvé que des moldus. Aucun sorcier n'a aidé à la création et à son développement, qui pourtant semble très réaliste à notre école. C'est pourquoi aujourd'hui, avec l'accord du Ministère, j'ai emprunté l'une de ces technologies formidables de nos chers moldus et ce jeu si controversé afin d'avoir vos avis sur la question !
D'un coup de baguette, Albus fait apparaître un ordinateur portable flambant neuf. Les enseignants observent d'un œil méfiant l'étrange objet au centre de la table et devant l'ensemble de regard le fixant, il finit par dire :
- Quelqu'un a déjà utilisé un … ordinateur ?
Voilà voilà. On est chez les sorciers, donc la technologie moldue... ca fait deux !
Review's ? Merci !
Chesca-Shan
