Nous étions toujours en vacances dans le chalet.
J'avais réussi à convaincre Ciel de faire un peu de marche.
Il n'est pas adepte de la randonnée ni de nature.
Nous marchions depuis 20 minutes que déjà Ciel ne semblait pas passionné.
-On rentre?
-On vient à peine de commencer, profites en. Tu es souvent enfermé chez toi, là on est tout seul en pleine nature, répondit Sebastian.
-C'est ce que tu feras avec le bébé si ça lui convient.
Nous parlions d'éducation à proprement parler mais il y avait une chance sur plusieurs que les gènes de Ciel prédominent et je connaissais son enfance.
Je savais que la vie ne serait pas forcément facile et je ne serai pas à même de comprendre le fonctionnement de mon propre enfant.
Mais nous étions deux et quand je doutais de mes capacités, Ciel me rassurait en me disant:
-Tu sais mes parents avaient un tsa aussi et ils ne s'en sont pas sortis mieux alors le fait que tu sois neuro typique ou atypique, cela ne fait pas forcément de différence. Beaucoup de gens font des enfants par norme sociétale, ce n'est pas notre cas.
Finalement la seule chose bien que ses parents lui eussent apportés, c'était une entreprise qui prospérait et de l'argent tous les mois.
Ciel n'aurait jamais pu s'adapter à un rythme de travail ou des horaires, son cerveau fonctionnant différemment.
Un horaire lui paraissait une contrainte tout comme ce qu'il n'aimait pas faire.
Du point de vue de la société, cela pouvait paraitre de la mauvaise fois ou de la paresse, mais faire des choses basiques lui demandaient pas mal d'énergie et malgré des heures de sommeil, il fatiguait toujours.
La nature me plaisait bien et je voulais rester un peu.
-En effet, on reviendra avec le bébé, si tu veux rentrer.
-Ben non je sais pas ou on est, répondit Ciel.
Ciel avait en effet peu de sens d'orientation, il se repérait déjà pas dans un supermarché assez grand, le laisser rentrer seul et ne pas trouver le chalet.
-Ok on marche un peu encore puis on rentre.
On continua notre chemin et tombait sur un vieux bunker.
-Tu as vus?
-Quoi donc? demanda Ciel.
-On dirait un bunker abandonné, allons le visitez!
Je semblais enthousiasme mais pas lui.
-Non il y a peut-être des squatteurs ou un psychopathe qui s'y cache.
-Tu oublies les fantômes, plaisanta Sebastian.
-Ca existe pas les fantômes.
Ciel était très cartésien sur ses croyances, moi j'étais plus ouvert.
-Il y a pleins de mystères dans la vie, comment tu peux en être sur?
-On a jamais eu la preuve de la vie après la mort, répondit Ciel.
Ciel était très sur les théories scientifiques. Ce qui n'a pas été prouvé n'existait pas pour lui.
-En tout cas j'y vais, attends-moi si tu veux.
Je le laissais seul et y allais seul.
Ciel lui se demandait ce qu'il voulait faire.
Il hésitait entre y aller ou pas.
J'étais rentré dedans, c'était sombre, je finis par allumer la lampe de mon portable j'avançais quand j'entendis des pas derrière moi.
Je me retournais et vus un visage familier.
-Voilà un revenant.
-Ne plaisantes pas avec ça, cela n'existe pas! s'exclama Ciel.
-Tu es venue finalement.
-Je ne voulais pas attendre et j'étais un peu curieux.
