Petit mot de l'autrice : la séance de conduite de ce matin était désastreuse.
Jour 2 : Un moment entre une adelphie
Jaime & Tyrion, Game of thrones
Pré canon (avec quelques minuscules modifications)
Jaime pleurait depuis cinq minutes lorsque Tyrion surgit dans sa chambre. Malgré ses larmes, il put clairement voir la surprise se dessiner sur le visage de son frère. Jaime ne pouvait que le comprendre : il n'avait jamais pleuré devant Tyrion. À vrai dire, depuis sa naissance, il n'avait jamais pleuré tout court – peut-être une fois, à l'annonce de la mort de sa mère, mais c'était tout. Ce qui était une bonne chose d'après son père : les larmes étaient à ses yeux une histoire de femmelettes. Jaime avait toujours tâché de se tenir à la hauteur de cet adage, mais aujourd'hui ses émotions étaient trop forte pour les contenir.
- Tout va bien, murmura Tyrion. On va venir te voir.
Jaime eut presque envie de lâcher un sourire désabusé en entendant cela. D'abord, parce que c'était lui le grand frère. Dans l'ordre logique des choses, c'était Tyrion, âgé de seulement neuf ans, qui aurait dû pleurer. Et voilà que c'était lui, le cadet, qui se retrouvait à le consoler. Ensuite, Tyrion ne pouvait pas comprendre l'ampleur de son désarroi. Mais comment aurait-il pu ? Aux yeux du monde, Jaime quittait sa famille pour un poste prestigieux à la capitale. Un changement de vie intimidant, mais honorable, de quoi rendre jaloux chaque chevalier. Dans d'autres circonstances, Jaime aurait été plus qu'enchanté. Sauf qu'il y avait Cersei. Cersei, qu'il allait devoir quitter, se languissant en secret d'elle, sans jamais pouvoir expliquer à personne la raison de sa mélancolie... A cette simple idée, il sentait son cœur s'arracher.
Il avait envie de dire à Tyrion qu'il était bien gentil, mais que tout n'irait pas bien ; au contraire. Néanmoins, il se retint. Tyrion allait souffrir, lui aussi. Après tout, il allait se retrouver seul à Castral Roc, entouré d'un père qu'il le haïssait et d'une sœur qui le méprisait.
Il fit donc de son mieux pour lui sourire, mais sa tentative se soldat malheureusement par un échec : il laissa simplement échapper de nouvelles larmes. Tyrion se rapprocha alors du lit, l'escaladant de ses petites jambes, avant de le prendre dans ses bras. Jaime se laissa porter par l'étreinte. Il posa sa main sur la tête de Tyrion, caressant ses boucles dans un geste qu'il faisait depuis qu'il était bébé. C'est alors que Jaime réalisa quelque chose ; quelque chose de si simple, si évident, qu'il ne s'était jamais vraiment attardé dessus : Tyrion avait grandit. Il était presque un adulte. Il était donc peut-être temps qu'il en fasse de même.
- Tu as raison, lui dit-il donc de sa voix la plus affirmée. Tout ira bien. Et nous allons très vite nous revoir. Et d'ici là, je t'écrirais. Souvent.
- Promit ?
- Promit.
Par la suite, Jaime romprait beaucoup de ces serments. Mais cette promesse là, faite à la fin de son enfance, Jaime ne cessa jamais de s'y tenir.
