Chapitre 5
Il y avait des murmures dès que Harry Potter entrait dans une pièce. Il était pointé du doigt, on lui adressait des sourires, certains avaient même le courage de le saluer. Il se passait la même chose pour Artémia. L'admiration en moins. On la montrait du doigt, on chuchotait sur son passage, elle était bousculée, elle était regardée avec dégout. C'était une chose qu'Artémia ne comprenait pas. Elle n'avait pas été préparée à subir tant de mépris sans raison apparente. Il n'y avait personne à ses côtés pour la soutenir, pas même les Gryffondors. Ils la regardaient tous comme si elle allait prendre l'apparence de son père d'une minute à l'autre. Lorsqu'elle était descendue de son dortoir le premier jour, la Salle Commune était tombée dans un silence désagréable. Elle ne se sentait pas la bienvenue.
- Bien dormi Artémia ?
Elle releva la tête et rencontra celle frisée d'Hermione. Elle s'installa en face de son amie avec un grand sourire et commença à se servir dans les différents plats devant elle.
- Tu n'as pas déjà déjeuné ? Tu étais partie avant moi pourtant.
Artémia fronça les sourcils. A son réveil, Hermione n'était plus dans le dortoir. Elle avait été étonnée et ses camarades aussi.
- Je suis allée à la Volière pour envoyer une lettre à mes parents et j'ai voulu trouver la salle de Métamorphose avant de déjeuner pour ne pas arriver en retard.
Artémia sourit doucement en levant les yeux vers le ciel.
- Tu as trouvé ?
- Non, annonça la jeune fille avec une petite moue.
- Rassure toi, je sais où se trouve l'aile de Métamorphose.
Ses épaules se détendirent et elle avala une première cuillère de son petit-déjeuner. Elle regarda à gauche et à droite et continua à voix basse.
- Je suis un peu angoissée à l'idée des premiers cours… Je connais toute la théorie mais si je n'y arrive quand même pas ?
Il y eut un silence entre les deux jeunes filles, pas forcément désagréable, mais pas confortable non plus. Artemia se sentait privilégiée que Hermione lui confie ses peurs. Elle remarquait que ce début n'était pas simple pour tout le monde. Elle n'était pas la seule à ne pas trouver sa place tout de suite. En levant la tête, elle remarquait qu'il y avait quelques Premières Années qui, eux aussi, étaient assis aux extrémités de leurs tables, près des Grandes Portes. Elle n'était pas seule. Elle avait l'impression de respirer un peu mieux.
- Tu n'es pas seule dans cette situation, Hermione. Tu as l'avantage de connaître la théorie. Certains ici n'ont jamais pratiqué la magie et n'ont pas lu les manuels. Tu vas être brillante, j'en suis sûre.
Elle se força à sourire pour paraître encourageante. Elle se doutait que Hermione serait une bonne élève. Elles avaient discuté de chimie, de mathématiques dès leur première rencontre. Il était évident que Hermione avait une faim insatiable pour la lecture, pour la connaissance.
Le professeur McGonagall se leva de la table des professeurs, comme les autres directeurs de maisons et s'approcha de la table des Gryffondors une haute pile de papiers dans les mains. Elle s'avança parmi les élèves leur tendant une feuille, laissant parfois échapper un mot ou deux.
- Vos emplois du temps Miss Granger, Miss Rogue.
La vieille dame leur sourit et leur tendit un papier. Les filles l'attrapèrent, remerciant le professeur et prirent connaissance de leur emploi du temps. Pendant qu'Hermione le commentait, Artemia observa son père distribuer les feuilles à ses élèves. Il échangeait quelques mots avec ses élèves et esquissait presque un sourire à certains. Elle n'avait même pas le droit à un regard. Elle serra les dents et se concentra sur Hermione.
- On y va ?
ooo
Aussi passionnante la métamorphose pouvait être, elle ne semblait pas être la matière de prédilection d'Artemia. Elle avait été impressionnée lorsque la vieille dame avait agité sa baguette pour transformer son bureau en un cochon rose. Elle l'avait fait sans un effort, sans même froncer les sourcils. Elle leur avait ensuite expliqué comment métamorphoser une allumette en une aiguille et elle leur avait fait la démonstration tout aussi aisément.
- Acus lumina, déclara aussitôt Hermione en abaissant sa baguette sur son petit morceau de bois.
L'objet s'affina légèrement et Hermione continua à appliquer le sort de nombreuses fois pour avoir un résultat. Après trente minutes, son allumette avait une forme pointue et une couleur argentée et elle affichait un sourire triomphant lorsque le professeur McGonagall lui accorda quelques points pour sa réussite.
Artémia encouragea d'un sourire son amie et se retourna vers son allumette qui n'avait pas changé d'un pouce.
- Acus lumina, soupira Artemia pour la cinquantième fois.
Elle essayait de ne pas s'énerver. La métamorphose était un art difficile, elle le comprenait parfaitement. Mais elle ne comprenait pas pourquoi certains y arrivaient et pas elle. Elle n'était pas une incapable, il n'y avait pas de raison. Elle comprenait la théorie.
- Un peu plus de conviction, Miss Rogue, conseilla le professeur qui contrôlait le travail de ses élèves.
- Ce n'est pas la conviction qui va m'amener quelque part, grommela t-elle.
La vieille dame se tourna vers son élève, son visage fermé montrant son mécontentement.
- Concentrez-vous au lieu de protester.
Artemia soupira et s'essaya, à nouveau, à l'exercice. Lorsque la fin des deux heures sonna, la fillette se leva et sortit précipitamment de la salle, déçue et humiliée. Elle se sentait nulle, incapable de réussir un simple exercice. Ollivander lui avait dit qu'elle ferait de belles choses avec sa baguette. Sa mère était une Maîtresse en Sortilèges et en Magie Elémentaire. Elle savait canaliser sa magie sans baguette. Artémia n'avait pas imaginé avoir des difficultés à réaliser des sorts. Elle n'avait eu aucune difficulté à effectuer tous les sorts de son manuel de Sortilèges pendant l'été. Elle ne comprenait pas.
Elle se dirigea vers les serres à l'extérieur du château pour assister au cours de Botanique. Elle ne prit pas la peine d'attendre Hermione qui rayonnait de fierté et qui demandait de plus amples informations au professeur de métamorphose pour parfaire sa métamorphose. La Gryffondor se trouva une place et le professeur Chourave lui adressa un simple sourire lorsqu'elle remarqua la jeune fille, seule. Rapidement, les autres prirent place et le cours commença.
En Botanique, on ne parlait pas de magie, de baguette, de sortilège. On parlait plutôt de pétale, de tige, de pistil et d'étamine. Du simple jardinage moldu, pensa Artémia. Elle ne pouvait s'empêcher de penser que si tous les sorciers recevaient une éducation scolaire comme les moldus, ces cours basiques pourraient être évités. On pourrait commencer à parler de la belladone et de ses alcaloïdes, de la digitale et ses composés cardiotoxiques et tout autre plante à propriétés médicinales utilisables dans les potions. Artemia leva les yeux au ciel tandis que tout le monde devait désigner les sépales sur la fleur devant eux.
Artemia, comme toute sorcière qui se respecte, avait toujours rêvé de commencer son éducation magique. Sa maman l'avait fait rêvée, voyagée en lui parlant de ses classes à Beauxbâtons. Son beau-père lui avait aussi parlé de Poudlard. Que ce soit à Beauxbâtons ou à Poudlard, Artemia avait laissé son imaginaire s'emballer. Elle ne pouvait s'empêcher d'être déçue. Elle s'était imaginée des cours particulièrement intéressants et stimulants. Mais elle ne trouvait rien d'excitant à apprendre pendant une heure et demi à tourner son poignet. Le professeur Flitwick avait honoré plusieurs élèves, dont Artémia et Hermione, pour leurs mouvements souples. Mais la leçon n'avait pas été plus approfondie. Elle avait été tellement déçue du cours d'Histoire de la Magie. Elle attendait ce cours avec une certaine impatience, pensant pouvoir connaître ou approfondir ses connaissances sur les quatre fondateurs ou sur Morgane et Merlin. Mais le professeur se concentrait essentiellement sur les révoltes des gobelins. Le professeur était un fantôme qui survolait parfois la classe, ne prenant même pas conscience qu'il traversait un bureau de temps à autre. Il parlait d'une voix monotone, assommante qui avait raison de tous les élèves, excepté Hermione qui voulait copier mots pour mots chaque phrase du professeur. Tout était déjà dans les livres. Elle avait l'impression de perdre son temps.
La Défense Contre les Forces du Mal ne se révélait pas plus intéressante. Le professeur Quirrell ne cessait de parler, d'expliquer comment vaincre de drôles de créatures mais pour prendre des notes, il fallait d'abord essayer de le comprendre. Il bégayait tellement qu'il ne pouvait aligner deux mots correctement.
La semaine ne s'était donc pas déroulée comme Artemia l'aurait voulu. Elle était une sorcière, elle voulait apprendre la magie, elle. Elle voulait comprendre la magie. Elle ne voulait pas seulement apprendre des faits que quelqu'un avait, un jour, énoncé. Et étrangement, elle avait l'impression que l'école ne lui permettrait pas cette extravagance. Hermione semblait captivée par le moindre mot qui sortait de la bouche d'un professeur. Ils étaient tous des dieux à son sens. Elle n'avait aucun problème avec l'enseignement qu'elle recevait. Artemia était beaucoup plus critique.
Elle ne faisait pas non plus partie de la grande famille des Gryffondors. Personne ne cherchait à lui parler. Elle n'avait pas essayé non plus. Elle avait trop peur qu'on la rejette ouvertement pour le faire.
Au cours de la semaine, elle avait seulement parlé à quelques Pousouffles, quelques Serdaigles de son année et avec Neville aussi. Autrement, le reste de l'école avait décidé d'éviter la moindre interaction avec Mini-Rogue, comme tout le monde s'était décidé à l'appeler maintenant, grâce à Fred et George. Artémia avait bien compris que son père avait une très mauvaise réputation. Elle n'avait pas envie d'en subir les conséquences alors que cet homme n'était rien pour elle. Artémia décida qu'elle ferait tout son possible pour qu'on la dissocie de son père. Mais elle n'avait même pas eu à y penser que c'était arrivé naturellement.
Le vendredi matin, elle était assise à côté d'Hermione, dans la salle de Potion au premier rang. Elle soupira en remarquant Drago Malfoy à l'autre bout de la salle. Elle avait croisé le garçon à de nombreuses reprises mais il ne lui avait adressé ni un mot ni un regard. Mais dans les cachots, dans son espace, il se sentait comme un roi. Il souriait fièrement, aplatissant ses cheveux blonds sur l'arrière de son crâne tout en la regardant avec ses yeux gris. Il émanait quelque chose de ce garçon, c'était évident. Tous les Serpentards l'avait compris. Artémia n'eut pas le temps d'examiner davantage ses camarades que la porte de la salle de Potion claqua bruyamment. Artemia se redressa sur sa chaise, inconfortable. Son père avança vers le devant de la classe à grand pas et se retourna faisant voleter sa cape derrière lui. Il croisa les bras sur sa poitrine, tout en serrant de ses doigts longs sa cape qu'il resserra autour de lui. Il parcourut les élèves du regard pendant quelques secondes avant de se tourner vers son bureau. Il n'avait pas besoin de demander le silence, il l'imposait de sa seule présence. Artémia sentit de nouveau la boule dans son estomac. Elle n'avait pas peur de son père, il était effrayant, menaçant peut-être mais elle n'en avait pas peur.
- Ah oui. Harry Potter. Notre nouvelle... célébrité.
Le professeur Rogue leva ses yeux noirs de sa feuille pour rencontrer ceux du garçon. Harry ne répondit pas, il regardait seulement l'homme devant lui. Elle n'avait pas parlé au jeune garçon depuis le premier jour, elle n'en avait pas eu l'occasion. Il était discret, poli, normal en somme et il était peut-être l'un des seuls à ne pas la regarder étrangement.
- Artémia Rogue, appela son père.
Elle leva simplement la tête et esquissa un timide sourire qu'elle camoufla lorsqu'elle croisa le regard mauvais de son père. Il la fixa pendant quelques secondes, son visage exprimant un ennui profond.
- Miss Rogue, vous avez bien deux mains ? Demanda-t-il, d'une voix doucereuse.
- Oui, répondit simplement la jeune fille.
- Oui, professeur, corrigea-t-il.
Artemia leva les yeux au ciel tout en fronçant les sourcils, consternée par l'interaction qu'elle avait avec son père.
- Est-ce trop compliqué pour vous de lever une de vos deux mains lorsque je vous appelle, peut-être ?
Les Serpentards ricanèrent et Artémia sentit le rouge monter aux joues.
- Non, professeur.
- Eh bien, pourquoi ne pas vous faire connaître alors ? Êtes-vous comme M. Potter, au-dessus de nous, simple sorcier ?
Il leva un sourcil interrogateur en affichant un rictus mauvais. Il était évident qu'il appréciait la situation. Il appréciait humilier sa fille et c'était une chose qu'elle ne comprenait pas. Qu'elle ne pouvait pas accepter.
- Je pensais que c'était évident. Manifestement, vous avez dû oublier à quoi ressemblait votre propre fille, professeur.
La salle tomba dans un silence pesant. Les regards se baladaient entre Artémia et le professeur Rogue. La plupart des élèves était surpris. Surpris d'entendre la voix tremblotante de la jeune fille. Surpris de la voir ainsi attaquer le professeur le plus craint de l'école. Surpris qu'elle mentionne son lien avec son père, sans ciller. Mais ce qui les surpris fut la réponse du Directeur de Serpentard.
- J'essayerai de me familiariser avec votre visage ce soir Miss Rogue lorsque vous nettoierez des chaudrons en retenue. Vous faîtes perdre un point à votre maison.
Il ne lui adressa pas un autre regard et continua l'appel tandis que les Gryffondors murmuraient des protestations. Artemia serra les dents et se tourna vers Hermione qui paraissait tout autant ébahie. Elle s'en voulait d'avoir fait perdre un point à sa maison pour une telle bêtise.
- Vous êtes ici pour apprendre la science subtile et l'art rigoureux de la préparation des potions. Ici, on ne s'amuse pas à agiter des baguettes magiques, je m'attends donc à ce que vous ne compreniez pas grand chose à la beauté d'un chaudron...
Artemia passa sa main sur son visage et cacha le sourire qui venait de naître sur son visage. Elle avait envie de rire. Un chaudron était un simple récipient en étain. Il n'y avait rien de beau. Pas même la symétrie dont il était victime, pas même la contenance. Non, 0,002 mm3, ce n'était pas un beau chiffre. Artémia fronça les sourcils, une nouvelle fois, se disant qu'elle ne comprendrait définitivement pas la beauté d'un chaudron.
- Potter ! Qu'est-ce que j'obtiens quand j'ajoute de la racine d'asphodèle en poudre à une infusion d'armoise ?
Artémia n'eut pas le temps de se tourner vers Harry que Hermione fit un bond en l'air et leva sa main bien haute. Elle connaissait la réponse aussi. Rogue savait qu'elle la connaissait puisqu'il lui avait posé exactement la même question, un soir, pendant le repas. Elle essaya de se concentrer sur l'expression que son père affichait. Il ne regardait pas son amie à côté d'elle, non. Il fixait Harry avec obstination, comme s'il était le seul élève dans la classe.
Artémia, dans le silence que provoquait l'interrogation, perdit contrôle sur son esprit. Elle commença à se demander ce que pouvait donner de la racine d'armoise avec une infusion d'asphodèle. Après tout, on utilisait les mêmes ingrédients, qui possédaient les mêmes propriétés. Cependant, elle savait que les états de la matière devaient être pris en compte dans toutes réactions chimiques. La glace ne réagissait pas de la même façon que de la vapeur. On pouvait obtenir la sève de la racine et la sève d'armoise ou d'asphodèle serait probablement différente. Tout comme l'infusion, qui permettait de recueillir une quantité de principe actif dissous, divergeait selon les plantes.
Artémia attrapa un parchemin et sa plume qu'elle trempa dans son encrier pour éclaircir ses pensées. Il y avait plusieurs types d'armoise. Celle envahissante qui provoquait des allergies et celle qui était un diurétique. La jeune fille soupira discrètement tandis qu'elle comprenait qu'elle ne connaissait pas les propriétés de l'asphodèle. Elle avait juste lu que c'était une fleur blanche de la famille des Liliacées. Comme le colchique raisonnait la jeune fille. Le colchique était un antimitogène, on pouvait penser que l'asphodèle aurait des propriétés semblables. L'association d'un inhibiteur de quelque chose à un diurétique donnerait un anti-diurétique et non un somnifère. Artémia soupira et se mordit l'intérieur de la joue en réfléchissant à son problème. Elle ne savait pas comment la racine d'asphodèle pouvait réagir et le problème résidait probablement dans cette énigme.
A ses côtés, Hermione s'enfonça dans le fond de sa chaise, elle lui adressa un regard inquisiteur, auquel la jeune fille ne répondit pas. Elle se contentait de regarder le bout de parchemin devant elle.
- Quant au napel et au tue-loup, il s'agit de la même plante que l'on connaît aussi sous le nom d'Aconit. Alors ? Qu'est-ce que vous attendez pour prendre note ?
Rogue reprit conscience que d'autres personnes se trouvaient aussi dans la salle, même s'il était parfaitement content de s'être fait oublier. Artemia prit sa plume et écrivit ce qu'elle avait pu entendre sur le reste de son parchemin.
- Et votre impertinence coûtera un point à Gryffondor, Potter.
Artemia, malgré la perte de point, fut soulagée de savoir qu'elle n'était pas la seule à avoir subi la colère de son père, même si elle ne pouvait s'empêcher de penser qu'elle l'avait probablement provoqué.
Rogue répartit ensuite les élèves deux à deux et Hermione se retrouva, à son grand soulagement, avec Artemia. Il y avait quelque chose entre les deux jeunes filles, une complicité qu'elle partageait et qu'elle appréciait lorsqu'elles faisaient leurs devoirs, le soir, à la bibliothèque ou lorsqu'elle parlait de la leçon précédente.
Artemia ouvrit son livre pour lire les instructions de la potion destinée à soigner les furoncles. Hermione mit le chaudron sur le feu tandis qu'Artémia se leva pour chercher les ingrédients nécessaires. Elle donna les crochets de serpent à son amie tandis qu'elle s'occupait de sélectionner les feuilles d'orties séchées.
- Je peux savoir ce que vous faîtes avec ces feuilles, Miss Rogue ?
Artemia leva les yeux pour faire face à son père. Elle ne l'avait pas vu venir vers eux, elle ne l'avait pas vu se lever de son bureau non plus. Elle devait se souvenir qu'il se déplaçait silencieusement.
- Je les trie, répondit-elle simplement.
Il continua à regarder comment Artémia sélectionnait les feuilles de mêmes formes puis il se déplaça pour critiquer la potion des autres groupes. Les filles tournaient la cuillère dans le sens des aiguilles d'une montre et Hermione s'approcha de la fillette aux yeux bleus.
- Il est toujours comme ça ?
Artemia haussa les épaules, désabusée. Elle ne savait quoi répondre. Il était peut-être pire que d'habitude. Mais ils n'avaient pas encore d'habitudes. Il était peut-être toujours comme ça. Elle pouvait comprendre pourquoi les autres la haïssait. Hermione se mordit la lève avant de continuer.
- Tu es toujours comme ça avec lui ?
Artémia fronça les sourcils, étonnée par la question.
- Tu es différente. Tu es dans l'opposition.
Hermione reporta son attention sur la potion mais Artemia considéra ses paroles. Hermione n'avait peut-être pas tort. Elle était en colère. Elle était déçue. Elle s'en prenait à lui pour ces raisons. Mais elle était persuadée qu'elle avait raison.
Hermione lui donna un coup de coude dans les reins alors que de la fumée envahissait la salle. Elle tourna la tête et remarqua que Neville était recouvert de furoncles. Elle sauta sur son tabouret évitant ainsi tout contact avec la potion.
Neville fut emmené à l'infirmerie tandis qu'Harry Potter recevait les foudres de son père, une nouvelle fois. Artemia regardait son père évoluer parmi les élèves. Il critiquait méchamment les Gryffondors et se contentait de faire de simples remarques aux Serpentards. Il avait choisi Harry comme cible, sans même laisser sa chance au garçon. Il était injuste, partial et méchant. Artémia savait qu'elle ne pourrait pas l'apprécier.
La fin du cours approcha et Rogue inspectait le résultat final. La potion des deux Gryffondors était d'une couleur carmin, limpide comme elle devait l'être. Certains avait une potion rose, d'autres bleu. Malfoy avait une potion couleur brique et Artémia esquissa un sourire. Le professeur Rogue félicita le garçon pour sa potion mais resta muet lorsqu'il passa devant celle de sa fille. Artemia serra les dents.
- Apportez moi une fiole de votre potion et sortez, ordonna le professeur.
Hermione se leva et déposa une fiole de leur potion sur le bureau.
- Miss Rogue, attendez.
Artemia leva les yeux pour rencontrer ceux, froids, incisifs, de son père.
- Je t'attends ? Demanda Hermione.
- Non, je te rejoins à la bibliothèque.
Le professeur Rogue s'approcha de la table où se trouvait sa fille quand le dernier élève fut sorti.
- Pouvez-vous m'expliquer votre comportement ? Siffla t-il.
Ses yeux étaient noirs, brûlants de colère. Sa bouche fine comme une ligne. Il était énervé, contrarié, mécontent. Il n'était pas le seul, malheureusement. Elle comptait lui faire savoir. Elle n'avait pas envie du silence de ses appartements. Il y avait tant de choses qu'elle avait voulu dire à ce moment là et il y en avait encore beaucoup qu'elle voulait rajouter.
- Et vous, vous êtes toujours comme ça ? Je comprends pourquoi personne de ma maison ne veut me parler. Vous êtes horrible. Tout est horrible. Le temps, les leçons, les autres élèves.
Artémia avait encore tellement de choses à dire. Tellement de maux sur lesquels elle n'avait pas mis de mots. Un besoin de souffler, d'évacuer.
Elle ne savait pas ce qu'elle avait espéré en se confiant à lui. Mais elle ne s'attendait pas à son regard froid.
- Avez-vous terminé ? Demanda Rogue, en arquant un sourcil.
Elle n'avait pas espéré qu'il s'attendrisse. Elle avait bien compris qu'il était encore plus maladroit qu'elle avec ses mots et ses sentiments. Mais elle ne voulait pas reculer. Il ne lui faisait pas peur. Il ne lui ferait pas peur. Elle planta ses yeux bleus dans les siens, serra les dents pour ne pas détourner le regard et elle lui envoya toute la colère qu'elle accumulait ses dernières semaines.
- Une réponse verbale, ordonna-t-il.
Artémia continua de serrer les dents. Il pouvait lui faire faire n'importe quoi, il pouvait lui faire gratter des chaudrons, écrire des lignes, même la pendre par les orteils, il ne pouvait pas la faire parler. Et s'il y avait une chose que Severus Rogue détestait, c'était l'ignorance.
- Vous vous amusez bien, j'espère ?
La jeune fille ne bougea pas. Elle savait que son comportement était digne d'un enfant mais elle s'en fichait.
- Est-ce que vous rigolerez toujours avec dix points de moins dans votre sablier ?
Artemia n'esquissa pas un mouvement. Elle voulait qu'il s'intéresse à elle. Peu importe la manière.
- Vingt points ne réussiront toujours pas à vous délier la langue ?
Elle commençait à se sentir prise au piège. Son père avait tous les droits, elle n'était qu'une simple élève. Il pouvait enlever tous les points de sa maison, la mettre en retenue jusqu'à la fin de l'année ou même la renvoyer. Il pouvait absolument tout faire. C'était injuste.
- Vous faîtes donc perdre vingt points à votre Maison. Pitoyable.
Artémia serra les poings, encaissant la remarque du mieux qu'elle le pouvait. Elle luttait contre chaque atome de son corps pour ne pas détourner le regard. Mais elle pouvait voir dans les yeux de son père qu'il était, lui aussi, déterminé à avoir ce qu'il souhaitait.
- Le professeur McGonagall m'a raconté vos exploits en Métamorphose. Vous trouvez vos leçons horribles mais vous n'êtes pas capable de les réussir.
Elle fronça les sourcils. Il prenait un malin plaisir à rabaisser sa fille et elle ne comprenait vraiment pas pourquoi. Elle avait remarqué que c'était sa façon de faire pendant ses leçons.
- Et de ce que j'ai pu remarquer, vous n'avez aucune raison de penser que vous êtes sortie de la cuisse de Jupiter.
La jeune fille inspira de l'oxygène pour se calmer, pour faire le vide.
- On verra ce qu'il restera de votre fierté après votre retenue de ce soir. Vingt heures, dans cette salle. Dégagez maintenant.
Artémia détourna le regard et lui sourit. Elle espérait que son sourire ressemblait à celui mesquin, narquois de son père. La main sur la poignée, elle se retourna.
- Vous savez, il suffit de demander poliment pour obtenir quelque chose de quelqu'un.
La température des cachots la frappa au visage. Elle devait être rouge, elle avait les mains qui tremblaient. Elle inspira profondément et marcha pour retrouver Hermione à la bibliothèque.
- Ça ne va pas ?
- Mon père me déteste, fut sa seule réponse.
Elle sortit sa plume et du parchemin commença frénétiquement à poser toutes les idées qui lui venaient à l'esprit. Elle s'amusa, ensuite à les développer, à trouver des exemples et des contre-exemples jusqu'à ce que son esprit puisse enfin divaguer sans une seule pensée dirigée vers son père. Il ne méritait pas qu'elle pense à lui.
ooo
Artémia ne s'était pas présenté aux repas. Elle n'avait pas le courage de croiser ses camardes ou son père. Elle imaginait très bien ce qui pouvait se dire à son sujet. Elle n'en avait pas besoin. Artemia se dirigeait vers les Sous-Sol pour sa retenue quand une voix l'interpella.
- Mini-Rogue, il paraît que ton père t'a collé ? Demanda Fred ou George Weasley.
La jeune fille hocha la tête, légèrement honteuse. Elle avait entendu Ron Weasley dire que Fred et George perdaient beaucoup de points et se retrouvaient souvent en retenue mais ils étaient des troisièmes années. Ils étaient gentils, ils étaient drôles. Elle n'était rien de tout cela. Elle était comme son père l'avait dit : Pitoyable.
- Nous aussi ! Ça va être drôle de nettoyer des chaudrons à trois. On a développé une technique, on va te montrer.
Artémia regarda les jumeaux un instant.
- Vous ne pensez pas que je suis un espion ou que je fais exprès de perdre des points ?
Elle répétait seulement ce qu'elle avait entendu de la bouche des autres.
- Nope.
- On a demandé à être placé à Serpentard, enchaîna Fred.
- Mais le Choixpeau n'a jamais voulu. Il t'envoie où tu dois être.
- Si tu avais demandé à être placé à Gryffondor.
- Alors que tu avais l'âme d'un Serpentard... George croisa les bras sur sa poitrine.
- Jamais tu aurais eu la chance de faire partie de notre maison.
- Et de nous connaître !
Le rire des jumeaux résonnait dans le couloir. Artémia les regardait avec gratitude. Pourquoi les autres ne comprenaient-ils pas ? Pourquoi ne comprenaient-ils pas qu'elle n'avait rien demandé ?
- Merci, dit-elle simplement, le cœur plus léger.
Tout le monde ne pensait pas qu'elle était l'ennemi. Alors qu'elle se rapprochait de la classe de Potion, Artémia se faisait beaucoup plus hésitante. Elle se tourna vers les garçons qui parlaient de la nouvelle blague qu'ils préparaient.
- Vous avez déjà oublié de venir à une retenue de Rogue ?
Les jumeaux regardèrent la fillette avec un léger sourire.
- Toi ?
- Tu oserais sécher une retenue de ton père ?
- Tu es décidément beaucoup plus intéressante que tu le montres.
Artémia leva les yeux au ciel et croisa les bras pour se donner davantage de contenance.
- Et donc ?
- Non, jamais. Et j'éviterai même d'y penser.
- Ah.
- Allez, ne t'inquiète pas. Ce ne sont pas des retenues agréables mais on y survit.
- Regarde nous, on en redemande même !
La jeune fille sourit et se remit à marcher tandis que les rouquins la regardaient curieusement. Le petit groupe se trouva rapidement devant la porte, et l'un des garçons, Artémia ne savait pas encore les reconnaître, apposa deux coups secs contre cette dernière. La porte s'ouvrit à la volée et Rogue se tenait devant eux.
- Vous êtes en retard, annonça-t-il d'une voix sévère.
- Bonsoir Professeur Rogue, déclarèrent les jumeaux en entrant dans la salle.
Artemia déglutit avant d'entrer dans la pièce. Elle sentait le regard de son père lui brûler la peau. Elle n'avait pas envie d'être là. Elle estimait qu'elle n'avait rien à faire là. Rien à se reprocher. Elle ne voulait pas lui parler. S'il ne pouvait pas lui parler avec respect, elle ne voyait pas pourquoi elle devait se soumettre à lui. Elle n'était pas un animal. Elle était sa fille.
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- Je vois que vous avez décidé de vous entêter, Miss Rogue.
La porte se ferma brusquement les emprisonnant dans une ambiance pesante et morbide. Rogue était fébrile. McGonagall avait annulé la perte de point de sa fille, estimant que les conflits d'ordre privée ne devaient interférer avec le score de sa Maison. Il pouvait désormais lui enlever des points seulement lorsqu'elle était en classe ou qu'elle vagabondait dans les couloirs. Il était fou de rage. Il la découvrait capricieuse, hautaine et fainéante. Il détestait ce qu'il entendait de sa fille. Elle osait lui faire la morale. Il ne pouvait pas l'accepter.
Il se tourna vers les deux rouquins Weasley.
- Eh bien Messiers, vous n'avez pas tardé. Votre tâche se trouve à la même place que d'habitude, en désignant un grand évier dans lequel se trouvaient des dizaines de chaudrons. Puisque que vous savez quoi faire, je ne vous retiens pas.
Artémia avança vers l'évier avec les garçons. Il enroula sa main autour de son bras pour la retenir en arrière.
- Pas si vite Miss Rogue, il siffla, votre cas n'est peut-être pas incorrigible. J'ai l'espoir que cette retenue suffise à refréner tout excès de caractère de votre part. Suis-je clair ?
Il la transperçait de ses yeux noirs. Il savait que les élèves frissonnaient de peur en général. Il admirait presque Artemia pour oser soutenir son regard. Rogue pinça l'arête de son nez entre son pouce et son index.
- Ceci est mon dernier avertissement, Artemia. J'ordonne une réponse formelle.
Il avait élevé la voix. Jamais, le professeur Rogue n'élevait la voix. Il sifflait, il murmurait, mais il n'avait jamais besoin de hausser le ton. Les jumeaux arrêtèrent de frotter leurs chaudrons et s'étaient retournés, à moitié intrigués, à moitié effrayés.
Rogue jugea sa fille, son attitude. Idiote, pensa-t-il. Il serra ses doigts autour de sa baguette et fit apparaître un seau d'eau et une éponge. Il l'aurait autrement.
- Nettoyez le sol, ordonna-t-il sèchement, sans croiser le regard de sa fille.
Severus se retourna et se dirigea vers les jumeaux.
- Pourquoi n'êtes-vous pas à nettoyer ces chaudrons. Vous souhaitez revenir demain, peut-être ?
Fred fusilla le professeur du regard. Il n'en avait rien à faire des regards de haine, ils glissaient sur ses cheveux gras comme le faisait la pluie. Il s'assit à son bureau et regarda Artemia s'emparer de l'éponge sans grande conviction. A cet instant, il savait que les années à venir serait très compliquée. Pour elle. Mais surtout pour lui. Il ne pourrait jamais survivre à la guerre avec une gamine comme la sienne. Elle allait le mener à sa mort.
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La soirée avançait lentement comme pour appuyer la torture dont les trois Gryffondors étaient victimes. Le silence accablant qui régnait dans la salle de classe n'était perturbé que par le bruit des brosses grattant les chaudrons, de la serpillière qui plongeait dans l'eau et de la plume aigre sur le parchemin.
La jeune fille se redressa, grimaçant alors qu'elle était témoin de la raideur dans sa nuque et dans ses épaules. Le professeur se leva.
- Avez-vous terminé, messieurs Weasley ? S'enquit-il.
- Oui, monsieur.
Il n'inspecta même pas les chaudrons et répondit rapidement avant de reprendre sa place à son bureau.
- Vous pouvez disposer.
George laissa tomber sa brosse dans l'évier et se rendit vers la porte tandis que Fred semblait plus hésitant. Il regardait Artémia qui frottait désespérément le sol. Elle n'avait pas encore nettoyé la moitié de la salle.
- Qu'attendez-vous Weasley ? Sortez.
- Serait-il possible d'aider Artemia ? A trois, nous aurions fini rapidement et vous pourrez... faire ce que vous avez à faire plus tôt.
Artémia se retourna vers le rouquin puis vers son père qui ne sembla même pas étudier la proposition.
- Non. Sortez.
- Mais, elle ne pourra jamais finir seule ! S'indigna le garçon.
- Elle y arrivera. Elle a montré qu'elle était pleine de ressources. Même si elle doit y passer la nuit, Miss Rogue terminera sa retenue. Maintenant sortez.
Fred lança un bref regard d'excuse à la Première Année avant de rejoindre son frère. La porte se ferma sur le père et sa fille qui se dévisageaient pendant de longues minutes avant qu'il ne lui rappelle sa tâche.
ooo
Elle avait mal. Aux genoux, au dos, au cou, aux épaules, aux bras, aux mains. Même sa tête la faisait souffrir. Elle voulait dormir. Elle rêvait de dormir à l'instant. Elle aurait même pu dormir sur le sol crasseux de la salle si elle avait pu. Mais elle ne pouvait pas. Dès qu'elle arrêtait de frotter, son père le lui faisait remarquer.
- Seriez-vous fatigués ?
- Si vous souhaitez vous coucher, il suffit de le demander.
- Il me semble que le sol ne brille toujours pas, continuez.
Il voulait qu'elle craque. Elle le savait. Il était fort, très fort même. Elle savait qu'elle allait craquer. Bientôt.
Deux coups résonnèrent contre la porte en bois avant que le professeur de métamorphose ouvre la porte. Elle parcourut la salle des yeux et les ouvrit grands quand elle remarqua la petite fille aux cheveux noirs sur le sol.
- Severus ! As-tu vu l'heure ? Messiers Weasley m'ont prévenu que tu avais un comportement abusif envers ta fille, mais je ne te pensais pas...
- Bonsoir Minerva. Il est exactement une heure et treize minutes et j'éduque ma fille comme je l'entends.
- Tu ne l'éduques pas, voyons ! Tu la martyrises pour je-ne-sais-quelle-raison ! Elle a besoin de sommeil !
Le professeur McGonagall avança jusqu'à son bureau habillée d'une robe de chambre sombre.
- Elle ira se coucher lorsqu'elle aura terminé ou qu'elle sera fatiguée, répondit sereinement Rogue.
La directrice des Gryffondors s'arrêta à hauteur de la jeune fille, furieuse. Artémia jeta l'éponge dans le seau.
- As-tu vu l'état dans lequel elle se trouve ? Si elle ne s'évanouit pas de fatigue, elle tombera probablement malade. C'est ce que tu recherches ?
- Si Miss Rogue ne se sent pas bien, elle m'en fera part.
- Artémia, êtes-vous fatigués ? Demanda doucement la vieille dame.
La jeune fille hocha la tête, son visage appuyant sa réponse. Elle n'avait pas besoin de parler. Elle savait que le professeur de métamorphose n'en tiendrait pas compte.
- Tu vois ! S'indigna t-elle, tout en tendant une main vers la jeune fille. Venez, je vous accompagne dans votre dortoir.
Rogue se leva et contourna son bureau.
- Non ! Elle n'a pas terminé. Elle ne va nulle part.
Artémia se leva, son visage déformé par la fatigue et la douleur que lui causaient ses muscles. La vieille dame entoura les épaules de la jeune fille d'un bras protecteur avant d'attraper sa baguette. En un simple mouvement, la salle fut propre.
- Elle a terminé maintenant, claqua-t-elle sèchement. Venez, Miss Rogue. Severus… il faudra qu'on discute de tout ça, ça ne peut plus arriver ! Par Merlin !
Elles disparurent par la porte, non sans que McGonagall ne jette un regard moralisateur au professeur de Potion. Artemia n'eut pas le temps d'observer le visage de son père. Elle ne savait pas s'il ressentait une once de remord.
McGonagall ne se permit de parler que lorsqu'elles arrivèrent dans le Hall.
- Vous savez, j'ai été surprise de vous voir répartie à Gryffondor, j'aurais parié Serdaigle.
- Pas Serpentard ? Murmura la Première Année, surprise.
- Absolument pas. C'était évident que vous n'apparteniez pas à cette maison dès que je vous ai vu interagir avec Miss Granger.
- D'après vous, j'ai ma place à Gryffondor ?
La vieille dame sourit, ses yeux brillants chaleureusement.
- Après votre entêtement de ce soir, il n'y a aucun doute.
Artemia ne fut pas capable de déterminer si sa directrice lui faisait un compliment ou une critique et elle était trop fatiguée pour pouvoir approfondir la question. Elles arrivèrent devant le tableau de la Grosse Dame.
- Nous discuterons plus tard avec votre père mais si vous trouvez qu'il vous traite injustement, venez me voir, d'accord ?
Artemia hocha la tête. Elle se sentait chanceuse d'avoir cette dame comme directrice, comme protectrice.
- A l'avenir, évitez seulement de le confronter. Vous avez pu remarquer que vous étiez aussi borné l'un comme l'autre. Vous pouvez être certaine que l'issue de ses situations ne vous seront pas favorables.
Une nouvelle fois, la jeune fille acquiesça.
- Et si vous ne vous sentez pas bien demain, allez voir Madame Pomfresh. Bonne nuit, Miss Rogue.
- Bonne nuit, professeur. Et... merci.
Elle sourit légèrement et traversa le tableau. Cette nuit-là, malgré l'épuisement dont elle était victime, elle ne dormit pas paisiblement, ses démons faisant de ses rêves un enfer.
