Je ne possède aucun des personnages de la série

A la suite d'une opération compliquée avec le FBI, Alphonse et Ice se rendent compte que Charlie ne va pas bien.

Ce texte a été écris pour l'anniversaire de Costas Mandylor

En espérant que cela vous plaise !

Bonne lecture

PS : Au fait j'ai commencé à faire du tri et à remettre de l'ordre dans mes publications en faisant une sorte de table des matières dans mon profil alors n'hésitez pas à y faire un tour ;)


TOUJOURS SOLIDAIRES

La nuit était tombée sur la ville, enveloppant dans son obscurité l'appartement d'Ice, Alphonse et Charlie. La journée avait été particulièrement éprouvante : une mission sous couverture avec le FBI qui avait failli mal tourner, des moments de tension extrême et une fuite in extremis qui les avait laissés tous les trois à bout de nerfs. Chris leur avait dit d'aller se reposer, mais tous n'en était pas capable

Charlie était assis sur le canapé, son ordinateur portable sur les genoux, ses doigts volant sur le clavier alors qu'il essayait frénétiquement d'effacer toute trace numérique de leur présence lors de la mission, sûr que si jamais on remontait jusqu'à eux, ils allaient se faire torturer et tuer. Ice et Alphonse échangèrent un regard inquiet. Ils connaissaient bien leur ami, et ils pouvaient voir les signes avant-coureurs d'une crise de panique sur le point de le submerger.

- Hey, Charlie, dit doucement Alphonse en s'approchant, pourquoi tu ne ferais pas une pause ? On est en sécurité maintenant, tu sais. Chris te l'a dit.

Charlie ne leva même pas les yeux de son écran.

- Pas le temps. Je ne fais pas confiance au FBI ? Il faut que je finisse ça. Si je ne le fais pas maintenant, ils pourraient nous retrouver et alors...

Sa voix se brisa légèrement sur ces derniers mots, signe qu'avoir vu la mort d'un peu trop prêt était en train de lui faire totalement perdre pied. Ice s'avança à son tour, son visage habituellement impassible trahissant une inquiétude sincère.

- Charlie, dit-il d'une voix calme mais ferme, regarde-moi.

Pendant un instant, Charlie continua de taper frénétiquement. Puis, lentement, il leva les yeux vers Ice. C'est à ce moment-là que la digue céda. Les mains de Charlie commencèrent à trembler violemment, son ordinateur glissant de ses genoux. Alphonse le rattrapa de justesse avant qu'il ne tombe au sol et le posa sur la table. La respiration de Charlie devint erratique, ses yeux s'écarquillant de peur.

- Je... je ne peux pas respirer, haleta-t-il, la panique évidente dans sa voix.

Ice s'agenouilla immédiatement devant Charlie, prenant ses mains tremblantes dans les siennes.

- Non Charlie, c'est une crise de panique, tu le sais, mais ça va aller. On est là avec toi. Tu n'es pas seul.

Alphonse s'assit à côté de Charlie sur le canapé, passant un bras réconfortant autour de ses épaules.

- Respire avec moi, petit frère. Doucement. Inspire... expire...

Pendant plusieurs minutes, la pièce fut remplie uniquement du son de leurs respirations, Ice et Alphonse guidant patiemment Charlie à travers sa crise. Petit à petit, la respiration de Charlie commença à se stabiliser, bien que son corps continuât de trembler.

- J'ai cru... j'ai cru qu'on allait mourir aujourd'hui, murmura Charlie, des larmes coulant silencieusement sur ses joues alors qu'il se blottissait un peu plus contre Alphonse. J'ai vu ce garde pointer son arme sur toi, Ice, et j'ai pensé... j'ai pensé que c'était fini.

Ice serra doucement les mains de Charlie.

- Je sais, mais regarde, on s'en est sorti, comme toujours. Grâce à toi, d'ailleurs. C'est ton piratage informatique qui nous a permis de nous échapper.

Alphonse acquiesça vigoureusement.

- Ice a raison. Tu as été incroyable aujourd'hui. Sans toi, on serait probablement rester là-bas aujourd'hui.

Charlie ferma les yeux, prenant une profonde inspiration tremblante.

- Je… je ne sais pas si je peux continuer comme ça…

Un silence s'installa dans la pièce. Ice et Alphonse échangèrent un regard lourd de sens. Ils avaient tous les deux eu des moments similaires de doute et de peur dans leur vie, mais Charlie c'était différent, tous les deux savaient que leur ami était fragile, que son enfance violente et sans amour avait fait de lui ce jeune homme angoissé, nerveux, remplis de toc, de phobie et de doute. Il avait besoin d'eux pour aller mieux… Ce fut Alphonse qui prit la parole en premier pour tenter de l'apaiser.

- Tu te souviens de notre première arnaque ensemble ? Demanda-t-il doucement. Ce jour-là à Las Vegas, quand tout a failli partir en vrille ?

Un faible sourire apparut sur le visage de Charlie dont la tête était toujours calée sur son épaule.

- Comment pourrais-je oublier ? Tu as improvisé ce numéro de magicien complètement fou pour nous faire sortir du casino.

Ice rit doucement.

- Et toi, tu as piraté le système de sécurité en un temps record. C'était la première fois que je réalisais à quel point tu étais doué.

- Ce que je veux dire, continua Alphonse, c'est qu'on a toujours réussi à s'en sortir. Ensemble… et ça ne changera pas, que ce soit face à des casinotiers en colère ou à des trafiquants qui veulent notre peau.

Charlie hocha lentement la tête, son corps commençant enfin à se détendre alors qu'il se redressait doucement.

- Je suis désolé d'avoir craqué comme ça, murmura-t-il.

- Ne t'excuse jamais pour ça petit frère, dit fermement Ice. On est une équipe. Plus que ça, on est une famille. On est là les uns pour les autres, dans les bons moments comme dans les mauvais.

Alphonse lui tapota l'épaule pour lui confirmer la même chose puis, se leva du canapé.

- Vous savez quoi ? Je pense qu'on a tous besoin d'un remontant. Qui est partant pour des pancakes ?

Charlie leva un sourcil surpris.

- Des pancakes ? À cette heure-ci ?

- Il n'y a pas d'heure pour les pancakes, déclara solennellement Alphonse, et puis, c'est la seule chose que je sais cuisiner sans risquer d'empoisonner quelqu'un à part la paëlla et ce n'est pas non plus l'heure.

Pour la première fois depuis des heures, un véritable rire s'échappa des lèvres de Charlie. Ice sourit, se relevant et tendant une main à Charlie pour l'aider à se lever.

- Allez, viens. On va t'apprendre à faire les meilleurs pancakes de minuit de toute la côte Est.

Alors qu'ils se dirigeaient tous les trois vers la cuisine, l'atmosphère dans l'appartement avait complètement changé. La tension et la peur avaient laissé place à une chaleur réconfortante, le genre qu'on ne trouve qu'auprès de ceux qui nous connaissent vraiment et nous acceptent entièrement.

Pendant les heures qui suivirent, entre les rires, les batailles de farine improvisées et les discussions à cœur ouvert, Charlie réalisa quelque chose d'important. Peu importe les défis qu'ils auraient à affronter, peu importe les moments de doute ou de peur, il ne serait jamais seul. Ice et Alphonse seraient toujours là, prêts à le rattraper s'il tombait, à le faire rire quand il en avait besoin, à le soutenir quand le monde semblait trop lourd à porter.

C'était ça, la vraie magie de leur amitié. Pas leur capacité à réussir des coups impossibles ou à échapper aux problèmes, mais cette connexion profonde, cette compréhension mutuelle qui leur permettait de se voir dans leurs moments les plus vulnérables et de s'aimer malgré tout, ou peut-être justement pour cela.

Alors que l'aube pointait à l'horizon, éclairant doucement la cuisine où les trois amis étaient encore en train de parler et de rire, Charlie sut avec certitude qu'il pouvait affronter n'importe quoi tant qu'il avait Ice et Alphonse à ses côtés. Ensemble, ils étaient plus que des escrocs, plus que des agents. Ils étaient une famille, unie par des liens plus forts que le sang ou la loi.

Et c'était tout ce dont ils avaient besoin.