Chapitre 3 : quelle que heure plutot

Bandit, épuisé par les événements qui venaient de se produire, tomba de fatigue et s'endormit profondément, commençant à se rappeler ce qui s'était passé plus tôt dans la soirée quand il avait dû aller chercher Stripe au poste de police. Ce qui avait vraiment énervé Bandit à ce moment-là...

Flashback :

Le Blue Heeler arriva à l'entrée du poste de police, saluant l'officier qu'il commençait à bien connaître, car Stripe n'en était pas à son premier coup d'essai. Il prit la parole, exaspéré :

— Il a fait quoi encore, cette andouille ?

Le Berger Allemand en face de lui prit la parole d'un ton un peu sarcastique, un sourire en coin :

— Comme d'habitude, vous savez, ivre dans un buisson... Il faudrait penser à faire la carte de fidélité. Au bout de la dixième fois, on vous offre les menottes !

Il se mit à ricaner en guidant Bandit jusqu'à la cellule de dégrisement.

Le grand Blue se dit dans sa tête : Ce n'est pas une carte de fidélité que je vais lui faire, je vais lui tirer les oreilles jusqu'au sang ! Il abuse ! Je suis épuisé après mon voyage, et il le sait... Il ne sait vraiment pas se tenir !

Les deux chiens arrivèrent devant la cellule, et Stripe, couché sur le sol, se leva en voyant son frère le foudroyer du regard. Il gratta sa tête et commença à ouvrir la bouche, mais fut coupé instantanément par Bandit, qui, vu son regard, savait qu'il allait recevoir la correction de sa vie. Bandit ouvrit la bouche et dit d'un ton très exaspéré :

— Toi, tu vas voir quand on sera dehors, me faire honte comme ça...

Stripe baissa les yeux instantanément, sachant que s'il ouvrait la bouche, Bandit n'hésiterait pas à le corriger devant les policiers.

Bandit souffla et regarda le policier, sortant son portefeuille :

— Je vous dois combien, Monsieur l'agent, pour la caution de mon frère ?

L'autre chien poussa la main de Bandit et répondit :

— Ne vous en faites pas, rien. Mais il va falloir qu'il se calme, parce que là, le chef de police hésite à le faire passer au tribunal pour trouble à l'ordre public. Donc, il faudrait que quelqu'un se calme sur la bouteille, si vous voyez ce que je veux dire.

Le frère de Stripe rétorqua :

— Ne vous en faites même pas, je vais m'occuper de lui.

Il lança un regard noir à Stripe et lui ordonna :

— Toi, dans la voiture, tout de suite ! On a une discussion à avoir, et tout de suite.

Son petit frère s'exécuta et alla à la voiture, accompagné de Bandit, qui disait au revoir à l'agent, le remerciant encore de ne rien lui avoir fait payer et lui souhaitant une bonne soirée. Si seulement il savait que la soirée allait tourner au cauchemar... Je pense qu'il se serait abstenu de lui dire ça. Les deux chiens d'âge mûr entrèrent dans la voiture. Stripe se mit sur le siège passager, et Bandit verrouilla la voiture. Stripe mit ses mains sur son visage pour ne pas se faire frapper. Bandit souffla et dit :

— C'est bon, baisse tes mains, je ne vais pas te frapper, mais on va avoir une sacrée discussion. D'abord, on va aller te chercher à manger, parce que je présume que Monsieur n'a rien mangé depuis un moment. Ensuite, on va discuter de ton comportement, si tu ne veux pas que j'en parle à maman et papa. Est-ce que j'ai été clair, Stripe ?

Il répondit d'une petite voix :

— Oui, grand frère.

Le grand Blue conduisit jusqu'à une enseigne de fast-food qui se nommait Dogmac. Il prit de quoi manger pour son frère et lui-même, puis conduisit jusqu'au belvédère où Chilli et Frisky allaient, plus jeunes, quand elles avaient des problèmes. Il entrouvrit la fenêtre, et les deux commencèrent à manger. Puis Bandit posa son burger et regarda Stripe sérieusement :

— Tu peux me dire pourquoi tu fais ça ? Et ne me dis pas que tu ne l'as pas fait quand j'étais absent. Tu crois que je ne suis pas au courant que Wendy a dû garder Bingo et Bluey en pleine nuit parce que tu avais tellement bu que tu n'étais vraiment pas bien, au point que Chilli a dû t'emmener à l'hôpital ? Stripe, je t'aime, tu es mon frère, mais s'il y a des problèmes, il faut le dire et ne pas noyer ton chagrin dans cette merde d'alcool. À quoi ça t'avance de faire ça, dis-moi ?

Il leva un peu la voix sur la fin de sa phrase.

Stripe frappa le tableau de bord de la voiture, rétorquant à son frère entre larmes et colère :

— Attends, c'est pas l'hôpital qui se fout de la charité, putain ! Le mec qui a la vie parfaite me fait la morale. Bordel, tu crois que je ne le sais pas que tu es meilleur que moi en tout ? Ce n'est pas comme si tu me le rappelais depuis gamin !

Bandit regarda son frère en posant une main sur son épaule :
— Pourquoi tu t'énerves ? Dis-moi ce qui ne va pas à la fin.

Stripe lui lança un regard noir et lui fit un doigt d'honneur : Connard, et tu oses me demander pourquoi ? Je pense que ta femme ne t'a pas tout raconté, à ce que je vois. En plus, tu te permets de me juger alors que toi, tu as tout. Des enfants parfaits, une femme, une maison, zéro disputes... T'as toujours quelqu'un qui t'aime !

Son frère, surpris par cette réaction, le laissa continuer en silence, l'écoutant attentivement. Stripe commença à raconter la véritable histoire de ce qui s'était passé à l'hôpital. Ce n'était pas pour lui qu'il y était allé, mais pour Trixi. Lors d'une de leurs disputes après que les filles étaient endormies, Stripe avait bu pour oublier que l'amour de sa vie commençait à le détester. Il était dépassé par les événements, ne l'aidait pas beaucoup et préférait fuir les problèmes par peur d'affronter la vérité.

Ce soir-là, Trixi avait voulu s'excuser. Ses paroles avaient dépassé sa pensée, et elle ne voulait pas se séparer de Stripe malgré tout. Elle l'aimait, même si elle le trouvait insupportable parfois. Mais en le voyant affalé sur le canapé, une bouteille à la main, elle s'était énervée et lui avait demandé d'arrêter de boire, disant que c'était indigne de lui. Stripe, déjà sur les nerfs, s'était levé pour la pousser, lui disant de se mêler de ses affaires, mais il l'avait poussée un peu trop fort. Elle avait basculé en arrière et s'était cogné la tête contre le bord de la table.

Suite au choc, elle avait perdu une grande partie de sa mémoire, y compris le souvenir de leurs filles. Depuis, Stripe sortait tous les soirs pour noyer son chagrin, rongé par la culpabilité d'avoir blessé sa femme, même involontairement. Trixi, quant à elle, ne reconnaissait plus ses enfants et était devenue distante avec eux. Bien qu'elle commençât à retrouver quelques souvenirs par bribes, cela ne changeait rien à la douleur de Stripe, qui revivait sans cesse cette scène.

Stripe pleurait en racontant :
— Voilà pourquoi je bois, bordel ! Parce qu'à chaque fois que je ferme les yeux, je vois cette scène atroce où j'aurais pu tuer la mère de mes enfants, l'amour de ma vie, juste parce que je suis trop con !

Bandit, horrifié, comprit que son frère était au bord du gouffre. Il frotta doucement son dos tandis que Stripe pleurait. Il voyait bien à quel point cet événement l'avait traumatisé. Bandit ne pouvait plus lui faire la morale, car si cela lui était arrivé, il n'aurait sans doute pas su comment gérer la situation sans se détruire lui-même.
— Stripe, dit-il avec compassion, je suis dur avec toi non pas parce que je te déteste, mais parce que je t'aime. Je veux que tu puisses t'épanouir. Je comprends que cet événement a dû être très dur pour toi, mais noyer ta culpabilité dans l'alcool n'arrangera rien. Tu dois tout dire à Trixi. Dis-lui que tu es perdu, que tu as besoin de son aide. Excuse-toi, cela n'effacera pas ce qui s'est passé, mais tu seras honnête avec elle. Je pense que si Chilli ne m'a rien dit, c'est parce qu'elle espérait que tu me le dirais toi-même. Et tu sais, ce n'est pas parce que Chilli et moi ne nous disputons jamais en public qu'on ne le fait pas.

Stripe, les yeux pleins de larmes, les mains tremblantes, murmura :Mais si elle ne me pardonne pas et m'abandonne ? Elle est tout pour moi, je l'aime, mais je suis perdu. À chaque fois que je veux l'aider, je me sens inutile, et elle s'énerve... Je panique et je fais pire que bien.

Bandit répondit doucement :Est-ce que tu lui as dit tout ça ? Parce que tu me le dis à moi, mais elle, est-ce qu'elle sait ce que tu ressens ? Vous ne parlez pas, et c'est pour ça que rien ne s'arrange. Allez, rentre chez toi, elle doit s'inquiéter pour toi. Promets-moi que tu arrêteras de boire et que tu lui parleras.

Stripe hocha la tête, bouleversé. Il regarda son téléphone qui vibrait sans cesse. Des messages de Trixi s'y étaient accumulés

Trixi : "Stripe, tu es parti à 20h, où es-tu ? Ça m'inquiète, réponds-moi." (envoyé à 22h)
Trixi : "Stripe, où es-tu ? Je m'inquiète vraiment." (22h30)

Trixi : "Si c'est une blague, ce n'est pas drôle. Rentre, s'il te plaît." (22h40)

Trixi : "Stripe, je suis terrifiée. Il y a des bruits dehors, je ne sais pas ce que c'est, je vais appeler la police."

Un nouvel appel retentit, Stripe répondit en tremblant. Avant même qu'il ne puisse parler, il entendit Trixi en pleurs :Stripe, à l'aide, s'il te plaît, rentre vite ! Il se passe quelque chose dehors, je suis enfermée à l'étage ! La police ne répond pas... Où es-tu ?

La ligne se coupa brusquement. Stripe hurla, paniqué :
— Trixi ! Trixi, réponds-moi !

Il se tourna vers son frère : Je dois y aller, désolé. On parlera plus tard, je te promets que je ne boirai plus jamais. Il ouvrit la porte et se mit à courir le plus vite possible, son cœur battant à tout rompre.

Bandit pencha la tête, ne sachant pas vraiment ce qu'il avait vu, mais il était content que son petit frère lui ait promis de ne plus boire. Il rentra chez lui.

DU CÔTÉ DE STRIPE

Le jeune chien courait toujours, apercevant sa maison au loin. Il accéléra le mouvement, la tête bourdonnante à l'idée qu'il puisse arriver quelque chose à Trixi ou même aux enfants. Il ouvrit la porte d'entrée, déclenchant aussitôt l'alarme de sécurité. Trixi, sûrement dans la panique, avait dû l'activer.

Il ne prit même pas le temps de désactiver l'alarme et se précipita à l'étage. Là, il trouva Trixi, recroquevillée dans un coin de leur chambre, totalement paniquée et tremblante. Stripe s'approcha d'elle pour essayer de la calmer et comprendre pourquoi elle était dans un tel état. Il prit le téléphone de sa femme pour désactiver l'alarme et lui posa la question :

— Pourquoi tu es si paniquée ?

La chienne grise se jeta sur lui, s'effondrant en larmes, tremblant comme une feuille. Entre deux sanglots, elle réussit à articuler :Dis-moi que tu as fermé cette putain de porte, je t'en supplie, Stripe !

Il pencha la tête, surpris : Bah non, j'ai pas eu le temps. Tu m'as tellement fait paniquer que j'ai rien fermé. Pourquoi j'aurais dû fermer la porte après tes messages ? Tu m'as fait tellement peur…

Elle le gifla, tremblant encore plus : Il faut la fermer tout de suite, je t'en supplie, il faut la fermer !

Un grognement retentit au rez-de-chaussée. Trixi se figea, se rappelant soudain la scène atroce qu'elle avait vue dix minutes plus tôt, juste avant que la connexion avec Stripe ne soit coupée. Elle avait vu une bête déchiqueter un autre chien et le projeter contre un poteau électrique, brisant tous ses os, le crâne se fendant avec un bruit écœurant.

Stripe se leva, alarmé : C'est quoi ce bruit, bordel ?

Trixi lui attrapa la main, le suppliant de ne pas sortir. Elle tremblait tellement qu'on aurait dit qu'elle avait vu le diable en personne. Il faut partir, je t'en supplie, c'est trop dangereux !

Il soupira : Bon, je vais aller voir. Je peux pas laisser les filles seules si c'est un cambrioleur, elles pourraient être blessées.

Il entendit alors sa femme murmurer un mot, presque inaudible, mais terrifiant : Monstre...

Surpris, il répliqua : Un monstre ? Comment ça, un monstre sa existe pas ?

Au même moment, il entendit la porte de la chambre des filles s'ouvrir, avec son grincement caractéristique. Puis, le bruit lourd du rez-de-chaussée, comme si quelque chose titubait et peinait à avancer, suivi d'un grognement guttural, inhumain, comme si la gorge de l'individu était remplit de liquide se rua sur La jeune heeler claqua la porte de la chambre pour s'enfermer à l'intérieur avec sa petite sœur. La créature frappait violemment contre la porte où se trouvaient les enfants. Muffin hurla le nom de son père. Stripe répondit en criant :

— MUFFIN ! METS LE PLUS DE DÉSORDRE POSSIBLE DEVANT LA PORTE ! CE N'EST PAS MAMAN NI MOI DEVANT, QUOI QU'IL ARRIVE, IL NE FAUT PAS QUE ÇA ENTRE ! OUVRE LA FENÊTRE !

Paniqué, Stripe verrouilla la porte de leur chambre, puis ouvrit la fenêtre, regardant le vide en dessous. Il agrippa le rebord, utilisant ses dernières forces pour se hisser sur le toit. Trixi, restée à l'intérieur, était complètement tétanisée par la situation. Stripe saisit une tuile du toit pour s'appuyer, mais celle-ci céda sous son poids. Il faillit perdre l'équilibre et s'écraser en bas, mais il parvint à se stabiliser. Essoufflé, il progressa lentement jusqu'à la fenêtre de la chambre de ses filles.

Pendant ce temps, la créature continuait à frapper la porte avec rage. La porte commençait à craquer, prête à céder sous les assauts répétés. Muffin et Sock étaient collées contre la fenêtre, hurlant que le monstre allait entrer. Stripe accéléra le pas, se penchant au maximum au-dessus de la fenêtre, tendant la main tout en essayant de garder son équilibre.

— Muffin, je sais que je t'ai toujours interdit de faire ça, mais tu vas devoir monter sur le rebord de la fenêtre. Je ne peux pas descendre plus bas pour vous attraper. Il faut que tu portes ta petite sœur pour que je puisse la récupérer. Tu peux faire ça pour papa, ma grande ?

Muffin attrapa un tabouret et le plaça près du rebord de la fenêtre. La porte se brisait de plus en plus, prête à céder. Elle aida sa petite sœur à monter sur le rebord et tenta de la soulever pour qu'elle soit plus haute et accessible à leur père. Stripe réussit à attraper Sock, la hissant juste à temps avant que la porte ne cède complètement. Le monstre se rua sur Muffin.

Un hurlement retentit :SAUTE, MUFFIN !

La petite sauta par la fenêtre, suivie par le monstre. Stripe lâcha ses appuis pour attraper Muffin in extremis, écartant sa fille du passage du monstre qui venait de se jeter par la fenêtre. La créature manqua sa cible et s'écrasa sur le sol, son crâne se brisant contre le bitume, la tuant sur le coup. Stripe aida sa fille à se hisser sur le toit, malgré la difficulté. Il voulait simplement qu'elle soit en sécurité, quitte à lui faire mal en lui tirant sur la fourrure.

Une fois sur le toit, Stripe retourna à la fenêtre de la chambre et appela Trixi, toujours recroquevillée dans un coin, tremblante : Trixi, j'ai besoin d'aide, s'il te plaît. Il faut que tu attrapes les filles, je ne peux pas les faire descendre seul.

Trixi l'entendit et s'approcha de la fenêtre pour attraper sa fille que Stripe lui tendait. Lorsqu'elle saisit la jeune chienne, elle murmura : Bordel de merde, c'est quoi ça…

Face à elle, une vision d'horreur : des centaines de créatures comme celle qui les avait attaqués se dirigeaient vers leur maison, telles une vague déferlante. Stripe leva les yeux, abasourdi. Il pressa le pas pour faire descendre Sock le plus vite possible.

Quand il redescendit enfin dans la chambre, la maison était encerclée par les créatures. Stripe attrapa une armoire lourde et fit signe à Trixi de l'aider à barricader la porte. Ensuite, il se mit à faire les cent pas, cherchant une solution pour sortir sans que personne ne soit blessé.

Muffin, encore dans les vapes, croyant qu'elle rêvait, tira les poils de la jambe de son père : Papa, pourquoi il y a autant de monde autour de la maison ? Et pourquoi la porte est bloquée ?

Son père se mit à sa hauteur et répondit : Je ne sais pas, Muffin, mais ils sont très dangereux. Il ne faut surtout pas qu'ils nous entendent. Tu peux promettre de ne pas crier ni faire de crise ? On va devoir partir et laisser nos affaires ici, c'est trop dangereux. Je sais que récemment, je n'ai pas été un bon père, mais il faut que tu me fasses confiance, s'il te plaît.

Au moment où il disait cela, une voiture à l'extérieur se mit à sonner à cause de son alarme. Stripe vit alors toutes les créatures se ruer vers la source du bruit, comme si elles étaient aveugles et se guidaient au son. Cela lui donna une idée. Il demanda à sa fille :

— Muffin, dis-moi, tu n'as pas éteint la radio connectée pour la musique en bas, comme chaque jour ?

La jeune fille, gênée mais intriguée par la question, chercha à comprendre où son père voulait en venir... elle était blottie avec sa sœur contre leur mère mes elle répondit a son père: non désoler papa Il se rua sur elle pour l'embrasser :

Tu sais que je t'adore, ma gamine !

Les trois filles le regardèrent comme s'il était devenu fou. Trixi, intriguée par sa réaction, lui demanda :Pourquoi tu dis ça ?

Il la regarda et lui fit signe, montrant l'alarme de la voiture qui sonnait, attirant toutes les créatures vers elle. Il lui chuchota à l'oreille :

Elles sont attirées par le bruit. On va utiliser la radio connectée pour les attirer à l'intérieur, puis je vais faire exploser le barbecue pour déclencher un incendie. Ça devrait nous laisser suffisamment de temps pour fuir. Qu'en penses-tu ?

En guise de réponse, Trixi hocha la tête. Les deux jeunes enfants étaient perdues, croyant vivre un cauchemar tant la situation était irréelle. Stripe se baissa à la hauteur de Muffin, lui tendant son téléphone et écrivant sur le clavier pour ne pas faire de bruit :Mets la musique la plus forte que tu connais, s'il te plaît.

Muffin prit le téléphone, cherchant une chanson. Elle ne comprenait pas pourquoi son père lui demandait ça dans une situation aussi critique, mais elle le fit. Il récupéra le téléphone et lança la musique qu'elle avait choisie. Il parla à voix basse, presque inaudible : Le plan, les filles : dès que toutes ces créatures seront à l'intérieur, maman descendra par la gouttière avec l'une de vous. Ensuite, je ferai de même. Pendant qu'elles seront distraites, je passerai par le jardin pour allumer le gaz du barbecue. On aura environ une minute pour courir aussi loin que possible avant que l'explosion ne crée une réaction en chaîne et mette le feu. Ça nous laissera le temps de rejoindre Bandit chez lui. Tout le monde a compris ? Il faut être le plus discret possible.

Tout le monde hocha la tête sauf Trixi, qui se mit à sangloter. Toute sa vie récente lui paraissait insensée. Elle ne comprenait plus rien : qui étaient ces enfants autour d'elle, et pourquoi elle vivait ici. Tout cela lui faisait peur. Elle éclata en sanglots, murmurant qu'elle n'y arriverait pas, qu'elle était inutile. Stripe couvrit sa bouche pour l'empêcher de faire du bruit, lui caressant la tête : Bien sûr que tu vas y arriver. Je t'aime, et tu es bien plus forte que moi. Si tu ne m'aides pas à garder confiance, je ne vais pas réussir à tenir.

La patte de Stripe tremblait, ce qui fit comprendre à la chienne grise qu'il avait tout aussi peur, mais qu'il tenait énormément à eux. Cela lui donna du courage. Elle s'excusa, essuya ses larmes, se ressaisit et fit signe à Stripe de lancer la musique sur la radio connectée. Comme il l'avait prévu, les créatures furent attirées par le son. Il leur fit signe d'attendre, car il y avait encore trop de monstres à l'extérieur.

Quand toutes les créatures furent enfin à l'intérieur de la maison, Stripe fit signe à Trixi de descendre. Muffin s'agrippa au cou de sa mère, qui la porta sur son dos pour la faire descendre. Une fois au sol, Stripe fit de même avec Sock. Lorsqu'ils arrivèrent en bas, ils se cachèrent. Stripe se glissa sous les fenêtres et les baies vitrées de la maison pour accéder au barbecue et allumer le gaz.

Ce qu'il ignorait, c'est que Muffin était partie en courant récupérer une de ses poupées qui se trouvait devant l'une des vitres où les créatures s'étaient agglutinées. Elles fixaient la petite fille à travers la vitre, commençant à s'accumuler contre celle-ci. Muffin récupéra sa poupée et sourit à sa mère, la lui montrant sans se rendre compte de ce qui se passait derrière elle. Stripe entendit du mouvement et se dépêcha d'ouvrir le gaz à fond, mais alors qu'il revenait, il entendit Trixi hurler : MUFFIN, ATTENTION !

Stripe accourut sans aucune précaution, voyant sa fille sur le point d'être attaquée par les créatures qui commençaient à fissurer la baie vitrée. Il attrapa Muffin, qui tenait toujours sa poupée, et courut aussi loin que possible :

À TERRE !

Il se jeta à terre. Une explosion massive retentit, les assourdissant temporairement à cause de la déflagration. Quand Stripe se retourna, il vit leur maison en flammes, les créatures brûlant mais toujours vivantes. Ils se relevèrent et commencèrent à s'éloigner, se dirigeant vers la maison de Bandit. C'est alors que Stripe reçut un étrange message sur son téléphone. Bandit parlait d'un homme dans la forêt et disait qu'il allait le rejoindre, leur demandant surtout de ne pas venir au centre de Brisbane. Stripe ne comprenait pas le message, mais Trixi attrapa son téléphone et lui demanda :

— Bandit ne parle-t-il pas du père de Chilli, qui vit dans une sorte de bayou ?

Stripe hocha la tête, pensant qu'elle avait sûrement raison. Ils se dirigèrent tous vers la destination indiquée par Bandit, disparaissant dans l'obscurité.


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