Eh bien euh, désolée pour le délai ?
Je ne peux pas promettre que ça ne se reproduira plus, mais je m'excuse platement. La fin approche, un chapitre + épilogue normalement, donc je devrais réussir à fini avant d'avoir un nouveau blocage !
Les semaines passent dans une espèce de dichotomie limite schizophrène entre le Dean de la semaine, qui peine à faire autre chose que se noyer dans le travail pour s'empêcher de penser à Castiel, et le Dean du week-end, qui ne pense, ne vit et ne respire que Castiel.
Chaque jeudi, il demande innocemment à un Sam pas dupe pour un rond s'il compte passer la nuit de samedi chez Eileen. Et Sam répond "oui" à chaque fois. Juste pour voir son frère essayer de cacher son sourire. Parce que c'est mieux de masquer une joie mal assumée qu'enterrer un désespoir qui dévore tout. Parce que Dean a l'air plus vivant dimanche après dimanche. Même si Sam n'a aucune envie d'imaginer ce qui peut se passer dans les murs de sa maison en son absence, merci bien. Parce que Dean a des étoiles dans les yeux quand il l'écoute parler d'Eileen. Parce qu'il a souri quand Sam a évoqué un peut être possible déménagement futur chez elle, un jour.
Sam respire à nouveau. Béni soit Castiel.
- J'ai un message pour vous de la part de Gabriel.
Dean lève les yeux vers son psy. La séance touche à sa fin, et il est plutôt surpris du brusque revirement de conversation vers quelque chose qui n'est définitivement plus de l'ordre du professionnel. Étrange.
- Il vous invite, vous et votre frère ainsi que les collègues que vous souhaiteriez ajouter à la soirée du réveillon du Nouvel an, à la Guinguette.
Euh, quoi ? Comment ? Pourquoi ?
- C'est juste une soirée entre amis Dean, rien de formel.
Les questions ont dû défiler sur son visage aussi clairement que s'il les avait formulées à voix haute.
- Vous y serez ?
Il a beau avoir repris du poids, avoir retrouvé un sommeil presque normal et toutes ces petites choses, une constance reste : Castiel est son monde. Et c'est terrifiant. Le psy hoche simplement la tête.
- J'en parlerais à Sammy et à Charlie, peut-être à Bobby si ça vous va ?
- Bien sûr.
Dean se retrouve donc planté, le soir du 31 décembre, coupe de champagne à la main, au milieu d'une foule d'inconnus dans des tenues bien trop chères. Il distingue la tête de Sam qui surplombe tout le monde et sociabilise, le sourire aux lèvres. Charlie et Balthazar ont tout l'air de préparer un plan foireux, complotent autour d'une table jonchée de shots vides. Bobby est en grande conversation avec une femme aux cheveux argent couverte de bijoux qui valent individuellement probablement plus que la maison de Dean.
Il pioche sans trop y penser dans les plateaux de petits fours et amuse-gueule déposés sur de longues tables dans le fond de la salle, sourit automatiquement à ceux qui s'approchent de lui, mais le cœur n'y est pas. La musique classique vaguement audible n'est pas son style. Et Cas' n'est pas là. Il n'a pas vraiment envie de boire. Et Cas' n'est pas là. La bouffe est divine cependant. Mais Cas' n'est pas là.
Argh !
Les portes battantes qui séparent la cuisine de la fête s'ouvrent et se referment dans un "flap flap" discret. Il jette un coup d'œil et aperçoit un homme aux cheveux blond foncé dont la longueur ferait sûrement pâlir d'envie Sammy. Il est chargé de quatre plateaux débordant de mini burger, et bon, Dean est loin d'avoir toujours de bonnes manières, mais on ne peut pas risquer la chute de ces merveilles, non ? Il pose sa coupe encore pleine sur la table et se précipite pour s'emparer d'autorité des deux plateaux en équilibre sur le bras gauche de ce qu'il pense être un serveur. L'homme murmure un merci pendant qu'il dispose la nourriture et observe le résultat d'un œil critique. Dean a la politesse d'attendre qu'il ait terminé, pas beaucoup plus, et engouffre un mini burger, un grognement de pure félicité aux lèvres.
L'inconnu s'est accoudé contre la table qui les sépare, un petit sourire en coin aux lèvres alors qu'il l'observe grimper au septième ciel des papilles. Dean tente un petit signe de tête entre l'excuse et ce qu'il espère être quelque chose d'amical avant de commencer à chercher une ouverture pour pouvoir se sauver.
- Dean, c'est ça ?
Ah, merde. Retraite abandonnée. Il l'a déjà croisé, ce type ?
- Euh, oui. C'est vraiment excellent, uh, mes compliments au chef.
Voilà, aimable et tout. L'homme sourit, le coin de ses yeux aux iris whisky se plisse, mais il y a quelque chose d'inquisiteur dans ce regard, malgré l'amabilité apparente.
- Le chef apprécie, Deano.
Oh merde.
- Ah, Gabriel, je suppose ?
- Tu supposes bien.
Bon. Ce frère-ci est bien plus petit que lui, s'il tente l'approche force brute, il n'a aucune chance. D'un coup Dean regrette d'avoir avalé ce burger, et s'il y avait un piège quelconque ? Respire Dean, le Veritaserum n'existe pas dans la vraie vie. Et il n'a rien fait pour mériter l'empoisonnement, si ?
- Maintenant que tu m'as prouvé tes qualités d'enquêteur, tu veux peut être autre chose à boire que ce champagne qui doit être aussi chaud que l'entrejambe de la mère Johnson.
Il indique d'un petit signe de tête discret la femme qui rit à gorge déployée face à Bobby. Dean masque à grand peine l'exclamation mi choquée mi amusée qui s'échappe de ses lèvres. Le troisième frangin a l'air d'être un sacré numéro.
- Euh, je ne dirais pas non à quelque chose sans alcool.
Gabriel acquiesce et d'un petit signe de main, l'invite à le suivre derrière les portes battantes. La cuisine est presque complètement éteinte, mais l'acier et l'inox brillent comme autant de miroirs rutilants. Le cuisinier ne demande même pas à Dean ce qu'il veut, il se contente d'allumer un brûleur à gaz sur un des pianos de cuisson, avant d'ouvrir les portes métalliques des chambres froides pour y piocher ce qu'il compte lui servir. Dean l'observe en silence verser, mélanger, saupoudrer. Ca sent divinement bon et quelques minutes plus tard, il se retrouve avec le chocolat chaud le plus épais et épicé de sa vie sous le nez.
- Merci.
Il touille quelques secondes et lève sa cuillère pour goûter. Le ronronnement qui vibre dans sa gorge est presque obscène. Gabriel sourit.
- C'est bon, hein ? Cassie m'a dit que tu aimais ma recette de Chaï, j'ai mis les mêmes épices.
- Oh c'est vot-ta recette ? Oui, c'est vraiment excellent. J'ai essayé de la reproduire mais je n'ai jamais eu le même résultat.
- Ah, secret de fabrication.
Gabriel prend un air conspirateur avant de lever sa tasse et de tremper les lèvres dans le chocolat. Il marmonne un "hum" satisfait avant de la reposer.
- Balthazar t'a un peu malmené je crois, non ?
Dean garde les yeux baissés sur sa tasse, remuant vaguement le liquide épais pour s'occuper.
- Je comprends pourquoi il l'a fait, j'ai aussi un petit frère.
- Le Sasquatch au regard de chiot, je sais.
C'est bizarre quand quelqu'un que vous n'avez jamais croisé de votre vie a l'air de tout savoir sur vous. Mais Gabriel a quelque chose, peut-être est-ce cette passion déraisonnable pour les liquides archi sucrés, qui adoucit cette intrusion dans la vie de Dean.
- Tu veux aussi me menacer des pires tourments si jamais je fais du mal à Castiel, c'est ça ?
Dean lève les yeux sur le cuisinier qui l'observe de ce regard propre aux Novak, qui vous scanne sans aucune gêne.
- Cassie n'a pas eu une vie facile, et Balt ne s'est jamais pardonné d'être parti de la maison quand il a eu le plus besoin de lui.
- Quand vos parents ont appris qu'il aimait les hommes ?
Gabriel hoche la tête en silence. Il prend une gorgée de chocolat avant de reprendre.
- Oui. Ça n'a pas été une surprise pour nous quand Cassie nous l'a avoué. Il n'a jamais voulu se cacher, et il pensait que les parents l'accepteraient comme nous. Ça n'a pas été le cas. Balt avait déjà été accepté à l'école d'hôtellerie de New-York, et j'étais en cuisine douze heures par jour avant de partir le rejoindre. Je voyais bien que l'ambiance était, hum, tendue à la maison, mais Cassie ne s'est jamais plaint.
Gabriel soupire.
- Il est resté deux ans sans nous, avec des parents qui l'ignoraient au maximum. Il n'a jamais eu beaucoup d'amis parce que les gens le trouvent souvent bizarre, trop honnête ou je ne sais quelle connerie. Bref, à peine diplômé, Balthazar est parti le chercher et il s'est rendu compte du mal qui avait été fait. Cassie a toujours été timide, un peu effacé, et après deux ans sans nous c'était à peine s'il osait regarder quelqu'un en face ou parler.
Dean sent une poussée de colère lui enserrer la gorge. Ses poings se crispent de chaque côté de sa tasse. Comment peut-on rejeter son enfant comme ça ? Son propre père était distant, souvent absent, bourré et colérique, mais il avait l'excuse d'avoir été détruit par le deuil de sa femme. Les parents de Cas' sont juste des trouducs sans cœur.
- Et finalement Cassie croise la route de Michael, beau gosse issu d'une famille d'avocats, de juges et j'en passe. Friqué, classe, balais en or 24 carats coincé dans le cul évidemment, mais il avait l'air correct avec lui.
- Et il ne l'a pas été.
Dean grogne ces mots plus qu'il les articule, mais Gabriel a compris.
- Non, cet enfant de putain allait se faire ramoner par son assistant personnel dès qu'il en avait l'occasion, et elles étaient nombreuses. Castiel a été anéanti quand l'affaire est remontée à ses oreilles. Il n'est pas sorti de chez lui pendant trois mois. On se relayait avec Balt pour lui tenir compagnie et le forcer à émerger de son lit.
Castiel, le calme. Castiel, la sérénité. Castiel la force tranquille, brisé par un fils de pute ? S'il le croise, Dean en fait de la charpie, plus assez d'adn pour identifier le corps, c'est sûr et certain.
- Je ne déballe pas sa vie pour le plaisir, Deano, je veux que tu comprennes qu'on ne laissera pas l'histoire se répéter une troisième fois pour Castiel. Il a été abandonné et trahi deux fois, je pense que ça suffit.
Dean hoche la tête.
- Et si tu joues au con, j'ai au moins cinquante recettes en tête pour accommoder tes parties et te les servir à dîner, Agent Fédéral ou pas.
Dean ne peut empêcher un rire nerveux de s'échapper de ses lèvres.
- Message reçu, Gabriel. Mais, comme je l'ai dit à Balthazar, je n'ai aucune envie de lui faire du mal. Castiel est vraiment quelqu'un de bien.
Et je donnerais ma vie pour lui s'il le fallait. Mais ça, Gabriel n'a pas besoin de le savoir.
- Il l'est, oui.
Gabriel lève les yeux vers la pendule accrochée au-dessus des portes battantes.
- Il doit être arrivé, ne le fait pas attendre, Deano.
Dean termine sa tasse et se lève.
- Merci Gabriel, et, uh, encore bravo pour ta cuisine, c'est… Bref, merci.
Il se sauve dans la salle, immédiatement agressé par le brouhaha et la chaleur moite ambiante. Il balaye la foule du regard à la recherche d'une masse de cheveux noirs en bataille, et il se dirige rapidement vers une alcôve qui doit probablement abriter des tables plus intimes quand le restaurant est ouvert, pour trouver un peu de calme. De loin, il voit que Sammy a rejoint Charlie et Balthazar, et le nombre de shots sur la table a atteint un chiffre totalement délirant. Bobby semble s'être dépétré de la fameuse Madame Johnson, il discute avec celui que Dean croit reconnaître comme étant l'ancien Maire de la ville.
Il soupire. S'il n'y avait pas l'espoir de voir Castiel ce soir, il serait probablement déjà rentré. Il s'appuie contre le pilier de pierre fraîche de l'alcôve et continue à chercher de longues minutes, en vain. Il check son téléphone toutes les dix secondes, il est déjà presque 21h30. Caaaaaas' !
Sans prévenir, quelque chose frôle le bas de son dos, léger comme une plume. Et soudain, elle est là, cette odeur unique de cannelle et de gingembre, cette chaleur qui vient trouver sa place juste derrière lui.
- Hey, Cas'.
Dean ne se tourne pas vers lui, mais un grand sourire lui fend le visage.
- Bonsoir Dean, désolé du retard. Mon rendez-vous s'est un peu éternisé. Mais le décalage horaire ne m'a pas laissé le choix.
Castiel est tellement proche de son dos que sa chaleur irradie à travers les vêtements. Si Dean fait un pas en arrière, il lui marche dessus à coup sûr. Le souffle du psy caresse sa nuque quand il s'excuse, et Dean est sûr d'avoir senti un fantôme de baiser sur sa peau. Personne ne peut les voir sans regarder expressément dans l'alcôve. C'est presque dangereux, ils risquent d'être surpris, mais c'est terriblement excitant.
Dean avale difficilement sa salive et hoche la tête.
- Tout va bien Cas'. Je suis heureux que tu sois là.
Il glisse lentement une main vers l'arrière et rencontre celle de Cas', qu'il serre doucement. Castiel se rapproche encore un peu, il est presque plaqué contre lui, et cette fois Dean est sûr de ne pas avoir rêvé les lèvres qui se sont posées juste sous ses cheveux.
- Ne me déclenche pas une érection devant tout ce beau monde, Cas'.
Il voulait que ça sonne comme un trait d'humour, mais il y a un petit quelque chose de désespéré dans sa voix. Castiel se contente d'un discret "Mh" mais il n'arrête pas pour autant son petit jeu, caché derrière Dean et masqués par l'alcôve. De sa main libre, Castiel frôle les reins de Dean juste au-dessus de ses fesses. Dean exhale un souffle tremblant. Le brun se presse encore un peu plus contre lui et oh, hello you.
Castiel initie rarement les contacts sexuels, il a toujours attendu Dean, l'a toujours laissé décider quand et où. Mais ce soir, il semble avoir d'autres idées en tête.
Un autre baiser juste sous son oreille met le feu aux poudres.
- Cas…
Un problème, Dean ?
Dean se retourne vivement et se retrouve collé au psychiatre.
- Est ce que tu es content de me voir ou bien est ce que tu as un revolver dans ta poche ?
Castiel souffle un rire discret à cette parodie de Mae West. Il recule et entraîne Dean avec lui à l'abri des regards avant de se pencher et de poser les lèvres sur les siennes. Ça y est, la soirée est parfaite. Le baiser est d'abord sage, comme un salut courtois. Il s'approfondit rapidement avant de devenir feu et lave, prometteur. Les doigts se posent sur les hanches ou la taille, butent contre les chemises qui ne se laissent pas faire aussi facilement qu'un simple t-shirt. Dean grogne quand il réalise qu'il ne va pas pouvoir toucher la peau chaude qui l'attire comme un aimant.
- J'aime te voir en costume, Agent spécial Winchester.
Castiel ronronne à son oreille avant de tracer des lèvres sa jugulaire droite.
- Et moi je te préfère sans.
Le psychiatre lui lance un regard… Taquin ? Avant de saisir sa main et de l'entraîner vers le fond de l'alcôve et d'ouvrir une porte discrète. Ils montent un escalier de bois étroit et le bruit de la fête s'estompe rapidement alors qu'ils s'élèvent dans la vieille bâtisse. Ils passent devant plusieurs portes anonymes, et enfin, Castiel le fait entrer dans une chambre à la décoration sobre. Un lit deux places, une table de chevet, une armoire. Dean hausse un sourcil en une interrogation muette.
- C'est la chambre que j'utilise quand je reste trop tard ici pour rentrer chez moi. Le restaurant faisait hôtel autrefois.
Dean s'approche de lui et lui déboutonne lentement sa veste, les yeux plongés dans le bleu océan.
- Vous n'habitiez pas ici quand vos parents tenaient la place ?
Castiel secoue la tête.
- Non, le bâtiment est ancien et une horreur à entretenir et à chauffer.
Le psychiatre s'attaque lui aussi à ses vêtements, mais commence par ses boutons de manchette au logo du FBI qu'il dépose cérémonieusement sur la table de chevet, avant de repartir à la conquête de sa nuque, son cou, sa gorge et oh, le lobe de son oreille qu'il pince doucement entre ses lèvres. Dean expire laborieusement un souffle tremblant. Les chemises disparaissent, les ceintures s'envolent dans un cliquetis métallique, les fermetures éclair s'ouvrent dans un zip discret. Dean pousse Castiel par la seule force de ses lèvres vers le lit, jusqu'à ce que l'arrière de ses genoux touche le matelas et le force à s'asseoir. Dean rompt le baiser une poignée de secondes, le regard fuyant, hésite, tergiverse.
- Dean ?
Son prénom est à peine soufflé, et Cas' attend. Dean baisse complètement son pantalon qui tombe en tas à ses chevilles, s'extirpe de ses chaussures et repousse le tout du bout des pieds. Il se lèche les lèvres avant de demander d'une voix presque sans volume :
- Touche moi ?
Castiel recule sur le matelas pour se placer au centre avant de tendre les mains pour inviter Dean à le rejoindre. Dean s'installe à cheval sur ses cuisses, évitant toujours de le regarder dans les yeux. Il pose les mains sur les épaules de Cas, serre un peu, pitié pitié comprends…
Cas' pose doucement les siennes sur sa taille, ses pouces caressent et chatouillent un peu mais pas assez pour qu'il se tortille comme un gamin.
- Comment est-ce que tu veux que je te touche ?
Dean prends une inspiration tremblante, mais rien ne sort de sa bouche, putain ! Ce qu'il ne peut pas dire à haute voix, il peut essayer de le montrer. Alors il lâche les épaules de Castiel, prend ses mains et les descend doucement, sa taille, ses hanches, ses fesses…
- S'il te plaît ?
La pommes d'Adam de Cas s'agite quand il déglutit, comprenant le message, et il acquiesce en silence. Il se redresse vers la table de nuit et fouille quelques instants dans le tiroir avant d'en sortir une bouteille de lubrifiant.
- Le plus simple serait que tu t'allonge sur le ventre…
Dean refuse, secoue la tête, et repose les mains sur les épaules de Castiel.
- D'accord.
Castiel s'installe plus confortablement contre la tête de lit, l'embrasse tendrement, promène ses mains dans son dos, sur ses fesses. Lui laisse le temps, comme toujours. Quand il glisse une main dans le boxer de Dean et le fait descendre doucement, Dean se plaque contre lui, cale sa tête dans le creux de son cou et inspire profondément. Le clic de la bouteille qui s'ouvre, le bruit mouillé du liquide versé sur les doigts résonnent avec force dans le silence de la pièce. Dean inspire profondément, et serre Cas encore plus fort contre lui quand il sent une main englober l'une de ses fesses, les doigts qui frôlent son anus. C'est tiède et humide, pas désagréable. Il mentirait s'il disait qu'il n'avait jamais essayé de toucher là, seul, même s'il avait été déçu du résultat. L'une de ses conquêtes avait même demandé s'il aimait "pimenter" ses fellations. Mais sa manucure agressive l'avait dissuadé de tenter l'expérience. Les doigts de Cas sont doux, se réchauffent doucement contre sa peau, commencent à insister davantage contre l'anneau de muscle, sans forcer. Mais rien que ça, c'est suffisant pour que Dean commence sérieusement à sentir la chaleur envahir son entrejambe et son coeur battre la chamade, son souffle s'accélérer. Il presse son bassin contre celui de Cas, qui laisse échapper un petit "Mmh" appréciatif. Il retire sa main un instant pour verser davantage de lubrifiant sur ses doigts avant de recommencer sa lente torture.
- Plus, Cas.
La voix de Dean est complètement éraillée à force de haleter. Cas presse ses lèvres contre sa tempe, et lentement, très lentement, il introduit la première phalange de son index à l'intérieur de Dean. Mon Dieu, comment peut-on avoir autant de sensation à cet endroit là ? Même pas deux centimètres de chair et il voit déjà des étoiles, cherche à reculer pour prendre plus, mais Castiel grogne en réprimande.
- Doucement, prends ton temps Dean.
Dean soupire, mais ok, c'est toi l'chef. Après peut-être une minute ou deux, quand la résistance du sphincter lâche un peu de lest, le doigt s'enfonce davantage, lentement, facilement. C'est une sensation étrange, pas douloureuse mais… C'est trop, ou pas assez à la fois. non, définitivement pas assez. Cas bouge avec précaution, ne force jamais, et petit à petit, le relâchement semble satisfaire le brun, qui retire à nouveau sa main pour lubrifier encore davantage. Quand un deuxième doigt vient s'ajouter au premier, Dean étouffe une exclamation contre le cou de Cas, qui arrête immédiatement le mouvement.
- Non non non Cas pitié encore !
Castiel exhale un petit rire muet, caresse la base de son crâne de sa main libre, et commence lentement un mouvement de va et vient. C'est probablement à peine perceptible vu de l'extérieur, mais pour Dean c'est incroyable. La position n'est pas idéale, il le sait, et il remercie Castiel de toujours se plier à ses besoins à lui. Dean passe toujours en premier, les choix de Dean, le plaisir de Dean, c'est quelque part étouffant d'être pour une fois le centre d'un tout. Et brusquement, c'est l'explosion de sensation.
- Fuck ! Cas, encore, Cas !
Castiel rit tout bas, enfoiré. Et recommence. Dean sait très bien ce qu'il caresse là, tout de suite. Et s'il avait su que sa prostate pouvait lui offrir pareille sensation, il aurait insisté davantage après sa tentative ratée. Oh God. C'est comme si Cas pinçait la corde magique de sa guitare interne, le faisant vibrer et trembler. Dean a vaguement conscience qu'il gémit et marmonne des mots même s'il n'est pas certain qu'ils aient le moindre sens. Il se presse encore plus contre Castiel, cherche une friction et en même temps à ce que les deux doigts à l'intérieur de lui caresses plus, appuient plus. Une litanie de Fuck, Cas, encore, s'échappe de ses lèvres, et s'achève dans un cris étranglé étouffé contre l'épaule de Castiel. Toute la tension s'échappe de son corps en même temps qu'il souille le boxer qui couvre encore son sexe. Quelque part dans son esprit embrumé, par-dessus le son rythmé de sa respiration haletante, il entend Cas murmurer contre ses cheveux.
- Tu es parfait Dean.
Dean est à deux doigts de répondre un truc stupide, comme Je t'aime. Il préfère étouffer ses mots contre le cou de Cas, embrassant, léchant et mordillant la peau fine. Ils restent quelques minutes dans les bras l'un de l'autre avant que le sperme qui refroidit doucement contre sa peau ne devienne franchement inconfortable et le pousse à se redresser. Cas se lève et lui tend la main, avant de le conduire dans le couloir et d'ouvrir une porte à quelques mètres de là, débouchant sur une petite salle de bain avec un lavabo et des toilettes. Dean se laisse nettoyer, toujours dans un état second, réagit à peine quand Cas' l'aide à se défaire de son boxer souillé et en enfiler un propre qu'il a sorti du petit meuble sous la vasque. Dean promène son regard sur le torse nu face à lui, descend sur les abdominaux fermes et… Oh.
- Cas', tu n'as pas…
Le caleçon blanc est toujours un peu tendu par une demi érection, une petite tache humide assombrit légèrement le tissus, mais c'est tout. Perdu dans sa propre félicité, Dean n'a même pas pensé à Cas'. La honte lui enflamme les joue. Il a toujours, toujours fait honneur à ses conquêtes d'un soir, et pour Cas', CAS' grand dieu, il le laisse tomber ? Castiel pose une main sur sa joue et le force doucement à rencontrer son regard.
- Tout va bien Dean, d'accord ?
- Mais…
- Tout va bien. Merci de m'avoir donné autant de plaisir ce soir.
Dean rougit comme une tomate mais finit par acquiescer.
- Il est bientôt minuit, nous devrions redescendre.
Dans la salle où la fête bat son plein, Dean à la désagréable sensation d'avoir une demi-douzaine de regards posés sur lui. Ah, oui, pas qu'une impression. Sam, qui a l'air de soupirer de soulagement. Charlie, qui lui fait un petit clin d'œil discret. Bobby, qui n'a même pas besoin de formuler un "idiot" à haute voix tant il est écrit sur son visage. Gabriel, qui hausse les sourcils d'une manière suggestive. Balthazar, ah… La menace de mort n'est pas loin. Oh merde, tant pis. Dean serre discrètement la main de Cas et l'entraîne vers leurs amis et famille. C'est l'heure d'entrer dans la cage aux fauves, yay.
