Titre : Une simple histoire d'amour
Disclaimer : je suis pas l'inventeur de l'univers de Saint Seiya, je fais pas ça pour la thune (mais pour la gloire et les filles faciles).
Cette histoire s'intercale entre plusieurs autres de mes récits, qui ne sont pas indispensables à sa compréhension mais la faciliteront sans doute (ou alors c'est que c'est mal fait :-) ).
Les semaines qui suivirent, Seiya se vit proposer des tâches sur un autre site où ils avaient besoin de manutention et l'accepta poliment. Au moins il n'aurait pas à supporter de voir Miho rayonner dans tous les sens et échanger des regards complices avec le directeur. Elle le remercia chaleureusement pour son aide mais il était clair que ses pensées étaient désormais ailleurs. Blasé, Seiya se contenta de dire que ça lui avait fait plaisir et les laissa roucouler sous les regards amusés du personnel comme des élèves. Lorsqu'il quitta l'établissement pour la dernière fois il trouva encore des sous-vêtements tachés dans une de ses poches. Il pouffa légèrement mais attendit d'être dans un autre quartier pour les jeter. Pas question de garder ça dans ses poubelles, il n'était pas stupide. Il se retrouvait donc une fois de plus seul chez lui, désœuvré. Son expérience à l'orphelinat lui avait cependant fait comprendre à quel point il manquait de qualifications et le poussa à vouloir se renseigner sur des pistes possibles. Il n'avait jamais vraiment été préoccupé par ça, mais peut-être que sa vision un peu nonchalante de la vie laissait à désirer.
Pendant plusieurs jours il passa de multiples entretiens qui, pour l'essentiel, lui confirmèrent qu'à part servir de manutentionnaire, il ne pourrait prétendre à aucun autre emploi sans formation. Le fait de ne pouvoir expliquer les déficiences de son bagage scolaire était un réel handicap et surtout il n'avait même pas passé le concours national de fin d'études secondaires. Mais il ne se laissa pas abattre et multiplia les entretiens. Comme il lui fallait des justificatifs administratifs qu'il était incapable de produire, il dut se résoudre à se tourner vers la Fondation et partit voir Tatsumi, qu'il trouva très agacé au manoir. Ce dernier venait de constater une importante malfaçon dans les travaux d'entretien qu'il venait de faire faire sur le domaine et se retrouvait dans une situation de crise urgente qu'aucune entreprise ne viendrait régler dans l'heure.
- C'est bouché... bouché ?
- ... Complètement bouché.
- Mais comment ils ont réussi à faire ça ?
- Je les soupçonne fortement d'avoir laissé du matériel isolant tomber dans un des bassins, qui s'est ensuite fait aspirer par les buses d'évacuation pour se coincer dans l'évacuation des eaux usées où ç'a finit par former un bouchon. Ça et des serviettes hygiéniques, aussi. Je vais encore faire un énième rappel au personnel, mais c'est peut-être volontaire.
- ... Ah bon ? Étonnant.
Tatsumi, las, jeta un regard agacé à Seiya.
- Mais pourquoi les bassins communiquent avec les eaux usées ?
- C'est un bâtiment construit au cercle dernier, ils ne se sont pas posé de questions.
- Et du coup, ça ne peut pas attendre lundi ?
- Ç'a mis du temps à se boucher et à remonter mais là... ça ne s'évacue plus. Plus rien du tout.
- Ah...
- Et Mademoiselle revient dans moins d'une heure et elle va certainement avoir besoin d'utiliser les toilettes à un moment... et plusieurs employés sont malades, le reste est en vacances ou est rentré à la maison...
Seiya soupira. Pas besoin de lui en dire plus. Il défit donc sa veste et la tendit à Tatsumi qui la prit.
- Merci, Seiya.
- ... De rien, j'adore rendre service. Il ne reste plus personne du tout ?
- Non, plus que moi.
- Aucun témoin ?
Tatsumi fit un signe de tête pour confirmer. Seiya concentra son cosmos et frappa le sol en essayant d'éviter un choc susceptible de disjoindre les canalisations puis répéta l'opération. Au bout de quelques minutes, il releva la tête du trou déjà conséquent qu'il venait de creuser.
- Mais... à quelle profondeur se trouvent ces canalisations ?
- Aucune idée.
- Et elles sont bien à cet endroit là ?
- Aucune certitude.
- ... Il n'y a aucun plan, c'est ça ?
Nouveau signe de tête. Une demi-heure plus tard et malgré un passage dans les caves pour estimer la direction générale des canalisations, Seiya tenta de sonder le sol en utilisant de petites secousses. Il ne l'avait jamais fait et n'était pas bien certain de la façon dont s'y prendre mais détermina plus ou moins qu'il suivait une grosse canalisation. Progressivement il dépassa les bassins où s'ébattaient grenouilles et poissons puis pensa avoir trouvé. Il creusa donc prudemment jusqu'à tomber sur une grosse et ancienne conduite qu'il dégagea comme il put en se demandant comment débloquer ça. Se tenant sur le côté des anciennes canalisations de fonte qu'une ancienne voûte de pierre désormais désagrégée avait protégées, Seiya se grattait le nez, perplexe. Une impulsion trop forte ferait exploser l'ensemble, avec des conséquences des plus désagréables, aussi entreprit-il de sonder la canalisation pour tenter de repérer où se trouvait le bouchon. Peut-être que Tatsumi aurait sous la main un outil quelconque.
- Tatsumi, est-ce que vous auriez un...
Il ne put finir sa phrase car ce fut à ce moment-là que la canalisation choisit pour exploser tout près de lui, conséquence de la surpression qu'il avait provoquée un peu plus tôt et de la disparition de plusieurs mètres de terre et d'une voûte que leur poids aurait pu compenser. La vague odorante le submergea entièrement et il glissa. Tatsumi, ayant fui plusieurs mètres plus loin, atterré, vit le chevalier de Pégase ramper hors du trou à quatre pattes et vomir abondamment.
- Seiya ! Tu vas bien ?
Après plusieurs haut-le-cœur, ce dernier arriva à se redresser et tituba en direction du manoir.
- Débouché. Salle de bain. Désinfectant.
- Non non non ! Tu n'entres pas comme ça dans le manoir je vais te nettoyer au jet d'eau d'abord ! Ah bon sang, la poisse ! Quelle odeur !
Seiya lui adressa un regard mauvais mais le suivit. Tatsumi eut le bon goût de lui envoyer de l'eau chaude, qui le décrassa sommairement mais ne fit pas disparaître les haut-le-cœur. Pour ne rien arranger, le manoir aussi était en plein réaménagement en raison de nombreuses fuites dans les toits, aussi le nombre de salles de bain utilisables était-il réduit. Suivant les explications du majordome, Seiya laissa ses vêtements désormais ruinés au garage et monta en peignoir et en s'efforçant de ne rien salir sur son chemin. Passablement énervé, Tatsumi s'empara du téléphone de son bureau après avoir constaté que les eaux usées s'évacuaient de nouveau, quoique directement dans le jardin, et passa en revue son répertoire afin de pouvoir se défouler et, surtout, faire bien comprendre à un certain nombre de personnes que si demain matin à la première heure une entreprise ne venait pas régler le problème, des postes bien payés deviendraient très vite vacants. Occupé à crier, Tatsumi n'entendit pas le bruit d'une portière.
- Mais quelle est cette puanteur !
Se couvrant le visage du mieux qu'elle pouvait, il ne fallut pas longtemps à Saori pour comprendre ce qui avait pu se passer.
- Je crois que ce sont nos eaux usées... Nous allons passer un week-end merveilleux. Rentrez chez vous ou Tatsumi va se passer les nerfs sur vous.
Le chauffeur ne se le fit pas dire deux fois et déguerpit vite. Une fois rentrée, Saori put effectivement entendre les hurlements de son majordome. Elle lui laissa un petit mot sur le tableau en liège à l'entrée de son bureau puis monta les marches, fatiguée, en direction de sa chambre. Puis se ravisa au dernier moment puisqu'elle avait dû dormir dans trois pièces différentes cette semaine. Elle possédait bien d'autres propriétés où elle aurait pu dormir, mais elles étaient trop loin, également en travaux ou occupées par des séminaires organisés par la Fondation. Lasse, elle passa juste récupérer le sac d'affaires qu'elle déplaçait d'une pièce à l'autre et trouva la chambre qu'elle était censée utiliser pour la nuit. Elle s'effondra sur le lit, maudissant les regards libidineux et condescendants des hommes qu'elle avait dû côtoyer pour la journée. Trop belle pour travailler, trop riche pour rester seule, trop intelligente pour ne pas faire fuir les hommes, etc. Elle se disait toutefois que certains individus ne méritaient pas tous les efforts qu'elle avaient fait pour les protéger, mais se rappela que la masse des innocents ne seraient plus rien sans elle. Le pompon avait été le serveur qui lui avait renversé un verre de champagne dessus. Elle qui détestait l'alcool.
Lasse et ayant mal aux pieds, Saori se rendit compte que sa robe collait à sa peau. Dans un rare geste de colère, elle envoya ses chaussures valser à travers la pièce et entreprit de l'enlever pour aller prendre une douche. Passant devant un miroir, elle se démaquilla puis se regarda et constata qu'elle avait des cernes dans les yeux. Elle manquait de sommeil, la Fondation ne lui laissait aucun répit et elle n'avait pas pu replonger dans ses... films... car les chambres provisoires n'avaient pas d'écran de télévision. Se mettant de profil, elle se demanda également si elle n'avait pas pris un peu de poids. C'est alors que son regard se porta sur la chaise à côté de la porte de la salle de bain sur laquelle se trouvait un peignoir sale. Perplexe, Saori s'en approcha et se demanda pour quelle raison le personnel avait pu l'oublier. Elle en était là lorsque la porte s'ouvrit et que Seiya en sortit en tenue d'Adam, en train de se sécher les cheveux.
- Ah, bordel, Tatsumi tu me paieras ça, vieux schnock !
Complètement figée, Saori contemplait les yeux écarquillés un Seiya nu comme un ver en train de s'essuyer vigoureusement les cheveux. Incapable de penser, son regard suivit le torse de Seiya et se fixa en-dessous de la ceinture. C'était pour le moins une surprise de taille. Qui la fit s'empourprer, bouche bée. Mais Seiya venait de finir de se frictionner et avait relevé sa serviette pour découvrir une jeune femme de sa connaissance en petite tenue, avant de se figer à son tour, les yeux ronds. Le silence régnait et on distinguait à peine les cris de Tatsumi au loin. Seiya n'arrivait pas à détacher son regard de Saori et réciproquement. Son embarras ne fit que s'accroître en même temps que certaine partie de son corps, que Saori ne quittait pas non plus des yeux.
- Heu... je... je n'ai... je n'ai pas dû bien comprendre où Tatsumi m'a dit d'aller... ça devait être une autre... salle de b...
La voix de Seiya s'éteignit mais Saori ne répondit rien, captivée. Tous deux avaient de toute façon la bouche sèche, les joues brûlantes et n'arrivaient plus à penser clairement. Saori reprit la parole, la voix un peu étranglée.
- C'est... gros...
- Je... je... oui... non... c'est juste... normal... je crois... je sais pas, en fait...
- ... C'est... vraiment gros... une b... un p...
- ... Je suis... désolé... J'ai vraiment pas fait exprès.
- ... Est-ce que tu es... est-ce que tu es comme ça... à cause de moi ?
Seiya ne savait plus où il était ni ce qu'il devait dire et avait remarqué à son tour des traces sur les sous-vêtements de Saori. Son cerveau et sa raison baissèrent vraisemblablement les bras puisqu'il s'entendit répondre des choses qu'il n'avait pas l'intention de dire.
- Je... oui.
- Ça veut dire que... heu... tu me vois... comme une femme ?
- Oui. Je... oui... Une femme... jolie... belle... très belle...
- ... Et quoi d'autre ? ... Si tu veux bien... me dire.
- ... Belle. Très belle. Grosse poitrine... Jolie bouche... Beaux yeux... Jolies... fesses... gros seins...
Saori, hypnotisée, leva le bras et effleura le torse de Seiya.
- Mademoiselle ! Vous êtes là ?
Tous deux sursautèrent et Seiya se réfugia immédiatement dans la salle de bain en entendant la voix de Tatsumi. Saori se précipita vers une armoire dont elle tira un nouveau peignoir qu'elle enfila précipitamment, en sueur.
- Mademoiselle ?
- Je... je suis en train de me changer, Tatsumi !
- Oh pardon ! Nous avons eu un problème avec les canalisations. Seiya les a débouchées, mais... enfin j'imagine que vous avez compris le problème. Je ne sais pas où il est passé, je venais lui apporter des vêtements propres et une paire de chaussures.
- Je... je vais le trouver, laisse-les là ! Peux-tu juste m'apporter...
Saori chercha frénétiquement un prétexte pour le faire partir.
- ... un des vélos d'appartement !
- Maintenant ? Dans votre chambre ?
- Oui ! Je vais faire du sport. C'est très bien le sport !
- Ah. Bon. C'est que c'est lourd. Enfin je vais chercher ça, je laisse les vêtements là.
Lorsqu'elle fut certaine que Tatsumi était parti, Saori ouvrit précipitamment la porte et récupéra les vêtements qu'elle déposa devant la salle de bain, en frappant légèrement à la porte.
- Seiya... je... je laisse les vêtements devant la porte, d'accord ? ... Je vais... dans le salon... pour surveiller si Tatsumi revient.
Elle partit précipitamment, paniquée par ce qui venait de se produire, et se réfugia dans la cuisine où elle s'aspergea le visage d'eau froide. Elle entendit distinctement quelqu'un cavaler dans l'escalier et claquer la porte d'entrée. Lorsque Tatsumi revint de la cave, il la trouva accroupie le visage enfoui dans ses mains.
- ... Vous avez pu trouver Seiya ? Il a été complètement trempé.
- ... Oui. Excuse-moi, ça ne va pas très bien ce soir.
Le majordome ne saisissait pas bien ce qui se passait mais avait l'intuition que le vélo d'appartement qui pesait si lourd ne servirait pas aujourd'hui. Mademoiselle ne mangea quasiment pas et lui annonça qu'elle resterait sans doute au lit le lendemain. La nuit était tombée et ni l'un ni l'autre ne pouvait faire autre chose que se retourner dans son lit, incapable de chasser les images de sa mémoire.
