Titre : Une simple histoire d'amour
Disclaimer : je suis pas l'inventeur de l'univers de Saint Seiya, je fais pas ça pour la thune (mais pour la gloire et les filles faciles).
Cette histoire s'intercale entre plusieurs autres de mes récits, qui ne sont pas indispensables à sa compréhension mais la faciliteront sans doute (ou alors c'est que c'est mal fait :-) ).
Juste avant Détestation
Saori ne croisa plus Seiya pendant quelques temps et leur situation semblait être revenue au statu quo. Il s'était refermé comme une huître et Saori... en était de plus contrariée. Parce qu'elle, en tous cas, avait bel et bien pris conscience de l'intérêt qu'elle lui portait. Il lui restait donc à trouver un moyen de communiquer avec lui d'une manière ou d'une autre. Une occasion vint lorsque la Fondation eut vent, par l'intermédiaire de Sorrento, de fouilles dans l'ouest de l'Atlantique. Des rumeurs circulaient au sujet de ruines sous-marines d'envergure. D'après son message, il était tout-à-fait possible qu'il ne s'agisse que d'affirmations sensationnalistes d'individus en soif de renommée. Néanmoins, il lui semblait aussi qu'Amphitrite, l'épouse recluse de Poséidon, avait un domaine dans cette région.
Elle n'avait pour ainsi dire que peu ou pas connu l'épouse de son oncle Poséidon. Celle-ci avait du reste toujours gardé ses distances vis-à-vis de l'Olympe. Et de son mari aussi. Un mariage de convenance, purement politique aurait-on dit s'il s'était agi d'humains. Elle était la fille de Nérée et était surtout une garantie obtenue lors de la titanomachie, même si Nérée lui-même était resté neutre. Elle avait en tête l'image d'une divinité réservée, potentiellement dangereuse mais guère plus que la plupart des divinités. C'était essentiellement une solitaire qui se contentait de rester dans son domaine, observait les divinités plus turbulentes sans intervenir et que l'humanité indifférait complètement. Du reste, comme pour bien des domaines, les eaux et la mer avaient connu divers maîtres mais là où le ciel les avait vu se faire renverser les uns après les autres, l'élément aquatique avait simplement empilé les couches d'autorité. Poséidon régnait sur la mer, mais Nérée, son père Pontos et son oncle Océan avaient continué à vaquer à leurs occupations. Le bref enfermement de Pontos pendant plusieurs siècles n'avait d'ailleurs sans doute été pour lui qu'une sieste même pas digne d'être mentionnée.
Perplexe, Saori doutait qu'il se fut agi de quoi que ce soit de sérieux. Mais il se trouvait que cette année la réunion des grandes fondations se déroulerait dans un palace aux Caraïbes. Un événement qu'elle détestait depuis qu'elle avait l'âge d'y être conviée. Elle demanderait à Shaina ou Marine de l'accompagner, Seiya n'étant pas du tout adapté aux rencontres mondaines et ayant mal vécu certaines réunions des années passées. Puis elle se ravisa. Peut-être que lui demander de venir serait une bonne occasion de l'inciter à parler avec elle ? Elle ne voulait certes pas lui forcer la main mais... elle sentait que leur situation ne pouvait plus durer, aussi pria-t-elle Tatsumi de contacter les deux femmes du Sanctuaire et de communiquer les dates du voyage à Seiya. Son majordome haussa un sourcil interrogateur mais ne dit rien.
Les préparatifs se déroulèrent rapidement et sans problèmes, à la différence des travaux du manoir, l'Hôtel Pestilence comme l'appelaient maintenant les ouvriers. Shaina avait confirmé sa venue, Saori ayant désormais compris que ces voyages s'apparentaient pour elle à des vacances tous frais payés. Ce qui était effectivement le cas, du reste. Ne manquait que la réponse de Seiya. Deux jours avant le départ, elle n'était toujours pas venue, mais Tatsumi lui dit de ne pas s'en faire. Sans doute avait-il des informations qui ne lui avaient pas été communiquées. Elle supervisait le remplissage de ses bagages d'un œil critique, elle-même scrutée par le regard étonné de Shaina.
- Mais vous avez vraiment besoin de tout ça ?
- Je suis la représentante d'une grande lignée, à la tête d'une fondation internationale, une grande fortune. J'aimerai voyager léger mais les hyènes ne me laisseront jamais tranquilles.
- Les autres riches ?
- Pas seulement eux, mais aussi les journalistes qui adorent me marier à tel ou tel bon parti.
- Et s'ils allaient juste se faire voir ?
- Si seulement. Je suis obligée de faire bonne figure, parce que ma présence et ma capacité de persuasion...
- ... de séduction ?
- ... sont nécessaires pour convaincre d'autres gens très riches de bien vouloir me céder une partie de leur argent pour faire des affaires ou, bien plus difficilement, pour des choses qui ne rapportent rien voire auxquelles ils sont opposés.
- ... Comme des hôpitaux pour les pauvres. Ou des écoles.
- Exactement.
- Tas de pourris.
- Je dirais plutôt des enfants gâtés, certains ne sont pas méchants mais n'ont simplement aucune conscience de ce qu'est la misère.
Shaina parcourut l'étalage de robes de grands couturiers, incrédule.
- Et donc vous avez besoin de tous ces chiffons, là ? Franchement, je ne vous envie pas. Quelle débauche d'argent...
- Heu... non Shaina, ça c'est les tenues que je t'ai fait mettre de côté, pour quand tu m'accompagneras. J'espère qu'elles t'iront, j'ai fait en sorte d'en choisir qui te permettent de courir facilement en cas de nécessité et... Shaina ?
La chevalier du Serpentaire la regardait avec deux yeux ronds, qui pivotèrent vers les robes. Shaina fit naître dans son esprit l'image d'une petite fille à qui on aurait offert une licorne rose et dont les yeux étaient remplis d'étoiles.
- Tu... tu veux les essayer ? Pour voir si elles te vont ?
Elle n'eut pas le temps de finir sa phrase que Shaina s'était précipitée dans la salle de bain pour se changer. Dépitée, Saori allait lui proposer de les emmener dans sa propre chambre, mais... bon. Il fallait vraiment qu'elle trouve un moyen d'apporter un peu plus de confort au Sanctuaire, gardes et chevaliers y vivaient encore comme des paysans. Les gloussements et petits cris qui lui parvenaient de sa salle de bain lui firent comprendre que les tenues convenaient au Serpentaire et elle ne put s'empêcher de pouffer. Elle passa ensuite une bonne heure à complimenter Shaina qui, désormais volubile, voulut essayer toutes ses tenues comme si elle n'en avait jamais eu. Ce qui était vraisemblablement le cas, se dit Saori. Il fallut toutefois la persuader de les ranger, ce que Shaina fit à contrecœur et en sous-vêtements (rapiécés et de mauvaise qualité, nota Saori, un autre sujet à traiter). Particulièrement motivée, la chevalier d'argent se proposa pour aider Saori à finir de boucler ses bagages. Ne voulant pas lui faire de peine, Saori lui demanda de rassembler quelques affaires qui se trouvait dans une des commodes de la pièce voisine le temps de répondre au téléphone. L'appel dura un peu trop longtemps à son goût mais, quand il s'acheva, elle regarda l'appareil avec étonnement car il lui sembla émettre un bourdonnement. Ce dernier s'interrompit très vite et Saori, perplexe, appela Shaina.
- Tu as trouvé, Shaina ?
N'ayant pas de réponse, elle se dirigea vers la pièce d'à côté et trouva Shaina, toujours en sous-vêtements, comme tétanisée. Saori se maudit immédiatement.
- Ah... je... la commode à droite quand tu rentres. Pas... celle-là...
Sans un mot, Shaina referma le tiroir où se trouvait la source du bourdonnement qu'elle avait entendu quelques instants plus tôt. Ainsi que les "cadeaux" de June et une photographie de Seiya. Il était impossible de dire laquelle des deux était la plus embarrassée.
- Je... le... truc... je ne savais pas ce que c'était... c'est... un cadeau... qu'on m'a fait.
- Ah. D'accord. Oui oui, mmm...
Shaina se dirigea vers la bonne commode, dont elle tira les bonnes affaires, qu'elle porta vers une des valises, ne sachant quelle attitude adopter.
- Voilà... c'est là...
- ... Merci.
- ... Heu... comment dire... Seiya... il vient pour quoi, exactement ?
- P... pour m'accompagner... et heu... me protéger...
- Oui. D'accord. D'accord. Hem... du coup... vous n'êtes plus... fâchés ?
- Nous ne sommes pas fâchés ! C'est juste... les choses sont devenues un peu... bizarres. On a un peu de mal à... à parler. Du coup je me suis dit... s'il vient eh bien... on pourra peut-être... se reparler. Comme avant. Je lui parlerai et... et il va me... protéger.
- Mmm. Oui.
Saori sentit Shaina poser ses mains sur ses épaules et la vit, la mine très sérieuse, plonger ses yeux dans les siens.
- Ô Athéna. Il va vous protéger comme il l'a toujours fait, je ne m'inquiète pas de ça. Par contre et je m'en excuse, je pense qu'il est de mon devoir de vous le souligner, il faut absolument que vous pensiez à vous protéger. Tous les deux. N'est-ce pas ? Vous me suivez ?
Après quelques secondes de battement, la lumière se fit dans l'esprit de Saori, qui rougit encore plus. Et qui se rendit compte qu'elle n'avait pas du tout envisagé ça.
- Je me permets de vous poser la question parce que... je n'ai rien vu qui permette de le faire. Dans votre tiroir. Vous... vous en avez ?
- On... Je n'en suis pas encore là... Ça n'arrivera probablement jamais, du reste.
Saori n'avait jamais vu de visage inexpressif exprimer aussi bien ce qu'une personne pensait.
- Vous voulez que je vous en donne ? Non, je vais aller en acheter différentes tailles, je ne sais pas quelle taille chausse Seiya. Et je ne veux pas le savoir.
- Quelle taille il... chausse ? Oh... Oh !
Nouveau regard "je suis atterrée mais j'essaie de ne pas le montrer". Shaina sortit puis revint, ayant oublié qu'elle était toujours en petite tenue. Une fois rhabillée, Saori ne la vit plus de la journée. Lorsqu'elle se rendit à l'aéroport, elle eut le soulagement d'apercevoir Seiya, portant son jeans habituel et son sac de voyage. Il s'efforça de se comporter de manière naturelle, c'est-à-dire totalement anormale, ce qui lui valut un petit coup de poing dans le ventre de la part de Shaina.
- Tu arrêtes ton cirque, oui ?
Le voyage se déroula sans histoire, sinon dans un silence un peu gêné qui fut assez vite remplacé par les ronflements de Seiya et Tatsumi. À l'arrivée, le palace constitua un nouveau choc psychologique pour les deux chevaliers, qui n'avaient jamais vu une telle débauche de luxe. De leur point de vue ce n'était plus du luxe mais une catégorie à part et résolument obscène. Muni d'un passe officiel de la Fondation, Seiya patrouilla autour des installations, ébahi par les piscines, casinos et autres restaurants huppés, pendant que Saori et Shaina retrouvèrent Julian Solo, en grande forme, et Sorrento qui s'efforçait de le contenir. Les rencontres laissèrent peu de temps à Saori, mais Shaina fit la navette entre elle et Seiya. Malgré toutes leurs observations, ils ne perçurent aucun risque surnaturel. Sorrento remarqua bien la présence d'un ancien accès à un domaine sous-marin, mais la porte était invisible et scellée de l'intérieur. Il s'avéra assez vite que les rumeurs concernait simplement les traces d'une épave au fond de l'eau, à un endroit où des structures volcaniques à la forme étrange se trouvaient et firent croire à des naïfs qu'ils avaient trouvé l'entrée de l'Atlantide.
Toujours sur leurs garde mais rassurés, Seiya et Shaina se détendirent un peu et profitèrent un peu plus du soleil. Alors que le séjour touchait à sa fin, que Julian s'était lancée à la poursuite d'une jeune femme qui allait indubitablement tomber sous son charme et que Shaina et Sorrento étaient partis manger tous les deux, Saori se retrouva seule avec Seiya, qu'elle rejoignit au bord de leur piscine privée.
- Ça va ?
- Saori ? Je pensais que vous alliez à une nouvelle soirée.
- Non, pas ce soir. Ce mufle ne pourra pas se vanter de m'avoir fait venir.
- Vous voulez que je lui casse la figure ?
- Seiya, non !
Seiya ricana en se frottant le nez. Il était incorrigible.
- Je ne l'aurais pas fait. Ou peut-être que si. Qu'est-ce qu'il a pu dire, pour que vous le traitiez de mufle, d'ailleurs ?
- ... Je n'ai pas envie d'en parler.
- Allez, c'était grossier, hein ?
- ... Il a fait des commentaires sur ma poitrine.
Le silence lui répondit puis Seiya se leva soudainement mais Saori le rattrapa par le bras.
- Non et non ! Reste-là, Seiya !
- Ça pue le pognon mais c'est pas foutu de se payer un semblant d'éducation... pauvre con.
Saori éclata de rire en écoutant Seiya marmonner.
- Je sais, plus ils sont riches, moins ils sont respectueux.
- Pfff.
Elle laissa passer un temps puis décida de tenter sa chance.
- ... Tu... Tu n'es plus fâché contre moi ?
- Je n'étais pas fâché du tout ! Je pensais que vous m'en vouliez... depuis...
Soulagée, Saori remercia June pour un des petits mots que June lui avait laissés. "En cas de problème faites comme si c'était de votre faute, il culpabilisera."
- Non. C'était juste accidentel. N'est-ce pas ?
- Oui ! Tout-à-fait ! Je n'aurais jamais... enfin... non !
Au moins, elle avait trouvé un moyen de le faire parler et redoubla d'effort pour l'amener à s'ouvrir. Elle put donc apprendre les soucis qu'avait rencontré l'orphelinat et que Seika était bientôt à terme. D'un bond, il plongea et se mit à nager sur le dos tout en lui parlant. La perspective d'avoir un neveu ou une nièce le troublait encore profondément, mais il ne semblait plus si effrayé. La perspective d'avoir une famille alors qu'il avait perdu tôt la sienne le déstabilisait, mais Saori pensa que ça lui permettrait peut-être de se rapprocher de sa sœur. Ils continuèrent à deviser, jusqu'à ce qu'il l'invite à nager aussi. Il n'eut pas le résultat escompté puisqu'elle se recroquevilla au bord de la piscine et refusa plusieurs invitations, ce qui poussa Seiya à lui demander avec insistance pourquoi elle ne voulait pas.
- ... J'ai peur de l'eau.
- Ah bon ?
- C'est depuis le pilier, dans le sanctuaire de Poséidon. J'ai tenu, pour protéger l'humanité. Mais... j'ai eu peur. La déesse de la guerre qui a peur d'une piscine où elle a pied, c'est risible, non ?
Surpris, Seiya la regardait sans trop savoir que dire puis se rapprocha.
- J'imagine que non. Vous avez subi des choses douloureuses, même si pas les mêmes que moi.
- Mmm...
- Mais vous avez quand-même nager ? Vous aviez appris ?
- Oui, bien sûr. C'est juste que... maintenant j'ai peur.
Elle vit Seiya lui tendre la main, l'air sérieux.
- Maintenant je suis là.
Son regard allait et venait de la main au regard de Seiya. Craintive, elle lui tendit la sienne après plusieurs hésitations et il saisit, l'entraînant doucement dans l'eau. À petits pas, il fit comme s'il lui réapprenait à nager, la soutenant de la main ou lui attrapant le bras au besoin. Après plusieurs allers et retours dans la piscine, elle reprit progressivement confiance puis remonta sur le bord de la piscine où elle ferma les yeux. Et plongea. Si une ombre traversa ses pensées, elle fut vite chassée par le souvenir de son grand-père qui lui avait appris, le premier, à nager, alors qu'elle avait ses petits brassards roses. Heureuse, elle traversa toute la piscine en apnée et ressortit de l'eau en éclaboussant Seiya.
- J'avais oublié ce que ça faisait. Merci Seiya.
Ce dernier, pas mécontent de lui, se gratta le nez en ricanant bêtement.
- J'ai faim. Est-ce que tu veux manger, Seiya ?
- Ma foi... puisque les autres ne sont pas là, profitons-en. Je vais appeler pour qu'il nous livre des sushis.
- Oh non, Seiya, nous ne sommes pas au Japon, j'aimerai manger autre chose...
- Trop tard, moi je suis sorti de l'eau.
- Et alors ?
- Alors je vais arriver le premier au téléphone ! Ha ha !
- Oh ! Seiya !
Riant, Saori sortit de l'eau et se lança à la poursuite de Seiya le long du bord de la piscine. Amusé, il ne cessa de lui échapper au dernier moment en prenant bien soin de la narguer. Faussement outrée, elle se plut à le poursuivre tout en faisant parfois mine de se diriger vers le téléphone, mais il s'amusa à lui voler le chapeau qu'elle venait de mettre en la défiant de venir le récupérer. Saori reconnut le garnement insolent qu'elle avait remarqué dans son enfance. Mais, alors qu'elle tentait un sprint, méprisant les recommandations qu'on lui avait maintes fois formulées quand elle était jeune, elle fit une belle glissade sur le sol mouillé et termina sa course sur le dos en heurtant de plein fouet un des poteaux soutenant l'auvent qui protégeait du soleil les rebords de la piscine. Seiya fit immédiatement demi-tour en la voyant se coucher sur le côté en gémissant. Le poteau avait bloqué sa glissade en plein entrejambe et Seiya blêmit à cette idée.
- Sa... Saori ! Saori, est-ce que ça va ?
- Aaaah... mais quelle... imbécile...
Paniqué autant que gêné, Seiya la regardait sans oser la toucher, sachant d'expérience qu'il fallait un peu de temps pour se remettre de ce genre de choc. Ça devait sûrement être pareil pour les filles, non ?
- Uuuurgh...
Seiya lui prit la main, seule consolation qu'il était en mesure de fournir pour le moment puis la tira un peu pour qu'elle puisse se mettre à genou. Ce n'est qu'à ce moment-là qu'il remarqua de petites traces de sang au sol et sur la cuisse de Saori. Ainsi qu'une créature ailée qui se tenait subitement à ses côtés.
- Qu'est-ce qu...
- Himeros te soutient, mais Himeros doit te punir. Ainsi en a jadis décrété le roi des dieux.
- Hein ?
Avant même que Seiya ne put répondre quoi que ce soit et sous le regard de Saori encore pétrifiée, il posa la main sur la tête de Seiya et la foudre divine le frappa. Puis Himeros disparut, non sans adresser un regard implorant la clémence à Saori. Lorsqu'elle put marcher, elle se dirigea aussi vite que possible vers le téléphone et appela Tatsumi dans sa chambre pour qu'il appelle des secours. Ceux-ci arrivèrent vite et Saori dut inventer une histoire selon laquelle Seiya s'était heurté la tête en voulant la relever. Conduits tous les deux à l'hôpital, on l'informa qu'elle ne souffrait que d'une déchirure de l'hymen suite à un choc violent, ainsi que d'un hématome fort mal placé. Quant à Seiya, il était dans le coma. En bonne santé, mais il ne répondait pas. Saori ne cessa de se maudire. Shaina finit par la retrouver à l'hôpital, très inquiète.
- Athéna ! Je suis désolée, j'aurais dû rester auprès de vous ! Que s'est-il passé ?
Saori regarda lentement Shaina puis se mit à pleurer à grosses larmes non sans frapper rageusement le lit médical sur lequel elle se trouvait. Étonnée, Shaina la prit entre ses bras et tenta de comprendre le sens de ses paroles déformées par les sanglots. Cela lui fit penser à un gros chagrin d'enfant. En tous cas c'était clairement un gros ras-le-bol.
- Athéna ! Vos bras !
Les sanglots se calmèrent un peu lorsque Saori aperçut des lettres colorées sur sa peau, écrites dans un dialecte archaïque d'une langue disparue depuis longtemps. Leur lecture eut pour conséquence de la rendre complètement mutique. Tatsumi et Shaina finirent par la raccompagner à l'hôtel, inquiets. Ils ne s'attendaient de toute évidence pas à la voir entrer dans une colère noire et exprimer son cosmos de manière irréfrénée. Ils eurent beaucoup de mal à la calmer, d'autant plus que des policiers se présentèrent à l'hôtel pour vérifier d'une part s'il ne s'agissait pas d'une dispute domestique qui aurait mal tournée et d'autre part si une soirée costumée avait eu lieu dans la soirée. Perplexe, Shaina répondit que non. Il s'avéra qu'une école entière qui fêtait un événement sur la plage avait vu homme ailé s'envoler de l'hôtel, enseignants inclus. Elle n'eut pas trop de mal à balayer cette affirmation en répondant sur un ton qui se voulait blagueur que son employeuse n'avait pas l'habitude de s'envoyer en l'air en public. Une déferlante de cosmos agressif venant du salon lui provoqua d'intenses sueurs froides, rappel utile qu'il ne fallait pas prendre à la légère une déesse contrariée.
La presse eut vite vent d'un potentiel scandale et, pour une fois, Saori voulut utiliser son pouvoir pour s'en débarrasser mais en fut empêchée par Tatsumi. Officiellement, Seiya ne serait qu'un ami un peu malchanceux qui était tombé au bord de la piscine. Elle espéra fortement que tout ceci ne nuirait pas à Seiya plus tard et prit des arrangements pour qu'il soit rapatrié dans un hôpital que la Fondation finançait largement et quitta le pays sans demander son reste, ignorant qu'elle avait dû sa relative quiétude à une intervention plus sournoise et impitoyable - mais dont elle n'aurait jamais connaissance - de Julian. Le retour en avion fut lugubre et silencieux, mais sa décision était irrévocable. Elle avait déjà ramené Seiya plusieurs fois, mais cette fois elle n'allait pas faire preuve de beaucoup de patience.
