Chapitre Deux : Le Club de Slug
Hermione aimait prendre les choses au sérieux. Après tout, si elle devait faire quelque chose, autant le faire parfaitement. La perfection se cultive, comme n'importe quelle habitude – du moins c'est ce que ses parents lui avaient inculqué.
Si cette fois-ci, elle voulait obtenir des résultats différents (c'est-à-dire que Harry la remarque enfin au lieu de la considérer comme une simple amie), elle n'avait qu'à prendre une nouvelle approche.
À savoir, elle devait assurer que son apparence était impeccable ; à ce stade, à part cela, elle ne voyait aucune autre manière de le faire la voir sous un autre jour. Après tout, Ron n'avait pas remarqué qu'elle était une femme que lors qu'elle s'était présentée au bal de Noël au bras de Krum habillée comme un rêve éveillé. Était-ce possible que Harry s'était retenu en raison de son amitié avec Ron, ou est-ce qu'il l'avait toujours considérée comme un pote aux cheveux longs et rien de plus ?
Après avoir fini les derrières touches sur sa coiffe, elle prit une lourde inspiration. Voilà, se dit-elle. Maintenant je suis méconnaissable pour de vrai.
Lorsque Hermione marchait dans les couloirs, elle en eût la preuve : tous ceux dont elle croisait le chemin lui lançait des regards ouvertement appréciateurs. Des regards appuyés qu'elle ne recevait que rarement.
Elle croisa le chemin de quelques Serpentards qu'elle reconnut ; au milieu de ceux-ci se tenait Malefoy avec ses cheveux blonds gominés et sa robe noire moulante.
Il lui prit doucement le bras pour l'arrêter. « On s'est déjà rencontrés ?
Touche-moi encore une fois et je te jette un sort », répondit-elle d'un ton cassant.
Reconnaissant sa voix, le visage de Malefoy s'assombrit. « Granger !»
Elle sortit sa baguette pour faire bonne mesure. Malefoy leva les mains en signe de reddition et dit en souriant : « C'est ma faute, Granger, c'est juste que tu es méconnaissable. »
Derrière lui, ses acolytes se mirent à ricaner.
Elle leur lança silencieusement un sortilège pour les réduire au silence avant de s'en aller en hâte. Elle avait des choses plus importantes à faire que de perdre son temps sur de Serpentards ! Elle devait retrouver Harry et changer son destin.
C'est alors qu'elle tomba sur Ron. « Wahou », s'exclama-t-il. « Hermione !» Puis son visage s'assombrit. « Tu es en route pour le club de Slug, hein ? »
« Ouais », dit-elle. Elle déplace son poids d'un pied sur l'autre, impatiente. « Où vas-tu ? »
« Rencontrer Lavande », répondit-il. « Tu as l'air... super, quand même. »
Hermione esquissa un sourire forcé. « As-tu vu Harry ? »
Le visage de Ron s'assombrit. « Non, mais j'ai vu Ginny. Elle pleurait auprès de Luna. Ils se sont disputés ou quelque chose comme ça, elle et Harry. Je m'attendais à ce que mon meilleur ami traite mieux ma sœur... »
« Oh, non, dit Hermione, ne sachant que penser. Je... Écoute. Peut-être que ce n'est que temporaire. »
« Il vaudrait mieux que ce soit le cas », s'emporta Ron. « Je le tuerai s'il brise le cœur de ma sœur, et elle est bien décidée à l'épouser. »
« L'épouser ? Ils ne sont pas un peu jeunes pour ça ? » demanda Hermione, la voix aiguë. Elle était encore plus pressée de rejoindre Harry.
Ron haussa les épaules. « Non, pas vraiment. Mes parents se sont mariés alors qu'ils avaient à peine fini leurs études et Ginny prévoit de faire de même. Moi aussi, si les choses avec Lavande continuent d'avancer comme elles l'ont fait jusque-là. »
« D'accord, c'est merveilleux », dit Hermione avec impatience. « Je suis désolée, mais je vais être en retard à moins que... »
« Oh, oui, bien sûr, vas-y », dit Ron, mais son visage se tordit en une grimace de jalousie ; Hermione savait qu'il méprisait le fait de ne pas être invité au Club de Slug malgré ses exploits. Le fait que Slughorn continuait à l'appeler Weatherby ne faisait qu'ajouter l'insulte à l'injure. « À bientôt, Hermione.»
Hermione hocha la tête, fit ses adieux et courut jusqu'à la Grande Salle où devait se dérouler la réunion du club. Elle entendait le claquement de ses talons hauts tandis qu'elle courait à la rencontre de son prince, soulevant l'ourlet de sa jupe pour ne pas trébucher. Finalement, elle s'arrêta net en le voyant lui au milieu de la salle, en train de parler à un groupe de garçons; son cœur se serra en le voyant. Il était grand, plus grand qu'elle, avec des cheveux d'ébène et des yeux verts étincelants, à peine cachés par ses épaisses lunettes. Ses vêtements étaient bien ajustés à son corps musclé.
Soudain, Harry et ses amis se tournèrent vers elle, et ce fut comme si le temps s'était arrêté. Harry croisa son regard, et ce fut comme s'il la voyait pour la première fois, ou plutôt comme s'il la voyait telle qu'elle était pour la première fois.
« Hermione... » l'entendit-elle marmonner sous son souffle.
Hermione avait bien peur que les prochaines secondes pussent pourraient faire ou défaire son destin.
