Petit mot de l'autrice : j'ai dû faire une petite pause par cause de permis mais me voilà !

ET J AI EU MON PERMIS DU COUP !


Jour 5 : Anne with an E

Post série


- Il est là ! Il est arrivé !

Marilla n'eut pas besoin de se retourner pour savoir ce que Matthew lui tendait. Deux semaines auparavant, Anne leur avait envoyé une lettre pour leur annoncer la sortie de son tout premier livre. Une joie intense les avaient alors envahi ; leur petite Anne, si fantasque, si créative, à l'esprit si vif, voyait enfin ses efforts récompensés. Leur émotion avait redoublé en lisant que Anne avait reçu un exemplaire de la part de son éditeur, et qu'elle leur ferait envoyer dès que possible.

Un, puis deux, puis sept jours étaient passés, puis une nouvelle semaine. Autant de jours à attendre le passage du facteur, à espérer recevoir le colis promit. Et aujourd'hui... il était enfin là.

Marilla abandonna donc son ouvrage de broderie avec empressement. Matthew lui tendit alors le livre. Celui-ci possédait une belle couverture rouge. Le titre, La maison du lac, était inscrit dans un fin lettrage doré. Mais ce qui rendit le livre magnifique aux yeux de Marilla, c'était les trois mots inscrits tout en haut de la couverture :

Anne Shirley Curthbert

A la vue du prénom, Marilla faillit pleurer. Matthew semblait être tout aussi ému puisqu'il murmura :

- Alors comme ça, elle l'a vraiment fait...

Marilla savait que son frère n'avait jamais douté d'elle. Mais voir le prénom de leur petite Anne en lettres d'or... cela rendait la chose bien concrète.

Comme toujours lorsqu'elle sentait une larme poindre, Marilla tâcha de se reprendre. Pour cela, elle se racla la gorge, avant d'ouvrir le livre.

Elle qui espérait cesser d'être émue fut bien déçue.

Sur la première page, une dédicace était inscrite :

A Marilla et Matthew

Mes parents

Cette fois-ci, elle ne chercha pas à retenir ses larmes. À ses côtés, Matthew en faisait de même. Marilla décida qu'au fond, un peu d'émotions n'était pas si grave. Après tout, il n'y avait pas de meilleures larmes que celles que l'on versait par fierté.