Petit mot de l'autrice : faudrait que je me remette au sport
Jour 6 : UA Guide / Artiste
Downton Abbey, Edith & Mary
- Vous êtes guide ?
Edith s'attendait à cette question. Il est vrai que peu de nobles travaillaient – dans leur classe sociale, c'était assez surprenant. Mais alors en plus être une humble guide... c'était encore plus étonnant. Pour ne pas dire mal vu. Elle le savait, et pourtant le dédain avec lequel la question a été posée la blesse. Edith ravala donc un soupir, pour offrir à son interlocuteur un petit sourire.
-Oui, en effet. Lorsque nous avions organisés des portes ouvertes à Downton pour récolter des fonds, je m'étais prêtée à l'exercice du guidage. Je me suis rendue compte que j'aimais beaucoup cette activité, et que j'y étais douée. J'ai ensuite beaucoup étudié pour développer mes connaissances. Aujourd'hui, me voilà guide professionnelle.
Elle avait espéré que son interlocuteur se satisfasse de cette réponse, mais celui-ci éclata d'un rire un peu moqueur.
- Peut-on être professionnel d'une activité à la portée de tous ? Agiter les mains en montrant un tableau est bien aisé, en plus d'être peu digne de votre rang... Mais qu'importe, après tout vous pouvez bien avoir une passion !
Edith aurait bien aimé rétorquer quelque chose à cette attaque, mais était trop blessée pour ce faire. C'est alors que Mary se rapprocha d'eux.
- Vous n'êtes peut-être pas au courant Lord Orwell, mais la présence de ma sœur est exceptionnelle. Elle est revenue de France spécialement pour cette réception. Le reste du temps, elle vit désormais à Paris, car a été autorisée à guider au musée du Louvre, un privilège qui n'est pas octroyé à tout le monde. Elle y est parvenue car elle maîtrise tous les courants artistiques, mais aussi car elle parle français à la perfection. Ce n'est pas seulement une passion, mais aussi une vraie maîtrise. Mais je comprends que pour quelqu'un qui n'ait ni l'un, ni l'autre, cela soit difficile à comprendre.
Le Lord, tout d'un coup sans répartie, les salua d'un hochement de tête, avant de les quitter.
- Je suppose que je dois te remercier, dit Edith.
- Nous n'aurons qu'à dire que cela compense les nombreuses piques que j'ai pu t'adresser.
- Dans ce cas là, tu devras me défendre de nombreuses autres fois, alors.
Un instant, Mary sembla sur le point de s'énerver, mais son visage se détendit finalement.
- Tu as raison. Quoi qu'il en soit... je pensais ce que j'ai dit. Tu as accomplit quelque chose dont tu peux être fière, Edith. Ne les laisse pas te faire croire le contraire.
C'était si surréaliste d'entendre Mary la complimenter que Edith ne peut que lui dire :
- Tu peux répéter ?
- Jamais de la vie.
Voilà, là elle reconnaissait mieux sa sœur. Elle se fit néanmoins la réflexion que depuis leur enfance, beaucoup de choses avaient changées entre elles ; cette soirée en était la preuve. Elle n'aurait pas pu en être plus heureuse.
