Il allait lui rendre la pareille. C'était un des objectifs que c'était fixer Henry. Deux méritait bien sûr bien pire, mais tout ce qu'il pouvait faire, c'était de profiter de son statut d'infirmier pour en profiter. Alors, il attendait le bon moment pour frapper. Il ne fallait pas que personne ne se doute de rien.

On était dimanche. La présence d'Annabelle lui manquait et vu que c'était dimanche, elle ne serait pas là. Il serait trop imprudent d'imposer sa présence vers la sienne. Il ignorait ce que Brenner mijotait en grande partie, mais il se doutait bien qu'il était soupçonné. Mieux valait laisser sa belle en dehors de ça. Même Onze ne devrait rien savoir pour le moment.

Pour une raison personnel et sans doute professionnel, Martin Brenner n'était pas présent aujourd'hui. Il était sur un cas à l'extérieur. Sur le cas d'Annabelle. Un devait se croiser les doigts sur le cas de la rouquine, à ce qu'elle sache rester invisible encore quelque temps. La confiance était déjà établi et il était confiant à sa réussite. Il était juste inquiet d'avoir été mis à l'écart. Est-ce que Deux écoutait en ce moment ou un autre des moutons de Brenner?

S'avançant dans le couloir, il alla porter le déjeuner à son autre muse, Onze. L'enfant devait encore dormir à point fermer à cette heure-ci, mais il avait insister pour qu'il soit celui qui lui apporte de la nourriture aujourd'hui.

Par principe de politesse, le blond cogna à la porte du petit sujet de test. Il n'entendit rien qui pourrait indiquer qu'elle était réveiller. Alors, l'homme utilisa sa carte d'accès pour pénétrer dans la chambre.

La lumière s'alluma toute seule. La première chose qu'il vit fut la forme recroqueviller de la jeune enfant, les draps la cachant. Elle bougea légèrement lorsqu'il déposa le plateau sur la table de sa chambre.

-Hey, murmura-t-il pour éviter de l'effrayer. Je t'ai apporté ton petit déjeuner.

Aussitôt, les draps furent retirer par des petites mains pour dévoiler un visage surpris, mais soulagé. Onze semblait heureuse que ce soit lui qui lui apportait sa nourriture. Il savait qu'elle ne ferait jamais des siennes avec lui. Après tout, tout les deux s'aimaient bien. L'infirmier ne l'avait jamais réprimander pour quoi que ce soit et il ne l'avait jamais puni. Toujours patient, Peter était l'infirmier préféré de Onze.

Sa chambre avait presque aussi fade que la sienne. Le seul élément sur le lit était le lion en peluche en dehors des draps blancs. Il y avait également un dessin sur le mur qui la représentait avec papa. Il y avait le bureau habituel, un casier bleu...Cela restait assez fade.

-Tu es plutôt réveiller quand c'est moi qui se présente, hein? Demanda-t-il pour la taquiner un peu.

Un petit sourire apparut sur son visage, mais elle ne parla pas beaucoup. Cela ne l'avait jamais vraiment dérangé. Après tout, elle lui ressemblait et elle ne l'énervait pas avec d'innombrables questions.

Elle se leva pour se diriger vers son plateau. Pendant qu'elle mangeait, Peter devait s'assurer de son bien être. Le blond ne pouvait pas partir. Il devait aussi s'assurer qu'elle suive le protocole, soit prendre le déjeuner au complet et une douche. Puis, l'homme devait l'amener à la salle arc-en-ciel.

-J'aimerais bien qu'Annabelle m'amène mon déjeuner aussi, mentionna la petite en le regardant avec ses petits yeux bruns.

-Tu l'aimes bien, hm?

Onze hocha la tête. Il sourit à cette idée. Même si elle ne l'avait pas vu tout les jours, un lien semblait se former tranquillement entre elles. Peut-être parce qu'elle était aussi la seule qui avait accepté de jouer avec elle.

-Et toi? Questionna le petit sujet en jouant avec sa nourriture.

-Je t'ai déjà dit que je l'aimais beaucoup. C'est un secret, n'est-ce pas? Tu ne dois pas le dire à personne.

-D'accord. Mais...je lui ai dit…

Peter ne put s'empêcher de sourire devant la naïveté et la franchise que faisait preuve la petite fille. Après tout, ce n'était rien.

-Comment a-t-elle réagi?

-Elle n'a rien dit.

-Est-ce que tu aimerais que ce soit toi, moi et elle, un jour?

-Oui!

Onze semblait être aux anges à cette idée. Et Henry caressait une idée, un rêve, un espoir. L'infirmier voulait sortir d'ici. Il était devenu clair qu'il avait besoin d'une aide extérieure et qu'il ne pouvait s'en sortir tout seul. Et puis, seul...avec cette entité comme seul allié lui donnait la nausée. Non. Mais l'image qui se présentait à l'esprit avec Annabelle et Onze à ses côtés le réjouissait.

-Bientôt, Onze. Sois patiente.

C'était avec des nerfs tendus qu'Annabelle se retrouva assied dans un restaurant avec son paternel. Il était dans les environs de neuf heures du matin. Une heure tardive à laquelle elle avait l'habitude de se réveiller lors de ses congés et de commencer sa journée, mais elle était épuisée par la nuit dernière.

Une nuit mouvementée par la visite d'un «ami» d'Henry et qui s'était montré plutôt envahissant et imposant. D'ailleurs, elle aurait voulut questionner son bel infirmier sur lui et ses intentions. Après tout, il avait forcément un lien avec l'une des substances injectés dans son sang parce qu'elle lui ressemblait. Et puis, tout ses montres...De quel endroit pouvaient-ils tous provenir?

Il était stupide de penser que rien n'était relié, que tout n'était qu'illusion et cauchemar. Il était inconcevable à l'idée qu'Henry, les illusions cauchemardesques, que les expériences du laboratoire d'Hawkins et qu'elle avait subis en temps que sujet de test. Tout devait être relié par un fil principal quelconque et l'idée de découvrir la vérité la terrifiait comme si elle savait que la connaissance de tout cela ne l'aiderait pas à se calmer.

Elle gratta la table en bois avec ses ongles en soupirant tandis que son père regardait le menu. N'ayant pas touché au menu, ni même poser son regard sur son père. Elle s'attarda à observer les alentours et fut inquiète de ne pas avoir des nouvelles d'Henry. Mark leva le regard vers elle, soucieux:

-Tu as déjà choisi ce que tu allais manger?

Secouant la tête de manière négative, la jeune femme reprit le menu en main. Le restaurant du nom d'Enzo était bondé pour un dimanche. Il s'agissait d'un restaurant qui servait principalement des mets italiens, mais aussi des déjeuners. Ils étaient assied près de la fenêtre lorsqu'elle remarqua pour la deuxième fois, un homme qui venait de rejoindre un autre sur une table plus éloignée. L'un d'eux la regarda pendant une fraction de seconde. L'impression d'être de nouveau suivi la fit frissonner. Elle repensa au dessin, encore dans sa chaussure et qui attendait avec impatience d'être détruit.

-Tout va bien? Demanda son père en se retournant pour voir ce qu'elle observait.

-Oui. Excuse-moi.

Mark se tourna vers elle et il comprenait parfaitement comment elle pouvait se sentir. Lui aussi restait légèrement nerveux à l'idée que son ancien partenaire de travail les ait suivis. Il était devenu méfiant à l'attention de Martin pour son travail et comment il pouvait traiter le garçon.

-Écoute, je suis désolé. À l'époque, je pensais bien faire. J'étais curieux, mais aussi désespéré à aider ce garçon, expliqua son père en murmurant et en posant le menu devant lui.

-Ça va...Je…

-Tu as le droit d'être fâché et de ne pas accepté mes excuses, murmura-t-il pour éviter que tout le monde puisse les entendre. Je ne mérite pas d'être pardonné. Pas après ça. Je peux comprendre ton ressentiment.

-Ce n'est pas juste ça, tenta-t-elle d'expliquer.

Les mots ne sortaient pas. Après tout, comment expliquer à son père qu'il y avait pire que ce faire injecter du sang et de se faire traiter comme un rat de laboratoire alors qu'ils étaient dans un endroit bondé? Henry ne répondait pas à son appel. Il s'était fermé. Elle était seule dans cette épreuve et étrangement, cela ne lui plaisait pas. Pourquoi l'avait-il repoussé aussi brusquement pour la jeter dans les bras de son «ami».

-Il y a toujours la possibilité d'être suivi. Je n'ai pas l'impression qu'on va me foutre la paix. Pas après tout ça.

L'homme hocha la tête. Il ne pourrait pas comprendre la source de ses cauchemars, ni la pression exercé, mais au moins, il pouvait comprendre que Brenner était dangereux. C'était peut-être le seul sujet qu'ils avaient en commun.

La serveuse arriva, joyeuse, voir un peu trop d'entrain dans son emploi, mais elle fit sourire son père. Une dame dans la cinquantaine.

-Vous avez décidé ce que vous allez prendre? Demanda-t-elle en prenant son calepin.

-Je vais prendre le spécial du jour, répondit le scientifique toujours aussi souriant et en posant le menu. Avec les œufs tournés.

-Pour ma part, ce sera juste les œufs avec l'extra. Avec un café.

-Bien. Merci!

Elle parti avec les menus tandis que tout le monde continua leurs conversations. Un des hommes posé près de l'entré leva la tête pour la regarder quelques secondes. Le contact visuel établi, la jeune femme devina qu'il était là depuis leur arrivé.

-Je dois aller aux toilettes, mentionna-t-elle.

Mark hocha la tête, toujours inquiet, mais ne sachant pas rajouter quoi que ce soit. Elle se dirigea vers les toilettes et y entra. Il n'y avait personne. La jeune femme prit une cabine au hasard et verrouilla le verrou. Profitant du silence et de l'opportunité, elle retira sa chaussure pour prendre le dessein. Puis, elle déchira la feuille en petits morceaux. Le plus petit possible pour le jeter dans la toilette et tirer la chasse d'eau. Quel dommage que le dessin d'Henry soit aussi bien réussit sans qu'elle pose pour lui.

Elle revint vers son père. La serveuse arrivait déjà avec les plats. La jeune femme s'assied et constata que les hommes mangeaient aussi leur repas dans la plus grande discussion sans prêter attention à la jeune femme, ni à son père. D'ailleurs, les conversations allaient de bon train autour d'elle.

-Donc, as-tu décidé de donner ta démission? Demanda-t-il en savourant sa nourriture avec appétit.

-Papa, je ne peux pas démissionner ce poste et tu le sais.

-Je suis prêt à t'accueillir chez moi et t'offrir un emploi plus payant s'il le faut, loin d'ici et de tout les problèmes que cela pourrait engendrer. Il serait peut-être plus sage pour ta santé physique comme ta santé mentale de quitter ce poste.

-Cela ne change absolument rien. Tu m'as déjà demandé de le faire et la réponse restera négative. Je reste là.

Il était déçu. Le scientifique soupira devant l'acharnement de sa fille à rester dans un endroit aussi malsain que le laboratoire. Quelle idée idiote avait eu la tante de sa fille de la faire postuler à son insu au laboratoire de Brenner.

-Est-ce que c'est à cause du garçon?

-En partie, murmura-t-elle presque pour elle-même. Tu le laisserais là, toi? Tu l'as déjà fais. Tu n'es pas mieux que Brenner.

Il ne souleva pas de commentaire, mais il était blessé par ses paroles.

-Donc, demain, tu y retournes?

-Oui. Je y vais travailler.

Une autre personne entra dans le restaurant et ce n'était nulle autre que Brenner lui-même. Les deux hommes le saluèrent chaleureusement et l'invita à s'asseoir. Il se figea – du moins, il était un bon acteur – et se dirigea plutôt vers eux. Mark le vit du coin de l'œil.

-Le père et la fille! Se réjouis Martin en tendant la main pour serrer celle de son ancien collègue. Je ne pensais pas vous voir par ici!

-Nous non plus, répondit la rouquine, sérieuse.

-Ne faites pas attention à ma fille, Brenner, répondit son père en serrant la main offerte avec moins d'enthousiasme que d'habitude. Elle est...fatiguée. Ravi aussi de te voir.

-Alors, est-ce qu'un retour par ici est un retour avec moi? Demanda rapidement le Docteur tandis que les deux hommes les observaient. Je serai très heureux de pouvoir compter sur deux employés modèles dans mon laboratoire. Surtout que nous manquons d'effectif.

-Désolé de vous décevoir, je suis seulement en visite, répondit Mark en restant poli. D'ailleurs, nos repas vont refroidir si nous discutons longtemps.

Martin hocha la tête, mais ne put s'empêcher d'observer Annabelle avec intérêt. Définitivement, Mark ne l'intéressait pas.

Une silhouette noir apparut à la fenêtre, furtivement. Un chat noir les observait. Et elle sut. L'ami d'Henry les observait avec des yeux froids et détestables pour les deux hommes, un ennui pour le reste des humains et d'un intérêt pour Annabelle.

Les chapitres seront publiés moins fréquement. Je dois faire plus d'heure à mon travail. Donc, je peux peut-être écrire un chapitre a semaines. Je ne donne pas de date. Merci de laisser une trace de votre passage!