Un pas de plus vers la guérison

Le matin était paisible chez les Diaz.

Buck, assis dans son fauteuil roulant, regardait le soleil se lever, ses rayons dorés illuminant le jardin. Il prenait une profonde inspiration, savourant l'air frais et le parfum des fleurs.

Aujourd'hui marquait une étape importante : il allait commencer sa rééducation. Mais plus que cela, il avait décidé de se confier à Eddie, de lui raconter les détails de son passé traumatique.

Il était nerveux, son cœur battant à tout rompre.

Pourtant, il savait que c'était une étape nécessaire pour avancer, pour guérir non seulement physiquement mais aussi mentalement.

Eddie apparut à la porte, un sourire doux sur les lèvres.

– Salut, querido. Prêt pour ta première séance de rééducation ? demanda-t-il en s'approchant.

Buck hocha la tête, un sourire hésitant sur le visage.

– Oui, je suis prêt. Mais il y a quelque chose dont j'aimerais te parler avant, dit-il, sa voix tremblante.

Eddie fronça les sourcils, s'accroupissant à côté de Buck.

– Est-ce que tout va bien ? demanda-t-il doucement.

Buck prit une profonde inspiration, rassemblant son courage.

– Depuis l'agression…, les choses ressurgissent, tu sais ?

– Je m'en doute.

– Je crois… Je crois que tu dois savoir ce qui s'est passé, ce qu'il… Ce qu'il m'a fait.

– Si c'est ce que tu souhaites alors je vais t'écouter.

– Je voudrais enfouir tout ça dans le passé et ne jamais revenir dessus mais…, commença-t-il, sa voix se brisant légèrement. Je crois que je ne pourrais jamais avoir ce luxe. Ne t'inquiète pas, je vais passer sur les détails scabreux.

Eddie resta silencieux, son regard encourageant.

– C'était mon oncle, le frère de ma mère. Mes parents… Je crois que j'étais trop pour eux et le fait que mon oncle s'occupe de moi leur permettait de respirer. Il a commencé quand j'avais à peine cinq ans, avoua-t-il, les larmes coulant sur ses joues.

Eddie prit sa main dans la sienne, la serrant fermement.

– Il disait que mes parents ou Maddie seraient tellement en colère contre moi s'ils apprenaient ce qu'on faisait ensemble. Comme si j'avais mon mot à dire sur ma participation. Ça a duré toute mon enfance et j'ai fini par avoir peur de parler par honte. C'est toujours le cas aujourd'hui. Je… je suis conscient que ce n'était pas de ma faute que je n'étais qu'un enfant mais je l'ai laissé me faire ça. Je pensais qu'un jour ça s'arrêterait mais si je ne m'étais pas enfui de la maison… Il ne m'aurait jamais laissé partir Eddie et j'ai toujours peur qu'un jour il me retrouve.

– Je ne le laisserai pas te toucher, lui promit-il avec conviction et Buck savait qu'Eddie se mettrait en travers de sa route si un jour il osait revenir dans sa vie.

– Mais il est là, admit-il les larmes roulant sur ses joues. Dans ma tête, tout le temps. Il m'a brisé d'une manière que je ne peux pas décrire. J'ai gardé ça enfoui pendant des années, et c'est pour ça que j'ai du mal à aller plus loin avec toi.

– Buck, mi amor, je suis tellement désolé que tu aies vécu ça. Personne ne devrait jamais traverser une telle horreur, dit-il, sa voix pleine de compassion et de douleur. Je suis là pour toi, quoi qu'il arrive. Je t'aime et… ce qu'on a actuellement me va très bien. Je refuse que tu te force à faire quelque chose que tu ne veux pas faire, d'accord ?

– Eddie…

– Promets-moi Buck. Je sais qu'on peut le faire fonctionner, même sans sexe, alors promets moi de te mettre en avant.

Buck hocha la tête, sentant une vague de soulagement l'envahir après s'être confié à Eddie.

– Merci, Eddie. Ça me fait du bien de te le dire, murmura-t-il.

Eddie lui sourit doucement, se redressant.

– Allez, querido. Commençons cette rééducation. Je suis avec toi à chaque étape, dit-il, déterminé.

Ils se dirigèrent vers le salon que Eddie avait transformé en salle de rééducation, quand il était devenu clair qu'il ne pouvait pas supporter un contact physique avec un inconnu. Il se détestait d'avoir régressé aussi vite.

Il pensait vraiment que tout ça était derrière lui depuis des années.

Eddie l'aida à se lever de son fauteuil et à s'installer sur le tapis de rééducation. Chaque mouvement était douloureux, mais Eddie était là, le soutenant physiquement et émotionnellement.

Et il l'aimait tellement pour ça.

– Souviens-toi, Buck. Chaque petite victoire compte. Tu es fort, et tu peux le faire, l'encouragea-t-il.

Buck se concentra sur les exercices, sentant la douleur mais aussi la détermination de se reconstruire. Eddie le guidait avec patience, lui montrant comment bouger sans se blesser davantage.

Après une heure d'exercices intenses, Buck se laissa tomber sur le tapis, épuisé mais satisfait d'avoir pu faire quelques pas.

– Est-ce que ça va ? demanda son petit-ami.

– J'ignorais à quel point c'était bon de pouvoir juste marcher, lui sourit-il, malgré son souffle court. Merci Eds. Je ne pourrais pas faire ça sans toi.

Eddie s'assit à côté de lui, passant une main réconfortante dans ses cheveux.

– Tu es incroyablement courageux. Je suis tellement fier de toi, dit-il avec un sourire.

Buck sentit une chaleur réconfortante se répandre en lui.

Il savait qu'il avait encore un long chemin à parcourir, mais avec Eddie à ses côtés, il sentait qu'il pouvait affronter n'importe quoi.

– Buck, je… il y a quelque chose que j'aimerais discuter avec toi, dit-il après un moment de silence.

– D'accord, souffla-t-il incertain. Je t'écoute.

– J'ai pris rendez-vous avec un psychologue pour toi, dit-il doucement.

Buck tourna la tête vers lui, ses yeux s'élargissant de surprise.

– Tu l'as fait ? demanda-t-il, reconnaissant mais aussi nerveux.

– Oui, je l'ai fait. Je pense que c'est important que tu parles à quelqu'un qui peut t'aider à traverser ça, dit-il, sa voix pleine de soutien. Parler à un professionnel peut vraiment t'aider à guérir, dit-il avec conviction. Mais je veux que tu saches que je suis prêt à écouter tout ce que tu voudras bien me dire, cela ne change pas, je suis là pour toi et je te soutiens.

Buck sentit un mélange de gratitude et de nervosité.

Il savait qu'Eddie avait raison.

La simple pensée de partager ses expériences avec un thérapeute le rendait nerveux, mais il savait que c'était nécessaire. Eddie pouvait l'aider mais pas le soigner malgré le fait qu'il le souhaite plus que tout.

– D'accord. Je vais y aller, promit-il.

Eddie sourit et posa une main réconfortante sur son épaule.

– Tu es plus fort que tu ne le crois, Buck. Tu peux le faire, dit-il avec conviction. Je te soutiendrai à chaque étape, ajouta Eddie, sa voix emplie de détermination. Tu n'es plus seul dans ce combat.

Buck sourit, sentant une vague de gratitude envers l'homme qu'il aimait. Avec Eddie à ses côtés, il savait qu'il pouvait affronter ses démons et reconstruire sa vie.