Point de vue de Éridanie.
Je sors de la chambre de Scorpius le sourire aux lèvres. Mon petit frère n'est pas plus en forme que ce matin mais au moins il veut régler rapidement le malentendu avec notre père concernant notre éducation.
Quand je lui ai parlé de ses craintes, il a montré une telle surprise, un tel ébranlement qu'il s'est dépêché d'aller dans sa salle de bain afin de faire rapidement sa toilette. Connaissant parfaitement mon petit frère je sais qu'il a fait ça pour se donner une allure convenable afin que notre père ne se sente pas plus coupable lors de leur future discussion.
Après s'être habillé, Scorpius s'est dépêché d'aller dans le bureau de papa sans même me dire de partir de sa chambre tellement il était focalisé sur le fait de dissiper le malentendu le plus rapidement possible.
Je rigole doucement dans le couloir et pénètre finalement dans mon antre. Ma chouette Diane est toujours sur son perchoir et semble dormir grâce à la douce chaleur que diffuse le feu de ma cheminée, attendrie je la regarde quelques secondes avant de me diriger vers mon bureau et commencer mes devoirs.
Après une heure de travail, je mets le point final à ma dissertation de métamorphose et souffle un grand coup. Mcgonagall est toujours très exigeante, que ce soit en cours ou durant les vacances, ce qui se reflète parfaitement dans les exercices et problèmes qu'elle nous donne à chaque fois.
Je décide de faire une pause et me déplace vers une des fenêtres de ma chambre, là où se trouve ma harpe. Je délie mes doigts et les fais ensuite courir sur les cordes, « Sonate au clair de lune » de Beethoven émerge de mon instrument et je ferme les yeux afin de profiter pleinement de la douceur de cette oeuvre.
Une fois le morceau achevé, je remarque que je ne suis plus la seule personne dans ma chambre.
– Qu'y-a-t-il papa ?
– J'étais venu te chercher pour te dire qu'on mangeait quand j'ai entendu les derniers accords de « Sonate au clair de lune » et si tu ne m'avais pas repéré, tu aurais continué avec « Gymnopédie ».
Je tourne le regard vers mes mains qui n'ont pas bougées et effectivement elles étaient en position pour commencer la deuxième oeuvre énoncée par mon père.
– Tu as toujours adoré la musique ma fille mais tu joues toujours ces deux morceaux à la suite quand tu ne vas pas bien. Je sais que je ne suis sans doute pas le confident idéal Éridanie mais si tu as besoin je suis là, il n'y a pas de raison que je ne puisse pas t'écouter et te conseiller si besoin.
Je me lève de mon tabouret et fais un rapide câlin à mon père.
– Je sais papa.
Nous nous dirigeons ensuite tout les deux vers la salle à manger dans un silence confortable. Scorpius étant déjà à table quand nous arrivons, les elfes apportent l'entrée dès que nous nous asseyons.
À part pour remercier les elfes, nous n'échangeons pas un mot de tout le repas mais l'ambiance est sereine. Ce n'est qu'au moment du café que notre père nous adresse la parole.
– Les enfants, j'aimerais que l'on parle du programme des vacances si vous le voulez bien.
Nous acquiesçons tout les deux en réponse.
– Je ne veux pas vous imposez quoi que ce soit rassurez-vous, juste vous informer de comment se dérouleront les fêtes.
Patiemment, nous attendons qu'il poursuive.
– Nous avons décidé cette année que Noël sera commun. Il se déroulera au manoir Greengrass en présence de la famille de votre tante et de vos quatre grands-parents.
Je hausse un sourcil, surprise par cette annonce, que les Greengrass soient d'accord pour faire un Noël commun ne me surprend pas, que les Malefoy le soient ça m'étonne beaucoup par contre.
– Est-ce-que l'un deux est au courant pour...ta relation ?
Le fait que ce soit Scorpius qui pose la question prouve que la discussion entre les deux hommes de la maison a été productive.
– Non, de mon côté il n'y a que Blaise et Théo qui sont au courant.
– Je vois...
– Pour le nouvel an je pensais vous laissez vous organiser si vous souhaitez faire une fête ici ou aller chez vos amis, juste faites le moi savoir deux trois jours avant d'accord ?
– Très bien.
Nous avons à peine répondu que quelqu'un frappe à la porte.
– Entrez.
C'est une Filly toute timide qui entre dans la pièce.
– Excusez-moi de vous interrompre messieurs et mademoiselle mais vos invités sont arrivés.
– Ils sont déjà là ? Mais ils ont une demi-heure d'avance.
– Effectivement, ils devaient arriver vers 14h normalement, à moins que ce ne soit avant car ils sont plutôt connu pour être en retard que ponctuels.
– Étant donné qu'Enzo m'a bien dit 14h, j'aurais tendance à dire qu'il s'est passé quelque chose de grave pour que son père soit en avance.
– Bien sur qu'il s'est passé quelque chose de grave.
Nous sursautons tout les trois face à la voix tonitruante de Blaise Zabini. Il entre dans la salle à manger tel un prince et s'assoit dans l'un des fauteuils les plus confortables avant de prendre une mine tout à fait sérieuse
– Papa...
– Non tait-toi Enzo, c'est vraiment affreux ce qui m'est arrivé.
Blasé, son fils se contente de lever les yeux au ciel sans s'asseoir.
– Je vois que sa tendance à faire la diva ne s'est pas estompée.
– C'est très sérieux au contraire Scorpius, tu n'imagines pas le nombre de fois où je vais devoir rendre visite à ton père afin de conserver un minimum de santé mentale.
– Attend qu'on soit de retour à Poudlard avant de commencer tes visites d'accord ?
– Espèce de filleul de pacotille, puisque c'est comme ça tu n'auras pas ton cadeau de Noël.
– Tu laisserais Théo te voler le titre du meilleur parrain de l'année ? Eh bah tu dois être vraiment désespéré.
– Premièrement sale petit ingrat, ce concours est réservé uniquement à Drago et moi, parce que Théo est le parrain de ta sœur ce qui fait qu'on ne joue pas dans la même compétition puisqu'il doit se creuser deux fois plus la cervelle comme Éridanie est une fille.
– Dit tout de suite que je ne sais pas apprécié un cadeau à sa juste valeur.
– Deuxièmement quand tu arriveras à mon âge tu comprendras qu'il est important d'avoir de bons amis lorsque tu traverse une crise comme c'est mon cas actuellement. Continue Blaise sans tenir compte de mon intervention.
– Une crise, une crise, c'est vite dit ça papa.
– Dis donc toi, tu devrais être en train de me soutenir au lieu de m'enfoncer.
– Quand tu fais une montagne pour pas grand chose, non.
– Quelle ingratitude, quand c'est toi qui hurlait dans tout le manoir qu'Éridanie allait mourir parce qu'elle s'était écorché le genou je t'ai toujours soutenu.
– D'abord mon très cher père j'avais quatre ans et voyais du sang pour la première fois, dans ces circonstances il était logique pour moi de paniquer, ensuite tu m'as peut-être soutenu mais cinq minutes après tu t'écroulais de rire sur le tapis.
– Et il vidait ensuite une bouteille de Wisky pour oublier que son fils avait, je cite, hurlé comme une fillette pour pas grand chose. Continue papa en ricanant.
– Pitié ne me parle pas de Wisky.
À notre grand surprise, sitôt sa phrase achevée, Blaise s'effondre en pleurs dans le fauteuil et se met à se lamenter sur sa vie qui est devenue un enfer.
– Euh bon on va te laisser régler ça papa, d'accord ?
Sans lui laisser le temps de répondre, nous sortons précipitamment de la pièce, Enzo, Scorpius et moi. Une fois la porte fermée, un fou rire nerveux nous prends et nous passons bien dix minutes à rigoler.
– Bon sang mais qu'est ce qui s'est passé pour que ton père soit dans cet état ? Demande Scorpius toujours amusé.
– Oh c'est simple, il est allé chez le médicomage avant de venir pour connaître le résultat des analyses qu'il a passé il y a trois jours. Durant tout le trajet et le temps d'attente il n'arrêtais pas de fanfaronner comme quoi il avait une excellente santé et qu'il le ferait savoir à ce médicomage de seconde zone, sauf que quand il lui a dit qu'au vu de ses résultats il devait arrêter l'alcool pendant un mois il n'a plus fait son malin.
– Minute là, tu es en train de dire qu'il s'est mit à pleurer parce qu'il ne doit pas boire d'alcool pendant un mois.
– Précisément.
– Quand je disais que c'était une diva.
Nous riions une nouvelle fois devant l'attitude toujours exagérée de Blaise Zabini.
– Bon maintenant qu'on a le fin mot de l'histoire je vais vous laisser tout les deux, il me semble que vous avez des choses à vous dire.
L'annonce a beau avoir été taquine elle me met mal à l'aise et pas dans le bon sens du terme. Ne se rendant pas compte de la soudaine tension entre nous, Scorpius part rejoindre sa chambre le sourire aux lèvres.
– Euh je...je pense qu'on devrait y aller.
– Ou...oui tu as raison, la...la salle de musique est libre, on devrait pouvoir parler tranquillement.
Je me fustige aussitôt de bégayer comme ça, bon sang Éridanie, c'est juste Enzo, ton meilleur ami depuis des années, pas le ministre de la magie.
Nous marchons en silence dans le manoir, aussi peu enclin à entamer la conversation l'un que l'autre. Ce n'est qu'une fois arrivé à la salle de musique que je me décide à prendre le taureau par les cornes.
– Je ne t'en veux pas Enzo, pour être honnête je ne t'en ai jamais voulu d'avoir élevé la voix sur moi. Bien sûr ça m'a surprit et la prise de conscience n'a pas été très agréable, mais si je ne t'ai pas reparlé ensuite c'est parce que je ne savais pas comment abordé le sujet avec toi.
J'ai a peine fini ma phrase qu'Enzo se précipite vers moi et me sert dans ses bras de toutes ses forces.
– Je n'ai jamais voulu te mettre mal à l'aise Éri, je suis sincèrement désolé, je voulais juste te faire prendre conscience que...
– Peux...pas...respirer...
Les muscles d'Enzo se sont tellement développés ces derniers temps qu'il ne se rend même plus compte de sa force, ce qui fait qu'il est présentement en train de me couper la respiration.
– Oh par Merlin, je suis désolé.
– Bon sang mais tu as pris une potion de force avant de venir ou quoi ?
– Euh non mais...enfin comme je te l'avais dis, j'ai grandi.
– Oui je m'en rends compte. Dis-je avec un petit sourire moqueur. Au moins ça prouve que tu n'es plus un petit garçon.
– Il serait temps que tu t'en rende compte.
– Ne boude pas Enzo, on se connaît depuis l'âge de trois ans et on a toujours été ensemble, c'est normal que j'ai du mal à te voir comme un homme plutôt que comme un frère.
A ces mots, le visage d'Enzo se transforme, avant moqueur il est maintenant sérieux. Il s'avance lentement vers moi, dans une démarche que je qualifierais de prédatrice.
– Que...qu'est-ce-que tu fais Enzo ?
Il ne me répond pas mais m'attrape le poignet avant de me coller à son torse. Je n'arrive plus à réfléchir, son comportement à l'instant si différent de d'habitude et ma récente prise de conscience sur le fait qu'il n'est plus un enfant me chamboulent complètement.
– Je ne suis pas ton frère Éri, je ne l'ai jamais été et je ne le serais jamais. Murmurés à mon oreille, ces mots dits d'une voix basse et grave font monter la température de mes joues.
Je sais que je devrais répliquer ou au moins m'écarter mais je ne fais ni l'un ni l'autre.
Soudain un éclat de rire tonitruant me sort de ma transe.
– Oh mon dieu, si tu avais vu ta tête Éri, c'était à mourir de rire.
Encore un peu sonnée, je regarde Enzo se fendre la poire tout en se frappant les cuisses dut à son hilarité.
– Si j'avais su qu'il fallait que je joue le mec ténébreux pour que tu ais une telle tête ahurie je l'aurais fait avant.
Je bougonne sous son nouvel éclat de rire.
– Oh ça va, je ne pouvais pas savoir que tu n'étais pas sérieux, je paris que tu aurais réagi de la même manière si je m'étais comporté différemment de d'habitude.
– Peut-être, mais là c'est moi qui ai eu le monopole.
– C'est ça rigole, mais rira bien qui rira le dernier.
– Oui, oui, mais puisqu'on en parle, j'ai peut-être joué un rôle là à l'instant mais mes paroles étaient sincère Éri.
– Je sais, je l'ai bien compris ne t'inquiète pas.
Nous nous sourions, complices, jusqu'à ce qu'un grand bruit de porte qui claque nous fasse sursauter comme jamais.
– Enzo, si tu ne trouve pas le moyen de faire taire ton père dès ce soir, je te jure que je l'enferme dans les cachots du manoir.
Remis de notre surprise, nous pouffons discrètement devant le futur match de réplique cinglantes qui va se dérouler sous nos yeux.
– Espèce d'ami indigne, tu mériterais que je te brûles les cheveux.
– Approche ta baguette de ma tête Zabini et je te l'enfonce dans les couilles.
– Tu n'es pas assez féminine pour que je te laisse t'approcher de mes attributs Malefoy.
– Rappelle-moi qui s'est jeté sur moi en braillant qu'il était en manque il y a une semaine ?
– Eh bien si tu appelle ça une invitation ton sens de la galanterie est déplorable, je plains toutes les femmes que tu as approché.
– Elles ne se sont jamais plaintes figures-toi, au contraire elles en redemandaient.
Ok, cette conversation me met de plus en plus mal à l'aise et à voir les rougeurs sur le visage d'Enzo je ne suis pas la seule.
– Tu parles, elles n'osaient juste pas te le dire en face.
– Vu leurs cris à chaque fois j'en doute fortement mon cher, par contre toi il t'en a fallu du temps avant de provoquer autre chose que des soupirs à Poudlard.
– Ce n'est pas parce que je ne les étalais pas dans la salle commune que mes conquêtes n'étaient pas satisfaites.
– Temps mort s'il vous plaît, beaucoup trop d'informations que j'aurais préféré ne pas savoir.
Les deux adultes se tournent vers nous, semblant se rappeler de notre présence.
– Oh, vous étiez là.
– Oui papa on était là et j'aurais préféré que vous vous en rappeliez avant de parler.
– Voyez-vous ça, c'est bien la première fois que je rencontre un Zabini qui est gêné de parler de sexe.
– Je suis gêné quand mon père est dans la même pièce et je pense qu'Éri se serait bien passée également de savoir ce qu'on a entendu.
– Je confirme, alors si les deux enfants que vous semblez être redevenus veulent bien sortir de la pièce, on ne serait pas contre.
– Hummm dominatrice, j'adore.
Blaise a à peine le temps de finir sa phrase que mon père lui décroche un coup de poing à la mâchoire.
– Non mais ça va pas Malefoy, qu'est-ce-qui te prends ?
– Ce qui me prend ? Non mais c'est plutôt à moi de te poser la question. Toi qu'est-ce-qui te prend de parler de cette façon à ma fille ?
– Mais je n'étais pas sérieux enfin, je ne la vois pas de cette manière, elle est presque ma nièce.
– Alors abstiens-toi de ce genre de commentaire déplacés si tu ne veux pas que je te refasse le portrait.
Marmonnant sur l'humour douteux de son meilleur ami mon père sort de la pièce en entraînant Blaise avec lui.
– Eh bien, j'imagine qu'on ne les refera pas.
– C'est un peu tard maintenant effectivement.
Nous pouffons tout les deux et passons le reste de l'après-midi à bavarder et rattraper le temps perdu durant les trois dernières semaines
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Bonsoir, oui je sais il est tard, mais j'ai eu une journée plus intense que d'habitude. J'espère que vous pardonnerez mon retard et que vous avez apprécier le chapitre, si c'est le cas n'hésitez pas à m'en faire part.
La semaine prochaine le point de vue de notre Albus national sera de retour alors passez une bonne semaine et à vendredi prochain.
