Hey ! C'est l'heure de l'avant dernier chapitre avant ma pause estivale.

Alors, autant annoncer la couleur tout de suite, celui-là il est pas joyeux. Je me permets une petite liste d'avertissement, au cas où :

cw : torture, mention d'abus (rien de graphique), trauma médical, cobaye humain, dépression, pensées morbides.

J'ai essayé de pas rendre ça trop "lourd" à lire non plus mais au cas où, mettez vous bien.


Alber ouvrit péniblement les yeux.

Cligner des paupières était douloureux. Et inutile, il n'y avait rien à voir dans sa cellule. La seule lumière dont il disposait était celle diffusée par les yeux brillants du petit escargophone qui le surveillait. Souvent, il avait été tenté d'écraser la créature. Mais il y avait renoncé : c'était aussi sa seule compagnie et sa seule source de distraction entre ses quatre murs.

Comme chaque fois qu'il se réveillait, les douleurs de son corps l'assaillirent immédiatement. Il savait que les drogues dans son organisme l'abrutissaient et l'empêchaient de ressentir pleinement les dommages qu'il avait subi mais il était bien conscient de sa situation. Les semaines passaient et il s'affaiblissait.

Il resta couché sur le carrelage froid. Il n'avait pas envie que la journée se poursuive. Tout ce qu'il pouvait faire, c'était rester immobile et espérer que le temps s'arrête pour lui accorder un peu de répit. Même s'il savait la chose impossible, c'était tout ce qui lui restait. Très bientôt, sa routine se répéterait et il en avait déjà mal au ventre. Il aurait dû s'habituer à cette routine, depuis le temps... Mais ce n'était pas le cas. Il faisait tout son possible pour dépérir mais ses geôliers tenaient à ce qu'il reste en vie.

Ils mettaient tout en œuvre pour préserver leur précieux spécimen. Il ne devait surtout pas mourir ! Quelle aubaine c'était pour eux, d'avoir un lunaria vivant sous la main. Un jeune en plus ! Son corps était frais, encore en pleine croissance et ils avaient tant à apprendre de lui. Il les écoutait le répéter à longueur de journée. Il aurait tant aimé les faire taire. Malheureusement pour lui, il était fatigué. Et même s'il n'y avait pas eu les drogues pour l'assommer, il perdait peu à peu sa volonté de s'échapper. Par désespoir.

La porte métallique de la cellule s'entrouvrit et laissa passer un rai de lumière vive qu'il aveugla une seconde avant de se refermer prestement. Il sentit l'odeur de la nourriture vaguement chauffée et éprouva un bref soulagement dont il eut honte. Si on le nourrissait maintenant, c'était que son calvaire n'allait pas reprendre avant plusieurs heures. Ses bourreaux préféraient qu'il soit à jeun pour expérimenter sur lui.

Il n'avait toujours aucune idée de l'heure qu'il était — il n'avait aucun moyen de savoir s'il faisait jour ou nuit — mais il reconnaissait les étapes d'une journée. Son repas signifiait qu'il était "tranquille" pour un moment.

Les premiers jour de sa captivité, il avait refusé de manger.

Il était traité comme un animal à qui on donnait sa gamelle après avoir bien travaillé, il n'avait pas pu l'accepter. Il s'était juré de leur rendre la vie impossible, voir de tous les tuer. Il l'avait juré de toutes ses forces. Puis après avoir subi humiliation sur humiliation, incertain de ce qu'il était arrivé aux siens et épuisé par sa lutte constante… il avait baissé les bras. De toute façon, même s'il avait persisté dans son refus de se nourrir, on l'aurait forcé à manger, d'une manière ou d'une autre. Il avait compris que son corps ne lui appartenait plus.

Il se redressa doucement pour s'asseoir — sa cellule ne lui permettait pas de se tenir debout — et tendit la main pour saisir le plateau qu'on lui avait tendu, se détestant toujours plus d'être devenu aussi docile. Mais il n'y pouvait rien, son estomac grondait et il devait se débarrasser de cette douleur là tant qu'il le pouvait. En faire taire une seule était déjà bien.

Il faillit lâcher le plateau quand il s'en empara. Ses doigts lui faisaient mal. Malgré tous les soins qu'on lui lui prodiguait, ses geôliers ne pouvaient pas l'empêcher de se ronger les ongles et il se faisait saigner un peu plus chaque jour.

Il plongea sa main dans l'assiette sans même prendre le temps de regarder ce qu'on lui avait servi, il s'en fichait. Il savait que c'était insipide. Il se contenta d'avaler ce qui s'y trouvait sans réfléchir, simplement satisfait de savoir qu'il allait pouvoir se rendormir et se réfugier dans un sommeil sans rêve.

Par réflexe, ses ailes frissonnèrent et de nouvelles plumes abîmées tombèrent sur le carrelage. Il n'y prêta pas attention, il n'osait même pas regarder dans quel état elles étaient. Depuis qu'on lui avait coupé ses plus longues plumes pour éviter qu'il s'envole, il n'avait plus posé les yeux dessus, ni même essayé de les toucher. De toutes les mutilations qu'il avait endurées, celle-ci était la pire. Car elle le ramenait quotidiennement à son statut d'objet. Il n'avait pas de collier ou de marquage au fer rouge, comme les autres esclaves, mais il n'en restait pas moins la propriété du gouvernement et il était hors de question que ses atouts naturels lui permettent de s'enfuir.

Il était désormais persuadé qu'il pourrirait dans cette cage pour le restant de ses jours et il n'avait plus rien d'autre à penser. Il s'interdisait de tourner ses songes vers sa famille, ou son peuple. Penser à eux était trop douloureux. Et trop dangereux.

Au début, quand il était arrivé au laboratoire, il s'était servi d'eux et de ses souvenirs pour supporter la douleur et la peur des expériences qu'on faisait sur lui. Mais il avait suffit d'une seule supplique et de la mention de son foyer pour qu'on le noie sous les questions et qu'on cherche à lui arracher les informations que son corps seul ne pouvait pas fournir au gouvernement mondial. Il avait abandonné l'idée de se réfugier dans des recoins plus plaisants de sa mémoire afin de les préserver de la perversité des scientifiques et des ambitions du gouvernement.

Il ne lui restait que deux choses pour tenir. Puisqu'il n'avait pas d'autre choix que de vivre, il laissait monter sa rage. Il n'ouvrait la bouche que pour lancer des insultes et des menaces de mort. Même si elles ne produisaient aucun effet, elles avaient au moins le mérite de le soulager un peu. Et puis, il lui restait Joy Boy.

Cette histoire qu'on lui contait depuis son enfance ne l'avait jamais tant hantée qu'aujourd'hui. La légende de son retour et les promesses de libérations qui allaient avec se transmettaient de générations en générations et il n'en avait jamais vraiment saisi le sens jusqu'à aujourd'hui. Il s'y accrochait comme à une bouée. Il avait toujours vu cette histoire comme un conte un peu naïf, destiné à amuser les enfants, et maintenant il priait de toutes ses forces pour que tout soit vrai.

Qu'un jour quelqu'un viendrait, changerait le monde et le sortirait de cet enfer.

/

Le sentiment de honte qui envahissait Alber était de plus en plus grand à chacune de ses sorties. Des fois, une impulsion le prenait et il luttait comme au premier jour pour ne pas retourner sur la table d'opération, mais la plupart du temps il suivait docilement les instructions qu'on lui donnait. Non seulement il n'avait pas assez de forces pour se battre mais en plus il savait ses efforts complètement inutiles. Ses ailes étaient inutilisables, ses flammes maîtrisées, et aucun allié nulle part en ces murs. Alors il faisait ce qu'on attendait de lui.

Il se laissait sangler, tendait son bras pour les prises de sang et facilitait tout ce qu'il pouvait, pourvu que ça passe plus vite. Il avait pris l'habitude d'être complètement nu devant des dizaines de personnes, observé à la loupe par leurs yeux curieux et insensibles mais il avait encore assez conscience de lui-même pour comprendre à quel point tout ça était humiliant. Même si pour les scientifiques du gouvernement, qui lui parlaient comme s'il était leur ami, tout était parfaitement normal. Pour eux, le tripoter et malmener sa chair représentait une journée de travail comme les autres.

La plupart d'entre eux arrivaient après qu'Alber ait été ligoté et partiellement sédaté puis se saluaient les uns les autres, se racontaient leur soirée de la veille devant lui, ainsi que les dernières bêtises de leurs enfants, leurs déboires financiers… Le tout avec le sourire aux lèvres pendant qu'ils enfilaient gants et blouses avant de s'approcher de lui et de lui infliger de nouveaux sévices. Pour le bien commun, disaient-ils.

Alber ne savait pas ce qu'ils espéraient obtenir en prélevant ses fluides et ses cheveux, en brûlant sa peau ou en l'ouvrant de la poitrine jusqu'au pubis pour observer ses organes. Il n'avait pas envie de le savoir et ne posait aucune question. Mais n'était pas bête, il y avait longtemps que le gouvernement voulait mettre la main sur un lunaria pour comprendre d'où venait leur résistance surnaturelle et ainsi : l'exploiter. Ses flammes n'étaient pas faites pour la destruction, pourtant c'était bien ça qu'ils recherchaient.

Or, si son corps était résistant, ça ne l'empêchait pas de sentir la douleur.

Ce jour-là, "l'expérience" s'avéra particulièrement douloureuse pour l'adolescent. D'après ce qu'il avait compris, le but était de voir combien de temps il pouvait encaisser les chocs avant que son corps ne manifeste une faiblesse. Ses bourreaux habituels — dont il connaissait bien les visages maintenant — l'attachèrent aussi solidement que d'habitude, en lui parlant gentiment et en l'appelant par son prénom, comme si ça faisait une différence pour lui.

Il regardait celui qui serrait la sangle sur sa cheville — il avait besoin d'être debout pour cette expérience et en un sens, il appréciait de pouvoir se tenir droit pour une fois. Il songea encore une fois à quel point il lui serrait facile de l'écraser. Il était encore jeune et était d'un gabarit plutôt frêle par rapport à ses aînés, mais même dans ce cas là, il restait gigantesque. Il était capable de le tuer. C'était tellement injuste qu'il se trouve à ce point sans défense, lui qui appartenait à un clan si fort. Heureusement que personne n'était là pour voir à quel point il était pathétique…

Quand ils eurent fini de l'attacher, ils s'éloignèrent pour se placer derrière une vitre — comme toujours — et faire leurs observations pendant que lui souffrirait le martyr pour satisfaire leur recherche de progrès militaire. Un soldat de la Marine immense et extraordinairement musclé s'avança alors jusqu'à lui, apparemment agacé qu'un scientifique lui aboie des instructions quand aux coups qu'il devait porter au "sujet". L'homme avait un visage patibulaire et arborait une expression de ravissement quant à l'idée d'être payé pour prouver sa force à un être réputé pour sa résistance aux conditions extrêmes.

Alber se crispa malgré lui. Il aurait aimé ne rien montrer, ne rien exprimer du tout, mais il n'y pouvait rien, il avait peur. Même après tout ce temps, il redoutait la douleur. Et il ne pouvait rien faire. A part retenir ses larmes, pour préserver le peu de dignité qu'il lui restait. Et il n'y parvenait pas toujours.

Le Marine s'approcha de lui, prêt à frapper. Alber inspira et tenta de s'oublier un peu. Il tourna ses pensées vers Joy Boy et rêva d'un jour venu où chacun de ceux qui se trouvaient en face de lui paieraient pour tout ça. Le premier coup, frappé dans le ventre, ne lui arracha aucun son, il n'eut pas eu trop mal. Mais il savait qu'à force, sa peau faiblirait et que le résultat attendu se produirait : il aurait des bleus et ses os se briseraient. Ce qui les intéressaient, c'était le temps que ça prendrait.

Il ne broncha pas plus au deuxième coup, écoutant à peine les commentaires qui se faisaient en face de lui. Mais ses pensées tumultueuses et son honneur encore une fois bafoué firent remonter sa colère. Il fixa son "adversaire" droit dans les yeux, afin de lui rappeler qu'il avait bien un être vivant en face de lui et pas une poupée à briser. Le Marine ne broncha pas, il y avait déjà longtemps qu'il l'avait déshumanisé. Il n'éprouvait pas la moindre empathie pour lui. C'est ce qui poussa Alber à ouvrir la bouche.

— Vous faites bien de m'attacher. Un jour, je vous ferai tous brûler.

Cette déclaration ne provoqua aucune réaction. L'équipe qui travaillait sur son cas avait l'habitude de ses éclats de colère et pour l'instant ils ne voyaient aucune raison de s'alarmer. Cette indifférence, plus que tout, le faisait bouillir de rage. Il allait certainement le regretter mais après avoir pris un nouveau coup — au visage cette fois — il s'adressa à eux dans sa langue maternelle.

Je vous cramerai tous, vous et vos dragons célestes. L'océan vous avalera et rien de ce que vous nous avez arraché, à moi ou aux miens, ne vous sauvera ! J'espère que vous allez me garder vivant assez longtemps pour que je vous regarde crever.

Le Marine le frappa à nouveau — comme un maton aurait frappé un détenu récalcitrant — et les chercheurs s'excitèrent tous en même temps. Il avait fait une erreur ; parler sa langue avait brièvement soulagé sa colère mais il avait suscité un nouvel intérêt et à partir de maintenant sa journée allait se montrer pire que ce qu'il avait prévu. Ils allaient le forcer à parler.

/

Il regagna sa cellule plus tard que ce qu'il avait espéré. Son corps était atrocement douloureux — il se détestait d'être aussi difficile à blesser, ça obligeait ses bourreaux à faire preuve d'imagination pour le faire saigner — mais l'équipe avait apprécié les résultats. Son corps avait résisté encore plus longtemps que ce qu'ils avaient espéré et tout cela leur semblait "prometteur" pour la suite. En tout cas, c'était ce qu'Alber avait entendu. Il se demandait ce qu'ils allaient bien pouvoir tirer de toutes ces expériences. Des armures pour leurs armées ? Il serait sûrement mort avant d'en avoir la couleur.

Et il n'avait plus tellement la force de réfléchir. On l'avait vaguement soigné avant de le renvoyer à la niche mais il tenait à peine sur ses jambes. Il se coucha sur son matelas et ferma les yeux avant de sombrer dans un sommeil profond quelques secondes plus tard.

Il avait l'impression d'avoir à peine cligné des yeux quand des voix le réveillèrent. Pourtant des heures s'étaient écoulées depuis le moment où il s'était couché. D'habitude il en fallait plus que ça pour le tirer de son sommeil mais l'agitation ambiante était suffisamment étrange pour attirer son attention. Il se passait quelque chose et ce n'était pas une bonne nouvelle pour lui ; en général, quand sa routine changeait, cela signifiait plus de torture et de nouveaux scientifiques prêts à abuser de lui.

Il rampa jusqu'à la porte de sa cellule et colla son oreille à la porte pour comprendre ce qui se disait de l'autre côté. Le blindage était trop costaud pour lui permettre d'entendre tout distinctement mais le nom de Vegapunk revint plusieurs fois ainsi que le quartier numéro six. Il n'était pas sur que cette discussion le concerne mais il était bien question d'un "prisonnier".

Alber ricana en entendant le mot "prisonnier". Devant lui, on évitait toujours de l'appeler comme ça. Il était un "sujet". Parfois on essayait même de lui faire croire qu'il était là de son plein gré. Mais dans les faits, il était bel et bien prisonnier. Cette île était autant un laboratoire qu'une prison et Alber savait qu'il n'était pas le seul à croupir dans une cage et à subir les ambitions délirantes du gouvernement. Même s'il n'avait jamais croisé qui que ce soit d'autre que les laborantins et les soldats de la Marine depuis son arrivée.

Il devina que les personnes s'étaient rapprochées de la porte quand la discussion lui parut de façon bien plus nette. Il s'agissait d'une dispute et finalement, c'était bien de lui qu'on parlait.

— C'est une mauvaise idée, c'est tout ce que je dis.

— C'est juste pour une journée, après on le ramène. De toute façon, on n'a pas le choix. Le caisson est dans le bâtiment numéro six et le docteur Vegapunk insiste pour que les essais se fassent le plus tôt possible. Le nouveau venu lui prend tout son temps et il tient à avoir tout le labo pour lui seul le plus vite possible, c'est soit on le fait maintenant, soit on aura pas de place avant un an !

— C'est risqué de le déplacer. Tous les soldats ont déjà été réquisitionnés pour surveiller Kaido. S'il y a un accident pendant son transfert…

— Il n'y aura pas d'accident, trancha la voix. Donnez lui quelque chose pour le calmer.

— Il commence à s'habituer aux effets. Débrouillez vous plutôt pour trouver un véhicule blindé pour le transporter. Sinon il s'enflammera en mettant le nez dehors. Et ça risque de nous coûter cher.

— Justement, le budget est très serré, le docteur Vegapunk ne voudra…

— Ca ne devrait pas être si compliqué de trouver un véhicule !

Après ça, ils s'éloignèrent et Alber n'en entendit pas davantage. Mais il avait bien compris de quoi il était question. Ils allaient encore le déplacer.

Ça arrivait régulièrement. Dès qu'ils avaient besoin de mener des tests plus ambitieux, ils changeaient de laboratoire et l'emmenait sur une autre partie de l'île. Mais ce n'était pas arrivé depuis un moment maintenant. Il n'avait aucune idée de ce qu'ils prévoyaient de lui faire, personne n'avait parlé de ça devant lui lors de sa dernière sortie. Les scientifiques s'organisaient selon les priorités de leur patron — le docteur Vegapunk — et tout ça avait l'air d'être une décision de dernière minute.

Comme à chaque fois, l'idée d'une tentative d'évasion lui effleura l'esprit. Ce serait inutile et il le savait : ses ailes étaient inutilisables et il était sur une île du gouvernement. Même s'il parvenait à faire un carnage, il serait incapable de s'échapper. Mais l'idée qu'on redoute sa rébellion pour ce transfert précis l'intriguait. Ca n'avait sans doute rien à voir avec lui — ils craignaient simplement qu'il endommage leur précieux matériel — pourtant c'était assez inhabituel pour lui donner envie de ressaisir. Une anomalie était souvent mauvais signe pour lui mais il leur avait fait assez peur pour leur donner envie de prendre des précautions. Il y avait une faiblesse à exploiter.

Il se jura d'être attentif quand viendrait le moment de quitter cette partie du laboratoire. Il ne croyait ni en sa chance, ni en son salut… Mais s'il pouvait tout faire pour leur rendre la vie impossible, il le ferait.

/

Finalement, Alber ne fut pas en mesure de faire grand chose. Seul et nu contre un groupe armé, entraîné et protégé de ses pouvoirs par des combinaisons neuves — dont la résistance aux flammes étaient sûrement le résultat des recherches qu'on avait menées sur lui — il était sans défenses. Une fois enchaîné et bourré de médicaments, il n'avait pu que suivre le mouvement et accepter de rentrer dans une sorte de fourgon opaque, lui aussi résistant au feu, et tiré par une créature cornue qu'Alber ne parvint pas à voir en entier. Il avait l'impression d'être un animal en route pour l'abattoir.

Il avait naïvement espéré pouvoir profiter de ces brefs instants à l'extérieur pour sentir le vent et les rayons du soleil mais Vegapunk avait décidé de le déplacer de nuit. On ne lui laisserait même pas ce minuscule plaisir. Il put à peine à lever le nez pour observer la lune mais on le poussa immédiatement à l'intérieur de sa cage mobile. La fine ouverture qui laissait passer l'air à l'intérieur lui permettait vaguement de voir le paysage mais il n'y avait rien d'autre à voir que des bâtiments métalliques. Il ne tenait toujours pas debout dans le fourgon, il devait garder les épaules voûtées et la tête basse. En attendant que le trajet se passe.

Au moins, cette fois, il savait où il allait. Le bâtiment numéro six. Il ne savait pas quel genre de recherches ils faisaient là-bas, et ce qu'on allait bien pouvoir lui faire, encore. Mais il avait compris qu'un autre cobaye se trouvait sur place et qu'exceptionnellement, les recherches sur lui étaient prioritaires sur les siennes. Il se demandait qui avait bien pu remporter ce "privilège". Les voix qui lui parvenaient lui donnèrent quelques informations supplémentaires.

— … C'est un des Rocks, je sais pas si on se rend bien compte !

— Heureusement qu'il était tout seul, sinon on aurait jamais réussi à l'avoir.

— J'espère qu'il est bien enfermé, si jamais il s'échappe on n'en viendra pas à bout.

— Il faut pas dramatiser non plus, il ne pourrait pas aller bien loin de toute façon.

— Qu'est-ce que Vegapunk lui veut ? Il ne devrait pas être à Impel Down ?

— Il doit y être transféré mais apparemment il est particulier.

Alber ne les écouta pas plus longtemps. Il n'avait aucune chance de croiser cette personne. A quoi bon s'y intéresser.

/

— Allez fais pas de manières, avance.

Alber traînait les pieds dans les couloirs, comme il le faisait toujours, mais l'équipe qui l'accompagnait était pressée. Ils n'avaient qu'une journée pour profiter du matériel dont disposait ce bâtiment et chaque seconde comptait pour eux. Pour Alber, ça ne faisait aucune différence. Il flânait sans vraiment attarder son regard sur quoi que ce soit, il n'avait rien d'intéressant à regarder.

Ils s'arrêtèrent devant une porte gigantesque, assez haute pour qu'Alber se permette de lever la tête pour la voir en entier. Il se demanda si d'autres sujets, de la même taille que lui, étaient étudiés ici. Deux hommes, un de son équipe et un autre visiblement affilié au quartier numéro six, échangèrent quelques mots et signèrent un peu de paperasse avant qu'ils ne soient autorisés à entrer dans la pièce.

Toujours enchaîné et frissonnant, Alber suivit le mouvement sans broncher.

— Installez le, on va pouvoir commencer, dit le chef d'équipe, sans accorder un seul regard à Alber.

On le conduisit face à un énorme caisson. Il n'avait aucune idée de ce à quoi il pouvait bien servir mais il avait suffisamment roulé sa bosse comme cobaye pour savoir qu'on allait le mettre dedans. A quoi allait on l'exposer cette fois ? Des électrochocs ? Un bain d'eau bouillante ? Des radiations ?

Un des scientifiques tira un levier et une grande plateforme sortit du caisson. Elle ressemblait à n'importe quelle table d'opération, Alber devinait déjà la suite. Jusque là, il n'était pas dépaysé.

— Tu sais ce que tu as à faire.

Si ces scientifiques n'avaient pas porté une combinaison ignifuge, il aurait envisagé de se rebeller, mais il avait le choix entre : la douleur et la douleur qui risquait de durer plus longtemps. Il accepta donc de monter sur la table, se trouvant toujours plus misérable d'obéir de cette façon. Encore une fois, il était réduit à l'impuissance et outragé de voir qu'il en était arrivé là. Il aurait pu refuser, lutter, essayer de sortir par tous les moyens. Néanmoins il était là, prêt à entrer de son plein gré dans ce caisson.

Il s'allongea et sentit des larmes de rage lui monter quand on lui installa un oreiller sous la tête. Comme si quelqu'un se souciait de son confort dans cet enfer. Immédiatement après, tous s'affairèrent autour de lui pour le fixer à la table en lui mettant des menottes aux poignets et au chevilles. Elles étaient trop serrées, ses doigts étaient déjà engourdis, mais il ne protesta pas. Dès qu'il fut bien attaché, tous retrouvèrent leur comportement de toujours et se mirent à discuter de tout et de rien pendant qu'ils le touchaient en prenant des notes sur son état.

Puis vint le moment de lui prélever encore un peu de sang, avant de commencer l'expérience. Une seule personne se hissa à la hauteur de son bras et lui frappa l'intérieur du coude avec indélicatesse pour faire apparaître une veine. Il détourna bêtement le regard, il avait horreur de ça ; sentir le poids sur sur sa peau, puis le froid des gants, la pointe de l'énorme aiguille qui s'enfonçait avec difficulté, écouter l'équipe râler sur la dureté de son épiderme…

Un "c'est bon" lança la suite. La plateforme sur laquelle il était allongé s'éleva avec un bruit mécanique et le plongea à l'intérieur du caisson. Alber se sentit immédiatement oppressé, il faisait noir et il ne se serait pas senti plus à l'aise dans un cercueil. Le caisson se referma et il n'entendit plus rien. Il était plongé dans le noir et il n'avait aucune idée de ce qui allait lui arriver. Il n'y avait même pas d'escargophone pour le filmer, qu'est-ce qu'ils espéraient voir ?

Il y avait une odeur de poudre dans l'air. C'est ce qui lui fit comprendre ce qui allait lui arriver : ils allaient le brûler vif.

Il ne comprenait pas pourquoi ils étaient si obsédés par son feu. Depuis le début, ils essayaient de percer le mystère de cette flamme attachée à son dos et comment celle-ci fonctionnait. Comme ils ne parvenaient pas à comprendre ce secret, ils semblaient vouloir le lui faire payer. Qu'est-ce qu'il pouvait y avoir de pire que de vouloir brûler quelqu'un qui résiste naturellement aux flammes ? Ce n'était pas une expérience, c'était une punition. Il avait menacé de les brûler vivants, ils voulaient lui faire passer cette envie.

Comme avant chaque expérience. Son envie de pleurer revint en force. Il sentait sa gorge se serrer. Il faisait de son mieux pour résister mais c'était plus fort que lui. Il ne pouvait pas cacher sa peur ou son dégoût de lui-même, car ses pleurs n'inspirait ni pitié, ni compassion, ni même curiosité. C'était inutile. Pourtant, c'était tout ce qu'il restait à son corps pour se défendre. En plus de ses flammes, qui explosèrent d'elles-même, pour le protéger des dégâts à venir.

Le caisson se mit alors à chauffer et d'autres flammes, qui n'avait rien à voir avec lui, apparurent. Il savait que son feu pouvait être plus brûlant que n'importe quel autre mais il ne le maîtrisait pas assez. Il était trop jeune, il n'avait jamais eu le temps d'apprendre à s'en servir correctement. Il tenta tout de même de contrer l'incendie menaçant qui l'entourait peu à peu. Il n'était pas touché mais il sentait leur chaleur. Il ne tiendrait pas indéfiniment comme ça. Il était affamé, fatigué, encore marqué par son tabassage de la veille. Il se savait incapable de résister aux effets de ce caisson.

Il se passa peut-être une heure, ou deux, avant qu'il ne soit réellement mis à mal. A partir de ce moment-là, la douleur devint insoutenable. Sa peau tenait bon, ses cheveux tenaient bon, ses yeux également. Le feu pourrait brûler longtemps sans parvenir à le tuer mais ça ne l'empêchait pas de ressentir toute l'intensité de la brûlure. Par réflexe, il essaya de s'échapper, comme l'aurait fait n'importe quel autre être vivant — il était sûr que des notes seraient prises là-dessus. Ses ailes remuèrent faiblement sous son dos et il se tortilla pour arracher ses poings à la table.

Il n'y parvint pas. La douleur devenait de plus en plus vive et il n'y pouvait rien.

Il n'était plus sur de pleurer ou non. Une part de lui souhaitait que ce feu le consume tout entier et le transforme en petit tas de cendre, que toute la peine et l'horreur qu'était sa vie disparaissent enfin. L'autre voulait vivre, très fort. Ne jamais lâcher, ne jamais perdre face à ce maudit gouvernement qui le vampirisait un peu plus chaque jour. Cette dualité ne pouvait s'exprimer qu'à travers une furie incontrôlable qui lui faisait peur. Il ne se reconnaissait plus, à hurler sa haine dans un caisson.

Car ce n'était pas lui, qui était pourtant si calme et si discret !

Sa destruction physique semblait impossible — après tout c'était ce qu'ils étudiaient — mais sa nature profonde ne se débarrasserait jamais de la blessure cruelle qu'on lui avait infligée. Pour rien.

Il continua de se débattre et de hurler dans le caisson. Parfois suppliant pour qu'on le laisse sortir — c'était inutile — parfois promettant de se venger, ou insultant le monde entier, sans plus d'effet. Il devait être patient et attendre qu'on lui ouvre. Qu'il soit bien sage, encore une fois. Il tirait sur ses menottes, priant pour qu'elles cèdent, mais rien ne se passait.

Soudain, il eut l'impression de ressentir une secousse. Avait-il réussi à se libérer ?

Il releva la tête et ouvrit un œil pour observer ses jambes et ses poignets mais rien n'avait jamais changé ? Il s'empressa de le refermer pour éviter que la lumière aveuglante des flammes ne lui brûle aussi la rétine. Un nouveau choc se produisit et il fut certain de ne pas l'avoir rêvé. Mais ça ne venait pas de lui.

Les flammes qui l'entouraient s'éteignirent brusquement. Trop brusquement pour que ce soit la fin de l'expérience. Pendant une seconde, il se demanda si ses menaces avaient effet. Puis un nouveau choc, plus fort cette fois, secoua son caisson. Les portes s'ouvrirent avec un bruit étrange et la plateforme s'actionna d'elle-même pour sortir Alber de là.

Il respira la fumée et toussa pendant deux bonnes minutes avant de réaliser qu'une sirène d'alarme hurlait dans tout le bâtiment.

Il ouvrit les yeux et comprit qu'il s'était passé quelque chose : il était dans le noir et la porte par laquelle il était arrivé était complètement enfoncée. Ce panorama inquiétant ne fit qu'accentuer sa peur. Il releva la tête et vit les corps des scientifiques étendus un peu partout autour de lui. Il était sûr de ne pas être à l'origine de tout ça, ils n'avaient pas été brûlés vifs et quand bien même il avait reçu une éducation guerrière, il n'avait encore jamais tué qui que ce soit.

Il ne remarqua pas tout de suite l'homme qui l'observait silencieusement, de l'autre côté du caisson.

Il ne sursauta pas quand il s'aperçut de sa présence, il ne fit pas un seul mouvement. Il avait l'impression d'être une proie sous les yeux du plus terrible prédateur ayant jamais existé. L'homme était jeune mais gigantesque, même selon ses standards. Presque assez grand pour être un géant et doté d'une paire de cornes impressionnantes avec lesquelles il pouvait embrocher un homme. Il portait une massue presque aussi grosse qu'Alber sur l'épaule. Il émanait de lui une puissance exceptionnelle.

Il était certain de ne l'avoir jamais vu avant, ce n'était pas un membre de la Marine. D'où est-ce qu'il sortait ? Il avait du sang sur ses vêtements et il le regardait avec une légère curiosité. Ca n'avait rien d'étonnant, les lunarias ne couraient pas les rues. Alber n'aimait pas ça, il était toujours maintenu à la table et à la merci de ce nouveau danger. Rien ne lui disait que ce monstre n'allait pas profiter de l'occasion pour lui faire plus de mal. Il ne serait pas le premier.

La sirène qui continuait de retentir dans le bâtiment et qui n'avait pas l'air d'alarmer l'inconnu poussa Alber à réagir.

— Qui es-tu ? Demanda-t-il d'une voix cassée et plus faible que ce qu'il aurait voulu.

— Un pirate, répondit-il immédiatement, avec un sourire plein d'assurance.

Cette déclaration ne rassura pas Alber, ni ne l'inquiéta pas davantage. Au moins, il n'était pas affilié au gouvernement. Mais ce n'était pas une consolation.

— T'es un lunaria ? Demanda-t-il, sans cesser de lui sourire. Je comprends que le gouvernement ne veuille pas te lâcher.

Un frisson immonde parcourut son corps endolori. Il était maintenant persuadé que le pire était à venir. Il avait stupidement espéré que cet homme ne remarquerait pas ses origines, mais comment pouvait-il cacher quoi ce soit ?

— J'ai vu les tests qu'ils t'ont fait subir.

La respiration d'Alber s'accélérait. Chacun de ses mots sonnaient à la fois comme une moquerie et comme une menace.

— Ça m'épate que tu aies aussi bien résisté à ce feu.

Il le désigna d'un geste désinvolte et le frôla presque. Alber se braqua immédiatement, retrouvant une agressivité dont il ne se savait pas capable.

— Ca t'épate parce que j'appartiens à un peuple légendaire ?!

L'homme ne répondit pas. Il continuait de le regarder, amusé par son élan de rage.

— Tu vas me faire la même chose qu'eux ? Demanda Alber, à la fois inquiet et sarcastique.

Il était habitué à être traité comme un objet à la disposition de tous maintenant, il s'attendait à tout. L'homme tourna la tête, soudain attiré par un bruit derrière lui. Des pas précipité et des voix se faisaient entendre dans les couloirs. Il n'avait pas l'air troublé par cette agitation mais son sourire disparut une seconde. Alber se dii qu'il aurait dû chercher à s'échapper plutôt que de perdre son temps avec lui mais il garda cette réflexion pour lui.

— Je vais me faire la belle et fonder un nouvel équipage de pirates, déclara-t-il. Et toi, le cobaye ? Qu'est-ce que tu veux faire ?

Il n'en revenait pas qu'on lui pose la question. Il resta muet un instant, pour s'assurer qu'il n'était pas en plein délire suite à sa séance. Tout ce qui se passait était trop étrange. Peut-être qu'il avait regagné sa cellule et qu'il rêvait ? Il n'y avait aucune raison pour qu'un homme visiblement surpuissant propose de le tirer de son calvaire, comme ça, sorti de nulle part ! L'idée était tellement ahurissante qu'il n'était pas sûr de l'avoir bien entendue.

— Quoi ?

— Tu restes ou tu me suis ?

Les voix et le vacarme se rapprochait d'eux. Alber n'avait pas beaucoup d'options à sa portée et la situation réclamait qu'il concentre toutes ses forces sur cette opportunité. Mais il était encore assommé, vaseux, méfiant… Qu'est-ce qui qui était en train de se passer ? Etait-ce un piège ? Mais si c'en était un, pour quoi faire ? Il était déjà enchaîné. Tout lui échappait, il ne comprenait rien.

— Pourquoi je te ferai confiance ?

L'homme éclata de rire, surprenant le farouche Alber, de plus en plus désireux d'être débarrassé de ses menottes.

— Tu sais pas voir la chance de ta vie quand tu l'as devant les yeux toi. Moi je te propose de te sortir de là, après c'est toi qui vois.

Évidemment qu'il voulait quitter le laboratoire mais était ce seulement possible ? Il n'osait même plus y croire à force. Il se contentait de le rêver, de s'accrocher à des rêves de gosse sur le retour de Joy Boy.

Soudain, il considéra l'homme d'un œil nouveau. Cette silhouette massive, guerrière, souriante…

Des soldats entrèrent dans la salle en courant, brandissant sabres et fusils sur l'inconnu. Alber crut que son espoir allait déjà s'envoler quand l'homme brandit sa massue et balaya l'escouade entière d'un seul geste lascif, presque sans effort. Il avait simplement l'air vaguement agacé qu'on l'interrompe dans sa conversation. Il reposa un regard intrigué sur le pauvre Alber, qui se détendit un peu et se redressa sur sa table. Il avait une seule question à poser pour faire son choix.

— Est-ce que tu es capable de changer le monde ?

L'homme ne s'étonna pas de sa question, au contraire. Il donnait l'impression de l'avoir anticipée. Il lui sourit de nouveau.

— Je suis le seul à pouvoir le faire.

Sa confiance absolue était contagieuse. Pour la première fois depuis des mois, Alber pensait réellement qu'il avait une chance de quitter sa prison. D'un regard, il fit comprendre à son sauveur qu'il avait besoin d'aide. Celui-ci posa sa massue contre le caisson et s'approcha, le dominant de toute sa hauteur. Il posa son énorme main sur le bras maigrelet d'Alber qui sursauta malgré lui.

Ils échangèrent un regard bref et cela suffit à Alber pour comprendre que l'inconnu ne lui ferait pas de mal. Plus encore, il vit dans ses yeux une compréhension de ce qu'il vivait et de la rage qui était la sienne. Une démonstration d'empathie qu'il pensait ne jamais vivre.

Il écrasa sa menotte d'une seule main et l'arracha de la table sans se fatiguer. Il en fit de même avec les autres et très vite, Alber sauta de la table, les jambes encore tremblantes de l'épreuve qu'il avait subie. Il se frotta les poignets, il saignait un peu mais il voulait surtout cacher ses blessures aux yeux du guerrier en face de lui. Maintenant qu'il avait quitté le caisson, il prenait conscience de l'état dans lequel il se trouvait.

Il se sentit encore plus fragile quand l'homme le dévisagea sans gêne et parut contrarié qu'Alber soit si maigre et si chétif.

— Il faut trouver quelque chose à te mettre sur le dos. Et une arme. Tu sais te battre je suppose ?

Sa nonchalance et cette dernière question regonflèrent l'orgueil meurtri du jeune homme qui ne désirait plus qu'une chose : faire ses preuves et se sortir de cet endroit. Il hocha la tête en réponse et lui emboîta le pas. Il ne mesurait pas encore à quel point sa vie avait été bouleversée. Il n'avait plus qu'une idée en tête, mettre tout ça derrière lui. Jeter cette parenthèse de torture et ne plus jamais y repenser.

Ils parcoururent les couloirs quelques minutes, le temps pour Alber de réaliser comme il se sentait faible même une fois libre. Il peinait à suivre le rythme de son bienfaiteur. Et pire que tout, les surfaces polies et métalliques du bâtiment lui renvoyaient son image avec clarté et pour la première fois depuis longtemps, il y prêta attention.

Il avait en effet besoin d'une arme et surtout d'une armure, vite. Il devait cacher ce corps abîmé et honteux dont le simple reflet lui donnait envie de vomir. Il avait l'air si frêle, si facile à tuer ou à capturer. S'il avait la chance de s'échapper de cette île, plus jamais il ne se retrouverait dans cet état.

Plus jamais.


Je voulais rendre hommage à ce que King a vécu, parce qu'ils sont mignons les séraphins mais il faut pas d'oublier de quoi ils sont le résultat non plus.

Comment blâmer King d'avoir suivi Kaido ? (Qui est super classe à écrire, on va pas se mentir.)

Après, j'imagine que vous voyez pourquoi j'aborde ce passage de sa vie à ce moment-là de la fic. Le rapport que King a avec son corps est très compliqué. Et ça va avoir un impact sur sa relation avec Katakuri.

Maintenant, il me reste encore un chapitre à écrire avant de prendre ma pause ! A dans deux semaines :) !