Point de vue d'Éridanie

- Bien mademoiselle Malefoy, je vais commencer par résumer ce que vous savez déjà et vous expliquerais ensuite ce que l'on a découvert. N'hésitez pas à m'interrompre si ce que je dis est faux ou si vous avez besoin de précisions.

- Entendu monsieur Potter

- Alors, le premier incident notable est la chute au milieu du terrain de quidditch où mon fils James vous a sauvé, c'est exact ?

- Tout à fait.

Mon père m'attrape la main en guise de soutien et je la serre pour y trouver du réconfort.

- Ensuite il y a eu l'histoire du poison mélangé à votre shampoing, c'est également James qui vous a sauvé, en quelque sorte, puisqu'il vous a forcé à vous rendre à l'infirmerie suite à la demande d'Albus.

- Toujours exact.

- Et enfin l'explosion durant le cours de potion qui aurait pu être bien plus dévastateur si quelques élèves n'avaient pas lancés le charme du bouclier.

Je hoche la tête, incapable de faire plus.

- Je vais être très clair mademoiselle Malefoy, avez-vous la moindre idée de pourquoi votre cours a dégénéré aussi rapidement ?

- Pas vraiment monsieur Potter, nous faisions la potion d'amnésie en guise de révision et elle n'est pas censée exploser, sauf si on ajoute des écailles de salamandre après les brins de Valériane, mais le professeur avait déjà réprimandé Foucher à ce sujet durant le cours, alors je doute que quelqu'un se soit risqué à faire la même chose et même si ça avait été le cas, jamais elle n'aurait été aussi dévastatrice.

- En effet, personne ne s'y est risqué et si cela peut vous rassurez, il est hautement improbable qu'un de vos camarades de classe soit impliqué dans cet incident. Vu son ampleur il aurait fallu que la personne soit folle ou suicidaire. Pour parler franchement, c'est un véritable miracle que vous soyez la seule encore alitée.

- Mais alors, que s'est-il passé ?

- Si je vous dit Plégéthon mademoiselle Malefoy, qu'est-ce-que cela vous évoque ?

Si je n'étais pas assise, je pense que je me serais effondré sous le choc de cette révélation.

- Vous...vous n'êtes tout de même pas en train de me dire qu'à la place de l'eau du fleuve Léthé qui aurait du normalement se trouver dans les fioles c'était celui du Plégéthon ?

L'auror ne me dit rien, mais son regard est suffisamment explicite pour confirmer que si, ma théorie est juste.

- Mais...mais enfin c'est de la folie, ce fleuve est surnommé flamme liquide en raison de sa dangerosité et de sa chaleur si importante que des flammes sont constamment à sa surface. Cette eau est tellement dangereuse, qu'il n'y a qu'en hiver qu'elle est récolté par des experts et uniquement quand le froid ambiant est suffisamment fort pour rafraîchir l'endroit où elle se trouve.

- Vos connaissances sont surprenantes pour une sixième année mademoiselle Malefoy, c'est impressionnant.

D'un regard, je fais comprendre à l'élu que ce n'est pas vraiment le moment pour ce genre de remarque.

- Comme vous le savez sûrement, cette eau réagit violemment à la chaleur. Continu-t-il, imperturbable. Ce n'est donc pas difficile de déduire que c'est elle la responsable de l'explosion. Je vous corrige juste sur un point mademoiselle Malefoy, toutes les fioles ne contenait pas l'eau du Plégéthon, seulement une. L'élève dont le chaudron a explosé a juste pris la première qui lui tombait sous la main.

- Et vous en êtes certain parce que... ?

- Il l'a avoué sous véritasérum, alors j'ai plutôt tendance à le croire mademoiselle.

Cette révélation me choque presque autant que celle du Plégéthon. Le véritasérum est une substance si contrôlée et difficile à préparer qu'elle est pratiquement impossible a utilisée, même par les aurors.

- Très bien, d'accord, génial... le Plégéthon, ensuite du véritasérum... parfait, magnifique...

Et puis tout à coup j'éclate de rire, mais c'est nerveux. Je ris à m'en décrocher la mâchoire et je pleure, je pleure de rage et de colère face à ce qui m'arrive. Je dois avoir l'air d'une folle mais je m'en fiche, j'ai besoin d'évacuer la pression.

Il se passe bien une dizaine de minute avant que mon père ne me prenne dans ses bras et que je me calme un peu. Des hoquets et des reniflements sont tout ce que je ne parviens pas à stopper.

- Je comprends très bien que cela vous chamboule mademoiselle Malefoy mais...

- Un autre auror m'aurait dit cela monsieur Potter et je vous assure que je lui aurais jeter un sort.

La lueur d'interrogation dans le regard de l'élu m'invite à continuer.

- Vous êtes sans doute le seul auror au monde à avoir eu un psychopathe voulant votre mort durant votre scolarité, la seule différence entre vous et moi c'est que vous, vous avez-pu mettre un nom dessus.

- Je vous le concède mademoiselle Malefoy. Mais nous parlons de vous, pas de moi.

- Malheureusement.

Une pression sur ma main m'indique que mon père me demande d'y aller doucement sur l'insolence, je grogne en réponse.

- Vous avez peur mademoiselle Malefoy et je le comprends parfaitement mais je vous demande de garder la tête froide et de répondre aussi précisément que possible à mes questions s'il vous plaît, croyez-moi je souhaite autant que vous attraper le coupable.

Je lui lance un regard septique.

- Outre le fait que c'est mon métier, je vous rappelle mademoiselle Malefoy que mes trois enfants sont également à Poudlard et que la personne qui en a après vous ne semble pas se soucier des dommages collatéraux.

J'acquiesce de mauvaise grâce, ne voulant pas continuer sur le sujet.

- En parlant de tes enfants Potter, je trouve cela un poil suspect que ce soit ton fils aîné qui sauve ma fille les deux premières fois, mais que la troisième fois il ne soit pas là, d'autant plus que c'est la seule fois où il y aurait pu y avoir des dommages collatéraux.

- Figure-toi que j'ai pensé exactement la même chose Malefoy mais à moins de preuves tangible je ne peux pas l'interroger, tout au plus lui poser des questions, ce que j'ai fait et pour l'instant rien n'indique autre chose que des coïncidences.

Le regard du survivant se fait plus dur, indiquant clairement à mon père de ne pas insister. Ce dernier soutient son regard et ne peux s'empêcher d'ajouter quelque chose.

- Très bien Potter, mais s'il arrive quelque chose à ma fille et que d'une façon ou d'une autre ton fils est impliqué, je peux te jurer que je me moque de finir à Azkaban.

Le ton plus que sérieux de mon père me fait frissonner et à la mine grave de l'auror, on sent tout de suite qu'il a bien reçu le message sous-jacent.

- Monsieur Potter, excepté le Plégéthon, avez-vous découvert autre chose ?

Mon intervention semble sortir les deux hommes de leur duel visuel à mon plus grand soulagement.

- Oui, nous avons également remarqué de subtils changements dans les diverses plantes mises à disposition, en apparence elles étaient sensiblement les mêmes mais dans les faits, les utiliser pour la préparation de potions aurait été extrêmement dangereux.

- Donc j'imagine que peut importe quelle potion on aurait préparé, il y aurait forcément eu un accident.

- Plus ou moins dangereux, mais oui c'est exact mademoiselle Malefoy.

Je pousse un léger soupire de soulagement. Si la personne qui a fait cela a modifié plusieurs ingrédients c'est qu'elle ne connaissait pas le programme du jour et donc que ce n'est pas un professeur.

- Ne vous réjouissez pas trop vite mademoiselle Malefoy, je n'ai encore écarté aucune possibilité, d'abord parce que votre père me tuerait si je faisait preuve de négligence, ensuite parce que rien ne vient attester que les personnes suspectes sont innocentes.

La légère boutade du survivant ramène un peu de chaleur dans les yeux de mon père qui s'étaient refroidi à la mention de son possible séjour à Azkaban.

- J'ai une question monsieur Potter.

- Je vous écoute mademoiselle Malefoy.

- M'interrogez-vous maintenant parce que la fiole contenant l'eau du Plégéthon était soumise à un sortilège de refroidissement ?

L'auror se raidit imperceptiblement et avant même qu'il ouvre la bouche j'avais la réponse à ma question.

- Vous êtes... perspicace jeune fille.

- Je suis à Serpentard monsieur Potter.

- Eh oui Potter, chez les Malefoy on ne se contente que du meilleur, tu imagines si un de mes enfants avaient dû aller à Gryffondor par exemple, ça aurait été une véritable horreur, quoi qu'ils auraient aidé à remonter le niveau.

- Rappelle-moi, dans quelle maison est allé la femme avec qui tu sors ?

Même si la situation n'a rien d'amusant, je ne peux m'empêcher de ricaner face à cette réplique.

- Oui bon, c'est bien beau tout ça, mais concrètement, qu'est ce que tu comptes faire pour protéger ma fille Potter ? Parce qu'il est hors de question qu'Éridanie soit de nouveau la cible de ce fou.

La mine de mon père a beau être renfrognée suite au mouchage de l'élu, son ton lui est on ne peut plus sérieux.

- Je suis sérieux Potter, si elle n'a pas un moyen de protection infaillible je la ramène tout de suite au manoir où mes parents et moi assureront sa sécurité.

- Père, non vous n'avez pas le droit de faire ça.

Terrifiée à cette idée, je me tourne vers lui le regard implorant mais le visage presque impassible.

- Je sais que ça sera difficile pour toi ma chérie, mais il est hors de question que tu mettes ta vie en jeu à cause d'un psychopathe.

- Mais je ne veux pas abandonner mes études, ni mes amis. Je refuse d'arrêter de vivre.

- Si je te ramènes au manoir c'est justement pour que tu puisses la continuer ta vie, le fait qu'il y ai eu un sortilège de refroidissement sur la fiole, prouve que le coupable est à Poudlard comme ce sort à une durée maximum de trois heures. J'ai déjà perdu ta mère ma chérie, il est inconcevable que je perde un de mes enfants.

- Mais justement père, en faisant ça vous me priver du droit de vivre ma vie.

- Si je ne te ramène pas au manoir immédiatement tu vas te retrouver dans la fosse aux lions Éridanie.

- Et si je ne sors pas, je vais finir par vous détester de me garder enfermée, c'est ça que vous voulez père ?

- Je préfère que tu me haïsses plutôt que de me rendre sur ta tombe.

L'air décidé de mon père me fait craindre le pire. Je comprends tout à fait ses peurs mais je refuse de rester cloisonnée, d'autant plus en compagnie de mon grand-père...

- Hum hum, si je peux me permettre je pensais plutôt à une alternative.

Pleine d'espoir je me tourne vers le survivant qui fait fi du regard meurtrier de mon père

- Nous avons récemment mit au point un système d'alarme portatif qui permettra à mademoiselle Malefoy d'avertir à n'importe quel moment la personne de son choix en cas de problème.

- Magnifique Potter et si ma fille fait de nouveau une chute ? Même en étant le plus rapide du monde, tu ne pourras pas la sauver, car au cas où tu l'aurais oublié, il est impossible de transplanner à Poudlard.

- Sauf erreur de ma part, sa chute est arrivée à un moment où elle ne faisait pas attention et où le lieux était potentiellement dangereux. Me tromperais-je mademoiselle Malefoy si je dis que vous ne quitter ni votre baguette ni le château maintenant ?

- Non monsieur Potter.

- Tout cela est bien beau mais...

- Me tromperais-je si je dis que vous jetez des sorts d'identification de poison à chaque fois que vous mangez ?

- Toujours non monsieur Potter.

- Et avant que tu ne repartes dans je ne sais quelles spéculations Malefoy, les professeurs de Poudlard ont juré sur leurs magie de vérifier leurs salles ainsi que leurs matériels de cours avant chaque classe. Minerva a même demandé à Flitwich de lancer des sorts de coussinage durant les matchs de quidditch.

Mon père se met alors à marmonner plusieurs insultes au survivant, qui lui semble très fier d'avoir réussi à lui clouer le bec. Moi je cache mon sourire pour éviter de le vexer davantage, puis un détail me revient en mémoire.

- Excusez-moi monsieur Potter mais tout à l'heure vous avez bien dit qu'un déplacement magique ou non m'aurait été fatal, n'est-ce-pas ?

L'auror se raidit suite à ma question mais hoche la tête. Je ne fait même pas mine d'ouvrir la bouche et plante mes yeux dans les siens, attendant qu'il poursuive. Il finit par soupirer et se décide à me donner une explication.

- Vous étiez victime d'une malédiction.

Je peine à avaler ma salive suite à cette déclaration.

- De quel genre ?

- Du genre qui ne vous permettait pas de quitter Poudlard à moins de mourir immédiatement.

La surprise me fait oublier momentanément de respirer.

- A quel niveau de magie noire est-on ?

Même si la voix de mon père semble détachée, quiconque le regarde dans les yeux peut attester de la rage qui si trouve.

- A un niveau qu'aucun élève ni même professeur ne devrait avoir.

- Et après tout ça tu espères sincèrement que je vais laisser ma fille à la merci de cet enfoiré, tu rêves Potter.

- Ce n'est pas comme si tu avais le choix Malefoy.

- Qu'est-ce que tu veux dire ?

- Avant de la voir sur ta fille, je ne savais même pas que cette malédiction existait et bien qu'on ai réussi à en enlever une bonne partie elle n'est pas totalement tirée d'affaire, tout simplement parce que c'est la première fois qu'on voit ça et qu'avant de faire je ne sais quelle expériences qui risquerait d'être encore plus dangereuses pour elle que la malédiction, il vaut mieux qu'elle reste à Poudlard pour plus de sûreté.

Mon père à l'air d'avoir avalé un cognard suite à la déclaration de l'élu mais se force à garder le silence, sachant parfaitement que tout ce qu'il dira sera en vain.

- Est-ce-que tu peux nous laissez maintenant Malefoy ? J'ai quelques recommandations à faire à ta fille et en bon père et paranoïaque que tu es, je préférais que tu ne les écoutes pas.

- Si tu crois sincèrement que...

- Papa...

Mon père se tourne vers mois près à argumenter mais je lui demande implicitement de me faire confiance et de nous laisser, ce qu'il fait après avoir lancé un regard assassin ver monsieur Potter.

- Tout d'abord je tiens à vous remerciez jeune fille, je n'avais ni l'énergie ni le temps d'argumenter avec lui et Merlin seul aurait su combien de temps cela aurait prit. Ensuite, ajout-il d'une voix plus basse, votre malédiction avait beau être très rare, vous en êtes complètement débarrassée.

La surprise me laisse sans voix pendant une seconde.

- Mais alors, pourquoi avoir...

- Parce que je suis auror depuis longtemps mademoiselle et que je sais reconnaître la terreur absolue quand je la voie, même si vous la dissimilez très bien. Vous aviez l'air prête à tout pour ne pas rentrer chez vous alors pour vous évitez de faire une bêtise j'ai un peu arrangé la vérité. Vous êtes complètement guérie mademoiselle Malefoy mais deux précautions valent mieux qu'une.

L'élu me fait un clin d'œil complice et je manque de lui sauter dans les bras afin d'exprimer ma reconnaissance et ma joie. A la place un immense sourire éclaire mon visage qui déstabilise un instant mon interlocuteur.

- Ceci mis à part mademoiselle Malefoy...

Le ton grave du survivant me fait appréhender la suite.

- Vous restez en danger. Dit-il en plantant ses yeux verts monstrueusement sérieux dans les miens. Car le coupable court toujours et s'il est capable de connaître et de réaliser un sort de magie noire de ce niveau c'est qu'en plus d'être doué, il est intelligent, patient et surtout dangereux. Car ce sort mademoiselle Malefoy nécessitait un contact prolongé avec vous pour le lancer, mais pouvait être activé à n'importe quel moment. Faite très attention mademoiselle Malefoy, lancez-vous régulièrement des sorts de protection et de détection de magie noire, parce que la prochaine fois qu'il vous arrive quelque chose de ce genre, je ne pourrait en aucun cas empêcher votre père de vous ramener au manoir.

Je déglutit face à la puissance de son regard. Tout chez lui, de sa posture à ses yeux verts, indique que je suis confronté à un réel danger de mort. A cet instant précis, je prends conscience que dès que je sortirais de cette infirmerie, une personne cherchera à nouveau à me nuire, pas juste un mauvais plaisantin, mais bel et bien un assassin.

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Eh bien je ne sais pas vous mais moi ça me fait froid dans le dos tout ça. Avoir un ennemi invisible est très éprouvant pour les nerfs et je vous préviens que ceux d'Éridanie vont être mis à rude épreuve.

Sinon que pensez-vous de la théorie de Drago comme quoi James serait le coupable ? Après tout c'est plutôt censé ce qu'il dit. A moins que vous ayez déjà quelqu'un en tête ?

J'attends vos réponses dans les commentaires et je vous informe que le prochain chapitre sera publié le dimanche 22 septembre. Je m'excuse pour ce délai et espère que vous ne m'en voudrez pas trop. Bisous bonne semaine.