Le temps continua de passer tranquillement à Magnolia. Reby et Gadjeel ne passaient plus un jour sans discuter au moins un moment dans la salle commune de la guilde. Enfin, quand il était en ville, car le chasseur acceptait beaucoup de missions en ce moment, et certaines le poussaient à partir plusieurs jours. Il avait besoin de se refaire. Il n'avait pas gagné beaucoup d'argent lors de ses mois de vadrouille solitaire et il lui fallait remplumer la bête.
Bientôt, Lucy eu tout organisé.
Il ne restait plus qu'à piéger les deux mages, complètement inconscient l'un comme l'autre de ce que leur avait concocté la constellationniste.
Un après-midi alors que Gadjeel venait de rentrer à la guilde après deux jours de mission et qu'il discutait, assis sur la table, avec sa petite mage préférée, Lucy les rejoint toute guillerette. D'emblée et sans prévenir, elle demanda :
«Alors Gadjeel, tu n'as toujours pas réussi à savoir à quoi ressemble le tatouage de Reby ?» Cette dernière fusilla son amie du regard.
Gadjeel ne s'attendait pas à cette question mais il saisit au vol l'occasion d'en apprendre peut-être plus.
«Salut Lucy. J'ai quelques théories mais toujours pas. Tu comptes éclairer ma lanterne ?» Lui demanda-t-il, joueur. Il aimait bien la blondinette. Elle était un peu trop exubérante à son goût mais il savait pouvoir compter sur elle.
«Hunhun. Désolé Gadjeel, je suis motus et bouche cousue sur ce coup-là ! Et toi, dis-nous en plus sur tes théories !» Elle adressa un clin d'œil à Reby, qui s'était détendue en l'entendant répondre par la négative.
Gadjeel rigola tout bas.
«Je garde mes cartes en mains tant que tu n'abats pas les tiennes ! Un indice peut-être ?» Tenta-t-il, désinvolte.
Reby restait silencieuse, tentant de se faire oublier.
«Bien essayé ! Tu aurais dû demander à Raymond, la tâche aurait été plus facile et tu te serais fait moins tracas !» se moqua Lucy. Asticoter Gadjeel l'amusait beaucoup.
Gadjeel se renfrogna.
«Hun, grogna-t-il. Me parles pas de cet abruti ! S'abaisser à utiliser sa magie pour espionner des filles c'est abject.» Dit-il, sombre. Il le pensait vraiment. Bien qu'il ait l'habitude de pénétrer l'intimité des gens, lui-même n'avait jamais imaginé user de cette technique pour se rincer l'œil.
«Je n'irai jamais regarder sans son accord rien qu'une femme ne m'ait pas déjà montré» dit-il, chevalier.
Reby rougit soudainement. L'idée que Gadjeel puisse la regarder à son insu l'excitait beaucoup. A sa grande honte, elle sentit sa culotte s'humidifier. Ce n'était pas comme être vu par un gars comme Raymond. Parce que Gadjeel lui donnait confiance et parce que... Parce qu'elle l'aimait et le désirait, lui.
Gênée de ces pensées intime et de la réaction de son traître corps, la jeune mage aux cheveux bleus se leva brutalement et tourna les talons. En s'éloignant elle osa tout de même lâcher :
«Oui et ben c'est pas demain la veille que tu le verras.»
Un sourire amusé fleurit sur les lèvres du chasseur.
«Ne me défi pas, petite !» Lui lança-t-il en retour.
Alors qu'elle partait, le chasseur huma l'air derrière elle et sentit sans équivoque l'odeur de son excitation qu'il savait maintenant reconnaître entre mille. Son sourire devint carnassier. Alors comme ça la petite Reby mouillait à l'idée qu'il puisse l'observer... il se doutait bien qu'il lui faisait de l'effet, mais pas à ce point-là. Le fruit était bientôt mûr et prêt à être cueillit. Et mangé ! Ne put-il s'empêcher de penser.
Lucy assista aux premières loges à leur échange et sourit intérieurement. Son plan allait faire des merveilles !
Mirajane n'avait jamais éprouvé beaucoup de remords à mentir. Surtout si c'était pour la bonne cause.
Aussi avait-elle été facile à convaincre de participer, lorsque Lucy était venue lui exposer son idée et demander son aide.
Comme prévu avec Lucy, elle attendit que Reby soit en train de discuter avec Gadjeel pour l'aborder.
«Reby ! J'ai reçu une mission spéciale pour toi !» Interrompit-elle leur conversation en agitant un papier sous le nez de la jeune femme.
«C'est vrai ?» Répondit la mage scripte, étonnée.
«Oui, euh, enfin, tu as besoin d'être accompagnée mais c'est une mission de traduction et tu sembles être la seule mage de la guilde assez qualifiée en la matière pour la mener à bien.» Expliqua Mirajane.
Reby saisit le parchemin et le parcouru rapidement des yeux.
La commanditaire avait acquis un terrain avec une vieille maison en ruine dans la cave de laquelle étaient tracé des runes antiques. Aucun mage n'avait apparemment réussi à les traduire jusqu'à maintenant malgré ses nombreuses demandes.
La maison était située au petit village côtier de Tirla Fort, situé un peu plus au nord. Une chambre attendait Reby à l'auberge du coin. Quant à la récompense, elle était marquée : "exceptionnelle" sans un mot de plus.
Étrange. Mais Reby n'avait pas l'habitude de choisir ses missions en fonction du prix. Elle n'avait pas fait de missions depuis longtemps et cela lui ferai le plus grand bien.
«C'est parfait !» Dit-elle à Mirajane. «Je partirai cet après-midi pour arriver dans la soirée et commencer la traduction dès demain !»
«Bien sûr ! Qui emmènes-tu avec toi ?» Demanda la barmaid.
Reby la regarda sans comprendre.
«Personne ! Je n'ai pas besoin d'aide pour des traductions.» Répondit-elle comme si c'était une évidence.
«C'est que... Le village de Tirla-Fort a très mauvaise réputation. Un gang sévit depuis peu dans la région et il n'est pas prudent de s'y balader seule. Quelqu'un doit t'accompagner pour t'aider en cas de danger.» Expliqua-t-elle à Reby.
Gadjeel, qui n'avait pas perdu une miette de l'échange, se porta immédiatement volontaire:
«C'est bon.» Dit-il autoritaire. «Je vais avec elle.»
«C'est vrai ? Ah c'est vraiment super ! Si tu es avec Reby alors je ne suis plus inquiète pour elle.» S'exclama Mirajane avec beaucoup d'enthousiasme. Gadjeel releva un sourcil devant l'attitude de la jeune femme.
«Euh... Oui, d'accord.» Finit par acquiescer la traductrice en chef, comme si elle avait eu son mot à dire. Secrètement évidemment, elle était contente que Gadjeel ait eu envie de l'accompagner. Et elle était contente d'aller avec lui. Et puis, qui sait ? Seuls, loin de la guilde... Peut-être auraient-ils l'occasion de se rapprocher ?
«Bon ! Je dois faire mes affaires !» Annonça-t-elle sans plus tarder, une petite idée derrière la tête.
Elle se leva et regardant Gadjeel, elle lui annonça : «On se retrouve ici dans trois heures, prêts à partir.»
«A plus !» Lança-t-elle en partant au pas de charge vers Fairy Hill.
Alors qu'elle traversait la rue, elle tomba sur Lucy qui commença de suite à discuter.
«Salut Reby, comment vas-tu ?» A sa grande surprise, la jeune femme aux cheveux bleus la saisit fortement par le poignet et la tira à sa suite. Elle avait une sacrée poigne ! S'étonna Lucy.
«Je pars en mission !» Lui dit-elle, joyeuse. «Avec Gadjeel !» Rajouta-t-elle, l'excitation perçant dans sa voix.
Lucy remercia Mirajane dans sa tête, apparemment elle avait réussi son coup !
«Ah bon ? C'est super !» Fit-elle, innocente. «Où allez-vous ?»
«Au village de Tirla-Fort, un peu plus haut sur la côte ! Une traduction m'attend dans une petite maison.»
«Oh c'est vrai ? J'ai entendu dire que c'était très mignon et qu'il y avait une jolie plage pour se baigner !»
«C'est vrai ?» Demanda Reby, ravie.
«Hunhum, acquiesça la jolie blonde. Il te faut absolument un maillot de bain dans ta valise !»
«Eh bien justement, c'est pour ça que tu viens avec moi !» Et elles continuèrent leur chemin bras-dessus bras-dessous, gloussant comme des gamines.
Dans la valise de Reby, robes, débardeurs et mini-shorts furent emballés. Lucy choisit le maillot de bain le plus sexy qu'elle puisse trouver et le brandit victorieuse.
Reby écarquilla les yeux. Elle ne s'était jamais permise de porter ce maillot en public. Oserait-elle le faire devant Gadjeel ? Elle fourra discrètement un autre maillot de bain plus sage mais le geste n'échappa pas à la constellationniste, qui le retira tout aussi discrètement et le cacha sous le matelas, cette fois sans que Reby ne se rende compte de rien.
La tenue que Reby porterait pour le voyage fit débat. La mage scripte voulait garder la jolie petite robe et les sandales qu'elle portait, mais Lucy désapprouva fortement. De toute façon, ça n'était pas adapté au voyage.
Elle lui sortit plutôt de jolies bottines associées à un mini-short, un débardeur noir avec un peu de dentelle sur la poitrine et une petite veste en jean.
Voyant l'heure et devant encore emballer de nombreux ouvrages, elle finit par céder devant Lucy qui n'en démordait pas.
Elle prit une douche rapide avant de se changer et fila à la bibliothèque de la guilde après avoir dit au revoir à son amie.
Là, elle sélectionna les ouvrages qui étaient le plus susceptibles de lui être nécessaire. Si la langue était trop ancienne, elle pourrait toujours copier les runes et revenir les traduire ici, avec l'aide de tous les volumes de la bibliothèque.
Sa valise dans une main et le sac lourd de livres dans l'autre, elle se dirigea vers la salle commune où Gadjeel l'attendait déjà. Il ne semblait pas avoir bougé de place depuis qu'elle l'avait laissé, mais un petit sac baluchon était posé en plus à ses pieds.
En soufflant, Reby posa le sac à ses pieds et annonça : «Je suis prête !»
«Tu sais que nous devons marcher presque trois heures pour arriver à destination ?» Lui demanda le jeune homme, circonspect devant le poids du sac et sa peine à le soulever.
«Il n'y a pas de train ?»
Il secoua négativement la tête.
«Non, la ligne est en travaux.» Reby ne se laissa pas démonter.
«C'est pas grave, on fera des pauses.»
Il la regarda sérieusement, se demandant si elle se moquait de lui. Voyant qu'elle semblait sérieuse il grogna, souleva le sac sans peine en plus de son baluchon et tourna les talons.
«Aller viens, petite, faut pas trainer.»
Elle le suivit, traînant sans efforts sa valise derrière elle. Quel gentleman, ne put-elle s'empêcher de penser avec plaisir.
Gadjeel avait regardé la mage des mots débouler de la bibliothèque de son petit pas saccadé rendu lourd et difficile par le gros sac de livres. Il fronça des sourcils. Malgré son talent, elle ne pouvait pas connaître toutes les langues par cœur, elle avait besoin d'un peu d'aide.
Il avisa la dentelle noire courir sur le haut de sa petite poitrine qu'il trouvait très mignonne et son petit short qui dévoilait ses si jolies jambes qu'il aimait tant.
Elle s'arrêta déjà presque essoufflée face à lui, les joues déjà rougies par l'effort, les lèvres ouvertes pour reprendre de l'air. Elle lui faisait un effet fou. Il ne pouvait s'empêcher, en voyant sa moue, d'imaginer ses jolies lèvres s'occuper a d'autres choses que d'aspirer de l'air.
Elle semblait vraiment décidée à emporter ces livres, aussi ne lui laissa-t-il pas le temps de porter le sac qu'il s'en saisit et commença à partir. Il devait marcher pour se distraire, autrement il risquait de la déshabiller sur la route. Maintenant qu'il savait l'effet qu'il lui faisait, seul la peur de ne pas l'effrayer en allant trop vite le retenait.
Ils discutèrent joyeusement sur la route, les yeux de Gadjeel dérivant malgré lui vers ses petits seins qui s'agitaient sous la dentelle à chacun de ses pas. Sans parler de son mini short qui moulait son petit cul à la perfection.
Il la regarda, pensif. Avait-elle prémédité tout cela ? Il avait remarqué que ses goûts vestimentaires étaient devenus au fil du temps un peu moins mignons et un peu plus sexy.
Il se demandait désormais si ce n'était pas à cause de lui. Ou plutôt, pour lui. Si tel était le cas, c'était plutôt bon signe vis à vis de la maturité du fruit.
Reby discutait joyeusement, élaborant des théories sur les origines des runes en se basant sur les époques des ruines déjà étudiées dans la région.
«Qu'est-ce que tu en penses, Gadjeel ?» Lui demanda-t-elle soudainement.
Il n'en pensait strictement rien, n'ayant aucune connaissance quelconque des runes, des ruines et de l'histoire de la région.
«Que tu te prends trop la tête, petite. T'as même pas encore vu à quoi ça ressemble et s'ça s'trouve c'est une chuire de moineau ou un gribouilli de balkan.» Lâcha-t-il cynique.
Elle le frappa au torse de son petit poing.
«Arrête de dire des bêtises» rigola-t-elle. Il sourit malgré lui en entendant son rire. Il adorait ce son. On aurait dit des petits carillons accrochés au porche d'une jolie maison de campagne, cerclée d'herbes hautes et de fleurs sauvages qui sonnaient dans la brise printanière. Un foyer et de l'amour, voilà ce qu'évoquait le rire de Reby pour le chasseur de dragon aux écailles plus dures que le métal et au cœur plus sombres que les ténèbres dans lesquels il savait se fondre si bien (nda : je m'emporte, je m'emporte o.O allez, on va s'arrêter là )
Il rigola avec elle et bientôt, le village de Tirla-Fort fut en vu.
Environ deux heures avant la nuit, ils arrivèrent à l'auberge où il devait rencontrer le propriétaire de la vieille maison qui les avait missionés. Gadjeel avait juré que Reby ne traduirait rien tant qu'il n'aurait pas clairement expliqué ce qu'était la récompense, soi-disant "extraordinaire" et il arrivait chaud pour en découdre. Il refuserait s'il jugeait que le travail de Reby n'allait pas être rémunéré à sa juste valeur.
Aussi fut-il pris au dépourvu lorsque la réceptionniste leur remis la clé ainsi qu'une note du commanditaire sans un regard de plus.
Reby remercia la dame et saisissant sa valise à deux mains, elle entreprit de monter les escaliers. Leur chambre se trouvait au troisième et dernier étage, tout au fond du couloir. En entrant dans la chambre, les yeux de Reby s'agrandir. Il n'y avait qu'un seul grand lit et un tout petit sofa.
Gadjeel posa sans un mot son baluchon sur ce dernier tandis que Reby faisait un tour de la chambre, jetant un œil à la petite salle de bain ainsi qu'aux livres sur une étagère.
«Hum, peut-être pouvons-nous demander une autre chambre avec deux lits simples ?»
Gadjeel la regarda.
«Si tu veux, sinon je dors sur le sofa, ça me va bien.»
«Non non ! Je vais descendre demander.» Et elle sortit de la chambre.
Le chasseur s'étira pour se délier. Il avait le bras et le dos endolori à force d'avoir porté sans répit le sac rempli de livres. Lui, ça ne le dérangeait pas de dormir dans le même lit, mais il pouvait comprendre l'embarras de la jeune femme. Du reste, dormir sur un sofa ne le dérangeait pas, mais avoir un lit était mieux, surtout s'ils restaient plusieurs jours.
La jeune mage revint bien vite, la mine déconfite.
«Il semble que toutes les chambres soient prises, il n'y a plus que celle-là pour nous...»
Il lui sourit gentiment.
«T'en fais pas, crevette, le sofa me va bien.»
Reby aquiesca silencieusement, désolée de faire subir ça à son compagnon de mission.
Elle se demanda brièvement ce que cela lui procurait comme sensation, d'être allongée à côté de Gadjeel. Des frissons lui parcoururent l'échine.
Chassant ces idées de sa tête, elle s'assit au bord du lit et déplia la lettre du commanditaire. Elle la lu à voix haute.
«Chers mages de Fairy Tail.
J'aurais voulu vous accueillir comme il se doit et assister à vos travaux mais je suis malheureusement bloqué à Crocus pour d'importantes affaires et je ne sais pas si je pourrais vous rejoindre à temps. Au cas où je ne serai pas là lorsque vous terminerez, communiquer les résultats à votre maître qui me les fera parvenir, à la suite de quoi je vous ferai parvenir votre récompense.
Ma maison se trouve sur la colline à la sortie nord du village et les runes à traduire sont dans le sous-sol. Faites attention lorsque vous pénétrez dans la maison, la structure est fragile et pourrait s'écrouler. La seule chose que je sais qui pourrait vous aider est que la construction date d'environ deux cents ans.
Bonne chance à vous.
Bien amicalement,
Yumiro Rabahi.»
«Il se fiche de nous celui-là ? Il est même pas là pour nous montrer ce qu'on doit faire et en plus il nous dit toujours pas la récompense...» Grogna le mage d'acier.
Reby était plus positive.
«C'est pas grave ! De toute façon même si la récompense n'est pas extraordinaire, je suis contente de faire cette mission et d'être là !» Elle faillit ajouter "avec toi" mais les mots n'osèrent pas franchir ses lèvres.
Gadjeel tourna les yeux vers la jeune fille et son visage se radoucit. Après tout, si elle était contente, il l'était aussi.
«Que dirais-tu d'aller visiter les environs avant le dîner ?» lui demanda Reby pour le distraire de sa contrariété.
«Hum.» Acquiesça-t-il en hochant la tête.
Il alla se passa un peu d'eau sur le visage pour se débarrasser de la poussière de la route et se lava les mains.
«Je suis prêt !» Dit-il à la jeune femme.
Et ils sortirent de la chambre, avant de descendre l'escalier et de pousser la porte de l'auberge. Une fois dans la rue, ils se dirigèrent vers le front de mer.
Ils longèrent la digue, profitant de l'ambiance agréable de la rue pavée, s'arrêtant devant les diverses échoppes et regardant la carte des restaurants, flânant au hasard de leurs pas. Lorsque la nuit tomba, ils avisèrent un petit restaurant qui leur plaisait bien et s'y arrêtèrent pour dîner rapidement avant de rejoindre leur chambre.
Là survint le premier embarras. Elle y avait bien réfléchi toute la soirée.
«Gadjeel, hum, si tu veux, euh... On peut peut-être se partager le lit... Je veux dire, tu n'es pas obligé de dormir sur le sofa !» Finit-elle par lâcher. Elle était vraiment embêtée qu'il doive supporter de dormir sur un sofa si petit qui n'avait pas l'air confortable.
«Écoute petite, si je ne m'endors pas dans le sofa, je viendrai dans le lit. D'accord ?» Il était touché qu'elle se soucie de son bien-être et il aurait adoré se glisser dans sa couche mais il ne fallait pas tout précipiter. Du reste, dormir dans un sofa lui était égal. Un chasseur de dragon dort n'importe où lorsqu'il est fatigué.
Elle acquiesça. C'était de bonne guerre.
«Prends la salle de bain en premier.» proposa-t-il.
«Merci.» Elle fouilla dans sa valise pour trouver son pyjama - un short large et un débardeur - et sa brosse à dents et fila dans la salle d'eau prendre une bonne douche chaude qui apaisa ses tensions et détendit ses muscles après cette journée de voyage.
Les serviettes de l'hôtel étaient douces et moelleuses et elle se sécha rapidement pour laisser la place à son compagnon.
Lorsqu'elle sortit, il était assis sur le sofa, les bras croisés derrière la tête et fixait le plafond. Son regard glissa sur elle, la détaillant de la tête au pied.
Elle était drôlement mignonne. Elle avait la fâcheuse tendance de dévoiler systématiquement ses jolies jambes avec des shorts et des jupes plus courts les uns que les autres, mais il n'en avait cure. Son débardeur un peu large glissait sur ses clavicules et sa poitrine sans soutien-gorge. Il pouvait apercevoir la pointe de ses tétons sous le tissu. Elle était à croquer.
Depuis qu'elle avait ouvert la porte et que leurs yeux s'étaient croisés, Reby était comme prise au piège par son regard.
Elle le laissait la détailler ouvertement. La lueur de désir qui brillait dans les yeux du jeune homme la clouait sur place, la ravissant et l'inquiétant en même temps.
Il se leva et s'approcha d'elle, continuant de la fixer comme s'il voulait la bouffer. Lorsqu'il ne fut plus qu'à deux pas d'elle, elle sembla reprendre le contrôle d'elle-même et s'écarta brusquement de la porte pour lui laisser l'accès à la salle de bain. Elle lui fit un sourire gêné et partie farfouiller dans sa valise sans un regard de plus.
Il ne dit rien et s'engouffra dans la salle de bain.
Le cœur de Reby battait la chamade et ses doigts tremblaient. Elle avait réagi in extremis, en prenant lâchement la fuite. C'était plus fort qu'elle. Elle ne savait pas comment réagir quand il la regardait comme ça.
Elle finit par trouver le livre qu'elle avait emporté pour sa lecture quotidienne du soir - et pas un du genre du dimanche matin - et se glissa dans le lit, du côté du sofa et non de la porte de la salle de bain. Pour une raison inconnue, cela lui semblait être la meilleure place. Allumant la lampe de chevet, elle ouvrit les pages et commença sa lecture.
Quelques minutes plus tard, la porte s'ouvrit dans un nuage de vapeur. Reby tourna la tête et se figea sous la surprise. Gadjeel se tenait dans l'embrasure, vêtu seulement d'une serviette autour des hanches. Des gouttes d'eau dégoulinaient sur la peau lisse de son torse musclé. Bien sûr, elle l'avait déjà vu torse nu. Mais jamais dans l'intimité d'une chambre d'hôtel, seule avec lui.
Gênée, elle se replongea dans son livre comme s'il ne s'était rien passé.
En trois enjambées, le mage d'acier récupéra son pantalon de pyjama sur le sofa et s'enferma de nouveau dans la salle de bain, sans dire un mot.
Lorsqu'il en sortit de nouveau, Reby prit grand soin de ne pas lever les yeux et feignit d'être absorbée dans sa lecture, dont elle ignorait complètement le sujet.
Le jeune homme éteignit la lumière principale et, attrapant l'oreiller dont la jeune femme ne se servait pas, il alla s'écrouler sur le petit canapé dont ses jambes dépassaient de moitié.
«Bonne nuit, petite.» Souffla-t-il.
«Bonne nuit, Gadjeel» répondit-elle doucement.
Incapable de se concentrer, elle ferma son livre et éteignit la lampe de chevet, plongeant la chambre dans le noir.
Mais elle ne trouva pas le sommeil. Ce n'était pas le manque de fatigue. Ils avaient marché une bonne partie de la journée et ses jambes étaient meurtries. Mais la présence du dragon à quelques mètres seulement émoustillait tous ses sens.
Elle se tourna d'un côté, serrant son oreiller contre sa poitrine, mais le sommeil ne vint pas plus.
Savoir qu'il était là, allongé torse nu sur le sofa, l'empêchait complètement de faire le calme dans sa tête et de trouver le repos.
Elle se tourna de l'autre côté.
Les yeux ouverts dans la pénombre, elle pouvait apercevoir les contour de son corps. Elle entendait sa respiration. Il semblait complètement tordu sur le petit sofa et, bien que ce ne fut pas sa faute qu'il n'y ait qu'une chambre disponible, elle se sentit coupable.
«Gadjeel ? Tu dors ?» Chuchota-t-elle.
Un grognement lui répondit. «Non»
Elle se mordit la lèvre.
«Viens.»
Elle n'eut pas besoin d'en dire plus. Le chasseur se redressa et vint s'écrouler sur le lit à ses côtés en poussant un soupir de soulagement.
«C'est le pire sofa sur lequel j'ai jamais dormi,» rigola-t-il.
Elle gloussa.
«Bonne nuit Gadjeel.»
«Bonne nuit, crevette.»
Le savoir allongé sur le lit à côté d'elle la rassérénait et en même temps la troublait d'autant plus. Elle n'était que trop consciente de la présence de son corps chaud et massif, moitié nu, si proche.
Sa main glissa sur le drap jusqu'à effleurer son bras, qu'elle longea du bout des doigts jusqu'à trouver sa main.
Sans un mot, Gadjeel resserra ses doigts autour des siens et garda sa main dans la sienne. Ce léger contact suffit à apaiser la jeune femme, qui sombra bien vite dans un sommeil sans rêves.
Lorsque les rideaux ne purent plus occulter la lumière grandissante du jour se levant, la jeune mage se réveilla doucement. Elle rougit en se souvenant des évènements de la veille mais le lit était vide à côté d'elle lorsqu'elle ouvrit les yeux.
Le bruit de la douche s'arrêtant lui indiqua la présence du chasseur dans la salle de bain. Il en sortit quelques minutes plus tard, déjà complètement habillé, ne pût s'empêcher de noter Reby.
«Salut crevette», fit-il en sortant de la salle de bain. «Bien dormi ?» Demanda-t-il avec un sourire amusé.
«Bonjour Gadjeel. Très bien.» Osa-t-elle répondre en rougissant tout de même. «Tu es réveillé depuis longtemps ?»
Elle était un peu gênée à l'idée qu'elle ne se soit pas réveillée lorsqu'il s'était levé. Sa discrétion était légendaire mais le fait qu'il puisse se lever et s'habiller sans qu'elle ne se réveille l'embarrassait. L'avait-il regardé dormir ? Elle se passa la main dans les cheveux et s'essuya la bouche, au cas où elle aurait bavé dans la nuit.
Gadjeel sourit intérieurement.
«Une petite heure. Je suis allé courir.»
En fait, il n'avait couru qu'une vingtaine de minutes. Il avait passé le reste du temps à l'observer dormir.
Ses cheveux bleus sans bandeau, en pagaille sur l'oreiller, quelques mèches éparses chatouillant son visage, la bretelle de son débardeur ayant glissé de son épaule, les moindres détails de sa peau douce et lisse, ses jolies lèvres pulpeuses qui étaient comme un appel aux baisers. Il avait dû sortir pour s'empêcher de faire quoi que ce soit.
En pensant à cela, il n'avait pas décroché son regard d'elle. Reby écarta la couverture et sortit du lit, ne sachant quoi dire, un peu gênée sous son regard insistant.
Après un petit déjeuner rapide, ils prirent la direction de la maison, le sac nécessaire au travail de Reby rempli de livres, de plumes et de parchemins sur l'épaule de Gadjeel.
Trouver la maison ne fut pas difficile. C'était la seule à la sortie du village.
Elle était assez petite, ce qui surpris Reby. Elle s'était attendue à une sorte de manoir et cela ressemblait plutôt à une petite chaumière. La porte d'entrée ne tenait plus que sur un gond, et Gadjeel l'écarta prudemment. Il entra le premier, tâtant du pied le plancher, ses sens aiguisés de chasseur de dragon à l'affût du moindre danger.
Reby le suivit prudemment.
L'entrée était composé d'un petit couloir à la droite duquel se trouvait la cuisine, à en juger par ce que voyait Reby à travers le mur à moitié écroulé. En face se trouvait un escalier qui montait, un qui descendait et sur la gauche, l'embrasure d'une porte qui avait disparu et menait sur un petit salon.
Le plancher semblait encore solide mais la plupart des portes et fenêtres étaient cassées. A quelques endroits, le plafond s'était effondré, laissant apparaître de grosses poutres en bois qui soutenaient le plancher de l'étage. Il y avait encore quelques meubles, tel le vieux canapé troué de partout et un vieux bahut auquel il manquait deux pieds. A certains endroits, les murs avaient été tagués. On voyait tout de même que le lieu avait été "entretenu" récemment, car il n'y avait pas de déchets, de feuilles ou de débris de plafond ou de verres. La maison avait été nettoyée il y a peu.
Après avoir jeté un coup d'œil au rez de chaussé, Gadjeel s'engouffra dans l'escalier qui descendait en colimaçon jusqu'au sous-sol.
Celui-ci était plongé dans le noir mais Reby, grâce à son expérience, avait pensé à tout et emporté une petite lumière-lacryma de voyage.
Le sous-sol était carré, complètement vide. De grosses pierres taillées en formaient les murs et, effectivement, couraient comme un ruban tout autour de la pièce, des runes gravées, une par pierre, à peu près à hauteur des yeux.
Gadjeel inspecta minutieusement le sous-sol, testant la solidité de l'escalier et des poutres retenant le plafond, le goût de la poussière environnante, l'odeur des pierres et des runes.
Il ne détecta aucun danger.
«C'est bon, tu peux travailler ici.» Grogna le dragon. «Je vais inspecter l'étage.»
Elle hocha vaguement la tête. De toute façon il ne ferait que ce qu'il voulait.
Elle décida de ne pas perdre de temps et observa les runes plus attentivement.
Gadjeel revint un peu plus tard. Reby était complètement absorbée dans son travail. Il s'assit sur les marches et la regarda travailler, silencieux pour ne pas la déconcentrer.
Reby avait commencé par le début : chercher à quelle langue appartenait les runes. Elle les avait toutes observées minutieusement une à une et avait reconnu certaines formes mais jamais de runes entières. Travailler avec la petite lumière et par terre sur le sol dur et froid n'était pas facile. Elle aurait voulu plus de luminosité malheureusement, elle n'avait qu'une seule lacryma de voyage.
Elle aurait plus vite fait de recopier les runes pour travailler dans un endroit plus hospitalier. Le regard de Gadjeel vissé sur elle ne l'aidait pas non plus à se concentrer. Elle ferma les livres se releva en soufflant.
«Je n'arrive à rien ici,» gémit-elle en se tournant vers Gadjeel.
«Qu'est-ce que tu comptes faire ?» Demanda ce dernier, certain qu'elle avait déjà une solution. Elle n'était pas la mage la plus intelligente qu'il connaisse pour rien.
«Les recopier. Je ne vois pas d'autres possibilités pour travailler correctement.»
Elle saisit dans le sac béant des parchemins et une plume et, s'approchant du coin du mur gauche face à l'escalier, elle appuya la feuille dessus et entreprit de reproduire la première rune située dans l'angle de la pièce.
Les pierres n'étaient pas lisses et ce n'était pas du tout facile. Elle pesta plusieurs fois en déchirant la feuille avec son crayon avant de froisser la feuille dans ses mains de frustration.
Elle tapa du pied.
«Rah ! Je n'arrive à rien comme ça !»
Gadjeel se retint de pouffer de rire. Elle était tellement mignonne quand elle s'énervait. Il se garda bien de répondre quoi que ce soit et d'attirer son attention et son courroux vers lui.
Elle avisa les livres encore par terre. Les couvertures des ouvrages qu'elle avait emportés n'étaient pas lisses non plus mais ce serait toujours mieux.
Elle saisit un des volumes les plus fin, qui était déjà plus épais que son bras, et calant avec son bras gauche contre son ventre, elle s'en servit comme d'un pupitre pour reproduire les runes.
Ce n'est pas qu'il trouvait le temps long. Quand il s'agissait d'observer Reby, Gadjeel pouvait rester immobile pendant des heures. Cependant il la voyait peiner à garder son livre caler suffisamment haut. Elle se cambrait légèrement en arrière et soufflait régulièrement, signe que la position n'était pas confortable.
Il se leva et alla se placer derrière elle.
En sentant sa présence, Reby se figea. La chasseur observa par-dessus son épaule sa reproduction. De là, il avait une assez bonne vue sur sa poitrine et il ne put empêcher son regard de s'y attarder quelques secondes.
«Continue» exigea-t-il voyant qu'elle s'était arrêtée.
«Qu'est-ce que tu fais ?» Demanda la jeune femme en se tordant la tête pour le regarder.
«Je regarde comment tu t'y prends.» Dit-il simplement.
«Euh oui mais euh... Tu vas rester aussi près pendant longtemps ?» Osa-t-elle demander.
«Pourquoi ? Je te déconcentre ?» Répondit-il, moqueur avec un haussement de sourcils amusé.
Elle se redressa comme piquée au vif, rompant le contact avec ses yeux.
«Non non !» Mentit-elle trop vite pour être crédible.
Elle se reconcentra sur la rune, traçant le plus fidèlement possible le caractère gravé devant elle. Le souffle de Gadjeel dans son cou ne l'aidait pas.
D'un pas sur le côté, elle passa à la seconde pierre. Il la regarda faire deux trois fois. Il n'y avait rien de technique dans ce recopiage, aussi se jugea-t-il capable de l'aider dans cette tâche.
Il se détourna et attrapa à son tour un livre, une feuille et une plume avant de s'approcher du coin opposé à celui où Reby avait commencé, c'est à dire à gauche de l'escalier.
«Mais... Gadjeel ! Tu ne vas rien voir sans la lacryma !»
«Il y a bien assez de lumière pour moi, même au fond, petite. Ne t'en fais pas. Tu pourras vérifier et corriger ce que je fais si tu veux. En attendant, l'heure du déjeuner ne va pas tarder et j'ai faim.» Lâcha-t-il, abrupte.
Reby céda. Au pire il ne leur ferait pas perdre de temps, au mieux ils en gagnaient.
Les murs étaient grands et il y avait une trentaine de runes sur chaque pan de mur.
Au bout d'une heure, le dos et le bras de Reby étaient engourdis, de même que ses doigts, mais ils avaient tous deux fini leurs parties respectives.
«On peut faire une pause maintenant, non ?» Proposa Reby. «On reviendra cet après-midi pour vérifier nos reproductions, qu'en dis-tu ?»
Le chasseur approuva. Tout comme sa partenaire, il avait besoin de faire une pause et de sortir tous ces entrelacs de traits sans queue ni tête de son esprit.
Ils récupérèrent leurs affaires et retournèrent déjeuner à l'auberge.
La ville était calme.
Dès leur encas terminé, ils retournèrent à la maison, cette fois sans s'encombrer de tous les livres.
Ils vérifièrent patiemment et avec minutie tous les symboles retranscrits et, satisfaits, repartirent. Cela leur prit peu de temps et l'après-midi était à peine entamée.
De retour dans la chambre, Reby hésita. Une partie d'elle voulait se mettre au travail le plus tôt possible pour percer le mystère de ces runes, une autre partie voulait profiter du ciel bleu et du soleil qui brillait chaudement.
Ce fut Gadjeel qui trancha en la voyant hésiter.
«Assez de travail pour aujourd'hui.» Assena-t-il. «J'ai repéré une petite plage sympa en courant ce matin, je t'y emmène.» Dit-il avec un sourire. Il savait qu'elle adorait aller à la plage.
Reby en aurait rougit de plaisir. Elle ne chercha même pas à lutter.
«Avec plaisir ! Lucy m'a dit qu'on pouvait se baigner dans le coin et j'en avais très envie !» S'exclama-t-elle joyeusement.
Le sourire de Gadjeel s'élargit plus encore. Il ne souriait jamais autant que lorsqu'elle était dans les environs.
Il récupéra son short de bain dans son sac et parti se changer dans la salle de bain.
Reby ouvrit sa valise pour y chercher le petit maillot qu'elle avait glissé à l'insu de Lucy. Elle tomba d'abord sur celui que son amie avait justement choisi. Elle ne pouvait quand même pas porter ça, seule avec Gadjeel. C'était presque de la provocation, une manière de crier "Viens, prends-moi, je te veux !" Elle rougit de ses pensées et continua à fouiller dans ses vêtements. En atteignant le fond de la valise, elle commença à paniquer.
Il n'était nul part. Elle était pourtant sûre de l'y avoir glissé !
Se pouvait-il que Lucy l'ait enlevé à son insu ? Non, puisque la blonde ne l'avait même pas vu mettre le maillot.
Mais tout de même, il n'était pas là. Qu'allait-elle faire ?
Elle jeta un coup d'œil par la fenêtre. Le ciel était un appel à la baignade et elle avait très envie de se baigner.
Elle entendit la porte s'ouvrir.
«Tu as ce qu'il te faut ?» Demanda Gadjeel en avisant la pile de vêtements retournés dans la valise.
«Oui oui ! C'est bon !» Répondit Reby, comme piquée au vif.
Elle se releva, le petit bikini serré dans sa main et fila à la salle de bain qu'elle ferma à clé.
Elle se déshabilla face au miroir et hésita un moment. Pouvait-elle vraiment porter ce maillot ? Elle gémit, prit son courage à deux mains, et enfila le bikini.
Il était noir avec quelques arabesques argentées. La culotte était très échancrée, découvrant une partie de ses fesses bien trop grande à son goût. Sur ses hanches, le tissu était fin, rallongeant ses jambes.
Le haut était un joli triangle échancré sur sa poitrine.
A sa grande horreur, elle remarqua que son tatouage était légèrement visible, le maillot trop étroit pour le couvrir intégralement. Un bout de la queue dépassait. Heureusement, si elle gardait le bras baissé, ce n'était pas visible.
Elle hésita en se regardant dans le miroir. Le maillot lui allait très bien, ce n'était pas le problème. Elle avisa sa peau pâle, ses hanches maigrichonne, ses côtes apparentes. Elle n'était pas du genre voluptueuse et appétissante comme Lucy, ni athlétique et sûre d'elle comme Erza, ni même belle et sexy comme Mirajane. Elle était juste, elle, Reby McGarden. Petite, avec sa petite poitrine, et ses petites fesses, toujours le nez dans un bouquin.
Tant pis. Il faudrait bien que Gadjeel l'aime ainsi. Et s'il ne l'aimait pas et bien tant pis. Elle n'avait pas le pouvoir de devenir quelqu'un d'autre.
Elle renfila ses vêtements rapidement et sorti.
Gadjeel l'attendait sur le lit, le regard vague, deux serviettes sous le bras.
«On peut y aller !» lança-t-elle avec entrain.
Ils arrivèrent rapidement sur la plage. Il n'y avait pas foule.
Gadjeel étala les deux serviettes côtes à côté et enleva son tee-shirt avant de s'assoir sur la première serviette et d'enfouir ses pieds dans le sable.
Ce n'était pas son activité préférée mais il aimait bien la plage. Surtout depuis que Reby avait envie d'y aller. Il l'avait déjà vu en maillot de bain, et il se faisait une joie de réitérer l'expérience. Surtout maintenant, maintenant qu'ils étaient plus proches, que les choses entre eux étaient plus... Ambiguës.
Il regarda la jeune femme. Elle restait plantée debout, semblant réfléchir intensément à quelque chose en fixant sa serviette. Il fronça les sourcils.
Reby ne savait quoi faire. Elle était terriblement gênée à l'idée de se dévoiler à Gadjeel dans ce maillot et l'idée de rester habillée pour s'allonger sur sa serviette lui paraissait alléchante.
Mais il faisait chaud et cela semblerait suspect. De plus, si elle comptait se baigner, et elle comptait le faire, ce n'était que repousser l'échéance.
Elle tenta de se persuader que le maillot n'était pas si sexy que ça. C'était juste un maillot de bain après tout, pas de la lingerie fine.
Déterminée, elle fit passer son haut par-dessus sa tête. Elle n'osait regarder Gadjeel et préféra se tourner vers l'océan pour enlever son short.
Sans qu'il n'intervienne, la jeune femme commença à se déshabiller. Il ne rata pas une miette du spectacle. Il regarda son ventre plat et sa peau pâle, admirant la délicatesse et la finesse de ses courbes.
Elle se tourna ensuite vers l'océan, lui tourna le dos et enleva son short. Elle le fit glisser sur ses fesses, révélant un maillot très échancré. Lorsqu'elle se pencha pour le retirer de ses pieds, Gadjeel sentit sa chaleur corporelle monter d'un coup.
Une fois en maillot, Reby s'assit rapidement sur sa serviette, et s'appuya sur ses coudes, tentant de paraître détendue. Son bras gauche lui faisait mal et elle préféra finalement s'allonger complètement. Le soleil l'éblouissait et elle ferma les yeux. Elle réussit à oublier la présence du chasseur, moitié nu, à côté d'elle et profita de la douce chaleur du soleil sur sa peau et de la caresse du sable sur ses pieds.
Gadjeel la fixait du coin de l'œil. Il vit les trait de son visage se détendre au fur et à mesure qu'elle se laissait aller.
Il ne put s'empêcher de laisser ses yeux errer sur son petit corps si attirant. Décidément, Reby ne cessait de le surprendre. Le maillot de bain qu'elle portait était carrément sexy. La coupe rallongeait ses jambes et mettait ses fesses en valeur, sans parler de sa poitrine, à peine recouverte par le tissu. Il s'arrêta une seconde sur ses hanches, menues mais qu'il rêvait d'attraper, puis sur ses seins. Il eût l'espoir d'apercevoir un bout du tatouage qui l'intriguait tant mais, de là où il était, il ne distinguait rien.
Il n'y avait pas de vent ce jour-là et le temps était lourd. Au bout de quelques minutes au soleil, Reby commença à avoir chaud.
Une fine pellicule de sueur couvrait son visage.
Elle se passa la main sur le front pour se rafraîchir avant de lancer :
«Je vais aller me baigner. Ça me fera du bien.»
«Je t'accompagne.» Lança Gadjeel sans hésitation. «Je meurs de chaud aussi.»
Il fut debout avant elle et lui tendit la main pour l'aider à se relever.
Elle hésita une demi-fraction de seconde, surprise, avant d'accepter son aide et de saisir sa main. Des picotements remontèrent le long de son bras lorsque leurs paumes entrèrent en contact. Une légère chair de poule apparu sur son bras sans que Gadjeel ne s'en rende compte. Une fois debout, elle lâcha à regret sa main et, lui adressant un sourire, elle marcha vers l'eau. Gadjeel la dépassa en courant à toute allure et se jeta dans la mer.
Il en émergea en lançant un rugissement.
«Ah ! Ça fait du bien !»
Reby quant à elle avançait doucement mais confiante. Une vague vint lécher son pied et elle recula d'un bond.
«Ah ! Mais elle est froide !» S'exclama-t-elle, surprise de la température.
Elle aurait dû s'en douter. Le temps était chaud mais la mer en cette saison avait déjà perdue sa température estivale. D'ailleurs, la plage était presque déserte et il n'y avait personne dans l'eau.
«Mais non ! Une fois que tu es dedans, elle est bonne !» S'exclama Gadjeel.
Reby lui fit la grimace et tenta une nouvelle entrée mais l'eau fraîche mordit sa chaire, la refroidissant instantanément de la chaleur ressentie plus tôt sur la serviette.
Finalement, elle n'avait plus du tout envie de se baigner.
«Tu sais quoi, je crois que je vais aller lire un petit peu, plutôt. Je me baignerai plus tard, peut-être.» Dit Reby.
Gadjeel fronça les sourcils. Ah non, ce n'était pas du jeu. Il n'allait tout de même pas se baigner seul !
Il lui lança un regard d'avertissement.
En voyant sa tête, elle commença à reculer doucement.
«Non non, je t'assure, profites de la baignade sans moi !» S'exclama-t-elle, inquiète tout d'un coup.
Lorsqu'il fit un pas vers elle, le visage déterminé, un grondement s'échappant de sa poitrine et les yeux braqués sur elle, elle se dit que c'était le moment de courir.
Elle fit volte-face et se précipita en direction de leurs serviettes. Un coup d'œil lui appris que Gadjeel était à ses trousses et elle dû changer brusquement de direction pour l'éviter. Le chasseur dérapa un peu plus loin, surpris, mais continua à la poursuivre et il ne lui fallut que quelques secondes pour la rattraper et la saisir par la taille avant de la plaquer au sol.
Face dans le sable, Reby, à bout de souffle, se débattait contre Gadjeel. Il la retourna et s'assit sur ses cuisses, ses deux mains immobilisant les poignets de la jeune femme. (nda: aller! petite scène cliché, c'est gratuit!)
Devant sa prise implacable, elle cessa bientôt de se débattre et se concentra pour reprendre son souffle. Il observa ses mèches en pagaille qui encadrait son visage ensablé ici et là, son regard apeuré et ses joues rougissantes, sa bouche en cœur tentant de reprendre son souffle, sa petite poitrine - ridiculement cachée par ce qui lui tenait lieu de maillot de bain - qui se soulevait au rythme saccadé de sa respiration haletante, ses biceps encore bandés tentant de repousser ses bras malgré sa trêve provisoire. Elle était à sa merci et il adorait ça. Il avait une folle envie de fondre sur sa bouche et de l'embrasser, là, maintenant.
Reby, clouée au sol par les muscles puissants du chasseur, ne pouvait rien faire qu'assister, impuissante, à sa défaite.
Aussi observa-t-elle avec attention le visage de Gadjeel, qui semblait captivé par sa personne.
Elle vit distinctement le regard du jeune homme passer de l'excitation de la chasse au désir. Il se pencha doucement vers elle et, l'espace d'une seconde, elle failli succomber à son attirance pour le chasseur. Elle se reprit au dernier moment et recommença à de débattre.
«Gadjeel, non ! Laisse moi ! Je ne veux pas aller dans l'eau !» Réussit-elle à dire entre deux bourrades.
Les yeux du jeune homme devinrent pareils à deux fentes. Il en avait presque oublié le jeu initial. Un sourire sadique se plaqua sur ses lèvres et il se releva d'un bond, entraînant avec lui la jeune femme qu'il jeta sans ménagements sur son épaule.
Tranquillement, comme si la demoiselle qu'il portait était aussi légère qu'une plume, il se dirigea vers l'eau.
Elle continuait de se débattre en gémissant tout un tas de choses incompréhensible.
Il lui administra une petite claque sur son fessier.
«Tais toi petite.» Dit-il, autoritaire.
La fessée eu l'effet escomptée. La jeune femme cessa immédiatement de se gigoter et se tut. Rouge comme une pivoine. Gadjeel venait de lui donner une fessée. Elle réalisait avec horreur que cette seule idée l'excitait au plus haut point et qu'il venait de le faire. Déjà qu'elle s'était sentie toute chose lorsqu'il l'avait plaquée au sol et chevauchée...
L'excitation commençait à peine à reprendre des fourmillements entre ses cuisses que Gadjeel, profitant de son immobilité, la saisit par la taille et la jeta dans l'eau comme une poupée de chiffon. Elle fut si surprise qu'elle en oublia de respirer. Le froid la saisit instantanément, inhibant d'un coup d'un seul le désir qu'elle ressentait.
Elle se souvient de retenir son souffle une fois dans l'eau et remonta à la surface. Elle émergea, furax.
«Tu vas me le payer !» Hurla-t-elle en se jetant sur Gadjeel.
Gadjeel adorait se battre. Et il adorait jouer à la bagarre. Il ne lui en fallut pas plus.
La crevette tenta de l'attraper par la taille pour le faire tomber mais il la saisit et la balança de nouveau plus loin. Il se jeta sur elle et ils engagèrent une joute aquatique féroce. C'était à qui réussirait à couler l'autre le plus de fois jusqu'à ce que l'un des deux déclare forfait. Il fallait cependant s'en douter, la douce et petite Reby ne faisait pas le poids face à l'athlétique et puissant Gadjeel.
Mais il ne se lassait pas de la saisir tantôt par la taille, tantôt par le bras, parfois par les jambes. Il laissait ses mains s'attarder sur elle mais s'assurait toujours qu'elle reprenne son souffle après l'avoir coulée.
Présentement, elle s'appuyait aussi fort qu'elle le pouvait sur ses épaules et ses seins n'étaient qu'à quelques centimètres de son visage. Avec ses jambes, elle nageait vers le large pour l'éloigner du bord là où il n'avait plus pied. Elle y mettait tant d'énergie qu'il fut déstabilisé un instant, concentré comme il l'était sur la jolie vue qu'elle lui offrait. Il remarqua sur le galbe extérieur de son sein gauche une trace noire avant qu'il ne soit englouti, d'un pas de plus en arrière.
Il fit alors la première chose qui lui vint à l'esprit pour lui faire lâcher prise et il lui chatouilla le ventre. L'effet fut immédiat et la jeune femme lâcha ses épaules pour se tordre sur elle-même.
Elle hurla avant de se faire entraîner sous l'eau par les mains du jeune homme sur ses hanches. Il voulait la maintenir quelques instants sous l'eau pour lui faire comprendre la leçon mais les mouvements de Reby devinrent d'un coup frénétiques et urgent.
D'un coup de pied sur le fond, il la remonta à la surface. Reby émergea toussant et crachant. Elle avait bu la tasse.
Sans la lâcher, il fit deux pas pour avoir pied et la maintenir plus facilement en surface. Il cala sa cuisse sur sa hanche et la bloqua avec son coude, sa main sur sa taille, l'autre derrière son dos. Par réflexe, la jeune femme s'agrippa à son cou pour reprendre son souffle.
«Ça va ?» Demanda-t-il, inquiet, lorsqu'elle arrêta de tousser.
«Oui, ça va, merci» le rassura-t-elle doucement.
D'une main, elle écarta une mèche de ses cheveux et reposa nonchalamment sa main sur son épaule avant de se figer en réalisant la position dans laquelle ils étaient.
Leurs visages étaient à quelques centimètres l'un de l'autre. Sa cuisse enserrait la taille de Gadjeel, et son intimité était plaquée contre son ventre. Son autre jambe pendait entre les siennes et elle pouvait distinctement sentir son sexe en érection contre sa cuisse. Ses grandes mains étaient plaquées sur sa peau, chaude malgré la température de l'eau. Sa prise était ferme. Il n'avait pas l'intention de la laisser partir.
Ses yeux se posèrent sur ses lèvres avant de remonter vers ses yeux. Lorsque leurs regards se croisèrent, la jeune femme perdit pied. (Nda : euh ça je vous jure que c'était pas prévu. Au départ ils devaient s'embrasser qu'à la fin et faire juste des châteaux de sable à la plage !)
Ils ne pouvaient plus longtemps rejeter leur attirance l'un pour l'autre (nda: et bim petite phrase gnangnan!). Comme poussés par une force invisible, leurs lèvres comblèrent la distance qui les séparait.
Lorsque Gadjeel sentit les lèvres de la jeune femme contre les siennes, il s'enflamma.
La main dans son dos remonta plus haut pour la presser davantage contre lui. Celle sur sa taille dériva vers sa nuque alors que les jambes de la jeune femme s'enroulaient autour de ses hanches.
Elle s'abandonna à ce baiser, laissant Gadjeel mordiller ses lèvres et glisser sa langue entre ses dents.
Lorsqu'elle sortit légèrement sa langue pour aller à la rencontre de celle de Gadjeel, elle sentit sa poitrine vibrer plus qu'elle n'entendit le grondement du chasseur.
Un bourdonnement sourd résonnait dans ses oreilles, l'empêchant d'entendre autre chose que les bruits humides de succion entre leurs bouches et leurs respirations haletantes.
Il se retira le premier, reculant tout juste sa bouche pour qu'elle ne soit plus en contact avec ses lèvres, leurs souffles continuant de se mêler. Il ne desserra pas sa prise autour d'elle, la gardant étroitement serrée contre lui.
«Reby...» Murmura-t-il. «J'attends ce moment depuis tellement longtemps.»
Confuse et rougissante, elle enfouie son visage dans le creux de son cou.
«Moi aussi.» Souffla-t-elle à son oreille. Il eût un petit rire satisfait en entendant ces mots.
Elle saisit délicatement son lobe entre ses dents et le titilla quelques secondes avant de lui picorer les lèvres de quelques baisers timides. Il captura ses lèvres et recommença à l'embrasser. Il n'en avait cure. Avec elle fermement accrochée à lui, il relâcha sa prise et fit glisser ses mains sur tout son corps, caressant sa taille, ses hanches, ses cuisses, ses bras, son ventre, avant d'oser poser sa main sur sa poitrine.
Elle étouffa un gémissement en mordant sa lèvre. Il gémit.
Il fallait que ça s'arrête. Ce n'était pas le bon moment, ni le bon endroit. Il brûlait de désir pour elle. Il était tellement dur qu'il aurait du mal à sortir de l'eau. Heureusement, il n'y avait personne. Il voulait prolonger ce baiser mais il sentait sous ses doigts la chair de poule de Reby. Immobile dans l'eau fraîche, elle se refroidissait vite.
Il enfoui son nez dans le creux de son cou, respirant profondément l'odeur de sa compagne. "Mienne" revendiqua dans son esprit la part de dragon cachée au fond de son âme. Il sourit. Oui, elle était sienne désormais. Ou presque. Mais après ces aveux réciproques, la jolie mage aurait du mal à faire comme si rien ne s'était passé.
Il fit quelques pas vers le rivage avant de l'écarter légèrement de lui. Elle déroula ses jambes et il la laissa glisser contre lui jusqu'à ce qu'elle touche terre.
Il la regarda avec douceur et tendresse. Et déposa un petit baiser sur ses lèvres. Il ne voulait pas qu'elle s'imagine qu'il avait agi sur l'impulsivité et qu'il regrettait ce baiser.
Il lui prit la main et ils sortirent ensemble de l'eau, dans le silence.
Arrivés à leurs serviettes, ils s'allongèrent encore dégoulinants. Gadjeel se tourna vers elle et s'appuya sur son coude. Il la regardait avec son air canaille qu'elle adorait.
Elle se tourna vers lui et l'imita.
Il la fixait avec une telle intensité qu'elle se perdit dans son regard pourpre.
«Tu sais, tu peux me dire ce que c'est, maintenant.»
Elle le regarda sans comprendre ce dont il parlait. Elle l'invita à poursuivre d'un haussement de sourcils.
«Ton tatouage. Puisque ce n'est plus qu'une question de temps avant que je ne le voie, tu pourrais me dire ce que c'est.» Expliqua-t-il, un début de théorie en tête.
Elle ne se laissa pas démonter.
«Ah oui ? Et qu'est-ce qui te fait dire ça ?» Fit-elle, à moitié amusée, à moitié provoquante. Le baiser échangé avait manifestement fait fondre son embarras. Elle se posait milles questions, mais il n'était pas temps d'y répondre.
Un grondement s'échappa de la gorge du dragon lorsqu'il l'entendit répliquer.
«Ne me tente pas, petite.» La prévint-il.
Elle ne put s'empêcher de frémir en entendant son ton menaçant.
Que ferait-elle si, une fois à l'auberge, il décidait de la plaquer contre le lit de la chambre et, à sa merci totale, la déshabillait pour voir son tatouage ?
Elle n'en savait rien mais cette seule idée l'excitait. Elle se tortilla sur sa serviette, et décida de l'ignorer. Se tournant sur le ventre, elle attrapa son livre et se mit à lire comme si de rien n'était. Comme si elle n'avait pas envie qu'il la plaque contre un mur et l'embrasse jusqu'à ce qu'elle en perde la raison. Comme si elle arrivait à suivre les lignes alors qu'elle savait la queue de son tatouage visible à la lisière de son maillot, comme si elle ne sentait pas le regard brûlant de Gadjeel braqué dessus.
Mais c'est qu'elle le provoquait en plus !
Il dardait ses yeux sur le motif d'encre qui lui était visible, tentant d'occulter la courbe de son sein si tentatrice qu'il apercevait.
Il tâchait de comprendre la partie qu'il voyait, et le tout qu'il ne voyait pas.
C'était une ligne, faite de motifs tribaux, légèrement courbée, avec, à son extrémité, une pointe semblable à un fer de lance. Ne pouvant se retenir plus longtemps, il avança son doigt vers le motif et, aussi léger qu'une plume, le frôla du bout des doigts.
Reby se mordit la lèvre à ce contact, pourtant si tenu, mais ne bougea pas.
Prenant cela pour une invitation, le jeune homme réitéra sa caresse, un peu plus appuyée. Un frisson parcouru le bras de la jeune femme, y laissant une légère chair de poule.
Un petit rire satisfait sorti de la gorge du chasseur.
Du bout du doigt, il accrocha le tissu du maillot, l'écartant doucement pour révéler davantage du tatouage.
Il sentait la peau douce du sein de Reby contre son doigt et cela lui donnait envie d'arracher d'un coup le maillot et de saisir fermement sa poitrine dans sa main.
Sa bite recommençait déjà à durcir.
Le peu qu'il souleva du tissu ne lui permit pas vraiment d'en apprendre plus, mais le trait allait en s'élargissant et disparaissait en dessous du téton, sur la courbe du sein.
Son imagination tournait à plein régime pour tenter de deviner ce dont il s'agissait.
Maintenant qu'ils étaient plus intimes, peut-être ne le repousserait-elle pas s'il lui posait quelques questions... Il n'attaqua pas de front.
«Quand est-ce que tu l'as fait ?» Reby se figea avant de tourner la tête vers lui. Son regard était indécis.
«Il y a quelques mois, un peu après ton départ.» Répondit-elle tout de même.
«A l'occasion de quelque chose en particulier ?» Continua-t-il innocemment.
La jeune femme réfléchit quelques secondes.
«Pas vraiment. Ça me travaillait la tête depuis un petit moment. Et je suis contente de l'avoir fait.» Dit-elle en souriant, une lueur malicieuse dans le regard.
«Et où es-tu allée pour le faire ?»
«Je l'ai fait moi-même.»
Il la regarda sans comprendre.
«Avec des runes magiques» expliqua-t-elle. «C'est un peu le même procédé que le tatouage de la guilde. Et ça ne fait pas mal !» Dit-elle avec fierté.
«Alors il peut s'effacer ?» Gadjeel était curieux. C'était logique mais il n'avait jamais pensé qu'on pouvait faire comme ça. Il était plutôt content de la réponse, ceci dit. Vu l'endroit où il était situé, c'était bien mieux qu'elle n'ait eu besoin de personne, et certainement pas d'un tatoueur libidineux pour lui dessiner sur son petit sein.
«Techniquement c'est possible, j'ai laissé une ouverture conditionnelle libre qui pourrait me permettre de le transformer ou de l'effacer. Mais ça demanderait pas mal de boulot et je suis assez contente du résultat» répondit-elle, enjouée qu'il s'intéresse à cela.
«C'est toi qui a dessiné le motif ?» Demanda-t-il encore.
Ah. Voilà. Doucement mais sûrement on y arrivait. Mais Reby se tenait sur ses gardes et n'avait pas l'intention de faire fuiter la moindre information, s'amusant grandement de la curiosité de Gadjeel envers son tatouage.
Maintenant qu'elle était sûre du désir de Gadjeel - et ce qu'elle avait sentie tout à l'heure dans l'eau ne pouvait pas mentir - elle se sentait pousser des ailes. C'était plus facile depuis leur baiser car il savait désormais ce qu'elle éprouvait pour lui. Et il éprouvait manifestement la même chose. Ils n'avaient pas l'intention de se rejeter l'un l'autre. Elle se sentait désirable et avait envie de se sentir désirée encore.
Bien sûr, elle appréhendait un peu leur retour dans la chambre d'hôtel. Ils s'étaient embrassés et un peu asticotés mais qu'en serait-il une fois dans l'intimité ? Mais pour l'instant, là n'était pas le sujet.
«Humhum, approuva-t-elle en hochant la tête. Ça m'a pris pas mal de temps avant d'arriver à quelque chose de satisfaisant !»
«Je ne savais pas que tu dessinais.» Constata-t-il.
«Pas beaucoup. Pas souvent. Mais j'ai pris plaisir à le dessiner.» Elle regardait Gadjeel avec un grand sourire.
«Tu ne me diras pas ce que c'est, hum ?» Demanda-t-il.
Elle remua la tête de gauche à droite, malicieuse.
«Je vois.» Il abattit alors sa dernière carte. «Alors je ne te parlerai pas non plus du mien.» Dit-il en s'allongeant sur le dos, les mais derrière la tête, exhibant nonchalamment ses biceps puissants.
La tête qu'elle fit valait son pesant d'or. Il éclata de rire.
«Tu as un tatouage ?» Demanda-t-elle, surprise.
Il hocha la tête. Elle se redressa et s'assit, tournée vers lui. Elle l'examina de la tête aux pieds, détaillant au passage ses jambes galbés, ses abdominaux, son torse et ses bras musclés. Elle le trouvait tellement beau. Tellement sexy. Ce gars était un appel à la luxure. Elle remonta sur son visage encadré de mèches folles. Il la fixait de ses yeux écarlates, prise en flagrant délit de reluquage.
«Tu aimes ce que tu vois ?» Demanda-t-il la voix grave, provocateur.
Reby rougit mais décida d'ignorer cette question.
«Et où est-il ?» Demanda-t-elle à son tour.
Il haussa des sourcils, ostensiblement mystérieux.
«Quelque part où seules certaines personnes peuvent le voir. Un peu comme le tien.»
«Personne n'a jamais vu le mien !» Argua-t-elle.
«Faux» répliqua-t-il en rouvrant un œil. «Raymond l'a vu.» Il lu instantanément la détresse sur son visage. Il n'avait pas prévu d'en arriver là et de remuer de mauvais souvenirs. Il se redressa et pris sa main dans la sienne.
«Excuse moi, je n'aurais pas dû parler de ça.» Dit-il doucement.
«Non, tu... Je... Tu as raison. J'avais presque oublié. Raymond l'a vu et je déteste l'idée qu'il ait violé mon secret.»
Il posa sa main sur sa joue et elle appuya sa tête contre sa paume. Il avait très envie de lui dire que ce n'était plus qu'une question de temps avant qu'il ne voie à son tour son tatouage mais il n'était pas sûr que cela lui remonte vraiment le moral.
«Après la raclée que je lui ai filé, je ne suis pas sûr qu'il se souvienne de grand-chose. Alors c'est un peu comme si ton secret était préservé.» Tenta-t-il de la réconforter.
Elle le regarda avec un sourire.
«Tu as raison. Et le tien, il est où alors ?» Redemanda-t-elle en relevant la tête.
Il rigola.
«Tu le sauras sans doute bientôt» lui dit-il avec regard appuyé.
Il se releva et lui tendit la main.
«Viens, il est temps de rentrer, le ciel est en train de se couvrir.» Lui expliqua-t-il.
Elle saisit sa main et, en la relevant, il l'attira un peu plus fort que nécessaire. L'élan la fit se coller à son torse et il enroula son bras autour d'elle, la gardant collée contre lui. D'une main sur sa joue, il guida sa tête en arrière et l'embrassa voluptueusement.
Sous les caresses de sa langue qui ressemblaient à une promesse, Reby sentit ses tétons durcirent contre le torse de Gadjeel, le tissu fin du maillot les séparant seulement. Se laissant aller, elle entoura le cou du jeune homme et s'attira plus encore à lui. Elle était trop petite et devait lever la tête et une partie d'elle avait très envie de grimper sur le jeune homme pour pouvoir approfondir le baiser avec un autre angle.
Malheureusement, cela pourrait paraître indécent.
Le chasseur cessa son baiser et se recula légèrement. Il avait très envie de la prendre une fois arrivé à l'hôtel mais une petite voix lui disait qu'il fallait ralentir au risque de l'effrayer ou de la contraindre et il ne voulait pas ça.
Il devait y aller en douceur mais la nuit allait être difficile et terriblement frustrante. Il se regardèrent quelques secondes. Des étoiles dansaient dans les yeux de la jeune femme, qui semblait légèrement étourdie et le regardait, pleine de désir.
Les premières gouttes de pluies brisèrent leur échange et ils récupérèrent en vitesse leurs affaires avant de filer vers l'auberge.
