Petit mot de l'autrice : nous y revoilà ! j'ai écrit avec les contraintes "une baignoire", "pas en Europe" et "une bagarre"


Texte 3 : Un personnage se perd dans un autre fandom


D'aussi loin que remontaient ses souvenirs, Arthur Weasley avait toujours eu une fascination pour les moldus. Il n'y avait qu'à voir leurs voitures ! Leurs prises électriques ! Leur drôle d'appareil qui coupait de l'herbe ! Que de belles inventions.

Parmi toutes ces merveilleuses créations, l'une d'entre elle retenait tout particulièrement son attention : les canards en plastique. Il trouvait en effet l'idée de reproduire un animal de façon inanimée assez folle, suffisamment folle pour être remarquée. Outre ce fait étrange, il planait un mystère autour de ces canards en plastique qu'il ne parvenait pas à élucider. Dans ses recherches, il avait trouvé que ceux-ci étaient des jouets pour enfants, qu'on plaçait dans des baignoires pour les amuser. Pourtant, quand il s'était aventuré lors de ses missions sur le terrain à demander aux moldus auprès de qui il intervenait s'ils pouvaient lui indiquer où il pouvait acheter l'un de ces canards en plastique, il n'avait eu le droit qu'à des sourires en coin. Au début, il avait pensé que sa requête était improbable dû à son âge – il avait probablement passé l'âge moldu de jouer avec. Mais aujourd'hui, alors qu'il se retrouvait face à une boutique remplie d'objet étrangement phalliques, il comprit qu'il avait raté quelque chose.

Il vérifia une nouvelle fois l'adresse que lui avait donné le moldu sur lequel il était intervenu, dans l'espoir de comprendre où il s'était trompé. Aucun doute n'était possible : il était au bon endroit. Étant d'une nature joviale, il ne voulait pas céder à l'abattement. Néanmoins, son incompréhension était telle qu'il se sentait légèrement abattu, triste de ne pas saisir le monde moldu malgré ses efforts.

- Par Merlin... Faites que je puisse comprendre de quoi il en retourne...

Deux secondes après, Arthur se retrouvait face à une baignoire.

Dans cette baignoire, se trouvait un homme. Ou, du moins, la tête d'un homme s'y trouvait.

Le reste de son corps, quant à lui, était à l'extérieur : deux hommes puissants le maintenaient là.

Arthur ne savait pas où il était, ni pourquoi, ni qui étaient tous ces gens. Néanmoins, il ne laissa pas la surprise l'envahir bien longtemps : si une année entière à lutter contre Voldemort lui avait bien appris quelque chose, c'était à se ressaisir rapidement. Ni une ni deux, il se jeta sur l'homme de droite. Celui-ci était beaucoup plus costaud que lui, mais Arthur ayant l'effet de surprise pour lui (il fallait bien un avantage à surgir littéralement de nulle part), il en vint à bout, à l'aide d'un coup bien porté. Malheureusement, il ne put éviter le coup de poing que lui asséna le second assaillant en plein dans l'estomac. Le choc fut si violent qu'il en tomba au sol, le souffle coupé. Mais alors que son adversaire levait un poing menaçant vers lui, celui-ci s'écroula de tout son long.

Derrière lui se tenait un jeune homme, qui devait avoir seulement quelques années de moins que Ron. Ses cheveux étaient si trempés et son souffle si court qu'Arthur en conclut qu'il était l'homme plongé dans la baignoire quelques instants plus tôt.

- Vous êtes qui, vous ?

Bon, Arthur aurait préféré un remerciement. Néanmoins, il se garda bien de faire le moindre commentaire : le garçon n'avait pas l'air très commode. De plus, Arthur pouvait bien lui pardonner sa sécheresse. Être torturé à coup de baignoire ne devait pas être agréable.

- Je m'appelle Arthur Weasley, se présenta-t-il le plus joyeusement possible.

Autant rendre cette situation un peu plus sympathique, se disait-il. Malheureusement, le garçon ne dû pas l'entendre de cette oreille, puisqu'il grommela.

- Almayen...

Mince. Le pauvre garçon avait dû avoir une oreille bouchée. Avec toute cette eau, évidemment...

- Non, je suis Arthur, pas Almayen. Je...

- Je ne vous parle pas à vous. Je lui parle à elle.

Arthur ne savait pas ce qu'était une almayen mais, quoi que ce soit, il avait beau chercher mais ne voyait rien d'autre dans la pièce. Le garçon croyait-il en des créatures fantastiques imaginaires et invisibles ? Il devait vraiment lui présenter Luna Lovegood, dans ce cas. Ils ne pourraient que s'entendre.

- Almayen ! Insista-t-il.

- Oui ? Surgit alors une voix venue de nulle part.

- Trop c'est trop !

- C'est à dire ?

- Le principe du CRACKVRIL, c'était que j'aide des gens de fandoms divers et variés.

- Oui ? Et ? Arthur Weasley est d'un fandom différent, vous l'avez repéré vous-même, alors où est le problème ?

- Le problème, c'est que c'est moi qui suis sensé aider les gens ! Pas l'inverse ! Déjà que ma crédibilité en a prit un coup après mettre retrouvé en ainsi mauvaise posture, dit-il en montrant la baignoire, mais si en plus les gens savent que j'ai été sauvé par Arthur Weasley... c'en est fini pour moi !

Arthur n'avait rien dit durant tout ce temps. Il était poli, après tout. Là, néanmoins, il fut piqué par la dernière phrase.

- Pourquoi vous dites ça en italique ?

- En italique ? Fronça des sourcils le garçon.

- Oui. Ça s'entend à votre intonation. Vous considérez ça honteux d'avoir été sauvé par moi. Alors que vous ne me connaissez même pas !

- Justement. Par un étrange coup du sort, je vous ai vu, et j'ai eu immédiatement accès à toutes vos données : d'où vous venez, ce que vous avez fait, qui vous êtes.

- Alors vous savez que je suis un héros de guerre !

- Oui.

- J'ai été résistant !

- Oui.

- Je...

- Oh et puis merde, le coupa le garçon. Vous êtes gentil. Vous êtes super gentil. Et adorable. Vous êtes un peu le papa bébou du fandom. Pire ! Vous êtes l'équivalent harry potterien de Colm. Et ça va pas du tout ! Vous m'imaginez, moi ? Sauvé par Colm ? Et vous ne voyez toujours pas le problème ?

Non, Arthur ne voyait pas vraiment. Ceci dit, il sentait bien que toute cette situation était difficile à accepter pour le gamin. Il lui fit donc un sourire qui se voulait compréhensif – mais pas compatissant non plus. Il avait comme l'impression qu'il n'aurait pas apprécié.

- C'est vrai que ça ne doit pas être simple.

- Oui, pas du tout même... souffla le gamin.

Celui-ci avait l'air d'aller un peu mieux maintenant que son problème avait été exposé, mais tout de même, ce n'était pas la grande forme. Arthur songea alors qu'il y avait un moyen encore plus efficace de lui remonter le moral, à en juger de ce qu'il avait entendu.

- A vrai dire, si je suis là, c'est parce que j'avais un grand problème. Je pense que la magie a sentit que vous étiez le seul à pouvoir m'aider.

- Vraiment ?

- Vraiment, confirma Arthur, ravi de voir que son changement de sujet fonctionnait.

Il lui exposa alors son problème initial concernant les canards en plastique. À la fin de son récit, le gamin fronçait les sourcils.

- C'est étrange. Oui, vous êtes vieux, trop pour jouer avec ça, mais je ne comprends pas pourquoi tout le monde semblait si surprit ou amusés. Vous auriez bien pu vouloir offrir un canard en plastique à votre enfant, par exemple.

- Mais tout à fait !

- Et puis le magasin devant lequel vous vous êtes retrouvés, cela ne fait aucun sens non plus. C'est un vrai mystère...

Le gamin réfléchit encore quelques secondes, avant de soupirer.

- Je suis désolé, mais je n'ai vraiment aucune piste qui pourrait expliquer des gloussements quant aux canards en plastique. Mais je tiens à vous aider – la réputation du CRACKVRIL est en jeu. Restez donc quelques jours dans mon hôtel. Nous tâcherons de tirer tout cela au clair.

Arthur resta finalement deux jours au Crow Club. Le temps qu'une certaine Nina se charge de leur apporter une réponse quant à leur question...