Petit mot de l'auteure : bon ça parle de canapé car j'ai tiré comme contraintes supplémentaires "l'action se déroule sur un canapé, "pas le verbe Dire", "la phrase C'est impossible"


Jour 30 : Difficulté

Contexte : Post canon


En temps normal, Matthias aimait plutôt bien leur canapé. Ce n'était pas vraiment étonnant ; après tout, ils avaient passé beaucoup de temps à le choisir, Nina et lui. Mais là, lentement et sûrement, il était en train de commencer à le détester. Son bleu canard lui apparaissait déprimant. Son assise, qu'il trouvait d'ordinaire tant confortable, était en train de lui ruiner le dos. Bref, ce canapé se révélait être assez décevant, somme toute. Mais peut-être n'était-ce pas tant la faute du canapé, tâchait-il de relativiser. Peut-être que de passer trois heures assit sans bouger aurait fini par lui causer des douleurs, qu'importe la qualité et la forme du canapé en question.

Et peut-être qu'y être coincé pour faire une activité qu'il détestait n'aidait pas non plus.

- Matthias... soupira Nina à ses côtés. Concentre-toi !

Ce n'était pas la première fois qu'elle le reprenait. Matthias avait le désagréable pressentiment que cela ne serait pas la dernière.

- Je sais..., soupira-t-il à son tour. C'est juste que... je ne suis pas aussi doué que toi !

- C'est n'importe quoi, protesta-t-elle. Tu es intelligent. Tout autant que moi.

- Pas pour les langues, non. Je ne sais pas pourquoi, mais que ce soit pour retenir du vocabulaire ou prononcer les mots de la bonne manière... c'est impossible. J'ai déjà eu toutes les peines du monde à apprendre un peu le kerch. Alors une troisième langue... Ma petite tête n'est pas faite pour autant d'informations.

Il dû avoir un ton décidément bien pitoyable puis que Nina se radoucit.

- Matthias... cela me touche que tu veuilles apprendre le ravkan, vraiment. Mais tu n'es pas obligé.

- Bien sûr que si.

- Je ne veux pas que ça devienne une séance de torture pour toi.

- Ce n'est pas une séance de torture, contesta-t-il avant de se raviser. Enfin, si, ça l'est. Mais c'est important pour moi, d'accord ? Une langue, c'est une partie intégrante de notre culture, de notre cœur, de notre âme. Comment pourrais-je prétendre bien te connaître si je ne comprends même pas la langue dans laquelle tu réfléchis ? Et toi, tu as bien fait l'effort d'apprendre le fjerdan. Bon, d'accord, c'était pour infiltrer nos rangs et pouvoir espionner notre armée pour nous tuer et...

- Tu gâches quelque peu le début de déclaration, là, fit remarquer Nina.

- Oui. Bref. Qu'importe tes motivations initiales, le fait est là : tu connais ma langue. Tu fais l'effort de parler tous les jours dans celle-ci. Ne pas te rendre la pareille me semblerait... injuste. Alors qu'importe mes difficultés, je veux essayer. Même si je doute d'y arriver un jour...

- Tu vas y arriver.

Il y avait tant de conviction dans la voix de Nina que Matthias ne put retenir un petit sourire.

- C'est le moment où tu me sors que tu le sais car tu crois en moi et que je suis capable de tout accomplir, c'est ça ?

- Bien sûr que non. Je le sais car je suis la meilleure professeure du monde. Avec moi, tu ne peux que réussir.

Là, Matthias ne put que laisser échapper un rire franc. Tout d'un coup, le canapé ne lui paraissait plus aussi inconfortable, la séance d'apprentissage plus aussi sinistre. Il ne savait pas si Nina était la meilleure professeure du monde, mais une chose était incontestable : elle était sa préférée.