Petit mot de l'auteure : j'ai terminé de lire deux livres aussi aujourd'hui
Jour 9 : Monotome
Contexte : ua post tome 2
Au bout d'un an et six mois, Matthias était devenu expert dans la préparation de gaufres.
Quand on vivait avec Nina Zenik, c'était le minimum pour espérer une cohabitation heureuse. Outre cette considération, le blond devait bien admettre que leur mode de vie ne lui avait laissé aucun autre choix que de s'améliorer en cuisine. Même si ils restaient en contact avec leurs amis, ils avaient quitté les Dregs et c'étaient trouvés chacun un petit emploi dans la capitale Kerch. Avant de partir travailler, Matthias cuisinait des gaufres pour tous les deux ; il avait toujours été plus matinal que la Grisha, qui se réveillait presque au dernier moment. Ils se séparaient d'un petit baiser, allaient travailler, rentraient le soir en se racontant leurs journées. Ils mangeaient, allaient parfois faire une promenade digestive, le plus souvent restaient à lire ou à s'embrasser. Le lendemain débutait une journée identique.
Quand il croisait Jesper et Wylan, les deux hommes s'inquiétaient : cette existence bien routinière ne le dérangeait pas ? Mais à chaque fois, Matthias répondait par la négative. Oui, comparé à son passé, la vie qu'il menait pouvait sembler monotone. Mais c'était tout ce dont il avait jamais rêvé : une vie tranquille avec sa femme. Et quand la femme en question était Nina Zenik, il ne pouvait pas s'ennuyer.
Ainsi, ce fut avec la même tranquillité d'esprit que d'habitude qu'il fit sa troisième gaufre dans l'assiette ; Nina aurait de quoi faire quand elle se lèverait enfin.
Mais quand la rousse pénétra dans la cuisine, elle ne se rua pas sur les sucreries.
Bizarre. Elle avait certes été malade un peu plus tôt, mais quand même. Nina Zenik ne refusait jamais une gaufre.
- Ca va ? S'inquiéta le fjerdan.
- Moyennement, répondit Nina. Il n'y a que trois gaufres dans cette assiette.
- Cela fait un an que tu manges trois gaufres, ni plus ni moins, fronça des sourcils Matthias.
- C'est vrai. Mais... maintenant, je vais devoir manger pour deux.
Ce fut son grand sourire qui fit comprendre à Matthias qu'elle ne faisait pas un caprice mais essayait de lui faire passer le plus beau des messages : il allait devenir père.
Quand il l'enlaça et qu'il posa sa main sur ce ventre qui n'allait pas tarder à s'arrondir, il se dit que leur vie risquait de devenir moins monotone. Mais pour un bébé, il était prêt à accepter tous les changements qui s'annonceraient.
