Petit mot de l'auteure : il fait beau aujourd'hui


Jour 17 : Je crois en toi

Contexte : UA livre 2


Nina savait qu'elle avait prit un risque en ingurgitant autant de jurda parem.

C'était après tout une drogue des plus puissantes. De nombreux Grisha qui avaient été forcé de la prendre n'avaient jamais pu s'en défaire... ou seulement dans la mort. Pourtant, Nina n'avait pas hésité un seul instant à accueillir la substance en son corps. Ils étaient acculés, les fjerdans prêts à tous les capturer. Elle n'avait pas eu le choix ; les sauver étaient son devoir.

Aujourd'hui encore, elle ne regrettait pas d'avoir fait ce geste désespéré. Elle avait retiré suffisamment de puissance pour permettre à leur équipe de s'enfuir. Néanmoins, elle avait naïvement espéré que le contre-coup ne soit pas si terrible.

Quelle petite idiote présomptueuse...

Au début, il y avait eu le noir. La solitude. Les frissons et la fièvre. Elle s'était retrouvée plongée dans un tourbillon de douleur, sourde au monde extérieur, ses pensées dirigées vers une seule idée ; une autre dose.

Heureusement, Matthias était là. Il ne l'avait pas lâché d'une semelle, lui répétant encore et encore combien il croyait en elle, combien il l'a savait suffisamment forte pour s'en remettre. Sa voix était si déterminée que Nina l'avait cru.

Puis la fièvre était tombée. Les tremblements s'étaient calmés. La douleur était devenue supportable.

En revanche, une chose n'était pas partie : le noir.

Quand elle avait ouvert les yeux après avoir reprit connaissance, elle avait cru que la fièvre l'empêchait de voir dans les caves déjà bien sombres pour des yeux en pleine forme. Puis elle s'était dit que la douleur était la vraie responsable. Néanmoins, alors que les jours passaient et que sa vue ne revenait pas, elle du se rendre compte de l'implacable vérité : le jurda parem lui avait prit ses yeux.

Sa première réaction avait été de pleurer. Comment allait-elle pouvoir affronter la vie, dépourvue de vue ? Ils vivaient dans un monde si dangereux que la moindre faiblesse pouvait devenir mortelle. Quand Kaz allait apprendre ça... il n'hésiterait pas à la jeter dehors. Et même si il ne le faisait pas... elle ne supporterait pas de ne plus voir les beautés de ce monde.

Autant en finir, s'était-elle dit.

Elle s'était alors levée, s'orientant tant bien que mal avec les sons vers la crique. Elle ne s'était arrêtée qu'en percevant les battements de cœur de Matthias. Il resta longtemps près d'elle, sans dire un mot, la laissant briser finalement le silence.

- Quoi ? Tu vas me dire que tout ira bien ?

- Oui. Tu t'en remettra. Je serai là pour m'en assurer.

Nina ne put s'empêcher de lever les yeux au ciel – Matthias parlait peut-être bien, mais ces mots sonnaient faux. Il finirait par se lasser d'elle, de eux, de cette situation sans dessus dessous. Comme pour contrer ses pensées, il s'approcha un peu plus d'elle, jusqu'à prendre sa main.

- Je sais que tu entends les battements de mon cœur. Est-ce que ce sont ceux d'un homme qui compte d'abandonner, à ton avis ?

Elle eu envie de lui dire « oui » par réflexe mais la voix de Matthias était si douce qu'elle se laissa porter. Elle se concentra alors sur son cœur. Celui-ci se faisait l'écho de ses mots : calme, assuré, confiant.

- Je crois en toi, conclu-t-il quand elle termina son petit examen. Alors crois en moi quand je te dis que tout ira bien.

Nina n'était toujours pas sûre que Matthias ait raison. Mais elle eu envie de le croire.

Alors elle recula d'un pas, quitta la crique pour retrouver les bras de son fjerdan.