Petit mot de l'auteure : j'ai commencé ce texte sans savoir où j'allais donc vous jugerez de la qualité du truc


Jour 18 : Voler

Contexte : post livre 2 avec UA sur vous-savez-quelle-fin-injuste


Matthias ne réalisait pas qu'il était sur le point de faire quelque chose d'aussi idiot.

À ses côtés, Wylan répéta pour la cinquantième fois « C'est une mauvaise idée », ce qui ne manqua pas de l'inquiéter encore plus. Wylan avait toujours été la seule personne saine d'esprit dans leur petit groupe improbable – en dehors de lui-même, évidemment. Sa désapprobation ne le rassurait donc pas.

Comme il fallait s'y attendre, Nina était quant à elle absolument déterminée à aller jusqu'au bout.

- Tout va bien se passer, dit-elle avec tant d'enthousiasme qu'elle chantonnait presque. Et puis, pour toutes les fois où Kaz nous en a fait baver, on peut bien se venger un peu.

- Je croyais qu'on faisait ça pour aider Inej ? fronça-t-il les sourcils.

- L'un n'empêche pas l'autre, répondit Nina en ouvrant la porte. Aller, on y va.

Puis, parce que Matthias était complètement foutu, il décida de suivre Nina dans la chambre.

C'était la première fois qu'il rentrait dans l'antre de Kaz Brekker. Il avait toujours imaginé celle-ci pleine de couteaux ou autres armes de tortures, avec la tête tranchée de ses ennemis. Néanmoins, la chambre était... banale. Matthias en aurait été presque déçu si il n'avait pas été aussi stressé. Il fallait dire que s'introduire dans la chambre de Dirtyhands dans son dos n'était pas une idée rassurante.

- Bon... Inej a demandé à ce que nous mettions la paire de gant et la lettre dans le tiroir du bureau, récapitula-t-il. Alors Wylan tu fais le guet au cas où Jesper n'ait pas réussi à retenir assez longtemps Kaz et Nina et moi on place les gants rapidement. Et après on détalle illico presto.

Ses deux amis hochèrent la tête. Nina sorti la fameuse paire de gants et, avec une dextérité acquise du plus grand voleur de tous les temps, força la serrure du tiroir du bureau. Quand celle-ci s'ouvrit, Matthias culpabilisa ; il n'aimait pas ainsi rentrer dans l'intimité des gens. Mais c'était pour la bonne cause... Du moins il l'espérait. De toute manière, son rôle s'arrêtait à placer la paire et à prier Fjerda que le plan d'Inej fonctionne. Quand Nina eut posé les gants, il fit donc un geste pour quitter les lieux mais la grisha resta où elle était.

- Qu'est-ce que tu fais ? demanda-t-il en la voyant farfouiller le bureau.

- Je cherche un objet à voler.

- Les gars... murmura Wylan de derrière la porte.

Focalisé par ce que je vais de dire Nina, Matthias n'en tint pas compte.

- Quoi ?! Manqua-t-il donc de s'étouffer en regardant Nina.

- Tu ne m'as pas entendu quand j'ai dit « pour toutes les fois où Kaz nous en a fait baver, on peut bien se venger un peu » ?

- Et toi tu n'as pas entendu quand je t'ai fait remarquer qu'on était là pour aider Inej ?

- Écoute, Inej veut qu'on place une paire de gants pour lui faire comprendre qu'elle est revenue, et une lettre de sa part pour l'entraîner dans un jeu de piste insensé dans toute la ville qui doit se terminer sur leurs retrouvailles et sa demande en mariage, récapitula Nina. Et moi, je veux lui voler un truc pour lui donner quelques cheveux blancs en dédommagement de tous ceux que lui m'a donné. Je vois pas en quoi ces deux souhaits seraient incompatibles.

- Mais c'est...

- LES GARS ! Redit une nouvelle fois Wylan.

Devant l'urgence de sa voix, Matthias et Nina se tournèrent vers la porte.

- Quoi ?

- Je crois que j'entends des... Oh, salut Kaz ! Comment ça va ?

Là, Matthias n'eut pas besoin de regarder Nina pour savoir qu'elle faisait la même tête que lui. Elles ne firent que blêmirent d'avantage en entendant le ton sec de Kaz :

- Qu'est-ce que tu fais là ?

Peut-être auraient-ils pu s'en sortir si Wylan avait sorti une excuse intelligente comme « quelqu'un est mort » ou « j'avais besoin de ton aide pour tuer mon père ».

Malheureusement, Wylan était Wylan.

- Oh, et bien... je... J'ai toujours été intéressé par la décoration des hôtels particuliers du XIIe siècle et je sais que... ta poignée a une marque de bronze particulièrement rare et...

Matthias décida d'utiliser les dernières secondes de vie qui lui restait avant que Kaz n'entre pour se tourner vers Nina :

- Si on ne meurt pas tous, je te promets de te faire une demande en mariage aussi grandiose que celle qu'a prévu Inej.

La rousse sourit alors et, puisqu'ils étaient de toute façon complètement fichus, éclata de rire.

- Contente toi de me demander. Avec ou sans explosions, je dirai oui.

Ce fut à cet instant que Kaz ouvrit la porte.

- Qui peut me dire ce que vous fichez là et pourquoi vous parlez d'explosions ?