Petit mot de l'auteure : j'ai tiré de la bierre aujourd'hui
Jour 27 : Repas
Contexte : Pas de contexte précis
Nina s'était toujours considérée comme une aventurière.
Après tout, elle était une Grisha. De par sa nature, elle avait été confrontée très tôt au frisson du danger. S'engager dans l'armée n'avait pas aider à calmer sa soif d'aventures. Elle avait en effet parcouru Ravka tout entière, avait connu l'adrénaline du champ de bataille, l'excitation des missions d'infiltration. Très rapidement, son talent pour celles-ci avait été repéré, la conduisant à passer de l'autre côté des frontières ravkannes et à explorer des contrées ennemies. À chaque fois qu'elle se trouvait dans un nouveau territoire, elle restait concentrée sur la mission, mais ne pouvait s'empêcher de s'intéresser à la musique, à l'art, à la culture locale. Cela ne manquait pas d'agacer Zoya qui lui répétait avec fermeté qu'elles étaient des guerrières et non des touristes. Nina ne manquait pas alors de rétorquer qu'elle n'était ni l'un ni l'autre, mais bel et bien une combinaison des deux : elle était une aventurière.
Sa rencontre avec Matthias, leur séparation forcée et l'exil à Ketterdam n'avaient rien fait pour arranger ce trait de sa personnalité. L'infiltration au Palais de Glace encore moins. Plus d'une fois durant cette expédition, Nina était passée à un fil de la mort. Pourtant, elle ne s'était jamais sentie aussi bien. Ce soir là, elle avait compris une bonne fois pour toute que jamais elle ne parviendrait à refuser une aventure.
Là, néanmoins, Nina devait bien admettre qu'elle était moins sûre d'elle.
Elle n'avait jamais ô grand jamais renoncé. Cependant, l'aventure qui s'offrait à elle semblait si périlleuse qu'elle était à deux doigts de le faire. La vue qui s'offrait à elle était si horrible qu'elle en vint à se poser sérieusement la question : devait-elle faire demi-tour ? Elle risquait certes de passer pour une lâche, mais sa vie n'avait-elle pas plus de valeur que sa réputation ?
Allez ma fille, tu as tenu tête à une armée de fjerdan, tu ne vas pas prendre peur maintenant, s'encouragea-t-elle mentalement.
Certes.
Mais toutes les armées du monde n'étaient que menaces insignifiantes face à... à... à ça ? Nina n'était même pas sûre d'arriver à trouver un terme adéquat. Matthias avait dit que cela s'appelait un Pononof. Nina, elle, aurait donné à cette horreur le nom de « désastre de l'enfer ».
Elle jeta un nouveau coup d'oeil au Désastre-de-l'enfer et sentit une nouvelle fois sa résolution vaciller.
Non, elle ne pouvait pas l'affronter.
Tu es une aventurière par tous les Saints ! Explore de nouveaux horizons ! Essaya-t-elle une nouvelle fois de se motiver.
Au final, elle s'avança bel et bien vers la chose, mais pas pour se montrer à la hauteur de sa réputation d'aventurière. Elle ne le fit que pour contenter les beaux yeux de Matthias, qui guettait avec appréhension sa réaction.
- Mmm... dit-elle après quelques secondes. C'est... délicieux.
- Vraiment ?
Le sourire de Matthias était si soulagé que Nina n'eut pas le cœur de lui dire que non, son pololof n'était pas du tout, mais alors pas du tout bon. À croire qu'elle se faisait plus tendre...
Mal lui en prit. Car depuis ce jour, Matthias s'attela à lui préparer chaque semaine de nouvelles pâtisseries fjerdannes – toutes de véritables horreurs pour son fin palais ravkan.
Mais comme il avait l'air heureux... Nina ne pouvait que prendre sur elle.
Et puis, il ne serait pas dit qu'une aventurière comme elle renoncerait. Aussi ardues que soient ses batailles, elle se devait de les mener.
