Petit rappel :
Vol Rouge : Domaine de la Vie, dirigé par la matriarche Alexstrasza, la Lieuse-de-Vie
Vol Noir : Domaine de la Terre et de la Mort, dirigé par la matriarche Maléfique, la Nymphe de la Mort.
Vol Vert : Domaine de la Nature et du Rêve, dirigé par le patriarche Harry, sans épithète.
Vol Bleu : Domaine de la Magie.
Vol de Bronze : Domaine du Temps.
Créatures connues :
Harry Potter : Dragon originel n'ayant pas atteint sa maturité
Luna Lovegood : Elfe du clan Lovegood
Neville Londubat : Dryade du clan Londubat
Aaron : Kitsune, ami d'enfance de Luna, Neville et Harry, trois ans plus âgé.
Blaise Zabini : Jorogumo
Severus Rogue : Vampire
Filius Flitwick : Demi-gobelin
Nymphadora Tonks : Harpie, lignée maîtresse
Maria Delamire : Vampire, princesse de l'essaim de l'Est, dont le lié est Olivier Dubois
Minerva McGonagall : Inconnu, a scellé son héritage
Draco Malefoy : Harpie, lignée maîtresse
Ysera : Premier Aspect du Vol Vert, décédée il y a plusieurs milliers d'année après avoir été corrompue par le Cauchemar. Elle a repris une forme physique et dénuée de corruption en Ombreterre, le royaume des Morts, qu'elle ne peut quitter. Elle continue de Rêver et peut entrer en contact avec les vivants à travers leurs songes.
Eryxia : Dragonne du Vol Noir de l'âge de Harry, fille de Maléfique.
Inspiré de l'univers de World of Warcraft, toutefois, pour les éventuels joueurs et/ou connaisseurs, suite aux nouvelles informations que nous obtenons lors de Dragonflight, je m'en éloigne relativement.
J'ai longuement peiné sur ce chapitre, j'en suis navrée. Les prochains seront plus longs et plus intéressants, je vous le promets!
Chapitre 19 : Secrets
Les jours qui suivirent l'intrusion de Black furent chaotiques.
Harry soupira en regardant fixement le plafond de l'infirmerie. Alité jusqu'au lendemain matin, il n'avait pas d'autre loisir que de réfléchir à tout ce qui se passait, et il devait bien admettre qu'il était inquiet.
Un peu plus tôt dans la journée, en plein match contre les Poufsouffle, les Détraqueurs avaient pénétré l'enceinte de l'école et le dragon avait fait une très mauvaise rencontre. Après une chute qui aurait pu le tuer sans l'intervention des professeurs et du directeur, il avait repris connaissance dans l'antre de Pomfresh, le corps en miettes, tout comme son balai.
Ses amis étaient venus le voir, certains passant après le couvre-feu pour éviter d'être vu en sa compagnie.
Cédric s'était longuement excusé pour l'issue du match, assurant à son protégé qu'il aurait stoppé tout s'il s'était aperçu de l'intrusion des créatures, mais Harry l'avait rassuré. Il n'était pas mauvais joueur, et les brèches de sécurité n'étaient pas de la responsabilité du préfet.
Susan Bones s'était également rendue à son chevet, au plus grand étonnement du dragon. Il se souvenait de la petite rouquine l'ayant défendu l'année dernière, lorsque les rumeurs l'accusaient d'être l'Héritier.
Après avoir rassuré ses amis, il avait raconté la venue de la rouquine à Ron, Neville et Hermione, ses deux camarades masculins avaient ricané en lui disant qu'il avait une nouvelle admiratrice. Hermione les avait engueulés, mais cela n'avait rien changé.
Fred, Georges et Ginny étaient passés aussi. Les jumeaux lui apprirent que leur capitaine essayait de se noyer sous la douche, faisant ricaner le dragon – qui regretta au vu des douleurs que cela lui provoqua. Mais la plus jeune était restée relativement silencieuse. Harry ne pouvait s'empêcher de se sentir mal à l'aise lorsqu'il croisait son regard…
Et lorsqu'Eryxia passa, l'air ennuyé d'être à nouveau dérangée par ses frasques, il lui parla de Ginny. La dragonne perdit son air nonchalant et approuva les inquiétudes du Survivant.
— Je n'ai pas lu son âme, je n'en ai pas encore le pouvoir… dit-elle faiblement, de peur d'être écoutée. Mais son esprit est empreint d'un chaos dangereux. Malgré notre soutien et notre amitié, elle s'est engagée dans la voie de l'autodestruction. Pour l'instant, elle ne semble pas avoir fait de bêtise mais…
— Il faut qu'on fasse encore plus attention à notre petite Ginny, conclut Harry avec un regard sombre.
Eryxia hocha la tête, scellant leur accord sans un mot.
Malgré ses airs revêches et son désaccord manifeste de rejoindre Poudlard, la dragonne du Vol Noir s'était attachée à un certain nombre d'étudiants. Ginny en faisait partie.
Ensuite, ce fut à Luna de lui rendre visite. Harry l'écouta babiller comme à son habitude, un petit sourire aux lèvres. Les Elfes étaient vraiment uniques.
Mais plus il l'écoutait, plus son sentiment de malaise se renforçait. Il rouvrit les yeux et observa son amie avec attention. Depuis quelques jours, quelque chose semblait bizarre, mais il avait mis ça sur le compte de l'enchaînement d'événements…
Quelque chose n'allait pas chez Luna. Et il le voyait maintenant. Depuis combien de temps lui cachait-elle un secret ? Ils n'en avaient aucun envers l'autre, d'habitude.
Mais lorsqu'il lui posa la question, la blondinette se contenta de faire une pause dans son récit, puis elle sourit et fit mine de ne pas comprendre.
Le dragon n'insista pas, mais les deux étudiants savaient qu'il ne laisserait pas les choses telles quelles. Après quelques minutes, Luna soupira et perdit son air éthéré pour devenir plus que sérieuse, renforçant l'inquiétude de son ami à écailles.
— J'ai… eu une vision… avoua la jeune elfe. Je n'en ai aucun souvenir, mais je me suis réveillée en panique et je n'ai pas réussi à retrouver mon calme avant au moins une demi-heure… Et j'ai vu un Fil du Destin. Ces événements sont figés, et je n'arrive pas à m'en rappeler…
— Ah ouais… grommela Harry. Ça, ça pue. Écoute, tu n'es pas responsable de tes visions d'accord Fille de Lune ? Et je t'interdis de t'épuiser à essayer de récupérer des bribes de ta prophétie.
— Je ne peux pas te le promettre, dit Luna sans relever le surnom affectueux de son ami.
— Luna…
— A plus tard, Harry ! dit-elle avec un sourire doux.
Il la regarda s'en aller sans un mot, mais l'esprit tournant à vive allure. Depuis un moment déjà, la jeune elfe subissait des petites visions qui la tracassaient, mettant en scène leur petite bande. Déjà quelques temps plus tôt, ils avaient supposé le futur retour de Lord Voldemort, parmi les vivants. Cette prophétie que Luna avait tissée bien malgré elle concernait-elle le mage noir ?
Blaise, Draco, Théo et Pansy vinrent discrètement après le couvre-feu, utilisant les pouvoirs extrêmement pratiques du démon araignée. Il s'était épuisé à les faire voyager à travers les ombre tous les quatre, mais c'était le moyen le plus sûr pour rendre visite à leur ami sans être vu, ou faire de mauvaise rencontre dans les couloirs.
Harry, dans son état de repos forcé, se concentra sur ses quatre amis Serpentard, et ce qu'il vit lui déplut.
Était-il si aveugle, ou bien les serpents étaient-ils naturellement de bons menteurs ?
Draco, derrière son air faussement hautain et ses remarques taquines, présentait des signes de fatigue de plus en plus marqués. Quelques cernes ornaient ses yeux, et il faisait rouler ses épaules de temps à autre. Son héritage de harpie le faisait souffrir, mais il ne disait rien. Par peur, par honte ? Le dragon l'ignorait. Après tout, même si le riche héritier s'était parfaitement acclimaté au petit groupe et s'était longuement détaché de ses préjugés, il y avait une différence entre accepter ses camarades et être soi-même une créature, alors qu'on lui enseignait depuis toujours à les craindre et à les haïr.
Mais ce qui le heurta le plus fut le regard hanté de Blaise, mais également de Pansy. Seul Théo semblait semblable à d'habitude.
Il ne fallut pas plus de quelques secondes pour additionner deux et deux, et comprendre ce qui tracassait Blaise.
Les Jorogumo de naissance, comme lui, atteignaient leur maturité magique à l'âge de quatorze ans, et il fêterait son anniversaire dans quelques semaines.
Cela signifiait que la chasse allait commencer pour lui. Les Jorogumo ne se nourrissaient que de chair humaine, et devaient chasser de manière plutôt régulière. Si Blaise s'était toujours réfugié derrière son arrogance et ses bravades, la perspective de devoir tuer des humains ne le laissait pas indifférent. Harry se promit de lui parler, en privé.
Mais autant il pouvait comprendre Blaise, autant l'attitude de Pansy le décontenançait. Okay, il n'était pas le meilleur pour comprendre les filles, mais l'étincelle de désespoir qui brillait dans les yeux de son amie n'était pas une hallucination de sa part. Harry fronça les sourcils et s'apprêta à demander ce qui n'allait pas, mais Théo apparut dans son champ de vision, faisant discrètement « non » de la tête.
Harry scruta le visage neutre de son ami, avant d'acquiescer.
Les quatre serpents discutèrent avec le dragon, passant sous silence les problèmes de chacun, mais l'héritier du vol ver se promit d'avoir une discussion sérieuse avec eux, lorsque le moment serait plus propice…
Le lendemain, il reçut une visite qui manqua de le faire s'étouffer avec son verre d'eau. Dissimulée sous des traits indéfinissables pour les sorciers, Harry dévisagea avec une certaine adoration mêlée de crainte sa marraine le toiser sous une forme adolescente.
Lorsqu'elle agita sa baguette, créant une bulle d'intimité autour d'eux, il sut qu'il allait passer un mauvais quart d'heures. Et cela ne manqua pas.
Sandra Blanchécaille était une puissante créature magique, capable de se faire passer pour une élève et berner l'intégralité des sorciers de Poudlard. Et cela, il avait tendance à l'oublier. Il ne voyait en elle que sa figure maternelle, sa marraine, son héroïne qui l'avait sauvé des Dursleys et qui l'avait élevé comme s'il était son sang et sa chair.
Une fois le sermon concernant sa témérité passé, il apprécia l'éteinte d'ourse qu'elle lui offrit. Parfois, cela faisait du bien de se reposer sur ses parents…
Après tout, il n'était qu'un enfant, avec des problèmes qui dépassaient largement la norme pour son âge. Et Sandra apparaissait toujours pour apaiser son cœur et soulager le poids qui pesait douloureusement sur ses épaules.
— Donc, tes amis Serpentards ont des secrets ? répéta-t-elle avec douceur en caressant sa main de son pouce.
— Je ne sais pas comment aborder le sujet avec eux, sans être maladroit, avoue Harry en se grattant nerveusement la nuque. Mais Théo m'a empêché de poser la question la dernière fois.
— N'oublie pas que le milieu des Sang-Purs est impitoyable, Corazon, rappela doucement Sandra.
— Je sais marraine… dit-il avec un léger sourire amer.
— Ysera t'a attesté de leur sincérité, lui dit Sandra avec un petit sourire. Je sais que c'est dur mon dragonnet, mais tu dois leur faire confiance et apprendre à tolérer les secrets des autres. Penses-tu que ces secrets pourraient atteindre à ta vie ?
— Non ! s'insurgea Harry en se relevant d'un coup.
— Alors, laisse-leur le temps. Rappelle-toi l'angoisse que tu ressentais à l'idée de partager le tien. Mais rassure-toi mon cœur, j'enquêterai de mon côté. S'il s'agit de quelque chose de mauvais, je te le dirai.
— Merci, marraine…
Sandra se redressa d'un coup, le regard fixé sur la porte de l'infirmerie. Harry comprit en une seconde, et se vautra dans son lit, faisant semblant de dormir, alors que sa marraine se fondait dans le décor, tel un caméléon. Quelques instants plus tard, McGonagall pénétrait dans la pièce. Elle marqua une pause à la hauteur de son élève, scrutant celui qu'elle croyait endormi, puis elle soupira et rejoignit le bureau de Pomfresh sans un mot de plus.
— Alors, c'est elle… murmura Sandra, qui se confondait toujours avec les murs.
— Hmhm…. approuva discrètement Harry.
Sandra ouvrit la bouche et laissa tomber sa langue fourchue, utilisant les réceptacles situés à son extrémité pour goûter l'air et la magie ambiante. Un air surpris apparut brièvement sur son visage, avant qu'elle ne se détende.
— Elle ne représente pas une menace… dit-elle, rassurante. Mais je pense que ce serait un bon exercice pour toi de découvrir quelle est cette créature…
Harry grogna depuis son lit, peu ravi de l'enthousiasme manifeste de sa marraine. Quelques instants plus tard, la Naga l'embrassait sur le front et se volatilisait, définitivement cette fois.
~ H.P ~
Pendant que Harry se trouvait à l'infirmerie, Luna profita de l'agitation scolaire pour disparaître sans éveiller les soupçons de ses amis ou de ses camarades de dortoir. Son excentricité était connue de tous, il ne fut pas bien difficile pour elle de s'éclipser quelques heures, tous les jours, dans le plus grand des secrets.
Au fond, elle se sentait un peu coupable de mentir de la sorte à son dragon protecteur, mais elle ne voulait pas l'inquiéter davantage. Il avait déjà tant à porter sur ses épaules…
— Bonjour mon enfant, salua le professeur lorsqu'elle pénétra dans son bureau. Tu es toujours décidée ?
— Plus que jamais… murmura la jeune Elfe, les yeux plein de détermination.
— Me diras-tu dans ce cas, comment tu as percé mon secret ? demanda la femme plus âgée avec un sourire inquisiteur.
Luna lui répondit du même sourire.
— Un marché est un marché, professeur… Votre sang Elfique est bien trop dilué pour que les autres créatures vous repèrent comme telle… Mais pas pour moi.
— Oh, vraiment ? Qu'est-ce qui m'a trahie ?
— Parce qu'une Elfe peut reconnaître les traces de son peuple, professeur Trelawney. Même en vous faisant passer pour une mystificatrice, cela ne peut nous berner…
La voyante haussa un sourcil surpris, puis son sourire s'élargit.
— Alors, il est de mon devoir de t'apprendre à contrôler tes visions, ma chère… Mais si elles sont aussi violentes que tu me les décris, tu risques fort d'être perturbée par ce que tu pourrais apprendre. La Divination n'est pas un chemin des plus simples, ni des plus sages, à emprunter.
— Je ne veux plus subir mes visions, professeur. Je veux pouvoir les utiliser…
— Prends garde, jeune elfe, la prévint Trelawney. Les Dragons du Temps ne seront pas heureux si tu interviens trop dans le tissage du Destin.
— … Je sais.
Le professeur de Divination regarda la jeune fille pendant quelques secondes sans dire un mot, puis elle inclina la tête en signe d'acceptation.
— Asseyez-vous, miss Lovegood, et prenez une tasse de thé. Nous avons du travail…
