Je ne possède aucun des personnages de la série ou des livres

Ensembles de textes courts et de défis sur The Witcher qui nous plonge dans un moment d'histoire ou dans les pensées des personnages.

Ce texte a été écrit pour la Nuit du FOF sur le thème "Pleuvoir'

En espérant que cela vous plaise

Bonne lecture

PS : Au fait j'ai commencé à faire du tri et à remettre de l'ordre dans mes publications en faisant une sorte de table des matières dans mon profil alors n'hésitez pas à y faire un tour ;)


QUELQUES TEXTES DU LOUP BLANC Tome 2

Nuit pluvieuse

Géralt de Riv s'enfonçait dans les profondeurs de la forêt, ses pas lourds foulant le tapis de feuilles mortes. La journée avait été longue et éprouvante. Un contrat apparemment simple s'était transformé en une lutte acharnée contre une meute de loups-garous particulièrement coriaces. Bien qu'il en soit sorti victorieux, Géralt n'avait pas échappé à quelques blessures : des entailles superficielles sur les bras et trois côtes probablement fêlées, rien de sérieux, mais il avait envie de se poser pour se reposer.

La nuit tombait rapidement, enveloppant la forêt d'un manteau d'obscurité. Géralt savait qu'il devait trouver un endroit pour se reposer. Ses yeux de chat scrutèrent les alentours, repérant une petite clairière à quelques pas. Ce serait suffisant pour la nuit. Avec des gestes lents et mesurés, le sorceleur dessella Ablette, sa fidèle jument, et lui flatta l'encolure.

- Repose-toi, ma belle, murmura-t-il de sa voix rauque. La journée de demain sera longue.

Géralt s'assit lourdement au pied d'un arbre, son dos contre le tronc rugueux. Il ne prit pas la peine d'allumer un feu, préférant rester discret. Ses muscles endoloris protestèrent alors qu'il s'installait aussi confortablement que possible. La fatigue pesait sur ses paupières et pour une fois, le sorceleur ne lutta pas contre le sommeil qui l'envahissait. Ses yeux se fermèrent et bientôt, sa respiration se fit plus profonde et régulière. Même dans son sommeil, ses sens restaient en alerte, prêts à le réveiller au moindre danger, mais ce ne fut pas une menace qui troubla son repos.

Au milieu de la nuit, le ciel s'assombrit davantage. Des nuages lourds et menaçants s'amoncelèrent au-dessus de la forêt. Puis, sans prévenir, il se mit à pleuvoir. Ce n'était pas une pluie douce et bienfaisante, mais une averse glaciale et brutale. Les premières gouttes réveillèrent Géralt en sursaut. En quelques secondes, il était trempé jusqu'aux os, ses cheveux blancs plaqués sur son visage. La pluie s'infiltrait sous son armure, glaçant sa peau déjà meurtrie par les combats de la journée.

- Merde, grommela-t-il, ses yeux dorés balayant les alentours à la recherche d'un abri.

Non loin de là, un chêne majestueux se dressait, ses branches épaisses offrant un semblant de protection contre le déluge. Géralt se leva péniblement, ses blessures se rappelant douloureusement à lui. Il siffla Ablette qui s'ébroua, tout aussi mécontente que son maître d'être ainsi réveillée. Ensemble, homme et monture se dirigèrent vers le grand chêne. Géralt se positionna du côté le moins exposé au vent, Ablette à ses côtés. Le feuillage dense offrait un certain répit, mais ne les protégeait pas totalement. Des gouttes continuaient de s'infiltrer, tombant sur eux à intervalles irréguliers.

Géralt frissonna, ses vêtements trempés collant désagréablement à sa peau. Il passa une main sur son visage, essuyant l'eau qui ruisselait dans ses yeux. La pluie ne semblait pas vouloir s'arrêter, martelant le sol et les feuilles dans un concert assourdissant. Le sorceleur laissa échapper un soupir las. Ce n'était pas la première fois qu'il se retrouvait dans une telle situation et ce ne serait certainement pas la dernière. La vie sur la Voie était rarement confortable, mais c'était la sienne.

Résigné, Géralt s'adossa au tronc du chêne, ses yeux fixés sur l'obscurité au-delà des branches. Il savait qu'il ne retrouverait pas le sommeil cette nuit-là. La pluie, le froid et la douleur lancinante de ses blessures y veilleraient. Alors qu'il regardait les gouttes tomber sans relâche, Géralt ne put s'empêcher de penser à un lit chaud dans une auberge, à une chope de bière et à un bon repas, mais ces luxes étaient devenus rares dans sa vie de sorceleur errant ces derniers temps.

- Quelle nuit de merde, marmonna-t-il à Ablette qui hennit doucement en réponse, comme pour approuver.

Ce fut ainsi, trempé et frigorifié, Géralt de Riv attendit patiemment que l'aube se lève, apportant avec elle l'espoir d'un jour meilleur et avec un peu de chance, un jour plus sec…