Stiles se réveilla avec le levé du soleil. Il observa quelques minutes les fins rayons percés à travers le feuillage des arbres avant de se décider à plier bagage. Il rangea rapidement sa couverture et son matelas dans le coffre de sa Jeep et fourra dans son sac à dos les manuels dont il aurait besoin aujourd'hui en classe.
Mais lorsqu'il s'assit sur le siège conducteur et tourna ses clés de contact, la voiture refusa de démarer. Stiles retenta, encore et encore mais rien y fit, le moteur refusait de s'allumer. Habitué à ce que la voiture fasse des siennes, Stiles ne panique et ouvrit le capot afin de peut-être détecter la raison de la panne sans avoir à appeler une dépanneuse.
Mais même après une demi-heure passée à inspecter chaque pièce une à une, il devint évident pour l'hyperactif qu'il n'allait pas pouvoir résoudre le problème seul. Stiles savait bien qu'un jour, la batterie rencontrerait quelques soucis, mais ce fichu voyant était allumé depuis si longtemps qu'il avait oublié d'emmener sa Jeep faire une révision.
Stiles envoya un message à son meilleur ami pour qu'il ne s'inquiète pas de son retard avant d'appeler un dépanneur. Ce dernier arriva une heure plus tard et en veint aux mêmes conclusions que Stiles, le problème venait de la batterie.
Mais même après plusieurs essais pour démarer la batterie grâce à des cables de démarrage, la Jeep restait obstinément éteinte. Le dépanneur, M. Bassdock, fronça des sourcils.
« Est-ce que la voiture a eu un comportement étrange ces derniers temps ? » demanda-t-il d'un air songeur.
« Comment ça ?
- Et bien, peut-être un voyant allumé ou des systèmes lumineux défecteux ? »
« Oui, les phares éclairent un peu moins fort que d'habitude et les vitres ne baissent plus correctement. J'ai aussi parfois l'impression que le moteur fait un bruit étrange quand je démarre, comme une sorte de sifflement. » précisa Stiles.
« Et une odeur de brûlé, je suppose. » soupira le dépanneur.
« Exactement ! Vous savez ce qu'elle a ?
- Mon p'tit gars, je crois bien que l'alternateur de ta voiture est mort. Il va falloir emmener ta voiture au garage. »
Stiles grimaça. Il pouvait payer un simple dépannage, ça ne dépassait pas la cinquantaine d'euros. Mais changer un alternateur était bien plus coûteux. Il passa une main lasse sur son visage avant de poser la question fatidique.
« Pour combien est-ce que je vais en avoir à votre avis ?
- Je dirai six cents euros au minimum. » déclara le Bassdock après une minute de réflexion.
Stiles remercia l'homme en lui expliquant que son père viendrait chercher la voiture en fin de soirée, pas besoin de la déplacer pour le moment. Il lui paya le déplacement et fut heureux lorsque le dépanneur lui proposa de le ramener en ville. Stiles n'avait pas du tout envie de devoir traverser la forêt à pied.
Bassdock le déposa à quelques rues du lycée et Stiles put enfin rejoindre sa salle de classe avec presque deux heures de retard. Tant pis pour sa douche, il en prendrait une après l'entraînement de crosse ce soir.
Il esquiva ses amis le restant de la journée, sautant même le repas de midi. Stiles n'avait envie de voir personne pour le moment, il devait rélféchir à une solution pour se sortir de ses nouveaux problèmes. L'hyperactif s'en voulut d'avoir rejeté la proposition du dépanneur. Il aurait au moins dû lui demander de rapprocher la voiture de la ville, Stiles aurait bien l'air bête de devoir faire l'aller-retour tous les jours jusqu'au bois maintenant.
En fin d'après-midi, Stiles défoula toute sa colère sur ses coéquipiers lors d'un match d'entraînement. Si bien que le coach Finstock vint le voir à la fin de l'entraînement en lui promettant que s'il continuait sur cette lancée, il serait sur le terrain au prochain match. Mais Stiles ne voulait pas être titulaire, il voulait seulement avoir un lieu où dormir et trouver 600€ pour dépanner sa voiture.
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Ce soir-là en traversant le parking du lycée, Stiles passa à côté de la moto de Scott garée à côté de la Camaro de Derek sans lancer un seul regard à la meute. A dire vrai, ce n'était pas qu'il avait voulu les ignorer, il ne les avait tout simplement pas vu. Non, son regard s'était simplement posé sur une voiture qu'il connaissait bien. Au fond du parking était garée une Mustang blanche dans laquelle il était monté, huit jours plus tôt : la voiture de Peter.
Sans même vérifier qu'il s'agissait bel et bien de la bonne voiture, Stiles en était certain, l'adolescent ouvrit la porte passager et s'installa à côté du loup-garou. Stiles ignorait comment le lycanthrope arrivait à toujours apparaître dans les pires moments de sa vie, mais ce soir-là, il n'allait pas s'en plaindre.
« 20 rue Villers. »
Peter ne dit pas un mot, allumant simplement le contact, entra l'adresse dans le GPS et quitta le parking du lycée. Stiles ne sentait pas le besoin d'expliquer la situation au loup-garou, il semblait déjà être au courant de tout.
Comme la fois précédente, le trajet se fit en silence à la seule différence que cette fois-ci, l'autoradio était éteinte.
Une fois à destination, Stiles descendit rapidement du véhicule, mais hésita avant de refermer la portière.
« Ta proposition, elle tient toujours ? » Stiles avait honte, terriblement honte. Mais il était au fond du gouffre et toute occasion était plus envisageable que d'accpeter l'entretien avec la grand-mère pédophile.
« Bien sûr, ma porte te sera toujours ouverte. » affirma Peter, un sourire carnassier aux lèvres.
Stiles déglutit, il avait l'impression d'être une proie dont le prédateur était certain qu'elle finirait pas venir d'elle-même offrir sa gorge à ses crocs.
« Je … je vais y réfléchir. » Stiles commença à fermer la porte avant de baisser une nouvelle fois la tête. « Et merci pour la course. » Puis il claqua la portière avant de s'enfoncer d'un pas rapide vers le chemin de terre qui le mènerait à sa Jeep.
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Bien qu'ayant dit à Peter qu'il refléchirait à sa proposition, Stiles se retrouva tout de même devant une tasse de thé assis sur le canapé de la vieille dame étrange. Cette dernière semblait ravie qu'il ait accepté un entretien avec elle et l'adolescent n'en revenait toujours pas d'être si désespéré qu'il se rabatait sur cette opportunité.
Stiles n'avait beau avoir que peu, voir aucune, expérience romantique, il réalisa très rapidement que la septuagénaire le draguait éhontément. D'abord installée face à lui, elle s'était levée pour s'asseoir à ses côtés. Et depuis, elle ne faisait que se rapprocher discrètement de quelques centimètres à chaque minute, Stiles fuyant à son tour vers le coin du canapé.
Mais vaint un moment où, acculé contre les coussins, il ne put plus l'esquiver. Mademoiselle Hart, elle n'était pas mariée donc se serait mademoiselle pour Stiles, profita de l'ouverture pour poser sa main sur son genou. L'adolescent en frissonna de dégoût, mais cacha sa grimace dans sa tasse de thé. Il reposa cette dernière bien vite, il venait de se brûler la langue.
« Je comprends mon garçon, je n'ai jamais eu non plus de bon rapport avec mes parents. » lui sourit-elle gentiment alors que Stiles demandait s'il pouvait être payé au noir. « Comme je te l'ai dit au téléphone, je cherche quelqu'un pour vivre avec moi et s'occuper des tâches ménagères. Avec l'âge, je n'arrive plus à m'occuper de cette maison toute seule et la solitude me ronge. »
Stiles hocha de la tête, faisant mine d'être compatissant alors qu'il n'avait en réalité qu'une seule chose en tête, fuir le plus rapidement possible de cette maison.
« Et puis de cette façon, je pourrais te payer quelques bonus si tu travailles bien. » Elle lui fit un clin d'œil en remonta sa main osseuse de son genou jusqu'à l'intérieur de sa cuisse.
Puis, Hart relâcha sa prise pour attraper sa propre tasse et en bu deux petites gorgées. La gorge asséchée par le stress et le malaise, Stiles l'imita malgré la châeur du thé.
La tête lui tournait et ses yeux lui semblaient soudainement lourds. Stiles mit cela sur le compte du stress. Certes, habituellement il devenait une vraie pile électrique lorsqu'il était sous tension. Mais il avait pris deux cachets d'Aderhall avant de venir et puis, il dormait mal ces temps-ci.
« Allez, finis ta tasse pour que je puisse te faire visiter la maison. »
Stiles, qui voulait en finir au plus vite prétexta que la boisson était trop chaude de toute façon et qu'ainsi, elle aurait le temps de refroidir. Il la boirait avant de partir. Mais la dame insista.
« Non, non, non Stiles. Un thé ça se boit chaud pour en profiter pleinement. Et puis, n'as-tu pas hâte de voir ta chambre. »
Le regard de Hart ne quittait plus la tasse, pressant sa main une nouvelle fois sur son genou. Mais cette fois-ci, la prise était ferme, elle n'avait plus rien d'enjôleuse. C'était comme si la vieille femme tenait à s'assurer qu'il ne quitte pas sa place avant d'avoir bu son thé.
Et soudainement, les cours privés de son père sur les relations sexuelles et les agresseurs sexuels lui revint en mémoire. Ils avaient eu cette conversation le jour de ses quinze ans et si à l'époque, Stiles aurait tout fait pour fuir la pièce, il remerciait aujourd'hui le shérif pour son insistance. La tête qui tourne, la somnolence et cette terrible sensation de confusion, Stiles connaissait ces symptômes. « Putain, je viens de me faire droguer au GHB par une mamie. » jura-t-il mentalement en comprenant l'empleur de la situation.
Comme si cette pensée avait agit en déclic sur son instinct de survie. Il empoigna son téléphone dans sa poche et se redressa d'un bond. Stiles chancela, soudainement prit de vertige. La grand-mère se redressa à son tour, sur ses gardes, elle se doutait que quelque chose n'allait pas avec le comportement du garçon.
Stiles aurait voulu lui crier à quel point elle le dégoutait, que son père était le shérif et qu'elle venait de faire la gaffe de sa vie et même lui mettre une giffle, peut-être. Mais à la place, il était tétaniser sur place, son corps refusait d'obéir à son cerveau. Puis tout s'accéléra, Hart attrapa sa main et le garçon retira vivement son bras.
Le geste brusque le fit chanceler en arrière et il se rattrapa de justesse au dossier du canapé. N'ayant qu'une seule idée en tête, Stiles se précipita vers la porte d'entrée afin de fuir. Mais il eut beau abaisser la poignée, la porte ne s'ouvrait pas.
« Putain mais quand est-ce qu'elle a fermé à clé ? »
La grand-mère arrivait à son niveau. Stiles aurait ri de la situation s'il n'était pas aussi terrifié. Un jeune homme de presque 1m80, effrayé par une vieille dame de 72 ans faisant une tête de moins que lui. Mais Stiles n'était pas dans son état normal, son cœur battait la chamade et bon sang, sa tête refusait d'arrêter de tourner. Les vertiges étaient de plus en plus forts.
« J'ai appelé la police ! » cria-t-il dans un dernier espoir pour s'échapper et effectivement, Hart se stoppa en voyant l'écran du téléphonne ou le numéro du 911 était clairement visible.
Le regard noir, elle sortit les clés de sa poche et les lança à l'adolescent. Puis, Hart tourna les talons, retournant s'asseoir sur le canapé en sirotant sa tasse de thé. Hébêté par le comportement de la vieille dame, Stiles ne revint à lui que lorsque la voix d'une opératrice raisonna dans le couloir.
« 911, quelle est votre ur … » Stiles raccrocha précipitamement.
Il dut s'y prendre à deux fois pour trouver la bonne clé et lorsqu'il mit enfin un pied dehors, il ne fut jamais aussi heureux de voir la mustang blanche de Peter. Ce dernier était en train d'en sortir, se tournant immédiatement vers Stiles en entendant la porte d'entrée s'ouvrir.
Sans y réfléchir à deux fois, il se précipita vers le lycanthrope, trébuchant sur ses propres pieds. Stiles se releva difficilement, sa vision était trouble et de petites tâches noires apparaissaient par intermittence dans le coin de sa vision.
Puis, une grande paume attrapa sa main, le tirant vers le haut. Peter passa un bras autour de sa taille et l'aida à marcher droit jusqu'au siège passager.
« Stiles, calme-toi. C'est fini. Et Stiles, respire ! »
Mais Stiles n'y arrivait pas, il était en pleine crise de panique. Sa respiration s'affolait, son cœur battait la chamade et il sentait la sueur froide couler le long de sa nuque. Puis, la grande main chaude attrapa une nouvelle fois la sienne et Stiles ne put plus que penser à ce contact. Son esprit était encore embrouillé, mais une pensée lui parvint au milieu de toute cette douleur qui l'envahissait.
« Embrasse-moi. » Lydia avait bien réussi à le calmer comme ça, non ? Alors pourquoi ça ne fonctionnerait pas avec Peter.
« Quoi ? Tu crois vraiment que c'est le moment pour me déclarer ta flamme ? Franchement parfois j'aimerais savoir ce qu'il se passe dans ta tête. Stiles calme-toi, il faut que tu respires ! » s'affola Peter, clairement conscient que l'état du jeune homme se dégradait. « Et puis merde ! »
Il attrapa le col de Stiles et le tira à lui par dessus le levier de vitesse. Leurs bouches s'entrechoquèrent avec force, leurs dents cognant les unes contre les autres. Stiles gémit. Puis Peter attrapa sa nuque et positionna son visage afin de rendre le baiser plus agréable.
Stiles avait dit ça dans un élan de folie. Il ne pensait pas réellement que Peter le ferait, l'hyperactif était presque certain que s'il s'y attendait, l'embrasser ne fonctionnerait pas. Mais même en ordonnant à Peter de le faire, il ne s'y attendait pas. Sa respiration se coupa nette.
« Inspire. » ordonna le loup.
Stiles prit une profonde goulée d'air avant que ses lèvres ne soient à nouveau prises d'assaut.
« Bien, expire lentement. » Stiles obéit. « Inspire. » Peter l'embrasse. « Expire. »
Le lycanthrope lâcha enfin sa nuque, réalisant que Stiles s'était un peu calmé. La tête lui tournait toujours autant et cette fichue envie de dormir ne voulait pas partir. Mais il n'était plus paniqué.
Là, dans la voiture d'un psychopathe aux nombreuses victimes dans le placard, Stiles se sentait en sécurité.
« Dors, je m'occupe de la suite. » soupira Peter en lui caressant les cheveux.
Stiles soupira de bien être, la douleur s'envolant alors que les veines du loup-garou noicissaient. Ses yeux se fermèrent tout seul, le plongeant dans un sommeil bien mérité.
