Humanité

Chapitre 36 :

La quête du Sangreal

Il fallut un petit moment de marche à William-Léandre, Charles, Carl, Carvin, Valencia, Bedwyr, Erec et Kai pour atteindre la ville de la planète où ils étaient arrivés. Ils en profitèrent pour discuter des précautions à prendre lorsque l'on arrivait sur un monde que l'on ne connaissait pas, du comment faire suivant le pourquoi on venait là. Les quatre jeunes étaient enthousiastes mais aussi très sérieux dans cet apprentissage, pleins de questions très pertinentes. Bien sûr, William-Léandre avait intégré tout ça aux programmes d'apprentissages du château mais le voir sur le terrain était autre chose. Les trois anciens soldats semblaient d'ailleurs très heureux de leur apprendre, leur promettant de leur expliquer tout ce qu'ils voudraient.

Ils arrivèrent finalement, entrant dans une très belle ville médiévale qui ne détonnait pas du tout avec Camelot malgré son style un peu différent. Beaucoup de gens vivaient là mais tout était paisible et joyeux, prouvant qu'on avait une existence calme ici. On les regarda étrangement lorsqu'ils arrivèrent. Ce fut pourtant sans peur, comme on regardait un voyageur inconnu. Ils se laissèrent faire, William-Léandre prenant le temps d'expliquer aux quatre jeunes qu'il valait mieux se laisser observer un peu pour rassurer, leur conseillant de trouver un lieu tel qu'une place si personne ne venait spontanément à leur rencontre ou ne les abordait d'une manière ou d'une autre. Un endroit qu'ils trouvèrent assez rapidement, l'activité d'un marché grouillant autour d'eux et William-Léandre, qui attirait toujours autant les regards, s'avança un peu pour parler :

- Bonjour, salua-t-il avec un doux sourire. Veuillez excuser notre intrusion dans votre ville, nous sommes des voyageurs et nous venons ici pour la première fois.

- Soyez les bienvenus, fit un homme avenant qui se décida à prendre les devants pour les autres. Il est rare que nous ayons des visiteurs étrangers, remarqua-t-il. Vous venez du Grand Anneau j'imagine ?

- En effet, approuva-t-il. Nous sommes ici pour une chose bien précise, peut-être pourrez vous nous aider ?

- De quoi s'agit-il ?

- Nous marchons dans les pas du Roi Arthur et de Merlin, nous recherchons le Sangreal, expliqua-t-il alors qu'on les observait en murmurant.

- Cela faisait des générations que personne n'était venu ici à sa recherche, répondit l'homme un peu surprit sans être hostile. Si vous recherchez le Graal, commencez par lire le parchemin des vertus dans nos archives, poussa-t-il en désignant une grande maison, Il vous préparera aux épreuves. Mais je vous préviens, jamais personne n'est revenu vivant de cette quête. Si vous ne voulez pas y laisser la vie, repartez vite d'où vous venez.

- Merci pour votre attention mais nous sommes du genre aventureux, s'amusa-t-il. Et nous tenons à cette quête. Quel que chose d'aussi précieux vaut les risques pris. Pouvons-nous consulter les archives librement ?

- Je vous en prie, répondit-il.

Ils se dirigèrent donc vers le bâtiment indiqué, William-Léandre toquant avant d'entrer avec les autres, débouchant dans une salle pleine de parchemins et d'ouvrages. Ils refermèrent derrière eux et William appela :

- Bonjour, salua-t-il en sentant une présence, veuillez nous excuser d'arriver de la sorte.

- Oh mais il n'y a pas de mal, répondit un vieil homme apparaissant entre deux étagères. Bonjour voyageurs, salua-t-il avec le sourire en venant vers eux. Je m'appelle Osric. Je suis le gardien des archives, se présenta-t-il.

- C'est un immense plaisir monsieur, fit l'albinos. Je m'appelle William-Léandre Langford, voici Charles Kawalsky, Valencia, Carvin Casey, Bedwyr, Kai, Carl Warren et Erec. Nous sommes en quête du Sangreal.

- Et bien, sourit-il. Cela faisait bien longtemps que personne n'était venu à sa recherche. Des siècles. C'est une entreprise dangereuse.

- Nous le savons, assura-t-il.

- Vous allez mettre vos vies en jeu pour ce trésor dont l'existence est des plus incertaine. Beaucoup avant vous ont disparus dans cette aventure, posa-t-il.

- Le Sangreal n'est pas n'importe quel trésor, s'amusa-t-il. Il est bien normal que tout ait été fait pour que personne ne puisse mettre la main dessus si facilement. Nous sommes déterminés. On nous a dit qu'il serait bon de commencer par jeter un coup d'œil au parchemin des vertus ?

- En effet, dit-il en se dirigeant vers ses bibliothèques pour monter sur un vieil escabeau. La légende raconte que le Sangreal serait caché dans une grotte par delà la forêt. Mais le chemin est extrêmement périlleux. Il y a bien longtemps de cela, la Fée Morgane a lancé une terrifiante malédiction sur la région. Depuis, dit-il en lui passant un long coffret qu'il prit avec délicatesse, nombreux sont les imprudents qui y ont laissé leurs vies.

- Ce ne sera pas notre première malédiction, s'amusa Charles en faisant sourire les siens.

Le vieil homme soupira, redescendant pour reprendre le coffret et le poser sur une table se trouvant là, l'ouvrant. Il en sortit un parchemin qu'il tendit à l'albinos. William le prit délicatement, le déroulant précautionneusement alors que tous venaient voir.

- Voilà, fit l'archiviste. Ce parchemin aurait été écris et laissé par Morgane en personne. Pour guider les chevaliers au cœur pur. Selon la légende, seuls les plus vertueux auraient une chance de trouver le Sangreal.

- Qu'est-il écris ? demanda Valencia.

- « Seuls les cœurs vertueux pourront trouver le trésor caché que les âmes impures ne peuvent que convoiter. Le Sangreal ne pourra appartenir qu'à celui qui prononcera le nom du gardien. », lut William tout en réfléchissant.

- Le nom du gardien ? releva Erec intrigué.

- La légende dit que le Sangreal est protégé par la plus puissante des créatures magiques, expliqua Osric, un dragon, confia-t-il doucement.

Et tous le prirent au sérieux en sachant parfaitement que ça existait grâce à William.

- Will, je sais que votre dernier dragon remonte à quelques années mais vous saurez quoi faire n'est-ce pas ? demanda Carvin. Si ce dragon est bien là.

- Oui, sourit-il tranquillement.

- Vous avez déjà vu un dragon ? s'étonna l'archiviste.

- Oui et j'en ai déjà combattu aussi, répondit-il simplement.

- Vous devez être un très grand chevalier dans ce cas, fit-il avec respect.

- Moi non mais eux oui, s'amusa-t-il en désignant ses camarades.

- Sir William-Léandre est notre magicien, expliqua Valencia en le stupéfiant un peu plus. Il a déjà déjoué des malédictions de Morgane et les sortilèges de Merlin, dit-elle fièrement.

- Vraiment ? Dans ce cas, vous avez peut-être une chance. Aucun magicien n'était jamais venu à ce que je sais.

- Autre chose sur le parchemin Will ? demanda Charles.

- « Prudence, bonté d'âme, générosité, sagesse et foi guideront vos pas tout au long de cette périlleuse aventure. »

- Des qualités de chevaliers, sourit Kai.

- Oui, approuva William. Y-a-t-il d'autres indices ici ?

- Il y a la carte, fit le vieil homme en rangeant ce parchemin pour aller en chercher un autre. Elle indique le chemin à suivre à travers la forêt, dit-il en déroulant le document. Il semble simple mais il est plein de dangers.

Sans hésiter, ils usèrent de leur équipement pour copier la carte, le vieil homme songeant immédiatement qu'il s'agissait de magie, émerveillé.

- Merci pour votre aide Osric, fit William en s'inclinant légèrement.

- Je vous souhaite bonne chance chevaliers, magicien, sourit-il.

Tous le remercièrent et ils repartirent, prenant la direction indiquée par la carte, ressortant de la ville pour aller vers la forêt.

- Je comprend maintenant à quel point il est facile de faire passer de la technologie pour de la magie, nota Valencia.

- Oui, acquiesça William. Et cela est tellement courant que lorsque l'on parle de vrai magie, ceux qui ont la technologie n'y croient plus du tout. Mais les deux existent et se complètent. La magie est très rare. Il faut déjà arriver sur un monde où elle se trouve et ceux qui peuvent l'exercer en dehors de leur monde natal sont rarissimes. La magie est très puissante mais elle est aussi beaucoup plus exigeante que la technologie.

- On ne peut pas tout faire avec ? demanda Kai.

- Ça dépend de la nature de l'être qui l'utilise, répondit-il. Il n'y a pas qu'un seul peuple magique, il y en a beaucoup de différents et la plus part ne sont pas très puissant, limités dans ce qu'ils peuvent faire. Cela et la magie a aussi ses lois. Mais au plus l'être est puissant, au plus il peut faire de choses. Un être comme moi peut faire à peu près tout ce qu'il imagine mais ceux comme moi sont assurément les êtres les plus rares de l'univers. En réalité, chaque communauté magique a ses particularités magiques et ses spécificités, ses limites.

- Où sont vos semblables ? demanda Valencia.

- Je n'en sais rien du tout. Je sais qu'ils existent mais certainement très très loin d'ici dans d'autres galaxies. Il est possible que nous nous croisions si nous voyageons mais ce serait exceptionnel.

- Aimeriez vous les rencontrer ? questionna doucement Bedwyr.

- Oui, j'aimerai beaucoup, sourit-il tristement. Les êtres comme moi sont solitaires et nous sommes fait pour l'être alors cela ne nous dérange pas vraiment. Mais j'avoue que j'aimerai beaucoup partager la compagnie d'un être qui serait comme moi, avoua-t-il. Seulement, cela ne dépend pas de moi mais de puissances encore plus grandes.

Personne n'insista sur le sujet en sentant une certaine tristesse en lui à cette évocation. Il n'était pas difficile de deviner qu'il devait parfois être lourd d'être unique à ce point, sans personne pour totalement comprendre ce que vous étiez vraiment. Ils continuèrent leur chemin, parlant de la quête et de ce qu'ils avaient appris :

- Vous croyez que le Sangreal peut réellement être ici ? demanda Erec. Ou n'est-ce qu'une autre étape de la quête ?

- Cela, nous le saurons lorsque nous serons arrivés au bout, répondit-il. Fait intéressant, ici Morgane semble être une protectrice du Sangreal.

- C'est nouveau ça, nota Charles. Jusque là, elle était présentée comme l'ennemi d'Arthur et de Merlin.

- Morgane a toujours été hostile au roi, nota Valencia. Elle aurait même essayé de le tuer d'après notre histoire.

- C'est vrai et si l'œuvre de Merlin était celle que j'imagine, fit Will, elle a dû être envoyée par les Anciens pour l'arrêter. Seulement, rien ne dit qu'elle l'a fait au sens extrême du terme. Après tout, Morgane savait aussi pour les Oris. S'il s'avère qu'elle protège vraiment le Sangreal, peut-être a-t-elle fait semblant d'arrêter Merlin et les chevaliers ? Si ce n'est à Camelot, tout les autres indices portent bien plus la marque de Morgane que de Merlin ou Arthur. Ils ont été laissé dans des lieux où elle est passée. Peut-être par elle ? Elle aurait fait semblant d'arrêter Merlin pour que les Anciens ne fassent rien, tout en laissant des indices pour retrouver son œuvre.

- C'est possible, approuva Carl. J'imagine qu'on finira par le savoir.

Tous approuvèrent, discutant des possibilités tout en veillant à leur trajet et à ce qu'il se passait autour d'eux. Finalement, ils arrivèrent dans une grande clairière où un spectacle impressionnant les attendait.

- Alors ça, ce n'est pas tout les jours qu'on le voit, dit Carvin.

Devant eux, des gens de toutes sortes étaient comme figés en plein mouvement sur une large zone. Il y avait même des oiseaux en vol restant bien en l'air, pétrifiés eux aussi.

- C'est quoi ça ? fit Charles.

- Et bien essayez de le découvrir, s'amusa William. Mais sans aller plus loin, dit-il en les arrêtant.

Tous se mirent donc à chercher, usant de leurs instruments pour tenter de comprendre :

- Il y a un champ d'énergie, nota Erec.

- Des fluctuations temporelles, comprit Bedwyr en manipulant ses propres outils.

William-Léandre sourit : oui, ces jeunes apprenaient très vite compte tenu d'où ils venaient. Et comme il l'avait senti, ils avaient l'esprit bien assez ouvert pour envisager tout ce qui aurait pu leur sembler impossible encore peu de temps auparavant.

- Alors ils sont coincés dans une sorte de distorsion de temps ? fit Charles. Pas cool.

- C'est ça, approuva l'albinos. Une fois entré dans le champs, le temps passe beaucoup plus lentement pour eux que pour nous. Ceci est la première épreuve, posa-t-il.

- Comment passe-t-on ? demanda Bedwyr. Nos appareils ne détectent pas l'origine, c'est brouillé.

- La source est probablement quelque part dans le champs, répondit William-Léandre. Le meilleur moyen de la protéger est de la mettre dedans et le champs temporel brouille ainsi facilement ce genre de détecteur. Je parie que le générateur de distorsion temporelle est en plein milieu sous terre. Impossible à atteindre et à désactiver simplement.

- Le champs fluctue en énergie, remarqua Valencia en marchant tout du long. Il y a des endroits où c'est moins fort.

- Parce qu'il y a un moyen de passer, fit William. Souvenez vous. Ces épreuves sont là pour protéger quelque chose mais pas pour empêcher absolument quelqu'un de passer, juste pour veiller à ce que n'importe qui ne puisse pas le faire. Malgré tout, la quête du Sangreal a probablement été faîte pour que des chevaliers sans technologie puissent passer. Alors nous devrions pouvoir le faire sans technologie. Surtout qu'une fois dedans, nos instruments seront certainement inefficaces. Des idées ?

S'il avait déjà plusieurs solutions, il les laissa réfléchir au comment s'y prendre. Ils n'étaient pas pressés après tout et c'était un bon moyen pour tous de s'entraîner à ce genre de chose. De leur détecteurs, ils trouvèrent rapidement ce qui avait tout d'une entrée même si c'était impossible à voir et quelques minutes plus tard, Kai ramassait une pierre pour la jeter dans cette direction et vérifier leur théorie. Elle passa sans mal, se figeant bien plus loin à plusieurs pas et tous sourirent, comprenant comment faire.

- Bravo, sourit William. Quelques pierres peuvent en effet vous aider à trouver le chemin dans ce genre de labyrinthe. Des pierres, des jets de sables ou de toute autre chose qui pourrait nous montrer où commence la distorsion temporelle. Allons-y, je passe devant, marchez dans mes pas.

Tous s'exécutèrent et il avança jusqu'à la première pierre figée, en lançant d'autres pour leur montrer comme voir où aller. Une fois le premier croisement passé, il ne le fit plus, marchant avec assurance, sentant parfaitement où aller de ses pouvoirs. Comme prévu, les détecteurs ne donnèrent plus rien à l'intérieur mais le magicien trouva facilement son chemin à travers, les guidant pour rapidement ressortir de l'autre côté.

- C'est quand même plus rapide quand c'est vous, s'amusa Charles.

- C'est sûr mais ça ne veut pas dire que vous ne pouvez pas y arriver par vous même et c'est valable en tout. Le parchemin parlait des vertus à prouver. La première était la prudence qui était évidemment de rigueur ici. Toujours faire preuve de prudence, prendre le temps de réfléchir, quand c'est possible, fit-il en amusant son équipe, ne sera jamais une perte de temps et cela pourra vous sauvez.

Ils reprirent leur chemin en discutant de cette épreuve, consultant leur carte pour s'assurer d'aller au bon endroit. Ils s'enfoncèrent à nouveau en forêt jusqu'à trouver un petit espace dégagé au centre duquel un coffre de bois se trouvait, semblant être là depuis longtemps. Si William sentit le piège de loin, il laissa tout le monde avancer pour voir. Immanquablement, dés qu'ils furent près de l'objet, un champs de force se leva pour les enfermer, faisant sursauter les autres.

- Qu'est-ce que c'est ? demanda Carl.

- Un champs de force, répondit Kai qui analysait déjà de ses détecteurs.

William-Léandre sourit en voyant que les quatre jeunes avaient déjà réagis pour voir ce que c'était. Décidément, ils apprenaient très vite et c'était très bien.

- En effet. Deuxième épreuve de toute évidence, posa-t-il. Nous allons rester enfermés jusqu'à trouver la solution là encore.

- Vous savez déjà n'est-ce pas ? soupira Carvin.

- Bien sûr et vous devinerez aussi, assura-t-il. Ce ne sera pas le cas partout mais ici, vous pouvez laisser de côté vos instruments et tenter comme tenterait n'importe quel chevalier qui n'aurait pas de technologie. Il est d'ailleurs amusant de voir que ceux qui ont une technologie avancée ont tendance à être perdu dans ce genre d'épreuves. Mais vous êtes loin de ça alors réfléchissez. La réponse est déjà là. Il suffit de suivre la quête.

- La première épreuve testait une vertu du parchemin, nota Charles. Alors il est probable que les autres testent d'autres vertu et ce serait logique pour finalement trouver le chevalier au cœur pur digne du Sangreal.

- Il reste dans l'ordre : la générosité, la bonté d'âme, la sagesse et la foi, remarqua Erec. Si ça continue dans l'ordre ce serait la générosité ? supposa-t-il.

- Il n'y a qu'à essayer, fit Valencia. S'il s'agit de générosité, il suffit de donner quelque chose.

Tous suivirent, se disant que ça tenait la route et qu'ils ne perdaient rien à essayer. Ils se regroupèrent autour du coffre qu'ils trouvèrent vide en l'ouvrant, déposant chacun un objet à l'intérieur. Immédiatement après la fermeture du coffre, le champs de force tomba, les faisant sourire.

- Vous voyez que ce n'est pas difficile lorsque l'on a l'âme adéquat, sourit William. C'est exactement ça. Continuons.

Heureux et fiers d'eux, ils reprirent leur chemin en discutant, se demandant ce qu'ils allaient trouver ensuite, estimant qu'il restait trois épreuves si on suivait la logique. Et si cela continuait dans l'ordre, la bonté d'âme venait ensuite et avec ça, William-Léandre n'avait aucun doute, tous ici en étant largement dotés. Après un moment de marche paisible, ils atteignirent une plaine qu'ils traversèrent pour atteindre une montagne se dressant là, seule. Il fallut crapahuter encore un peu mais ils découvrirent finalement l'entrée d'une grotte qui semblait être celle de la carte.

- Osric a dit que le Sangreal était caché dans une grotte, releva Carvin. C'est sûrement là.

- La carte est un peu approximative mais nous n'avons pas vu d'autres entrées, remarqua Carl.

- Il n'y a qu'un seul moyen de le savoir, répondit William-Léandre.

Il entra le premier, vigilant. Oui il profitait de cette quête pour montrer aux jeunes comment ça se passait mais il n'était toujours pas prêt à mettre les siens en danger, protecteur. Cela, tous le comprirent en le voyant prendre la tête ainsi, touchés. Ils lui emboîtèrent le pas, se retrouvant dans de sombres galeries, activant leurs lampes. Elles se présentaient sous la forme de petites sphères de cristal faîte pour léviter près de leur propriétaire et le suivre, la luminosité et le type de lumière variable au choix. Ainsi, on pouvait simplement avoir un éclairage mais aussi modifier sa couleur au besoin, obtenir des infrarouges ou des ultraviolets si on le voulait. Les sept chevaliers avaient tous pris soin de s'en doter, les activant, l'air de s'amuser avec leur équipement. Ils avancèrent prudemment, remarquant que leurs détecteurs étaient une fois de plus brouillés ici. William supposa que c'était une protection de Morgane pour protéger un peu plus la chose. Ils s'enfoncèrent un peu dans la montagne sans voir grand-chose. Cela, jusqu'à trouver une sorte de petite salle sur le mur de laquelle une inscription Ancienne était gravée. Là encore, William-Léandre laissa les autres sortir leurs traducteurs pour essayer par eux même :

- « Choisissez le chemin de la justice et de la vérité. » lut Bedwyr. Une sorte de devinette ?

- Sûrement mais comment savoir lequel est le bon ? demanda Kai en regardant les galeries alentour. Bien des chemins sont ceux de la justice et de la vérité, remarqua-t-il en faisant sourire les terriens par sa sagesse spontanée.

- Si on le prend au pied de la lettre c'est vrai, approuva Charles. Et relier cette phrase à une direction… Avec tout ce que j'ai appris avec vous Will, je pourrai citer des exemples qui collent avec chaque direction.

- C'est vrai, acquiesça-t-il. Mais il y a forcément une solution, fit-il mystérieusement.

Tous réfléchirent, sachant qu'il allait les laisser chercher et trouver, cette exploration se transformant en leçon précieuse pour eux. Ils discutaient de la chose quand des pleurs d'enfants se firent entendre, les figeant, tous se tournant dans la direction du son.

- C'est un enfant, remarqua Erec. Peut-être s'est-il perdu ?

- Et comment serait-il arrivé jusqu'ici ? demanda Carl.

- Cela n'a pas d'importance, il faut aller voir et l'aider, trancha Valencia en se mettant en route dans la direction des sanglots.

Tous suivirent en restant sur leurs gardes, approuvant le fait qu'il fallait tirer ça au clair parce que s'il y avait vraiment un enfant ici, aucun ne pouvait envisager de le laisser là. William-Léandre sourit une fois de plus à cette réaction typique du chevalier allant au secours des faibles. Il les laissa faire, suivant et ils trouvèrent rapidement un petit garçon qui pouvaient venir du village vu ses vêtements. Il s'enfuit à leur vue, apeuré, et ils le suivirent, Valencia tentant de le rassurer en l'appelant et en lui disant qu'ils ne lui voulaient pas de mal. Ils le poursuivirent un moment tout en faisant attention à leur environnement et ils finirent par le trouver au fin fond d'un tunnel, dans une impasse. Seulement, une grille était tombée du plafond, emprisonnant le petit bonhomme pleurant, coincé derrière elle. Il n'y eut besoin d'aucune concertation pour que tous commencent à tenter de relever la grille et tout en même temps, Valencia parlait au petit garçon pour le réconforter, lui assurant qu'ils allaient le sortir de là. L'albinos les regarda faire, très touché par tout ce qu'il se passait, certain qu'avec ou sans lui, avec ou sans technologie, tous auraient réussis ces épreuves, largement dignes de ce qui était testé dans cette quête. Ils s'y mirent tous ensemble et si ce fut difficile, la grille commença à bouger. Un gros effort collectif plus tard, elle remontait dans le plafond, libérant le petit garçon qui sourit avec douceur avant de disparaître. Le fond de l'impasse suivit alors, révélant un autre passage.

- Bonté d'âme, conclut William-Léandre lorsqu'ils le regardèrent à nouveau. Un très beau chemin de justice et de vérité.

Ils sourirent, s'engageant dans le passage. Ce fut ensuite un nouveau cul de sac qui les accueillit, là encore doté d'une inscription Ancienne.

- « Je préserve les biens, permet d'entrer ou empêche de sortir moi même prisonnière d'une chaîne que je ne peux ouvrir. » traduit Kai.

Et immédiatement, toute la grotte se mit à trembler, les alertant et si William-Léandre sentit que c'était une illusion et qu'il n'y avait pas de danger, il entra dans le jeu.

- Je présume qu'il faut faire vite, glissa-t-il.

Tous se mirent alors à réfléchir pour trouver la réponse qui vint vite avec le mot « clef ». Ils en firent la traduction en Ancien avec leurs appareils et aussitôt qu'elle fut donnée, un nouveau chemin s'ouvrit. Ils s'y engouffrèrent en courant, craignant que tout s'effondre sur eux. Ils se retrouvèrent devant une deuxième puis une troisième énigme qu'ils passèrent assez facilement. Dés qu'ils eurent terminé, les tremblements cessèrent et tous reprirent leurs souffles et leurs esprits.

- C'était la sagesse non ? fit Carl. D'habitude c'est calme les trucs de sagesses, s'amusa-t-il en les faisant rire.

- Mais c'est autre chose que de garder l'esprit clair sous tension, posa William.

Ils reprirent leur route pour finalement se retrouver devant un impressionnant mur de flammes et si leur détecteurs indiquaient une chaleur bien plus intense ici, ils n'en sentirent rien, protégés par leur équipement. Ils observèrent les lieux sans trouver aucune indication ou chemin autre et ils se mirent à réfléchir.

- Il ne reste que la foi maintenant, nota Carvin en regardant le mur de feu. Ça veut dire qu'il faut…

- Passer à travers, comprit Kai.

- Alors on y va, fit Valencia. Si c'est bien ça, ça ne nous fera pas le moindre mal et si ce n'est pas ça, on est protégé.

- On est protégé hein ? demanda Bedwyr en se tournant vers l'albinos.

- En théorie mais avec les dispositifs que Morgane a mis ici, je ne peux pas vous le promettre, répondit-il gravement.

Bien sûr qu'ils étaient protégés mais il préférait le garder pour lui et les laisser terminer les épreuves comme de vrais chevaliers. Tous hésitèrent, sauf Valencia qui s'avança pour traverser le mur de flammes et dés qu'elle l'eut fait, il disparut purement et simplement sans lui avoir fait le moindre mal. Elle sourit et ses camarades louèrent son courage, la rendant extrêmement fière. Grâce à cela, ils purent accéder à une nouvelle salle. Un gigantesque puits de vide au centre duquel il y avait une petite plateforme de pierre reliée à eux par un pont. Et là, au centre, il y avait un socle avec une pierre rouge dessus, grosse comme un poing, les fascinant. Derrière lui se tenait un petit obélisque plein de lettres anciennes. Ils s'avancèrent, jetant un coup d'œil un peu anxieux au gigantesque trou sans fond qu'il y avait en dessous. Ce fut dans un silence solennel qu'ils s'assemblèrent autour du socle, observant la petite pierre rutilante qui ne payait pas de mine.

- C'est le Sangreal, sourit Kai presque religieusement.

- Vous avez admirablement traversé les épreuves, félicita William. Bravo.

- C'est fini ? demanda Bedwyr.

- Rien n'est jamais vraiment fini, sourit-il mystérieusement, mais on arrive au bout assurément. Jusque là, tout ce que disait le parchemin était véridique, donc il manque encore quel que chose.

- Le dragon ? supposa Erec en regardant autour de lui. Il devrait être là s'il garde le Sangreal.

- Il est peut-être mort ? proposa Carl. Depuis le temps.

- Je doute qu'il s'agisse d'un vrai dragon mais d'une projection comme le chevalier noir à Camelot, posa William. Ce genre de matérialisation des Anciens peut aussi faire du dégât.

- S'il garde la pierre, il va arriver dés qu'on va y toucher, devina Carvin, comme quand on a activé l'interface à Camelot.

- Assurément, approuva William. Mais ce n'est pas un problème. Vous avez passé les épreuves et j'avais dit que je me chargerai du dragon alors allons-y.

Sa confiance les détendit tous et l'albinos sourit à Valencia.

- Honneur aux dames valeureuses, dit-il en l'amusant.

Ce fut avec révérence qu'elle approcha sa main de la pierre mais lorsqu'elle voulut la prendre, elle passa à travers. Dans l'instant, un grondement tonitruant raisonna et l'entrée de la salle se referma hermétiquement. Il y eut un instant de silence avant que des grognements puissants et peu rassurants ne se fassent entendre. Tous allèrent jeter un coup d'œil au vide autour d'eux, ahuris de voir un immense dragon bipède remonter de la noirceur, battant puissamment de ses ailes. Il cracha un jet de flammes impressionnant et ils se regroupèrent autour du socle, tirant instinctivement épées et pistolets. L'animal mythique vint leur faire face et William-Léandre ouvrit la bouche :

- Ganos Lal ! lança-t-il simplement.

Immédiatement, le dragon disparut dans un petit flash lumineux, laissant les autres pantois. Le magicien se retourna vers eux, souriant :

- « Le Sangreal ne pourra appartenir qu'à celui qui prononcera le nom du gardien. » rappela-t-il.

- Ganos Lal ? interrogea Charles.

- Le nom Ancien de Morgane et puisque c'est elle qui a mis en place tout ceci, c'est elle la gardienne, expliqua-t-il.

- Et moi qui espérait vous voir combattre un dragon, soupira dramatiquement Carvin en les amusant.

Ils rirent, se détendant et se retournant vers la pierre rouge. On tenta de la prendre à nouveau mais elle était toujours intangible. En revanche, un autre système s'activa, provenant de l'obélisque, les téléportant dans un autre lieu. Ce fut dans une grande grotte sommairement décorée façon médiévale qu'ils débouchèrent, les chevaliers un peu surpris par ce changement de décor. Toute une série de torches s'enflamma à leur arrivée, éclairant les lieux.

- Qu'est-ce qu'il s'est passé ? demanda Erec.

- Nous avons été téléportés, répondit Charles.

- Exact mais nous n'avons pas seulement été téléportés, remarqua William-Léandre. Nous avons aussi changé de planète entre temps, dit-il en les stupéfiant. L'obélisque Ancien qui était près de nous s'est activé.

- Pourquoi nous faire changer de planète ? questionna Bedwyr.

- Certainement une autre mesure de prudence, répondit l'albinos, mais sans avoir étudié l'obélisque, impossible de savoir s'il y a eu plus qu'une téléportation. Il y a peut-être eu une analyse aussi. Si le but est de protéger l'œuvre de Merlin comme on le pense ou même autre chose, il est logique de penser qu'un ennemi technologique pourrait tout de même franchir les épreuves. Donc, faire un dernier tri à la fin serait aussi logique pour ne pas laisser passer d'ennemis malgré tout. Mais ce n'est qu'une supposition.

- Il ne semble pas y avoir de danger, remarqua Valencia analysant de ses yeux et de ses détecteurs. Mais il y a de la technologie ici, l'énergie est perceptible.

- Jetons un coup d'œil, poussa Charles.

Ils se séparèrent alors pour explorer la salle qui à priori n'avait rien de particulier. Enfin, jusqu'à ce que l'on trouve ce qui y était caché et que William avait senti dés son arrivée. Aussi, il fut le premier à se retrouver devant le but, stupéfait de découvrir ce qu'il y avait là. Tout au fond, il y avait une cellule de stase Ancienne qui s'illumina lorsqu'il approcha. Cela donnait l'impression d'un bloc de glace dans lequel, debout, un homme semblait emprisonné.

- J'ai trouvé, signala-t-il alors.

Tous le rejoignirent, stupéfait par ce qu'ils virent. William-Léandre prit le temps d'expliquer aux jeunes ce qu'était une cellule de stase tout en les laissant observer et analyser ce qu'il y avait à l'intérieur.

- Les signes de vies sont très faibles, remarqua Bedwyr. Mais il est en vie.

- Oui. Il y a deux raisons à vos mesures, fit l'albinos. Premièrement, en stase, les signes de vies et les constantes vitales sont beaucoup plus faibles. Ensuite, d'après ce que l'on sait, il doit être là depuis plusieurs siècles, plus d'un millénaire et les caissons de stase Anciens sont loin d'être parfaits. Il a dû s'affaiblir avec le temps.

- Qui est-ce ? demanda Kai.

- « Ici dort Myrdhin, Archimage de la table ronde. » lut Carl en traduisant une inscription Ancienne juste à côté.

- C'est Merlin, conclut Willliam en les stupéfiant. Morgane ne l'a pas arrêté, elle a fait semblant mais elle l'a mis en sécurité, protégé et semé des indices pour qu'on puisse le retrouver. Elle a probablement détruis le Sangreal qu'il avait fabriqué pour satisfaire les Anciens mais protégé celui qui pouvait le recréer.

- On pensait qu'il était mort ou qu'il avait refais l'Ascension, remarqua Carvin.

- On n'avait pas pensé à cette solution, remarqua Charles. Mais c'est encore plus logique. Si c'est bien Merlin qui a créé le Sangreal et qu'il s'agit bien d'une arme contre les être élevés, ça aurait quand même été dangereux de la laisser comme ça au bout. Mais si c'est lui, il faut encore le convaincre de donner son secret et il pourrait guider de nouveaux chevaliers qui arriveraient à lui.

- Je pense que c'était le but, approuva William-Léandre. Nous ne pourrons en être sûr qu'en lui posant la question.

- Peut-on le sortir de là ? demanda Erec.

- Nous allons le faire mais au dernier moment, approuva-t-il. Pour ce que j'en sais, il va être en mauvais état en le sortant de là. Il y est depuis trop longtemps. Je vais d'abord prendre tout ce qu'il y a ici puis nous le réveillerons et l'emmènerons sur l'Artakis. Là, je pourrai le soigner complètement. Nous le laisserons reprendre ses esprits puis nous parlerons.

Tous approuvèrent et le regardèrent s'avancer au centre de la pièce. Il usa de sa magie pour rassembler toutes les affaires de Merlin se trouvant là, se disant qu'il voudrait peut-être les avoir, mais surtout pour condenser le système technologique présent et l'emmener avec lui. Il n'y avait pas de base de données ici, juste du matériel de fabrication et un puissant ordinateur. Il emmena le tout qui tint dans une poche, émerveillant ses camarades.

- Ça c'était magique, nota Carl.

- Oui même s'il est possible de faire quelque chose de semblable avec la technologie, expliqua le magicien, en téléportant ou dématérialisant le tout par exemple. Je perçois la présence d'une Porte pas très loin, nous pourrons y aller dés qu'on l'aura réveillé.

On bougea alors, Carvin et Bedwyr se positionnant pour rattraper l'homme. William usa ensuite de sa magie pour ouvrir le caisson et ce qui ressemblait à de la glace disparut, Merlin tombant. Les deux hommes le rattrapèrent. William-Léandre posa une main sur son front pour l'endormir tranquillement, usant de sa magie pour scanner son corps et puiser dans son esprit, souriant largement à tout ce qu'il y trouva. Finalement, il avait raison sur toute la ligne dans ses suppositions. La seule question à laquelle il ne put répondre fut le devenir d'Arthur et de ses chevaliers. Dans l'esprit de Merlin, ils étaient encore en vie et vaillant lorsqu'il s'était endormi donc il ignorait ce qu'il était advenu d'eux. Mais il fut surtout ravi de découvrir la personnalité de l'Ancien, ouvert, tolérant, bienveillant, courageux, intelligent… Aussi, il se décida bien vite, saisissant toute l'ampleur de ce qu'il pourrait apporter, de ce qu'il avait voulu faire. Il infiltra sa magie en lui, restaurant son corps pour s'assurer qu'il puisse vivre bien plus que les quelques heures qui lui restait en l'état, la stase ayant fait du dégât.

- Il ira bien mais il a besoin de repos, sourit-il. Rentrons, il n'y a rien d'autre ici.

Ils acquiescèrent et l'albinos chargea l'Ancien sur son dos pour laisser le champs libre aux chevaliers, le porter plus facile pour lui avec sa magie. Ils ressortirent de la grotte pour trouver une Porte non loin, avec un autre obélisque Ancien. Ils étaient dans un vaste désert. Seulement, un problème se posa lorsque la Porte refusa de s'activer avec sa console ou leurs instruments.

- Cette Porte, ou plutôt sa console, a probablement été modifiée par Morgane, remarqua William-Léandre. Heureusement pour nous…, sourit-il.

Il leva une main vers la Porte et elle s'activa, faisant sourire les siens.

- Mais on aurait pu le faire en reprogrammant la console et l'obélisque aussi, remarqua-t-il. Vous pourrez apprendre à le faire au château au cas où, dit-il en sachant qu'ils n'avaient pas encore abordés ça. Rentrons.

Ils passèrent la Porte pour se retrouver sur l'Artakis stationné juste entre Sreogane et le château de Prasyell. Ils rejoignirent un espace de détente avec une grande baie vitrée donnant sur l'espace et William fit apparaître une sorte de méridienne où il installa Merlin, tous prenant place autour dans d'autres sièges. Il s'assit près de lui, le scrutant, s'assurant de rétablir son corps parfaitement. Ils se mirent ensuite à patienter, tous un peu ahuris d'avoir le vrai Merlin sous les yeux. La petite équipe prit quelque chose à manger et à boire, pressée de voir l'homme se réveiller. Ce qui finit par arriver, captant toute leur attention.

- Il faut lui laisser du temps, fit William-Léandre. Il doit reprendre ses esprits.

Ils approuvèrent, observant avidement sans trop s'approcher pour lui laisser de l'air. Seul William était près de lui, assis dans un fauteuil à ses côtés de manière à lui faire face. Merlin commença à ouvrir les yeux, l'air perdu et confus en regardant autour de lui.

- Moros ? appela finalement William en captant immédiatement son attention. Bonjour, sourit-il doucement. Je m'appelle William-Léandre. Vous êtes en sécurité. Prenez votre temps. Vous venez de sortir d'une stase de mille ans.

Sans surprise, il fut étonné et c'était normal. Il observa les lieux, plus perdu encore.

- Où suis-je ? demanda-t-il finalement.

- Sur mon vaisseau, répondit l'albinos. L'Artakis.

- Que s'est-il passé ?

- C'est une longue histoire, sourit William-Léandre. Voulez-vous boire et manger quelque chose pendant que je vous la raconte ?

Il l'observa comme pour juger s'il pouvait lui faire confiance ou non, acquiesçant finalement. William-Léandre fit donc téléporter un plateau repas ici sur une petite table, le vieil homme se redressant doucement pour s'asseoir. Ce faisant, il repéra les autres, avisant leur allure.

- Des chevaliers ? fit-il avec espoir.

- Oui, approuva le magicien en le sentant touché. Je vous présente Charles Kawalsky, Carl Warren, Carvin Casey, Bedwyr, Kai, Erec et Valencia. Bedwyr, Kai, Erec et Valencia sont tout les quatre originaires de Camelot où l'on perpétue toujours vos histoires et celle d'Arthur et de ses chevaliers.

- C'est un grand honneur de vous rencontrer Sir Merlin, sourit Valencia.

- Tout l'honneur est pour moi, répondit-il solennellement avec émotion. Que sont devenus Arthur et les chevaliers de la table ronde ?

- Nous l'ignorons, répondit William-Léandre.

- Nous espérions que vous pourriez nous le dire, remarqua Erec.

- Lorsque je me suis endormis, ils étaient toujours bien vivants et à mes côtés, sourit-il.

- Je suis sûr que nous finirons par le savoir, assura William-Léandre.

- Comment m'avez-vous trouvé ?

On commença à lui expliquer ce qu'il s'était passé même si William-Léandre ne lui parla pas tout de suite de son assimilation des bibliothèques ou du reste, restant dans la quête du Graal à partir de Camelot. On lui parla de leur théorie à propos de son œuvre et des dessins de Morgane. Et l'homme approuva à tout.

- Vous avez l'esprit très éveillé pour avoir compris tout cela, remarqua-t-il pour William. Vous êtes dans la vérité. Les autres ne pouvaient accepter l'existence du Sangreal et de ce qu'il pouvait faire mais je savais que cela risquerait d'être nécessaire un jour. Morgane l'a compris aussi, comme elle a compris qu'à l'époque, on ne nous aurait pas laisser continuer. Il a donc fallu trouver une solution.

- Cela confirme ce que nous pensions, fit William-Léandre. Sachez que les Oris n'ont toujours pas découvert la Voie Lactée, ce qui s'y trouve ou la survie de votre peuple jusqu'à l'Ascension. Le risque est toujours là mais pour le moment, aucune raison de s'alarmer. Peu de personnes sont au courant du potentiel problème des Oris à ma connaissance et une bonne partie sont ici. Nous avons suivis votre piste dans l'espoir d'en apprendre plus sur vous, votre œuvre et les chevaliers, dans l'intention d'avoir le temps de nous préparer à une éventuelle intrusion Oris ici.

- Je vois. J'ai de nombreuses questions.

- Je m'en doute et je ferai de mon mieux pour y répondre, assura-t-il.

- Vous m'avez dit que mille ans avaient passé mais je doute que les humains aient pu évoluer jusqu'ici en mille ans, dit-il en désignant son vaisseau. C'était une espèce au combien primitive, au tout début de son évolution la dernière fois que je l'ai vu. Mille ans n'auraient pas suffis à en arriver là.

- Et vous avez raison. Ce vaisseau n'a pas été conçu par des humains. Laissez moi vous raconter l'histoire de la galaxie ces derniers millénaires.

Il fit un rapide rappel au sujet de tout, des Goa'uld et du reste, sachant que l'homme savait pour eux, qu'il avait vu tout cela lorsqu'il était un être d'énergie avant de reprendre forme humaine au temps d'Arthur. Il se fit bien plus précis lorsqu'il arriva aux milles dernières années pendant lesquelles il avait dormi. Il expliqua comment ont avait trouvé la Porte sur Terre, ce qu'il s'était passé, leur découverte de la galaxie… Il expliqua qu'ils avaient trouvé Atlantis très récemment même si on n'avait toujours pas de nouvelle de l'expédition. Il fallut un moment pour lui dire tout cela.

- Mais d'après ce que vous me dîtes, ceci n'est pas encore à votre portée, remarqua-t-il pour le vaisseau.

- En effet mais tout les humains n'ont pas choisi le même chemin, s'amusa-t-il en faisant sourire les autres. J'ai une apparence humaine et je suis né sur Terre mais je ne suis pas humain. Je suis autre chose. Je suis un être unique de l'univers même si les humains de la Terre l'ignorent, expliqua-t-il. Mon savoir est grand, comme mes capacités. Lorsque la Porte a été trouvé sur Terre, j'ai été celui qui a compris comment la faire fonctionner et j'ai fait partie du projet dés le début. J'ai appris comme les autres mais j'ai appris beaucoup plus vite et j'ai un esprit, une moralité différente. Je me suis fait énormément d'amis parmi les étoiles et nous avons bâtis beaucoup ensemble.

Il lui expliqua alors grossièrement ce qu'il avait lui même fait comme il aurait pu le faire avec ses amis de Sreogane allant jusqu'à parler de la création de la station, du traité qu'elle abritait et plus récemment, des chevaliers, de leur but et de leurs principes à tous. Le vieil homme en resta pantois, passant un moment à observer la station et le château lorsqu'il le poussa à se retourner vers la baie vitrée pour les voir.

- C'est une œuvre incroyable, répondit-il finalement en les faisant sourire.

- Sir William est incroyable, fit Valencia en les amusant.

- Cela fait beaucoup à assimiler en peu de temps pour vous, remarqua William-Léandre. Nous avons le temps de discuter.

- Il est peu probable que je survive très longtemps après une telle période en stase, posa sombrement Merlin.

- Vous vivrez encore un bon moment, répondit l'albinos. J'ai soigné et régénéré votre corps. Vous allez vivre.

- Merci mais, comment avez vous pu ? demanda-t-il stupéfait.

- Les Altérans sont peut-être encore aujourd'hui l'espèce connue la plus avancée que la Voie Lactée ait connu mais il y a plus évolué que vous, s'amusa-t-il. Ceci est largement dans mes capacités. Vous avez le temps.

Il approuva, se retournant vers la baie vitrée pour observer la nébuleuse, la station et le château, William-Léandre le sentant un peu confus à juste titre. Ils le laissèrent faire, admirant eux aussi leur domaine.