Dossier n°2 : Tête-à-tête (partie 1/6)

Encore debout à quatre heures du matin, ne cédant ni à la fatigue, ni à la paresse, le plus brillant enquêteur d'Athènes travaille avec passion. Un vrai bourreau de travail !

Seiya (acharné) : Tiens ! ... Tiens ! ... Et tiens ! Prends ça !

Le héros de la capitale grecque s'acharne sur sa manette.

Seiya : Voilà ! Après un tel entraînement, je suis invincible, à présent !

Il se lève, va s'habiller et ouvre la porte d'entrée.

Seiya : Tiens ! Il fait tout noir dehors. Mes collègues auraient pu me prévenir qu'on allait avoir une éclipse de soleil !

Il sort et marche en direction de la rue des Escaliers Sans Fin, tout en faisant craquer ses doigts.

Seiya : Cette fois, Kiki, c'est moi qui vais t'infliger une raclée !

En chemin, il constate qu'aucune maison n'est éclairée et que toutes les rues sont désertes.

Seiya : Et pourquoi les lampadaires sont allumés en pleine journée, eux ?

Aucun signe de vie. Seiya commence à s'inquiéter.

Seiya : Tout le monde est mort ou quoi ?!

Il attrape son portable et cherche un nom dans ses contacts.

Seiya : Où il est ? ... Ah, voilà !

Il appelle le petit-fils du Vieux-Maître, mais n'obtient que la voix du répondeur.

Répondeur : Bonjour ! Shiryu ne peut pas vous répondre en ce moment. Veuillez laisser un message après la légende suivante... Il était une fois, dans un petit village reculé et oublié de tous, trois animaux qui vivaient en parfaite harmonie. Tout d'abord, l'ours, grand et costaud, capable d'ouvrir les boîtes de conserve à griffes nues. Ensuite, il y avait le renard, futé et rusé, capable de trouver une anguille dans la flotte du bain. Et enfin, il y avait le lapin, chétif et benêt, capable de se jeter dans un feu rien que pour se réchauffer. Un jour, la discussion philosophique du quatre heures portait sur le thème : "Qu'y a-t-il après la mort ?" Selon l'ours, il y avait le Paradis ou l'Enfer, tout dépend de la façon dont on a vécu. C'est pour entrer au Paradis après sa mort que l'ours a prié avant de dévorer le voyageur mourant quand ce dernier a expiré. Le renard n'était pas du même avis : après la mort, il y avait la réincarnation. C'est pour cela qu'il a fait du bouche-à-bouche au mourant, afin de lui donner une chance de se réincarner en renard lors de sa prochaine vie. L'ours et le renard débattaient sans fin, ne laissant aucune possibilité au lapin de s'exprimer. Alors, le mangeur de carottes décida de se sacrifier pour éviter que ses deux amis ne s'entretuent : il se suicida en se portant le coup du lapin. Ainsi, l'ours et le renard seraient vite fixés : si le lapin se réincarnait, il irait les retrouver ; sinon, cela voudra dire que la réincarnation n'existe pas. Quelques jours plus tard, alors que l'ours et le renard perdaient encore un lapin suicidaire (le 53ème, selon leurs comptes), il se passa une chose vraiment étrange...

Perdant patience, Seiya raccroche.

Seiya : Je vais tenter de joindre Hyoga... Où est-il, dans mes contacts ? ... Ah, ici ! "Hyogaga" !

Ça sonne.

Seiya : Pitié, pas de répondeur, cette fois-ci !

Une voix ensommeillée lui répond enfin.

Hyoga : Allô ?
Seiya (soulagé) : Hyoga ! Quel soulagement ! Tu es encore en vie, toi !
Hyoga : Hein ?!
Seiya : C'est affreux, j'ai cru un moment que toute forme de vie avait disparu ! Mais on est déjà au moins deux à avoir survécu ! Dans le pire des cas, on pourra toujours se reproduire !
Hyoga (râlant) : Mais c'est quoi, ce délire ?! T'as vu l'heure ?!
Seiya : Non pourquoi ?
Hyoga : Regarde !

Seiya consulte sa montre.

Seiya : Quatre heures !
Hyoga : Oui !
Seiya : Ma montre s'est arrêtée ?
Hyoga (grognant) : Non, il est quatre heures ! Du matin, au cas où tu l'aurais pas remarqué !
Seiya : Ah... C'est pour ça qu'il fait si noir dehors !


Quelques heures plus tard, quelques-uns de nos héros sont présents sur leur lieu de travail.

Shiryu : Eh bien Hyoga, ça va pas ? T'as l'air crevé !
Hyoga : Ça, c'est parce qu'un imbécile m'a téléphoné pendant la nuit et qu'après, je n'ai pas réussi à refermer l'oeil !
Shiryu (songeur) : Un imbécile... Tu parles pas de Seiya, par hasard ?
Hyoga : Gagné !
Saori : Et il est ENCORE en retard !
Hyoga : Tant mieux, je veux pas le voir ! Et au fait, c'est quand qu'il arrive, le nouvel enquêteur ? Il est hors de question que je fasse encore équipe avec la bourrique !
Saori : Il doit arriver ce matin.
Shiryu : Il est fiable ?
Saori : Absolument. J'ai grandi avec lui.
Hyoga : Et c'est pas le genre Seiya, j'espère ?
Saori : Je viens de dire que j'ai grandi avec lui ! Tu crois que j'aurais survécu aussi longtemps avec Seiya ?!

Ding ! Dong ! La porte d'entrée vient de s'ouvrir.

Saori : Quelqu'un arrive.
Shiryu : Peut-être notre nouvel équipier ?
Hyoga : En tout cas, j'espère que c'est pas Seiya !

Un visage familier se montre.

Shiryu (étonné) : C'est lui, notre nouveau partenaire ?!
Hyoga : Il a décidé d'abandonner le trafic aérien ?

Jamian les regarde en fronçant les sourcils.

Jamian : De quoi parlez-vous ? Je viens pour signaler la disparition d'un de mes amis.
Shiryu : Oh, désolé ! C'est un mineur ?
Jamian : Non, un voleur.
Shiryu : Je vous demande s'il a moins de 18 ans !
Jamian : Oui ! Mais il ne travaille pas dans une mine.
Shiryu : Comment était-il habillé, au moment de sa disparition ?
Jamian : Habillé ?!
Shiryu : Oui. Il n'était quand même pas à poil !
Jamian : Si, justement.
Shiryu : Arrêtez de vous foutre de nous !

Le président de Jamian Airline sort un album photos de son sac à dos. Dedans, uniquement des photos de corbeaux.

Jamian : Regardez, c'est lui. Il n'est pas à poil, peut-être ?!
Hyoga : Vraiment navré, mais nous ne nous occupons pas des disparitions d'oiseau.
Jamian (choqué) : Mais c'est un être vivant ! Comme vous et moi !
Saori : Désolée, mais c'est ainsi.

Jamian range son album en maugréant.

Jamian : Seiya m'aurait aidé, lui. Vous êtes tous des sans-coeur !

L'éleveur de corbeaux quitte les lieux en colère.

Saori : Vous avez déjà rappelé Seiya ?
Hyoga : Bien sûr.
Saori : Menteur ! Tu ne veux pas le voir. Shiryu ?
Shiryu : Je l'appelle tout de suite.

Il compose le numéro et attend.

Shiryu : Rien que son répondeur. Et le message qu'il a laissé est si fade...

Dring ! Un appel pour nos héros ! Saori décroche.

Saori : Police scientifique de Saori, Athéna Kido j'écoute ! ... Enfin, l'inverse !
Voix : Je ne suis pas au commissariat classique ?
Saori : Non, mais c'est pareil. Votre voix me dit quelque chose... Qui êtes-vous, déjà ?

Silence.

Saori : Allô ?
Voix : Oui ?
Saori : Qui êtes-vous ?
Voix : C'est un appel anonyme.
Saori : Vous avez changé de voix, il me semble...
Voix : Possible !
Saori : Allez, dites-moi votre nom. On le saura, tôt ou tard.
Voix : Non, j'appelle incognito. Et inutile de localiser l'appel, je vais raccrocher dans quelques secondes !
Saori : Vous regardez trop la télé. Personne ne peut localiser un appel téléphonique, voyons !

Saori fait signe à Shiryu et Hyoga de trouver l'origine de l'appel.

Voix : Vous êtes sûre ?
Saori : Oui, absolument !
Voix : Ah, très bien...
Saori : Quelle est la raison de votre appel, monsieur ?
Voix : Eh bien... Euh... J'ai trouvé un corps dans les bois.
Saori : Quand ?
Voix : Ce matin.
Saori : Où ?
Voix : Dans les bois !
Saori : Quand, déjà ?
Voix : Ce ma... Vous n'êtes pas en train d'essayer de gagner du temps ?!
Saori : Pas du tout, monsieur ! Mais je veux savoir dans quel bois.
Voix : Celui qui se trouve à dix minutes à pied de chez moi.
Saori : Bien. Dans ce cas, je vais avoir besoin de votre adresse.
Voix : Vous avez de quoi noter ?
Saori : Oui, allez-y, monsieur.
Voix : Alors, c'est la rue de l'Hippo... Hé !
Saori : Quoi ?
Voix : Vous me prenez pour un crétin, ma parole !
Saori : Mais non, monsieur !
Voix : Et cessez donc de m'appeler "monsieur" !
Saori : Dans ce cas, comment voulez-vous que je vous appelle ?
Voix : Je sais pas... Attendez, je réfléchis...
Shiryu (tout bas) : Ça y est, on a localisé l'appel !
Saori (tout bas) : Allez le cueillir !

Shiryu et Hyoga disparaissent en courant.

Voix : Allô ?
Saori : Oui ?
Voix : Je ne peux pas vous dire mon nom, ni mon prénom.
Saori : Et un surnom ?
Voix : Non plus.
Saori : Un nom raccourci, peut-être ?
Voix : C'est pas un peu risqué, je ne vais pas trop me dévoiler ?
Saori : Si vous le croyez, ne donnez qu'une syllabe !
Voix : Pas bête ! Bon alors, appelez-moi... Jab.
Saori : Jab ?
Jab : Oui.
Saori (amusée) : Incroyable ! Il m'est impossible de deviner votre nom ! Vous êtes trop fort !
Jab : Merci !
Saori : Très bien, Jab. Vous ne voulez pas passer nous voir pour faire une déposition ?
Jab : Non.
Saori : Vous craignez qu'on vous reconnaisse ?
Jab : C'est ça.
Saori : Vous pouvez venir cagoulé.
Jab : Ah oui ?
Saori : Oui Jabu.
Jab : Comment ça, "Jabu" ?!
Saori : Non, j'ai dit "Jab".
Jab : C'est pas vrai !
Saori : Bon. Supposons que je vous ai appelé "Jabu". C'est peut-être pas votre nom !
Jab : Assurément pas. C'est mon prénom !

Saori entend un gros "oups" à l'autre bout du fil.

Jabu : Soit ! Mais mon prénom seul ne suffit pas ! Vous ne connaissez toujours pas mon nom ! Ah ! Ah !
Saori : Bon allez, arrêtons cette comédie. Venez nous faire un petit coucou !
Jabu : Pas question !
Saori : Ce sera de gré ou de force.
Jabu : Vous ne m'attraperez jamais ! Jamais, vous entendez ?!

Driiing !

Jabu : Une minute, on sonne à la porte.
Saori : Je vous en prie...

Jabu ouvre à ses invités et devient tout pâle.

Jabu (ébahi) : Comment vous avez fait pour me trouver aussi vite ?!


Quelques minutes plus tard, Jabu est interrogé au poste.

Saori : Qu'est-ce que tu nous caches encore ?
Jabu : Rien du tout, voyons !
Saori : Avoue tout de suite, avant qu'on appelle Ikki !
Jabu : Ça ne changera rien, j'ai rien fait de mal cette fois-ci !
Saori : Alors, pourquoi voulais-tu rester anonyme ?
Jabu : Parce que la dernière fois que j'ai signalé un mort, on m'a mis en prison pendant deux jours ! Sans compter les pêches d'Ikki...
Saori : Ikki t'a donné des pêches ?!
Jabu : Oui. Mais que ça reste entre nous !

Jabu craint bien évidemment les représailles.

Saori : Bref. La dernière fois, on t'a mis en prison car tu avais dérobé la montre du mort. Tu n'as rien volé au nouveau mort ?
Jabu : Mais non !
Saori : On vérifiera quand même. En attendant, dis-nous où on peut le trouver.
Jabu : Dans le bois Zêta. Il se trouve près de l'intersection des huit routes.
Saori : Des sept routes, tu veux dire.
Jabu : Non, des huit routes ! Le corps y est enterré.
Saori (confuse) : Enterré ?! Donc, tu peux voir à travers la terre ?!
Jabu : Non, j'ai creusé un peu et je suis tombé sur un bras.
Saori : Et pourquoi creusais-tu, dis-moi ?
Jabu (suant) : Eeeeuh...
Saori : Pour planter un noyau de pêche, peut-être ?
Jabu : Euh oui, c'est ça !
Saori : Merci. Tu peux rentrer chez toi.

Soulagé, Jabu n'en demande pas plus et quitte les lieux sans tarder.

Saori (criant) : Hyoga ! Shiryu !

Les deux interpellés se présentent devant leur chef.

Saori : Il y a un corps dans le bois Zêta, près de l'intersection des sept routes. Allez-y.
Shiryu (ravi) : Je peux enfin aller sur le terrain ?!
Saori : Oui. Seiya n'est pas encore là et de toute façon, Hyoga refuse de travailler en équipe avec lui.
Shiryu (sautant de joie) : YOUPI ! C'est le plus beau jour de ma vie !

Ikki, qui les épiait durant une de ses pauses, intervient.

Ikki : Je peux pas aller voir le corps, moi ?
Shiryu : Trop tard, la place est déjà prise !
Ikki : Mais je suis le légiste ! Je dois examiner le corps !
Saori : Tu l'examineras dans ton labo. J'enverrai Ban et Geki pour le ramener.
Ikki : M'en fous, j'y vais quand même !
Saori : Et si Shun te téléphone ici pendant ton absence ?
Ikki : Zut, c'est vrai... Si seulement j'avais pas explosé mon portable sur la tête d'un type qui s'est moqué de la couleur des cheveux de mon frérot ! En plus, je lui ai fait manger les morceaux du téléphone un par un.
Shiryu (motivé) : Allez Hyoga, en route !

MM. Cygnus et Draco prennent leur matériel et s'apprêtent à partir. Mais à ce moment, le carillon de la porte d'entrée se fait de nouveau entendre.

Shiryu : J'ai rien entendu. Allons-y !

Le fan de dragons avance d'un pas pressé vers sa première enquête sur le terrain. Quand soudain, il se heurte à un individu.

Saori : Ah ! Vous voilà enfin !
Hyoga : Qui est-ce ?
Saori : Votre nouveau collègue.

L'inconnu avance et sort petit à petit de l'ombre. Il est habillé d'un drôle de costume et porte un nœud papillon.

Hyoga : On dirait un costume de majordome...

L'étranger possède si peu de cheveux qu'on pourrait aisément les compter sur les doigts d'une seule main.

Shiryu : Il est chauve !
Saori : Messieurs, je vous présente Tatsumi Tokumaru, notre nouvel élément.
Tatsumi (se courbant) : Heureux de vous revoir, Mademoiselle...
Saori (gênée) : Allons, Tatsumi ! Tu n'es plus un majordome, ici !
Tatsumi : Excusez-moi. L'habitude de vous servir...
Saori : En tout cas, vous tombez à pic. Une nouvelle enquête commence à l'instant. Vous devriez accompagner Hyoga sur la scène de crime.
Shiryu (indigné) : Mais et moi ?!
Saori : Toi, tu restes ici et tu analyses les échantillons. Comme d'habitude, quoi !
Shiryu : Mais il n'y a pas encore d'échantillons !
Saori : Ils en ramèneront !
Shiryu : Et je fais quoi moi, pendant ce temps-là ?!
Saori : Tu approfondis le logiciel Résoucrime. Shun a prouvé dernièrement que t'y connaissais pas grand-chose !
Shiryu : Mais... Tu oublies que Tartesoumi...
Tatsumi (grondant) : TATSUMI !
Shiryu : Tatsumi n'est pas en tenue !
Saori : C'est pas grave. Voilà un insigne et un flingue pour lui.

Le chauve s'empare de la plaque mais ne ramasse pas l'arme.

Saori : Prends le pistolet !
Tatsumi : J'ai déjà une arme.

De derrière son dos, il sort un bâton. Un bâton de kendoka en bambou.

Tatsumi : Allez, blondinet, allons sur la scène de crime ! Tu m'expliqueras tout ce que je dois savoir en chemin !

Les deux personnes désignées par Saori s'éloignent.

Shiryu : Vous êtes sûre que c'est un bon enquêteur ?
Saori : T'inquiète pas, il a son diplôme de criminologue.
Shiryu (impressionné) : Wouah ! Majordome, kendoka et criminologue ! S'il conquiert le public, on pourra virer Seiya !
Saori : Ah oui, Seiya... Il ne répond toujours pas ?


Dans le bois Zêta, au croisement des sept routes...

Jabu (apparaissant brièvement) : HUIT !

Des curieux sont déjà sur place quand Hyoga et Tatsumi arrivent.

Hyoga : Circulez, y'a rien à voir ! Circulez !

Les gens s'éloignent peu à peu. Mais une bande de gamins n'obtempère pas.

Hyoga : Ne restez pas là, les enfants.
Un enfant : Pourquoi pas ?
Hyoga (amical) : Ce qui est ici pourrait choquer les enfants sages que vous êtes !
Un autre enfant : Qui a dit qu'on était sages ?

M. Cygnus adopte maintenant un ton plus strict.

Hyoga : C'est la loi. Vous ne pouvez pas rester ici.
Un autre : On s'en fout !
Hyoga : Vous risquez d'aller en prison si vous n'obéissez pas !
Un autre : N'importe quoi ! On est trop jeunes pour aller en prison !
Hyoga : Ne me forcez pas à vous donner une fessée !
Un autre : Essaie un peu ! On est supérieur en nombre !
Hyoga : J'ai une arme !
Un autre : Et nous, on a des frondes ! Menace l'un de nous avec ton jouet et tu vas morfler grave !

La nouvelle recrue arrive en renfort.

Tatsumi (sévère) : Filez d'ici, sales petits morveux !
Un autre : Qu'est-ce qu'il nous veut, le chauve ?!

À ces mots, le visage de Tatsumi s'empourpre. Furieux, il lève son bâton et hurle.

Tatsumi : DÉGAGEZ AVANT QUE JE NE VOUS MANGE TOUT CRU !

Le cri est si puissant qu'il décoiffe tous les enfants. Cela suffit pour les mettre en déroute.

Hyoga : Merci du coup de main, Tatsumi !
Tatsumi (en colère) : Grrrr ! Je déteste les gosses !

Les deux policiers s'approchent du corps.

Hyoga : Tu peux fixer les scellés pendant que moi, je découvre un peu plus le corps ?
Tatsumi : Pourquoi ce serait pas à moi de le faire ?
Hyoga : Si tu veux. La brosse est dans la mallette.
Tatsumi (grognant) : Une brosse ?! Tu te fous de ma coiffure ou quoi ?!
Hyoga (suant) : Mais non ! Prends la brosse pour dégager le corps !
Tatsumi (surpris) : C'est comme ça que vous faites, ici ?! C'est beaucoup trop lent ! Je vais extraire le corps à mains nues.
Hyoga : Non, il faut que le travail soit minutieux.
Tatsumi : T'as un diplôme de criminologie ?
Hyoga : Non, mais j'ai...
Tatsumi : Arrête ! T'es qu'un débutant, quoi ! Laisse faire le pro !

Le kendoka s'approche du corps et attrape le bras que Jabu a mis en évidence en creusant.

Hyoga : Mais mets au moins des gants !
Tatsumi : Pour quoi faire ? J'ai pas froid aux mains !

Le majordome tire sur le bras. Le corps se dégage petit à petit.

Tatsumi : On y est presque ! Mais ça a l'air de coincer.
Hyoga : Vaudrait mieux creuser doucement pour préserver le corps...
Tatsumi : Pas question ! Il suffit de tirer plus fort !

Crac ! Ça y est, le corps est complètement sorti de terre.

Tatsumi (fier) : Et voilà ! Grâce à moi, on a gagné quelques heures !
Hyoga (choqué) : Mais... Regarde ce que t'as fait !

Tatsumi observe le corps attentivement.

Tatsumi : Pas mal, t'as l'œil ! Il manque la tête.
Hyoga : Je t'avais dit d'y aller mollo !
Tatsumi : Arrête de paniquer ! Je vais te la sortir, la tête ! Suffit juste que je trouve les narines ou une oreille pour tirer dessus.

À l'aide d'une lampe de poche, Tatsumi cherche le morceau manquant.

Tatsumi : Bonne nouvelle ! La tête n'est pas là.

Hyoga observe le cou de la victime.

Hyoga : En effet. Elle a été sectionnée.
Tatsumi : Tu vois ? J'ai pas abîmé le corps !

Du bruit provient des buissons.

Tatsumi (outré) : J'y crois pas ! Ils reviennent, ces sales mômes ! Je vais en calmer un ou deux avec mon bâton !
Hyoga : On n'a pas le droit de les frapper !
Tatsumi : Rien à cirer !

Tatsumi va se cacher derrière un arbre, prêt à frapper avec son arme. Hyoga commence à apercevoir le premier enfant de la troupe.

Hyoga (soupirant) : Même pas coiffé... Quelle jeunesse !

Au dernier moment, il remarque le T-shirt rouge. D'instinct, il avertit Tatsumi.

Hyoga : Bouge pas, Tatsumi ! C'est l'un des nôtres !

Presqu'aussitôt, Hyoga regrette profondément son geste et s'en mord les doigts. Il avait une occasion en or de se débarrasser de Seiya ! Ce dernier émerge des buissons.

Seiya : Salut, Hyoga ! À qui tu parles ?

Du coin de l'œil, Seiya remarque un homme à côté de lui et sursaute. À la vue du bâton qu'il lève, prêt à frapper, Seiya dégaine mécaniquement son insigne.

Seiya : Stop ! Police scientifique d'Athènes ! Si tu me frappes, tu vas attrister toute la ville !
Tatsumi : Ah oui ? Pourquoi ça ?
Seiya : Je suis leur idole !
Tatsumi : Pourquoi ?
Seiya (surpris) : Mais d'où tu sors, toi ?! T'as jamais entendu parler du super-héros qui a mis hors d'état de nuire le Chapardeur d'Oreilles ?!
Tatsumi : Non.
Seiya : Mon pauvre, t'es bien le seul !

Hyoga se pince pour se réveiller, mais ça ne marche pas. Ni rêve, ni cauchemar, Seiya est bel et bien là ! Le pauvre amateur de glaçons semble maudit !

Hyoga : Dis Seiya, comment se fait-il que tu sois ici ?
Seiya : Je me promenais. Pourquoi ?
Hyoga (soupirant) : Pour rien...
Seiya : Au fait, c'est qui, le chauve ?

Tatsumi rougit de colère. Avant qu'il ne frappe Seiya, Hyoga lui répond.

Hyoga : Tu rêves ! J'attends d'abord qu'il démolisse Seiya !

Au grand dam du blond, Tatsumi montre son insigne à Seiya.

Tatsumi : Tatsumi Tokumaru, ton nouveau collègue depuis ce matin !
Seiya : Ah bon ! Désolé. Tu peux ranger ton arme, maintenant.

Le portable de Seiya émet maintenant un bip.

Seiya : Ah, enfin, j'ai de nouveau accès à un réseau !

Il consulte son téléphone.

Seiya : Tiens ! On a essayé de me joindre pendant que je me baladais... Un appel de Saori, je m'en fous... Un appel de Shiryu. Je le rappelle tout de suite.

Pendant le rappel, il aperçoit le corps et est frappé de stupeur. L'enquêteur en manque de terrain lui répond.

Shiryu : Ah, Seiya ! ... Allô ? ... ALLÔ !
Seiya (sursautant) : Oh, désolé Shishi. Je viens de tomber sur un corps sans tête !
Shiryu (enjoué) : Super !
Seiya (abasourdi) : Comment ?!
Shiryu : Ça veut dire que je vais pouvoir aller sur le terrain ! Il est où, ce corps providentiel ?
Seiya : "Provi"-comment ?!
Shiryu : Où es-tu ?
Seiya : Dans le bois Zêta.
Shiryu (surpris) : Encore un !
Seiya : Un quoi ?
Shiryu : Un mort ! C'est le second depuis ce matin. On a affaire à un tueur en série ! Où es-tu, exactement ?

La voix de Hyoga lui répond.

Hyoga (criant) : À l'intersection des sept routes !
Jabu (réapparaissant brièvement) : HUIT, J'AI DIT !
Shiryu (dépité) : Oh non... C'est le même corps, en fait...

Le malheureux raccroche.

Hyoga : Puisqu'on a un réseau d'ici, je vais appeler Saori pour lui dire qu'on peut déjà faire transporter le corps.

Le fan de frigos s'éloigne un peu pour téléphoner.

Hyoga (tout bas) : Allô, chef ? ... Est-ce que je peux rentrer ? ... Parce que le boulet est là ! ... Pitié !

Pendant ce temps, Tatsumi a l'occasion de faire plus ample connaissance avec la star nationale.

Seiya : Qui est la victime ?
Tatsumi : Aucune idée. Il n'a pas de papiers d'identité sur lui.
Seiya : Il est trop petit pour être Aioros.
Tatsumi (interloqué) : Pourquoi ce serait Aioros, d'abord ?!
Seiya : Logiquement, c'est lui qui aurait dû gagner le tirage au sort de celui qui allait faire le mort dans cette nouvelle enquête.
Tatsumi : Eh bien, il semblerait que ce ne soit pas lui, le veinard par terre !

Hé ! Qu'est-ce que vous fabriquez ?!

Seiya : Le tirage au sort est sûrement truqué...
Sion : Non ! Je l'ai gagné loyalement, moi !

Mais reprenez votre texte ! Sinon, il n'y aura plus de tirage au sort du tout !

Seiya : Où en était-on ? ... Ah ! ... Pourquoi le corps est-il couvert de terre ?
Tatsumi : On l'avait enterré.
Seiya : Et qui l'a déterré ?
Tatsumi : Moi !
Seiya (outré) : Mais c'est honteux ! Pilleur de tombes, va !
Tatsumi : Ce n'est pas une tombe !
Seiya : T'es sûr ?
Tatsumi : Est-ce que cet endroit ressemble à un cimetière ?!
Seiya : Non, c'est vrai... Et où elle est, la tête ?
Tatsumi : Absente.
Seiya : Ce type n'avait pas de tête ?!
Tatsumi : Il lui manque la tête, oui.
Seiya (ébahi) : Incroyable ! J'avais jamais entendu parler d'une personne qui était née sans tête !
Tatsumi (criant) : Elle a été coupée !
Seiya : Ah bon ! Et la victime n'a pas survécu ?

Le chau... kendoka ! commence à perdre patience.

Tatsumi : Apparemment, non !
Seiya : Tout bien réfléchi, je ne sais pas combien de temps on peut vivre sans tête. Pourquoi il se l'est coupée ? Et où l'a-t-il cachée ?
Tatsumi (las) : À mon avis, il s'agit d'un meurtre !
Seiya : Pas sûr.
Tatsumi (à bout) : Il serait venu s'enterrer tout seul, peut-être ?!
Seiya : Intéressant ! Tu as l'air assez doué, finalement !

Avant que Tatsumi ne commette un meurtre, Hyoga revient vers eux... Allez, Hyoga !

Hyoga : Je peux pas attendre encore quelques secondes ?
Narrateur : Non !

Donc, Hyoga les rejoint avant que Tatsumi ne massacre Seiya.

Hyoga : On va venir enlever le corps.
Seiya : Ah, non ! On en a encore besoin !
Hyoga : Crétin ! On va le confier à Ikki !
Seiya : Ah...
Tatsumi (à Hyoga) : Mais où vous l'avez déniché, ce débile profond ?! Pourquoi il travaille avec nous ?!
Hyoga (à Tatsumi) : Je t'expliquerai plus tard.
Tatsumi (à Hyoga) : Moi en tout cas, je refuse de travailler avec cet idiot !
Seiya (criant) : Hé, les gars ! Venez voir !
Hyoga : S'il nous dérange pour rien, je le tue !
Tatsumi : Non. C'est moi qui le tuerai !

Les deux plus grands admirateurs de Seiya le rejoignent. Ce dernier leur désigne un endroit où la terre a été remuée.

Hyoga (déçu) : Zut...
Seiya : Quoi ?! Je ne vous ai pas fait venir pour rien !
Tatsumi : Justement...

Seiya ne comprend rien. Hyoga et Tatsumi n'ont pas été dérangé pour rien, donc, ils vont l'épargner. M. Cygnus commence à creuser avec une petite pelle.

Hyoga : Vous pensez comme moi à ce que l'on va trouver ?
Seiya : Oui...
Tatsumi : La tête !
Seiya (surpris) : La tête de qui ?!
Tatsumi : De la victime ! Tu pensais à quoi ?!
Seiya : Ben à un trésor, pardi !
Tatsumi (se lamentant) : Bon sang ! Moi qui pensais qu'être le majordome d'une petite fille capricieuse était le pire métier du monde...
Hyoga (creusant) : Des poils !
Tatsumi : J'ai pas l'habitude de tirer sur les cheveux. Essaie de dégager le nez.
Hyoga : Ce ne sont pas des cheveux, ce sont des poils.
Tatsumi : C'est pas une tête, alors ?

Le Verseau creuse davantage et dévoile un corps de corbeau.

Seiya (interloqué) : Qu'est-ce qu'un corbeau faisait sous terre ?!
Hyoga : Il a été tué.
Seiya : Ou il s'est suicidé... Ou il se prenait pour une taupe !
Tatsumi (soupirant) : Ça y est, il recommence...
Seiya : Il faut faire le tour de tous les psys pour animaux de la ville !


Qui démissionnera le premier, Hyoga ou Tatsumi ? Vont-ils retrouver la tête du mort dans l'estomac du corbeau ? Le criminel est-il Cancer ? Shiryu est-il allergique au terrain ?