Dossier n°2 : Tête-à-tête (partie 3/6)
Au cours de l'enquête sur la mort d'un individu encore non identifié, Shiryu a l'immense honneur d'accompagner Seiya au domicile de Maske De More, ancien collectionneur de têtes. Le tatoué et le héros national y découvre une impressionnante collection d'armes de toute sorte, ainsi qu'une tête dissimulée sous un paillasson. Quant au corbeau troué retrouvé mort et enterré, comment en est-il arrivé là ?
Deux heures après l'arrestation de Maske De More, toutes ses armes sont amenés à la police scientifique par corbeaux. Pour limiter les frais, Shiryu et Seiya ont laissé à Maske De More le soin de transporter la tête.
Jamian : Et voilà la facture !
À la vue de celle-ci, Saori manque de s'évanouir.
Saori : Mais c'est horriblement cher !
Jamian : Pas du tout ! Mes corbeaux sont beaucoup moins chers à l'heure que les humains !
Saori : Oui mais ils sont des centaines !
Jamian : Et je n'ai pas ajouté de TVA !
Saori : Allez, sois sympa ! Je te dis qui est mort et tu me fais 50% de réduction !
Jamian : Qu'est-ce que j'y gagne, moi ?
Saori : Tu connaîtras le nom de la victime avant tous les lecteurs !
Jamian : Intéressant... Disons plutôt... 25% de réduction !
Saori : 49% !
Jamian : 30% !
Saori : 48% !
Jamian : 35% !
Saori : 47% !
Jamian : 40% !
Saori : 46% !
Jamian : 45% et c'est mon dernier prix !
Saori : Ok !
Tatsumi (à Saori) : Comme tu négocies bien !
Saori (fière) : Merci !
L'experte cavalière s'approche de Jamian et lui souffle un nom à l'oreille.
Jamian : Et au fait, comment il est mort, Gigar ?
Saori : On ne le sait pas encore.
Jamian : Dans ce cas, pas de réduction supplémentaire !
Tatsumi : Mais qui t'a appris à négocier ?! T'es nulle !
Saori (fâchée) : Quoi ?!
Tatsumi (inquiet) : Non rien ! Mille excuses !
Saori (sévère) : On va faire la pause équitation !
Shiryu : Et ça consiste en quoi ?
Saori : Pour vous, ce n'est qu'une pause ordinaire. Pour Tatsumi, c'est autre chose !
Tatsumi (tremblant) : Non, Mademoiselle ! Pitié !
Seiya et Shiryu partent en pause chacun de leur côté. Ikki, comme d'habitude, s'est absenté à onze heures. Jamian se prépare à retourner dans son nid quand Hyoga l'interpelle.
Hyoga : Attends Jamian ! Il faut que je me rende tu sais où.
Beaucoup profiteraient de la pause de midi pour aller manger. Mais pas Seiya ! Il a une mission importante à accomplir. Serrant fermement sa manette, il se rend dans la rue la plus longue d'Athènes et sonne au n°1.
Seiya (impatient) : Ta dernière heure a sonné, Kiki !
Le chef de ménage de la maison vient lui ouvrir.
Mu : Seiya ! Que me vaut l'honneur de ta visite ?
Seiya : Je viens voir Kiki !
Mu (s'exclamant) : Encore !
Seiya : Et cette fois, ce sera la dernière. Il ne survivra pas psychologiquement à ce qui va lui arriver !
Mu : Je regrette, mais Kiki n'est plus là.
Seiya (étonné) : Ah ? Il va à l'école, maintenant ? Ils ont une assurance anti-Kiki ?
Mu : Non, c'est pas ça. Je me suis débarrassé de ce petit diable !
Seiya : Et où...
Mu (s'énervant) : Le sale gosse ! Quand je me promenais dans les rues, portant la toison d'or tricotée par papa, les gens s'arrêtaient et me regardaient tous, admiratifs.
Seiya : Où est-ce...
Mu : Ce petit monstre voulait que je lui prête la toison, mais je ne voulais pas la souiller ! C'est pour ça que quand j'allais me coucher, je l'enfermais dans un coffre-fort.
Seiya : Oui mais peux-tu...
Mu (en colère) : Et hier matin, quand je me suis levé, j'ai retrouvé MA toison d'or dans la cuvette des wc ! Sacrilège !
Seiya : Sinon, où...
Mu (furieux) : Maudit sois-tu, Kiki ! Je lui ai donné une paire de baffes et il a eu l'air amusé. Il voulait sans doute que je continue pour qu'il me dénonce pour maltraitance, le scélérat !
Seiya : Où il est ?
Mu (sourire sadique) : Alors, je l'ai endormi et enfermé dans un colis exprès, à destination de l'orphelinat ! J'aurais bien voulu voir sa tête quand il s'est réveillé !
Seiya : Quel orphelinat ?
Au même moment, Hyoga vient d'arriver au seuil du n°11 de la même rue. Il sonne et entre chez Camus.
Hyoga : Bonjour, Maître !
Camus : Ah, c'est toi ! Tu es le premier.
Hyoga : Vous attendez encore quelqu'un ?
Camus : Oui, mon meilleur ami. J'ai fait des glaçons. Tu veux goûter ?
Hyoga : Avec plaisir !
Les deux Verseaux se jettent sur un plateau de glaçons.
Camus : Alors, ça va, à la police ?
Hyoga : Mieux ! Saori m'a remplacé par Shiryu pour tenir compagnie Seiya. Et vous, la vente de frigos ?
Camus : Super ! Comme on s'approche de l'été, les ventes explosent !
Ils continuent à se régaler avec les glaçons.
Camus : Ça ne te coûte pas trop cher de venir chez moi si souvent ?
Hyoga : Ne vous inquiétez pas, j'ai pris un abonnement. Et puis, ma maman était riche.
Driiing ! On sonne à la porte.
Camus : Ah ! Ça doit être lui.
Hyoga : Il est aussi fabricant de frigos ?
Camus : Non. Mais il est aussi spécialisé dans un domaine très rare.
Le second invité de Camus les rejoint. Hyoga remarque immédiatement le grand ongle pointu du nouvel arrivant.
Milo : Salut !
Camus : Hyoga, je te présente Milo, mon voisin trois maisons plus bas. Milo, je te présente Hyoga.
Milo : Voilà donc le fameux disciple !
En voyant l'ongle de Milo, Hyoga préfère éviter de lui serrer la main.
Hyoga : Enchanté. Quel est votre travail, exactement ?
Milo : Exploseur de ballons gonflables !
Hyoga (interloqué) : Pardon ?!
Milo : Mais non ! C'est perforateur-agrafeur !
Hyoga (sceptique) : Vraiment ?!
Milo montre son index droit à Hyoga de plus près.
Milo : Tu veux que je te fasse une démonstration ?
Hyoga (suant) : Non merci, je vous crois sur parole !
Camus : J'ai demandé à Milo de te perforer les photocopies de mes cours à l'Université du Frigo. Est-ce que c'est fait ?
Milo : Oui euh... Pas tout à fait. Mais il pourra venir les chercher ce soir chez moi !
Hyoga : Il ne peut pas les perforer ici ?
Milo : Trop tard, les feuilles sont déjà chez moi.
Camus : T'inquiète pas Hyoga, il ne mord pas !
Hyoga (fixant l'ongle de Milo) : Sans doute. C'est d'ailleurs pas à ce que je pensais...
Camus : Allez, on va passer à table.
Hyoga : Il y a quoi, au menu ?
Camus : Des plats froids.
Hyoga (content) : Super !
Milo : Et mon plat ?
Camus : Il est dans le four. Tu peux aller le retirer, s'il te plaît ? Je n'arrive toujours pas à l'approcher sans transpirer comme un pingouin dans un désert !
Milo disparaît dans la cuisine et revient quelques instants plus tard avec un gros plat fumant.
Hyoga : Qu'est-ce que c'est ?
Milo : Du cygne de Sibérie ! Un régal ! Tu veux goûter ?
Hyoga (grimaçant) : Non merci...
Milo : Avant de manger, je vais régler le chauffage.
Camus : Bonne idée ! Moi aussi, j'ai un peu chaud.
Milo : En fait, moi, j'ai un peu froid.
Camus : Encore ! T'es toujours aussi frileux !
Milo : Mais il fait froid, ici !
Camus : Non, c'est plutôt le contraire !
Milo : Tiens, Hyoga, tu vas nous départager. Qu'en penses-tu, toi ?
Hyoga : Maître Camus a raison, il fait un peu chaud.
Milo (soupirant) : Vous n'êtes vraiment pas normaux...
Le Scorpion saisit sa fourchette de sa main gauche et découpe son repas avec son ongle.
Début d'après-midi. Le travail a repris à la police scientifique. Geki et Ban se présentent devant Saori avec des objets emballés dans des sacs en plastique.
Saori : Qu'est-ce que c'est ?
Geki : Quand on est allés chercher le corps, on a remarqué un autre endroit où la terre était retournée. On n'a pas eu le temps de nous en occuper à ce moment-là, alors on y est retournés pendant le temps de midi.
Le patron examine les objets.
Saori : Des bottes pleines de terre. Et une pelle terreuse.
Geki : Nous pensons que ça appartenait à celui qui a enseveli le corps. N'est-ce pas, Ban ?
L'intéressé reste immobile.
Saori : Il est devenu sourd-muet ?
Geki : Non, c'est à cause du contrat qu'il a signé pour la fanfic. Il n'a pas le droit de s'exprimer plus d'une fois tous les douze chapitres, quelle que soit la forme : verbalement, par écrit, avec des gestes... Ban compte évidemment garder son unique réplique pour une grande occasion !
[Note de l'auteur : Dans le volume 10 du manga, Ban s'exclame : "Super ! Ma première ligne de texte !" Voilà pourquoi je le limite au niveau de l'expression.]
La cavalière fait maintenant venir ses quatre enquêteurs.
Saori : Deux personnes doivent interroger le suspect. Qui est volontaire ?
Seiya (sautillant) : Moi ! Moi ! Moi !
Saori (regardant ailleurs) : Qui d'autre ?
Silence. Personne ne veut approcher Maske De More.
Saori : Eh bien ?!
Shiryu : Pas question de me retrouver encore une fois tout près de ce déséquilibré !
Saori (mécontente) : Puisque je suis entourée de froussards, je vais envoyer Ban et Geki !
Geki : Minute ! On n'est pas des enquêteurs, nous !
Saori : Aucune importance !
Geki : Oui mais Ban ne pourra pas parler. Venez avec moi !
Saori : C'est que...
Geki : Allez ! Ne me dites pas que vous avez peur !
Saori : Pas du tout !
Geki : Alors, allons-y !
Le duo part rejoindre le suspect dans la salle d'interrogatoire. Le reste de la troupe les observera à travers le miroir sans tain.
Shiryu : Pauvre Geki ! Saori aurait dû le prévenir qu'il risquait sa vie !
Tatsumi : Elle s'en fout, elle est impitoyable.
Seiya : Comment tu pourrais le savoir ? T'es ici que depuis ce matin !
Tatsumi : J'ai grandi avec elle, j'étais son majordome. Son esclave. Son larbin. Les pires années de ma vie. Et ça recommence...
Hyoga : Pourquoi ? Qu'est-ce qu'elle t'a fait durant le temps de midi ?
Tatsumi : Un supplice...
Ban : ...
Seiya : Qu'y a-t-il, Ban ? Tu veux dire quelque chose ?
Aucune réponse.
Tatsumi : Saori ne mérite qu'une chose : perdre tout son argent !
Shiryu : À ce que j'ai entendu, elle est si riche que ça risque pas d'arriver de sitôt.
Tatsumi : Sauf si cet endroit fait faillite.
Hyoga : Comment ça ?!
Tatsumi (sursautant) : Non, j'ai rien dit !
Seiya : Trop tard. Allez, parle !
Tatsumi (suant) : Je déconnais, en fait !
Shiryu : Dis-nous tout, ou on dit à Saori que tu nous as tout dit !
Le visage, le front et le crâne du chauve se couvrent de plus en plus de sueur.
Tatsumi (soupirant) : Très bien... Le grand-père de Saori est milliardaire et sa démoniaque petite-fille en a toujours profité. Le vieux a fini par en avoir ras-le-bol et a donné un ultimatum à Saori : elle devrait faire prospérer une agence de police pendant un an ou bien le vieux Kido lui couperait les vivres. Pour cela, il lui fournit les fonds nécessaires. Mais pas la main-d'œuvre. Sauf dans mon cas car M. Kido en avait marre que je fasse peur aux enfants de ses invités. Ce qui n'est même pas vrai, il devient gaga ! Voilà. Mais ne dites surtout pas au chef que j'ai cafté ! Les morsures de sa cravache me démangent encore !
Shiryu (songeur) : Tout cela est fort intéressant... On pourra peut-être faire chanter Saori !
Seiya (paniqué) : Hé mais t'es fou ?! Tu veux que tout s'écroule ou quoi ?!
Hyoga : Silence ! Le chef et Geki viennent d'entrer !
En effet, Saori a fini par trouver le chemin. Depuis le passage de Saga dans leurs locaux, les couloirs ressemblent à des labyrinthes. Geki et Saori prennent place en face de Maske De More. Ce dernier a les mains menottées et une autre paire de menottes retient sa jambe à un pied de la table. Shiryu avait proposé de lui mettre aussi une muselière, mais son chef a refusé. Tant pis pour elle si ça tourne mal !
Saori : Bien. Monsieur De More, qu'avez-vous à dire pour votre défense ?
Maske De More : Je vais vous dire toute la vérité. Hier soir, quelqu'un a sonné chez moi. Quand je suis allé ouvrir, il y avait un paquet cadeau avec une étiquette disant "Joyeux anniversaire". L'expéditeur était en avance, il devait sûrement s'absenter quelques temps. J'ai donc ouvert le paquet et là, horreur ! Le corps était en deux morceaux !
Saori : Arrête de simuler le dégoût !
Maske De More (étonné) : Ça se voit tant que ça que je simule ?!
Saori : Oui ! Continue !
Maske De More : Là je l'avoue, je n'ai pas pu résister à l'envie de garder la tête. Mais je l'ai pas coupée ! Et j'ai encore moins tué ce type.
Saori : Et vous avez enterré le corps, ainsi qu'une paire de bottes et une pelle.
Maske De More : C'est ça. Je peux partir, maintenant ?
Saori : Vous plaisantez ! Vous auriez dû nous appeler !
Maske De More (inquiet) : Et c'est quoi, la suite, pour moi ?
Saori : La taule !
Maske De More (angoissé) : Non attendez ! On peut négocier !
Saori : Avec quoi ?
Maske De More : Je sais à quoi ressemble le tueur.
Saori : Et comment ?
Maske De More : Vous n'allez jamais me croire...
Saori : Bon. En taule !
Maske De More : Je peux voir les derniers instants des morts !
Saori (sceptique) : Ah, vraiment ?! Et par quelle magie ?
Maske De More : Quand j'ai la tête d'un mort dans les mains, je peux voir ses dernières heures. Mais il faut que le mort soit mort il y a moins de 24 heures.
Saori : N'importe quoi !
Maske De More : Donnez-moi une tête et je vous le prouverai !
Saori : Mais vous êtes vraiment timbré ! Qui pourrait gober une histoire pareille ?!
Maske De More : Laissez-moi une chance !
Saori se tait quelques instants pour réfléchir.
Saori : Geki ? T'as donné ta langue au chat ou quoi ?!
Geki : Non, pourquoi ?
Saori : Ah ! Je croyais que tu l'avais refilée à Ban. Tu ne veux pas l'interroger ?
Geki : Moi, ça m'intéresse beaucoup ce qu'il dit. J'aimerais savoir s'il dit vrai !
Saori : Maske De More, ça marche aussi sur les animaux, votre truc ?
Maske De More : Parfaitement ! Mais il ne me faut que la tête ! Sinon, ça ne marche pas. Allez savoir pourquoi...
Saori : Attendez-moi quelques instants.
Elle se lève et sort, laissant Geki seul avec un suspect très dangereux. De l'autre côté du miroir, c'est la consternation.
Tatsumi : Je vous l'avais dit qu'elle était impitoyable ! Elle laisse Geki tout seul pour qu'il serve d'appât. Une fois que le dément lui aura détaché la tête, Saori aura une preuve irréfutable de sa culpabilité !
Le chef passe près de la majorité de ses employés.
Shiryu : Sadique !
Hyoga : Tortionnaire !
Seiya : Vampire !
La jeune femme s'arrête un instant et fixe Tatsumi. Celui-ci devient tout pâle.
Tatsumi : Je ne sais vraiment pas pourquoi ils vous insultent !
Saori (sévère) : C'est ça... On en discutera en privé, toi et moi, quand tout le monde sera parti !
Le kendoka en tremble déjà de tous ses membres. Saori va trouver Ikki.
Saori : Où est le corbeau de ce matin ?
Ikki : De nouveau dans la poubelle. Pourquoi ?
Saori : J'ai besoin de lui.
Elle le retrouve dans les déchets.
Saori : Maintenant, tu vas lui couper la tête.
Ikki : Moi ?
Saori : Oui. Ça ne t'intéresse pas ?
Ikki : Au contraire ! Avec quelle arme ?
Saori : Celle que tu veux.
Ikki attrape une faux dans une main, et de l'autre, lance le corbeau en l'air. Puis d'un geste rapide et précis, il le coupe en deux. Saori ramasse la tête.
Ikki : Je fais quoi du corps ?
Saori : Poubelle ! ... Non ! Mets-le de côté. Ça fait déjà deux fois qu'on le sort de la poubelle, et on dit jamais deux sans trois. Tu as commencé à étudier la tête de la victime ?
Ikki : Oui. Comme il n'y avait aucune blessure sur le corps, le coup mortel a dû être porté à la tête. Hélas, une trace de coup a été partiellement effacée par un forage du crâne.
Saori : Le tueur a voulu brouiller les pistes. Tu as analysé le cerveau ?
Ikki : Justement. Viens regarder dans le trou.
Saori s'approche et regarde.
Saori (dégoûtée) : Quel monstre ! Beurk !
Ikki : Je me suis permis de vérifier la guillotine.
Saori : Elle a servi à couper la tête, n'est-ce pas ?
Ikki : Étrangement, non. Il n'y a pas de trace de sang dessus.
Saori : Cette ordure a dû utiliser une autre arme. Continue à chercher !
Le médecin légiste lui lance un regard mécontent.
Saori (suant) : Continue à chercher, s'il te plaît !
Le boss prend maintenant le chemin du retour. Dans la salle d'interrogatoire, Maske De More discute avec Geki.
Maske De More : Tu peux m'enlever les menottes à ma jambe ? Ça fait mal !
Geki : Non, désolé, je ne peux pas.
Maske De More : Dans ce cas, viens m'aider à tourner les menottes pour me desserrer la jambe.
Geki (réfléchissant) : D'accord.
Il se lève, va s'agenouiller près de Maske De More et tourne les menottes.
Geki : Là, ça va mieux ?
Maske De More : Non. Tourne encore.
Lentement, par derrière, le psychopathe approche ses mains de la gorge de Geki.
Geki : Et là ?
Maske De More (subjugué) : Beau cou...
Geki : Beaucoup mieux ? Génial !
Geki se relève et rejoint sa place. La porte s'ouvre, Saori est de retour avec une tête de corbeau.
Saori : Ça va, Geki ?
Geki : Oui, pourquoi ?
Saori : Ouf ! Il n'a pas eu le temps de t'ouvrir le crâne !
Geki (étonné) : Hein ?!
Saori : Maske De More va t'expliquer.
Maske De More : Quoi ?!
Saori (criant) : Vous avez mangé la cervelle du mort !
Geki (grimaçant) : Beurk !
Maske De More : Oui et alors ? Vous en vouliez un morceau, peut-être ?!
Saori : Je vais faire tout mon possible pour vous renvoyer en prison !
Maske De More : Dans ce cas, je ne vous aide pas.
Saori : Si vous voulez alléger votre peine, vous avez intérêt à être plus coopératif ! Tenez ! Voici la tête d'un corbeau. Dites-nous comment il est mort et qui l'a abattu, si vous êtes si doué !
Jubilant, Maske De More prend la tête du corbeau dans ses mains.
Maske De More : Cool ! Ça me manquait !
Saori (ordonnant) : Au travail !
Maske De More ferme les yeux et se concentre.
Maske De More : Attendez... Attendez encore... Encore...
Saori (impatiente) : Alors ?!
Maske De More : J'y suis presque... Là, voilà ! Le corbeau mange des graines avec ses congénères... Tiens !
Saori : Qu'y a-t-il ?
Maske De More : Un type mange des graines avec eux !
Saori : Ça doit être Jamian. Et ensuite ?
Maske De More : Attendez, je fais avance rapide... Voilà ! Le corbeau croasse d'angoisse, il s'est perdu. Il se pose sur une branche. Du bruit ! Il regarde d'où ça vient... Un chasseur, avec une carabine ! Il vise le corbeau et tire. PAN ! Le coup blesse une feuille. Le chasseur tire à nouveau. PAN ! Encore manqué. PAN ! Rebelote !
Saori : Et le corbeau ? Il ne s'est pas envolé ?
Maske De More : Non pourquoi ?
Saori : Pour rien. Continuez.
Maske De More : Le chasseur se rapproche doucement. PAN ! PAN ! PAN ! Raté, manqué et loupé ! Le chasseur grogne et se rapproche encore. Le voilà à deux mètres du corbeau, qui ne bouge toujours pas. PAN ! Le corbeau baisse son adorable tête et regarde le trou qu'il a dans le ventre, puis... Fin ! J'ai plus d'images.
L'auditoire est impressionné.
Saori : En effet, ce corbeau a été tué par balle. Mais qui est le tueur ?
Maske De More : Je ne le connais pas. Mais il porte une cassette surmontée d'une corne.
Saori (réfléchissant) : Ça me dit quelque chose... JABU ! Possible, il n'avait pas l'air crédible, ce matin.
Maske De More : Alors, je suis libre ?
Saori : Non mais tu rêves ! Tu es le suspect n°1 !
Maske De More : Mais je vous dis que j'ai vu le tueur en lisant la tête du mort !
Saori : Décris-le-nous !
Maske De More : Et je serai libre après ?
Saori : Pas question !
Maske De More : Dans ce cas, je fais grève !
Saori : Non attends ! Si tu nous aides, on te laissera la tête du corbeau.
Maske De More (sans hésiter) : Marché conclu !
Saori et Geki établissent un portrait-robot d'après la description très détaillée de Maske De More. Ça, quand il décrit une tête...
Saori : Bien. Maintenant, je vais vous placer en cellule.
Maske De More : Mais je garde la tête du corbeau !
Saori : Oui, bien sûr.
Maske De More (content) : Merci !
Un quart d'heure plus tard, Jabu, appelé par Saori, se présente au poste.
Saori : Entre ici, on va venir te parler.
Elle lui ouvre la porte de la salle d'interrogatoire. Jabu va s'installer tout seul.
Saori : Qui veut aller le sermonner ?
Seiya, Shiryu, Hyoga et Tatsumi (à l'unisson) : MOI !
Saori : Ah, enfin plus d'enthousiasme ! Je désigne... Shiryu !
Shiryu (content) : Youpi !
Le porteur de la cravate en forme de dragon va tenir compagnie à Jabu.
Shiryu (consultant ses notes) : Alors... Monsieur Céphale...
Jabu : Appelle-moi Jabu !
Shiryu : Stop ! Il ne faut jamais tutoyer quelqu'un qu'on ne connaît pas. C'est mon Maître qui l'a dit ! Compris ?
Jabu : Oui Shiryu !
Shiryu (agacé) : Arrêtez de me tutoyer !
Jabu : Mais on se connaît !
Shiryu : Ah bon ?
Jabu : Oui ! Souviens-toi, au magasin. J'avais acheté le dernier exemplaire du livre "Les Légendes Légendaires" et tu as voulu me le racheter.
Shiryu : Ah oui ! Et tu as accepté quand je t'ai proposé 99 fois le prix ! Encore merci !
Jabu : De rien ! En fait, je crois que cette bédé ne m'aurait pas plu, il y avait trop peu d'images.
Shiryu : C'était pas une bédé ! Il s'agit d'un futur best-seller. Les légendes qui y sont racontées sont géniales ! Tiens par exemple...
Toc ! Toc ! Quelqu'un vient de toquer sur le miroir sans tain.
Shiryu : Zut, on s'éloigne du sujet. En fait, il faudrait que tu avoues la vérité à propos de ta balade dans le bois Zêta.
Jabu : Avouer quoi ?
Shiryu : Ce que tu as fait de mal !
Jabu : C'est à dire ?
Shiryu : Allez, avoue. Tu te sentiras tellement mieux après !
Jabu : Je n'ai rien à dire !
Shiryu : Écoute. Si tu avoues maintenant, je promets de te raconter une légende.
Silence.
Shiryu : Deux légendes ?
Re-silence.
Shiryu : D'accord, trois ! Petit gourmand, va !
Re-re-silence.
Shiryu : Ok ! Je te prêterai le best-seller !
Silence toujours aussi silencieux. Shiryu a pourtant fait l'impossible ! Désespéré, il sort et rejoint les autres.
Shiryu : Rien à faire, il restera muet comme une carpe.
Seiya : Pourquoi ? Elles n'ont pas de langues, les carpes ?
Shiryu : Je disais qu'on n'arriverait pas à lui tirer les vers du nez !
Seiya (confus) : Hein ?!
Shiryu (las) : Hyoga, explique-lui avant que je ne craque !
Saori : Il n'est plus là.
Shiryu : Quoi ?! Où il est ?
Saori : Regarde le miroir.
L'amateur de frigos vient de s'asseoir en face de Jabu.
Jabu : Vous perdez votre temps, je n'ai rien à avouer !
Hyoga : Dans ce cas, on va faire revenir Shiryu ici.
Jabu : Ça m'est égal.
Hyoga : Et il te racontera une légende ou deux...
Jabu (choqué) : Non ! Ne faites pas ça !
Hyoga : Alors, tu veux nous dire quelque chose ?
Jabu : Oui ! J'avoue !
Hyoga : T'avoue quoi ?
Jabu : J'ai fait caca dans l'herbe dans le bois Zêta ! Juste là où il y a la pancarte "Interdiction de faire caca" !
Hyoga : On te parlait de l'oiseau !
Jabu : Lequel ?
Hyoga : T'en as abattu plusieurs ?!
Jabu : Oui, une dizaine. Je n'avais que 500 cartouches.
Hyoga : Bien, tu as avoué.
À présent, Hyoga se lève et sort. Il est félicité par tous ses collègues, sauf Shiryu.
Shiryu : Je ne comprends pas comment tu l'as fait avouer... Ah !
M. Draco court et retourne à nouveau voir M. Céphale. En le voyant, Jabu panique.
Jabu : Arrêtez ! Je l'avoue, j'ai pas de permis de chasse, ni de permis de port d'arme !
Shiryu (surpris) : Du calme ! Je venais juste rechercher mon stylo !
Saori les rejoint.
Saori : Jabu, tu as enfreint la loi.
Jabu (inquiet) : Non, pas encore deux jours de prison !
Saori : Bien sûr que non !
Jabu (rassuré) : Ah... Merci pour votre clémence.
Saori : Trois jours en taule !
Jabu (dépité) : Pitié !
Le boss lui tend une clé.
Saori : Même couloir que la dernière fois, cellule 12. Vas-y vite ! Je vais demander à Ikki de faire une ronde dans dix secondes.
Affolé, Jabu s'évapore à la vitesse du son.
Saori : Bien ! Maintenant, quelqu'un va aller au domicile du mort. Mais je n'irai pas l'interroger, il faut que je me repose. Tatsumi et Shiryu, vous irez inspecter les lieux !
Seiya : Et moi ?
Saori : Tu iras porter à manger à Jabu et tu récupéreras la clé de sa cellule.
Une mission simple pour le super-enquêteur, qui s'éclipse.
Hyoga : Et moi ?
Saori : Toi, tu veilles à ce que Seiya ne casse rien pendant ma sieste.
Jabu vient de s'enfermer dans sa cellule. Cette fois, il a un voisin.
Jabu (content) : Chouette ! C'est tellement flippant d'être tout seul ici ! Salut, moi c'est Jabu ! Et toi ?
Sans répondre, Maske De More fixe la tête de son voisin avec attention.
Jabu : J'ai été arrêté pour une broutille. Et toi ?
Maske De More : Moi, pareil ! On m'accuse d'avoir tué un homme et d'avoir coupé sa tête !
Brusquement, Jabu se sent menacé. Surtout en voyant la tête de corbeau dans les mains de Maske De More !
Jabu aura-t-il droit à son dernier repas ? Quel horrible châtiment attend Tatsumi pour avoir trahi la douce Mlle Kido ? Seiya vengera-t-il Mu de Kiki en l'humiliant aux jeux vidéos ? Combien de chapitres faudrait-il pour relater une seule des Légendes Légendaires du Vieux-Maître ?
