Dossier n°2 : Tête-à-tête (partie 4/6)

Gigar joue le rôle du mort dans ce dossier. On a fini par retrouver sa tête qu'il avait oublié chez Maske De More. Ce dernier ayant le pouvoir de lire dans la tête des morts (seulement si cette partie du corps est isolée), il les aide à établir un portrait-robot du tueur présumé. En outre, Jabu est lui aussi placé en détention pour avoir chassé sans permis, et fait la connaissance de Maske De More. Est-ce le début d'une grande amitié entre eux ?


Deux enquêteurs viennent d'arriver devant la petite maison de la victime.

Shiryu (s'exclamant) : Elle est immense ! Ce type devait être plein aux as !

Tatsumi s'avance vers l'entrée, prêt à sonner, quand soudain, la porte s'ouvre. Un individu habillé comme le chauve apparaît.

Inconnu (étonné) : Oh ! Le Maître songe déjà à me remplacer ?!
Tatsumi (troublé) : De quoi tu parles, toi ?!
Shiryu : Regarde ! T'es habillé comme lui !
Tatsumi (montrant son insigne) : Tatsumi Tokumaru, police scientifique ! Et voici mon collègue, Shiryu Draco.
Shiryu : Nous venons au sujet de Gigar.
Majordome : Je suis désolé, le Maître n'est pas encore rentré.
Tatsumi : C'est normal, on l'a retrouvé dans le bois Zêta et chez un cinglé.
Majordome : Dans le bois ou chez le cinglé ?
Tatsumi : Les deux !
Majordome : Mais c'est impossible !
Tatsumi : C'est pourtant simple : le corps était dans le bois et...
Shiryu (l'interrompant) : Gigar est décédé.

Bouleversé, le majordome ne sait que dire.

Shiryu : Nous venons inspecter les lieux dans le cadre de notre enquête.
Majordome : Vous devriez demander à Maître Phaéton.
Tatsumi : C'est qui ça ?
Majordome : Le fils de Gigar.
Tatsumi : Alors, ne reste donc pas planté là, va le chercher !
Majordome (partant) : Tout de suite !
Tatsumi : Ce majordome est nul ! Je vais demander à son patron de prendre sa place.
Shiryu : Et le vieux Kido ?
Tatsumi : Il devient gâteux et en plus, j'ai plus envie de servir sa cruelle petite-fille !

Un homme vient vers eux. Petit à petit, il apparaît en plein jour. Sur son visage, une cicatrice lui barre un œil. Tatsumi le reconnaît aussitôt.

Tatsumi (sursautant) : C'est lui !
Shiryu : Tiens oui, il lui ressemble...

Le kendoka dégaine son bâton de bambou et le pointe vers Phaéton.

Tatsumi (ordonnant) : Couche-toi par terre, les mains dans le dos !
Phaéton (confus) : Hein ?!
Tatsumi (criant) : EXÉCUTION !
Phaéton : Mais pourquoi ?!
Tatsumi : Tu l'auras voulu !

Tatsumi le charge et le frappe avec son arme de service en bambou. BAM ! BOUM ! BIM ! BOM !

Phaéton (sonné) : Aïe ! Mais arrêtez !

La fréquence et la violence des coups augmentent. BANG ! BLAM !

Shiryu (paniqué) : Stop ! Il est couché par terre, maintenant !
Tatsumi : Mais il n'a pas placé ses mains dans le dos !
Shiryu : Il ne peut pas, tu l'as assommé !
Tatsumi : T'es sûr ?
Shiryu : Oui ! Ça fait une vingtaine de coups qu'il ne fait plus "Aïe" !
Tatsumi : Menottes !
Shiryu (cherchant) : Zut... Je les ai utilisées sur le collectionneur de têtes et je ne les ai pas reprises !
Tatsumi : J'ai pas de menottes non plus. Pourtant, on doit l'emmener.
Shiryu : Tu peux le déposer à l'arrière de la voiture, il ne risque pas de se réveiller avant une bonne heure.
Tatsumi : Je ne prendrai aucun risque !

L'enquêteur-majordome prend le corps de Phaéton sur son épaule et va jusqu'à la voiture.

Tatsumi : Ouvre le coffre.
Shiryu (hésitant) : Mais... C'est pas humain, de faire ça !
Tatsumi (yeux rouges) : OUVRE LE COFFRE !
Shiryu (sursautant) : À tes ordres !

Shiryu s'exécute et Tatsumi lâche Phaéton dedans.


Pendant ce temps, le travail se poursuit aux bureaux.

Hyoga : Je finirai par savoir ce qui s'est passé. Et je retrouverai le coupable qui a placé ce maudit iceberg devant notre bateau, maman !

Du côté des cellules, Jabu s'est éloigné le plus possible de son voisin qui tient une tête de corbeau en main.

Maske De More : Pourquoi "tête ou pâle" ?
Jabu (apeuré) : Quoi ?!
Maske De More : Pourquoi t'es tout pâle !

En plus, Jabu n'a toujours pas eu son repas.

Seiya, chargé de le nourrir, est en route avec un bol de flocons d'avoine. Il en met un dans sa bouche.

Seiya : Miam, délicieux !

Mais il n'a pas remarqué qu'ils étaient périmés !

Seiya (sursautant) : Ah bon ?! ... Dans ce cas, vive les flocons d'avoine périmés !

Il continue à en manger. À quelques mètres de la cellule de Jabu, il constate que le bol est vide.

Seiya : Oh non ! Ça fait déjà la quatrième fois !

Il fait de nouveau demi-tour et verse un nouveau bol. Enfin, il essaie.

Seiya : Zut, le paquet est déjà vide ! Que faire ?

Pauvre Seiya ! Il se demande ce qu'il va bien pouvoir avaler pour étancher sa faim.

Seiya (étonné) : Mais non ! Je pense à Jabu qui a la dalle ! Égoïste, va !

Il décide d'aller chercher dans le frigo. Mais il ne s'ouvre pas.

Seiya : Flûte ! J'avais oublié le cadenas !

Un jour, Seiya a dévoré les gâteaux de ses partenaires. Depuis cet incident, ils ont placé un cadenas. Ils n'ont bien sûr pas partagé le code avec Seiya. Celui-ci va trouver Hyoga.

Seiya (appelant) : Hé, Hyoga ! Pssst !
Hyoga (râlant) : Mais laisse-moi travailler !

Seiya se demande pourquoi son ami lui parle sur ce ton. Il décide de risquer le coup avec Ikki. Dans le laboratoire de ce dernier, des centaines de têtes de mannequins jonchent le sol. Le frère de Shun tient une machette à la main.

Ikki (frustré) : Fichtre ! C'est pas encore la bonne arme ! Et j'ai presque plus de mannequins !
Seiya : Ikki ?
Ikki (grognant) : Toi, fous-moi la paix ! C'est pas le moment !

Alors que Seiya va quitter la pièce, il remarque un corps de corbeau dans une assiette. Il emprunte le lance-flammes d'Ikki et rôtit le corbeau avec. Le médecin légiste le remarque.

Ikki (grondant) : Pose-ça tout de suite ! Sinon tu seras le prochain mannequin à servir de cobaye !

Apeuré, Seiya évacue les lieux avec son corbeau grillé.

Seiya (satisfait) : Et voilà ! Grâce à mon courage, Jabu aura un bon repas !

Le brillant jeune homme arrive près des cellules avec l'assiette, placée sous cloche.

Jabu : Ça sent bon ! C'est pour qui ?
Seiya : Pour toi !
Jabu : Chouette ! Merci Seiya !
Seiya : En échange, tu dois me redonner la clé.

Jabu ouvre sa cellule et échange sa clé contre l'assiette. Ensuite, Seiya referme la porte.

Seiya : Bon appétit !
Jabu : Encore merci ! ... Et tu pourrais me rendre encore un petit service ?
Seiya : Lequel ?
Jabu : Je voudrais changer de cellule !
Seiya : Pourquoi ?

D'un geste furtif du regard, Jabu lui désigne Maske De More.

Seiya : Ah ! Je comprends !

Seiya pense qu'il veut rejoindre le Cancer. Alors, il active un levier placé en dehors des cellules.

Seiya : Et voilà, c'est débloqué !
Jabu (confus) : Quoi ça ?
Seiya : De rien ! Et mange avant que ça ne refroidisse !

Sur ces paroles, le héros retourne à ses occupations.

Jabu : J'ai rien capté, je suis toujours dans la même cellule... Enfin bref ! Je vais passer à table.

Le chasseur d'oiseaux sans permis soulève la cloche et grimace.

Jabu : C'est quoi, cette chose ?!
Maske De More (ébahi) : Incroyable ! On dirait le corps du corbeau dont je tiens la tête en main ! Je peux goûter, dis ?

Sursautant, Jabu remarque que Maske De More s'est rapproché des barreaux qui les séparent. L'eau à la bouche, Maske De More tire sur les barreaux.

Jabu (suant) : Tu perds ton temps, c'est du solide !

Alors, Maske De More pousse sur les barreaux. Clac ! Ceux-ci bougent subitement et coulissent comme une porte !

Maske De More : Ah, c'était donc ça que Seiya avait débloqué...

Pétrifié par la peur, Jabu ne peut plus bouger. Maske De More entre dans sa cellule.

Maske De More : Et maintenant, tu vas me donner ce que je veux !

La main du psychopathe s'approche de son colocataire, pâle comme un mort. Cette main saisit l'assiette.

Maske De More : Je prends juste un morceau, promis !
Jabu (terrifié) : Tu peux manger tout !
Maske De More : Vraiment ?! T'es mon pote, toi !

Heureux, Maske De More passe son bras autour du cou de Jabu. Le bras qui tient la tête du corbeau. La même tête de corbeau que Jabu voit maintenant de près.

Maske De More : Je sens qu'on va bien s'entendre, tous les deux !


Quelques minutes plus tard, Shiryu et Tatsumi sont de retour avec leur prisonnier.

Phaéton (contusionné) : Qu'est-ce que j'ai fait de mal ?
Tatsumi : Tu le sais très bien, alors ne fais pas l'innocent ! Et avance plus vite !

Triomphant, Tatsumi présente Phaéton à Saori.

Saori (impressionnée) : Wouah ! Vous avez fait vite !
Tatsumi : J'AI fait vite !
Saori : Et pourquoi est-il couvert de bleus ?
Tatsumi : Il essayait de nous échapper !
Phaéton : C'est pas vrai !
Tatsumi : Menteur ! Tu vas payer pour le meurtre de ton père !
Phaéton (choqué) : Comment ?! Papa est mort ?!
Saori : Oui, et arrête de jouer la comédie ! On a un témoin qui t'a identifié.
Phaéton : Alors, il vous a menti !

Saori s'approche de Phaéton avec son portrait-robot.

Saori : Voici le suspect. Il ne ressemble pas à quelqu'un que tu connais ?
Phaéton : Si, mais c'est pas moi !
Tatsumi : C'est ton jumeau, peut-être ?!
Phaéton : J'ai pas de jumeau !
Tatsumi : Alors, tu vas sûrement nous dire que c'est un sosie !
Phaéton : CE N'EST PAS MOI ! ... Et si vous regardez bien, vous verrez que ma cicatrice sur l'œil est plus visible que sur votre portrait !
Tatsumi : Tu espères t'en sortir avec un petit détail comme ça ?!
Saori : Tatsumi, notre témoin est un obsédé de la tête. Je ne peux pas croire qu'il se soit trompé avec tous les détails qu'il nous a donnés.
Tatsumi : On va comparer.

Saori et Tatsumi regardent alternativement le portrait-robot et le visage de Phaéton.

Saori : Tout de même, ce serait plus simple s'il n'avait pas tous ces hématomes... En tout cas, si on observe les détails, il ne lui ressemble plus autant.
Tatsumi : Alors, ça veut dire que Maske De More nous a menti !
Saori : Néanmoins, jusqu'ici, aucun élément n'a prouvé qu'il a tué Gigar.

Ikki vient se joindre à eux.

Ikki : Ça y est, j'ai fini de vérifier les armes de Maske De More. Aucune n'a servi à couper la tête. Tout ce que je peux vous dire, c'est que l'arme qui a été utilisée est extrêmement tranchante.

Phaéton, qui a tout entendu, se rapproche.

Phaéton : Une arme tranchante, vous dites ? J'ai peut-être un suspect. Mon père a insulté un chanteur qui faisait ses gammes dans la rue.
Tatsumi : Et alors ?

Phaéton sort une pochette de CD et leur montre.


Quelques instants plus tard, Capella reçoit la visite de deux professionnels.

Tatsumi (montrant sa plaque) : Tatsumi Tokumaru, police scientifique. Et avec moi...
Capella (joyeux) : Seiya ! En chair et en os ! Le plus grand héros de tous les temps !
Seiya (rougissant) : Allons, allons ! Je ne fais que mon job !
Capella : Un autographe, s'il vous plaît !
Seiya : Avec plaisir !
Tatsumi : Hem !
Seiya : Attends, je t'en signe un après.
Tatsumi : On est là pour bosser !

Seiya termine son autographe et le donne à Capella.

Capella : Merci !
Seiya : Tu peux m'en signer un, toi aussi ?
Capella : Avec plaisir !
Tatsumi : HEM !
Seiya : Tu ne le reconnais pas, Tatsumi ? C'est lui qui chante le célèbre tube, le "Cocher gaucher" !
Capella (chantonnant) : "Cocher gaucher..."
Seiya (chantonnant aussi) : "Cocher couché..."
Capella : "Cocher caché..."
Seiya : "Le cocher gaucher couché est caché..."
Capella : "Cochez le cocher !"
Tatsumi : HEM ! HEM !
Seiya (tout bas) : Il est pas drôle, le chauve...
Tatsumi (fronçant les sourcils) : Qu'est-ce que tu viens de dire ?!
Seiya (en sueur) : Rien ! Rien du tout !
Capella : Que puis-je pour vous ?
Tatsumi : Nous avons vu la pochette de votre dernier album.
Capella : Ah oui ? Elle est cool, hein ?
Tatsumi : Quand avez-vous vu Gigar pour la dernière fois ?
Capella : Qui ça ?
Seiya : Celui qui remplace Aioros dans le rôle du mort.
Capella (confus) : Hein ?!
Tatsumi : Un type plutôt petit, avec une barbe et un œil de verre.
Seiya : Avec un monocle, tu veux dire.
Tatsumi : Non, un œil de verre !
Seiya : Un monocle !
Tatsumi (s'énervant) : Un œil de verre, je te dis !
Seiya : Bon, ok... Avec un œil caché par un monocle et un œil de ver !
Capella : Ah, lui ! Oui, je me souviens de ce râleur. Avant-hier, alors que je faisais profiter les habitants de ma dernière chanson en live, et cela gratuitement, il m'a insulté plusieurs fois !
Tatsumi : Et vous avez pris votre revanche.
Capella : Comment ? Je ne l'ai pas revu depuis !
Tatsumi : On lui a coupé la tête. Et vos CD ont l'air très tranchants !
Capella : Mes CD, tranchants ?! Pas du tout !

Seiya tient en main le dernier album de Capella. Il en retire le CD et le lance contre le mur, sous les regards ahuris de l'assistance. Contre toute attente, le CD mord la poussière !

Seiya (étonné) : Tiens ! Le mur n'a pas une seule égratignure !
Tatsumi (fâché) : Seiya ! Tu vas rembourser ce CD !
Capella : Laissez ! Il a rendu tant de services à la communauté jusqu'ici que je lui pardonne volontiers !

Tatsumi et Seiya prennent congé. Une fois seul, Capella réfléchit.

Capella : Des disques coupants... Ça a l'air amusant ! Je vais demander à mon manager de m'en faire fabriquer !


Au même moment, au fief des Experts, Saori vient aux nouvelles auprès de Hyoga et Shiryu.

Saori : Alors ? Quoi de neuf ?

Hyoga ne lui parle évidemment pas de son enquête privée sur le naufrage. Quant à Shiryu, il semble avoir trouvé quelque chose.

Shiryu : J'ai fait quelques recherches avec Résoucrime, en particulier sur les porteurs d'armes ultra-coupantes de la ville. Et je crois avoir trouvé une piste...

Shiryu laisse Saori consulter son écran.

Saori : Shun est passé ?
Shiryu : Non pourquoi ?
Saori (étonnée) : Tu as trouvé cette info tout seul ?!
Shiryu (vexé) : Évidemment ! Je suis un pro !
Saori : Bon travail ! La personne affichée à l'écran possède l'épée la plus célèbre du pays.
Shiryu : Je peux aller la voir de plus près, dis ?
Saori : D'accord. Hyoga ? Tu veux aller avec ?
Hyoga : Non merci. J'ai encore des documents à étud... à classer.
Saori : Bon alors, je vais accompagner Shiryu. C'est quoi, l'adresse ?
Shiryu : Rue des Escaliers Sans Fin, n°10.
Hyoga (sursautant) : Attendez ! Je veux bien y aller avec Shiryu !
Saori : Pourquoi t'as changé d'avis ?
Hyoga : Parce queeeuh... Vous allez prendre Jamian Airline, n'est-ce pas ?
Saori : Bien sûr !
Hyoga : Vous n'avez pas le vertige ?
Saori : Non.
Hyoga : Une allergie aux corbeaux ?
Saori : Non plus !
Hyoga : Et... Euh... Vous ne craignez pas les fientes de corbeaux ?
Saori : Les quoi ?!
Hyoga : Les crottes de corbeaux ! Vous pourriez en recevoir une en plein visage !
Shiryu : Mais non ! Ces corbeaux sont propres, je ne les ai pas vus lâcher la moindre fiente !
Hyoga : Il y a un début à tout !
Saori (inquiète) : Tu crois que ça pourrait arriver ?
Hyoga : Tout à fait ! Imaginez une fiente qui s'écrase sur votre visage et qui dégouline sur votre joue...
Saori (grimaçant) : Beurk ! Très bien, prends ma place.
Hyoga : Merci !
Saori : J'apprécie ton geste, vraiment. Quel sacrifice ! Je ne l'oublierai pas à la fin du mois.
Shiryu (tout bas) : Fayot !


Dix minutes plus tard, Shiryu et Hyoga sont arrivés près du n°10.

Jamian (gêné) : Encore désolé pour la fiente de mon corbeau...

Hyoga est en train de s'essuyer la figure.

Shiryu (amusé) : Voilà ce qui arrive aux fayots !
Jamian : Pour vous dédommager, je vous accorderai un vol gratuit !
Hyoga (râlant) : Ça va ! Laisse-nous, maintenant.

Les corbeaux portent leur maître et s'envolent au loin.

Shiryu : Tu viens, Hyoga ?
Hyoga : D'abord, je m'essuie. Mais tu peux aller voir le suspect sans moi en attendant.
Shiryu : Tu crois ?
Hyoga : Oui !
Shiryu : Et si jamais il m'attaque avec son épée ? J'ai aucune chance tout seul !
Hyoga : T'es courageux ou pas ?
Shiryu : Comme mon vénérable Maître le dit si bien, il y a une grande différence entre courage et inconscience ! Une légende illustre d'ailleurs bien ce cas. Il était une fois...
Hyoga (l'interrompant) : J'ai une idée. Tu vas entrer tout seul, mais je resterai caché en permanence. S'il tente de te tuer, je lui mets une balle entre les deux yeux !
Shiryu (réfléchissant) : Pas con...
Hyoga : On est d'accord ?
Shiryu : Ok !
Hyoga : Et ne me cherche surtout pas du regard, ça pourrait compromettre toute la mission !
Shiryu : Tu peux compter sur moi !

Le petit-fils du Vieux-Maître s'avance vers le seuil et sonne. Il a envie de se retourner pour voir Hyoga, mais se retient. S'il l'avait fait, il l'aurait vu grimper les escaliers quatre à quatre. Shura vient ouvrir.

Shiryu : Bonjour. Je suis Shiryu Draco, de la police scientifique d'Athènes. Et avec moi...

Il se reprend rapidement.

Shiryu : Personne !

Shura regarde à gauche et à droite.

Shura : Oui, personne.

Shiryu est content, Hyoga est déjà bien caché ! Le locataire fait entrer son invité.

Shiryu : Je suis ici pour résoudre une enquête. Pour cela, j'aurais besoin de voir votre épée.
Shura : Excalibur ?
Shiryu : Oui !
Shura : Ça vous coûtera 10 euros.
Shiryu (étonné) : Quoi ?!
Shura : La visite d'Excalibur coûte 10 euros !
Shiryu : Mais je suis de la police !
Shura : Vous avez un mandat ?
Shiryu : Non...
Shura : Alors, c'est 10 euros !

Faisant fonctionner ses cellules grises, Shiryu en déduit que Shura ne veut pas montrer son épée. Et c'est suspect ! Il doit donc se sacrifier. Comme le ferait le héros de la célèbre légende de "La Méduse 2 - Le Retour", qui s'est crevé les narines pour venir à bout de la terrible Méduse à l'haleine pestilentielle. Quel geste héroïque... Il y repense avec émotion et admiration. Ça lui rappelle d'ailleurs l'histoire du...

Shura : Allô ?!

Shiryu, qui était perdu dans ses pensées, sursaute.

Shiryu : Oui ?
Shura : Vous payez la visite ou pas ?
Shiryu : Bien sûr !

Le représentant de la loi prend son portefeuille et regarde à l'intérieur.

Shiryu : Sapristi ! Juste le billet de 10 que pépé m'a donné pour m'acheter du riz !

Hésitant et tremblant, Shiryu tend le billet à Shura, qui s'en empare aussitôt.

Shura : Suivez-moi.

Le Capricorne l'emmène dans une grande salle où se trouve une immense vitrine qui renferme une imposante statue. Shiryu en est bouche bée.

Shiryu : Elle est magnifique !
Shura : C'est vrai, le sculpteur Perseus Argol a vraiment fait un travail admirable !
Shiryu : Je parle de l'épée ! Et pas de la femme grotesque qui la tient.
Shura (choqué) : Cette femme est Athéna, espèce d'inculte ! Elle remet la légendaire Excalibur à son plus fidèle guerrier !
Shiryu (surpris) : Ah bon ?!
Shura : OUI !
Shiryu (songeur) : Bizarre... Papy ne m'a jamais parlé de cette légende... Elle doit être complètement fausse !

Le policier s'approche de l'arme.

Shiryu : Ouvrez la vitrine, je vous prie.
Shura : Ça fera 10 euros de plus.
Shiryu : QUOI ?!
Shura : Pour voir l'épée de plus près, vous devez me donner 10 euros de plus !

En grognant, Shiryu sort un autre billet d'une de ses poches.

Shiryu (dépité) : Les 10 euros que pépé m'a confié pour lui ramener du riz...

Sans pitié, Shura lui arrache le billet, puis fait lever la vitrine. Shiryu s'approche de l'épée.

Shura : Évitez de postillonner dessus, sinon vous aurez une amende !

L'enquêteur examine l'épée. Pas une trace de sang ! Mais peut-être qu'elle a été nettoyée. Shiryu sort donc son matériel pour vérifier. Shura le voit et l'avertit.

Shura : Pour toucher l'épée, c'est 10 euros de plus !
Shiryu (à bout) : Bon, ça suffit, là ! Laisse-moi faire mon boulot !
Shura (têtu) : Payez les 10 euros !
Shiryu : Écoute, il y a un tireur embusqué quelque part qui te surveille. S'il te voit me menacer d'une quelconque façon, il t'abattra sans la moindre hésitation !

Shura est cloué sur place.

Shura : Non... Tu bluffes...

Shiryu le regarde dans les yeux.

Shiryu : Est-ce que j'ai l'air de bluffer ?!
Shura : Pas du tout !
Shiryu : Alors, tu ne bouges pas d'un micromètre !

Le fan de légendes teste la présence de sang sur Excalibur. Le résultat est...

Shiryu : Positif...
Shura (outré) : Impossible !
Shiryu : Pas bouger ! Sinon sniper tirer !
Shura (grognant) : C'est un coup monté !

Shiryu conserve quelques échantillons de sang et prend les empreintes laissées sur l'épée. Puis, il va menotter Shura.

Shiryu : On va descendre avec Jamian Airline. J'espère que t'as pas le vertige.

Les deux hommes sortent de la maison.

Shiryu (criant) : Hyoga ! Tu peux te montrer, maintenant ! ... HYOGA !

Pas de réponse.

Voix : HYOGA !
Shiryu : Toi l'écho, la ferme !

En attendant, il appelle déjà Jamian.


Quelques centaines d'escaliers plus haut, le blond rend visite à son prof préféré.

Camus : On va voir si tu as bien retenu la leçon d'hier. Arrange-toi pour que la lumière du frigo s'allume quand on ouvre la porte de 2,58 centimètres !

Le disciple s'attèle à la tâche et termine en quelques secondes.

Hyoga : Voilà !
Camus : Rapide ! Mais as-tu réussi ?

Le maître ouvre la porte du frigo lentement.

Camus : 2,1 centimètres... 2,4... 2,5... 2,55...

Trois dixièmes de millimètres plus tard, le frigo est éclairé !

Camus (impressionné) : Incroyable ! Tu es vraiment doué !
Hyoga : C'est vrai ?
Camus : Oui. À l'Université du Frigo, on était une centaine au départ. À l'arrivée, il n'y a eu que deux diplômés. Beaucoup ont renoncé à cause du froid.
Hyoga : Quel froid ?
Camus (content) : Tu réagis comme moi ! C'est vrai, comment peut-on dire qu'il fait froid alors qu'il fait 5 degrés Celsius !


Mais où est passée la conscience professionnelle du blond ?

Hyoga : Quoi ?! J'ai bien le droit à une pause supplémentaire après toutes les fois où j'ai dû me coltiner Seiya !

Que font Maske De More et Jabu en tête-à-tête ? Combien de temps Ikki se contentera-t-il encore de mannequins pour se défouler ?

Qui donc a tué Gigar ? Maske De More ? Shura ? Capella ? Phaéton ? Jamian ? Un corbeau ? Aioros ? Saori ? Jabu ? Le narrateur ? Saga-bleu ? Saga-gris ? Mu-violet ? Tatsumi- ? Shun-v... Non, pas Shun ! Pas toi non plus Ikki, donc reste tranquille, s'il te plaît.