Dossier n°2 : Tête-à-tête (partie 5/6)
Après avoir déboursé 20 euros, Shiryu a enfin pu approcher Excalibur pour y relever des traces de sang et des empreintes. Mais ce faisant, il n'a plus un sou pour acheter du riz, pour son papy et lui ! Pendant ce temps, Maske De More se lie d'amitié avec Jabu. Quant à Kiki, que Mu a enfermé dans un colis à destination de l'orphelinat, y est-il bien arrivé ?
Au n°11 de la rue des Escaliers Sans Fin, Camus continue d'enseigner son art des frigos à son disciple. Ils sont tous les deux accroupis, torse nu, dans le froid, et les yeux fermés.
Camus : Pour apprendre à construire des frigos, il faut d'abord les comprendre. Alors, tu vas maintenant te mettre dans la peau d'un frigo.
Hyoga : Comment ?
Camus : Imagine que TU ES un frigo.
Hyoga (concentré) : Je suis un frigo...
Camus : C'est cela. Tel le frigo, tu dois rester immobile, quelles que soit les circonstances.
Hyoga : Oui, Maître.
Camus : Comme un frigo, tu dois rester impassible, même si la température descend en dessous de zéro.
Hyoga : Oui, Maître.
Camus : Que ta bouche devienne la porte... Que tes yeux deviennent la lumière... Ceci implique que quand ta bouche s'ouvre, tes yeux s'ouvrent aussi. Lorsque ta bouche se referme, tes yeux l'imitent.
Hyoga (yeux clignotants) : Oui, Maître.
Camus : PENSE comme un frigo... SOIS un frigo...
Hyoga (yeux clignotants) : Oui, maman.
Camus (soupirant) : Bon, ça suffit pour aujourd'hui !
Hyoga (étonné) : Ah bon ?!
Camus : Tu m'as encore appelé "maman" !
Hyoga : Vous êtes sûr ?
Camus : Absolument ! C'était déjà la cinquième fois depuis le début du cours !
Hyoga : Je suis désolé. Vous savez, aujourd'hui, c'est le 750ème anniversaire de sa disparition tragique.
Camus (confus) : Le 750ème ?!
Hyoga : Oui, ça fait 750 semaines que le bateau a fait naufrage.
Shiryu est donc finalement reparti sans Hyoga. Il vient de rentrer au bercail avec son prisonnier, Shura. Le détenteur d'Excalibur est placé en prison, en face du couple Jabu-Maske De More. Saori, Shiryu et Ikki discutent.
Saori : Où est l'épée ?
Shiryu : Chez le suspect.
Saori : Pourquoi ne l'as-tu pas ramenée ?!
Shiryu : Elle pèse une tonne !
Saori : N'exagère pas !
Shiryu : En tout cas, c'était trop lourd pour les corbeaux.
Saori : En attendant, Ikki ne peut pas l'essayer sur un mannequin pour comparer.
Ikki : Euh... Au sujet des mannequins...
Shiryu : Mais on peut comparer le sang de la victime avec les échantillons de sang que j'ai ramenés !
Saori : Avec Résoucrime ?
Shiryu : Bien sûr ! Quoi d'autre ?
Saori : Combien de temps ça va prendre, sans l'aide de Shun ?
Shiryu (froissé) : Mais je suis là, moi !
Saori : Ikki ! Va chercher ton frère !
Ikki : T'es en train de me donner un ordre, là ?!
Saori : Allez ! Tu auras droit à une augmentation !
Ikki : Je refuse.
Saori (étonnée) : Pardon ?!
Ikki : Si tu veux que j'aille chercher mon frère, tu vas lui acheter un phénix en peluche. Un très grand. Il y en a au supermarché.
Saori hésite. Si elle refuse, elle fait des économies mais l'enquête traîne.
Shiryu (mécontent) : Hé ! Je suis pas d'accord !
Si elle accepte, l'enquête est boostée mais elle ne pourra pas s'offrir la tenue d'équitation dernier cri. Toutefois, le plus important est de faire prospérer l'agence.
Saori : C'est entendu. Shun aura un machin en peluche.
Ikki : Un phénix !
Saori : Oui, c'est ça. Maintenant, va chercher ton frère !
Ikki la regarde méchamment. Il s'apprête à demander un autre cadeau pour Shun.
Saori (implorant) : S'il te plaît, Ikki !
Ikki (râlant) : Ça va, j'y vais...
Le doux médecin légiste s'éclipse mais Shiryu continue à travailler.
Shiryu (déterminé) : J'aurai une réponse avant l'arrivée de Shun ! Mon honneur est en jeu !
Saori : En attendant, on est bloqués. Alors, je vais envoyer quelqu'un aller acheter cette stupide peluche ! ... TATSUMI !
Des bruits de pas. La personne qui se présente a des cheveux.
Seiya : Le chauve ne se sent pas bien, il est en train de vomir aux toilettes.
Saori : Qu'est-ce qui lui est arrivé ?
Seiya : Je sais pas. Je lui ai offert un flocon d'avoine que je comptais garder pour ce soir et puis il est devenu tout vert.
Saori (dépitée) : Qu'est-ce que je vais faire ? Hyoga n'est toujours pas revenu, Shiryu refuse d'admettre que Shun est plus compétent que lui, et Tatsumi est malade...
Seiya : Moi, je suis disponible !
Saori (hésitante) : Bon ben... Ok, je vais te confier cette tâche.
Elle tire un billet de son portefeuille.
Saori : Voilà des sous. Tu vas aller au supermarché et acheter un phénix en peluche géant.
Seiya : Un quoi ?
Saori : Une grosse peluche avec des ailes ! Tu la feras emballer dans du papier cadeau.
Shiryu : Dis, Saori ? Tu peux m'avancer 20 euros ?
Saori : Pas question !
Shiryu : Seiya ? Tu peux m'avancer 20 euros ?
Seiya : Si tu veux.
Shiryu (étonné) : T'es d'accord ?!
Seiya : Bien sûr ! Entre amis, il faut s'entraider !
Shiryu : Parfait ! Je veux que tu me ramènes pour 20 euros de riz. N'importe lequel. Allez, hue !
Sans aucune protestation, Seiya va exécuter cette importante mission.
Ikki revient peu après avec son frère.
Shiryu (en sueur) : Les voilà déjà ?! T'as pris Jamian Airline ou quoi ?!
Ikki : Non. C'est juste que la police locale m'a offert un gyrophare pour se faire pardonner du jour où ils ont soupçonné Shun d'avoir commis un vol.
Saori : Shiryu, laisse ta place à Shun.
Shiryu (transpirant) : Attends encore une petite minute, j'y suis presque !
Saori (criant) : DÉGAGE !
Déconfit, l'homme à la longue chevelure noire se lève. Shun prend son siège et le résultat s'affiche instantanément.
Saori (ébahie) : Quel talent ! Tu es vraiment un surdoué, Shun !
Shiryu (indigné) : Mais c'est la fin de la recherche que j'ai lancée !
Saori : Arrête de chercher des excuses !
Shun : Il a raison ! J'ai rien touché !
Saori : Shun, ne le défends pas.
Shun : Mais c'est vrai !
Saori : Tu es trop modeste. Ne te dévalorise pas !
Shun : Mais...
Saori : Tiens, si tu as encore une petite minute, est-ce que tu pourrais comparer les empreintes avec notre fichier de suspects ?
Shun : Oui, ça ne sera pas long...
Shiryu (râlant) : Vantard !
Neuf interminables secondes plus tard...
Shun : Voilà !
Saori (sursautant) : Quoi ?! Déjà ?!
Shun : Est-ce que peux retourner à l'école, maintenant ? On est une grande classe et le prof va avoir du mal à aider tous mes camarades tout seul.
Saori : Mais oui, tu peux y aller. Merci beaucoup !
Shiryu (rageant entre ses dents) : Frimeur !
Saori : Tu veux dire quelque chose, Shiryu ?
Shiryu : Non, rien !
Saori : Si, tu as quelque chose à dire ! Un mot de cinq lettres qui commence par "m" et qui se termine par "i" !
Shiryu (réfléchissant) : Mardi ?
Saori (autoritaire) : Remercie Shun ! Tout de suite !
Shiryu (tout rouge) : Merci, Shun !
Shun (souriant) : De rien ! À bientôt, les amis !
Les deux frères se retirent.
Saori (soupirant) : Pourquoi Shun n'est-il pas majeur ? ... Alors, qu'a-t-on appris de nouveau, Shiryu ?
Shiryu : Tiens ! Tu t'intéresses quand même un peu à moi ?!
Saori : Il faut bien te trouver une utilité. Je t'écoute !
Shiryu (râlant) : Alors, le sang recueilli sur l'épée par votre humble serviteur est bien celui de Gigar. Et concernant les empreintes, on ne trouve que celles de Shura. Tout est donc contre lui.
Au supermarché, Seiya est en train de faire ses courses. Sur son caddie est installée une énorme peluche ailée, avec des sabots et une crinière.
Seiya : Oui, un Phénix en peluche !
La peluche prend tellement de place que Seiya ne voit presque rien devant lui en avançant. Boum ! Il percute un autre chariot qui arrivait par la gauche.
Seiya (indigné) : Vous ne pouvez pas faire attention ?!
Client : Mais c'est votre faute !
Seiya : Ah oui ?! Et la priorité de droite, alors ?!
Client : On n'est pas sur la route !
Seiya sort son insigne.
Seiya : Je connais quand même la loi mieux que vous ! On va faire un constat.
Interdit, le client regarde le policier faire le tour de son caddie.
Seiya : Une bosse ici... ici... ici... ici... Et encore là... là...
Client (sidéré) : Mais enfin ! Comment j'aurais pu faire des bosses tout autour de votre caddie ?!
Seiya : Permis de conduire !
Client (interloqué) : Pardon ?!
Seiya (ordonnant) : Votre permis de conduire !
Client : Je ne l'ai pas sur moi, je suis venu à pied !
Seiya : Monsieur roule sans permis, en plus !
Dans le caddie du client, Seiya aperçoit des bouteilles d'alcool.
Seiya : Tiens, tiens ! Je crois qu'on va aussi vous faire passer un alcootest !
Une personne affolée les rejoint en courant.
Inconnu : Bonjour, je suis le directeur du magasin ! Il y a un problème, monsieur Seiya ?
Seiya : Ce chauffard n'a pas respecté la priorité ! Regardez toutes les bosses qu'il a faites à mon véhicule !
Directeur (médusé) : Euh... Ce n'est vraiment pas grave, vous savez... Je veux bien passer l'éponge !
Seiya : Ça ne changera rien. Même en nettoyant, les bosses resteront.
Directeur : Ce n'est pas grave, je vous dis...
Seiya le regarde d'un air suspicieux.
Seiya : Attendez... Votre véhicule n'était pas assuré ?! Je vais devoir vous dresser un PV !
Directeur (suant) : Non, s'il vous plaît ! Je vous accorde un chèque-cadeau de 50 euros si vous oubliez tout ça !
Seiya (choqué) : Tentative de corruption ! Je dois vous placer en état d'arrestation !
Directeur (blême) : Mais enfin...
Soudain, le ventre de Seiya grogne et il a la tête qui tourne.
Seiya : J'ai faim...
À la vitesse de l'éclair, le directeur lui offre des éclairs au chocolat. Le policier incorruptible les déguste en quelques secondes.
Seiya : Ah ! Je me sens mieux. Tu m'as sauvé la vie ! Alors, je veux bien oublier notre petit incident.
Directeur : Merci infiniment !
Le policier prend d'autres paquets d'éclairs et s'éloigne pour terminer ses achats. Tous les clients ayant assisté à la scène, ils lui cèdent le passage pour éviter un nouvel accident de circulation. Quant au directeur, il est seul avec le client maladroit.
Client (outré) : Mais enfin ! Pourquoi vous laissez ce guignol faire ses singeries dans votre magasin ?!
Directeur (fâché) : Un peu de respect ! Ce guignol comme vous dites est le meilleur enquêteur que le monde ait connu ! Sans lui, on n'aurait jamais arrêté le Chapardeur d'Oreilles, et je n'aurais toujours qu'une seule oreille ! C'est un héros national, ne l'oubliez jamais !
Quelques rayons plus loin, Seiya arrive près des articles de riz.
Seiya : Shiryu a demandé n'importe lequel. Mais il faut que ce soit du bon !
Il regarde les dates de péremption sur les boîtes. Au bout de dix pénibles minutes de recherche, il en a enfin trouvé deux bonnes.
Seiya : Je vais aussi faire un tour du côté des flocons d'avoine...
Dès qu'il les trouve, il commence à chercher. Le directeur revient près de lui.
Directeur : Je peux vous aider, Seiya ?
Seiya : Oui. Où sont les flocons d'avoine périmés ?
Directeur (étonné) : Périmés ?!
Seiya : Oui ! Où sont-ils ?
Directeur : On ne les garde pas, voyons !
Seiya : Pourquoi ?
Directeur : Parce qu'ils sont périmés !
Seiya (mécontent) : Quelle mentalité, ici ! J'ai déjà pris un temps fou pour trouver du riz convenable, et maintenant, vous me dites qu'il n'y a plus de flocons d'avoine périmés !? Je ne reste pas un instant de plus ici !
Poussant son caddie en courant, Seiya passe toutes les caisses en revue.
Seiya (râlant) : C'est le bouquet ! Même pas une caissière en décolleté ! Ce magasin est vraiment nul !
Il s'avance vers une caisse et les clients déjà présents, en le voyant arriver, s'écartent. La jolie caissière scanne ses articles, puis Seiya paie.
Caissière (souriante) : Merci, à bientôt !
Seiya : Cours toujours !
Pendant ce temps, Saori et Shiryu sont allés trouver les prisonniers. Maske De More a toujours son bras autour du cou de Jabu. Saori parle d'abord avec Shura.
Saori : Le sang sur votre épée était celui de la victime.
Shura : C'est impossible, voyons ! L'épée n'a pas bougé !
Shiryu : Et les empreintes que j'ai relevées sont les vôtres.
Shura : C'est normal, puisque je nettoie Excalibur tous les matins avant les visites !
Derrière eux, Jabu intervient.
Jabu : Ça veut dire que M. De More est innocent ?
Saori : Il semblerait.
Jabu (plein d'espoirs) : Et donc, que vous allez le libérer ?
Saori : On va être obligés, oui...
Maske De More (inquiet) : Non ! Vous ne pouvez pas me faire ça !
Shiryu et Saori le regardent, étonnés.
Maske De More : J'avoue ! Quand j'ai reçu le corps, il y avait des égratignures tout autour de son cou. C'était comme s'il me demandait de lui couper la tête, j'ai pas pu résister ! Alors, je suis monté discrètement chez Shura et je me suis servi de son épée !
Shura (outré) : Quelle infamie ! C'est honteux !
Saori : Du calme !
Shura : Il a touché à Excalibur sans payer !
Saori : Maske De More, pourquoi avez-vous avoué ? Vous alliez être libéré !
Maske De More : Je ne suis pas encore prêt à me séparer de mon nouveau copain !
Saori libère Shura. Jabu, désespéré, l'envie.
Jabu : Hé ! S'il vous plaît !
Saori : Oui ?
Jabu : Je peux aller dans la cellule de Shura ?
Saori : Pourquoi ?
Jabu : Parce que...
Il n'ose rien dire de plus car il sent le regard macabre de Maske De More posé sur lui. Shiryu remarque sa peur et prend Saori en privé.
Shiryu : On devrait les séparer.
Saori : Non !
Shiryu : Mais Jabu est en danger !
Saori : Et alors ?! Depuis que j'ai ouvert cette agence, on a dû l'arrêter deux fois déjà. Il devrait se rattraper en nous aidant à prendre Maske De More sur le fait !
Shiryu (choqué) : Tu veux en faire un appât ?!
Saori : En quelque sorte.
Shiryu : Et si on n'intervient pas à temps ?
Saori : Tant pis !
Shiryu : Maske De More va lui prendre sa tête !
Saori : Et après, on pourra coffrer le taré à vie !
Shiryu (réfléchissant) : Ah, oui, ce ne serait pas si mal, finalement... Maske De More est trop dangereux pour rester en liberté.
Saori : Je suis sûre que Jabu est prêt à se sacrifier pour tous les habitants de ce pays !
Shiryu : Oui, tu as raison... Et même si un meurtre se produit chez nous, tant qu'on aura Seiya parmi nous, on n'osera jamais nous accuser pour négligence !
Le chef et le tatoué retournent à leur poste.
Shiryu (partant) : Amusez-vous bien, Maske De More et Jabu Céphale !
[Note de l'auteur qui a encore toute sa tête, même si on peut en douter : "Céphale" vient du grec "kephalê", qui veut dire "tête"] Au son de ce mot, le regard de Maske De More devient plus fou que jamais.
Pendant que Jabu et Maske De More restent en tête-à-tête, les enquêteurs font le point sur l'affaire.
Shiryu : Maske De More a coupé la tête et nous a indiqué une fausse piste. Il reste le principal suspect du meurtre.
Saori : En attendant, ce n'est pas encore prouvé qu'il l'a tué.
Phaéton revient se présenter à l'accueil.
Phaéton : Une autre idée de suspect m'est venue. Gigar voulait raser un orphelinat pour y construire une pyramide de glace. Le directeur n'a jamais accepté le chèque de mon père. Mais je vais continuer son œuvre à sa mémoire.
Saori note l'adresse de l'orphelinat. Peu après le départ de Phaéton, Hyoga réapparaît.
Saori (fâchée) : Alors ! Où t'étais passé ?!
Hyoga : Du calme ! Euh... J'ai dû attendre le prochain vol. Jamian avait un tas de commandes !
Saori : En attendant, ça fait une personne de moins ici ! Comme punition, tu vas aller interroger un suspect avec Seiya !
Hyoga (implorant) : Pitié ! Je ne recommencerai plus ! Tout mais pas ça !
Saori : C'était le premier et dernier avertissement ! Seiya n'est pas encore rentré. Tatsumi t'accompagnera.
Les deux personnes nommées partent travailler. Seiya revient peu après avec les courses.
Shiryu : C'est mon riz ?
Seiya : Bien sûr ! Il ne restait que ces deux gros paquets de comestible.
Shiryu (bavant déjà) : Merci !
Saori : Et le phénix géant ?
Seiya : Dans ma voiture.
Saori : Dans un paquet-cadeau ?
Seiya : Non.
Saori : Je te l'avais pourtant ordonné ! Retournes-y !
Seiya : Mais...
Saori : Allez ! Au trot !
Docilement, Seiya ressort du bâtiment. Mais il n'a aucune envie de remettre les pieds dans ce foutu magasin !
Seiya : Que faire ? ... Je sais ! Je vais me rendre à l'orphelinat où se trouve Kiki ! Ils ont sûrement du papier cadeau. Et j'en profiterai pour défier ce petit chenapan !
À quelques kilomètres de là, Tatsumi et Hyoga viennent d'arriver à l'orphelinat. Une jeune femme les accueille.
Femme : Bonjour, messieurs ! Je peux vous renseigner ?
Hyoga : Je suis Hyoga Cygnus, police...
Tatsumi (le coupant) : Majordome en jupe ! Conduis-nous immédiatement auprès du directeur !
Femme (offusquée) : Vous l'avez devant vous.
Tatsumi (cherchant) : Où ça ? Il est microscopique ou invisible ?
Femme : Je suis le directeur. Mylène Miho.
Hyoga (gêné) : Veuillez pardonner mon collègue...
Mlle Miho les conduit à l'intérieur.
Hyoga : Nous venons au sujet de M. Gigar.
Tatsumi : Oui, le type que t'as tué !
Hyoga lui jette un regard glacial.
Tatsumi : Quoi ?! T'essaie de me faire peur, moucheron ?!
Soudain, Tatsumi frissonne.
Tatsumi (plaintif) : Mais vous pourriez mettre le chauffage, au moins !
Mylène : C'est déjà fait.
Tatsumi a de plus en plus froid.
Tatsumi (grelottant) : Je... Je crois que je vais aller inspecter les lieux !
Mylène et Hyoga sont enfin tranquilles pour discuter.
Mylène : Vous disiez ?
Hyoga : Oui, au sujet du naufrage...
Mylène (confuse) : Quel naufrage ?!
Hyoga : Euh désolé, je me trompe d'enquête ! Connaissiez-vous M. Gigar ?
Mylène : Oui. C'est un vilain milliardaire. Afin de construire une pyramide à sa gloire, il voulait rayer mon orphelinat de la carte. Il n'a aucun cœur !
Hyoga : Avait. Il est décédé.
Mylène (surprise) : Ah bon ? ... Et vous pensez que j'ai quelque chose à voir là-dedans ?
Hyoga : Vous avez un alibi, pour hier ?
Mylène : Je suis restée ici toute la journée. Les enfants pourront vous le confirmer.
Hyoga : Diront-ils la vérité ?
Mylène : Quelle question ! La vérité ne sort-elle pas de la bouche des enfants ?
Hyoga : Oui, vous avez raison.
Driiing ! La sonnerie retentit.
Mylène : Veuillez m'excuser...
La directrice se lève et va ouvrir. Elle rencontre un autre enquêteur en tenue de travail. Enfin, si on peut dire. Seiya a instantanément le coup de foudre.
Mylène : Oui ? ... Monsieur ?
Seiya (reprenant ses esprits) : Je... Je venais voir un de vos enfants.
Mylène : Qui ?
Seiya : C'est presque ça. C'est Kiki.
Mylène : Vous êtes de la famille ?
Seiya (choqué) : Ah, non !
Mylène : Mais vous le connaissez.
Seiya : Oui.
Mylène : Vous n'avez jamais pensé à l'adoption ?
Seiya (grimaçant) : Euh... Vous savez, je me dévoue sans cesse à mon travail, alors...
Mylène : Quel dommage... Un enfant si adorable !
Seiya (dubitatif) : On parle bien de Kiki Aries ?
Mylène : Oui pourquoi ?
Seiya : Pour rien...
Mylène : Mais... Je vous reconnais ! Vous êtes le super-héros dont tous les enfants parlent ! Ils vont être aux anges en vous voyant pour de vrai !
Seiya (gêné) : Arrêtez, vous aller me faire rougir comme mon T-shirt !
Mylène : Mais je m'égare ! Vous êtes venu voir votre ami.
Seiya : Qui ?
Mylène : Oui, Kiki !
Seiya : Allons, rien ne presse ! On pourrait encore discuter un peu.
Ils rentrent à l'intérieur. Seiya et Hyoga se croisent du regard.
Seiya : Ah tiens, Hyoga ! Tu fais quoi, ici ?
Hyoga : Je te retourne la question !
Seiya : Moi ? Euh... Je venais prendre des nouvelles de Kiki ! Et toi ?
Hyoga : Je terminais d'interroger Mlle Miho. J'allais prendre congé.
Il se lève et salue la directrice.
Hyoga : Je récupère mon mal élevé de collègue et je vous laisse.
M. Cygnus s'éclipse. Hyoga n'avait aucune envie de rester près de Seiya. De toute façon, ce départ arrange aussi Seiya qui va rester seul avec sa nouvelle conquête.
Pendant que Hyoga se met à la recherche de Tatsumi, quelque part dans l'orphelinat, un groupe d'enfants se disperse en criant de panique.
Enfants : Hiiiiiiiiiiiii !
Tatsumi (criant) : Revenez ici ! Vauriens !
Le kendoka entre maintenant dans une cuisine. À l'intérieur, des enfants mangent des frites. Le sang de Tatsumi ne fait qu'un tour. Il frappe violemment sur la table avec son bâton de bambou.
Tatsumi (hurlant) : On ne mange pas avec les doigts !
Enfants : Hiiiiiiiiiiiii !
Effrayés, les enfants disparaissent en courant. Tatsumi cherche d'autres gosses en infraction. Il en trouve devant une télé. Rapidement, il s'approche de celle-ci et la frappe avec son bâton.
Tatsumi (gueulant) : Allez faire vos devoirs !
Enfants : Hiiiiiiiiiiiii !
Encore un groupe d'enfants innocents qui part se cacher. Tatsumi continue sa tournée de persécution. Une partie des orphelins tente de trouver un moyen de défense.
Un enfant : On pourrait lui jeter des cailloux ?
Un autre enfant : Placer un piège à loup ?
Un autre : L'électrocuter ?
Un autre : Lui jeter une grenade ?
Un autre : L'exploser au bazooka ?
Kiki : Non, vous êtes trop doux. Je vais vous dire ce qu'on va faire...
Tatsumi poursuit sa croisade. Il pousse une porte et reçoit un seau contenant un liquide visqueux sur la tête.
Tatsumi (grognant) : Sales gosses !
Kiki : Étape 1 réussie !
Le chauve regarde d'où provient la voix. De l'étage supérieur. Une échelle permet d'y monter.
Tatsumi (content) : Ah ! Ah ! Je vous tiens !
Il commence à gravir l'échelle. Les enfants ne sont pas déloyaux au point de la renverser, ils se contentent de balancer un objet sur le crâne de Tatsumi.
Tatsumi (amusé) : Même pas mal !
Kiki : Étape 2 terminée !
Alors que la bête grimpe les derniers échelons, les enfants partent s'enfermer dans une pièce en courant.
Tatsumi : Inutile ! Je vais vous donner des dizaines de fessées en bambou !
Le prédateur s'approche de la porte et constate qu'elle est restée entrouverte.
Tatsumi (riant) : Ils sont tellement terrorisés qu'ils n'ont même pas pris le temps de fermer la porte ! Je sens que je vais bien m'amuser !
Il pousse violemment la porte et se retrouve face à un miroir.
Tatsumi (hurlant) : AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH !
Kiki : Et enfin, l'étape 3 !
Tatsumi (horrifié) : AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH !
Ce cri vous glacerait le sang. La preuve : Hyoga arrive à la rescousse.
Hyoga : Qu'est-ce qui se passe ?!
Tatsumi (affolé) : Au secours ! Aide-moi, par pitié !
Hyoga : Pourquoi t'as une perruque sur la tête ?!
Tatsumi : Aide-moi à la retirer ! VITE !
Hyoga s'approche et tire sur la perruque.
Tatsumi (souffrant) : Aïïïïe !
Hyoga : Elle est bien collée !
Tatsumi (en larmes) : Maudits petits diables ! Ils m'ont défiguré !
Comment Tatsumi va-t-il faire pour participer à la prochaine compétition pour kendokas chauves ? Près de Maske De More, du cœur ou de la tête de Jabu, qui lâchera en premier ? Seiya a-t-il garé correctement son caddie en repartant du supermarché ? Et question accessoire : Qui a tué Gigar, et pourquoi ?
