Dossier n°2 : Tête-à-tête (partie 6/6)
Au chapitre précédent, Seiya a fait la découverte d'un magasin bas de gamme où les flocons d'avoine périmés sont retirés des rayons et où les caissières sont un peu trop vêtues à son goût. Par miracle, il a quand même réussi à dénicher deux "bonnes" boîtes de riz pour Shiryu. En parlant du fan de légendes, Saori et lui espèrent que Maske De More attaquera Jabu pour que le fou reste définitivement derrière les barreaux.
Chez les Experts Athéniens, Shiryu est en train de préparer son riz.
Saori : Ça sent bon ! Je peux goûter ?
Shiryu : Non ! Y'en a qu'un kilo et j'ai pas envie de crever de faim jusqu'à ce soir !
Saori : Allez ! Juste quelques grains !
Shiryu : J'ai dit NON !
Saori : Égoïste !
Shiryu : Tu as des nouvelles de l'orphelinat ?
Saori : Oui, Hyoga vient de me mettre au courant. La directrice est innocente. Seiya est passé aussi et Tatsumi est allé aux urgences.
Shiryu : Ah ? Voilà ce qu'on risque en fréquentant Seiya trop longtemps !
Saori : Non. Des enfants lui ont collé une perruque sur la tête.
Shiryu (étonné) : Quoi, c'est tout ?!
Saori : Aussi loin que je me souvienne, Tatsumi a toujours été chauve. Ça a dû lui faire un choc énorme de se voir avec des cheveux !
Shiryu : En tout cas, Maske De More reste notre seul suspect. A-t-il enfin raccourci Jabu ?
Saori : Malheureusement, pas encore.
Ikki vient se joindre à eux.
Ikki : Ça sent rudement bon ! Je peux goûter ?
Shiryu (strict) : NON !
Ikki (étonné) : T'as pas mangé de riz depuis quand ?!
Shiryu : Ce matin !
Saori : Du nouveau, Ikki ?
Ikki : Oui. Comme il n'y avait plus de mannequins...
Saori (surprise) : Plus de mannequins ?! On en avait en réserve pour une année, il me semble ! Tu les as déjà tous massacrés ?!
Ikki : Oui.
Saori (en colère) : J'espère que tu as quelque chose à m'apprendre !
Ikki : J'ai pu déterminer, en analysant minutieusement la tête de Gigar, qu'il avait été frappé par un objet froid.
Saori : C'est tout ?!
Ikki : Oui, mais ça relance l'enquête !
Saori : Comment ?
Ikki : Demande à Shiryu ! C'est lui l'intello, ici !
Saori : Alors, Shiryu ? Une idée ?
Shiryu : Oui. Je vais d'abord manger un bol de riz.
Saori (râlant) : Shiryu ! Un peu de sérieux !
Shiryu : J'entends rien ! Ventre affamé n'a pas d'oreille !
D'un geste rapide et précis des baguettes, Shiryu pioche un grain de riz dans son bol. Il le renifle.
Shiryu (charmé) : Mmmmm... Ça va être un régal !
Ensuite, il avale son bol à la vitesse de l'éclair... Si ce n'est à la vitesse de la lumière !
Saori : Ça y est, t'as retrouvé tes oreilles ?
Shiryu : Non, pas encore.
Le fan de dragons lèche son bol.
Shiryu : Pas de gaspillage !
Alors qu'il va se vider un second bol, il commence à avoir mal au ventre.
Shiryu (grimaçant) : Beeeuk...
Saori : Bien fait pour toi ! Ça t'apprendra à ne pas partager !
Le visage de Shiryu vire au vert.
Shiryu : Appelez une ambulance...
Ikki : Qu'est-ce qu'il dit ?
Saori : Je sais pas.
Shiryu : Pitié...
Ikki : J'ai plus d'oreilles, tout à coup...
Saori : Moi aussi !
Surmontant la douleur, Shiryu se saisit de son mobile et compose un numéro.
Shiryu : Allô ? Papy ?
Vieux-Maître : Oui, mon grand ?
Shiryu (sur le point de vomir) : Beeeuk...
Vieux-Maître (inquiet) : Ça ne va pas, mon petit ?
Shiryu : Je voulais te prévenir... Le riz...
Vieux-Maître : Celui que tu m'as fait livrer ? Délicieux !
Shiryu (inquiet) : Vous... Vous en avez déjà mangé beaucoup ?
Vieux-Maître : Toute la boîte ! Encore merci, fiston !
Shiryu (tout pâle) : Oh non...
À l'autre bout du fil, on entend des bruits de vomissements.
Shiryu : Allô ? ... Pépé ?
Pas de réponse.
Shiryu (inquiet) : Papy ?! ... Allô ?!
Vieux-Maître (voix faible) : Shiryu...
Shiryu (rassuré) : Ah, Maître ! Vous m'avez fait peur !
Vieux-Maître : Traître !
Clac ! Fin de la communication.
Shiryu : Maître ? ... Allô ? ... Allô ?
Le pauvre Shiryu est complètement démoralisé.
Shiryu (fulminant) : SEIYA... Tu me le paieras !
L'estomac de Shiryu reprend le dessus et l'oblige à courir aux toilettes. Pendant que le cerveau du groupe (quand Shun est absent) campe au-dessus d'une cuvette de wc, Hyoga revient.
Saori : Tu connais quelqu'un qui travaille dans le froid ?
Hyoga : Oui, mon maî... euh, le fabricant de frigos qui habite au n°11.
Saori : De quelle rue ?
Hyoga : Celle dont on n'a plus besoin de dire le nom.
Saori : Intéressant ! Gigar a été tué par un objet froid. Ça pourrait être une pièce de frigo.
Hyoga : Mais Camus n'aurait jamais...
Saori : Qui est Camus ?
Hyoga : Le locataire du n°11.
Saori : Tu le connais déjà ?
Hyoga : Oui, un petit peu...
Saori : Très bien ! Tu iras donc l'interroger. Avec Ikki.
Hyoga : Et Shiryu ?
Saori : Il est puni pour ne pas avoir voulu partager son riz.
Ikki : Je n'irai pas avec Hyoga.
Saori : Légiste ou pas, tu feras ce que je te dirai de faire !
Ikki : Tu rêves ! Je dois aller reprendre mon frère à l'école. Et ensuite, on rentre chez nous.
Saori : Tu dois m'obéir !
Ikki : T'as un autre médecin légiste en réserve ?
Saori : Non...
Ikki (partant) : Alors, à demain !
Saori (soupirant) : Je vais devoir me sacrifier.
Hyoga (étonné) : Comment ça ?!
Saori : Pourvu que les corbeaux ne lâchent pas de fiente sur mon beau visage !
Dans les rues d'Athènes, Tatsumi est à pied. Il pense encore à tous ces sales gosses qui lui ont collé une perruque sur son beau crâne tout luisant. Quelle bande de monstres ! Il est bien décidé à se venger un jour. Il prendra un rasoir et leur rasera leurs cheveux à tous ! À la pensée de cette superbe idée de vengeance, Tatsumi retrouve un peu le sourire. Le voilà qui passe près d'une école. D'ailleurs, un paquet d'écoliers est déjà en train de quitter l'établissement. Le kendoka les regarde avec mépris.
Un enfant : Vous avez vu le crâne d'œuf ?
À ces mots, Tatsumi s'immobilise.
Un autre enfant : On dirait que boule à zéro t'a entendu !
Le passant se retourne et les regarde d'un air furieux.
Un autre : Oh ! Le chauve a l'air en colère !
Ne se retenant plus, le kendoka fonce vers eux, armé de son fidèle bâton. Un jeune aux cheveux épinards s'interpose.
Shun : Non arrêtez monsieur, ils vont s'excuser !
Tatsumi (menaçant) : Pousse-toi, microbe !
Shun : Ils vont s'excuser, je vous dis !
Tatsumi (criant) : DÉGAGE !
Shun : On peut régler cela sans violence !
PAF ! Le bâton de bambou a frappé Shun et l'a fait tomber.
Shun (gémissant) : Aïe... Mon bras...
Tatsumi (moqueur) : Chochotte !
Tous les élèves présents sont consternés. Cela comble Tatsumi de joie.
Tatsumi (content) : Ha ! Ha ! Ha ! Tremblez, misérables créatures ! Mon courroux va s'abattre sur vous ! En particuliers sur ces trois-là !
Du bâton, il désigne les trois jeunes qui lui ont manqué de respect.
Shun : Ne faites pas ça, je vous en conjure...
Tatsumi : T'en veux encore, toi ?!
Le bourreau s'approche du frère d'Ikki. Tiens, en parlant de ce dernier, il est enfin arrivé sur les lieux.
Tatsumi (se retournant) : Ikki ? Que fais-tu ici ?
Sans répondre, l'interpellé passe à côté du kendoka et s'accroupit près de son frère.
Ikki : Shun, que s'est-il passé ?
Shun : Rien...
Ikki : Allons ! Je le vois bien, que quelqu'un t'a frappé ! C'est qui ?
Shun : Je lui pardonne.
Ikki : Pas moi !
L'homme à la chevelure bleue se relève et s'adresse aux témoins.
Ikki : Qui a touché à mon frérot ?!
Tous les enfants présents, pour éviter que Ikki ne les interroge personnellement, pointent la même personne du doigt.
Ikki : Ainsi c'est toi, Tatsumi...
Tatsumi : Ce jeune imbécile a osé s'interposer entre trois démons et moi. Que cela lui serve de leçon !
Bouillonnant de rage, Ikki avance vers sa nouvelle proie. Tatsumi se prépare à combattre.
Tatsumi : Tu veux aussi recevoir une correction ?! Un blanc-bec comme toi ne pourra jamais vaincre le troisième dan de kendo que je suis !
Durant cet affrontement sans merci, Saori et Hyoga sont arrivés au n°11 indemnes, aucun corbeau n'ayant lâché de fiente. Camus vient leur ouvrir. En voyant M. Cygnus, il sourit.
Camus : Hyoga, quelle bonne surprise ! Tu reviens déjà depuis tout à l'heure ?
Saori adresse un regard inquisiteur à son subordonné.
Saori : Police scientifique. Nous venons vous interroger au sujet de M. Gigar.
Camus : Qui ça ?
Saori : Un mort qui a été tué. Un objet froid serait l'arme du crime. Et Hyoga nous a appris que vous confectionniez des frigos.
Hyoga reçoit cette fois-ci un regard mécontent.
Camus : Je vois. Depuis le début, j'étais un suspect.
Hyoga : Mais non !
Camus : Tu devrais avoir honte !
Hyoga : Vous vous trompez, je...
Saori : Excusez-moi d'interrompre votre scène de ménage, mais je suis en train d'enquêter sur un meurtre !
Camus : Je ne connais aucun Gigar.
Saori : Pourtant, l'arme du crime devait être froide. Comme un de vos frigos, par exemple.
Camus : Venez les passer au peigne fin, si vous avez du temps à perdre !
Saori : On va se gêner, tiens !
Hyoga : Il en a des centaines !
Saori : Pardon ?!
Hyoga : Ça va nous prendre au moins une semaine !
Saori : Dans ce cas, commence donc tout de suite !
Dring ! ... Dring ! Saori décroche son portable.
Saori : Allô, Shiryu ? ... T'as fini de dégobiller ? ... T'as bien nettoyé, j'espère ?! ... Ah oui, l'enquête ! Que veux-tu me dire ? ... Arrête de vomir quand tu parles, je ne te comprends qu'à moitié ! ... T'es sûr ? ... Comment ça, "beeeeurgl" ? ... Ah ! ... Merci.
Clic ! Elle raccroche
Saori : On a du neuf ! Tu te souviens que Gigar voulait construire une pyramide de glace ?
Hyoga : Oui. Et alors ?
Saori : Celui à qui il a demandé la glace pourrait être le tueur !
Hyoga : Et c'est qui ?
Camus se joint à la conversation.
Camus : Cette taupe de Hyoga n'a pas bien fait son travail. Ne t'ai-je pas dit qu'on était deux à être diplômés de l'Université du Frigo ? L'autre diplômé est devenu fabricant de glaçons géants.
Hyoga : Ce serait donc ton camarade, qui...
Saori : J'y pense... Phaéton tient à faire construire cette pyramide, malgré la mort de son père. Le tueur va peut-être tenter de l'éliminer, lui aussi. On doit repartir, et vite !
Camus : Bon débarras, Hyoga !
Hyoga (chagriné) : Maître !
Camus : Ne m'appelle plus ainsi, je te renie ! Et ne m'adresse plus jamais la parole !
Hyoga (les larmes aux yeux) : Mais c'est un horrible malentendu...
Quelques secondes plus tard, la police et les services de secours arrivent sur les lieux. Rapides, n'est-ce pas ? Ben non, je parle du duel dans les rues de la ville. Les ambulanciers se dirigent vers Tatsumi.
Ikki : Hé ! Venez d'abord par ici !
Les ambulanciers suivent Ikki, qui les emmène auprès de Shun.
Ikki : Voilà le blessé le plus grave.
Un ambulancier : Euh... L'autre avait l'air BEAUCOUP plus mal en point...
Le regard sévère d'Ikki les dissuade d'aller s'occuper de Tatsumi tout de suite.
Shun : Voyons, Ikki ! Je n'ai pas besoin d'aller aux urgences !
Ikki : Si ! Je ne prendrai aucun risque ! Qui sait si tu n'as pas le bras cassé ? Et peut-être même une commotion cérébrale !
Les policiers s'approchent d'Ikki. Ils sont venus en très grand nombre au cas où.
Policier : Vous êtes l'agresseur, n'est-ce pas ?
Ikki : Non ! C'est cette brute avec son bâton de pacotille, l'agresseur !
Policier : Et vous, vous avez frappé cette brute, pas vrai ?
Ikki : Oui ! Pour défendre mon frère !
Policier : Selon plusieurs témoins, vous avez frappé la victime de plusieurs dizaines de coups de poing et de pied, alors qu'il ne réagissait déjà plus.
Ikki (en colère) : Qui sont vos témoins ?!
Policier : Peu importe. Je vais devoir vous arrêter.
Ikki (indigné) : Quel culot ! Sans moi, mon frère aurait été roué de coups par ce sauvage ! Et où est-ce que vous étiez, pendant ce temps-là ?! J'ai fait votre boulot !
Policier : On en rediscutera au poste.
Ikki : Pas question !
Policier : Je m'en doutais un peu. Il va falloir utiliser les grand moyens !
La centaine de policiers appelés, armés de boucliers et de matraques, se déploie et parvient à immobiliser Ikki au terme de longs et pénibles efforts.
Une voiture de police vient d'arriver devant chez Phaéton. En sortent : Saori, Hyoga, Geki et Ban. Shiryu était toujours malade et Seiya n'était pas encore revenu de l'orphelinat.
Saori : Vite ! Peut-être que le tueur est en train de le tuer !
Les quatre professionnels trouvent le majordome de Phaéton assommé. Ils décident de se séparer dans l'immense demeure. Hyoga inspecte la cuisine et va trouver le congélateur.
Hyoga (époustouflé) : Il est énorme ! Et il doit avoir plein de glaçons !
Il l'ouvre mais constate avec déception que l'intérieur est vide.
Saori entre dans une chambre et fouille dans les armoires.
Saori : Où est-ce qu'ils planquent leur argent ?
De son côté, Geki regarde dans une autre chambre. Il soulève le lit.
Geki : Personne en dessous.
Il rabaisse le lit.
Geki : Tiens ! Ça me donne une idée !
Avec un petit doigt, il soulève le lit comme des haltères.
Quant à Ban, à la cave, il trouve uniquement des bouteilles de vins. Il en profite pour se servir. Après avoir bu un premier verre, il entend soudain de faibles bruits et s'en approche doucement. Et c'est là qu'il voit la tête de Phaéton !
Maske De More : J'y suis pour rien, je suis en prison depuis quelques heures ! Mon copain Jabu pourra vous le confirmer !
Ban a trop bu et voit des mirages. Tiens ! Ce que je viens de dire n'a pas l'air de lui plaire. Il peut protester, s'il n'est pas d'accord. Il n'en fait rien. Qui ne dit mot consent, comme on dit ! Quel alcoolo ! ... Pourquoi me jette-t-il un regard noir ?!
En tout cas, s'il avait mieux regardé, il aurait vu que la tête de Phaéton, bâillonnée, est toujours sur son corps. Corps nu qui est plongé dans un bain de glaçons. À côté de lui, un homme s'assure que les glaçons ne fondent pas. Ban appelle son chef sans tarder.
Saori : Allô, Ban ? Tu as trouvé quelque chose ?
Faisant appel à son unique réplique légale pour les douze premiers chapitres, Ban gaspille maintenant une grande quantité de salive !
Ban : Dans la cave !
Saori : Qu'est-ce qu'il y a, dans la cave ? ... Ban ?
L'interpellé ne peut pas répondre sans être traîné en justice par le narrateur pour non-respect de son contrat.
Saori : Allô ? ... Ban ? ... Allô ?
Saori réagit en appelant les deux autres en renfort. Tous les trois, ils descendent à la cave et retrouvent Ban.
Saori (mécontente) : Quoi ?! C'est seulement pour piquer du vin que tu nous a appelés ?!
Ban ne peut lui répondre, d'aucune façon. Heureusement, Geki a remarqué Phaéton et fait signe à ses collègues d'approcher.
Hyoga : C'est donc là qu'étaient tous les glaçons... C'est un gaspillage intolérable !
Saori : Je vais arrêter le criminel et je serai une héroïne !
Geki : Pourquoi toi et pas moi ?
Saori : Tu veux être une héroïne ?!
Geki : Ah non, désolé...
D'un geste rapide, Saori surgit en face du nouveau suspect, tout en pointant son arme dans sa direction.
Saori : Haut les mains ! Vous êtes en état d'arrestation, monsieur Tal !
Chris Tal : Mais ! Ne dis pas mon nom tout de suite !
Saori : Désolée... Mais mains en l'air quand même !
Chris Tal : Si tu tires, je le tue.
Chris Tal tient un glaçon pointu sur la gorge de Phaéton. Si Saori était toute seule, elle s'en moquerait. Mais il y a des témoins.
Saori : Lâche ton arme et rends-toi !
Geki : Attends ! Il faut d'abord qu'il nous explique !
Hyoga : Oui ! Explique-nous pourquoi tu as gaspillé tous les glaçons !
Chris Tal : Phaéton avait trop chaud !
Hyoga : Ah...
Geki : Explique le reste !
Chris Tal : C'est pourtant pas compliqué ! Gigar et Phaéton voulaient construire une pyramide de glace. Sur un orphelinat, en plus. Ils ont donc fait appel à mes services. Mais moi, je construis des glaçons géants pour combattre le réchauffement climatique !
Hyoga (enthousiasmé) : Brillante idée ! Ouais ! Vive Chris Tal ! Tu es un héros !
Saori : Non, c'est d'abord un meurtrier !
Chris Tal : Gigar m'a proposé une somme astronomique en échange de tous mes glaçons, pour construire sa stupide pyramide. Comme je refusais, il a doublé la somme et m'a sommé d'accepter ou bien il engagerait des mercenaires pour me tuer. Je ne pouvais pas le laisser faire. Alors, je l'ai capturé puis tué d'un coup de glaçon pointu dans la tête. Ensuite, je l'ai abandonné devant chez Maske De More. J'avais bien sûr pris soin d'érafler tout son cou pour que le collectionneur de têtes succombe à sa tentation. Et qu'il retourne en taule par la même occasion, car je pense qu'il est trop dangereux pour rester en liberté.
Saori : Comment connaissais-tu son pouvoir de lire les têtes ?
Chris Tal : Tout simplement parce qu'on était dans le même groupe, en thérapie ! Moi, j'ai du mal à me retenir de façonner des glaçons de formes variables.
Saori : Et ensuite ?
Chris Tal : Donc, je savais que Maske De More allait vous décrire l'agresseur de Gigar. C'est pour ça que je me suis fabriqué un masque pour ressembler à Phaéton ! Normalement, vous auriez dû l'arrêter. Il soutenait le projet de son père, il devait être mis hors d'état de nuire, lui aussi. J'aurais pu faire d'une pierre trois coups : Gigar, Phaéton et Maske De More !
Hyoga (impressionné) : Quel brio !
Chris Tal : Mais apparemment, vous n'avez pas découvert qu'il attendait avec impatience la mort de Gigar pour avoir son héritage. Sans ça, je n'aurais pas dû revenir ici. Phaéton voulait poursuivre l'œuvre de son père. Alors, il fallait l'éliminer, lui aussi.
Saori : Bien. Maintenant, vous allez lâcher votre joujou.
Chris Tal : Vous d'abord ! Sinon...
Chris Tal est en train d'égratigner le cou de Phaéton.
Saori : Arrête ça, saigneur !
Hyoga : Saori ! Tu ne vas pas tout de même pas lui tirer dessus ?!
Saori : C'est un assassin !
Hyoga : Mais c'est avant tout le plus grand fabricant de glaçons au monde ! Sans lui, le réchauffement climatique va tous nous tuer, lentement mais sûrement !
Saori : M'en fous ! Je l'arrête et je deviens une héroïne ! Je serai celle qui aura appréhendé le Saigneur Chris Tal ! À moi la gloire !
Hyoga pose sa main sur le pistolet de Saori et le détourne.
Saori (indignée) : Mais arrête !
Hyoga : Chris Tal, fuis ! Je te couvre !
Sautant sur l'occasion, Chris Tal détale comme un lapin. L'ours et le renard se lancent à sa poursuite... Flûte ! J'allais réécrire une légende à la noix. Je disais donc : Geki et Ban se lancent à la poursuite du fabricant de glaçons.
Saori (paniquée) : Stop, vous deux ! Libérez-moi plutôt de Hyoga !
Les deux costauds obtempèrent. Saori a encore une chance de devenir une héroïne ! Elle se lance à la poursuite du fugitif.
Arrivé à la porte d'entrée, Chris Tal sort en trombe et percute Seiya, qui était venu aussi vite que possible. Pauvre Seiya ! Il n'avait même pas eu le temps d'humilier Kiki à "Super Street Fighter 2 Alpha Plus Zéro Prime Turbo" ! Les voitures de police affluent en un instant.
Policiers (armés) : Haut les mains !
Chris Tal et Seiya obtempèrent. Saori arrive en courant et passe les menottes au tueur.
Saori : Tout est sous contrôle, j'ai arrêté le Saigneur Chris Tal !
Un policier : Faux ! On a tout vu, c'est Seiya qui l'a stoppé !
Un autre policier : Et sans arme !
Un autre : Et tout seul !
Un autre (admiratif) : Quel héros !
Saori se tourne vers Hyoga, furibonde.
Saori : TOI ! À partir de demain, tu travailleras à côté du four !
Hyoga (suant) : Non, pitié ! J'en transpire déjà !
Une petite heure plus tard, un policier fait une annonce à la presse.
Policier : Bonjour, je suis le capitaine Oméga. Il y a un peu plus d'une heure, je recevais un appel de la police scientifique me demandant d'envoyer du renfort au domicile de M. Gigar, retrouvé mort ce matin. Quand je suis arrivé avec mes hommes, j'ai cru halluciner : un intrépide jeune homme fonçait vers la porte d'entrée, seul et sans arme. Sans la moindre hésitation, il s'est jeté sur le meurtrier présumé et l'a momentanément assommé, nous permettant de conclure l'arrestation. Ce héros, vous l'avez deviné, n'est autre que Seiya ! Encore une fois, il démasque et arrête un criminel ! Chapeau !
Sous les regards des caméras, le policier serre la main de Seiya.
Oméga : Notre ville vous doit énormément. Demandez-nous ce que vous voulez !
Seiya : Ce que je veux ?
Oméga : Oui, n'importe quoi !
Seiya : Vous êtes sûr ?
Oméga : Allez-y ! Ne soyez pas timide !
Seiya : J'ai cassé ma manette de jeu en percutant le criminel. Vous pourriez m'en offrir une nouvelle ?
Le capitaine le regarde deux secondes, interdit. Puis, il éclate de rire.
Oméga : Ha ! Ha ! Elle est bien bonne !
Seiya : Mais...
Oméga : Les caméras vous intimident peut-être. Passez nous voir à votre convenance pour nous demander ce que vous voulez !
Tout en râlant, Saori assiste impuissante au nouveau triomphe de ce veinard. Même Ban a été plus héroïque car il a sacrifié sa seule réplique !
La journée se termine. En rentrant au poste, Saori, dégoûtée, renvoie tout le monde chez soi. Shiryu lui rappelle qu'ils détiennent toujours Maske De More prisonnier. Ensemble, ils vont voir si Jabu est toujours en vie. En arrivant, ils sont exaucés : Maske De More tient la tête de Jabu dans sa main, ils vont enfin pouvoir l'envoyer en prison à vie ! Néanmoins, en s'approchant, ils se rendent compte que la tête n'a pas l'air très naturelle...
Maske De More : Vous avez vu ? J'ai gonflé un ballon et dessiné la tête de mon meilleur ami dessus ! Quand je lui ai montré, il est tombé dans les pommes !
Saori (déconfite) : Monsieur De More, vous êtes libre...
Maske De More : Quoi, déjà ?! Je suis pas pressé, vous savez !
Shiryu : Vous voulez encore rester auprès de Jabu ?
Maske De More : Oui ! Je ne sortirai pas d'ici sans lui !
Saori et Shiryu s'écartent en privé.
Shiryu : Morbleu ! Il n'a pas dévissé la tête de Jabu !
Saori : On va les laisser mijoter encore un peu ensemble.
Shiryu : Oui mais... On pourrait pas l'inciter ?
Saori : Bonne idée ! À quoi tu penses ?
Shiryu : On va leur apporter quelques-unes des armes de Maske De More qu'on a saisies, sous prétexte que ce sera pour qu'ils se défendent contre d'éventuels rats.
Flap ! Flap ! Les corbeaux travaillent encore, Hyoga est en route vers le n°11.
Hyoga (triste) : Non, le n°8. Camus ne voudra sûrement pas me revoir avant plusieurs jours. Je vais en discuter avec son meilleur ami.
Jamian dépose Hyoga à destination. Le Verseau sonne et une fenêtre du premier étage s'ouvre. La tête de Milo se montre. (Couché, Maske De More !)
Milo : Tiens ! Ce ne serait pas le blondinet hypocrite ?
Hyoga : Justement, je suis venu te parler de ça ! Je peux te parler deux minutes ?
Milo (songeur) : Deux minutes... Ok, mais pas plus ! Entre, c'est ouvert.
Hyoga ouvre la porte et pénètre dans la maison du Scorpion. Le hall d'entrée est plongé dans l'obscurité...
À la police scientifique, Saori reçoit un appel du capitaine Oméga.
Saori : Si vous voulez parler au "héros" pour lui remettre une médaille ou une couronne de laurier, sachez qu'il est rentré chez lui !
Oméga : Il ne s'agit pas de cela. Un de vos hommes est à l'hôpital.
Saori : Lequel ?
Oméga : Je ne sais pas, il n'a pas encore repris connaissance. Vu tous les coups qu'il a reçu, ce n'est guère étonnant.
Saori : À quoi il ressemble ?
Oméga : Avant les bandages, il était chauve.
Saori (s'écriant) : Tatsumi ! Qui l'a amoché de la sorte ?
Oméga : Je crois que nous avons déjà trouvé le coupable. C'est aussi l'un des vôtres. Il s'appelle Ikki.
Saori : Qu'allez-vous faire de lui ?
Oméga : Le maintenir en prison, évidemment. Il est si difficile à tenir tranquille qu'on a dû lui passer une camisole de force.
Saori (déprimée) : Deux enquêteurs en moins...
Oméga : À votre place, je ne me ferais pas de souci. Seiya est toujours en forme, non ? À lui seul, il vaut au moins dix enquêteurs !
PAF ! Saori raccroche violemment.
Fin du dossier n°2. Les acteurs discutent déjà de la prochaine enquête.
Shiryu : Qui aura la chance de faire le mort lors du prochain dossier ?
Shun : Si ça tombe sur moi, je sens que cette fanfic va devenir un film d'horreur...
Ikki (air innocent) : Ah bon, tu crois ?
Seiya : J'espère que ce sera moi le mort, cette fois-ci !
Hyoga : N'y compte pas, "héros". Tu vas devoir terminer la saison à coup sûr !
Voilà le metteur en scène qui les rejoint.
Les acteurs : Notre tortionnaire, tu veux dire !
Narrateur : Je vais encore tirer un papier pour désigner la prochaine victime.
Saori : Tu peux pas en tirer plusieurs, qu'on ait plus de chances d'arrêter de souffrir ?
Narrateur : Si vous voulez...
Je remue mes papiers... J'en tire un complètement au hasard... Suspense...
Narrateur : C'est le papier vierge !
Shaka (joyeux) : YOUPI !
Narrateur : Il n'y a rien d'écrit dessus.
Shaka (dépité) : Zut !
Je tire un second papier... Suspense...
Narrateur : Quelqu'un veut lire le nom du gagnant ?
Jabu : Moi ! Moi ! Moi !
Narrateur : Personne ?
Jabu : Si ! MOI !
Narrateur : Je désigne donc... Shaka !
Je m'en vais et cède la place au grand blond. Il ouvre ses yeux et... Craaaaaaaasch ! Le papier est désintégré ! Tout le reste de l'auditoire le regarde, mécontent.
Shaka (suant) : Non attendez... J'ai pas dit que c'était à mon tour de mourir ! Et pas pour de vrai non plus !
Quel traitement inhumain le narrateur va-t-il encore faire subir à nos braves héros ? L'illusion du Phénix et le Rayon Satanique de Saga réunis ne les tourmenteraient pas tant !
Shiryu et le Vieux-Maître survivront-ils au riz périmé ? Milo va-t-il venger Camus et piquer Hyoga ? Shun apportera-t-il une carte "sortie de prison" à son frère ? Combien d'années Tatsumi restera-t-il à l'hôpital ? Et combien de secondes Maske De More supportera-t-il encore de voir la tête de Jabu coincée sur ses épaules ?
