Dossier n°4 : Au secours des Balances Tatoués (partie 3/6)
Shiryu est entré chez son papy et l'a retrouvé dans sa machine à laver, apparemment sans vie. Alors qu'il essaie de le soigner en lui faisant avaler du riz, les forces de police surgissent. Les policiers, pensant que Shiryu était en train d'essayer de tuer son grand-père, l'arrêtent. Maintenant, le tatoué barbu, alias le Vieux-Maître, est dans le coma, et son petit-fils préféré loge en prison. Pour prouver l'innocence de Shiryu, Seiya et Seika mènent l'enquête. Ichi, quant à lui, sert de garde du corps au papy.
À l'hôpital, Ichi veille sur le doyen de l'Humanité. Une infirmière entre dans la chambre mais Ichi l'arrête.
Ichi : Stop ! Qui es-tu !
Infirmière : Je suis une infirmière !
Ichi : C'est ça ! Papiers d'identité, permis de conduire, diplôme de médecine et certificat de bonne vie et moeurs, je te prie !
Infirmière (confuse) : Hein ?! Mais pourquoi tout ça ?!
Ichi : Je ne laisserai personne de suspect s'approcher du truc mauve !
Infirmière : Mais je viens juste changer son oreiller !
Ichi : Dépose-le doucement sur cette chaise et recule de trois pas.
Comme l'infirmière ne semble pas se décider, Ichi approche une de ses mains griffues près de son cou.
Ichi (ordonnant) : Allez ! Exécution !
Tout en tremblant, l'infirmière pose l'oreiller sur la chaise.
Ichi : Bien. Maintenant, tu recules de trois pas.
Sous la menace, elle obéit. Ichi se tourne maintenant vers l'oreiller et le regarde sous tous les angles.
Ichi : On dirait un oreiller...
Infirmière : C'en est un !
Ichi : Silence !
Prudemment, M. Hydra approche sa tête de l'objet suspect.
Ichi : Pas de "tic-tac".
Infirmière (indignée) : Il n'y a pas de bombe dedans, voyons !
Le policier attrape l'oreiller et le secoue doucement.
Ichi : Apparemment, il s'agit d'un oreiller tout à fait banal. Mais restons sur nos gardes ! Il y a peut-être une petite bombe silencieuse à l'intérieur !
Infirmière (à bout) : Vous ne voulez pas que j'appelle les démineurs ?!
Ichi : Non, ce ne sera pas nécessaire.
Infirmière : Dieu soit loué !
Ichi : J'ai déjà tout le matériel nécessaire.
À présent, Ichi griffe légèrement l'oreiller.
Infirmière (soupirant) : C'est pas vrai, j'hallucine...
Après avoir griffé des centaines de fois l'oreiller, Ichi éponge son front couvert de sueur.
Ichi : Tout va bien ! Cet oreiller est on ne peut plus conforme !
Seulement si "conforme" signifie "déchiqueté"...
Un chauffeur poids lourd vient de se garer devant la maison du conteur de légendes.
Aldébaran : Me revoilà ! Vous voulez rentrer au bercail ?
Seiya : Pas tout de suite. C'est bien toi qui fais les livraisons dans cette rue, non ?
Aldébaran : Oui, c'est moi.
Seiya (stupéfait) : Alors, tu avoues si vite ?!
Aldébaran (confus) : J'ai avoué quoi ?!
L'enquêteur-vedette dégaine son arme et vise la montagne de muscles qui en reste bouche bée. Seika intervient.
Seika : Mais qu'est-ce que tu fabriques ?!
Seiya : Je l'arrête ! Toi, l'ours ! Retourne-toi et passe tes grosses mains dans ton dos !
Aldébaran, déconcerté, obtempère. Seiya lui place avec peine les menottes aux poignets.
Seiya (soulagé) : Voilà, affaire résolue ! Shiryu sera bientôt libre !
Seika : Mais enfin, pourquoi tu l'arrêtes ?!
Seiya : C'est évident, non ? C'est lui qui a livré ce colis piégé chez le Vieux.
Aldébaran (interloqué) : Piégé ?!
Seika : Seiya, il en ignorait probablement le contenu !
Seiya : Tu crois ?
Seika : Oui. Quand tu l'as menacé, il ne nous a pas attaqués. Et pourtant, tu as constaté comme moi qu'il sait se déplacer très rapidement. Et je ne suis pas sûre que quelques balles peuvent le tuer. Par contre, un seul de ses coups nous aurait envoyés ad patres.
Seiya : Où ça ?
Seika : Au cimetière !
Seiya : Tu crois qu'il est si puissant que ça ?
Seika : Il pourrait nous faire une démonstration.
Aldébaran : Ça marche !
Seiya : Non ! Je ne prendrai pas le risque de le détacher.
Aldébaran : Vos menottes sont assurées ?
Seiya : Pourquoi tu demandes ça ?!
Pour toute réponse, Aldébaran se libère d'un coup sec qui fait exploser les menottes.
Seika : Tu vois ?
Seiya : Oui... Tu as sans doute raison.
Le colosse s'approche des deux policiers.
Seika : Excusez-le, il est si pressé de sortir son ami de prison.
Aldébaran : Mais oui, je comprends ! Y'a pas de mal !
L'armoire à glace donne une petite tape amicale dans le dos de Seiya. PAF ! Le super-héros vole maintenant comme Superman. Quoique, Superman ne gigote pas quand il vole, lui.
Seiya (affolé) : AU SECOURS !
BING ! Là, il semble qu'il veuille jouer à Spiderman car il s'accroche à un mur... Boum ! Il vient maintenant de tomber par terre et a perdu connaissance. Cette fois, je ne reconnais pas le super-héros qu'il veut imiter !
Aldébaran (bouleversé) : Oh non ! Mais qu'ai-je fait ?!
Le doux géant va vite porter secours au blessé. Seika panique.
Seika : Par pitié, ne le touchez plus !
La soeur vérifie l'état de santé de son frère.
Aldébaran (inquiet) : Alors ?
Seika : Ça ira, il n'a que des égratignures.
Aldébaran : Je suis vraiment navré ! Vous croyez qu'il va me mettre en taule ?
Seika : Ne vous inquiétez pas. Vous le transportez gratuitement, donc il vous pardonnera sûrement pour cet accident.
Aldébaran se met à genoux et commence à prier.
Aldébaran : Je vous en prie, faites que son brillant cerveau n'ait pas été endommagé !
L'idole du peuple reprend peu à peu ses esprits.
Seiya (sonné) : Que m'est-il arrivé ?
Aldébaran : Tu ne te souviens plus ?
Seiya : Non...
Seika : Tu es tombé.
Seiya : Tombé ?!
Seika : Oui, c'est cela.
Seiya (gêné) : Est-ce que ça pourra rester entre nous ?
Seika : Bien sûr ! N'est-ce pas, M. Taurus ?
Aldébaran : Absolument ! Motus et bouche cousue !
Seiya : Vous vous appelez "Taurusse" ?
Aldébaran : C'est cela.
Seiya : Bizarre...
Aldébaran : Quoi donc ?
Seiya : "Tau" est une lettre grecque, pas russe.
Seika : Bien ! Et si on en revenait à notre enquête ? Aldébaran ?
Aldébaran : Oui ?
Seika : Vous rappelez-vous quand est-ce que vous avez livré un colis ici ?
Aldébaran : Attendez, je consulte mes notes...
Il sort un épais carnet de la poche arrière de son pantalon grande taille et le consulte.
Aldébaran : Alors... Où c'est... Là ! Avant-hier, vers cinq heures de l'après-midi, j'ai livré un colis au n°7.
Seika : Avant-hier ? C'était un jour avant qu'on arrête Shiryu. Pourquoi serait-il retourné sur les lieux si c'était lui, dans le colis ? ... Vous vous souvenez de la personne qui vous l'a transmis ?
Aldébaran : Oui, parfaitement. Il m'a traité de demi-portion, le mal élevé !
Seika : Vous pouvez rentrer avec nous, à l'agence ?
Aldébaran : D'accord.
Le géant reprend les deux enquêteurs sur ses épaules et descend les marches dix à dix.
Pendant ce temps, en prison, un gardien s'approche de la cellule de Shiryu.
Gardien : Debout ! T'as de la visite !
Shiryu : Qui ?
Gardien : Un ami. Étonnant que tu en aies encore après le crime que tu as commis !
Shiryu (protestant) : C'est pas moi !
Gardien (ordonnant) : Allez, debout, j'ai dit !
Deux minutes plus tard, Shiryu arrive au parloir, menotté et les pieds enchaînés. Il est surpris et pas du tout ravi en reconnaissant son visiteur. Comment ose-t-il venir le narguer jusqu'ici !?
Shiryu (sec) : Que me veux-tu ?
Shun : Je suis venu t'aider.
Shiryu : C'est pas drôle.
Shun : Si, je suis sérieux ! Il paraît que Seiya est convaincu de ton innocence et je lui fais confiance. De plus, je te suis redevable.
Shiryu : De quoi ?
Shun : Tu étais venu à mon secours le jour où Fa et Sol m'avaient piégé. Tu te souviens, la bande des Notes de Musique...
Shiryu : Ah, oui ! Donc, tu veux payer ta dette.
Shun : C'est ça.
Shiryu : Et c'est quoi, ton plan ?
Shun : Tu sais sans doute que j'ai récemment évité la prison à Ikki en pleurant au tribunal.
Shiryu (confus) : Tu veux pleurer pour moi ?!
Shun : Oui. Mais j'aurai plus de mal à le faire avec toi qu'avec Ikki. Mon frère est tellement admirable... Mais je t'aime beaucoup aussi !
Shiryu (grimaçant) : Merci...
Shun : Donc, le jour du procès, il faudra me mettre en condition. Le mieux serait que tu te coupes les cheveux et que tu les teignes en bleu.
Shiryu (indigné) : Et puis quoi encore ?!
Shun : Essaie aussi de t'égratigner le nez.
Shiryu : Et tu veux pas que j'efface mon tatouage, aussi ?!
Shun (interloqué) : Non pourquoi ? Quoique, si tu dois te présenter torse nu...
L'idée d'être sauvé par ce petit génie soi-disant plus génial que lui n'enchante guère Shiryu, et si en plus, il doit s'humilier en public... À bout, le petit ami de Shunrei se lève d'un bond.
Shiryu (criant) : Gardien ! Nous avons terminé !
Un peu plus tard, Seiya, Seika et Aldébaran arrivent dans le bâtiment de la police scientifique. Saori et Hyoga ne semblent pas ravis de revoir les membres de la famille Saint.
Saori : Alors ? Vous vous êtes bien amusés ?
Seiya : Non, mais on a une piste pour innocenter Shiryu !
Seika : M. Taurus ici présent peut nous décrire la personne qui lui a transmis le colis suspect qu'il a livré au n°7 de la rue des Escaliers Sans Fin. C'était avant-hier.
Hyoga : Et il est blanc comme neige, M. Taurus ?
Seiya regarde leur invité de haut en bas et fronce les sourcils. Avant qu'il ne dise une nouvelle ânerie, Seika prend la parole.
Seika : Aldébaran n'a rien à voir avec l'agression de M. Libra. J'en prends l'entière responsabilité.
Tant mieux, pense Saori. Comme ça, on pourra te virer plus facilement !
Seiya : Alors, mon grand ? À quoi il ressemblait, celui qui t'a traité de demi-portion ?
Aldébaran : Il était grand. Plus grand que moi, même !
Seika : Super ! Voilà qui va limiter nos recherches. Vous avez Résoucrime, ici ?
Saori : Oui. Va sur le poste de Shiryu.
Seika va s'asseoir devant l'écran, mais celui-ci lui demande un mot de passe.
Seika : Quel est le mot de passe ?
Hyoga (étonné) : Pourquoi il a mis un mot de passe ?
Après avoir essayé "Shiryu", "Draco", "Shishi", "Tatouage", "Hippocampe", "Dragon", "Papy", "Légende" et "Riz", ils sont à court d'idées.
Seiya : Essayez un peu "Saké"...
Hyoga : Pourquoi ?
Seiya : Il en avait bu le jour où on est allés interroger Maske De More.
Seika essaie le nouveau mot, mais ce n'est pas le bon non plus.
Seika : Tant pis, on se débrouillera sans. Vous avez des photos ?
Seiya : Oui. Hyoga en a toute une panoplie dans son bureau !
Une demi-heure plus tard, un suspect passe par la porte d'entrée. À voir sa carrure, on se demande comment il a fait. Il marche vers nos héros. BOUM ! ... BOUM ! Tous les murs en tremblent. Le voilà, c'est Argueti Herakles ! Il remarque Aldébaran.
Argheti : Tiens ? On se croise encore, demi-portion !
Avant l'interrogatoire, les enquêteurs se concertent tout bas.
Seika : S'il est impliqué dans l'agression, qu'est-ce qu'on fait ?
Seiya : Quelle question ! On l'arrête !
Hyoga : Tu crois être de taille, peut-être ?!
Tout à coup, quelqu'un s'adresse au titan.
Voix : Pousse-toi, gros lard ! Tu vois pas que tu gênes ?! Dégage !
Courroucé, Argheti se retourne vers le quart-de-portion qui vient de lui donner cet ordre. Mais quand il voit de qui il s'agit, il est soudain pris de panique et s'écarte.
Argheti (transpirant) : Mille excuses !
Voilà donc l'homme qui est parvenu à se frayer un passage dans cette masse...
Saori : Ikki !
Ikki : Ouais ?
Saori : Tu peux rester deux minutes, s'il te plaît ?
Ikki : Et pourquoi ça ?
Saori : Euh... On a des soupçons sur ce type, concernant Shun.
En moins d'une seconde, Ikki fait tomber le mastodonte et s'apprête à lui casser un bras.
Ikki : Alors ! Qu'est-ce que t'as osé faire à mon frérot ?!
Argueti (en sueur) : Rien du tout ! Je te le jure !
Ikki (sévère) : Avoue ! Sinon je te brise tous les os !
Argueti (terrifié) : Je t'assure ! Je ne l'ai jamais touché !
Ikki : AVOUE, JE TE DIS !
Le géant ne tient plus et pisse dans son pantalon.
Argueti (pleurant) : Je te donne ma parole que je n'ai jamais rien fait de mal à ton frère !
Ikki le libère enfin et s'éloigne.
Ikki : C'est bon pour cette fois. Mais ne recommence plus !
Complètement désarçonné, Argueti se relève en tremblant. Saori fait un pas vers lui.
Saori : Maintenant, tu vas nous dire ton rôle dans l'agression de M. Libra.
Argheti (étonné) : Hein ?! Mais je n'ai rien à y voir, moi !
Saori : Avoue ! Sinon, je fais revenir Ikki !
Argheti (paniqué) : Non pitié !
Saori : Avoue !
Argheti : Je n'ai rien fait de mal, moi !
Avant que Saori n'appelle son tendre médecin légiste, Seika intervient.
Seika : Nous savons que M. Libra a reçu un colis que tu as transmis à Aldébaran.
Argheti : Oui et alors ?
Seika : Dis-nous tout ! Et vite, avant que le chef ne rappelle qui tu sais !
Argheti (tremblant) : Non, par pitié ! Un type est venu chez moi avec un gros colis et m'a donné beaucoup d'argent pour que je le porte au n°7 !
Seika : Et à quoi il ressemblait, ce type ?
Argheti : Je sais pas, il portait un masque.
Seika : Et ça ne t'a pas semblé suspect ?
Argheti : Quand j'ai vu tout le fric qu'il me proposait, j'ai pas osé poser de questions !
Seika : Et pourquoi n'as-tu pas porté le colis toi-même jusqu'au n°7 ? Après tout, pour quelqu'un d'aussi costaud que toi, ça aurait dû être facile.
Argheti : J'avais pas envie de me perdre dans cette rue immense !
Seika (confuse) : Mais il n'y a aucun croisement, dans cette rue...
Argheti : Ah bon ? Je savais pas, moi.
Seika : C'est bon, tu peux partir.
Argheti (soulagé) : Merci...
Une fois qu'Argheti est parti et que le sol ne tremble plus, l'équipe se concerte à nouveau.
Saori : Seika, tu as relâché un suspect dans la nature.
Seika : Je me porte garante pour lui. Après toutes les frayeurs qu'il a eues, il n'aurait pas osé mentir.
Hyoga : En tout cas, on n'est pas plus avancés, puisque c'est soi-disant un type masqué qui lui a remis le colis.
Seiya : Je ne suis pas d'accord. Il suffit qu'on fasse le tour de la ville et qu'on arrête tous les gens portant un masque !
Seika (soupirant) : Seiya, s'il te plaît, arrête de délirer...
Seiya : Quoi ?! Qu'est-ce que j'ai encore dit ?!
Seika : Il faut se demander à qui profite le crime.
Saori : Facile ! À Shiryu, puisqu'il est l'unique héritier !
Seika : Mais nous supposons que Shiryu est innocent.
Saori : Tu en prends aussi la responsabilité ? Ok !
Seika : J'ai lu dans un de vos récents rapports que M. Libra disposait de la fortune de feu Sion Aries.
Seiya (interloqué) : "Feu" ?! Je ne savais pas qu'on l'avait incinéré !
Comme tout le monde décide d'ignorer Seiya, personne ne lui répond.
Seika : Et que M. Libra léguerait l'héritage au fils aîné Aries quand il l'aurait estimé mature. Il est donc possible que M. Aries ait voulu recevoir son dû plus rapidement.
Hyoga : Oui, possible...
Seika : Mais il est également possible que l'agresseur voulait qu'on accuse Shiryu. A-t-il des ennemis ?
Hyoga (réfléchissant) : Sans doute... Il y aurait peut-être Shura qu'il a suspecté de meurtre il n'y a pas si longtemps.
Seiya : Ou Maske De More. C'est à cause de Shishi que le collectionneur de têtes a été mis en prison pour la première fois.
Comme tout le monde continue à ignorer la mascotte...
Hyoga : Ou ça pourrait être Maske De More, car...
Seiya (haussant le ton) : Hé ! Je viens de le dire !
Seika : Il faudrait aussi voir les voisins de M. Libra. L'un d'eux aurait pu aller chez lui sans être vu. Aldébaran ?
Aldébaran : Oui m'dame ?
Seika : Vous prenez note de toutes les livraisons que vous faites ?
Aldébaran : Oui, bien sûr. Et je déclare mes revenus au fisc !
Seika : Je pense que votre carnet nous sera très utile. L'agresseur a pu être déposé à proximité du n°7.
Bien malgré elle, Saori est épatée par le raisonnement de Seika. Et elle a vraiment beaucoup de mal à croire que ce soit la soeur de Seiya.
Saori : Seika ?
Seika : Oui ?
Saori : Ça n'a rien à voir avec l'enquête, mais est-ce que tu as été adoptée ?
Seika (interloquée) : Non pourquoi ?
Saori : Et Seiya ?
Seika : Non plus.
Saori : Vous avez le même père ?
Seika : Oui.
Saori : La même mère ?
Seika : Oui !
Saori : Et vos parents, ils sont plutôt comme vous ou du genre Seiya ?
Seika : Et c'est quoi exactement, le genre "Seiya" ?
Saori : Enfin, vous voyez...
Seika : Non. Expliquez-vous.
Saori : Vous ressemblez plus à vos parents que votre frère ?
Seika : Vous en posez, des questions bizarres ! Nous ressemblons tous les deux à nos parents.
Saori arrête sa série de questions, encore plus troublée qu'avant.
Hyoga : On commence par quel suspect ?
Les frère et soeur ont été chargé d'interroger la plupart des suspects de la rue unique au monde, étant donné qu'Aldébaran fait le trajet gratuitement pour Seiya. Ils s'arrêteront à tous les numéros pairs, en partant du n°4. Maske De More les accueille dans son humble demeure.
Seika (grimaçant) : Ça sent mauvais, ici...
Maske De More : Vous trouvez ? Je pensais pourtant avoir mis assez de parfum après avoir décapité les rats...
Maske De More les emmène dans sa cuisine.
Maske De More : Un verre de whisky, Seiya ?
Seiya : Avec pl...
Seika (le coupant) : Non, on n'est pas ici pour boire !
Maske De More : Ah, t'es pas marrante, toi, tu réagis comme Shiryu ! Peut-être veux-tu un verre de saké ?
Seika : Nous sommes ici pour vous interroger au sujet de M. Libra.
Maske De More (étonné) : Ah bon ?! Il a perdu sa tête ?
Seika : Non pourquoi ?
Maske De More : Alors, pourquoi vous venez me voir ?
Tout à coup, Maske De More réalise le but de leur visite.
Maske De More : Ah, je vois ! Il est mort, vous voulez que je lui coupe la tête et que je la lise pour savoir qui l'a attaqué ! C'est d'accord !
Seika, choquée, regarde Maske De More piaffer d'impatience.
Maske De More : Alors, on y va ? Ça me manque tellement !
Seika : Mais il est fou !
Maske De More : Quoi ?! Qu'est-ce que j'ai dit de choquant ?!
Seika (haussant le ton) : Ça suffit, maintenant ! Dites-nous plutôt où vous étiez avant-hier, à cinq heures de l'après-midi !
Maske De More (réfléchissant) : Hum... Question difficile ! Si ma tête a bonne mémoire... Oui, c'est ça... Je faisais du porte-à-porte.
Maske De More leur donne une liste de rues.
Seika : Et pourquoi faisiez-vous du porte-à-porte ?
Maske De More : Je cherche où habite mon copain Jabu que j'ai perdu de vue. Vous savez pas où je peux le trouver, par hasard ?
Tout en bas, au n°1, Mu reçoit la visite de deux enquêteurs.
Mu : Bonjour.
Hyoga : Bonjour. Nous sommes les agents Hyoga Cygnus et Ban Hi, de la police scientifique. Pouvons-nous vous poser quelques questions ?
Mu : Entrez donc.
Ils suivent Mu et vont s'installer à l'intérieur.
Mu : Vous voulez quelque chose à boire ?
Hyoga : Un verre de glaçons, s'il vous plaît.
Mu : Et vous, monsieur Hi ?
Silence. Mu se lève et revient avec deux verres : un de glaçons pour Hyoga, et l'autre d'eau pour Ban.
Hyoga : Merci.
Le disciple de Camus et de Chris Tal donne un coup de coude à Ban pour qu'il dise "merci" lui aussi, mais M. Hi reste muet comme une carpe. Hyoga continue à lui donner des coups de coude. Cependant, Ban ne peut pas gaspiller son unique réplique sur douze chapitres pour gémir un "aïe" !
Mu : Je vous écoute.
Hyoga : Vous avez entendu les nouvelles à propos de M. Lyra, je suppose.
Mu : M. Libra, vous voulez dire.
Hyoga : On parle bien du Vieux-Mètre ?
Mu : Oui.
Hyoga : Et qu'en pensez-vous, vous ?
Mu : J'ai été choqué d'apprendre que c'était son petit-fils qui l'avait agressé. Quel crime infâme ! On devrait lui ouvrir les veines et le laisser se vider de son sang !
Hyoga : Il se trouve que l'enquête en cours met en doute la culpabilité de Shiryu.
Mu : Ah bon ? Pourtant, d'après le journal, tout est contre lui.
Hyoga : Nous avons d'autres suspects.
Mu : Et j'en suis un, moi ?!
Hyoga : Oui. Votre père, Sion Aries, a confié l'héritage qui vous revient à M. Libra, en attendant votre maturité. Je me trompe ?
Mu : Non, mais vous faites fausse route. Il est vrai que mon défunt papa a chargé le vieux gâteux de gérer l'héritage qui me revient, mais je ne vois pas pourquoi j'aurais pris le risque de le tuer alors qu'à son âge, on devine aisément qu'il canera sous peu !
Hyoga : À vous entendre, vous n'avez pas l'air de l'apprécier beaucoup...
Mu : Et comment ! Depuis que j'ai mis Kiki à la porte, il me donne à peine de quoi me nourrir ! Sale gosse... Si je devenais un assassin, je commencerais plutôt par lui !
Hyoga : Où étiez-vous, avant-hier, vers dix-sept heures ?
Mu : Au boulot, sans doute.
Hyoga : Il y a des témoins ?
Mu : Oui, des dizaines. Tous les moutons de la bergerie pourront vous confirmer ma présence.
Hyoga : Et comment on interroge un mouton ?!
Mu : Oui, vous avez raison, désolé. Je vous accompagnerai donc pour traduire.
À quelques kilomètres de là, Seiya, Seika et leur chauffeur viennent d'arriver au n°6.
Seiya : Il ne répond toujours pas.
Seika : Pourtant, j'entends du bruit à l'intérieur.
Seika sonne à nouveau. Une voix leur répond enfin au troisième essai.
Voix : Entrez, c'est ouvert !
Les deux Experts rejoignent le suspect dans son salon ; celui-ci porte un bandeau autour des yeux et est assis dans un divan, devant la télé.
Seiya : Vous en avez mis du temps pour nous répondre !
Shaka : J'attendais la pub ! Vous avez trois minutes.
Seika (interloquée) : Trois minutes ?!
Shaka : Le temps que dure, en théorie, la page de pubs. Qui êtes-vous ?
Seiya : Le héros national et sa frangine.
Shaka (étonné) : Ah bon ?! Et que me vaut un tel honneur ?
Seiya : Vous êtes suspect dans une tentative de meurtre !
Shaka (choqué) : MOI ?!
Seiya : Oui, vous ! Alors, c'est vrai ou pas ?
Seika intervient avant que ça ne dégénère.
Seika : Allons Seiya, un peu de tact ! Monsieur Virgo ?
Shaka : Ouais ?
Seika : Ce bandeau... Vous avez été opéré des yeux ?
Shaka : Oui, mais il y a eu des complications.
Seika : Nous en sommes vraiment navrés.
Seiya : Quel genre de complications ?
Le Vierge se redresse et cherche à tâtons quelque chose.
Shaka : Ah ! Il est là.
Shaka attrape un sac de détritus.
Shaka : Maintenant, regardez bien...
Il soulève un coin de son bandeau et... Craaaaaasch ! Le sac se désintègre !
Shaka : Pratique quand on ne veut pas sortir les poubelles, n'est-ce pas ?
Shaka retourne s'asseoir. Après cette démonstration, Seiya est sur la défensive.
Seiya : Il est bien fixé, votre bandeau ?
Shaka (amusé) : Ne vous inquiétez pas ! Même s'il venait à tomber et que je vous regardais, mes yeux ne détruiraient que vos vêtements. Mais dites-moi plutôt le but de votre visite. Je suis un suspect, c'est ça ?
Seiya : Oui mais uniquement parce que nous ne voulons négliger aucune piste ! On vient juste faire un interrogatoire de routine, on sait déjà que vous êtes innocent !
Seika : Comprenez-nous, vous êtes un voisin de M. Libra, récemment agressé.
Shaka : Oui, je vois...
Seiya (riant) : Ha ! Ha ! Très drôle !
La tête de Shaka pivote tout à coup vers le frère.
Seiya (apeuré) : Pardon, j'ai rien dit !
Shaka : Dans mon état, vous pensez bien que je n'aurais pas pu grimper autant de marches. Et si j'avais regardé les escaliers, ils seraient abîmés et vous le verrez immédiatement.
Seika : Oui, vous avez raison. Merci d'avoir répondu à nos questions.
Le blond les raccompagne.
Seiya : C'est quand même cool, le pouvoir que tu as !
Shaka : Si on veut...
Seiya : Je peux revenir te voir tout à l'heure avec mes poubelles ?
Quand ils rejoignent Aldébaran qui les attendait, Seiya essuie les gouttes de sueur qui perlent à son front.
Seiya : Il en tirait, une tête ! J'ai cru qu'il allait nous déshabiller du regard !
Les suspects défilent les uns après les autres mais aucun n'avoue. Milo et Shura nieront-ils eux aussi ?
Faute de pouvoir faire parler Ban, Hyoga pourra-t-il interroger les moutons de Mu ?
Que vont devenir les Balances tatoués farcis au riz et aux légendes ?
Aldébaran a-t-il altéré les facultés mentales de Seiya ? Si oui, dans quel sens ?
