Dossier n°4 : Au secours des Balances Tatoués (partie 4/6)

Les Experts luttent en ce moment pour innocenter Shiryu du crime dont on l'accuse : l'agression de son papy, qui est maintenant dans le coma ! Ichi est resté auprès de ce dernier pour le défendre.

Alors que Mu propose à Hyoga et à Ban d'aller voir ses moutons pour confirmer son alibi, Seiya et Seika interrogent Maske De More et Shaka. Le malheureux Maske De More leur confie sa peine d'avoir perdu de vue son copain Jabu.


Portés par Aldébaran, Seika et son héros de petit frère arrivent au n°8. Ils sonnent une première fois mais personne ne répond.

Seiya : C'est le professeur Tournesol le portier ou quoi ?!
Seika : Hein ?!

Dring ! Re-dring ! Driiiiing ! Seiya insiste sur la sonnette.

Voix : Minute, j'arrive !

Quand on leur ouvre enfin la porte, Seiya a l'air étonné. Sans doute parce que les épaules de Milo sont désertes.

Seiya : Je ne te reconnais pas. Tu es peut-être Tintin ?
Milo (confus) : Tintin ?
Seiya : Nous sommes venus pour interroger Milou. Il est là ?
Seika : Seiya !
Seiya : Oui ?
Seika : Il ne s'appelle pas "Milou", mais "Milo" !
Seiya : Ah ? T'es sûre ?
Seika : Oui !

Sur le pas de la porte, Milo semble s'impatienter.

Milo : Si vous avez des questions, grouillez-vous !
Seika : Il y a un problème ?
Milo : Un peu, oui ! Mon petit scorpion adoré a disparu !
Seiya : Un scorpion ?!
Milo : Le pauvre petit ! Si ça se trouve, il est sorti de la maison...

Seiya ne se sent pas rassuré.

Milo : Pauvre Sumac ! Livré à lui-même, avec seulement une paire de pinces toutes minces et un petit aiguillon tout mignon pour se défendre, dans cette nature si vaste et si hostile...

Seiya regarde partout autour de lui pour se rassurer.

Milo : Oui, regardez bien par terre, ce serait un drame si vous l'écrasiez !
Seika : Bien sûr. Cependant, dans le cadre de notre enquête, nous aimerions vous poser quelques questions. Nous ferons aussi vite que possible.
Milo : Et sur quoi porte cette enquête ?
Seiya : Tu dois le savoir, elle concerne des tatoués.

La star parle bien entendu de Shiryu et de son papy. On ne parle plus que d'eux dans les journaux.

Milo (inquiet) : Oh non... Ainsi, il a parlé...

Milo pense que Hyoga l'a dénoncé. Mais cela, nos Experts ne le savent pas. Pour sa part, Seiya pense que Milo parle du Vieux-Maître. Il dégaine donc son arme et vise le suspect.

Milo (paniqué) : Mais qu'est-ce qui vous prend ?!
Seiya : Vous le savez très bien ! Nous sommes au courant de vos agissements !
Milo : Mais soyez indulgent ! C'est pas si grave, ce que j'ai fait...
Seiya (outré) : PAS SI GRAVE ?! Dans certains pays, vous seriez condamné à mort !
Milo (abasourdi) : Pour si peu ?!
Seiya (scandalisé) : POUR SI PEU ?! Mais vous êtes monstrueux !
Milo : Et vous, vous êtes vraiment dur ! Tant de gens me sont reconnaissants pour ce que je leur ai fait !
Seiya (dégoûté) : ÇA SUFFIT, LA FERME ! Tu ne mérites pas de vivre !
Milo (affolé) : AAAAAH ! Mais arrêtez-le !
Seika : Seiya, voyons, calme-toi !
Seiya : Non ! Cet individu est de la pire espèce. Je vais le tuer, peu importe les conséquences !

Aldébaran, jusqu'ici resté en retrait, s'immisce, tout en restant d'un calme olympien.

Aldébaran : Je pense qu'il y a méprise.
Seiya : Ah oui ?!
Aldébaran : Milo est tatoueur au noir, et pas tortionnaire de petit vieux.
Seiya (troublé) : Hein ?!
Milo (stressé) : Oui oui c'est ça ! Je n'ai absolument rien à voir dans l'agression du Vieux Machin-Chose ! Je vous fournirai toutes les preuves nécessaires pour vous convaincre de mon innocence !

Une fois que Seika a terminé d'interroger Milo, les agents retournent vers leur véhicule.

Milo : Et si vous retrouvez Sumac, pensez à moi !

Craaac ! Le bruit provenait du côté d'Aldébaran. Le colosse s'accroupit.

Aldébaran : Je crois que j'ai retrouvé votre scorpion !

Aussitôt dit, le visage de Milo se décompose.

Milo : Sumac... Sumac... Il a tué Sumaaac !
Aldébaran : Mais...
Milo : Silence ! Assassin !

Les larmes aux yeux, Milo court rejoindre son fidèle compagnon. Craaac !

Milo : ARRÊTE DE LUI MARCHER DESSUS !

Seiya, près de M. Taurus, semble intéressé.

Seiya : Je peux goûter ?
Aldébaran : Oui, vas-y.
Milo : NOOON ! SUUUMAAAAAAC !

Seika s'approche du lieu du drame et constate les faits.

Seika : Du calme, ils sont juste en train de manger des noix.

En effet. Aldébaran casse ses noix entre l'annulaire et l'auriculaire. Quand Milo arrive, il est soulagé de retrouver son scorpion sain et sauf. Il s'agenouille, le saisit doucement et le frotte contre sa joue toute humide.

Milo : Sumac... Ne crains plus rien, papa est là...


Une voiture de police vient d'entrer dans la rue de l'Hippodrome. À son bord se trouvent le Chef et le Bourreau.

Ikki : Pourquoi tu m'as demandé de t'accompagner ?
Saori : Parce que tu n'as rien à faire au labo, puisqu'on n'a pas de mort.
Ikki : Il y a sans doute une autre raison.
Saori : Oui, tu dois m'aider à faire parler un suspect.
Ikki (surpris) : Ah bon ? D'habitude, tu évites toujours que je le fasse.
Saori : Mais cette fois, il s'agit d'un suspect que je soupçonne à 99%.
Ikki : Ah, je vois.
Saori : Bien.
Ikki : Bon alors, voici mes tarifs : par baffe que je donnerai au suspect, ça te coûtera une sucette. Par coup de poing ou de pied, je veux une peluche Disney. Et une fois qu'il aura craché le morceau, tu me devras une trottinette.
Saori (s'écriant) : Mais c'est cher !
Ikki : C'est ça ou rien !
Saori : Et c'est combien, pour un regard haineux ?
Ikki : L'intégrale des schtroumpfs en BD ET en DVD !
Saori : Mais c'est encore plus cher, c'est pas normal !
Ikki : Oui mais mes poings et mes pieds me démangent, et un simple regard haineux, ça ne me dégourdit pas.

La voiture ralentit et s'arrête.

Saori : Tout bien réfléchi, reste dans la voiture.
Ikki (étonné) : Vraiment ?!
Saori : Oui !

Saori descend du véhicule, s'avance vers l'entrée d'une maison et sonne. Quelques secondes plus tard, un visage familier lui ouvre la porte. Celui qui avait volé la montre de Sion. Celui qui avait chassé sans permis. Deux infractions déjà. Et comme on dit jamais deux sans trois, Jabu est forcément impliqué ! Et c'est elle, Saori, qui va l'arrêter, et qui deviendra enfin l'Héroïne de cette histoire ! Jabu la fait entrer.

Saori : Tu sais certainement pourquoi je suis venue te voir.
Jabu : Non... Pourquoi ?
Saori : Tu te rappelles de ton dernier séjour en prison ?

À ces mots, le visage de Jabu pâlit.

Jabu : Non, ne me le rappelez pas !
Saori : Tu étais seul avec De More et sa guillotine. Ça ne t'a pas plu, pas vrai ?
Jabu : Évidemment ! Ça a été horrible ! À tel point que maintenant, je suis d'une prudence excessive pour éviter de retourner en prison !
Saori : Et tu en gardes de la rancune, n'est-ce pas ?
Jabu : De la rancune ? Mais contre qui ?
Saori : Rappelle-toi : c'est Shiryu qui avait placé la guillotine dans votre cellule, à toi et Maske De More. Et tu lui en veux !
Jabu : Mais non, pas du tout !
Saori : Inutile de nier ! Et pour te venger, tu as agressé son Vieux Bazar et tu lui as fait porter le chapeau !
Jabu (indigné) : N'importe quoi ! Je n'ai jamais forcé le Vieux à porter son stupide chapeau de paille !
Saori : Avoue vite, bientôt il sera trop tard !
Jabu : Je ne vais quand même pas avouer un mensonge ?!
Saori : Très bien. Regarde par la fenêtre.
Jabu : Pourquoi ?
Saori (autoritaire) : Regarde par la fenêtre, je te dis !

Docilement, Jabu obéit et jette un coup d'oeil dehors.

Saori : Tu vois ma voiture ?
Jabu : C'est laquelle ?
Saori : Celle où il est marqué "Police" !
Jabu : Ah, oui, je la vois.
Saori : Et qui est assis dedans ?
Jabu : Personne.

Sur ce, Saori sursaute et va vérifier. Ikki n'est plus dans le véhicule !

Saori : Oh non !
Jabu : Quoi ?

Heureusement pour elle, Saori trouve vite un plan de secours.

Saori : C'est affreux, il a réussi à en sortir !
Jabu : Qui ça ?
Saori : Le Justicier Barbare !
Jabu : Tu peux traduire ?
Saori : Ikki !
Jabu : Ikki ?! Mais qu'a-t-il à voir là-dedans ?
Saori : Allons ! Réfléchis un peu !

Ce que M. Céphale fait.

Jabu : Ikki punit sévèrement tous ceux qui font du mal à son frère... Shun est un petit génie... Shiryu aussi... Donc, ils sont très proches... Si Ikki pense que j'ai piégé Shiryu, cela a dû peiner Shun et donc... Ikki est fou furieux !

La cavalière n'en attendait pas tant.

Saori : Voilà !
Jabu (paniqué) : Qu'est-ce que je peux faire ?!
Saori : Tu avoues tout de suite et je te place sous protection.
Jabu : D'accord ! Qu'est-ce que j'avoue ?
Saori : Que tu as attaqué le Vieux Truc et que tu as fait accuser Shiryu !

Jabu s'assoit à table et griffonne à la vitesse du galop.

Saori : Mais que fais-tu ?
Jabu : Je fais mes aveux par écrit, c'est plus prudent ! ... Voilà !

Saori prend sa déclaration et la relit. "Moi, Jabu Céphale, avoue avoir agressé le Vieux Machin et fait accuser Shiryu Draco. Motif : Shiryu m'avait placé tout seul en cellule avec Maske De More et avait même apporté une guillotine. J'en garde une profonde rancune." Suivi de sa signature. Saori est un peu embêtée, il y a une moitié du texte qui la dérange. Alors, elle essaie de déchirer la feuille. Mais elle n'y parvient pas.

Saori : Donne-moi une paire de ciseaux ! Vite !

Pressé d'être placé sous protection, Jabu disparaît et revient rapidement avec des ciseaux. Saori tente de nouveau de couper dans la feuille, mais rien à faire, elle reste intacte.

Jabu : Ne vous fatiguez pas, c'est du papier indéchirable, il est fabriqué avec du Pilium Écaillum Poséium. Ainsi, je protège ma déclaration contre tout accident.

Saori insiste, se trempe de sueur et casse les ciseaux. Il lui faut encore trouver une solution rapidement ! Car personne ne doit découvrir qu'elle a laissé Jabu seul avec un psychopathe et une guillotine.

Saori : Il y a quelque chose qui cloche...
Jabu : Quoi ?
Saori : Tu es innocent, non ?
Jabu : Oui mais Ikki ? Il ne me croira pas ! Je préfère être coupable et passer ma vie derrière les barreaux que de lui servir de punching-ball !
Saori : Je peux arranger les choses.
Jabu : Calmer Ikki ?! Impossible !
Saori : Si. Tu vas faire une offrande à son frère.
Jabu : De quel genre ?
Saori : Apporte toutes tes sucettes, toutes tes peluches, toutes tes trottinettes, toutes tes BD et tous tes DVD !
Jabu : Ça suffira ?
Saori : Je pense...

Un quart d'heure plus tard, le salon de Jabu est rempli d'offrandes.

Jabu : Pour être sûr que Shun ait assez, j'ai aussi apporté tous mes accessoires d'équitation. Il appréciera, vous croyez ?
Saori (tout bas) : Espérons que non...
Jabu : Que dites-vous ?
Saori : Peu importe. C'est l'intention qui compte !
Jabu : Comment on fait pour charger tout ça dans la voiture sans être vus par Ikki ?
Saori (pensive) : Voyons voir... Ah, j'ai une idée ! Tu vas te cacher dans une armoire pendant que Ikki et moi, on chargera le tout.
Jabu : Laquelle ?

Saori regarde toutes les armoires qui se trouvent dans la pièce.

Saori : Ça ne va pas, elles sont toutes trop grandes. Il ne faut pas que Ikki pense un seul instant que tu es caché dans l'une d'elles. On doit en trouver une plus petite.

Sans demander à Jabu, Saori pénètre dans la cave.

Saori : Ah ! Voilà une armoire qui fera parfaitement l'affaire !
Jabu (grimaçant) : Mais elle est trop petite !
Saori : En te contorsionnant bien, tu entreras !
Jabu : Mais...
Saori : Et Ikki ne pensera jamais t'y trouver, tellement elle est étroite !
Jabu : Oui, vous avez raison...

Jabu prend donc place en se serrant au maximum.

Saori : Je reviendrai t'ouvrir au moment de prendre le dernier paquet.
Jabu : Merci ! Vous me sauvez la vie !

Clac ! Mlle Kido referme l'armoire et retourne à la porte d'entrée. Dès qu'elle l'ouvre, Ikki apparaît soudainement, la faisant tressauter.

Ikki : Ça y est, t'as enfin besoin de mes services ?!
Saori : Non, l'affaire est réglée. Il est innocent mais insiste pour offrir tout ceci à ton frère.
Ikki (ébahi) : Ah bon ?!
Saori : On va charger le tout dans la voiture.
Ikki : Tiens, comme Shun adore les animaux, il va être content d'avoir tout ce bazar pour faire de l'équitation !
Saori (déçue) : Ah, tu crois ?
Ikki : Ouais ! ... Quoique, il refusera sûrement les cravaches.
Saori : T'inquiète pas, je t'en débarrasserai.
Ikki : Où il est Jabu, que je le remercie ?
Saori : Euh... Je sais pas !

Alors Ikki parcourt toute la maison de fond en comble. Mais Jabu est vraiment trop bien caché ! Le médecin légiste revient bredouille.

Ikki : Il est introuvable. Dommage ! Pour une fois que je voulais être aimable avec quelqu'un d'autre que Shun...

Une fois qu'ils ont chargé toutes les affaires, Saori sursaute.

Saori : Flûte, j'ai oublié les cravaches ! J'y retourne !
Ikki : T'inquiète pas, je te les ai posées derrière.
Saori : Ah ? Euh... Merci.
Ikki : Allez, en route !
Saori : On n'a rien oublié ?
Ikki : Non.
Saori : Je vais quand même aller vérifier.
Ikki : J'ai déjà vérifié. En route, j'ai dit !

Saori démarre et la voiture s'éloigne, laissant le malheureux Jabu coincé dans son armoire.


L'ascension du duo Saint se termine au n°10. Shura semble ravi de les rencontrer.

Shura : Ah, c'est vous ! Je vous en prie, entrez donc !

Nos deux héros, un peu surpris, le suivent à l'intérieur.

Shura : Vous avez fait vite, dites donc ! Ça fait à peine dix minutes que j'ai téléphoné.
Seika : Je...

La jeune femme ne parvient pas à continuer sa phrase car Shura, tel son épée, lui coupe la parole.

Shura : Je porte plainte contre De More. Il n'y a pas si longtemps, il était venu m'emprunter Excalibur sans permission et n'avait rien payé.
Seiya : Ah oui, je me souviens de cette histoire. Il avait même coupé la tête d'un mort avec !
Shura : Oui bon ça, je veux encore bien le tolérer. Mais pas de toucher ma splendide Excalibur sans mon accord et sans payer ! Je lui ai envoyé de nombreux rappels, mais cette tête de mule s'entête à les ignorer.
Seiya : Je peux la voir, cette fabuleuse épée ?
Shura : Si vous avez de l'argent, oui.
Seiya : Mais je suis de la police.
Shura : Ça ne change rien.
Seiya : Et je suis un héros !
Shura : Désolé, le tarif est le même.
Seiya : Même pour les super-héros ?
Shura : Oui !
Seiya (plaintif) : C'est pas normal !
Shura : Bref. Vous avez bien pris note de ma plainte ?
Seika : Nous sommes désolés mais le but de notre visite est tout autre.
Shura (soupirant) : J'aurais dû m'en douter...

Seiya prend ces dernières paroles pour des aveux et réagit en un quart de seconde en dégainant de nouveau son arme.

Shura (affolé) : Mais qu'est-ce que vous faites ?!
Seiya : Ainsi, c'était vous !
Seika : Seiya ! Ne recommence pas, je te prie !
Seiya : Mais enfin...
Seika (autoritaire) : Arrête ton cirque immédiatement !

Résigné, son frère obéit. Seika peut interroger Shura tranquillement.


Beaucoup plus bas, au n°3, Saga ne maîtrise de nouveau plus sa schizophrénie. Pour rappel, le Vieux-Maître lui avait donné des pilules pour l'annihiler ; ces pilules avaient été très efficaces. Mais récemment, le Vieux-Maître a eu besoin du méchant Saga pour renvoyer Ban, le chevalier du Petit Lion, dans son monde. À cet effet, le Vieux lui avait fait boire une drôle de boisson. Mais ce que tout le monde ignore, à l'exception du narrateur, des lecteurs et du vilain Saga, c'est que lorsque le chevalier Ban a rejoint son monde, il a emporté à son insu le Nachi de ce monde-ci avec lui, qui était enfermé dans l'urne de son armure.

Le Gémeaux se prend la tête dans les mains.

Saga (souffrant) : Non... Ça recommence... J'ai avalé les 50 dernières pilules d'un coup, mais ça ne change rien ! Et comme le Vieux-Maître est dans le coma, il ne peut pas m'aider ! À L'AIDE !

À présent, la moitié de ses cheveux change lentement de couleur. Un de ses yeux prend quant à lui une teinte rougeâtre.

Saga-gris (joyeux) : Coucou ! Me revoilà !
Saga-bleu : Oh non ! Que vas-tu lui faire, encore ?!
Saga-gris : Tu vas bien voir, t'es aux premières loges !

Tout à coup, Saga agite une de ses mains et ouvre un passage dimensionnel.

Saga-gris : Alors, où il est ? ... Ah ! Voilà Nachi !
Saga-bleu : S'il te plaît, libère les deux Nachi !

Explication : Nachi, le chevalier du Loup, et Nachi Lupus, l'enquêteur, cohabitent dans le même corps dans le monde des chevaliers. Et Saga-gris s'amuse à rendre chacun d'eux maître de son corps à tour de rôle.

Saga-gris (ricanant) : Hé ! Hé ! Hé ! C'est le moment de les inverser !


Au fond de cette dimension se trouve donc le monde des chevaliers. À cet endroit, au pied du Sanctuaire, Tatsumi regarde Jabu et ses quatre comparses se précipiter vers les nombreux gardes qui leur font face. Bien entendu, les chevaliers font un carton. Enfin, tous sauf Nachi qui est redevenu M. Lupus au dernier moment. Le malheureux Nachi se prend donc une dérouillée.

Tatsumi (inquiet) : Ils sont vachement balèzes, ces gardes-là !
Jabu : Mais non ! C'est Nachi qui recommence ses singeries !
Nachi (recroquevillé) : Au secours ! Venez m'aider !
Geki : Pourquoi ne réagit-il pas ?
Ichi : Parce qu'il est maso !

Les gardes continuent à le frapper.

Nachi : Aïe ! AU SECOURS !
Jabu : Pitoyable...
Geki : S'il continue, notre honneur de chevalier de Bronze sera bafoué.
Ichi : Ban ! Attaque !

L'interpellé se jette sur les gardes restants et les écrase en deux secondes. Les amis de Nachi viennent secourir le blessé.

Jabu : Debout, fainéant !
Nachi (souffrant) : Aidez-moi !
Geki : Arrête ton numéro et relève-toi !

Le pauvre blessé essaie, mais avec tous les coups qu'il a reçu, et surtout avec le poids de l'armure...

Ichi : Tu nous fais honte !

Les quatre chevaliers encore debout lui tournent le dos et l'abandonnent.

Soudain, grâce à Saga, Nachi redevient Nachi. (Compris ?) Le chevalier du Loup ne comprend pas pourquoi il est étendu par terre et couvert d'hématomes. Voyant ses amis au loin, il se relève d'un bond et les rejoint.

Jabu : Ah ! Te voilà enfin !
Nachi : Mais que s'est-il passé ?
Geki : Et maintenant, il nous refait le coup du schizo !


Retour dans le monde où la police scientifique d'Athènes est constituée uniquement de personnes d'origine japonaise. Tous les enquêteurs sont de retour et Ikki a même amené Shun. Le chef fait asseoir tout le monde autour d'une table pour faire le point.

Saori : Hyoga ? Le suspect Mu Aries est-il coupable ?
Hyoga : Les moutons dont il s'occupe confirment sa présence à la bergerie le jour de l'agression.
Saori (questionnée) : Comment ça, ils confirment ?!
Hyoga : Je m'explique : pour que les moutons me comprennent, j'ai utilisé une invention de Sion, le traducteur automatique humain-mouton qui convertissait mes paroles en bêlements. Mais sans traducteur inverse, pour comprendre ce que les moutons allaient me répondre, je leur ai demandé de bêler une fois pour dire "oui", et deux fois pour dire "non". Pour vérifier qu'ils avaient bien compris, j'ai d'abord demandé à chaque mouton séparément : "Es-tu un mouton ?" La plupart a répondu par un seul bêlement.
Saori : Pas tous ?
Hyoga : Non. Le mouton bègue a bêlé deux fois, le mouton muet n'a pas répondu, un mouton normal a aussi bêlé deux fois mais sans être bègue, et un autre mouton a coassé. Ensuite, j'ai interrogé les moutons en leur demandant de répondre par "oui" ou par "non" à mes questions.
Saori : Même les moutons spéciaux ?
Hyoga : Je divisais la réponse du mouton bègue par deux. Le mouton muet me faisait un clin d'oeil droit pour dire "oui" et un gauche pour dire "non". Avec le mouton menteur, j'ai pris la réponse inverse. Quant au mouton fou qui se prenait pour une grenouille et qui se déplaçait en faisant des bonds, ça ne servait à rien de l'interroger. De toute façon, je n'avais pas de traducteur humain-grenouille sous la main.
Saori (confuse) : Arrête de m'embrouiller. Mu est-il coupable ?
Hyoga : Non.

Le chef se tourne à présent vers Seika.

Saori : Et parmi les autres suspects de la rue démesurée, y a-t-il un coupable ?
Seika : Non. D'abord, Maske De More n'aurait pas abandonné sa victime sans lui couper la tête. Ensuite, Shaka n'aurait pas pu entrer chez M. Libra, le ligoter et le mettre dans la machine à laver sans ouvrir les yeux et donc sans tout faire exploser. Quant à Milo et Shura, ils étaient occupés avec leurs clients respectifs au moment de l'agression.
Saori : Tout cela ne nous avance pas beaucoup. Il faudrait analyser les prélèvements effectués chez le fossile.
Hyoga : Mais Shiryu a placé un mot de passe sur son pc.
Saori : Je ne pense pas que ce soit un problème. Shun ?
Shun : Oui, madame Kido ?
Saori : Tu pourrais décrypter le mot de passe de Shiryu ?
Shun : Oui, mais ce n'est pas du tout ma spécialité, ça va me prendre du temps.
Saori : Alors, commence tout de suite.
Ikki (regard menaçant) : Hum...
Saori : S'il te plaît, Shun ! Je t'implore !
Shun : D'accord !

Trois minutes plus tard, le petit génie appelle toute l'équipe.

Hyoga : Que se passe-t-il, Shun ?
Shun : J'ai décrypté le mot de passe.
Saori (étonnée) : Mais t'as dit que ça allait durer longtemps !
Shun : Et ça a été le cas. Je suis vraiment navré d'avoir mis tant de temps. Excusez-moi !
Hyoga (confus) : C'est pas grave du tout, voyons.
Saori : Et finalement, c'était quoi, le mot de passe ?
Shun : Shunrei.

Maintenant, Saori et Hyoga fixent l'écran de fond de Shiryu.

Hyoga : Qui c'est, cette fille ?
Saori : C'est ça qu'il voulait nous cacher ?
Shun : Vous voulez que j'analyse les prélèvements recueillis chez la victime ?
Seika : Tu y arriveras ? Mon frère et moi av... J'ai mélangé beaucoup d'indices par inadvertance.

Voilà, c'est la faute que Saori attendait ! Elle s'approche de Hyoga et lui parle tout bas.

Saori : Tu as entendu son aveu ? On va pouvoir la virer !
Hyoga : À mon avis, elle cherche juste à couvrir son imbécile de frère.
Saori : M'en fous, je la vire !
Hyoga : Mais attends ! Moi, je la trouve très compétente.
Saori : Je te rappelle que c'est la soeur de l'autre crétin ! Ça veut dire que sa crise d'intelligence ne va pas durer !
Hyoga : Peut-être, mais en attendant, elle nous est d'une grande aide.

Le patron prend quelques secondes de réflexion.

Saori : Ouais... Je la virerai donc à la fin de l'enquête !

À quelques mètres d'eux, Shun est au travail.

Shun : En effet, tout est fort mélangé.
Seika : Il faudrait qu'on isole d'abord tous les cheveux et qu'on détermine à qui ils appartiennent.
Shun : Hélas, Résoucrime ne pourra pas isoler les cheveux du reste.
Seika : Zut...
Shun : Mais je peux réécrire un bout du logiciel pour qu'il le fasse.
Seika : Ah bon ?! Tu arriverais à faire ça ?!

Pour toute réponse, le jeune garçon pianote à une vitesse stupéfiante. Au bout de deux minutes et demie...

Shun : Voilà !
Seika (impressionnée) : Incroyable ! Tu es surdoué, ma parole !
Shun : Maintenant, je lance l'analyse des cheveux... Terminé !
Seika : Déjà fini ?!
Shun : Alors, nous avons plusieurs sortes de cheveux... Les cheveux de M. Libra... Ceux de Shiryu... Et des cheveux de quelqu'un qui n'est pas dans votre base de données.
Seika : Dommage... En tout cas, merci beaucoup pour ton aide, Shun.
Shun : Attendez un peu ! On dirait que... Mais oui ! Les cheveux de l'inconnu possèdent des similitudes avec ceux de M. Libra !
Seika : Ils ont donc un lien de parenté ?
Shun : Oui. Et je peux aussi vous dire qu'il s'agit de l'arrière-arrière-petit-fils du Vieux-Maître.
Hyoga : Tout comme Shiryu.
Seika : Il faudrait aller lui rendre visite, il pourra peut-être nous renseigner.


Qui est le nouveau suspect ? Un clone de Shiryu ? Du Vieux-Maître ? ... Stop ! Y'a pas assez de légendes comme ça ?!

Jabu est toujours pris au piège dans son armoire. Saori, pressée de devenir une héroïne, l'a-t-elle oublié ?

Milo a eu si peur de perdre son petit ami. Ne devrait-t-il pas tenir Sumac en laisse ?

Comment Hyoga a-t-il fait pour interroger le mouton sourd ?

Shiryu : J'imagine qu'il a procédé comme dans la très célèbre légende de l'ours volant, du renard invisible et du lapin sourd. Jadis...
Narrateur : Fin du chapitre !