Dossier n°4 : Au secours des Balances Tatoués (partie 6/6)
L'enquête en cours touche à sa fin. Shiryu est toujours privé de riz à la prison et son papy n'est pas encore sorti du coma. Ichi veille sur ce dernier et blesse avec ses griffes empoisonnées un des deux faux docteurs qui ont tenté d'achever le Vieux-Maître.
D'autre part, grâce à l'aide de Shun, la police scientifique apprend que celui ou ceux qui ont agressé M. Libra chez lui attirent les mouches. Le frère d'Ikki, toujours prêt à rendre service, fabrique même un détecteur de mouches qui emmène nos héros dans un immeuble. Alors que Saori, Shun, Ikki et Seika sont coincés dans l'ascenseur, Hyoga rejoint Seiya au 33ème étage. Le Héros se trouve devant une porte suspecte : en effet, il a beau toquer et sonner, personne ne répond. Seiya en déduit fort logiquement que les mouches, ainsi que les méchants, sont à l'intérieur.
Hyoga : Voyons, Seiya ! Ce n'est pas parce qu'on ne t'ouvre pas qu'il y a quelqu'un !
Seiya : En tout cas, mon sixième sens me dit que cet appartement est suspect.
Hyoga : Ça ne suffit pas.
Seiya : J'en prends l'entière responsabilité !
Seiya prend son élan et donne un violent coup de pied dans la porte. Mais celle-ci reste fermée.
Seiya : Sapristi ! Ils ont même renforcé la porte !
Seiya frappe à nouveau, puis encore, et encore une fois.
Hyoga : Arrête.
Seiya : Mais regarde la porte, elle est abîmée. Elle va bien finir par céder !
Aldébaran vient de remonter avec une vieille dame.
Dame (indignée) : Mais que faites-vous à ma porte, vous ?!
Seiya : C'est chez vous, ici ?
La dame le reconnaît.
Dame (ébahie) : Oh ! Vous êtes le Héros !
Seiya (fier) : Oui !
Dame : Et vous avez abîmé ma porte !
Seiya (se faisant tout petit) : Oui...
Dame : Allez, je suis gentille. Vous me faites une bise et on oublie ça !
Seiya : Euh... Mon collègue insiste pour la faire à ma place !
Hyoga : Pas du tout !
Dame : De toute façon, je veux que ce soit vous !
Seiya : On peut pas attendre la semaine prochaine ?
Dame : Non.
Seiya : Demain ?
Dame : Maintenant !
S'armant de tout son courage, la star fait une petite bise sur la joue de la vieille dame. Celle-ci est aux anges.
Dame : C'est le plus beau jour de ma vie ! Merci infiniment !
Elle ouvre sa porte esquintée et rentre chez elle.
Hyoga (moqueur) : Ton sixième sens, hein ?
Seiya : Attends ! On n'a pas encore fouillé son domicile !
Toc ! Toc ! La vieille dame revient ouvrir.
Dame : Oui, mon chou ?
Seiya : Nous aimerions jeter un coup d'oeil à l'intérieur.
Dame : Mais je vous en prie !
Les deux enquêteurs entrent et regardent s'ils voient une flopée de mouches quelque part.
Seiya (déçu) : Rien...
Hyoga : Tu vois ? Je te l'avais dit !
Le Verseau regarde par la fenêtre et c'est là qu'il les voit.
Hyoga (ébahi) : C'est pas vrai...
Seiya : Quoi ?
Seiya s'approche à son tour, se place devant son collègue et lui bouche la vue. Par la fenêtre, il les remarque aussi.
Seiya (content) : Je te l'avais dit : mon sixième sens !
Deux fenêtres plus loin, des mouches par centaines virevoltent. Nos amis repartent et arrivent devant la porte de l'appartement suspect.
Seiya : Il faut enfoncer la porte.
Hyoga : Tu as pourtant bien vu qu'elles étaient solides !
Seiya : Comme t'es défaitiste ! Moi, je ne renonce jamais.
Hyoga : C'est ça, éclate-toi le pied et surtout, fais-nous remarquer !
Seiya : Mais tu me prends pour un idiot ou quoi ?!
Alors que Hyoga s'apprête à lui répondre, Seiya se saisit de son téléphone. Une petite minute plus tard, Aldébaran arrive.
Aldébaran : Vous voulez redescendre ?
Seiya : Non, on a besoin de toi pour défoncer la porte.
Aldébaran (étonné) : Vous n'y arrivez pas tous les deux ?!
Seiya : Euh... Si, mais Hyoga prétend que tu n'en es pas capable.
Aldébarant (vexé) : QUOI ?!
Hyoga (inquiet) : Mais non, en fait...
BAAAM ! La porte vole en éclats et Seiya se précipite dans l'appartement.
Aldébaran : Alors, petit blondinet ?! Tu disais ?!
Hyoga : Mais attends que je t'explique ! Je...
Seiya (le coupant) : Viens plutôt me couvrir !
Le devoir avant tout, pense Hyoga en râlant. Il rejoint donc la seule personne au monde qu'il a envie de refroidir. Les deux amis se retrouvent de nouveau devant une porte close.
Seiya : Flûte !
Hyoga : Rappelle le bulldozer !
Seiya : Et je vais lui dire quoi pour qu'il fasse voler la porte ? Une même provocation ne marche pas deux fois, c'est bien connu ! Mais j'ai un plan en réserve !
Toc ! Toc ! Il frappe à la porte.
Seiya : Bonjour ! Vous n'auriez pas perdu un billet de 500, par hasard ? Il y en a un juste devant votre porte et ce n'est pas le mien !
Hyoga (sidéré) : Tu espères qu'ils vont t'ouvrir comme ça ?!
Seiya : Chuuuut !
Les secondes passent sans que rien ne se passe.
Seiya (étonné) : Pas possible, ils ne tombent pas dans le piège ! On leur a sans doute déjà fait.
Hyoga : T'appelles ça un "piège" ?!
Seiya : Oui, j'ai pas pu résister moi, quand on m'a fait le coup. Un fan qui voulait un autographe.
Hyoga (soupirant) : C'est pas possible d'être aussi bête...
Seiya (mécontent) : Je ne te permets pas de...
Le blond dégaine son arme.
Seiya (suant) : Si, si ! Tu as entièrement raison !
PAN ! Hyoga tire dans le verrou et... BANG ! frappe violemment la porte du pied qui s'ouvre enfin.
Seiya (épaté) : Wouah, fantastique ! Tu m'apprendras, dis ?
Hyoga court à l'intérieur, Seiya sur ses talons. Ils découvrent un homme couché dans un lit, avec des traces de griffes au bras, couvert de sueur et pâle comme un mort. Seiya s'en approche avec une paire de menottes.
Seiya : Vous êtes en état d'arrestation !
Hyoga : Mais arrête ! Tu ne vois donc pas qu'il agonise ?!
M. Cygnus appelle une ambulance puis avance vers la fenêtre. Toutes les mouches ont disparues !
Hyoga : Mais où sont-elles...
Soudain, il se fige de stupeur.
Seiya : Qu'est-ce qui t'arrive ?
Hyoga : Regarde... Par la fenêtre...
À l'extérieur, un individu est en train de voler, porté non pas par des corbeaux, mais par une nuée de mouches !
Hyoga : Il s'enfuit !
Seiya : Si seulement Jamian était là, on pourrait lui voler après...
Nos deux amis réfléchissent à un moyen d'attraper le fuyard.
Seiya : Non, on n'a pas le temps de réfléchir, il faut agir !
Mais, Seiya ! Tu t'éloignes du script !
Seiya : ALDÉBARAN !
M. Taurus arrive au pas de course.
Aldébaran : À ton service, champion !
Seiya : J'ai encore besoin de toi. Tu vas me projeter sur le type qui s'enfuit !
Aldébaran (abasourdi) : T'es sérieux ?!
Seiya : Complètement !
Mais arrête ! C'est pas dans le scénario, je te dis !
Hyoga : C'est de la folie, Seiya !
Seiya : Il est hors de question que je laisse ce misérable filer, tous mes fans seraient déçus ! Vas-y Aldébaran, lance-moi !
Aldébaran : T'es sûr ?
Seiya : Oui !
Aldébaran : Vraiment sûr et certain ?!
Seiya : Oui, je te dis ! Exécution !
Sur le balcon, la montagne de muscles se saisit du poids plume en tee-shirt rouge, tourne plusieurs fois sur lui-même et expédie Seiya dans les airs. Au même moment, les autres Experts arrivent et assistent à la scène.
Seika (choquée) : Non ! SEIYAAA !
Shun : Mais monsieur, pourquoi vous l'avez jeté dans le vide ?!
Aldébaran : Telle était la volonté du Héros.
Hyoga : Oui, Seiya l'a demandé lui-même, je suis témoin !
Tel un cheval ailé, Seiya se précipite à une vitesse folle vers sa cible... PAAAAF ! Ça y est, il vient de heurter violemment Dio Musca et s'accroche à lui. Le choc est si violent que Dio et son nouveau sac à dos tournent sur eux-mêmes plusieurs fois.
Seiya : Ne bouge plus ! T'es en état d'arrestation !
Dio : Tu es fou ! On va mourir tous les deux !
Seiya (étonné) : Pourquoi ça ?
Dio (paniqué) : ON TOMBE !
Interloqué, Seiya regarde en bas. En effet, le sol se rapproche de plus en plus rapidement d'eux, ils sont trop lourds à deux pour les mouches.
Seiya : AAAAAAAAAAAAAAAAH !
Zut ! Le Héros a échappé à mon contrôle, et maintenant, il va mourir !
Dio (vexé) : Et moi alors ?! On m'oublie ?!
Que faire ?
Seiya (affolé) : Dépêche-toi !
Les corbeaux de Jamian vont enfin revenir et les rattraper.
Jamian : Désolé, je suis toujours en congé !
Shun va donc nous bricoler une machine qui les placera en apesanteur.
Shun : Je sais que je suis doué, mais je n'en aurai pas le temps !
Il ne me reste donc plus qu'à aveugler les lecteurs pendant quelques secondes, et quand la lumière s'estompera, ils verront Seiya et Dio sains et saufs par terre.
Dio : Tu te foules pas, quoi !
Ah, c'est comme ça ! Alors, écrasez-vous !
Seiya (désespéré) : Dio idiot ! Athènes va perdre son idole par ta faute !
Dio (paniqué) : Pitié monsieur le narrateur, sauvez-nous !
Craaatch ! ... Craaatch ! Ça y est, les deux imprudents qui ont oublié leur parachute ont touché quelque chose. Ils viennent de passer à travers plusieurs toiles d'araignée géantes, ce qui a amorti leur chute. Seiya et Dio se remettent lentement de leurs émotions.
Seiya : On est sauvés...
Merci qui ?
Dio : Je sais pas, moi. À qui sont ces toiles ?
Soudain, une énorme araignée apparaît. Malgré le fait qu'il lui manque quatre pattes, le terrifiant arachnide se déplace sur ses toiles avec agilité.
Arachné (surpris) : La vache ! Je sens que je vais faire un repas de roi, aujourd'hui !
Seiya (apeuré) : Je ne suis pas comestible !
Dio : Moi non plus !
Arachné : Je parlais de toutes les mouches que j'ai prises au piège !
M. Musca se retourne et découvre ses petites amies piégées dans les toiles ; elles l'ont accompagné dans sa chute. Affolé, Dio se saisit de l'arme que Seiya a fait tomber et menace Arachné avec.
Dio : Tu ne toucheras pas à un seul de leur cheveu ! Tu m'entends ?!
Arachné (inquiet) : Mais du calme ! Ce ne sont que des mouches !
Dio : Seiya !
Seiya : Oui, j'arrive.
Le brillant enquêteur s'avance tranquillement avec ses menottes.
Dio (confus) : Mais à quoi tu joues ?!
Seiya : C'est évident, non ? Je t'arrête.
Dio : C'est moi qui ai le flingue, au cas où tu ne l'aurais pas remarqué !
Seiya : Ne sois pas mauvais perdant et rends-toi.
Dio pointe maintenant l'arme vers Seiya.
Dio : Tu vas libérer toutes mes mouches. Et vas-y doucement, elles sont fragiles !
Seiya : Rends-toi, je te dis ! Tu n'as aucune chance de t'échapper !
Dio : Jamais !
Seiya : Tu ne sais même pas si le pistolet est chargé.
Dio : Tu bluffes !
Seiya : Et s'il y a de vraies balles dedans.
Dio : Tu bluffes encore !
Seiya : Et si la sécurité est débloquée.
Dio (suant) : Arrête de bluffer !
Seiya : Rends-toi et je dis à Arachné d'arrêter de manger tes mouches.
Dio (tremblant) : Tu... Tu bluffes !
Dio détourne son attention une petite seconde et c'est à ce moment là qu'une fléchette l'atteint au cou.
Dio : Aïe ! C'est quoi, ça ?
Il retire le projectile, le regarde deux secondes, puis s'écroule.
Seiya (râlant) : C'est malin ! J'étais sur le point de l'arrêter !
À côté de lui, Arachné dévore les mouches une par une. Au 33ème étage, cette scène est vraiment trop horrible pour Shun, qui détourne la tête et l'enfuit dans les bras de son frère.
Shun : Pauvres petites mouches...
Près d'eux, Seika range son fusil à fléchettes tranquillisantes.
Une armée de journalistes ne tarde évidemment pas à débarquer sur les lieux. Mais pour une fois, Seiya a disparu avant leur arrivée.
Journaliste : Chers téléspectateurs, nous sommes en direct de la place Thésée Toiles où vient d'avoir lieu un événement extraordinaire ! D'habitude, il ne se passe plus rien d'intéressant par ici, depuis que, selon la légende, Thésée a étranglé le Minotaure avec le fil d'Ariane.
Cameraman : Euh... C'est pas tout à fait ça...
Journaliste : Chuuut ! Je suis en direct, je te rappelle !
Cameraman : Ok, je dis plus rien...
Journaliste : Merci !
Cameraman : De rien.
Silence. Le journaliste a l'air contrarié.
Cameraman : Quoi ?! J'ai rien dit !
Journaliste : Donc, nous sommes en direct de la place Thésée Toiles, où le Héros a procédé à une arrestation spectaculaire ! Malheureusement, il est déjà reparti veiller sur nous tous. Mais des témoins ont assisté à l'action ! Nous avons même ici un monsieur qui a tout vu. Quel est votre nom ?
Monsieur : Thésée Vou.
Journaliste (offusqué) : Comment ?!
Thésée : Thésée Vou !
Journaliste (outré) : Il recommence, en plus !
Caméraman : Je peux dire quelque chose ?
Journaliste (rouspétant) : Tu viens justement de dire quelque chose !
Caméraman : "Thésée", c'est son prénom, et "Vou", son nom !
Silence. Le journaliste se sent bête et rougit.
Journaliste : Hum... Thésée, pouvez-nous nous décrire tout ce que vous avez vu ?
Thésée : Bien sûr. J'ai d'abord remarqué un type porté par un gros nuage de mouches dans le ciel. C'était hallucinant ! Mais le meilleur restait à venir. Car ensuite, j'ai vu quelque chose voler, tel Superman, et s'accrocher au type aux mouches.
Journaliste (dubitatif) : Vous avez bu combien de verres ?
Thésée : Aucun. Pourquoi ?
Journaliste : Continuez, Thésée Vou.
Thésée (confus) : Je continue ou je me tais ?!
Journaliste : Continuez votre récit !
Thésée : Et là, j'ai réalisé que c'était Seiya qui tentait d'arrêter un méchant. Je vous assure, il a vraiment volé comme Superman !
Journaliste : Oui... Et après ?
Thésée : Il avait tout calculé, c'est prodigieux... En percutant le bandit, il savait exactement de combien de mètres ils seraient propulsés vers l'avant. Et il avait estimé avec précision qu'ils seraient trop lourds pour les mouches, mais que leur vitesse de chute ne serait pas trop élevée et que des toiles d'araignée géantes allaient amortir leur chute. Il a compris tout ça... Quel génie !
Chez les Experts, le génie est félicité comme il se doit. CLAC !
Seiya : Aïe ! Ça va pas, non ?!
Seika : Qu'est-ce qui t'a pris ?! Tu voulais mourir ou quoi ?!
Seiya : Que me reproches-tu ? Ça a marché, non ?
Dans la salle d'interrogatoire, Saori interroge M. Musca.
Saori : Tu vas tout me dire.
En face d'elle, Dio reste muet.
Saori : Alors, parle !
Toujours aucune réponse.
Saori : Très bien...
Mlle Kido ouvre maintenant une boîte qu'elle avait apportée et qui contient des dizaines de mouches, toujours piégées dans des toiles d'araignée. À l'aide de sa cravache, elle en abat une.
Dio (blessé) : Non !
Paf ! Paf ! Paf ! Saori poursuit son oeuvre destructrice.
Dio : Arrêtez ! Je vous dirai tout ce que vous voulez savoir !
Saori : Raconte-nous tout depuis le début !
Dio : Il y a longtemps, le Vieux-Maître était maître d'école et avait traumatisé notre arrière-grand-père, à Sirius et à moi. Jadis, quelques jours avant que le fossile ne prenne sa retraite, il avait sermonné notre aïeul jusqu'au soir. Pour se venger, notre arrière-papy lui mit du laxatif dans son riz. Le Vieux, fou furieux qu'on ait osé s'attaquer à son riz, inventa la pire punition qui ait jamais existé, tellement cruelle qu'elle fut abolie après son premier usage : recopier son premier livre de légendes en entier ! Au premier abord, la punition semblait douce, puisque non violente. Mais c'était sans compter le nombre de pages de ce recueil pourri ! Notre aïeul mit une semaine pour effectuer ce dur labeur. Après cela, il a cauchemardé des légendes pendant deux mois ! Il nous a tout révélé sur son lit de mort. Après tant de souffrances, il ne souhaitait qu'une chose : que l'ancêtre meure avant lui.
Multi-Paf ! Dio regarde Saori écraser ses amies, affolé.
Dio : Mais arrêtez, je suis en train de tout vous dire !
Saori : Alors, plus de digression !
Dio : C'est quoi, une digression ?
Re-multi-paf !
Saori : Ne change pas de sujet !
Les larmes aux yeux, Dio continue son récit.
Dio : Alors, pour venger notre aïeul, on a placé une annonce dans le journal qui n'aurait intéressé que le Vieux-Maître : une vieille baignoire toute rouillée et qui tombait en ruine. Et effectivement, il nous a appelés pour l'acheter. Alors, je suis entré dans la baignoire, Sirius a refermé la caisse et est allé la porter jusque chez Argheti. Vous voyez de qui je parle ? C'est un mastodonte.
Saori lève sa cravache, prête à frapper à nouveau.
Saori : Oui ! Continue.
Dio : Sirius est venu le voir masqué et lui a donné un énorme pourboire pour qu'il accepte de porter la caisse au Vieux Machin. Mais Argheti l'a juste porté à Aldébaran, et...
Ultra-PAF ! Dio regarde ses copines qui meurent les unes après les autres, désespéré.
Saori : Je sais déjà cela ! Et puis ?!
Dio : Dès que le Vieux-Maître a ouvert la caisse, je me suis jeté sur lui. Le combat fut rude, mais j'ai gagné !
Saori : Pas de quoi se vanter d'avoir brutalisé un vieillard de plus de 150 ans !
Extra-PAF ! Encore quelques mouches innocentes qui trépassent.
Saori : Continue !
Dio : Après, je l'ai ligoté et noyé dans sa machine à laver. Puis j'ai pris son pouls et constaté son décès. Mais pourquoi n'était-il pas mort, au fait ?
Méga-PAF ! Encore une poignée de mouches assassinées.
Saori : C'est moi qui pose les questions, ici ! Mais puisque tes mouches donnent leurs vies pour ta question, je vais y répondre : le coeur du Vieux-Maître bat au ralenti, à peine un battement toutes les cinq minutes.
Dio : Ah...
Saori : Continue tes aveux !
Dio : Ensuite, j'ai attendu le soir pour m'envoler avec mes mouches.
Saori : Et comment se fait-il que les flics ne se soient pointés que le lendemain ?
Dio : Ah oui, j'oubliais ça...
Saori : Fallait pas !
Giga-PAF ! Dio devient livide.
Saori : Je t'écoute.
Dio : Dans ma caisse, j'avais entendu le Vieux-Maître parler au téléphone avec Shiryu et lui dire de passer le lendemain. Donc, le lendemain, Sirius a passé un appel anonyme et les flics ont été parachuté sur les lieux rapidement.
Saori : C'est machiavélique, tout ça...
Dio (inquiet) : Mais mes mouches n'y sont pour rien, je vous assure !
PAF ! PAF ! PAF ! L'impitoyable cavalière achève les dernières mouches vivantes.
Maintenant que les vrais coupables sont connus et arrêtés, Shiryu a pu être libéré. Sa première préoccupation est de venir au secours de son idole.
Shiryu : Pas du tout ! Il faut d'abord que j'avale ma dose de riz !
Après quoi, il fonce à l'hôpital. L'enquête étant close, Ichi a pu rentrer et n'importe quel visiteur peut à présent s'approcher du papy tatoué. Shiryu entre dans le bâtiment en courant, demande le numéro de la chambre et fonce à toute vitesse. Hélas, quand il arrive sur le seuil de la chambre 243, le Vieux-Maître a déjà repris connaissance et est en train de raconter sa vie à... Okho !
Vieux-Maître : ... et j'étais pris au piège entre l'ours et le renard !
Okho (captivé) : Et comment avez-vous fait pour vous en sortir ?!
Vieux-Maître : J'ai tiré un lapin de mon chapeau de paille et l'ai offert aux deux bêtes féroces.
Okho (ébahi) : Incroyable, cette histoire, papy !
Vieux-Maître : Je t'en raconte une autre, mon petit ?
Okho (enthousiaste) : Avec plaisir !
Avant d'ouvrir de nouveau le bec, M. Libra remarque enfin la présence de Shiryu.
Vieux-Maître (fâché) : Ah ! Tu n'arrives que maintenant, toi !
Shiryu : J'étais en prison. Et en manque de riz !
Vieux-Maître : Moi aussi ! Heureusement, mon petit-fils préféré m'a fait avaler un grain de riz et m'a sorti du coma.
Shiryu : Mais je vous ai apporté plein de riz !
Vieux-Maître : Trop tard, je suis rassasié.
Shiryu (abasourdi) : Vous êtes QUOI ?!
Vieux-Maître : Mon nouvel héritier s'est occupé de me nourrir convenablement. Brave petit Okho, va ! Viens faire un câlin à papy !
Au fief des experts, Saori, dans son bureau, discute avec Hyoga.
Hyoga : Tu ne la gardes pas, finalement ?
Saori : Non !
Hyoga : Mais elle n'est pas du tout comme son frère ! T'as vu avec quel sang-froid et à quelle distance elle a touché Dio ?!
Saori : Ça m'est égal ! Chaque fois que je la vois, je vois Seiya.
Toc ! Toc !
Saori : Qui est-ce ?
Voix : Seika !
Saori : Ah, tu tombes à pic. Entre !
Mlle Saint ouvre la porte et s'avance.
Saori : Ta période d'essai est terminée et j'ai pris une décision.
Seika : Moi aussi. Je rentre au Japon dès demain.
Saori (sèche) : Ah ? Dans ce cas, adieu.
Seika sort et est interceptée par son frère.
Seiya : Alors ? Elle te garde, n'est-ce pas ?
Seika : Je n'ai pas attendu son verdict. J'ai reçu une proposition très intéressante d'un employeur japonais, je repars demain matin.
Seiya (déçu) : Oh non ! Reste, s'il te plaît !
Seika : Non. Désolée, frérot.
Seiya : Mais pourquoi ?!
Seika : Je ne supporterai plus très longtemps ta chef. Elle est tellement hautaine et méprisante !
Seiya : Mais... Il faut que tu restes ! À nous deux, on est capables de résoudre n'importe quelle enquête !
Seika : Ne le prends pas mal frangin, mais tu devrais chercher un autre boulot.
Seiya : Pourquoi ? Saori va me virer ?
Seika : Non. En fait... Comment dire... Tu n'es pas fait pour ce travail.
Bien que les collègues de Seiya lui ont dit la même chose à maintes reprises, et même avec beaucoup moins de réserve, le fait de l'entendre de la bouche de sa soeur le touche en plein coeur.
Seiya : Comment peux-tu dire une chose pareille ?! Si tu avais été là depuis le début, tu ne dirais pas ça !
Seika : Écoute, j'ai consulté les rapports des dernières affaires où tu as soi-disant "brillé". Excuse-moi, mais je n'ai pas du tout été époustouflée, moi. Surtout par l'affaire Sion Aries.
Seiya (étonné) : Pourquoi ?! J'avais découvert avant tout le monde la cause de sa mort ! Suicide par téléportation !
Seika : Pardonne-moi, mais...
L'aînée est hésitante.
Seiya : Mais quoi ?
Seika : Ce n'était pas un suicide. Tes collègues t'ont couvert sur ce coup-là.
Seiya (indigné) : Non ! Tu mens ! Tu mens !
Le soir, Hyoga rend visite à Milo. Ce dernier entrouvre sa porte, apparemment pas ravi de revoir le blondinet.
Milo : Qu'est-ce que tu veux ?
Hyoga : J'ai une surprise pour toi !
Il ouvre sa glacière et lui montre un somptueux glaçon sculpté en forme de scorpion ! Au terme d'un long et éprouvant travail, Chris Tal y est enfin parvenu. Milo regarde l'arachnide de glace, bouche bée.
Milo : C'est... C'est pour moi ?!
Hyoga : Bien sûr ! Range-le vite dans ton congélateur, avant qu'il ne fonde !
M. Cygnus entre pendant que Milo installe son trophée à huit pattes, deux pinces et un aiguillon dans un des congélateurs que Camus a installés chez lui.
Milo (ému) : Il est magnifique ! Comment puis-je te remercier ?
C'est le moment que Hyoga attendait !
Hyoga : En me faisant un tatouage !
Milo : Si tu veux... Un scorpion ?
Hyoga : Non, je suis Verseau.
Milo : Ah ! Un seau vert, alors ?
Hyoga (grognant) : Te fous pas de moi !
Milo : Un frigo ?
Hyoga : C'est tentant... Mais j'avais une meilleure idée.
Le lendemain matin, à la police scientifique, Saori est heureuse : Seika est partie et son demeuré de frère continue à faire tourner la boutique grâce à sa popularité. En compagnie de ses bons employés, le patron savoure la matinée sans Seiya. Encore au lit, sûrement.
Shiryu : Un idiot s'est glissé chez nous pendant la nuit.
Saori (inquiète) : Un cambrioleur, tu veux dire ? Qu'a-t-il dérobé ?
Shiryu : Rien du tout.
Saori (étonnée) : Rien du tout ?!
Shiryu : Regarde par toi-même.
Les nombreuses caméras de surveillance ont filmé l'intrus en pleine action. D'abord, devant la porte d'entrée. L'individu, cagoulé, insère une clé dans la serrure et ouvre la porte. Puis, il se couche à plat ventre et rampe jusqu'à avoir dépassé le miroir près de l'entrée. Après quoi il fonce dans le bureau de Shiryu et fouille les tiroirs. Comme il semble éprouver des difficultés à lire les documents, il allume la lumière.
Saori fronce les sourcils.
Saori : Qu'est-ce que c'est que ça pour un cambrioleur...
À l'écran, l'intrus continue à fouiller dans les dossiers. Finalement, quelques lignes attirent son attention. Il retire un bout de papier de la poubelle et prend note dessus. Ensuite, il sort du bureau du tatoué, sans éteindre la lampe, et se dirige vers la cave. Mais ce faisant, il passe devant la cuisine et ne résiste pas. Il y entre, mange un petit gâteau, puis un second, puis en emporte une dizaine avec lui pour descendre.
Saori : C'est qui je pense ?
Shiryu : Sans aucun doute.
À la cave, l'individu masqué trouve assez vite ce qu'il cherchait, un ancien rapport d'enquête, le consulte et semble soudain abattu. Il referme le dossier, se pince et rouvre le rapport. À la lecture, ses épaules s'affaissent à nouveau. Avec des gestes mous, il range le dossier, remonte en oubliant ses petits gâteaux et la lumière, ressort du bâtiment et referme la porte.
Saori : Qu'est-ce qu'il est venu consulter ?
Shiryu : Mon rapport d'enquête concernant l'affaire Sion Aries.
Ding ! Dong ! Quelqu'un vient d'entrer chez les Experts. Grâce aux caméras, Shiryu et Saori voient de qui il s'agit. Le chef se frotte les mains.
Saori : Je vais aller le réprimander tout de suite !
Mlle Kido intercepte Seiya avant qu'il ne rejoigne son bureau. En même temps, ce n'était pas très difficile, car le héros national traîne les pieds.
Saori : Tiens ! T'es bien matinal, aujourd'hui !
Seiya : Je viens de reconduire ma soeur à l'aéroport. C'est elle qui avait raison.
Saori : À quel propos ? ... Bah ! Ça m'est égal. T'as passé une bonne nuit ?
Seiya : Non, pas du tout.
Saori : Pauvre Seiya... Entre donc manger un petit gâteau ou deux !
Avant que Saori ne passe de la taquinerie à l'engueulade, M. Saint lui tend une enveloppe.
Saori (surprise) : Le facteur est déjà passé ?!
Seiya : Non. Je viens te remettre ma démission.
Seiya démissionne, c'est la catastrophe ! La police scientifique survivra-t-elle longtemps sans sa mascotte ? Est-ce déjà la fin des Experts Athènes ?!
Acteurs : Espérons que oui ! On a assez souffert comme ça !
Questions accessoires : Shiryu regagnera-t-il la préférence de son papy ? Hyoga va-t-il passer son temps libre à se faire tatouer ou à suivre ses cours de frigos auprès de Camus ? Maske De More va-t-il déménager chez Jabu ?
