Petit mot de l'auteure : Ce texte a été écrit en une heure pour la 133e nuit du FoF sur le thème "Bien", Bon au final il a juste été placé en passant alors que je voulais accentuer plus dessus mais tant pis.
Merci à Angelica, Starck, Marina, Lassa, Jess, Wizzette, Leptitloir et Moira pour leurs review sur le texte précédent !
Ce n'était pas censé de passer comme ça. Pas du tout, même. Ce qui est idiot, comme réflexion. Rien ne s'est passé comme cela aurait dû ; Joffrey n'était pas le prince charmant qu'elle croyait, Arya n'était plus là pour lui tenir compagnie, et Père... Elle n'arrivait toujours pas à s'y faire, malgré les mois qui avaient passé depuis les horrifiques événements de la prise de pouvoir de Joffrey. Alors un détail aussi signifiant que ses règles n'auraient pas dû revêtir autant d'importance, et pourtant, cette pensée futile ne cessait de tourner dans son esprit : ce n'était pas censé se passer comme cela.
Elle aurait dû avoir ses premiers saignements aux côtés de sa mère, qui lui aurait expliqué comment se protéger du sang, elle l'aurait consolé et rassuré, et elles auraient rit de choses et d'autres réservées aux femmes, maintenant qu'elle était suffisamment grande pour le faire. Mais sa mère était loin d'elle ; il n'y avait que Shae pour la guider, l'épauler, et même si elle lui en était infiniment reconnaissante, elle se sentait orpheline d'une mère qu'elle n'avait même pas perdu, parce que celle-ci était à des milliers de lieux d'elle.
Mais l'absence de sa mère pour ce moment important n'était pas la seule désillusion que ses règles lui avait apporté. Ce n'était pas bien. C'était sûrement idiot, naïf, mais Sansa c'était imaginé ce moment comme un jour mémorablement délicieux, celui où elle devenait adulte. Et si'l avait été effectivement été mémorable, « délicieux » était tout sauf l'adjectif convenable. Éprouvant, terrifiant, pour tout ce que cela impliquait, mais ce c'était arrangé en rien. Car à la peur s'était ajouté la douleur, une douleur lancinante, écrasante, qu'elle n'avait jamais connu auparavant. Ce qui était normal, selon Shae, son corps devait s'habituer à cette nouvelle sensation mensuelle.
Sauf que voilà, les mois passaient encore et encore, et la douleur était toujours la même. Shae avait beau essayer de la rassurer, Sansa remarquait tout de même la lueur inquiète dans les yeux de son amie – et pour cause, jamais elle n'avait été dans l'état de la rousse. Avoir mal au ventre, oui, mais en avoir mal au point de ne plus pouvoir bouger ? Au point de vomir de douleur ? Non, et elle si elle se voulait confiante, elle ne pouvait s'empêcher de se dire que ce n'était pas normal, quand bien même tous les mestres lui disaient que si, avoir mal durant ses saignements était parfaitement normal, comme si avoir l'impression de mourir chaque mois était le juste prix pour posséder un utérus.
Alors Sansa continuait de souffrir en silence, de sourire alors qu'elle n'avait qu'une envie, s'évanouir sous les coups que son propre corps lui renvoyait, tout en se demandant pourquoi celui-ci la détestait-il autant. Car celui-ci ne pouvait l'aimait tout en lui faisant ressentir cela, n'est-ce pas ?
Elle voyait bien les regards moqueurs des autres, les murmures chuchotants combien elle était faible de se laisser aller autant, qu'elle s'écoutait trop, qu'elle ne savait pas prendre sur elle. Étrangement, la seule personne qu'elle n'avait jamais surpris à chuchoter de telles choses était Cersei ; mais sûrement était-ce parce que la reine ne s'intéressait guère à sa vie, ou bien qu'elle était suffisamment douée pour cacher ses commérages. Du moins, le croyait-elle, puisqu'elle vint un jour la trouver, une mine que Sansa aurait pu qualifier de soucieuse si ce n'était pas Cersei sur le visage.
En la voyant arriver dans ses appartements, Sansa s'attendait à ce qu'elle ne lui fasse une remontrance ou ce moque d'elle, qualifiant son comportement d'indigne pour la lady qu'elle était censée être. Mais au lieu de cela, elle s'assit auprès d'elle, demandant froidement mais avec un soucis qu'elle ne lui avait jamais connu si cela faisait longtemps qu'elle était sujette à de telles douleurs. Ce fut gênée que la jeune fille admit que oui – peut-être était-ce une ruse de la lionne pour obtenir une arme contre elle, mais en cet instant, elle était trop fatiguée pour chercher à s'en prévenir.
Alors elle dit la vérité, à savoir que oui, elle avait mal, si mal qu'elle se demandait si elle pourrait un jour de nouveau respirer ou si elle était condamnée à mourir sur le sol de sa salle de bain, à vomir un douleur qu'elle n'arrivait plus à contenir.
Et alors qu'elle terminait son aveu en larmes, Cersei fit une chose étrange : elle l'a prit dans ses bras.
- Je connais ça aussi, murmura-t-elle. Ça ira. Parce que tu es forte.
Les Lannister sont tous des menteurs, Sansa le savait plus que quiconque. Mais en cet instant, elle avait désespérément besoin de croire ce qu'elle lui disait ; et surtout, elle avait désespérément besoin que quelqu'un la croit elle, quand elle affirmait qu'elle n'allait pas bien. Alors Sansa se laissa pleurer dans les bras de la blonde, se raccrochant à l'idée que oui, elle s'en sortirait, mais qu'entre temps, quelqu'un la croyait, et ce petit détail faisait toute la différence.
Petit mot de fin : ça faisait longtemps que j'avais envie d'écrire un texte de ce genre. Même si c'est pas nommé (vu qu'ils ont pas le mot dans GOT), j'y évoque l'endométriose, une petite joyeuseté que je me trimballe.
Donc les médecins qui te dises que "oui oui c'est normal d'avoir super mal" je connais, vomir tellement tu as mal au ventre je connais, les plans annulés au dernier moment parce qu'il est impossible de se lever tellement t'as mal, je connais. J'ai dû annuler une rencontre du FoF à cause de ça, d'ailleurs.
Bref, ça touche une femme sur dix (je dis femme parce que c'est majorité, mais ça peut concerner les mec trans ofc) donc voilà : si ya quelqu'un dans votre entourage qui présente ce genre de symptômes, passez une IRM ou un truc du genre. Perso je suis restée sept ans sans diagnostic et franchement, en venir à se dire qu'on simule et qu'on est tarée, bah c'est pas drôle. Et puis pendant ce temps ça continue de se propager donc là encore, ça peut toujours être sympa d'être au courant pour surveiller tout ça.
Aller bises !
